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Tout savoir sur les grandes tendances du marché de l'immobilier avec les meilleurs experts et notre journaliste maison, Marie Coeurderoy, et vous !
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00:03BFM Business présente les experts de l'IMO, Marie-Cœur de Roi.
00:07Et les experts de l'IMO, c'est tous les jours à l'heure de votre déjeuner sur BFM Business.
00:11Une demi-heure pour parler de notre immobilier, de nos logements.
00:14Et comme tous les jours, ça démarre par cette séquence qui vous concerne,
00:18amis professionnels de ce secteur de l'immobilier et qui nous concerne,
00:21nous, usagers de cet immobilier et de ces logements.
00:23En l'occurrence, aujourd'hui, on va avoir un professionnel du courtage, du crédit immobilier
00:28qui va lancer une petite alerte auprès des acquéreurs.
00:33Attention, méfiance, chers acheteurs, parce que vous savez, on a des conditions suspensives.
00:37Et ces conditions suspensives, elles ont un délai.
00:40Attention à bien respecter ce délai et à anticiper.
00:43Ensuite, retour en plateau pour le débat du jour.
00:46Bon, on va reparler logement neuf.
00:49On va se poser la question de savoir si ça y est, on a une sortie de crise qui pointe
00:54à l'horizon.
00:55L'un des deux invités, à mon avis, ne sera pas le plus optimiste de la vente.
00:59Mais vous le découvrirez dans quelques instants.
01:01D'abord, c'est l'heure du pro de l'IMO.
01:04Les experts de l'IMO, le pro de l'IMO.
01:07Et on est en ligne avec Laurent Arnoux Courtier, en prêt à l'agence Vous Financez de Paris 2.
01:12Bonjour Laurent.
01:14Bonjour.
01:16Oui, allez-y.
01:17Vous vouliez parler tout de suite.
01:20Très bien.
01:21Je souhaite attirer l'attention des futurs acheteurs sur un point trop souvent négligé.
01:25Vous l'avez précisé.
01:27C'est la condition suspensive de prêt et surtout son délai.
01:30La condition suspensive de prêt, pour faire un rappel, c'est une protection, bien sûr,
01:35qui est inclue dans la promesse de vente et qui fait qu'un acheteur, pendant 30 jours, 60 jours,
01:40peut se retirer s'il n'obtient pas un prêt.
01:43Donc, la condition est très importante pour se protéger.
01:46Mais attention, ce qui est moins connu, c'est que dès la promesse de vente,
01:51ce délai, le compte à rebours est lancé.
01:54Et malheureusement, certains acheteurs qui tardent un petit peu à s'occuper de leur financement
02:00se retrouvent trop en roche du délai des 30 jours,
02:04pour lequel la plupart des banques vont refuser tout simplement même d'étudier le prêt.
02:08Donc, on se retrouve non pas avec des refus.
02:09Mais ça veut dire quoi, ça veut dire quoi, Laurent ?
02:11Ça veut dire que si, par exemple, moi, j'ai un refus de prêt,
02:15je ne peux plus faire valoir les conditions suspensives si je suis hors délai ?
02:21Complètement.
02:21Si vous avez trop tardé, et même, vous avez raison de le dire,
02:25si au final, ce sont des refus de prêt qui interviennent,
02:32le vendeur sera tout à fait légitime, à minima, à garder le séquestre,
02:37puisque vous aurez dépassé ce délai.
02:39Il faut absolument faire valoir ce délai, généralement à 60 jours,
02:45avant les 60 jours, faire état des refus de prêt qui, malheureusement, sont intervenus.
02:51Il y en a beaucoup des délais de 30 jours seulement, ça me paraît extrêmement court.
02:56C'est quand même exceptionnel.
03:01Certains vendeurs particulièrement attractifs vont l'exiger,
03:05voire même, mais c'est un autre sujet, si je puis dire,
03:08demander à ce qu'il n'y ait aucune condition suspensive de prêt.
03:12Ils n'ont pas le droit ?
03:13Attendez, Laurent, ils ont le droit, ça, les vendeurs,
03:15de supprimer toute condition suspensive ?
03:19C'est quelque chose auquel, on va dire, l'acheteur peut renoncer
03:24si, bien sûr, il n'a pas vocation à demander un prêt
03:29et qu'il sait qu'il a un paiement cash, comme on dit.
03:33Donc, il peut, en effet, se dire qu'il n'aura pas besoin de crédit
03:38et ne pas avoir ces conditions suspensives.
03:40Mais ça peut se négocier, ça, avant ou après ?
03:42Ça m'emmène à votre sujet, Laurent.
03:43Est-ce que, si je suis un peu prise par le temps parce que je n'ai pas anticipé
03:47et ça peut arriver au meilleur d'entre nous,
03:49est-ce que je peux demander une prolongation ?
03:51Comment ça se passe ?
03:53Eh bien, malheureusement, dans le métier de courtier en crédit,
03:57on connaît bien ça, puisque certains ne nous contactent qu'à ce moment-là.
04:02Je suis trop juste, je vois se profiler la date de fin de condition suspensive de prêt.
04:10Là, la seule solution, c'est de demander, comme vous le dites, une prorogation,
04:15généralement 15 jours, voire 30 jours dans les cas les plus extrêmes,
04:19puisque, je répète, si on a dépassé ces 30 jours,
04:22les banques ne vont plus vouloir examiner notre dossier.
04:26Donc, il faut vraiment qu'on ait une bouffée d'oxygène, si je puis dire,
04:29avec une prorogation.
04:31J'ai une cliente récemment qui n'a pas eu de retour de sa banque,
04:36qui n'a pas été très réactive elle-même pour relancer.
04:39On était un tout petit peu au-dessus, à 32 jours de mémoire.
04:44Donc, bien sûr, on a pris son dossier.
04:46On a immédiatement demandé une prorogation de 15 jours,
04:50qui a été acceptée par la vendeuse.
04:53Ça nous a permis, dès le lendemain, de déposer un dossier,
04:56au bout d'une dizaine, douzaine de jours après quelques allers-retours,
04:59d'avoir un crédit qui a été accepté,
05:04et surtout, un délai qui restait pour la banque
05:07de traiter le dossier administrativement.
05:09Parce que, pourquoi les banques mettent en place ce délai de 30 jours au minimum ?
05:15C'est parce qu'elles savent très bien qu'ensuite,
05:18elles ont des délais pour produire l'offre,
05:21pour traiter le dossier en interne,
05:22pour valider avec différentes instances réglementaires.
05:26Et donc, si on n'a pas, allez, 40-45 jours,
05:32ça devient très très juste pour traiter le dossier.
05:35Eh bien, l'alerte est passée.
05:36Merci Laurent pour votre témoignage.
05:37Laurent Arnaud courtient en prêt à l'agence Vous Financez de Paris,
05:41dans le deuxième arrondissement.
05:42Allez, c'est l'heure du débat.
05:49Et à mes côtés, Laurent Mouret, le directeur général de Link City France
05:52et président de Link City Île-de-France.
05:55Bonjour Laurent.
05:55Bonjour Marie.
05:56Et à mes côtés également, Norbert Fanchon, le président du groupe Gambetta.
06:00Bonjour Norbert.
06:00Bonjour Marie.
06:01Je disais que vous étiez traditionnellement pas le plus optimiste.
06:04J'ai cru comprendre ça dans votre introduction.
06:07Non, non, mais parce que pour...
06:08En fait, on va raconter, on va soulever le capot de l'émission.
06:11Je reçois des notes de vos côtés de discours que vous voulez passer,
06:14de votre sentiment de marché.
06:16Et c'est vrai que quand je lis les notes de Laurent versus les vôtres,
06:19j'ai plus envie de passer le week-end avec Laurent.
06:21C'est mentir, il a un peu plus de...
06:22Alors ça, c'est une annonce.
06:24Non, parce que Norbert, vous, vous me dites, en gros, la crise du logement neuf,
06:28elle est toujours là, alors que moi, ma question, c'était de se dire,
06:31est-ce qu'on n'est pas en train d'en sortir de cette crise ?
06:34Malheureusement, les chiffres, les derniers chiffres, sont plutôt dans...
06:37Mon idée, ce n'est pas d'être pessimiste, c'est d'être réaliste pour trouver des bonnes solutions,
06:41pour faire un bon diagnostic, pour aller de l'avant.
06:44Et les chiffres, les derniers chiffres, je vous en donnais trois,
06:48moins 20, moins 40, fois 2.
06:50Je trouve que le fois 2, il n'est pas positif.
06:52Exactement.
06:54Moins 20, c'est le nombre de réservations sur une année glissante,
06:57donc depuis mai 2025 sur mai 2026.
07:01Moins 40%, c'est le nombre de réservations en mai, par rapport à mai 2025.
07:05Mais c'est toujours un mois bizarre, mais on fait quand même moins 40% à comparaison égale.
07:10Et fois 2, c'est le délai d'écoulement.
07:11On est passé en gros de 21 mois pour vendre un programme en totalité,
07:15à 22 mois, Moyenne-France.
07:17Il y a même certaines métropoles qui sont à plus de 25 mois.
07:20Donc c'est deux ans et demi pour vendre un programme immobilier.
07:23Ça veut dire que ça ne va pas bien.
07:26Et il y a les annulations aussi.
07:27Moi, je me souviens de la Fédé des promoteurs immobiliers
07:29qui publiaient des chiffres récemment.
07:30Je crois que c'est un quart.
07:32La conséquence pour nous, c'est qu'on a un coût de réservation qui a été multiplié par trois.
07:37Donc il y a des chiffres et ils ne vont pas dans le bon sens.
07:39C'est-à-dire qu'avant, on payait une réservation de 2500 euros,
07:41quand on allait voir les sites, je ne vais pas les nommer
07:44parce qu'ils nous coûtent déjà suffisamment cher pour éviter de faire de la pub.
07:47Aujourd'hui, on est à 7500 euros.
07:49Et donc, une réservation, c'est 7500 euros.
07:52Et on abandonne un quart de nos projets
07:54parce qu'on n'arrive pas à avoir suffisamment de réservation.
07:57Donc on est malheureusement dans une boule de neige
08:00qui n'a pas fini de rouler.
08:01Et je pensais que 2025 serait pire que 26.
08:04Vous voyez, j'avais un bout d'optimisme.
08:06Mais dans l'immobilier neuf, pour le logement collectif,
08:09je ne parle pas de la maison individuelle,
08:10que 26 sera pire que 25.
08:12Ça, c'est votre prévision ?
08:13Oui.
08:14Je peux prendre le pari avec Laurent.
08:16Alors, Laurent, pour revenir sur les fameuses petites notes,
08:20Laurent, il voit quand même des petites raisons aussi
08:23d'espérer un peu quand même.
08:24Et notamment, les permis de construire.
08:26Il y a des choses.
08:27Les chiffres, quand même...
08:28Ah non, Laurent, vous êtes dans la team optimiste.
08:30La team optimiste.
08:31Mais ça n'empêche que les chiffres, ils sont ce qu'ils sont.
08:33Ce que dit Norbert, est réel.
08:35Moi, j'ai regardé sur 12 mois glissant entre avril 25 et avril 26,
08:40les logements autorisés, c'est moins 5,5%.
08:43Sur la moyenne des 5 ans,
08:46et sur les mises en chantier, c'est moins 15%.
08:48Donc aujourd'hui, on n'est plus dans une question de point de vue,
08:51on est dans une question véritablement de contexte.
08:53Il va falloir faire avec.
08:56Et où je suis un petit peu optimiste,
08:58c'est que je vois quand même quelques curseurs,
09:01notamment sur la méthodologie pour produire du logement,
09:04qui sont en train un peu de bouger.
09:05Et c'est ça qui me fait que je suis peut-être
09:08un petit peu moins pessimiste que Norbert.
09:10Mais les chiffres, ils sont ce qu'ils sont.
09:11D'accord, mais quand même, effectivement,
09:14on se dit, est-ce que ce n'est pas le contexte géopolitique
09:17qui a un peu empêché la reprise de se faire
09:19telle qu'on l'espérait pour 2026 ?
09:21J'entends évidemment la guerre au Moyen-Orient,
09:24les tensions sur l'OAT, la dette de l'État français,
09:26à 10 ans, la perspective inflationniste
09:29et la hausse des taux de la Banque Centrale Européenne,
09:32le risque sur les coûts de matériaux.
09:33Oui, c'est horrible ce que je raconte.
09:35C'est moi qui suis pessimiste au final.
09:37Non, je suis réaliste, je connais quelqu'un qui dit ça.
09:42Mais le fait est qu'on a la perspective d'un accord de paix,
09:45qu'on a le sentiment que ça pourrait un peu se calmer ces prochains mois,
09:48que par ailleurs, on a des hommes et des femmes politiques
09:50qui semblent enfin prendre le sujet du logement à bras-le-corps.
09:53On a un dispositif de soutien à l'investissement locatif.
09:57Est-ce qu'on a ce contexte aussi caniculaire de réalité
10:01sur l'électrification de notre bâtiment
10:03parce que notre dépendance aux énergies fossiles,
10:05est-ce que le mieux, ce n'est pas de soutenir le logement neuf aujourd'hui ?
10:08Et est-ce qu'aujourd'hui, on n'a pas ce qu'il faut
10:10pour relancer la machine, en fait ?
10:13Moi, je pense qu'il y a nécessité, malgré tout ce que vous dites,
10:19qui peuvent nous laisser imaginer que, effectivement, les choses vont s'améliorer.
10:23Mais enfin, qui aurait pu prédire les frappes sur l'Iran il y a encore 18 mois ?
10:28Qu'est-ce qui nous attend ?
10:29On sait qu'il va y avoir une élection présidentielle,
10:31c'est a priori acquis.
10:33Il va falloir aussi que ça se mette en route.
10:37Mais je pense que ce qui manque aujourd'hui,
10:40à mon sens, c'est deux choses.
10:43Un, c'est un véritable choc sur le foncier.
10:47C'est un choc de simplification.
10:49Et une deuxième chose, c'est que les investisseurs institutionnels,
10:54qui, en général, sont plutôt décriés et moins considérés
11:01que les acquéreurs particuliers,
11:03prennent leur part dans la construction de logements
11:08en vue de l'accession.
11:10Il y a quelques années, nous, on avait réfléchi,
11:11Selling City, à une formule qu'on avait baptisée
11:14le test and buy.
11:16C'était un peu comme un leasing.
11:19Testé avant d'acheter.
11:21Exactement.
11:21Testé avant d'acheter.
11:23On vendait des immeubles en bloc à des investisseurs.
11:26On avait monté ça avec Inli du groupe Action Logement.
11:28Pendant cinq ans, vous êtes locataire.
11:31Et au bout de cinq ans, vous avez une option d'achat
11:33avec un prix très défini.
11:35Mais ça existe déjà dans le logement social ?
11:37C'est le quoi ? Le PSLA ?
11:39Ça, c'est le PSLA.
11:41Mais ça n'est que pour le logement social.
11:43Pourquoi ne pas le faire sur du logement ?
11:45Et les lits, on l'avait fait.
11:47Sur du logement libre.
11:49Et les cinq années où vous avez payé votre loyer,
11:51c'est votre apport personnel.
11:53Ça, ce serait un choc.
11:55C'est une bonne idée, ça.
11:56Vous en pensez quoi, Norma ?
11:57Je reviens sur la question de base.
12:00Je pense que c'est une des solutions, effectivement.
12:03Est-ce qu'on pouvait imaginer tout ce que vous avez dit ?
12:05Non.
12:06Est-ce qu'on pouvait imaginer que les taux ne resteraient pas à 1% ?
12:09Oui.
12:09Est-ce qu'on pouvait imaginer que le Pinel serait terminé un jour,
12:12vu les finances publiques ?
12:13Oui.
12:14Oui et non, parce que moi, je me souviens.
12:17Après, à chaque fois, c'était, ça coûte cher, mais on le continue.
12:20Ça coûte cher, mais on continue.
12:21Puis on le change un peu, puis machin.
12:22Là, la disparition pure et simple...
12:24Jusqu'au moment où on n'a plus pu.
12:26Oui.
12:27Ce qui s'est passé...
12:28Jusqu'au moment où on ressort du Jean-Brun,
12:29quand on s'est rendu compte que finalement,
12:30le Pinel, ce n'était pas si mal.
12:31Mais l'erreur est collective, et là, elle vient d'abord de chez nous,
12:35c'est qu'on a accepté ce qu'on n'aurait pas dû accepter.
12:37On a accepté des surnormes, des surréglementations.
12:40Je ne vais pas vous parler dans le cadre de l'OE, rassurez-vous.
12:42Faites gaffe, j'aime pas chez Norbert.
12:45Parlons de la zéro artificialisation, des DPE, de la RT,
12:48de toutes les normes environnementales, de tous les délais
12:50qu'on s'est pris pendant 10 ans, où on avait des taux bas
12:53et justement un bon dispositif, le CELIE ou le Pinel,
12:56le Pinel étant le dernier.
12:57Mais tout ça fait qu'on a pu tout accepter.
12:59On a dit oui à tout, et ce que ça a fait,
13:02c'est que ça a enregistré le coût de fabrication.
13:05Et aujourd'hui, pour moi, le conseil que vous faites,
13:07et la réponse, une des parties de la réponse de Laurent,
13:10c'est de dire que l'immobilier est trop cher.
13:12On a une crise de la demande.
13:14Je suis venu souvent sur ce plateau pour vous dire
13:15qu'on avait une crise de l'offre, qu'on n'avait pas suffisamment de permis.
13:18Mais aujourd'hui, c'est paradoxal.
13:20Les Français veulent se loger, ont besoin de se loger en locatif,
13:23ont de l'argent pour acheter, mais on fait de l'immobilier neuf trop cher.
13:27Donc il faut qu'on trouve les clés pour faire moins cher.
13:29Vous parliez du foncier, comment on fait pour encadrer les prix du foncier ?
13:33Il faut les encadrer ?
13:34Je ne suis pas sûr qu'il faille les encadrer.
13:36Simplement, aujourd'hui, il y a des propriétaires fonciers
13:38qui sont l'État, qui sont les collectivités territoriales,
13:42qui sont les grandes entreprises de l'État.
13:45Je pense qu'il faudrait un plan qui permette,
13:49en assumant une décote,
13:51ou en utilisant des montages particuliers,
13:55tels que le bail à construction,
13:58vendre massivement des fonciers détenus par les collectivités,
14:02avec une décote assumée,
14:04ou alors avec un lissage sur 30, 50, 90 ans,
14:09dans le cadre de bail à construction.
14:10Mais parce que les propriétaires particuliers
14:13ne font pas de surenchère sur les terrains à bâtir ?
14:16Non, je pose la question.
14:17Alors après, il faudra bien sûr réfléchir à la fiscalité sur ces terrains-là,
14:22parce qu'effectivement, ils font un peu de la surenchère.
14:25Alors, je vais dire un peu comme Norbert,
14:30s'ils font de la surenchère, c'est qu'il y a des gens qui l'acceptent.
14:33Donc c'est aussi à nous, promoteurs,
14:34à nous discipliner sur le sujet.
14:37Arrêtons de restreindre le foncier.
14:39Prenons l'exemple de la zéro artificialisation.
14:41Parce que, oui, il y a de la surenchère,
14:42et effectivement, on est nombreux pour acheter un terrain,
14:44et donc du coup, on fait monter les prix, c'est vrai.
14:47Il y avait un article dans le Figaro,
14:50pour le citer, la semaine dernière,
14:52où les maires hésitent entre faire des data centers,
14:55souveraineté numérique,
14:57réindustrialiser la France,
14:58construire des usines, c'est l'indépendance de la France,
15:00et construire des logements, c'est mieux loger les Français,
15:02c'est le pacte social.
15:03Donc les maires, à cause de la zéro artificialisation,
15:05doivent choisir entre le dessert ou le fromage.
15:08Mais comment on peut en arriver là,
15:10dans un pays développé au XXIe siècle ?
15:13Alors, moi, je ne suis pas pour limiter la valeur du foncier,
15:16je suis pour libérer l'utilisation,
15:18et revoir les règles d'urbanisme.
15:20On est sur des règles d'urbanisme qui sont figées depuis 40 ou 50 ans,
15:23on les a fait évoluer avec le PLU, le plan local d'urbanisme,
15:27mais on a fait de ces plans locaux des contraintes,
15:29et pas des possibles.
15:31Il faut qu'on revoille notre perception du foncier,
15:33et il faut vraiment l'utiliser.
15:35Quand on fait encore des parkings en sous-sol,
15:37alors qu'on est à 500 mètres de transport public,
15:39c'est scandaleux.
15:41Ça bouge un peu quand même dans les plans locaux d'urbanisme sur les parkings.
15:43D'accord, mais quand vous déposez le permis et qu'on vous le refuse
15:45parce que vous n'avez pas fait les parkings,
15:47je peux vous dire que ça ne bouge pas vraiment.
15:48Dans les très grandes villes, c'est encore le cas ?
15:49Évidemment.
15:50Parce qu'en réunion publique,
15:52le maire, il est percuté par ses électeurs qui disent
15:54« il n'y a pas assez de parking, on n'arrive pas à se garer ».
15:57Oui, mais vous avez quand même beaucoup de villes
15:58qui luttent contre la voiture aussi.
16:01Paris, oui.
16:02Mais pas que !
16:03Paris n'a pas d'immobilier neuf, à part dans le 19e,
16:06mais pas suffisamment pour répondre à la demande.
16:09Moins de parking, peut-être des data centers
16:11dans les logements, dans les immeubles de logements,
16:15et puis autoriser la hauteur.
16:18Quand on a perdu un ou deux étages dans certains plans locaux,
16:21enfin dans la réalité, entre le possible et la réalité,
16:24on perd 30% de la constructibilité.
16:26Vous savez, quand on peut faire 100 logements,
16:27on n'en fait que 70 à la fin.
16:29Et en général, on perd de la hauteur.
16:31Donc le sujet, ce n'est pas dans la réglementation,
16:34c'est plus dans « libérons les énergies ».
16:37Et je pense qu'on a besoin de libérer les énergies aussi
16:42avec une vraie politique d'aménagement du territoire.
16:45Alors je vais parler peut-être d'un petit peu d'histoire,
16:51je ne vais pas revenir à la datare,
16:53mais aujourd'hui on manque, je pense,
16:54d'un vrai plan du logement
16:57avec des cibles de production par territoire
17:02et d'adaptation peut-être de la fiscalité
17:04dans certains territoires qui sont plus tendus que d'autres.
17:07Aujourd'hui, on a une vraie difficulté,
17:10c'est que les maires, aussi les collectivités,
17:12n'ont plus les moyens d'accueillir de nouveaux habitants
17:15parce qu'il n'y a plus la taxe d'habitation.
17:17La fiscalité est telle qu'ils ont énormément de mal
17:20à construire et à financer les équipements publics
17:23nécessaires à l'accueil de nouvelles familles.
17:25Vous voulez dire des écoles climatisées, tout ça ?
17:28Des écoles déjà, des écoles.
17:30Et je pense qu'il faut les aider
17:32avec vraiment un ciblage dans les zones qui le nécessitent.
17:36Mais ce qui est terrible, c'est qu'on peut les identifier,
17:38ces villes ultra tendues qui ont besoin.
17:40Très facilement.
17:40Bien sûr, c'est ça.
17:41Vous parliez de data center en termes de data,
17:43on a tout ce qu'il faut pour savoir.
17:44Mais je pense qu'il faut qu'il y ait une vraie politique nationale
17:46et qu'il soit reprise territoire par territoire
17:49avec des objectifs clairement définis,
17:53des incitations, peut-être aussi, peut-être,
17:54quelques pénalités quand ça ne suit pas.
17:57Ah, c'est joli ce que vous dites.
17:58Incitation, carottes et bâtons.
18:00Un peu.
18:02On est au fond de la piscine.
18:05On pensait que le Jean-Bruns...
18:06Ça fait douze fois que vous me dites qu'on est au fond de la piscine.
18:08Elle est extrêmement profonde, cette piscine.
18:11Exactement.
18:12Elle est plus profonde que je l'imaginais
18:13et qu'on l'a tous anticipée.
18:15Mais profitons-en pour bâtir autre chose.
18:17Alors, ça peut être effectivement l'aménagement du territoire,
18:19ça peut être sur les règles d'urbanisme,
18:21ça peut être de revoir les normes,
18:22l'empilement des normes et des réglementations
18:24qu'on a mis depuis dix ans.
18:25On a le droit à un moment d'avoir pris des décisions,
18:27d'avoir pris des décisions souvent...
18:30Mauvaise ?
18:31Non.
18:32En pensant qu'elles étaient bonnes
18:33ou en imaginant qu'elles étaient bonnes.
18:35On a tous besoin de faire des erreurs.
18:36L'enfer n'est pas avec de bonnes intentions.
18:37Exactement.
18:37Mais l'erreur, ça serait de ne pas les corriger
18:40et de les continuer.
18:42Et donc, profitons.
18:43Pour où on en est,
18:45on annonce une loi Jean-Bruns,
18:47mais qui ne va pas réformer.
18:47Mais justement, messieurs,
18:48parce qu'il ne nous reste que deux minutes trente,
18:49vous n'en avez pas du tout parlé,
18:50je suis très étonnée.
18:51Parce qu'il n'y a rien pour le neuf,
18:53le ministre le déclare.
18:54Pourquoi il n'y a rien pour le neuf ?
18:55Dans sa loi, il dit qu'il ne fera rien de plus pour le neuf.
18:58Que ce qui a été voté dans la loi de finances pour 2026.
19:01Mais vous trouvez que c'est insuffisant à ce stade ?
19:03On n'en mesure pas encore très très bien les effets pour l'instant.
19:07C'est une façon de dire que c'est peanuts cacahuètes,
19:09vos ventes en Jean-Bruns,
19:11c'est ça que vous êtes en train de me dire, tous les deux ?
19:13Chacun a ses chiffres, mais...
19:14Après, il faut aussi que le dispositif trouve sa place,
19:18il faut que...
19:19C'est politique ce que vous me dites.
19:19L'ensemble des vendeurs...
19:21Non mais, voilà, je sais que Bouygues Immobilier
19:22a formé tout un tas de vendeurs, mais...
19:24Parce que ce n'est pas simple de compréhension non plus.
19:27Ce n'est pas si simple,
19:27il faut que les gens s'en saisissent.
19:31Peut-être faut-il encore se donner un petit peu de temps.
19:34Je pense qu'il y a un sujet...
19:35Alors, moi, je ne suis pas tout à fait de l'avis de Norbert
19:38sur le côté normatif,
19:40notamment pour tout ce qui concerne l'environnement.
19:42Il ne faut pas qu'on baisse la garde.
19:43Il ne faut absolument pas qu'on baisse la garde.
19:45Par contre, on vit aujourd'hui avec deux codes.
19:47Le code de l'urbanisme, le code de l'environnement,
19:51peut-être qu'il y a quelque chose à faire
19:52en les mixant, en les mergeant,
19:55en faisant quelque chose qui ne soit plus qu'un code
19:57et qui prenne en considération tout,
19:58mais dans une intégralité.
20:00Je pense qu'il y a aussi un problème méthodo.
20:03Je prends un exemple.
20:04On fait une opération sur les communes de Thiers-Orly,
20:07qui s'appelle Parc-en-Seine.
20:08C'était un IMGP.
20:10Un IMGP ?
20:12Oui, c'était la grande vague des Inventons la Métropole.
20:16Comment produire différemment ?
20:18Mais aujourd'hui, franchement, ça marche.
20:20L'État est concerné.
20:21La Métropole est concernée.
20:23Les villes sont concernées.
20:24On a monté des structures ad hoc
20:26avec des investisseurs institutionnels.
20:28Et aujourd'hui, on produit du logement
20:30et on produit du logement.
20:31Et même, grâce à l'effet de masse,
20:33on baisse nos coûts
20:34et on augmente nos performances environnementales.
20:38Je pense qu'il y a un sujet
20:39vraiment méthodologique
20:41pour pouvoir y arriver
20:42en réunissant autour du même projet
20:45tous les acteurs qui contribuent à la chaîne de valeur.
20:48Pour avoir des intérêts partagés.
20:49Le mot de la fin, Norbert, il reste 40 secondes.
20:52Notre sujet, c'est défendre le logement des Français.
20:55On n'est pas en train de défendre notre profession.
20:57Ce qui me paraît à chaque fois important de le rappeler.
21:00Parce que les Français ont besoin de se loger.
21:02C'est aussi la possibilité,
21:04quand on devient acquéreur,
21:05de se constituer un patrimoine,
21:06de bénéficier d'un effet de levier.
21:07L'immobilier neuf a tout un tas d'avantages.
21:09Oui, et puis par le crédit,
21:10on en parle assez régulièrement.
21:11C'est qu'en ce moment,
21:12s'ils voulaient faire un crédit immobilier,
21:14les meilleures conditions sont à celles
21:15des ceux qui achèteront du logement performant
21:17et donc du logement neuf.
21:19Franchement, l'immobilier neuf,
21:20il ne faut pas hésiter à acheter,
21:22même si la rentabilité est faible.
21:24Mais effet de levier, patrimoine et crédit
21:27sont les clés essentielles.
21:28Et pas de frais de notaire.
21:30Et pas des frais de notaire tout à fait réduits.
21:32Merci de l'appréhension.
21:32Voir supprimés par certains promoteurs généreux.
21:35Et ce que je voulais rappeler,
21:37c'est que c'était aussi une création
21:38de chasse pour la France.
21:40Chaque fois, j'ai l'occasion aussi de le redire.
21:42Un logement neuf de 200 000 euros,
21:44c'est 100 000 euros de revenus pour l'État
21:46entre les TVA, les taxes collectées sur 20 ans.
21:49Donc quand on a perdu 150 000 logements
21:52sur 5 ans, enfin sur 3 ans,
21:54même entre 2023 et aujourd'hui,
21:55150 000 logements,
21:56on a perdu, x 100 000,
21:58on a perdu 115 milliards d'euros.
21:59Quand on...
22:00Enfin, c'est 10% du déficit de cette année.
22:03Donc quand on cherche des économies,
22:05quand on cherche à créer de la croissance,
22:07de l'activité économique,
22:08le logement neuf est là.
22:09Et c'est de l'emploi, c'est des compagnons.
22:10Et c'est de l'emploi, c'est de l'emploi.
22:11Et c'est d'argent dans les caisses publiques,
22:12c'est bien de le dire aussi
22:13puisqu'on est à l'aube de notre futur débat budgétaire
22:15pour 2027.
22:16Ce sera donc le mot de la fin, messieurs.
22:18Merci à Norbert Fanchon,
22:19le président du groupe Gambetta,
22:20d'avoir été avec nous.
22:21Et Laurent Morel,
22:22directeur général de Link City France
22:23et président de Link City Île-de-France.
22:26Les experts de l'IMO reviennent demain
22:30lors de votre déjeuner sur BFM Business.
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