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Jean-Hervé Lorenzi, fondateur du Cercle des économistes et président des Rencontres Économiques d'Aix, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce jeudi 25 juin. Ils sont revenus sur les grands enjeux des Rencontres d’Aix-en-Provence, l’appel à taxer les retraités et l’absence du RN et de LFI parmi les invités, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:00C'est 7h45 sur BFM Business et sur RMC Live. Notre invité c'est Jean-Hervé Lorenzi. Bonjour, fondateur du
00:05Cercle des économistes et président des rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
00:08Elles auront lieu la semaine prochaine à partir du jeudi 2 jusqu'au 4 juillet pour débattre évidemment des grands
00:14enjeux économiques, politiques et sociaux.
00:17Le thème cette année c'est naviguer dans un monde sans repères et dans votre session d'ouverture vous avez
00:23choisi ce thème, ça m'a interpellé.
00:25Est-ce qu'on peut encore parler de progrès ? Il y a une crainte aujourd'hui vis-à-vis
00:30des attentes du monde. Est-ce que vraiment on a envie de progrès social, de progrès économique ?
00:36Ce n'est pas si sûr que ça Jean-Hervé Lorenzi.
00:38Non, ce n'est pas sûr du tout. Je dois dire qu'on nous a à juste titre un peu
00:43reproché d'être optimiste dans les années précédentes et là ce n'est pas tout à fait la même chose.
00:50Il y a l'introduction qui peut encore parler de progrès et la conclusion qui sera un monde de progrès
00:56avec un problème d'interrogation.
00:57L'idée de base c'est que rien ne nous interdit d'imaginer non pas une sortie heureuse mais une
01:05trajectoire positive de l'économie mondiale, de la politique mondiale, de la politique européenne et de l'économie européenne.
01:14Tout donne le sentiment du contraire et pourtant rien ne nous interdit de nous dire que notre destin est entre
01:22nos mains et qu'au fond si chacun trouve au fond une manière de traiter les sujets de manière positive
01:31et intelligente,
01:33il y a la technologie, il y a du social, il y a l'ensemble de ce qui permettrait d
01:37'avoir une trajectoire qui soit...
01:40Mais ça veut dire qu'il y a quand même des forces aujourd'hui qui ne veulent pas aller vers
01:43le progrès scientifique, économique, social ?
01:47Moi je pense qu'il y a le monde, l'histoire du monde est très révélatrice.
01:54Tous les trois quarts de siècle, le monde rentre un peu en folie.
02:01Mais on est là, on est à minuit moins le quart selon vous ?
02:04Est-ce que vous voyez, j'en sais rien, je constate simplement qu'il y a une guerre en Ukraine,
02:08une guerre au Soudan qui semble peut-être se calmer,
02:11mais enfin dans toute cette partie du Golfe, une terrible guerre au Soudan avec des centaines de milliers de morts.
02:20Tout ça n'est quand même pas top.
02:21On a l'Europe que nous aimons tous, c'est quand même l'objet d'une sorte de divorce,
02:28pas divorce, mais de désaccord assez profond entre les deux pays fondateurs majeurs que sont l'Allemagne et la France.
02:35Donc rien n'est très aujourd'hui positif.
02:38Est-ce que ça pousse les agents économiques à plus de solitude, d'individualisme,
02:43de réaction personnelle vis-à-vis de ce manque de repères,
02:47à un repli sur soi qui est mauvais pour l'économie ?
02:50Je pense que l'ensemble du monde, dans toutes les dimensions mondiales, européennes et françaises,
02:59pousse au fond, oui, vous avez employé le bon terme, une sorte de tentation de repli,
03:07à nous d'essayer d'expliquer qu'au fond, c'est pas bon.
03:12Ça ne veut pas dire que, j'allais dire, la coopération est la seule solution au monde,
03:17mais au fond, il y a beaucoup d'éléments positifs.
03:22Vous avez quand même dans les votes, ou dans les intentions de vote, un peu partout,
03:27en tout cas dans le monde occidental, une tentation qui est une tentation d'extrême.
03:33C'est pas que les gens ne sont pas bien, ils sont aussi bien que les autres.
03:37Et simplement, ça signifie qu'ils se sentent écartés, exclus,
03:42et donc il faut arriver à trouver plus d'harmonie,
03:45plus de prise en compte des désirs des uns et des autres,
03:50et vraisemblablement beaucoup plus d'ouverture vers les autres.
03:53Dans les thèmes qui vous sont chers, à vous, Jean-Hervé Lorenzi,
03:56il y a la question des jeunes et des retraités.
03:57Vous avez écrit plusieurs ouvrages sur la question.
04:00Vous attendez un grand soir fiscal qui permettrait à la France
04:02de retrouver la croissance de ce que vous entendez là aujourd'hui,
04:06de ce qui émerge dans les thématiques présidentielles.
04:09Est-ce que vous avez espoir que la France arrête de traiter ses retraités dans le sens du poil ?
04:14Non, alors je vais vous dire, sans du tout la moindre prétention,
04:18je trouve que c'est en contexte, qui sont totalement exceptionnels.
04:23Pas parce que nous sommes devenus exceptionnels,
04:25mais puisqu'il y a une demande très forte d'interrogation.
04:29on a le sentiment que les discours que nous allons essayer de porter
04:35sont peut-être, vont rentrer, j'allais dire, de manière plus forte,
04:40dans les discours des uns et des autres, les discours des présidentiables.
04:44Il n'y a pas de prise en compte réellement de la jeunesse.
04:46La jeunesse aujourd'hui n'a pas de logement, enfin pour beaucoup.
04:51Insertion du travail très faible, c'est ça l'énorme différence qu'on a avec nos voisins.
04:56Difficulté, j'allais dire, d'un million et demi de NITS,
04:59donc tout ça, ça c'est pour la jeunesse.
05:02Et pour...
05:02Les NITS, ceux qui n'ont pas de diplôme, qui n'ont rien.
05:04Qui n'ont rien.
05:06Et pour les retraités, vous voyez, la décision la plus stupide qui était prise,
05:10pour ça que c'est pas si facile, qui était prise dans le budget 2026,
05:16c'est cette décote maintenue...
05:20Sur l'abattement des 10%.
05:22Sur l'abattement des 10%.
05:23Ça, ça vous énerve ?
05:24C'est complètement débile.
05:26C'est totalement débile.
05:27En même temps, on diminuait le financement de l'apprentissage.
05:33Alors ici, par bonheur, parce que c'est souvent très intelligent,
05:37il y avait des économistes qui adorent les effets d'aubaine.
05:40Donc c'est vrai qu'il y a des effets d'aubaine.
05:41On en trouve sur toutes les décisions.
05:43Mais l'un dans l'autre, c'était quand même bien d'avoir pas mal d'apprentis.
05:47Il faut y pousser le sujet.
05:49C'est peut-être des transferts très importants d'une dizaine de milliards d'euros
05:54qu'il faut faire de la génération des politiques liées au vieillissement
06:01qui vont coûter très cher aux politiques pour la jeunesse.
06:04Donc il y a un vrai message à faire passer.
06:06Il n'est pas encore dans le discours des présidentiables.
06:09Mais vous y croyez à ce grand soir fiscal ?
06:10Parce que ce n'est pas votre première campagne présidentielle, sans vous faire offense.
06:14Et on a régulièrement quand même ce sujet.
06:18Baisser les dépenses, remettre à plat le système.
06:21Les campagnes se ressemblent quand même.
06:23Et il ne se passe pas grand-chose.
06:24J'ai une réponse positive.
06:27Vous y imaginez bien parce que je viens de sortir de ce bouquin sur la fiscalité.
06:32Je crois qu'il y a deux choses assez simples.
06:35La première, c'est qu'on peut parler de manière rigoureuse.
06:38Après, il y a des opinions différentes, bien entendu.
06:41Mais on peut parler de manière calme, rigoureuse, des problèmes fiscaux
06:47ou des problèmes de l'ensemble du prélèvement obligatoire.
06:49C'est sûr qu'il y a des gens qui vont payer un peu plus et des gens qui vont
06:53payer un peu moins.
06:54C'est la nature des choses et surtout l'utilisation de l'argent peut-être plus efficace,
07:00c'est-à-dire avec un objectif croissance-emploi.
07:06Après, il faut tout mettre sur la table.
07:08C'est-à-dire que ce qui est absurde, c'est si vous prenez ce qu'on fait en permanence
07:13en France,
07:14vous prenez les artisans de n'importe quel métier, brutalement, pour des raisons qui leur sont légitimes,
07:19ils vous disent « notre vie est horrible, il faut changer ».
07:23Paf ! On fait une petite niche fiscale, etc.
07:26On en a, comme vous le savez, 400.
07:28Tout ça est absurde.
07:29Donc, ce que nous avons essayé de faire dans ce livre, c'est de mettre à plat l'ensemble avec
07:36des principes
07:37et, j'allais dire, des sujets discutés.
07:41Il n'y a sûrement pas la vérité.
07:42Mais il y a sûrement moyen de faire qu'une bonne fiscalité,
07:48bien discutée, acceptée par les uns et par les autres,
07:52permette vraiment de relancer la croissance dans notre pays.
07:54– Jean-Hervé Laurenti, il n'y aura ni RN, ni LFI aux rencontres économiques d'Aix.
07:58Je sais que ce n'est pas votre choix, mais vous êtes rallié à la vie du cercle.
08:02– Je ne me suis pas rallié, j'ai oublié.
08:03– Des économistes, vous avez obéi à la démocratie, en fait.
08:06– Ah, à la démocratie.
08:07Il y avait, on était, je me souviens, un dîner très sympathique.
08:13À 22, j'ai défendu, je ne me sens porteur des intérêts,
08:18ni de l'un, ni de l'autre, mais je trouve qu'il y a 58% des intentions de
08:24vote
08:25de Français qui sont partis vers ces extrêmes.
08:31Il me semblait que ça était, il le fallait, en tout cas, écouter ce qu'il nous disait.
08:38Et il s'avère que les 21 autres, unanimité, total, ont dit non.
08:44Moi, je suis un bon petit soldat et surtout très respectueux des positions de mes camarades.
08:49Et donc, ça a été écarté de manière forte.
08:54Alors, il va y avoir une diversité de politiques.
08:59Il y a 490 intervenants, 400.
09:02On n'a jamais fait ça.
09:03Honnêtement, on était un peu débordés, là.
09:05Un peu débordés.
09:07Et il y aura, il y a 25 politiques dont le Premier ministre.
09:12Alors, il y a des ministres, dont le Premier ministre, le ministre de l'Économie,
09:16le ministre des Affaires étrangères, le ministre de l'Enseignement supérieur.
09:18Et puis, tous les chefs de parti.
09:22Et donc, dans les chefs de parti, vous avez M. Rutaillot, M. Édouard Philippe, M. Attal, Mme Tondelier.
09:29Mais pas Mélenchon, pas Marine Le Pen, ni Jordan Bardella.
09:31Ils ne seront pas là.
09:32Merci beaucoup, Jean-Réphane Lorenzi, d'être venu ce matin.
09:35On se reverra donc la semaine prochaine aux rencontres économiques d'Aix,
09:37puisque la matinale de l'économie sera largement délocalisée depuis Aix-en-Provence.
09:42Émission spéciale également tout jeudi et tout vendredi.
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