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  • il y a 5 mois
Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, répond aux questions d'Alexandre Le Mer.

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00:04Il est 5h42 sur Europe 1 et votre invité ce matin, Alexandre Lemaire et Éric Brocardi, porte-parole de la
00:11Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers.
00:13Bonjour Éric Brocardi.
00:15Bonjour.
00:16Nous sommes au cœur de cette vague de chaleur exceptionnelle.
00:20La barre des 40 degrés à l'ombre est franchie ou va l'être dans de nombreuses régions.
00:2554 départements en rouge aujourd'hui, c'est un record.
00:29C'est aussi un risque pour notre santé, bien sûr.
00:32Ce sont des situations d'urgence qui se multiplient partout sur le territoire.
00:36Les sapeurs-pompiers sont particulièrement mobilisés d'abord, Éric Brocardi.
00:45Alors, on vous entend mal.
00:46Si vous pouvez vous rapprocher, s'il vous plaît.
00:50Éric Brocardi.
00:51Ils le sont particulièrement...
00:51Oui, vous m'entendez là, c'est bon ?
00:53Très bien, parfaitement.
00:54On vous écoute.
00:54Ils le sont particulièrement tout au long de l'année.
00:57Parce que le sujet aujourd'hui, c'est de répondre à l'ensemble des interventions qui sont liées justement soit
01:01aux missions de secours d'urgence ou personne, soit aux événements de risque naturel.
01:05Et là, on s'aperçoit effectivement déjà depuis une semaine et notamment avec la précocité des températures depuis mai, que
01:12nous avons affaire aujourd'hui à au-delà de l'habituel.
01:16C'est-à-dire des conditions qui ressemblent évidemment à ce qui se passe habituellement en plein été, voire au
01:21-delà.
01:22On est quand même sur des records historiques de température, bien évidemment.
01:26Donc, ça va de pair justement avec des conditions sanitaires qui se dégradent pour l'ensemble de la population.
01:31On parle beaucoup de noyades mortelles, malheureusement, avec un bilan extrêmement lourd pour ce week-end dernier.
01:3613, au moins 13 noyades, il faut le rappeler.
01:38En effet, c'est une situation inédite, ça, Eric Bocardy.
01:40C'est une situation inédite et autant concentrée sur si peu de jours et si peu de temps, pour la
01:47bonne et simple raison que se mêlent, on va dire, à des conditions sanitaires, des risques d'imprudence qui causent
01:52justement ces accidents mortels en noyade.
01:54Le sujet, c'est de rappeler des messages de prévention extrêmement importants pour petits et grands.
01:59Donc, nous devons faire extrêmement attention aujourd'hui à notre adaptation de notre comportement par rapport à ces fameux risques.
02:05parce qu'aujourd'hui, on est sur des risques d'hydrocution, on est sur des risques d'efforts intenses.
02:11Lorsque l'on est dans l'eau et qu'on veut y rester un moment malgré des conditions, on va
02:15dire, difficiles, on est sur des efforts physiques qui se décuplent
02:18par rapport justement à ces températures qui font redoubler d'efforts le sujet physiologique.
02:26Donc, nous sommes sur vraiment des risques particuliers.
02:29Et puis, bien évidemment, s'il y a le feu de forêt, s'il y a des hectares qui partent
02:33en fumée, notamment en Vendée,
02:34notamment sur le sujet effectivement de l'Allier, où on a encore vu hier près de 200 hectares partis en
02:41fumée sur le sujet des parcelles agricoles
02:43parce qu'une simple étincelle aujourd'hui provoque de nombreux incendies.
02:46Oui, le risque d'incendie est majeur et maximal.
02:50Là, toutes les conditions, hélas, sont combinées, réunies ?
02:54Toutes les conditions sont réunies.
02:56On est sur, vous savez, la fameuse règle des 3-30.
02:5930% d'humidité, un taux d'humidité inférieur à 30%, pardon, 30 km heure de vent,
03:06plus une température au-delà de 30 degrés,
03:09ce sont les facteurs favorisants pour un déclenchement d'incendie.
03:12Et donc là, nous sommes dans certains départements en pleine moisson.
03:15Je vais parler de la Vendée, il faut parler aussi de toute la région parisienne autour.
03:19Il faut parler effectivement de l'Allier, où hier, ils ont eu affaire à de nombreux départs d'incendie,
03:24ce qui est inédit aussi chez eux.
03:25C'était plus de 11 départs de feu dans la seule et même journée.
03:29Malgré toutes les précautions qui sont prises par les agriculteurs,
03:32qui ont fait des efforts considérables, qui se sont adaptés à des risques,
03:35et notamment en mettant en œuvre de leur côté la protection incendie,
03:39mais cela ne suffit pas visiblement.
03:40Pour autant, là où nous sommes assez vigilants,
03:45c'est que nous devons regarder aussi ce qui a été fait.
03:47C'est tout simplement que nous mettons tout en œuvre pour toujours faire de l'attaque des feux,
03:53une attaque massive, pour permettre justement de limiter les gains,
03:56mais limiter les conséquences pour maintenir toujours cet objectif
03:59de 90% des incendies inférieurs à moins de 5 hectares.
04:02Oui, commandant Eric Brocardi, la vigilance et le maître mot,
04:06on parlait en effet des accidents dans l'eau, des noyades,
04:09attention au comportement, à ne pas surestimer ses capacités,
04:12à respecter les interdictions de baignade bien sûr,
04:15et concernant les incendies là,
04:17et sachant que 9 incendies sur 10 sont d'origine humaine,
04:21attention aux mégots, pas de barbecue,
04:23bien sûr, rappelez tous ces conseils d'usage.
04:26Oui, je vois effectivement encore de nombreux reportages malheureusement
04:30où les gens, parce que ce n'est pas interdit, ils le font,
04:33mais en fait, ça coule de fait de ne pas pouvoir mettre un panneau tous les 10 mètres
04:37pour dire, rappelez ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire.
04:40Le sujet, c'est de prendre conscience que tout ce que l'on va malheureusement
04:45favoriser des risques, forcément, c'est à proscrire.
04:48Donc, que ce soit un incendie, que ce soit sauter de barre rocheuse
04:51pour plonger dans l'eau sans avoir vérifié les fonds,
04:54que ce soit de surestimer ses capacités physiques
04:58et donc limiter ses déplacements en plein milieu des pics de chaleur.
05:03On doit apporter aussi une propre réponse à soi-même
05:05qui est de se protéger et évidemment faire preuve de solidarité
05:09parce qu'aujourd'hui, ce sont les plus vulnérables,
05:11ce sont les plus jeunes comme les plus anciens.
05:13Vous avez vu malheureusement cet accident très grave,
05:17cette atrocité près de Carpentras
05:19où effectivement, deux enfants en bas âge sont décédés dans la voiture.
05:24Deux enfants de 2 et 4 ans sur un parking dans une voiture à Carpentras,
05:27effectivement, avec Brocardi.
05:29C'est exactement ça.
05:30Donc, on est sur un sujet aujourd'hui de vigilance.
05:33Vous savez, les noyades aujourd'hui,
05:35quand on a commencé à regarder les bilans de 2025,
05:38c'était un niveau extrêmement élevé par rapport à 2024.
05:42C'était entre plus de 16% de noyades supplémentaires, 1428.
05:48Près de 400 suivis de noyades mortelles.
05:53Donc, on est sur un sujet aujourd'hui où nous devons faire attention
05:56parce que c'est moins d'attention que l'on porte sur le quotidien.
06:00Nous sommes beaucoup moins concentrés qu'avant
06:02et donc forcément, quand on passe de 2 minutes 30 à 45 secondes d'attention,
06:06il suffit de 10 secondes pour qu'une vie bascule.
06:08Éric Brocardi, on parle de la forêt, on parle de la végétation,
06:12on parle des noyades, des baignades.
06:14Le danger commence à la maison.
06:16Des personnes âgées sont mortes à nouveau à leur domicile à cause de la chaleur.
06:20Le danger de jour comme de nuit.
06:21Vous êtes appelé en particulier pour, par ou pour des personnes vulnérables,
06:25justement, par rapport à cela ou pas seulement ?
06:28Oui, bien sûr qu'on est appelé pour des personnes vulnérables,
06:31pour des personnes ne répondant pas aux appels sur des levées de doute.
06:33Et malheureusement, nous arrivons et la personne est malheureusement en raideur parfois cadavérique.
06:39Alors, ça peut s'expliquer par l'effort de chaleur,
06:41ça s'explique aussi par des sujets malheureusement, on va dire, de morts naturelles.
06:48Mais il y a, on va dire, cet facteur aggravant de chaleur
06:52qui conditionne, on va dire, les risques et qui les met en oeuvre.
06:57Donc, il faut prendre des nouvelles des uns et des autres.
06:59Et c'est à cela aussi que les sapeurs-pompiers, au regard de ce qu'ils font
07:03et des liens qu'ils ont avec les mairies, avec les associations agrées de sécurité civile,
07:07tout au long de l'année, parfois dans certaines communes,
07:09nous avons des relevés lors de nos interventions
07:14pour permettre justement de transmettre à l'action sociale des mairies
07:18tout simplement des données qui relèvent, un, à la fois de la salubrité de certains habitats
07:22que nous rencontrons pour dire, voilà, les personnes sont seules,
07:25il va falloir les aider, garder contact avec eux,
07:28pour casser cet isolement qui est aussi un des maux de la société
07:31parce qu'aujourd'hui, c'est dans des périodes difficiles
07:33où on a besoin d'entraide et de solidarité.
07:35Mais quand on voit que Météo France place cette canicule au niveau de celle de 2003,
07:39on se souvient qu'en 2003, on avait eu 15 000 morts liés aux fortes chaleurs.
07:45Est-ce que vous diriez qu'on nous sommes mieux préparés ou pas du tout ?
07:49Est-ce qu'on a tiré les leçons ?
07:50On n'a pas attendu, effectivement, d'attendre,
07:55on n'a pas attendu qu'on nous dise ce qu'il fallait faire ou ce qu'il ne fallait
07:58pas faire depuis 2003.
08:01Les pompiers, comme beaucoup d'autres corporations,
08:03se nourrissent de retours d'expérience, qu'on appelle les fameux rétex.
08:07Et à notre niveau, il est évident qu'aujourd'hui,
08:10tout ce que l'on a pu apprendre de 2003 nous a permis d'insuffler d'année en année
08:16des moyens ou des méthodes ou des remontées d'informations
08:18sur les besoins, soit au matériel, soit sur le besoin en termes d'organisation,
08:22que ce soit dans tous les domaines.
08:24Donc le sujet aujourd'hui, c'est de continuer à contribuer à cela
08:27pour continuer à être performant pour la protection et le secours des populations.
08:33Donc à cela, la coordination autour des préfets,
08:35avec justement les plans communaux de sauvegarde des mers,
08:38avec l'organisation très particulière pour les sapeurs-pompiers
08:42qui sont extrêmement rattachés aux communes
08:43et qui facilitent les communications avec les élus locaux,
08:46permet aujourd'hui de compenser et de faire une accumulation
08:50de toutes les crises qu'on va passer et de donner la bonne solution.
08:52Mais sur les moyens, est-ce que vous êtes armés,
08:55les sapeurs-pompiers, face à ces phénomènes extrêmes
08:57qui vont, on le sait, se répéter et s'amplifier ?
08:59Est-ce que vous avez les moyens de répondre et de faire face
09:03quand les demandes se multiplient ?
09:05Qu'est-ce que vous appelez les moyens aujourd'hui ?
09:07Ce sont les intensités qui nous préoccupent.
09:08Les moyens humains, les moyens matériels ?
09:11Ce qui nous préoccupe aujourd'hui, ce sont les intensités
09:13face aux moyens que l'on a.
09:15Quand vous sortez des incendies de 2022
09:17et que vous créez le pacte capacitaire
09:19pour que l'État puisse renforcer
09:22les dispositifs de lutte contre les incendies,
09:24on s'aperçoit qu'aujourd'hui,
09:26malheureusement,
09:27le feu de Ribot l'année dernière,
09:28en 2025,
09:30a montré la souffrance que l'on pouvait avoir
09:33pour faire face à des feux d'une extrême intensité
09:36avec des records de propagation de vitesse
09:39qui ont dépassé tout entendement.
09:42Donc, nous sommes armés,
09:43mais en fait, nous ne suffisons plus
09:46par rapport à l'intensité des événements
09:48qui sont en train de se créer.
09:50Et ça, aujourd'hui, de toute façon,
09:51les investissements que vous faites
09:53sur cette année-là
09:54vont avoir, on va dire, des effets
09:56à partir de 4 ou 5 ans.
09:58Mais en attendant,
09:59évidemment, le risque naturel,
10:00comme les autres risques,
10:01eux n'attendent pas.
10:02Prévoir et planifier.
10:03Éric Brocardi,
10:04commandant Éric Brocardi,
10:05porte-parole de la Fédération des sapeurs-pompiers.
10:08Merci d'avoir été avec nous ce matin.
10:09Merci.

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