00:00Désolation, colère et espoir en même temps, vous dites Hélène.
00:03Qu'en dites-vous, Georges Fenech ?
00:04Moi aussi, c'est une tragédie.
00:06C'est une tragédie humaine d'abord,
00:09parce qu'on a trois jeunes soldats du feu qui sont morts.
00:12D'ailleurs, on peut se féliciter, je dirais par ailleurs,
00:16du travail extraordinaire des sapeurs-pompiers,
00:18qui ont sans aucun doute sauvé des vies.
00:21Tragédie économique pour toute une région touristique,
00:24tragédie patrimoniale pour toutes ces forêts
00:27et ces territoires qui disparaissent en cendres.
00:30C'est notre premier sentiment.
00:32Après, effectivement, nous aurons l'occasion de réfléchir peut-être
00:35à quelle est la parade pour l'avenir,
00:38parce que des feux de cette importance,
00:40on risque d'en avoir, compte tenu du réchauffement climatique.
00:43Et on a le sentiment, mais on ne va pas polémiquer,
00:45qu'effectivement, on n'a pas encore vraiment pris la mesure
00:48de ce qui nous attend.
00:49J'ai repensé ce matin à la phrase de Jacques Chirac,
00:51il y a une vingtaine d'années,
00:52« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs »,
00:54sauf que là, elle brûle vraiment la maison,
00:56au sens propre et littéral, Georges Féninck.
00:58Mais bien sûr, et donc, elle brûle,
01:01mais en même temps, qu'est-ce qu'on fait ?
01:03Est-ce qu'on regarde ailleurs ?
01:04Ou est-ce qu'on se donne les moyens ?
01:06C'est très bien, la M400, c'est ça l'avion qui va arriver ?
01:08La 400M.
01:08La 400M, avion militaire.
01:10On voit bien que ce sont des mesures un peu d'urgence
01:13qui sont prises comme ça, en pleine crise,
01:16et nous ne disposons pas encore d'un plan véritablement national
01:22pour être prêts face à ces incendies monstrueux.
01:25Des incendies détaillés ce matin par le ministre Laurent Nunez.
01:28Je vous propose de l'écouter lors d'un point presse donné il y a quelques minutes.
01:32On enregistre une superficie brûlée sur l'ensemble du territoire
01:36qui est un peu légèrement inférieure à 98 000 hectares,
01:41notamment avec la progression du feu en Gironde,
01:44ce qui est évidemment un record historique.
01:48Le premier ministre a annoncé hier un renfort de 1 000 militaires.
01:52Nous en avons déjà 500 qui sont à la manœuvre
01:55et 500 autres qui vont arriver maintenant dans les heures qui viennent.
01:58Cet après-midi, nous aurons un premier vol de la 400M
02:03qui aura pour mission de déverser du produit retardant,
02:09notamment sur les secteurs de la ligne de front de feu.
02:11Donc on vient d'en discuter avec madame la préfète de Gironde.
02:16Et donc on est maintenant sur ce secteur
02:18à un total de 167 000 personnes qui ont été évacuées.
02:22Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur,
02:24lors d'un point presse ce matin.
02:26Laurent Nunez qui se dit rassurant.
02:28Est-ce que vous êtes rassuré l'un et l'autre ?
02:31Georges Fenech.
02:32En tout cas, ils font le maximum, c'est certain.
02:37Est-ce qu'on doit être rassuré ?
02:39Non, on ne peut pas être rassuré,
02:40alors qu'on a toujours des conditions venteuses, climatiques,
02:45qui rendent très très compliqué le travail des sapeurs-pompiers.
02:49Quand même presque 200 000 personnes déplacées, vous vous rendez compte ?
02:53C'est loin d'être terminé.
02:53Et puis la grande ville de Bordeaux qui est à côté,
02:56et on n'exclut même pas que le feu puisse atteindre cette grande métropole,
03:00donc on ne peut pas être rassuré.
03:02Moi, j'ai une seule question que je me pose depuis hier au moins.
03:08Comment se fait-il que, alors que nous avons des sapeurs-pompiers épuisés,
03:14qui dorment très peu la nuit,
03:16comment se fait-il alors que notre pays, je crois,
03:19dispose de presque 200 000 pompiers,
03:22des pompiers beaucoup volontaires ?
03:24Pourquoi on ne les mobilise pas ?
03:27Pourquoi les 10, tous les 10 départementaux,
03:30qui ont les mêmes doctrines, les mêmes façons de travailler,
03:33les mêmes engins, ne sont pas mobilisés sur le secteur aujourd'hui ?
03:37Ce n'est pas une polémique, c'est une question.
03:40On parle de mutualisation avec l'Europe.
03:42On a chez nous les forces nécessaires pour assurer les relèves,
03:47pour assurer des renforts, on rend 200 000 pompiers.
03:49Comment se fait-il qu'il ne soit pas à pied d'œuvre maintenant sur le terrain ?
03:54C'est la question que je me pose.
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