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Retrouvez le club de la Bourse du mercredi 1er juillet dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Good morning market, le club de la bourse.
00:048h38 sur BFM Business, le club de la bourse ce matin, c'est avec Robin Rivaton.
00:07Bonjour, président de Stonehall et ECIS, à côté de vous, Alain Pitous, senior advisor chez AI4Alpha.
00:13C'est ça le nom correct. On y va, on commence avec l'inflation.
00:17Finalement, il n'y en a pas, 1,8% en juin. Alain Pitous, on s'est fait peur pour
00:22rien ?
00:22Exactement. J'ai l'impression que c'est un peu le thème du premier semestre,
00:27c'est-à-dire qu'en fait, il y avait plein de mauvaises nouvelles, on peut les lister,
00:32mais c'était énorme, qu'en fait, une liste considérable qui aurait dû affecter les marchés,
00:36l'inflation dans le tas, et puis finalement, les marchés sont passés au travers de tout ça,
00:40alors avec, bien sûr, quelques hauts et bas, mais finalement, si on regarde le semestre
00:45et le trimestre en particulier, c'est un semestre extraordinaire.
00:48Plus 21, Etienne, pour le Nasdaq ?
00:50Le Nasdaq, oui.
00:52Et puis finalement, des marchés qui se tiennent plutôt pas mal,
00:54si on refait ça le semestre prochain, tout le monde sera content.
00:57Mais en tout cas, pour revenir à l'inflation, c'est quand même drivé par le pétrole,
01:01qui a quand même un effet d'entraînement sur tout le reste,
01:04et le pétrole, de manière assez surprenante, revient pratiquement au niveau d'avant-guerre,
01:09alors qu'en fait, tout le monde va reconstituer ses stocks,
01:13donc ça devrait faire un effet de soutien considérable pour le pétrole.
01:17En particulier, moi j'ai en tête, tout le monde va refaire ses stocks,
01:21mais l'Inde, c'est un nouvel acteur qui va refaire un stock stratégique, un peu comme les autres,
01:25donc on va avoir un soutien sur le pétrole.
01:27Donc c'est paradoxal de voir que finalement, on a effacé ça.
01:30Et finalement, la Chine a consommé moins de pétrole,
01:33donc ça, ça a peut-être quand même joué beaucoup.
01:35C'est la Chine qui a fait le régulateur sur le marché, en fait ?
01:37C'est la Chine, 6 millions de barils jour en moins de la Chine.
01:42Ça a fait du bien.
01:43Ça s'explique en trois tiers.
01:45Deux millions qui sont grosso modo le passage du pétrole au charbon et à l'électricité,
01:50deux millions qui sont l'arrêt du stockage chinois,
01:53et deux millions qui ont été puisés dans les réserves,
01:55des réserves que tout le monde voyait à un niveau,
01:58et en fait qui sont beaucoup plus hautes que ce qu'on anticipait.
02:01Et donc ça a effectivement expliqué pourquoi le baril n'a jamais grosso modo à tutoyer les 110, peut-être
02:07115.
02:08Mais on est vraiment resté à des niveaux assez bas.
02:10Je rappelle juste qu'en 2012, on avait un baril à 115 dollars en prix courant.
02:16Donc par rapport à aujourd'hui, ce serait un équivalent de 130, 135 dollars.
02:20Donc on a fermé le détroit d'Hormuz et on a connu un baril relativement peu cher.
02:26Mais ils vont continuer à faire ça ou c'est juste pour faire tampon ?
02:29Sur les 6 millions, les 2 millions qui sont déplacés du pétrole vers l'électrique et le charbon,
02:34grosso modo, il y a un million...
02:37Le charbon, les Chinois peuvent redémarrer ce qu'ils appellent le synthétique, la chimie à partir du charbon.
02:45C'est-à-dire qu'en fait, le précurseur d'un certain nombre de produits chimiques, c'est le pétrole,
02:49mais ça peut être aussi le charbon, parce qu'à la fin c'est du carbone, donc c'est la
02:52même chaîne.
02:53Ça marche quand le pétrole est au-dessus de 100 dollars.
02:55Quand c'est en dessous de 100 dollars, grosso modo, vous allez plutôt prendre du pétrole
02:58que prendre du charbon, c'est pas ce qu'il y a.
02:59Donc ils pourraient revenir sur le marché, là ?
03:01Donc là, ça, ça va revenir.
03:03L'électrification, donc 1 million de barils, je pense que ça, c'est un mouvement qui est lancé
03:06et qui va perdurer.
03:08Le remonté des stocks, ça, ça va se refaire.
03:11Et la reconstitution des stocks.
03:12Donc il y a 5 millions sur 6 qui vont quand même revenir dans la demande mondiale.
03:16Attention, il y a aussi un événement.
03:17Alors il y a l'électrification, ça, je pense que c'est un phénomène structurel.
03:19Tout le monde va essayer d'électrifier le plus possible d'usage.
03:22Donc ça, c'est...
03:23On a eu des sacrés chiffres ce matin sur l'électrification en France.
03:28Donc ça, c'est le premier point.
03:30Et le deuxième point, c'est aussi, c'est de se dire
03:32qu'est-ce que le marché anticipe avec un pétrole aussi bas.
03:34Et c'est quand même à se demander si le poids des dettes mondiales,
03:38des dettes publiques mondiales, finit pas par peser sur la croissance
03:40avec des anticipations sur le pétrole qui seraient quand même de ce fait-là,
03:45qui traduirait que le monde ne va pas forcément croître aussi vite qu'on a pensé.
03:48Donc une baisse de la demande ?
03:49Oui, tout à fait.
03:50Et c'est aussi un petit peu pour reboucler avec le sujet d'inflation du départ.
03:53Quand vous êtes une zone avec aussi peu de croissance que la zone euro,
03:56il n'y a pas de logique que vous ayez une très forte inflation.
03:59On est une zone sans croissance.
04:00Et les moteurs de la croissance, aujourd'hui, sont éteints.
04:04Et c'est pour ça que sur ce plateau, je m'étais opposé
04:06à une remontée des taux d'intérêt directeur trop brutale.
04:08Parce que quel est l'intérêt dans une zone qui n'a pas de croissance
04:11d'avoir une politique monétaire extrêmement restrictive
04:13pour une inflation qui est supposée
04:15et dont les chiffres nous montrent qu'elle est beaucoup moins forte qu'attendue ?
04:18Et effectivement, je pense qu'on est sur un scénario aujourd'hui de croissance mondiale
04:22qui va être quand même moins vert que ce qu'on attendait, moins rose.
04:26Etienne, sur la question de la hausse des taux d'intérêt,
04:29Christine Lagarde s'est justifiée à Sintra.
04:32Elle a dit clairement que ce n'était pas une hausse d'anticipation,
04:35qu'elle avait raison d'avoir fait cette hausse.
04:36Et qu'il y avait des raisons.
04:38Bon, après, il faut remettre les choses dans leur contexte.
04:39Quand elle a remonté les taux, c'était juste avant l'accord du cessez-le-feu.
04:42Et même sur ce plateau, je pense que pas grand monde voyait le pétrole aussi vite à 70 dollars.
04:47Non, par contre, tout le monde a dit que c'était une mauvaise idée.
04:49À de rares exceptions près.
04:51C'est-à-dire que là, le pétrole à 70 dollars au mois de juin,
04:54même si le scénario central de la plupart des économistes depuis le début de ce conflit,
04:58c'est de dire tout va se calmer à partir du début de l'été.
05:0270 dollars, c'était dans très peu de prévisions.
05:04Donc forcément, ça explique ces données d'inflation,
05:06au point même que les économistes qui ont entablé des scénarios,
05:10ont dépassé les objectifs d'inflation.
05:13Eux, ils pensaient que l'inflation, notamment en France, serait au-delà des 2%.
05:15Et finalement, ce n'était pas le cas.
05:17Donc tout le monde a été surpris.
05:19Alors ?
05:19Oui, alors ça aussi, c'est un point que je trouve important.
05:21C'est-à-dire qu'en fait, maintenant, qu'est-ce qui va se passer sur les banques centrales ?
05:23Alors, il faut essayer de se mouiller un petit peu.
05:24C'est un peu l'exercice.
05:25On attend Kevin Warch, qui doit parler cet après-midi.
05:26Voilà, alors je vais mouiller pour cet après-midi.
05:28Donc en fait, on va se retrouver, et ça, ça va être un peu dangereux pour les marchés,
05:33c'est-à-dire avec des banques centrales qui sont désynchronisées.
05:36On a quand même des tensions inflationnistes encore un peu aux États-Unis.
05:39Donc peut-être, ou une réduction du bilan de la Banque centrale américaine,
05:43qui ferait quand même peser un peu sur l'activité, quand même, ou des hausses de taux, peut-être.
05:48La Banque centrale européenne, qui va, je pense, maintenant rester dans sa niche un peu, je pense, quelques temps.
05:52Et puis on a en face de ça la Banque centrale japonaise,
05:54qui est dans un moment assez charnière avec un yen qui est extrêmement bas.
05:58C'est qu'est-ce qu'ils vont faire ?
05:59Alors, ils vont essayer de jouer au malin, c'est-à-dire pas trop bouger leur taux.
06:02Si les autres montent les taux, ça peut faire un effet de balance qui peut leur suffire pour maintenir leur
06:07devise,
06:07ce que je ne crois pas vraiment. Et donc, ils vont être probablement obligés de monter leur taux
06:10et d'avoir une politique un peu restrictive. Peut-être pas tout de suite.
06:13Mais enfin, en tout cas, ils ne peuvent pas laisser filer le yen éternellement comme ça.
06:16C'est-à-dire que là, on est quand même sur des niveaux de 40 ans.
06:19Donc, cette désynchronisation des banques centrales est un problème pour les marchés.
06:24Robin ?
06:25Oui, et avec aussi un sujet qui est la Banque centrale chinoise.
06:29Vous avez des pressions très très fortes actuellement, notamment européennes,
06:32pour demander une réévaluation du yuan.
06:37Et c'est loin d'être facile.
06:38Même si les Chinois le voulaient, c'est loin d'être facile,
06:40puisque vu le rythme de création monétaire, la façon dont ils impriment de la monnaie en Chine,
06:44c'est la croissance de la masse monétaire, la M2, qui est celle qu'on regarde un peu en Chine,
06:49elle est quasiment une fois et demie plus rapide qu'en Europe.
06:51Donc, ça croit à une vitesse dingue.
06:53Et donc, normalement, le yuan, si vous créez beaucoup de monnaie,
06:56votre monnaie, elle se déprécie.
06:58Et donc, la Chine va quand même avoir des difficultés, même si elle voulait renforcer le yuan,
07:02elle va avoir du mal à le faire prochainement.
07:04Et il y a des effets pervers à ces hausses de taux.
07:06Les informations de la nuit de Reuters évoquent que la BCE envisage de revoir,
07:10et bien, notamment les dépôts.
07:12Parce qu'aujourd'hui, quand une banque dépose ses dépôts à la Banque centrale européenne,
07:16donc maintenant, c'est plus 2, mais c'est 2,25,
07:18ça coûte de l'argent, environ 50 milliards d'intérêts,
07:21sachant qu'il y a plus de 2100 milliards de liquidités sur les comptes de la BCE.
07:25Et donc, en fait, face à cette ardoise, dans le sens où ça coûte de l'argent,
07:29tous ces dépôts auprès des banques centrales,
07:32et bien, visiblement, d'après Reuters, l'objectif de la BCE,
07:34ce serait que les banques mettent en place moins de dépôts,
07:37en tout cas, moins de dépôts rémunérés.
07:39En tout cas, qu'elles gardent leurs dépôts et qu'elles arrêtent de le déposer auprès de la BCE.
07:42On veut monter les taux, mais pas le taux de dépôt, juste le taux de prêt.
07:46Ça nous amène aux questions des IPOs.
07:48On a beaucoup parlé des gros IPOs, évidemment, SpaceX, et puis les prévisions sur OpenAI.
07:52Il y a des gros IPOs prévus aussi, côté chinois, Etienne.
07:55Oui, avec notamment des volumes qui explosent du côté de Hong Kong,
07:59mais également du côté de Shenzhen.
08:01Vous avez vu notamment l'indice Chinext.
08:02C'est un indice où vous avez beaucoup de valeurs technologiques,
08:05beaucoup de petites sociétés.
08:06C'est-à-dire qu'en fait, les startups en Chine,
08:07elles vont lever des capitaux directement en bourse.
08:09Pas forcément du côté des fonds de private equity,
08:12comme ça peut se faire en Europe, mais aussi aux États-Unis.
08:14D'où la performance, d'ailleurs, de cet indice,
08:16qui gagne quasiment 40% depuis le début de l'année.
08:18Il doit faire x2 en l'espace d'un an.
08:20Et puis, alors là, vous avez désormais une nouvelle société
08:23qui va rentrer en bourse à Hong Kong.
08:24Ça s'appelle le Luxshare.
08:26Ils fabriquent notamment les Airpods pour Apple.
08:28Ils assemblent des iPhones également, du côté de la Chine.
08:32Alors à chaque fois, c'est vrai que c'est des montants
08:33qui peuvent paraître anémiques.
08:34Ils vont lever 3 milliards de dollars par rapport aux montants
08:37que l'on voit du côté des États-Unis, avec SpaceX, OpenAI, etc.
08:40Vous voulez des trillons, vous, maintenant, ou des trillards ?
08:42Non, mais c'est-à-dire qu'on est sur un marché
08:44qui affiche une forte croissance,
08:46mais à la fin, avec des levées de capitaux
08:48qui peuvent paraître assez faits.
08:49Par exemple, à Hong Kong, l'année dernière,
08:51c'était à peine 40 milliards de dollars.
08:52Ça peut paraître tout petit,
08:53mais c'est des centaines de boîtes
08:54qui, ensemble, ont levé 40 milliards de dollars.
08:56Robin ?
08:57Oui, c'est un marché très intéressant
08:58parce qu'en Chine, il y a une répression de l'épargne.
09:01Donc, en fait, on pousse les épargnants
09:02à mettre leur argent dans les banques
09:03et les banques les rémunèrent en dessous de l'inflation,
09:05donc avec un taux d'intérêt réel négatif,
09:07ce qui permet d'allouer cette épargne à l'industrie
09:10et aux secteurs économiques,
09:11ce qui permet d'avoir un coût du financement
09:12très intéressant pour l'économie.
09:14Donc, la bourse, l'immobilier,
09:15a longtemps été une façon de s'extraire
09:18de cette rentabilité très faible bancaire.
09:20C'est fini désormais, ça, c'est assez clair.
09:22Et donc, la bourse, c'est très spéculatif,
09:25c'est-à-dire que les acheteurs chinois viennent et vont.
09:28Et donc, pour le régulateur, d'ailleurs,
09:28c'est très difficile à gérer
09:29parce que c'est un comportement ultra spéculatif
09:32avec des gens qui ne gardent pas,
09:33qui essayent de venir quand ils sentent le vent tourner.
09:36Donc là, c'est vrai qu'il y a maintenant depuis 12-15 mois
09:39un discours assez positif sur la tech chinoise
09:41avec un certain, notamment les sociétés d'IA
09:44et même d'autres produits de technologie.
09:46Donc, ça a fait cet appel d'air.
09:47Beaucoup de gens viennent.
09:49Il faut voir qu'il y a deux sujets,
09:50je dirais quand même, par rapport à ça.
09:52C'est qu'aujourd'hui,
09:54la rentabilité de ces entreprises est faible.
09:56L'entreprise chinoise a par nature
09:58une rentabilité faible
09:59parce qu'elle vend des produits,
10:00elle gagne des parts de marché.
10:01Et donc, c'est des sociétés
10:02qui ont des rentabilités nettes
10:03vraiment très, très, très écrasées.
10:05Il y a une boîte d'IA qui est très connue
10:07qui s'appelle ZEI
10:08qui a été rentrée en bourse en début d'année,
10:10qui a fait x15 depuis le début d'année quand même.
10:12Il y a un modèle qui s'appelle GLM
10:13qui est un modèle vraiment incroyable
10:15qui est vendu un dixième du prix d'anthropique
10:18et qui est un très bon modèle.
10:20Ils font un chiffre d'affaires de 40 millions de dollars.
10:22C'est très, très, très, très petit.
10:25Et donc, c'est un peu la limite
10:26de cet investissement dans la société chinoise.
10:28C'est qu'à la fin,
10:29elles sont rattrapées par leur faible rentabilité.
10:32Alain ?
10:32Alors, bon, moi, c'est vraiment pour ça
10:34que je n'aime pas le marché chinois.
10:35En fait, c'est un marché administré.
10:37Sans parler de politique,
10:38c'est un marché administré
10:39qui est problématique pour l'investisseur externe.
10:42Alors, on peut faire de l'indice et tout,
10:43mais si on regarde depuis le début de l'année,
10:46ça fait partie des trades
10:47qui étaient cités par tout le monde
10:49en début d'année.
10:50En fait, il fallait mieux faire un trade tout simple.
10:52C'était ne pas avoir de Chine
10:53et avoir d'autres pays émergents.
10:55C'était quand même un trade assez simple
10:58qui a parfaitement fonctionné.
10:59Et aujourd'hui, je ne le vois pas faire autrement.
11:02Donc, moi, c'est vraiment un marché
11:04que j'évite consciencieusement.
11:06Trop compliqué, quand même.
11:07Non, je ne peux pas dire,
11:08c'est pas rentable.
11:09Oui, mais la question, c'est ça.
11:11À la fin, c'est pas rentable.
11:12C'est-à-dire que c'est des entreprises
11:13qui ne sont pas drivées par la rentabilité
11:15pour une raison qui est...
11:16C'est un problème, quand même.
11:17Oui et non.
11:18Ça s'appelle des entreprises publiques.
11:19Elles ne sont pas publiques en ce sens-là,
11:21mais elles visent à...
11:23L'objectif, c'est de gagner des parts de marché
11:25et donc, peut-être qu'un jour,
11:27elles viseront à augmenter la rentabilité.
11:28Mais c'est pas tenable, Romain.
11:30C'est pas tenable.
11:32Bah si, parce qu'elles font de la rentabilité.
11:33Elles font de la rentabilité
11:34avec un coût du capital extrêmement, extrêmement,
11:36extrêmement faible.
11:37Aujourd'hui, elles gagnent des parts de marché
11:38sur les marchés mondiaux, quand même.
11:39C'est un gros sujet.
11:42Mais effectivement, d'un point de vue actionnarial,
11:44et ça, c'est philosophique.
11:45En Chine, pour le coup, ça, c'est le marxisme.
11:48On dit souvent, la Chine, c'est marxiste.
11:49Non, la Chine, c'est ultra concurrentielle
11:51et ultra capitaliste sur la concurrence
11:53entre les entreprises.
11:54Et c'est ultra marxiste sur un segment
11:56qui est de dire, on ne doit pas s'enrichir
11:58par la détention des moyens de production.
12:01Et donc, à la fin, ça fait des entreprises
12:02qui ne gagnent pas beaucoup d'argent.
12:03Mais si vous êtes subventionné,
12:05de toute façon, le but, c'est juste de...
12:06C'est pas de la subvention.
12:07C'est pas de la subvention.
12:07Vous forcez l'épargne à aller vers les...
12:09C'est du coût du capital plus faible.
12:11C'est pas de la subvention, j'insiste sur...
12:12Mais du capital qui arrive
12:13parce qu'il est forcé d'arriver là,
12:15parce que vous êtes drivé, quand même.
12:16Si vous êtes un étranger, que vous allez en Chine,
12:17vous avez un...
12:18Si vous êtes BASF,
12:19vous voulez ouvrir une usine en Chine,
12:20vous avez le même coût du capital
12:21que si vous êtes l'acteur chinois sur place.
12:23Donc, c'est pas une distorsion de concurrence.
12:24Mais vous aurez la même rentabilité que localement.
12:26Ah bah oui, ils n'avaient pas de rentabilité.
12:27Le meilleur exemple, c'est BYD.
12:28Regardez l'action BYD,
12:29elle perd 30% depuis le début de l'année.
12:31On pourrait se dire, c'est super,
12:32il faut acheter des actions BYD,
12:33il y en a partout,
12:34ils gagnent des parts de marché, etc.
12:35En fait, ils font beaucoup de volume
12:36et la rentabilité, elle baisse
12:38parce qu'en fait, ils sont dans une guerre des prix.
12:39Alors, peut-être que sur un horizon de 10, 15, 20 ans,
12:42ça va être gagnant,
12:43dans le sens où peut-être que BYD, un jour, peut-être...
12:44Quand il n'y aura plus de constructeurs européens,
12:46ils ont tué toutes les usines.
12:48Ils ont progressé leur marge.
12:49Mais en tout cas, à court terme, c'est très compliqué.
12:50Après, il y a eu un thème qui a fonctionné
12:52depuis 18 mois,
12:53c'est tout ce qui est autour de l'IA
12:54et de la chaîne de valeur de l'IA.
12:56Et on est passé directement
12:57dans une problématique de souveraineté.
12:59Donc, les Chinois,
13:01on ne peut pas imaginer des Européens
13:02qui, pour leur souveraineté,
13:04achèteraient des modèles chinois.
13:05C'est juste inimaginable.
13:07Donc, eux, ils ont réussi
13:08à passer sur le côté industriel.
13:11Donc, cette partie-là du business,
13:12de la chaîne de valeur de l'IA,
13:14tout ce qui est électrification, etc.,
13:15eux, ils vont être là.
13:16Ils vont faire très mal, d'ailleurs,
13:18en termes de coûts
13:19par rapport aux autres grands
13:21parce qu'eux savent faire de l'industriel.
13:23Et on est dans cette logique-là.
13:24En fait, si on fait des voitures et des avions,
13:27et des robots, mais pas des modèles...
13:29Et pour les modèles, je pense que ça va être
13:30assez compliqué d'utiliser des modèles chinois
13:32dans l'industrie ou dans le...
13:34Au moins, ils utilisent des modèles chinois.
13:35Je le vois.
13:36Et ça marche bien, c'est ça ?
13:37Aujourd'hui, avec l'augmentation
13:39des coûts des modèles frontières américains,
13:42beaucoup, beaucoup de stratégies
13:43de réduction des coûts
13:44qui ont lieu actuellement.
13:45Depuis deux mois,
13:46le grand sujet dans les boîtes américaines,
13:48c'est de dire,
13:48la facture que je commence à verser
13:50en trop est beaucoup trop importante.
13:51Il y a plein de stratégies
13:53pour dire, en fait,
13:53je confie quelques tâches
13:54les plus sophistiquées
13:56aux modèles frontières.
13:56Et en fait, il y a 98% des tâches
13:58qui peuvent être faites
13:58par un modèle open-source.
13:59Oui, mais si c'est interdit,
14:01si Trump dit
14:02vous ne prenez pas les modèles chinois, point.
14:03Peut-être, mais les Européens,
14:04par exemple, les Européens,
14:05les restes du monde,
14:06la demande n'est pas que drive
14:07par les États-Unis.
14:09Vous servez aussi l'Europe.
14:11On a les mêmes problèmes.
14:12Je veux dire,
14:12un des vecteurs de développement,
14:13c'est la défense.
14:14Donc, on ne peut pas imaginer
14:15qu'on utilise les modèles chinois
14:17pour la défense.
14:18En tout cas, je pense que
14:19aujourd'hui, ce qu'on voit,
14:21après, les statistiques
14:22ne sont pas pures et parfaites
14:23parce que tout n'est pas servi
14:24sur open-router.
14:24Mais quand on regarde
14:25les statistiques d'open-router,
14:26on voit vraiment la montée
14:27en puissance des modèles.
14:28C'est quoi, open-router ?
14:29C'est un site qui va agréger
14:30toute la consommation de tokens
14:32des différents modèles
14:33à l'échelle du monde.
14:34C'est bien ça.
14:34On voit vraiment monter
14:37la consommation chinoise
14:39de manière massive.
14:40Mais le point,
14:40pour revenir sur la Chine,
14:41c'est qu'il y a une concurrence
14:42domestique, pour revenir sur BYD.
14:44BYD est rentable hors de Chine.
14:46Mais en Chine,
14:47il y a une concurrence domestique
14:48qui est tellement violente.
14:49Ils sont combien
14:50avec des constructeurs chinois ?
14:52On disait souvent
14:53qu'il y a une centaine
14:53des constructeurs chinois.
14:54En réalité, le top 10
14:55fait 90% des marchés aujourd'hui.
14:56Mais déjà 10, oui.
14:58Oui, mais 10,
14:59ils doivent être 5.
14:59Donc c'est vrai qu'aujourd'hui,
15:00ils vont finir à 5.
15:02On le sait,
15:02il y a une consolidation
15:03qui est en cours.
15:04Mais cette concurrence
15:05avec des prix
15:05qui sont vraiment vendus
15:07même quasiment en dessous
15:07du prix de revient en Chine
15:09fait que les marges,
15:10elles sont écrasées.
15:10BYD, en plus,
15:11se faisait financer
15:12par ses fournisseurs.
15:14Et Pékin leur a dit
15:14qu'il faut arrêter
15:15un petit peu de mettre
15:16trop de pression sur la chaîne.
15:17Donc depuis,
15:17ils ont un énorme problème de cash
15:18et ils ont dû lever
15:19beaucoup de dettes.
15:24avant Covid-19.
15:25On en parlait il y a un instant.
15:26Il faudra suivre Nike
15:27tout à l'heure à Wall Street.
15:29Le groupe a publié
15:29ses résultats hier.
15:30Le directeur financier
15:31n'est pas allé par quatre chemins.
15:32Il a dit que la consommation
15:33en ce moment,
15:34c'est compliqué partout.
15:35Alors en Chine, bien sûr,
15:36avec des consommateurs chinois
15:37en plus qui sont en train
15:38de bouder Nike.
15:39Ils achètent très clairement
15:39des marques locales.
15:40Les ventes en Europe,
15:42elles sont stables,
15:42quasi flat.
15:43Aux Etats-Unis,
15:44léger mieux.
15:44Ils espèrent qu'ils vont faire
15:45un bel été avec la Coupe du Monde.
15:48Mais en attendant,
15:48hier soir,
15:49ça n'a pas réussi
15:49à convaincre les investisseurs.
15:50Le titre était en baisse
15:52après la publication
15:53de ces chiffres.
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