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  • il y a 2 heures
Ce mercredi 1er juillet, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur le programme économique et la vision des retraites d'Édouard Philippe. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Raphaël Lejean d'Edouard Philippe a donné une longue interview aux Echos sur son programme économique.
00:04Il présente les retraites comme la mère de toutes les batailles.
00:07Vous dites très bien, mais attention.
00:09Oui exactement, vous savez en économie il y a ce qu'il vaut, ce qu'on voit et ce qu
00:12'on ne voit pas.
00:13On le dit régulièrement, le mauvais économiste c'est celui qui s'en tient aux effets visibles
00:17quand le bon économiste prend en compte l'effet qu'on voit mais aussi ce qu'il faut prévoir pour
00:24la suite.
00:24C'est un peu la même chose chez les politiques.
00:27Il y a ceux qui portent un regard lucide sur les problèmes du pays pour mieux prévoir les solutions qu
00:32'il faut apporter derrière
00:34et puis ceux qui préfèrent les ignorer puis vendre du rêve à court terme.
00:38Et l'exemple typique c'est effectivement sur les retraites.
00:41Edouard Philippe lui avec cette interview fait clairement partie de la première catégorie.
00:46Son bilan de la situation est lucide.
00:49Il parle de falaise budgétaire, d'appauvrissement chronique du pays.
00:54Ce en quoi il a raison. Il promet de ramener le déficit à 2% ce qui va nécessiter des
00:59efforts importants.
01:00Il parle de règles d'or pour l'État, pour les comptes de la sécurité sociale.
01:05Et puis surtout, il est l'un des rares quand même à dire la réalité, la vérité aux Français.
01:12Cette vérité c'est qu'il faudra travailler plus et que, je le cite,
01:16la mère des batailles, c'est la retraite.
01:20C'est une opposition frontale qu'il prend face au Rassemblement national et à la gauche.
01:26La France de ceux qui voient contre ceux qui refusent de voir.
01:30C'est de la lucidité face à un déni de réalité.
01:33Alors il se défend dans les échos de ne pas avoir qu'à vendre du sang et des larmes.
01:37Mais à la fin, ça sent la retraite à 67 ans quand même.
01:40Oui effectivement, c'est vrai qu'on peut se demander si les Français vont voter pour un candidat qui leur
01:45promet une retraite à 67 ans.
01:47Mais du coup, il fait attention.
01:49Alors il faut se rappeler qu'Édouard Philippe, c'est lui qui déjà avait introduit l'âge pivot dans la
01:55réforme de la retraite à points
01:58qu'Emmanuel Macron avait essayé de porter en 2019-2020.
02:03Et c'est un peu ce qui avait fait capoter la réforme.
02:05Bon, il en a tiré les leçons là, Édouard Philippe.
02:07Il semble reculer un peu sur cette histoire de 67 ans.
02:13Puisqu'il dit, ce qui m'intéresse, c'est moins un chiffre qui devient nécessairement totémique qu'une logique du
02:22juste effort.
02:23Donc il veut pousser les Français à travailler davantage.
02:25Je ne suis pas sûr que ce totem, il cite ainsi, dès 67 ans, demeure finalement, c'est peut-être
02:32un premier pas, vers l'abandon de ces 67 ans.
02:35Sauf que là où il a raison, c'est que si vous ne touchez pas aux retraites, vous ne faites
02:38rien en fait.
02:39Si vous ne faites pas en sorte qu'on travaille plus longtemps, autant rendre les clés.
02:43C'est sûr que ramener le déficit à 2%, comme il le promet, c'est quand même 150 milliards d
02:48'euros d'économie qu'il va falloir trouver.
02:50Il ne veut ni hausse d'impôts, ni toucher aux dépenses de santé parce que la population va vieillir.
02:56Il évoque des coupes drastiques dans certaines politiques publiques, la suppression, la privatisation d'agences, la numérisation des procédures et
03:05des réductions d'effectifs permises par l'intelligence artificielle.
03:09C'est vrai, on les attend toujours, mais enfin, il y a quand même de la marge.
03:12Parfois, ça ne suffira pas, il faut être très clair.
03:14Ici, le France travaille et ses 50 000 agents, mais combien de postes seraient réellement supprimés ou redéployés ?
03:19Quelles agences disparaîtraient ?
03:21Quelles prestations seraient réduites ?
03:23Tout cela, pour l'instant, on n'en sait rien.
03:25Les intentions sont claires, les chiffres et l'addition le sont beaucoup moins pour l'instant.
03:33Au final, on a quand même un diagnostic sérieux, il faut le saluer, une direction cohérente.
03:39Edouard Philippe accepte de dire la vérité sur les retraites, tous les politiques n'osent pas le faire.
03:45Mais pour l'instant, on n'a pas le détail évidemment, ça encore dans presque un an, on a le
03:49temps de voir la présidentielle.
03:50L'heure est surtout au ralliement avant son premier grand meeting ce week-end.
03:54Maude Bréjon et Éric Wörth se sont annoncés en soutien cette semaine.
03:58Éric Wörth qui, je le rappelle, est celui qui avait porté la retraite de 60 à 62 ans, c'était
04:04en 2010.
04:05Merci Raphaël. On se retrouve dans le débat à 7h10 face à Jean-Marc Daniel.
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