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  • il y a 11 minutes
Judith Beller reçoit Christelle Reboul, comédienne à l’affiche de "Ma chère mère », sur la correspondance entre Madame de Sévigné et sa fille, au Festival de Grignan, et Joëlle Weiss, œnologue et directrice de marque de la maison de champagne Jacquart

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##C_EST_EXCELLENT-2026-06-28##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:01Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélair.
00:04Bonsoir, bonsoir, bienvenue sur Sud Radio, là où l'on célèbre celles et ceux qui font l'excellence, et oui,
00:09l'excellence française.
00:11Cela fait des années que Christelle Reboule s'invite dans nos salons, à travers les programmes les plus populaires de
00:16la télévision française notamment.
00:18Bienvenue Christelle.
00:19Merci.
00:20Avec plaisir, vous êtes aussi une femme de théâtre de Molière à Fédo, où les auteurs contemporains notamment,
00:24on vous retrouve d'ailleurs dès le 9 juillet, au 30 ans du Festival de Grignan, dans ma chère mère,
00:29aux côtés de Marie-Christine Barraud.
00:31C'est un spectacle imaginé par François Zamel, qui donne vie à la correspondance entre Madame de Sévigny et sa
00:35fille Madame de Grignan,
00:37qui, elle, n'existait pas, donc c'est une vraie découverte.
00:40On va pouvoir en parler.
00:41Joël Weiss est journaliste de formation, fondatrice d'un magazine pro, consacré à l'univers des boissons, sans oublier bien
00:47sûr onologue,
00:48et de pas n'importe quelle maison.
00:50Bonsoir Joël.
00:51Bonsoir.
00:52Vous êtes donc l'onologue et la brand manager, ou directrice de marque en français, de la maison de Champagne
00:57-Jacques,
00:58à la tête des assemblages de Champagne, autant dire de la création du 10 hectares,
01:01non plus qu'un vignoble composé de plus de 60 crus.
01:05Chères auditrices et auditeurs, savoir-faire français à consommer, évidemment, vous le savez, avec modération.
01:09Chers amis, c'est excellent.
01:11L'émission qui crée le lien, vous êtes exactement au bon endroit.
01:17Alors, ma chère Christelle Reboul, vous êtes donc sur scène le 9 juillet au Festival de Grignan,
01:23qui fête ses 30 ans, toujours sous la direction d'Éric Emmanuel Schmitt.
01:27Pour cette pièce, ma chère mère, qui a été imaginée, comme je le disais par Françoise Amel,
01:31elle donne vie à Madame de Grignan, parce qu'en fait, dans la correspondance entre Madame de Sévigny et Madame
01:36de Grignan,
01:37on a perdu, en fait, les réponses de sa fille.
01:40C'est la fille de Madame de Grignan, Pauline, qui les a brûlées.
01:44Ah, voilà. Voilà l'histoire.
01:47Et on peut peut-être comprendre pourquoi.
01:49Pourquoi ?
01:50Parce que, dans ses lettres, entre Madame de Sévigny et sa fille,
01:55il est question, évidemment, du lien maternel, de la difficulté de cette relation.
02:03Madame de Sévigny était extrêmement envahissante vis-à-vis de sa fille,
02:07et sa fille n'a eu de cesse de tenter de s'émanciper.
02:12Et elle n'était pas non plus, Madame de Grignan, très maternelle elle-même,
02:17peut-être justement parce que trop maternée par sa mère, il y a eu un certain rejet.
02:22Et ses filles, voilà, elle s'en est occupée de manière tout à fait relative.
02:27Si, une est partie au couvent, l'autre mariée très tôt.
02:32Et il y a eu un certain désintérêt.
02:34Et je pense que Pauline a voulu, quelque part, se venger, peut-être.
02:39C'est mon interprétation.
02:40Cette interprétation, c'est toujours un peu compliqué, de toute façon, les relations mère-fille, évidemment.
02:45Pour rappel, pour nos auditrices, nos auditeurs,
02:47Madame de Sévigny, elle est considérée comme l'une des plus grandes épistolières de la littérature française.
02:52Elle fête les 400 ans de son existence cette année.
02:55Elle est née en 1626.
02:58Et donc, cette fille, Françoise et Marguerite de Grignan,
03:00elle est partie avec son mari en province.
03:02Donc, elle est partie loin de sa mère, effectivement.
03:04Et le seul lien qu'elles ont eu toutes les deux, ce sont ses lettres.
03:06Ses lettres que vous interprétez sur scène avec Marie-Christine Barraud.
03:11Et ce qui est intéressant, c'est que ça couvre quand même un certain nombre d'années aussi.
03:15Donc, comment est-ce que vous évoluez dans cette relation ?
03:18Comment vous avez travaillé justement ce temps long, en fait,
03:21pour qu'on arrive à quelque chose de plus contemporain,
03:24enfin, en tout cas, de plus succinct, j'ai envie de dire ?
03:25Oui. Alors, le festival de Grignan, c'est un festival de la correspondance.
03:29Donc, ce sont des lettres qui sont effectivement mises en scène, incarnées.
03:34Mais nous avons toujours le texte en main.
03:37Donc, c'est très particulier d'ailleurs, cette zone.
03:39Parce que ce n'est pas la totale incarnation avec un texte su,
03:42complètement intégré dans chacune de nos cellules.
03:46Mais il y a quelque chose de l'ordre de la distance.
03:48Où, en fait, la lectrice Christelle, comme Marie-Christine, sont présentes aussi.
03:55Donc, en fait, c'est aussi un certain regard de femmes d'aujourd'hui porté sur ces femmes du 17ème.
04:02Et ce qui est intéressant dans cette lignée, justement, c'est que c'est un spectacle qui...
04:05Donc, le but, ce n'est pas de réécrire l'histoire, mais c'est de lui donner une voie,
04:09c'est-à-dire de combler un silence, en fait, aussi.
04:11Ah oui, ça, c'est le travail formidable de Françoise Hamel qui a...
04:15En partant, évidemment, des lettres de la mère, de Madame de Sévigné,
04:18elle a imaginé les réponses potentielles.
04:23Et même, Madame de Sévigné, des fois, citait sa fille, en fait.
04:27Elle recitait les lettres qu'elle avait reçues.
04:30Donc, il y a poison de matière.
04:32Il y a une matière.
04:33Et donc, je ne pense pas qu'elle soit très éloignée, en fait, d'une certaine vérité.
04:37Et puis, cette relation mère-fille, finalement, elle est, j'ai envie de dire, intemporelle, immortelle.
04:41C'est la même, quel que soit le siècle aussi, non ?
04:43Finalement, aussi.
04:43C'est ça qui est très surprenant, en fait.
04:46C'est que ces questions sont universelles, intemporelles.
04:49On se les est toutes posées.
04:51Est-ce que le lien père-fils, c'est peut-être encore autre chose, quand même ?
04:56Mais moi, qui travaille en ce moment aussi sur la sonate d'automne de Bergman,
05:00et qui est vraiment aussi cette relation...
05:03Dites-nous en plus.
05:04C'est un projet que j'ai avec Christophe Lidon, le directeur du Cadeau d'Orléans,
05:09et avec Masha Meryl.
05:10D'accord, on l'aime beaucoup ici.
05:12Oui, entre Masha Meryl et Marie-Christine Barraud, je suis très bien entourée.
05:15Ah oui, ça c'est sûr.
05:16C'est mes mères, mes mères potentielles.
05:18Vous avez vos mentors.
05:20C'est aussi une œuvre très contemporaine, parce qu'au-delà du grand siècle,
05:23des phases de la cour de Louis XIV, etc.
05:26Ce sujet éternel.
05:28Moi, je me suis demandé, pensez-vous que si Mme de Sévigné, Mme de Grignan,
05:32vous voyez cette représentation aujourd'hui,
05:34elles seraient contentes, elles trouveraient que cette conversation réinventée entre elles
05:38correspond à leurs échanges, finalement.
05:41Je le souhaite, et puis d'autant plus que ce festival se passe à Grignan,
05:46devant le château, donc devant son château.
05:48Mon château, elle, bien sûr.
05:50C'est votre château, ben oui, tiens.
05:52Donc Didier Long, qui fait la mise en scène, il a imaginé, évidemment,
05:56bon, c'est pas encore fait, parce que nous allons le faire le 9 juillet,
05:59mais en utilisant le château, les balustrades, les fenêtres,
06:03en me faisant courir à l'intérieur, et voilà, avec tout ça,
06:07c'est dans la nuit, donc avec les lumières,
06:10avec l'écriture aussi de Mme de Sévigné, qui va s'étaler sur les pierres.
06:14C'est une belle aventure pour une comédienne.
06:18Oui, c'est la troisième fois que je fais ce festival,
06:20et il y a, je sais pas, les pierres parlent,
06:24les pierres nous font ressentir des choses,
06:26les fantômes sont là, et dans ce lieu,
06:28ouvert après au vent, en face des champs de l'Avent,
06:31des champs d'Olivier, mais c'est tellurique au possible.
06:35Ce qui est intéressant aussi, dans cet échange,
06:37on parle de Mme de Grignan, qui s'éloigne de sa mère,
06:40qui est dans l'émancipation,
06:40c'est aussi Simone de Beauvoir qui disait
06:44« On ne naît pas femme, on le devient ».
06:46On la voit finalement aussi devenir femme à part entière,
06:50avec ses choix, ses désirs, sa propre vision qu'elle veut imposer aussi.
06:53Oui, alors peut-être qu'elle se crée quand même beaucoup en opposition.
06:58Sa propre liberté, sa propre autonomie est peut-être relative,
07:04mais est-ce qu'elle n'est pas toujours relative ?
07:07Est-ce qu'elle est relative à priori ?
07:09Mais en opposition, elle fait ses choix.
07:11C'est vrai qu'elle quitte la cour du roi,
07:16parce que sa mère veut, quelque part, en faire aussi une courtisane.
07:21Et elle fuit le roi qui l'a un petit peu séduite.
07:24Elle ne veut pas de cette vie-là,
07:26elle ne veut pas de cette superficialité.
07:29Et sa mère, la Marie, a ce conte qui est un peu vieillissant,
07:35pas spécialement séduisant,
07:36et elle pense que sa fille, elle va conserver sa fille comme ça.
07:40Et en fait, pas du tout, elle tombe...
07:41Son mari, M. Grignan, dit comme ça, quand il l'épouse,
07:45il dit, l'acte de mariage, il dit,
07:47j'épouse Mme de Grignan passionnément.
07:51Et ce terme, dans un contrat de mariage, est peu commun, surtout à l'époque.
07:56Passionnément, c'est peu commun, oui.
07:58On aime beaucoup.
07:59Donc voilà, elle tente de s'émanciper.
08:04Voilà, c'est une tentative, mais voilà, c'est déjà ça.
08:07Est-ce que ce n'est pas l'histoire des femmes du monde entier, ça ?
08:10Tenter de s'émanciper, on en entend beaucoup parler en ce moment.
08:13Heureusement qu'on en entend parler,
08:15et je pense qu'aujourd'hui, on y arrive.
08:17Peut-être qu'au XVIIe siècle, c'était quand même assez complexe.
08:21Mais là, aujourd'hui, je sens qu'il y a des femmes fortes
08:25et qui arrivent à être entendues et considérées.
08:28C'est vrai.
08:30Joëlle Weiss, Christelle Reboul, elle fait revivre la parole de cette femme du XVIIe siècle.
08:35Vous, avec le champagne de jacquard, vous perpétuez un savoir-faire vigneron précis,
08:40qui est transmis de génération en génération en champagne.
08:43Finalement, vous êtes aussi une passeuse, au même titre que Christelle.
08:47Christelle nous passe les mots, la parole.
08:49Vous, vous passez le savoir-faire.
08:50C'est vraiment ça, vous êtes ce fleuron de notre excellence.
08:53Vous en faites partie, en tout cas.
08:54Oui, tout à fait.
08:55Puis il y a cet aspect, nous, c'est le terroir.
08:58Donc, on y apporte une interprétation.
09:01On a une matière première, comme on peut peut-être avoir des lettres.
09:06Et puis, on y apporte une interprétation.
09:09Et effectivement, ce que vous disiez sur le côté très contemporain de certaines thématiques du XVIIe siècle,
09:19je pense que le champagne aussi, il a passé les siècles et il reste d'une actualité folle.
09:28Et effectivement, c'est aussi un vin pour lequel les femmes ont fait beaucoup.
09:33Oui.
09:34Dites-nous en plus.
09:35Alors, c'est vrai que d'abord, c'est le vignoble où vous avez le plus de femmes chefs de
09:43cave.
09:43D'accord.
09:44Et l'université d'oenologie de Reims, c'est une université où il y a une très forte proportion de
09:49femmes.
09:49D'accord. On est en parité, carrément ?
09:51Il faut travailler pour avoir une parité homme.
09:56Sinon, on aurait beaucoup de femmes à Reims.
09:58Génial.
09:59D'accord.
09:59Et les femmes ont toujours joué un rôle, même à une époque où elles n'étaient pas ailleurs et même
10:08dans le monde du commerce,
10:10comme ça, en position forte.
10:13Alors, il y a une raison heureuse et puis une raison malheureuse.
10:16La raison malheureuse, c'est que beaucoup de femmes célèbres en Champagne sont des veuves.
10:21Ah.
10:22Et que malheureusement, la Champagne a payé un lourd tribut à de nombreuses guerres.
10:27D'accord.
10:27Et que les femmes, leur mari ayant décédé, reprenaient le flambeau.
10:32Il y a du positif dans le négatif.
10:33Voilà.
10:33En fait.
10:34Donc, passeuse de savoir-faire, passeuse de mémoire, finalement.
10:37Parce que quand vous dites Madame de Sévigny aujourd'hui, nous, ça nous éclaire aussi dans notre quotidien contemporain.
10:42C'est vous, a venu d'ailleurs.
10:44Mais bien sûr.
10:45Mais bien sûr.
10:47Merci de le dire.
10:48Enfin, je pense que le passé est primordial pour pouvoir comprendre le présent et envisager l'avenir.
10:55Et je ne sais pas ce qui se passe.
10:57Je ne sais pas si vous le ressentez aujourd'hui.
10:59Il y a comme quelque chose où on se détourne de tous ces textes classiques.
11:04Comme si on les trouvait poussiéreux.
11:07Ou comme si le monde...
11:09On retrouve cette opposition ancien, moderne.
11:12Et c'est très très bizarre, en fait.
11:15On le ressent, nous, au théâtre, particulièrement.
11:18Mais est-ce que ce n'était pas ça, la révolution industrielle aussi, finalement ?
11:20Est-ce que ce n'est pas un éternel recommencement, cette opposition entre le vieux monde et le nouveau monde,
11:26qui a envie de raconter qu'il sait mieux que l'autre ?
11:30Puisque c'est cette histoire d'émancipation, finalement, dont on parle aussi, entre Madame de Grignan et Madame de Sévigny.
11:34Oui, mais c'est troublant.
11:36Parce qu'on ne peut pas construire en niant ce qu'on a été.
11:40Donc, voilà, parfois, j'ai un peu peur.
11:43Eh bien, écoutez, en tout cas, heureusement, il y a des gens comme vous qui continuent à faire vivre ces
11:48belles voix dont on a envie d'entendre plus.
11:51D'ailleurs, ça sera le 9 juillet au Festival de Grignan, je le rappelle.
11:54Vous, vous restez bien avec nous.
11:55Cet excellent revient dans un instant.
11:57Avec deux univers de passion.
11:59La comédienne Christelle Reboul et puis l'onologue Brand Manager, ça se dit en anglais, du Champagne Jacquard, Joël Weiss.
12:05A tout de suite sur Sud Radio.
12:08Sud Radio, c'est excellent.
12:09Judith Bélair.
12:10Merci d'être toujours avec nous sur Sud Radio, c'est excellent.
12:13Ici, on crée le lien, vous le savez, ce soir, entre la comédienne Christelle Reboul,
12:17qui sera le 9 juillet au Festival de Grignan, à l'affiche de Ma chère mère.
12:20C'est une pièce imaginée par Françoise Hamel, aux côtés de Marie-Christine Barraud sur scène.
12:25Et puis Joël Weiss, l'onologue, directrice de marque de la maison de Champagne Jacquard.
12:28Alors, la maison de Champagne Jacquard, elle revendique une identité à part.
12:32On peut le dire comme ça, dans l'univers du Champagne ?
12:34Cultiver la différence.
12:36Oui, tout à fait.
12:37C'est une maison qui est jeune, à l'échelle de la Champagne, 1964.
12:42C'est ça.
12:42Quand on est dans un univers de maison centenaire, pluricentenaire.
12:51Mais ça aurait peut-être pu être un handicap, on a préféré le tourner comme une force.
12:56Et justement, regarder vers l'avenir, on est quand même très ancré.
13:01On fait ce lien.
13:02Alors moi, j'aime bien mettre l'image d'une vigne, une vigne pour qu'elle fonctionne.
13:08Il faut qu'elle ait ses racines bien ancrées dans son terroir, dans son passé.
13:13Et à la fois, elle tourne ses rameaux et ses raisins vers l'avenir.
13:18Et oui, Champagne Jacquard, une maison assez jeune, assez contemporaine.
13:23Et ça berce tous nos champagnes, toute la manière aussi dont on fait nos champagnes.
13:31Alors cette vision moderne, justement, c'est de rendre le luxe accessible aussi,
13:35en misant sur cette envie de partage, de plaisir qu'on partage, d'émotion aussi,
13:41plutôt que les codes traditionnels et usuels.
13:43Voilà, tout à fait. On ne veut pas que le champagne soit cantonné à une image d'événements, de cérémonies.
13:52On pense que le champagne doit apporter une forme de luxe décomplexé,
13:57peut faire de chaque moment de la vie quelque chose d'un petit peu exceptionnel.
14:05C'est ça qui est important, c'est l'exception.
14:06Je suis obligée de le répéter, chers amis, toujours avec modération, évidemment.
14:09Même le champagne ultra luxe, comme le Champagne Jacquard, accessible, attention.
14:14Pour vos vins, pour choisir, vous picorez dans chaque saison dans 300 hectares,
14:21parmi les multiples parcelles de ce champagne.
14:23Et puis ce vignoble qui est composé depuis 60 crues, Joël Weiss, un sacré boulot.
14:27Oui, c'est une mosaïque, c'est un mot qu'on aime bien.
14:31C'est un travail comme ça, oui, on va picorer à droite, à gauche.
14:37On retranscrit un style, puisque c'est ça l'objectif,
14:41mais en s'adaptant au millésime, en s'adaptant aux différentes conditions.
14:47Et en fait, l'idée, c'est d'embrasser tout ce qui fait la diversité,
14:54parce que c'est un produit naturel, mais y apporter une petite touche.
14:59Alors, on a envie de savoir, comment vous créez un champagne, Joël ?
15:02Alors, c'est beaucoup de travail, et c'est beaucoup de plaisir aussi.
15:08Donc le travail d'assemblage, il consiste, comme quand vous faites vos partitions,
15:14à déguster tous les vins qui sont produits.
15:17Donc moi, il y en a plus de 300.
15:18Il y a pas mal de chardonnay aussi dans un ?
15:20Oui, tout à fait.
15:21Et puis le long vieillissement, c'est important chez vous aussi.
15:22Exactement, exactement.
15:24Donc voilà, vous choisissez, vous faites votre marché.
15:29D'accord.
15:29Et puis ensuite, vous avez une recette, et puis vous avez un tour de main.
15:33C'est quoi un tour de main ?
15:35Un tour de main, c'est pour faire des champagnes plutôt contemporaines.
15:39On va axer sur la fraîcheur, on va pas utiliser, par exemple, des barriques ou du bois.
15:45Tout sur la cristallinité, l'inox, ce côté très frais, très aérien, très droit.
15:53On veut que quand vous buvez un champagne jacquard, c'est frais, c'est aérien en bouche.
16:00Et consommer avec modération, ça reste tout en fraîcheur.
16:06Vous avez dit, je vous cite, cette maison déjà, elle est jeune et moins gardée que les autres.
16:11Ça c'est vos mots, Joël Weiss, c'est important pour vous ça, d'être libre.
16:15Oui, moi je suis rentrée assez tard dans le monde du champagne.
16:21Et je m'aperçois que c'est un vin qui a donné tellement de liberté aux femmes.
16:27On rejoint la discussion qu'on avait tout à l'heure.
16:29Je voulais qu'il soit toujours plein de pétillants, ça c'est facile à dire, mais qu'il soit joyeux.
16:38On prend une flûte de champagne, on se dit, tiens c'est dimanche, c'est un peu à part.
16:45J'aime bien l'idée, dimanche-sime en fait.
16:49Vos assemblages de crues, vous avez dit aussi que vous les envisagez comme des puzzles à mille pièces.
16:53Vous pouvez m'expliquer ce que c'est ça ?
16:55Oui, alors...
16:56Pourquoi mille pièces ? Déjà vous avez mille vingt, vous pouvez choisir.
16:59Ah, alors on en a goûté l'année, là sur le dernier assemblage, 251.
17:05D'accord, et quand vous goûtez vous recrachez, on est d'accord ?
17:07Bien sûr.
17:08De toute façon c'est impossible de faire autrement.
17:11Et puis c'est quand même un travail qui nous prend bien trois à quatre mois.
17:16D'accord, parce qu'en fait vous ne pouvez pas goûter un vin et passer à un autre tout de
17:20suite derrière, si ?
17:21Si, mais en fait vous travaillez par village ou par cru et ensuite vous... c'est un petit peu comme
17:29un puzzle.
17:30Autant vous trouvez rapidement les boucarrés, les bords droits, autant après il faut travailler par couleurs.
17:36Et donc c'est beaucoup de notes et puis on redéguste les vins.
17:38Moi je penserai à vous.
17:39Oui.
17:41Je n'avais jamais pensé à ça d'ailleurs.
17:43L'autre partie de votre boulot Joël Veil, c'est la communication.
17:46Oui.
17:47Vous gardez un cap, qui est le cap donné par la maison elle-même.
17:52Puis cette alliance entre savoir-faire, tradition et puis évidemment contemporanéité.
17:56Et puis le reste c'est quoi ?
17:57C'est que comment est-ce qu'on arrive en fait à raconter les vins que vous faites, vous devez
18:01raconter les vins que vous créez vous-même quoi.
18:03Oui.
18:04Alors je suis ambassadrice de marque.
18:06Il y a aussi la version française qui est peut-être plus sympathique.
18:12Et bien oui, un champagne c'est au-delà d'un vin, offrir une flûte de champagne ça veut dire
18:18bravo, félicitations, bonne année, je t'aime.
18:23Donc c'est vraiment un vin qui a un contenu plus important, on va dire.
18:29Et mon travail c'est aussi de le faire vivre et de transmettre cette passion-là sur les quatre continents.
18:38Oui, quand vous en parlez, vous la transmettez votre passion.
18:41Ça se façonne un peu comme une robe d'eau de couture, Jean-Benne en fait, j'ai envie de
18:45dire.
18:46Oui, la mosaïque c'est vraiment on travaille par petites pièces.
18:51Et puis ensuite, il y a un long travail d'élevage, puisque on a l'impression qu'on ouvre une
18:59bouteille de champagne, on est dans l'instant.
19:01Mais derrière, il y a trois ans, six ans, huit ans, dix ans d'élevage.
19:07Et on revient à ce côté un petit peu de lien et d'intemporalité et de temps long.
19:14Christelle Reboul, quand on écoute Joël Weiss parler du vin, elle le façonne, vous vous façonnez vos personnages aussi.
19:21C'est un peu la même démarche dans cette recherche de la précision, notamment sur les scènes de théâtre.
19:27Parce que c'est quand même encore autre chose comme exercice évidemment que devant une caméra.
19:31J'ai envie de dire que vous ne pouvez rien laisser au hasard vous non plus dans votre métier en
19:34fait.
19:35Non, ça me parle beaucoup, beaucoup de ce que vous dites.
19:37Parce qu'effectivement, pour arriver au présent, c'est-à-dire peut-être le moment où on boit, à la
19:45dégustation.
19:47Et il y a toutes ces années derrière.
19:49Et c'est ça être actrice aussi, bien sûr.
19:53C'est être au présent, au maximum au présent sur scène ou devant une caméra, c'est la même chose.
20:00Mais on peut en parler même.
20:02Et derrière, c'est des strats, des strats infinis.
20:07Des strats aussi d'ailleurs.
20:09Des strats infinis de sédiments où on est allé chercher dans un coin du personnage et puis dans un autre.
20:17Avec cet auteur, avec ce metteur en scène.
20:20Et c'est un long, long travail pour arriver à incarner, à faire passer.
20:27Évidemment, nous, on est des passeurs d'émotions.
20:29Moi, c'est comme ça que j'aborde en tout cas mon métier.
20:32D'autres l'abordent différemment.
20:33Mais c'est comment on fait pour être le plus libre possible pour que ces émotions passent sans filtre ou
20:43avec des filtres choisis jusqu'au spectateur et créer une émotion, une catharsis.
20:49Et donc, tout ça, c'est évidemment beaucoup de réflexion aussi, mais aussi de, comment dire, où on va essayer
21:00de façonner la matière, de se faire un catalogue émotionnel personnel ou inventer, de passer de la fiction au réel.
21:10Enfin voilà, mais tout ce temps-là, c'est aussi de la contemplation parfois.
21:15C'est aussi juste prendre le temps de rêver, de rêvasser.
21:20C'est tous ces moments-là qu'on oublie peut-être dans notre société assez rapide.
21:26Oui, des moments dans lesquels vous vous reconnaissez aussi.
21:29Oui, oui, tout à fait.
21:30Et puis alors, j'aime bien ce côté où on n'est pas maître de tout.
21:36Chez nous, le vin, il vieillit à son rythme.
21:39Ça reste un produit vivant et on le déguste et puis on dit il est prêt à sortir ou non.
21:47Il n'est pas prêt à sortir.
21:49Et souvent, il y a quelque chose qui se fait indépendamment.
21:54C'est un peu magique quand même.
21:56Oui, mais dans nos mondes actuels, c'est vrai que moi des fois,
22:02et c'est vrai que je suis beaucoup à l'étranger, dans ce monde, voilà, les avions.
22:07Et je reviens dans les caves.
22:09Alors déjà dans les caves, comme dans ce studio, il fait frais, exactement.
22:1412 degrés, 70% d'humidité.
22:20Les portables ne passent pas.
22:22Et là, on entre dans un autre monde.
22:25Et c'est extrêmement apaisant.
22:28Et on entre dans ce temps long que vous évoquiez et finalement qui est à la base de beaucoup de
22:37choses.
22:39Eh bien voilà, il faut faire savoir le savoir-faire français.
22:42Le temps long, comme on l'aime sur Sud Radio, ne bougez pas.
22:45On est ensemble, le mieux reste à venir peut-être.
22:46Ou sûrement même avec la comédienne Christelle Reboul.
22:49Et puis l'onologue brand manager du champagne Jacquard, Joël Weiss.
22:53C'est excellent, continue juste après, ça restait là.
23:00Le dimanche à 19h sur Sud Radio, on prend le temps.
23:02Bienvenue dans cet excellent, le rendez-vous de celles et ceux qui osent aller plus loin.
23:06Vous êtes avec la comédienne Christelle Reboul, le 9 juillet, sur scène au festival de Grignan,
23:10qui fête ses 30 ans cette année.
23:11Dans ma chère mère, c'est une pièce écrite, adaptée, inventée presque par Françoise Amel,
23:16avec Marie-Christine Barraud, et puis Joël Weiss, qui est oenologue,
23:20et puis ambassadrice de Marc, donc, des Champagne Jacquard.
23:24Christelle Reboul, vous sortez littéralement de scène,
23:26puisque lundi dernier, vous étiez encore à l'affiche à l'espace Bernanos,
23:30à Paris, de la pièce Un mauvais rêve, biopsie d'une meurtrière.
23:35Quand on termine une aventure comme celle-là, qui vous a beaucoup tenu à cœur,
23:39vous allez nous dire pourquoi, comment on se sent, Christelle ?
23:43Oh, déboussolée, perdue, à garde.
23:47De toute façon, à la fin d'une aventure théâtrale, artistique,
23:54c'est une certaine forme de mort, pour renaître évidemment par la suite,
24:00mais il faut le...
24:01C'est un phénix en fait.
24:02Oui, mais il faut le prendre ce temps-là.
24:04Et puis c'est vrai qu'Un mauvais rêve, c'est une adaptation que j'ai faite
24:08avec le petit-neveu de Bernanos.
24:10C'est un texte pas du tout connu de Bernanos.
24:12Vous êtes tombée dans l'oubli totalement, effectivement, que vous faites revivre.
24:16Pourquoi c'est important pour vous ? Pourquoi ce texte-là ?
24:18Parce qu'il y a...
24:20Oui, c'est cette amie qui m'a fait connaître,
24:23mais surtout, il y a un personnage féminin.
24:25Incroyable.
24:25C'est extraordinaire.
24:26C'est une femme...
24:27Biopsie d'une meurtrière.
24:28C'est Simone Alfieri.
24:30C'est une secrétaire qui se met à écrire sa propre histoire
24:32et qui finit par, grosso modo, brouiller les frontières entre fiction et réalité.
24:35Bravo !
24:35C'est ça, c'est un trailer psychologique.
24:39Et puis, ça parle aussi des ravages du manque d'amour, de l'obsession.
24:43Oui, oui.
24:44C'est un cas...
24:44La passion obsessionnelle.
24:45C'est-à-dire, elle pose la question, elle est incapable d'aimer.
24:48Et c'est vrai, on pense que le fait d'aimer est quelque chose de naturel
24:51ou quelque chose que tout le monde peut posséder.
24:55Mais si on s'arrête deux minutes, ce n'est pas forcément une faculté innée.
24:59Tout n'est pas forcément une faculté.
25:00D'ailleurs, le rapport mère...
25:03Pour rejoindre Madame de Sévigny, le rapport mère-fille,
25:07il y a bien des...
25:08Il y a beaucoup de mères qui disent
25:10mais je n'ai pas cet instinct, cet instinct maternel, etc.
25:15Elles osent le dire, maintenant.
25:16Elles osent le dire.
25:17Et en fait, Simone Alfieri, ce personnage qui devient un autre évangéline
25:20puisqu'elle se métamorphose,
25:22elle change de cerveau littéralement sur scène.
25:25Elle pose la question, voilà, elle sent qu'elle est incapable d'aimer.
25:29Qu'est-ce qu'on fait avec ça ?
25:30Un peu sociopathe, quoi.
25:33Alors, on peut toujours dire...
25:35Quand on est totalement incapable d'aimer...
25:37Oui, elle tue d'ailleurs, elle est criminelle, etc.
25:39C'est pas pour rien que je vous dise ça.
25:40Bien sûr, c'est vrai, tout à fait.
25:42C'est votre première adaptation ?
25:44Non, j'avais adapté La religieuse de Diderot.
25:47Ah, ok, c'est pas mal aussi, ça, comme texte.
25:49Pourquoi vous mettez des montagnes comme ça ?
25:51Vous aimez l'écriture aussi, vous aimez...
25:52Pourquoi je me mets des montagnes ?
25:53C'est la question de mon producteur.
25:55Je ne vais pas faire plus simple.
25:57Parce que c'est vrai que si j'initie un projet, moi,
26:01autant aller vers les montagnes.
26:03C'est vrai que j'aime assez essayer de déplacer les montagnes.
26:07C'est vrai.
26:07En même temps, c'est ça, les artistes, les vrais artistes, j'ai envie de dire.
26:10C'est aller là où c'est dur, quoi.
26:13Sinon, on ne se sent pas...
26:14Peut-être, quand c'est trop facile, c'est douteux.
26:18Oui, là où c'est difficile, effectivement, il y a forcément matière.
26:22Et il y a peut-être ces fameux puits de pétrole qui sont à portée de main.
26:28On vous connaît surtout grâce à votre...
26:30Enfin, surtout, non, à la télé, en tout cas,
26:32grâce à votre personnage d'Amélie Dubernet-Carton dans Nos Chers Voisins.
26:35Et puis, il y a Delphine de Lobel dans Ici, tout commence.
26:38Il y a des séries populaires dans lesquelles on vous a vues,
26:40comme HPI, Camping Paradis, Crimes Parfaits.
26:43Est-ce que la télé, ça change votre rapport au public
26:44ou ça change le rapport du public à vous ?
26:47Les deux.
26:47Les deux.
26:49Qu'est-ce que ça change chez vous ?
26:50Ça m'intéresse.
26:52En fait, c'est le public qui me...
26:55Le regard du public me fait prendre conscience
27:01de quelque chose, de ce que j'ai pu évoquer
27:05ou faire évoquer chez le...
27:09Enfin, là, c'est un échange, évidemment.
27:11C'est savoir que vous évoquez l'émotion chez les gens qui vous regardent.
27:15Oui, et puis surtout, tout d'un coup,
27:17j'arrive à voir quelles émotions j'ai pu susciter.
27:20Et notamment, évidemment, Nos Chers Voisins,
27:23c'était une comédie, c'était léger,
27:25donc bienveillant, programme familial.
27:27Donc, les gens qui me croisent dans la rue,
27:29ils ont une espèce de nostalgie aussi.
27:32Oh, j'ai regardé ça en famille quand j'étais petite.
27:35C'est sympa.
27:36Moi, je me souviens, il y avait Maggie le dimanche soir.
27:39Et c'est vrai que c'est quelque chose qui rassemble.
27:41Je me souviens bien aussi de Maggie.
27:42Tout à fait, tout à fait.
27:43Si j'ai pu, voilà, si on a pu, avec Nos Chers Voisins,
27:45créer ça, créer ce foyer, c'est assez beau, quand même.
27:50Alors, Joël Weiss, vous, vous avez commencé votre vie professionnelle comme journaliste.
27:53Vous avez créé en 1994 Rayon Boisson, c'est ça ?
27:56C'est vous, ça.
27:57Le magazine des studios professionnels de la grande distribution.
28:00Puis après, vous avez arrêté un peu.
28:01Et puis, vous êtes partie en Allemagne.
28:03Et puis, vous êtes revenue responsable de la communication des onologues de Champagne,
28:07en ayant fait, évidemment, toutes les formations nécessaires.
28:10En fait, c'est un métier passion.
28:12Vous avez cherché un peu votre route dans cette passion-là, à un moment donné ?
28:17Pourquoi vous n'êtes pas allée directement dans l'onologie, j'ai envie de dire ?
28:21Alors, à la base, j'ai fait des études d'ingénieur agri et de noyau.
28:26J'ai un petit peu vinifié.
28:28Et puis après, c'est les hasards de la vie.
28:30Et puis, il faut les approprier et les prendre comme une chance.
28:37C'est vrai que participer à la création d'un magazine, c'est une aventure fascinante.
28:44Vraiment fascinante.
28:46Que j'ai eu l'occasion de suivre, de faire pendant huit ans.
28:51Et puis ensuite, les hasards de la vie ont fait que je suis tombée amoureuse d'un monsieur
28:58qui venait des brumes du nord.
29:01C'est toujours chez Danberg.
29:03En plus, puisque c'était vers Hambourg, vers le Danemark.
29:07Donc voilà, il n'y avait pas de vignes.
29:10Donc c'est l'amour, on va dire.
29:13Et puis...
29:13Et puis après, il est rentré en France avec vous ?
29:15J'arrive à le descendre peu à peu vers le sud.
29:19Vers la Champagne.
29:20Voilà, la Champagne.
29:21Et vous devenez responsable de la communication des honnêtes de Champagne.
29:23C'est ça qui vous a fait mettre l'œil, en fait.
29:25C'est comme ça que vous avez découvert Jacquard.
29:27Vous avez capté les mille hectares qui appartiennent aux vignerons.
29:30C'est très important, ça.
29:31J'ai eu aussi une activité comme chef de rubrique Champagne d'un magazine qui s'appelle Terre de Vin.
29:36D'accord.
29:37Donc vous avez pu découvrir l'intégralité du territoire.
29:39J'ai pu découvrir les Champagnes de cette maison qui était fort intéressante.
29:46Et c'est vrai que c'était la maison que je voulais rentrer.
29:48Ah oui, c'est ça.
29:49Vous avez su que c'était là que vous vouliez aller ?
29:50Oui.
29:51D'accord.
29:51Comment ça s'est passé alors ?
29:53Alors, j'ai été invitée comme journaliste à découvrir les vins.
29:56Et puis vous êtes restée.
29:57Voilà, donc j'ai un peu zioté et c'est une maison effectivement jeune qui avait fait un énorme travail
30:05sur ses vins, sur son vignoble, sur son style et qui voulait faire connaître ses Champagnes.
30:14Parce que quand on fait un Champagne, on commence par le créer, puis on le fait vieillir pendant 3, 6,
30:209 ans.
30:21Et puis quand il sort, il faut en parler au public.
30:23C'est dingue, on n'y pense pas, tout ça.
30:25Et c'était le bon moment.
30:26Et puis en plus, vous, vous avez préservé aussi cette signature justement de ce vignoble composé de 60 crus, je
30:34le redis, 300 hectares, c'est énorme, etc.
30:36Toujours avec modération, chers amis, évidemment.
30:39Et puis, démarche de viticulture durable, ça c'est hyper important.
30:42Vous avez été récompensé en 2026 par la certification B Corp.
30:45Expliquez-moi ce que c'est.
30:47Ah, formidable.
30:47Je vous ai fait un travail.
30:48Oui, oui, vous avez fait un travail extraordinaire.
30:52Alors d'abord, il y a aussi un élément, c'est que nous appartenons à des vignerons.
30:57Oui, c'est ça.
30:58Nous sommes une coopérative.
31:001000 hectares qui appartiennent aux vignerons.
31:02Voilà, donc ça c'est...
31:03Ça nous plaît, ça.
31:05Il y a un côté très humain qui baigne tout mon travail.
31:11Et donc, en lien direct avec les vignerons.
31:16Alors, on est un groupe, je veux dire, c'est pas Joël Weiss, on a 8 techniciens, ingénieurs viticoles.
31:25Vous n'êtes pas toutes seules à faire les Champagnes, non plus bien.
31:27Et les Champagnes, nous sommes 3 au Pôle 20.
31:29Et donc, c'est d'amener les gens d'un point A à un point B.
31:35Et ça, c'est un travail collectif extraordinaire.
31:41Des petits pas aimés d'embarquer tout le monde vers un vignoble plus sain, plus environnemental.
31:53Parce qu'on parle de notre outil de production et d'être, de travailler pour des vignerons.
31:58Ils comprennent complètement ce côté de transmission et de plurigénération.
32:06Donc ça, c'est vraiment un travail du quotidien qu'on comprend parfaitement.
32:13Et Bicorp, c'est une certification qui va au-delà de l'aspect environnemental.
32:19Ça va aussi sur les côtés sociétaux.
32:23C'est-à-dire comment votre activité...
32:26C'est votre RSE, quoi.
32:27Oui, c'est ça. Tout à fait.
32:29Donc comment vous faites vivre l'économie locale, les artistes.
32:36Et comment, au-delà de produire un Champagne, vous faites vivre un écosystème.
32:46Et vous l'amenez à être rayonnant.
32:49Vous êtes aussi passionnée l'une que l'autre, mesdames, Christelle Roboul, Joël Weiss.
32:54Clairement, vous avez choisi des métiers d'exigence l'une et l'autre.
32:57Et ce que j'entends, vous, quand je vous entends parler Joël, et vous, quand je vous entends parler Christelle,
33:00c'est la même chose.
33:01C'est-à-dire que c'est une fabrique à émotions, en fait.
33:03C'est vrai.
33:04Vous êtes transpercée, n'est-ce pas, par ce que vous faites.
33:07Oui, et puis le but est de créer l'émotion.
33:10Et de le transmettre.
33:11Et de le transmettre.
33:11Voilà.
33:12C'est vrai.
33:13Joël.
33:13Merci de ce lien.
33:15C'est génial.
33:15C'est génial.
33:16C'est superbe.
33:18Et l'émotion, c'est, oui, donner un supplément d'âme, une autre dimension.
33:27Et puis de la joie.
33:29Je crois qu'il y a un côté pétillant dans tout cela.
33:33On adore.
33:34C'est excellent.
33:34Vous l'aurez compris.
33:35Restez avec nous.
33:35La conversation continue.
33:36C'est excellent.
33:37Vous l'aurez bien compris encore.
33:38A tout de suite sur Sud Radio, avec d'un côté la comédienne Christelle Roboul.
33:42Et puis de l'autre côté, l'oenologue ambassadrice de marque, du Champagne Jacquard, Joël Weiss.
33:47Reste avec nous.
33:47A tout de suite.
33:50Sud Radio, c'est excellent.
33:51Judith Bélair.
33:52C'est excellent sur Sud Radio.
33:54Merci de nous avoir choisis.
33:55Avec vous, la comédienne Christelle Roboul, qui sera sur scène au festival de Grignan,
33:59le 9 juillet, dans Ma chère mère.
34:00Avec Marie-Christine Barraud.
34:02C'est une pièce écrite par Françoise Amel.
34:05Ainsi que Joël Weiss, qui est oenologue et brand manager du Champagne Jacquard.
34:08Alors, dans un instant, vous savez, chères auditrices, chers auditeurs,
34:11ça sera parlant de vous.
34:12La chronique de celles et ceux qui s'engagent, qui font bouger les lignes.
34:15Mais juste avant ça, c'est le portrait chinois.
34:16Vous êtes prêtes, mesdames, pour le portrait chinois ?
34:18Allez.
34:18Il ne faut pas trop réfléchir avant de répondre.
34:20Vous êtes prêtes.
34:21Allez, Christelle, si vous étiez une héroïne de théâtre, tiens.
34:25Phèdre.
34:26Ah oui.
34:27Alors, en deux mots, pourquoi, quand même ?
34:30Parce que c'est la passion, parce qu'elle va jusqu'au bout, parce qu'elle aime.
34:35Ça vous correspond bien, quoi ?
34:40Alors, ça me correspond bien.
34:43La grande Christelle, c'était la chambre.
34:46La grande Christelle ? Il y en a plusieurs, en fait.
34:48Non, non, pardon.
34:49Je m'exprime.
34:50En fait, c'est l'actrice, la chambelée, l'actrice de Racine parlait de ça.
34:55Elle disait que quand elle rentrait sur scène, c'était plus la chambelée, c'était la grande chambelée.
34:59C'est-à-dire le fait de traverser cet espace entre la coulisse et le plateau, d'arriver sur...
35:03C'est vous en version 2.0, en fait, c'est ça ?
35:06Oui, je pense, en fait. On en a plein de versions.
35:10Joël, si vous étiez en cépage ?
35:12Oh, bah facile, le chardonnay.
35:15Est-ce que le chardonnay, il est différent des autres, quoi ?
35:18Oui, c'est peut-être le plus malléable.
35:21D'abord, c'est le plus planté des cépages au monde, puisqu'on le retrouve sur les 4 continents.
35:26Et il est capable, dans des univers très différents, de donner des choses extraordinaires, que ce soit un meurceau en
35:36Bourgogne, un jacquard en Champagne, un chardonnay fruité du Languedoc...
35:43Avec modération, avec modération, voilà.
35:46Parce que quand on vous écoute, on a envie de boire, c'est pas bien, Joël Weiss ?
35:48Oui, c'est ça ! Et on peut même le croquer en raisin pur, et c'est délicieux aussi.
35:53Magnifique.
35:54Christelle, si vous étiez une rencontre déterminante dans votre chemin ?
35:58Allez, la première qui vous vient ?
36:01Un carrefour, enfin, la croix.
36:03Ouais ? D'accord. Pourquoi ?
36:06Parce qu'il y a tous les choix possibles, tout le temps.
36:09C'est beau.
36:11Joël, si vous étiez votre mentor, si vous en avez un ? Ou une ?
36:15J'ai deux mentors, qui sont les deux zoonologues avec lesquels je travaille.
36:20Hum, sympa ça.
36:22Voilà, qui m'ont...
36:24Qui vous nourrissent tous les jours, en fait, du coup.
36:26Exactement, exactement, et qui m'ont donné ma chance, et qui sont les rouages.
36:36Et pour que tout soit bien huilé, il faut des rouages extrêmement performants.
36:41Et je dirai enfin que... Alors, je tairai leur nom, mais je les interviewais comme experts
36:47lorsque j'étais journaliste.
36:49Et maintenant, figurez-vous, je travaille avec eux.
36:52Quelle chance !
36:52Ça, c'est une fierté, ouais.
36:55Christelle, si vous étiez un mot pour vous définir ?
36:57Liberté.
36:59Liberté, liberté, chérie.
37:00Ouais !
37:02Joël, si vous étiez un parfum d'enfance ?
37:09Les huîtres du bassin d'Anto.
37:11Je sais qu'on est du même coin.
37:13Je ne sais pas tout à fait lui.
37:14Mais ça, je ne savais pas.
37:15Nous sommes toutes deux membres de l'héren.
37:17Ah oui, c'est ça, exactement.
37:19Et bien là, vous avez mieux bossé que moi, Joël, tiens.
37:24Christelle, si...
37:25Non, on en était...
37:26Non, si on en était là.
37:27Christelle, si vous étiez un moment de grâce ?
37:31Si j'étais un moment de grâce, la lumière sur scène.
37:38La lumière, quand elle vous illumine tout d'un coup ?
37:40C'est ce qu'on cherche, ce moment de grâce sur scène.
37:43Et c'est, il y a tout d'un coup, il peut y arriver, on tend vers ça.
37:48C'est ce moment où il y a...
37:51Je ne sais pas, c'est très particulier à décrire, mais c'est comme un frisson qui nous soulève.
37:57C'est fait, je pense, parce qu'on est tout d'un coup immensément au présent, ensemble,
38:02et qu'on est dans une communion parfaite.
38:05Justement, tout se croise.
38:07Et il y a quelque chose qui se passe.
38:10C'est certainement comme une bulle.
38:12Pas plus...
38:13Un égrigore.
38:14Pas plus longtemps.
38:15On adore.
38:16Joël, veille, si vous étiez un luxe ?
38:18Un luxe ?
38:20Le temps.
38:22Je pensais que vous alliez dire le champagne, mais vous alliez dire le temps.
38:24C'est bien, c'est vrai, le temps est un luxe.
38:27Le temps.
38:28Christelle, qu'est-ce que vous faites quand vous ne jouez pas ?
38:35Je suis assez contemplative.
38:37Vous écrivez beaucoup, vous réfléchissez beaucoup.
38:39Oui, ou je rêve.
38:43Et vous, quand vous ne créez pas de nectar, ma chère Joëlle Weiss, qu'est-ce que vous faites ?
38:47Alors moi, je suis beaucoup plus terre à terre.
38:50J'aime la bonne chair.
38:51Je cuisine beaucoup.
38:54Et j'aime le lien à la nature.
38:56C'est indispensable pour moi.
38:59Merci beaucoup, mesdames, pour ce joli moment passé entre nous.
39:03Vous restez avec moi, parce que c'est l'heure de Parlons de Vous, tout de suite.
39:06On va se retrouver, chères auditrices et chers auditeurs, dans un instant,
39:08pour la dernière ligne droite de cet excellent.
39:10A tout de suite.
39:12Sud Radio, parlons de vous, Judith Bélaire.
39:16Parlons de vous, parce que derrière chaque entreprise,
39:18il y a une histoire, une vision et des visages aussi, évidemment.
39:22Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir pour vous Thierry Blandiniard,
39:24le directeur général du groupe InVivo.
39:26Bonjour.
39:26Bonjour, Judith.
39:27Bienvenue.
39:28Merci.
39:28Alors, vous nous venez avec votre ouvrage Nourrir,
39:30les raisons d'espérer pour l'agriculture française, aux cherches midi.
39:34Et en fait, ce que vous nous expliquez en premier, ce qui est important,
39:37c'est que l'agriculture, selon vous, c'est vraiment une arme de puissance et de souveraineté, aujourd'hui.
39:42De plus en plus, parce que je crois que la mondialisation heureuse est terminée.
39:46Depuis le Covid, on ne vit que des crises à répétition.
39:48C'est vrai.
39:49Et donc, du coup, on se dit que finalement, est-ce que nourrir, c'est évident, demain ?
39:53La question de souveraineté est là.
39:55Quand on voit les rapports de force que sont créés pour aujourd'hui par Poutine,
39:59avec la géopolitique du blé dans le monde entier, on voit bien qu'on est sous pression
40:03et qu'il faut réagir à l'échelle européenne.
40:06Donc, le but de cet ouvrage, c'est ça, c'est d'essayer de faire prendre conscience
40:09à l'opinion publique français-européenne qu'il y a un sujet de souveraineté autour de se nourrir,
40:15bien se nourrir et se préserver aussi, se protéger.
40:17Et ça, c'est essentiel.
40:19C'est-à-dire que pouvoir nourrir sa population, c'est vraiment un enjeu de pouvoir, en fait.
40:23C'est un enjeu de pouvoir, de puissance aujourd'hui.
40:26Quand on regarde l'histoire, vous avez vu que gérer le blé dans l'histoire, c'est avoir le pouvoir.
40:30Bien sûr.
40:30C'est avoir le pouvoir.
40:32Tous les empereurs dans le monde pilotés par le blé, les silos pleins.
40:36Et la famine crée des émeutes et déstabilise les organisations politiques.
40:41Donc, il faut être...
40:42Ce n'est pas du passé.
40:43Je crois que cette histoire est intéressante, de comprendre d'où on vient pour savoir où on va.
40:46Et on sait que demain, ça peut se reproduire.
40:48C'était inimaginable, tout ça, avant le Covid.
40:51Et je crois qu'après le Covid, après toutes les grandes pandémies, si on regarde l'histoire,
40:55eh bien, le nationalisme est monté dans tous les pays.
40:57Il y a eu des guerres.
40:57Et donc, finalement, vous avez dit ça.
40:59Après le Covid, vous verrez, ce serait différent.
41:00Mais c'est différent.
41:01Mais on ne pensait pas à des choses comme ça.
41:03On ne pensait pas à avoir autant de rapports de force et de clivages mondiaux qui se développent aujourd'hui.
41:09Donc, la mondialisation heureuse, c'est fini.
41:11Il faut s'organiser différemment.
41:13Il faut créer des rapports de force.
41:14Et l'énergie et la nourriture, ce sont deux éléments essentiels.
41:18qu'on pensait avoir acquis, que c'était durable.
41:21Eh bien, non, ça ne l'est pas.
41:22Il faut se mobiliser.
41:23Donc, la question, c'est vraiment plus de savoir s'il faut agir,
41:26mais comment il faut agir pour notre agriculture française, en fait.
41:29Alors, du coup, on se dit que finalement,
41:30il faut rapidement reprendre la main sur l'industrie.
41:33Ça a été le cas sur l'énergie, mais aussi sur l'agriculture.
41:36Alors, une chance aujourd'hui, c'est que l'agriculture, elle est toujours là,
41:38elle est toujours debout, alors que l'industrie a été fragilisée.
41:41On a délocalisé beaucoup en Chine, etc.
41:44Donc, on se bat maintenant pour relocaliser.
41:46On a la chance d'avoir une agriculture, certes, qui est en souffrance aujourd'hui,
41:50en France et en Europe, mais qui est là.
41:51Il s'agit maintenant de la regarder positivement,
41:54de lui donner les moyens de continuer à se développer
41:56avec un objectif de souveraineté évident pour les prochaines décennies.
42:01Et alors, justement, comment est-ce qu'on fait pour les aider, ces agriculteurs ?
42:04On les entend beaucoup souffrir, justement.
42:06On les entend beaucoup aussi être attaqués en raison des pesticides
42:09ou notamment des produits qu'ils utilisent.
42:11C'est deux questions en une, Thierry Blanzinière.
42:13C'est deux questions en une, mais c'est une bonne question,
42:16ce deux bonnes questions, parce que tout l'enjeu,
42:18c'est de démontrer qu'on peut produire plus, mieux et durable demain,
42:21qu'on peut s'inscrire dans une nouvelle agriculture,
42:23qu'on peut se réinventer.
42:24Et donc, il faut y croire.
42:25Pour y croire, il faut sortir des positions dogmatiques
42:27et des positions stériles aujourd'hui,
42:29d'opposition entre écologistes et agriculteurs.
42:32Il faut faire un consensus.
42:33Et ce livre-là, c'est effectivement Nourrir, Nourrir Demain,
42:37c'est se mobiliser pour réconcilier,
42:40avoir l'intérêt général, pour le bien commun,
42:42l'ensemble des populations qui habitent la France et l'Europe.
42:46Voilà, parce qu'aujourd'hui, l'enjeu est beaucoup plus important
42:49qu'aujourd'hui, quelques lois à l'Assemblée aujourd'hui.
42:53Il faut se mobiliser pour ensemble prendre conscience
42:56que le monde de demain va être difficile, c'est sûr,
43:00et qu'il faut se mobiliser pour avoir de la souveraineté.
43:03Et alors, il y a un sujet important aussi,
43:06c'est qu'on peut faire une agriculture, entre guillemets,
43:08qu'on appelle intensive, mais une agriculture finalement
43:11à grande échelle, en fait.
43:12C'est ça que ça veut dire.
43:13Et on en a besoin d'ailleurs pour nourrir les populations.
43:16On peut le faire de manière vertueuse ?
43:17On peut le faire de manière vertueuse, ça s'appelle l'agriculture régénératrice.
43:21Donc, tout l'enjeu, c'est la qualité des sols.
43:24Donc, il faut passer sur une nouvelle agriculture qui prend en compte la qualité des sols.
43:28Et quand vous rentrez dans un schéma de rotation de culture,
43:30vous pouvez être compétitif, vous restaurer la qualité des sols au bout de 5 ans.
43:34Et du coup, vous avez un patrimoine.
43:36Voilà, vous préservez le bien commun, le patrimoine agricole.
43:39Donc ça, aujourd'hui, on a des solutions agronomiques, techniques, digitales,
43:44avec les datas, pour piloter une agriculture moderne et compétitive,
43:48parce que le prix est essentiel aussi.
43:49Bien sûr.
43:50Et donc, on va revenir à la question du pesticide,
43:54parce que je pense que ça intéresse beaucoup nos auditeurs aussi.
43:56Est-ce que le pesticide est obligatoire ?
43:59Si on peut s'en passer, il faut s'en passer.
44:01Pour autant, ce n'est pas toujours facile de s'en passer,
44:04parce qu'à un moment, le pesticide, c'est phytosanitaire,
44:06c'est pour traiter des maladies de la plante.
44:08Si on veut avoir une production compétitive,
44:11il faut qu'il y ait un rendement à l'hectare.
44:12De temps en temps, il faut pouvoir traiter d'une manière tout à fait précise.
44:16Il ne s'agit pas de dépenser des 100 et des 1000 dans du pesticide pour le plaisir,
44:21mais savoir traiter la plante au bon moment.
44:22Ça s'appelle l'agriculture de précision.
44:24Donc, c'est important, mais il faut savoir l'utiliser intelligemment.
44:28Donc, il y a des solutions, mais des solutions qui sont encore très controversées, finalement.
44:32Donc, vous, ce que vous cherchez, c'est à faire entendre, justement,
44:34que ces solutions sont fonctionnelles et vertueuses,
44:36et qu'elles sont un peu notre avenir.
44:38Il faut être entendu.
44:39On a beaucoup parlé de l'agriculture bio,
44:42qui a eu ses limites aussi,
44:43parce que la limite, c'est le prix.
44:44C'est à un moment donné,
44:46avec le pouvoir d'achat,
44:47il faut régler l'équation aussi avec le pouvoir d'achat.
44:49Donc, produire plus, mieux et durable,
44:51à un prix compétitif pour tout le monde.
44:53Pour tout le monde, et pas créer une agriculture à deux vitesses.
44:55Certes, le bio, c'est une solution,
44:57fait partie de la solution, mais...
44:58C'est une des solutions, quoi.
45:00C'est une des solutions, ça dépend des régions et des cultures.
45:02Elle peut être compétitive aussi, il faut le savoir.
45:04Mais par contre, ce qui est important,
45:06c'est l'agriculture régénératrice,
45:07parce que là, c'est quelque part une agriculture
45:08qui reste compétitive en prix,
45:10et qui s'engage dans une transition agricole
45:12assez rapide, finalement.
45:13En 5-6 ans, on peut changer le modèle.
45:16Donc, c'est rien, 5-6 ans.
45:17Encore faut-il pouvoir la soutenir.
45:19Et un peu, s'en saisir, et aussi la financer.
45:22Comme on a financé les conversions en bio,
45:24par 300 euros l'hectare,
45:25il faudra aider nos agriculteurs.
45:27Peut-être que ça ne coûtera que 100 ou 150 euros,
45:29mais on touchera beaucoup plus de monde.
45:31Merci beaucoup, Thierry Blandinière.
45:32Je rappelle que vous êtes le directeur général
45:34du groupe In Vivo.
45:35Je recommande votre livre,
45:36Nourrir les raisons d'espérer pour l'agriculture française.
45:38C'est au Cherche Midi.
45:39C'est très intéressant.
45:41Merci de votre éclairage.
45:42On se retrouve la semaine prochaine.
45:43Merci, Judith.
45:43Et voilà, c'était excellent.
45:45Christelle Reboul,
45:46on vous retrouve au Festival de Grignan le 9 juillet.
45:48Oui.
45:48dans Ma Chère Mère,
45:50avec Marie-Christine Barraud,
45:51une création de Françoise Amel.
45:52C'est à quelle heure ?
45:54C'est à 21h30 au château.
45:56Avec ces incroyables projections derrière.
45:59Exactement.
45:59Ça donne envie.
46:00Joël Weiss,
46:01on rappelle les Champagne Jacquard.
46:03Pour ceux qui ont envie de déguster du bon champagne,
46:05avec modération,
46:07moi je l'ai goûté et j'adore.
46:09En plus, il y a différents millésimes très précis.
46:12Il y a vraiment toute une poésie derrière.
46:14Bon, Champagne Jacquard,
46:15c'est avec un thé à la fin,
46:16tiré du 6 et vous faites .com,
46:17hein, c'est ça ?
46:18Oui, tout à fait.
46:19Et il y a tout dessus.
46:20Qu'est-ce que vous avez envie de dire à nos auditeurs ?
46:22Non, mais ils peuvent venir aussi à Reims.
46:24Nous avons une belle terrasse
46:29au pied de notre magnifique hôtel de Brimont.
46:32Et c'est agréable de partager une flûte.
46:36Mais voilà, de vivre l'univers.
46:38On adore.
46:38Allez, merci beaucoup.
46:39Merci d'avoir été avec nous.
46:41Et merci pour votre fidélité, évidemment.
46:43Toute l'équipe en coulisses,
46:45c'est-à-dire Juju,
46:46qui rend cette émission possible.
46:48Et puis, c'est excellent.
46:48C'est chaque dimanche à 19h sur Sud Radio,
46:50sans oublier au Parlons Femmes.
46:51Vous le savez, le samedi à 13h30.
46:52On se retrouve la semaine prochaine
46:53pour la toute dernière de la saison
46:56avant le retour de la saison 8 en septembre.
46:58Très belle soirée à tous
46:58et surtout, restez excellents.
47:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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