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  • il y a 33 minutes
Regardez L'esprit de l'info avec Alain Duhamel avec Thomas Sotto du 22 juin 2026.

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00:017h, 9h30, RTL Matin, Thomas Souton.
00:04Il est 9h11, c'est notre époque, et le lundi, vous le savez, c'est Alain Duhamel qui pose son
00:07regard et son expérience sur l'actualité.
00:09Bonjour Alain.
00:09Bonjour.
00:10Ça va, pas trop chaud pour vous ?
00:11Ça va.
00:12Ça va ? Bon.
00:12Alors que la France suffoque, la canicule devient un sujet politique.
00:16Mais n'est-il pas trop tard pour que nos élus et nos gouvernants se réveillent ?
00:19C'est peut-être ça la première question à se poser, là, non ?
00:21En tout cas, à chaque fois qu'il y a, ce qui n'est même plus un dérèglement, mais une
00:27accentuation,
00:29on se pose la question de savoir, est-ce qu'on a pris toutes les précautions, etc., etc.
00:35Et on se dit, quand on voit la SNCF, par exemple, qu'il y a beaucoup à anticiper pour les
00:45prochaines phases de ce genre.
00:47Est-ce que ce n'est pas le problème de la durée du mandat politique et de la prochaine élection
00:51?
00:52Parce que finalement, toutes ces questions-là, ce sont des questions, en tout cas on le pensait, de long terme.
00:56Même si là, ça semble vous arriver en pleine figure un peu plus vite que prévu.
00:59Est-ce que ce n'est pas là que les politiques touchent leurs limites ?
01:01Alors, c'est possible.
01:03Il y a beaucoup de choses qui ne dépendent pas directement des politiques, en l'occurrence.
01:07C'est-à-dire que, je parlais de la SNCF, je parlais beaucoup de services publics ou de services tout
01:13court, d'ailleurs privés.
01:15Là, pour le coup, ce n'est pas le gouvernement.
01:16Exactement. Mais, bon, à chaque fois qu'on a un phénomène à la fois qui nous touche directement, qui a
01:24une ampleur particulière et dont on se dit que c'est de plus en plus fréquent,
01:31on finit par se demander, mais alors, que fait le gouvernement ?
01:34C'est la question à la fois la plus bête et en même temps la plus nécessaire.
01:38La question la plus difficile étant, que faudrait-il faire en fait ? Parce qu'il n'y a pas
01:42de solution magique.
01:43Alors, que faudrait-il faire et quels moyens sommes-nous prêts à mobiliser ?
01:48Parce qu'on en revient aussi à ça.
01:51S'agissant de la SNCF, par exemple, pour arriver sur les lignes secondaires à avoir une température supportable,
01:58il faudrait des investissements absolument considérables.
02:01Alors, ils sont souhaitables, personne ne dira le contraire.
02:04Mais sont-ils possibles ?
02:06Bon, là où c'est un peu moins acceptable quand même, c'est quand il s'agit d'écoles, et
02:14en particulier d'écoles primaires.
02:16Vous êtes choqué de voir ce qui se passe dans nos écoles, qu'on dise aux parents,
02:20en fait, gardez-les chez vous parce que chez nous il fait trop chaud.
02:22Chez les parents, il ne fait pas forcément nous déjà.
02:24D'abord, il peut faire tout aussi chaud, oui.
02:27Et ensuite, le fait d'être obligé de dire gardez-les chez vous, évidemment, c'est un constat d'échec.
02:31On ne va pas dire le contraire.
02:33Oui, mais alors, on a encore la fin des écoles qui avaient été construites un peu de briques et de
02:40brocs,
02:41à un moment où il fallait en construire beaucoup, etc.
02:44La démographie était galopante.
02:45Voilà, bon, alors on en est sortis de cette phase-là.
02:48Mais il n'empêche qu'il y a des écoles qui ont été construites à ce moment-là,
02:52et qu'ils étaient dans des conditions, disons, assez précaires.
02:55En tout cas, se prétend mal aux équipements.
02:58Bon, et puis il y a toujours la même question.
02:59C'est, bah oui, il faudrait équiper toutes les écoles, et oui, qui a les crédits, et oui, qui paiera,
03:06etc.
03:06Mais là, pardon, mais la réponse, admettons qu'on soit dans 15 jours et que la température sera redevenue normale,
03:11si on posait cette question à la politique, il nous dirait, les caisses sont vides.
03:14Ah oui ?
03:14Où est-ce qu'on va chercher l'argent ?
03:16Comment on fait ?
03:17Bien sûr, non, non, mais c'est...
03:18C'est qu'une question de choix politique ?
03:20C'est question de priorité dans l'ordre des dépenses.
03:24Bon, on sait ce dont on dispose, qui est extrêmement limité, hein ?
03:30Oui.
03:30Bon, et il faut faire des choix sur ce qu'on va dépenser, où on va le dépenser, comment on
03:36va le dépenser.
03:37Bon, alors c'est vrai que, par exemple, là où le choix a été fait de la façon la plus
03:42spectaculaire,
03:43c'est en ce qui concerne l'armée, la défense.
03:46Bon, alors, je suis tout à fait...
03:48Là, il y a un renforcement très important du coup.
03:49Oui, là, vraiment, on a débloqué beaucoup d'argent.
03:53Moi, je suis tout à fait pour renforcer la défense et moderniser, etc.
03:57C'est très bien, sinon que là, on arrive à dégager beaucoup d'argent
04:01et que, effectivement, pour les équipements scolaires, on n'y arrive pas.
04:06C'est un peu le conflit des priorités, parce qu'on entendait, sur un tout autre sujet,
04:09Gérald Darmanin qui disait qu'il faut choisir les priorités en matière de justice.
04:12On ne peut pas tout faire, toutes les urgences en même temps.
04:13Là, c'est pareil, un jour, il faudra choisir entre la défense ou la climatisation.
04:18C'est quand même le signe d'un pays qui n'est pas très en forme, non ?
04:20Ah bah oui, on n'est pas très en forme.
04:23Ça, il faut le reconnaître.
04:27On peut essayer de mener de front suffisamment d'actions
04:33quand on est en bonne santé économique.
04:35Quand on est, comme c'est le cas en ce moment, en mauvaise santé économique,
04:38il faut faire des choix, et les choix sont quelquefois regrettables.
04:42Comment on peut les faire ?
04:42Parce que comment arbitrer entre l'éducation, l'hôpital, le réchauffement climatique,
04:47la défense, la justice, comment on fait ?
04:50Eh bien, on ne le fait pas.
04:51Ou plus exactement, on ne le fait pas assez.
04:53Donc on accepte de renoncer à certaines choses ?
04:55Bien sûr.
04:58Écoutez, on a tous l'expérience des hôpitaux.
05:02Bon, ben, c'est pas dans un hôpital qu'on a le sentiment que la climatisation est à son meilleur.
05:08Alors que pourtant, s'il y a un endroit où la climatisation devrait être à son meilleur,
05:12c'est évidemment l'hôpital.
05:14Quand on a été hospitalisé un certain nombre de fois, on crève de chaud.
05:20Bon, et ça s'ajoute au problème de santé qu'on peut avoir.
05:26Vous avez le sentiment, parce que vous parlez de l'hôpital, qu'on a appris de 2003, de la canicule.
05:30Alors, on se souvient, c'était quand même effroyable, hein, 2003.
05:32On se souvient des corps qu'on mettait dans des camions.
05:35Voilà, les EHPAD, je pense qu'on a fait quand même quelques progrès.
05:38Mais globalement, vous avez le sentiment qu'on a appris de ça ou pas ?
05:40Alors, 2003, ça a été un massacre de personnes âgées.
05:4517 jours de canicule.
05:46Bon, et en particulier dans les EHPAD mal équipés.
05:49Bon, il faut reconnaître qu'il y a eu quand même des efforts qui ont été faits pour équiper les
05:54EHPAD.
05:54Enfin, des efforts et puis aussi des réglementations qui ont été durcies.
05:59Bon, donc, de ce point de vue, c'est mieux.
06:02Et puis, il y a quand même l'expérience, puisque, si vous vous rappelez,
06:07quand il s'agissait de la canicule dont vous parliez,
06:10il y a beaucoup de personnes qui sont simplement mortes dans l'indifférence,
06:15parce que personne ne s'occupait d'elles, n'avait l'idée de les voir.
06:18Bon, maintenant, ce genre de choses, théoriquement, ça...
06:21On a tous conscience de ce qu'est une canicule et de...
06:24Voilà, ça ne réglera pas tout, mais enfin, je pense qu'il y aura une meilleure mobilisation.
06:27Mais pour le reste, c'est certain que si on continue encore quelques jours,
06:32on va découvrir des personnes âgées mortes, isolées mortes,
06:37des adolescents qui se noiront, etc.
06:39C'est évident.
06:41Alors, l'écologie qui est redevenue un sujet très politique,
06:44un sujet de campagne depuis deux jours,
06:46mais honnêtement, jusqu'à présent,
06:48dans les meetings qu'on a pu entendre des uns et des autres à droite et à gauche,
06:51ça ne nous sautait pas aux yeux que c'était une priorité pour 2027, non ?
06:54Non, bon, c'est même le contraire.
06:55C'est ça ?
06:56Depuis le début de...
06:58Pour faire court,
07:00depuis le début du second mandat d'Emmanuel Macron,
07:03ce qui touche à l'environnement a été largement laissé de côté.
07:09Et jusqu'à présent, dans le débat qui a lieu,
07:13on ne peut pas dire que l'écologie,
07:16donc le réchauffement climatique,
07:17soit au centre des discussions,
07:19y compris chez les écologistes.
07:22Justement, les écologistes, Marine Tondelier,
07:24je ne sais pas si vous avez vu ça ce week-end,
07:25elle a proposé un congé climatique de cinq jours
07:28qu'on pourrait prendre quand on ne peut pas emmener les enfants à l'école,
07:31quand on ne peut pas se rendre à son travail,
07:32un peu sur le modèle espagnol.
07:35Madrid avait créé un congé de quatre jours à l'époque
07:38pour cause d'alerte météo,
07:39c'était après les inondations dramatiques à Valence en 2024.
07:42C'est une bonne idée, ça ou pas,
07:43le congé climatique de cinq jours ?
07:45Valérie Pécresse, tout à l'heure,
07:46qui était l'invité d'RT le matin,
07:47a renvoyé ça dans les cordes.
07:49Disons que c'est une très bonne idée,
07:50il reste à trouver un très bon financement.
07:53On en revient toujours au même point.
07:56Il n'y a pas de secret,
07:57et un très bon financement,
07:58c'est un très bon impôt.
08:00C'est comme ça.
08:01Il y a des choix à faire,
08:03mais on ne peut pas non plus accumuler les impôts.
08:05Ça veut dire que le candidat sérieux
08:08qui viendrait se présenter aux Français l'année prochaine
08:10devrait dire, écoutez,
08:11nous allons augmenter les impôts pour l'hôpital,
08:12nous allons augmenter les impôts pour le réchauffement climatique,
08:15nous devons augmenter les impôts pour la justice,
08:16peut-être que nous devons augmenter les impôts pour les écoles.
08:18C'est ça le discours de vérité ?
08:19Ça serait ça.
08:22Alors, je dis bien ça serait ça,
08:23je ne dis pas ça sera ça.
08:24Non, parce que c'est l'Opère Noël.
08:26C'est l'Opère Noël en général.
08:27Ou alors il faudrait un héros.
08:29Oui.
08:30Bon, on a aussi vu Bruno Retailleau,
08:33puisqu'on parlait de campagne électorale,
08:34se lancer dans cette campagne,
08:36avec son meeting de samedi.
08:38Quelle différence vous voyez entre Bruno Retailleau et Édouard Philippe ?
08:42Ça ne saute pas aux yeux quand on les entend si ?
08:44Enfin, ils ne sont pas aux antipodes l'un de l'autre.
08:47Il y en a un qui est une droite conservatrice et cléricale,
08:53et l'autre qui est une droite républicaine et plus moderne.
08:59Mais bon, ce sont deux variétés,
09:02enfin ce sont deux branches du même arbre.
09:05Donc ça ne peut pas faire deux candidats au final, vous pensez ?
09:07Ça peut très bien faire deux candidats pendant un certain temps.
09:11Mais ensuite, je pense qu'il faudra que ce soit un des deux
09:15qui s'effacent au bénéfice de l'autre,
09:18qui s'effacent et puis qu'ils le soutiennent,
09:20et puis qu'ils fassent équipe, peut-être tandem, pourquoi pas ?
09:22Ah, tandem ?
09:23Pourquoi pas ?
09:24Ça peut marcher un tandem ?
09:26La tentative la plus connue a été un échec dramatique,
09:30mais c'était il y a longtemps,
09:31c'était Madès de Fer.
09:34Madès de Fer, oui.
09:35Et pourtant, c'était deux hommes très bien,
09:37et le résultat a été une catastrophe.
09:39Ça reste un fauteuil pour deux quand même, au général, non ?
09:41Oui, mais bon, enfin,
09:42on peut imaginer que ce qui s'est passé en 69
09:47peut se passer différemment cette année.
09:50On verra ça.
09:51Je voudrais juste vous entendre pour finir sur
09:53cette idée de Sébastien Lecornu,
09:55qui a imposé à ses ministres le test anti-drogue,
09:57ainsi que pour les hauts fonctionnaires.
09:58Vous êtes prêt à le passer, vous, ce test ?
10:00Moi, je suis prêt à le passer, mais je n'ai aucun mérite.
10:02Vous n'avez aucun mérite ?
10:02Non.
10:03Donc, je ne crains rien.
10:05Évidemment, je suis prêt.
10:06Et ça ne vous surprend pas ?
10:08Alors, ça m'a surpris.
10:10Pourquoi ?
10:11Ce n'est pas habituel de dire
10:13qu'on va faire passer un test à tous les membres du gouvernement
10:16pour être sûrs qu'ils ne prennent pas de cocaïne
10:18avant le Conseil des ministres, quand même.
10:20Bon, donc...
10:22Il y en a beaucoup de la drogue dans le monde politique ?
10:23À votre connaissance ?
10:25Enfin, je veux dire, c'est évident que
10:28quand on rencontre certains députés
10:30au milieu d'une séance de nuit,
10:33certains peuvent avoir cherché des excitants.
10:39Et d'ailleurs, il n'y a aucun milieu qui y échappe.
10:43En tout cas, parce que c'est le journaliste.
10:45Quand il y a...
10:46Ne me regardez pas, je ne me sens pas.
10:47Comme vous, je veux bien passer le test tout de suite.
10:50Mais est-ce qu'il y a un petit côté
10:51tout le monde sait ou tout le monde savait
10:53ce qu'on entend souvent après un drame ?
10:55Est-ce qu'aujourd'hui, dans le monde politique et journalistique,
10:58moi, j'avoue, je ne sais pas,
11:00mais est-ce qu'on dit
11:01bah oui, on sait très bien que tel ou tel ministre
11:03ou machin se charge ?
11:04Est-ce qu'on en est là ou pas ?
11:06Non, je ne crois pas qu'on en soit là.
11:08On est plutôt comme ça à propos de l'alcool
11:12parce que c'est plus visible.
11:15Mais en revanche, d'abord, il y a quand même eu quelques cas,
11:19non pas de ministre, mais d'élus,
11:21qui ont été pris sur le fait.
11:24Et puis, statistiquement,
11:26aucun milieu n'échappe à la tentation.
11:30Donc, il y a forcément des responsables politiques
11:32comme des chefs d'entreprise
11:36qui succombent à la tentation.
11:37Et ces tests-là, c'est de l'exemplarité
11:39ou c'est de la com' mal taillée pour vous ?
11:42L'un n'empêche pas l'autre, en l'occurrence.
11:45Donc, vous n'êtes ni pour ni contre,
11:46bien au contraire ?
11:47Non, je suis plutôt pour, quand même.
11:51Même s'il ne m'échappe pas
11:52que c'est malin de le proposer en ce moment.
11:55Mais non, je suis pour.
11:57Merci beaucoup à vous, Alain Duhamel.
11:59On vous retrouvera évidemment lundi prochain.
12:00Vous êtes là lundi prochain.
12:01Ce n'est pas parce que c'est mois de juillet
12:02que vous n'êtes pas là.
12:02Oui, mais après,
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