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  • il y a 3 heures
Avec le Dr Philippe Paranque, président de SOS Médecins

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##C_EST_A_LA_UNE-2026-06-29##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoze.
00:057h10, soyez les bienvenus sur l'antenne de Sud Radio dans Le Grand Matin.
00:08C'est vrai qu'on respire un petit peu ce matin.
00:10Vous avez peut-être mieux dormi, mais les organismes sont fatigués.
00:14Et en particulier ceux qui ont plus de 65 ans et qui souffrent.
00:19Alors malheureusement, une surmortalité est à prévoir.
00:22Après les premiers chiffres qui sont tombés, c'est à la une, 7h11.
00:26On est avec le président de SOS Médecins, Dr Philippe Paranque.
00:29Bonjour Dr Philippe Paranque.
00:32Bonjour Adieu.
00:33Soyez le bienvenu sur l'antenne de Sud Radio.
00:36Je le disais, un millier de décès supplémentaires par rapport à l'année dernière.
00:39C'est en tous les cas le constat de Santé Publique France qui a annoncé ces chiffres hier.
00:45Alors première question, comment peut-on attribuer ces décès de façon certaine à la canicule ?
00:52Alors, on n'a pas forcément de signe évident lorsqu'on fait un constat de décès.
00:57Nous, dans notre activité SOS Médecins, ce sont des décès à domicile que nous faisons comme constat.
01:02Ce n'est pas tout à fait les mêmes environnements éventuellement que les décès sur voie publique,
01:07comme beaucoup en font par le SAMU et les pompiers.
01:10Et précisément, c'est ce point-là qui est en hausse.
01:14C'est une hausse des victimes, des visites à domicile et donc des victimes à domicile que vous avez pu
01:19constater.
01:21Absolument.
01:21Bon, mais on arrive dans des environnements qui sont quand même, avec des patients,
01:27qui sont dans un état de fragilité qui était déjà décrit ou connu.
01:30Et qui sont, pour beaucoup d'ailleurs, pour nous, des découvertes au réveil le matin.
01:37Puisqu'on a des pics qui sont des constats de décès qui sont faits le matin.
01:41Et nous sommes arrivés avec des pics très importants hier.
01:44Ce qui était un peu prévisible d'ailleurs.
01:46Mais puisqu'on est arrivé à trois fois et demi, le taux habituel de constats de décès
01:51que nous avons fait dans la journée d'hier sur un panel de 15 départements au niveau national.
01:57Pourquoi, docteur Philippe Paranque, prévisible hier en particulier ?
02:01Alors, prévisible parce qu'on a quelques courbes de référence
02:05qui sont évidemment ceux de la canicule de 2003.
02:09Où on sait qu'il y a un décalage dans le temps
02:12entre l'installation des journées caniculaires,
02:15de la durée de cette canicule
02:17et des effets collatéraux qui, au bout de quelques jours,
02:20font que les organismes fragiles décompensent.
02:22Allez, je regardais quelques chiffres.
02:231 400 décès quotidiens les 25 et 26 juin.
02:27Et pour donner un ordre de grandeur,
02:30habituellement, hors période de canicule, sur une journée,
02:33on a environ, on enregistre environ entre 900 et 1000 morts au quotidien.
02:38Donc, effectivement, on voit bien cette surmortalité.
02:41Alors, pourquoi on est plus vulnérable à domicile ?
02:46J'ai envie de dire, oui, c'est presque évident.
02:48Parce qu'il n'y a pas l'entourage, c'est ça ?
02:50Parce qu'on ne peut pas prévenir ?
02:51Parce qu'il n'y a personne pour aider les personnes, précisément ?
02:54Oui, alors, c'est aussi lié, probablement, au profil des patients
02:59que nous sommes amenés à constater.
03:01Puisque, évidemment, ça touche principalement des patients seniors,
03:05qui peuvent être ou seuls à domicile,
03:08ou en tout cas, des patients qui sont plus fragiles,
03:10au départ, déjà, de l'asset de canicule,
03:12qui n'ont pas eu suffisamment d'hydratation, peut-être.
03:15Mais c'est surtout le fait qu'on a, chez ces patients-là,
03:22des gens qui sortent moins que la population générale.
03:25Et donc, ce ne sont pas les mêmes profils d'âge
03:27que l'on va éventuellement rencontrer sur la voie publique.
03:29Oui, et on peut le comprendre.
03:30Mais ce sont les mêmes conséquences.
03:31Et on peut le comprendre qu'ils ne soient pas sortis ces derniers jours,
03:33malheureusement, parce que, franchement,
03:35ce n'était pas très agréable de sortir dehors.
03:36C'était même presque pire.
03:39Est-ce qu'on peut dire que les centres-villes sont bien plus concernés ?
03:43C'est l'une des observations qu'on a pu faire
03:45durant cette première phase de canicule.
03:47Je dis première phase parce qu'on nous annonce déjà une deuxième phase.
03:50On a l'impression qu'on respire moins,
03:53il y a moins d'air dans les centres-villes.
03:54Et peut-être que c'est plus suffocant,
03:57plus difficile à supporter pour les personnes de plus de 65 ans.
04:00Alors, c'est certain.
04:03Maintenant, ce que l'on voit aussi,
04:05et ce qu'on a pu constater dans de nombreux, nombreux cas,
04:08c'est les appartements ou les habitats
04:10qui ne descendaient pas en dessous de 30 ou 32 la journée.
04:14Et la nuit, pardon.
04:15Et donc, les patients, forcément, sur 10 jours,
04:17ne peuvent pas compenser en permanence.
04:20Et donc, il y a des appartements qui, notoirement,
04:21devenaient invivables.
04:23Docteur Philippe Paranque, président de SOS Médecins,
04:26on fait le point avec vous ce matin
04:28sur les chiffres de la surmortalité.
04:30Donc, annoncé hier,
04:32avec ce chiffre impressionnant,
04:35habituellement, entre 900 et 1000 morts par jour.
04:38Mais les chiffres du 25 et du 26 juin ont été terribles.
04:421400 décès.
04:44Alors, nous sommes précisément lundi matin
04:45et beaucoup d'aides à domicile
04:47vont revenir s'occuper des patients.
04:49Est-ce que SOS Médecins redoute cette journée chargée ?
04:54Alors, probablement, comme souvent les lundis,
04:57pour nous, l'activité des lundis est une journée
04:59qui est généralement chargée.
05:01C'est une bonne chose que, justement,
05:03tout l'écosystème autour des patients,
05:05aujourd'hui, peut-être, soit plus présente
05:07que ça ne l'a été le week-end.
05:09Mais la journée, surtout, ce qui va changer,
05:12c'est que la température va commencer à diminuer.
05:14Ce que l'on attend aussi,
05:16tirer des expériences précédentes,
05:17c'est que les effets sur les organismes
05:21risquent encore de se manifester
05:22pendant 24 ou 48 heures.
05:25Et que, donc, on est encore, potentiellement,
05:28amené, peut-être aujourd'hui,
05:29à constater des décès.
05:31C'est important.
05:31C'est-à-dire, c'est intéressant,
05:33ça veut dire que pendant encore deux jours,
05:35on a les effets en nous, si je puis dire,
05:37de la canicule.
05:38Les corps ont été éprouvés
05:40par ce qu'ils ont vécu
05:41pendant combien ?
05:42Une dizaine de jours, à peu près ?
05:44Alors, l'organisme va être éprouvé
05:47avec le temps de, effectivement,
05:48retrouver un équilibre.
05:49Et plus on était fragile au départ,
05:51plus ça va s'aggraver.
05:51Mais c'est aussi le fait
05:53que les appartements ne vont pas tout de suite
05:55être mis à température.
05:57Et que le déficit qu'il y a pu y avoir
05:58chez certaines personnes
05:59qui sont très fatiguées
06:01peut encore se décompenser
06:03sur les 24 ou 48 heures à venir.
06:05En tout cas, ce sont les chiffres
06:06que nous avions eu en 2003.
06:07Est-ce que cet épisode vous inquiète
06:09pour l'avenir ?
06:10J'imagine que d'ores et déjà,
06:11vous commencez à tirer un bilan
06:13et vous vous dites
06:14comment on va devoir s'organiser
06:15pour les prochains épisodes.
06:18Est-ce que ça vous inquiète ?
06:21Forcément.
06:22Forcément, ça nous inquiète
06:23parce qu'on s'aperçoit
06:24que les infrastructures
06:25ne sont pas tout à fait au niveau.
06:28Et puis, ce n'est pas simplement
06:28une question d'infrastructures.
06:29On voit bien que c'est
06:30les infrastructures de chacun,
06:33les habitats,
06:34qui ne sont pas adaptés à ça.
06:36Et puis, ce dont on a manqué,
06:38probablement,
06:39mais ça demande une organisation anticipée,
06:41ce sont des lieux de récupération.
06:43Et ça, ça commence,
06:45ça se met en place là maintenant,
06:46mais c'est un petit peu tard.
06:47On a vu quelques initiatives, en effet.
06:49Est-ce que ça pourrait faire partie
06:51des appels que vous pourriez lancer,
06:53justement,
06:54qu'il y ait un peu plus
06:56de lieux de respiration ?
06:58Je ne sais pas très bien
06:59comment il faut les appeler,
07:00mais ces endroits où, effectivement,
07:02la température peut baisser
07:03et où les plus anciens
07:05peuvent être pris en charge aussi,
07:06même ponctuellement.
07:09Alors, je ne sais pas encore
07:10comment on les appellera.
07:11Effectivement, il va sans doute
07:11y avoir un terme qui va sortir pour ça,
07:13mais idéalement, je dirais
07:15que pour le profil
07:16d'un certain nombre de patients,
07:18majoritairement d'ailleurs,
07:19et qui sont ces patients
07:20seniors fragiles,
07:22idéalement, ce serait de pouvoir
07:23avoir accès à du matériel rapide
07:25qui n'est pas que très coûteux,
07:26mais qui serait de pouvoir installer
07:27dans leur environnement
07:29pour pouvoir climatiser.
07:30Parce que, évidemment,
07:31ces points de rafraîchissement
07:34sont une bonne chose,
07:35mais encore faut-il pouvoir
07:36déplacer les patients facilement,
07:38ce qui n'est pas toujours facile,
07:39et encore moins quand ils sont
07:41dans l'état de fragilité
07:42dont on a pu être témoin.
07:45Et un des problèmes
07:46que nous avons eu,
07:46c'était,
07:47on voit les urgences
07:48qui sont embolisées,
07:50mais le problème,
07:51c'est qu'on a eu
07:51un certain nombre de patients
07:52que nous avons été obligés
07:54d'orienter vers les urgences,
07:55alors que médicalement,
07:57peut-être que leur situation
07:58ne le justifiait pas encore,
08:00sauf qu'on savait parfaitement
08:01que leur environnement,
08:02c'était plus du tout
08:03compatible avec le maintien à domicile.
08:04Docteur Philippe Parang,
08:06président de SOS Médecins,
08:07on fait le point avec vous
08:08ce matin sur Sud Radio,
08:10face à cette surmortalité,
08:11et probablement des chiffres
08:12qui vont nous être annoncés
08:13dans la semaine,
08:15puisqu'on voit bien
08:15les observations quotidiennes.
08:16C'est ma dernière question,
08:18vous manquez de praticiens
08:19à SOS Médecins,
08:20comment allez-vous faire
08:21pour gérer tout cela,
08:22ou bien est-ce que,
08:23déjà,
08:24vous avez anticipé ?
08:26Alors,
08:27on essaye de renforcer
08:28nos plannings,
08:29vous savez,
08:29la spécificité de SOS Médecins,
08:31c'est cette d'être
08:32des structures agiles,
08:33et donc,
08:34on essaye,
08:34en fonction des besoins
08:36et de la situation,
08:37de mobiliser
08:37le plus possible
08:39de nos médecins
08:40quand ils sont disponibles,
08:41mais c'est sûr qu'on arrive
08:41dans une période estivale,
08:42et comme dans tous les services,
08:44il y a quelques médecins
08:45qui vont être en vacances,
08:47donc on attend
08:49avec appréhension,
08:50éventuellement,
08:50s'il devait y avoir
08:51une deuxième vague,
08:52on s'organise pour ça,
08:54et on décale
08:56nos horaires
08:57et nos jours
08:58de vacations,
08:59éventuellement,
08:59pour pouvoir être présents
09:00sur le terrain.
09:00Merci infiniment,
09:02Philippe Parent,
09:02qui vous y faisait allusion.
09:03Oui,
09:04cette deuxième vague
09:04qui est annoncée
09:05comme probable
09:06par Météo France
09:07à partir du 6 juillet,
09:08on verra lorsque
09:09les prévisions météo
09:10pourront être affinées
09:12un petit peu plus.
09:13Il est 7h20 ce matin,
09:14soyez les bienvenus
09:15sur l'antenne de Sud Radio.
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