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  • il y a 6 semaines
Emmanuel Frenehard, vice-président exécutif et directeur digital de Sanofi, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce jeudi 18 juin. Il s'est penché sur l'amélioration et l'accélération des recherches avec l'IA, ainsi que le développement d'un assistant IA pour tous les collaborateurs de Sanofi, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne sur BFM Business.
00:05Voilà le retour de Tech & Co, la quotidienne, ici même à Vivatech pour les 10 ans de ce grand
00:09salon dédié à l'innovation, ici à Paris, porte de Versailles.
00:15On va maintenant s'intéresser à une boîte incroyable qui s'appelle Sanofi, qui est l'un des plus grands
00:19groupes pharmaceutiques mondiaux,
00:21qui est français, spécialisé dans les médicaments, les vaccins, les traitements innovants,
00:25avec un enjeu aujourd'hui, embrasser toute cette innovation, toute cette technologie avec l'IA,
00:31qui va avoir forcément un impact, notamment sur la recherche, qui est le cœur de métier de Sanofi.
00:37Emmanuel Frenhard est avec nous. Bonsoir Emmanuel.
00:40Bonsoir.
00:41Merci d'être avec nous. Vous êtes vice-président exécutif et directeur digital chez Sanofi.
00:48Vous avez été chez Disney avant, tiens c'est amusant. Vous avez été dans le streaming aussi.
00:52C'est ça oui.
00:52Et voilà, maintenant vous êtes dans la santé avec un gros sujet.
00:57Je le disais, votre métier, c'est un métier passionnant et qui doit toucher à énormément de sujets, non ?
01:04J'en parlais il y a un instant. Quel est un peu votre profil chez Sanofi et qu'est-ce
01:10que vous faites au quotidien ?
01:11Alors, pour connecter mon passé avec mon présent, ça a toujours été l'améliorer le quotidien de la vie des
01:16gens.
01:16Que ce soit avec le divertissement ou maintenant, plus sérieusement avec la santé, c'est ça.
01:21C'est le fil conducteur. Un métier passionnant, une industrie passionnante. Un métier compliqué, parce que ça prend 10 à
01:2912 ans pour créer un nouveau médicament.
01:31Et il y a encore 90% d'échecs sur les médicaments.
01:34Et donc ça coûte des fortunes à chaque fois, bien sûr.
01:36Et ce n'est pas qu'une fortune, c'est qu'il y a des patients qui attendent avec un
01:39certain espoir et que l'échec touche plus que...
01:43Parfois, on douche ses espoirs, bien évidemment.
01:45Exactement. Il y a 20 000 maladies rares qui sont connues, qui n'ont pas de traitement.
01:50Oui. Et sans parler des maladies rares, il y a des maladies malheureusement qui sont très populaires et qu'on
01:53arrive mal ou pas à soigner, en fait.
01:57Exactement. Donc c'est là où je pense que la technologie, l'IA, peut aider. Elle peut aider par plusieurs
02:02canaux.
02:03Il y a un des canaux principaux pour nous, c'est trouver les bonnes cibles.
02:06Les cibles, c'est les gènes, les molécules du corps que l'on doit cibler, qui ont peut-être un
02:13dérèglement ou que l'on doit corriger, mais sans affecter le reste de la biologie.
02:17Parce que le corps humain est quand même une machine très complexe.
02:21Très chimique, avec des interactions dont on ne soupçonne pas l'existence.
02:24Exactement. Donc avec l'IA, on arrive à améliorer 20-30% la précision des cibles. Ça, c'est énorme.
02:34Et rapidement ou pas ?
02:35Oui, c'est assez rapide. On va avoir des jeux de cibles et c'est assez rapide.
02:39Ce qui est important dans notre industrie, c'est de pouvoir mettre de côté ce qui ne va pas fonctionner
02:43le plus tôt possible.
02:44Oui, pour passer à autre chose.
02:45Pour passer à autre chose. Et pour simuler le plus tôt possible ce que ça pourrait avoir.
02:50Donc on stimule sur les organes, on commence à vouloir simuler sur des jumeaux numériques.
02:54On en est encore assez loin du jumeau biologique.
02:57Mais c'est là où avec des entreprises comme Hawking, par exemple, une start-up française,
03:00on travaille sur des modèles pour vraiment affiner ce que ça pourrait être le résultat d'une molécule sur un
03:07humain.
03:08L'idée, c'est quoi ? C'est de tester virtuellement les effets d'une molécule sur un organisme virtuel.
03:17Donc un jumeau numérique, peut-être pas d'un organe, mais d'un ensemble de molécules ou de cellules pour
03:24voir ce qui se passe.
03:25Si ce n'est pas bon, hop, on passe à autre chose, on part dans une autre direction.
03:28Si c'est bon, on creuse.
03:30Exactement. Je pense qu'avec l'IA, on rentre dans un jeu où on peut avoir plus de volume.
03:35Avant de trouver une molécule pour une cible, ça prenait beaucoup de temps.
03:38Maintenant, on peut en trouver beaucoup plus, des centaines peut-être dans une journée.
03:41Mais un humain ne peut pas gérer sans permutation.
03:44Donc là, l'IA nous permet de faire des simulations de toxicité, d'efficacité, de stabilité,
03:50et ensuite de passer sur même simuler un essai clinique.
03:53Parce que la phase la plus chronophage de notre industrie, c'est la phase de l'essai clinique.
03:58Et donc on travaille avec une start-up qui s'appelle Quant Health,
04:01qui nous permet de simuler une phase 1, une phase 2, une phase 3 d'un essai clinique
04:05pour mieux l'affiner, pour avoir plus de certitude lorsqu'on va le faire, que ça va être un succès.
04:10L'idée, c'est de raccourcir les délais de recherche pour créer une molécule, un médicament ?
04:17Exactement. Alors j'ai donné l'ambition à mes équipes, et c'est peut-être un peu exagéré de dire,
04:23et si on pouvait diminuer de moitié le temps que ça prend ?
04:25Aujourd'hui, c'est vous disiez...
04:26C'est 10 à 12 ans.
04:28Et on a des exemples concrets sur notre stand, où on gagne un an,
04:33quelques mois sur des process spécifiques de cette découverte, de ces 12 à 12 ans.
04:37Donc quand on élimine un an, c'est pas rien.
04:40Mais Manuel, en plus, on n'en est qu'au début de cette histoire-là.
04:43C'est-à-dire que...
04:44On n'est qu'au début.
04:45En fait, les espoirs sont immenses.
04:47C'est très prometteur, et je pense que c'est prometteur, justement,
04:50parler des maladies rares, pour les patients qui ont vraiment peu d'opportunités dans les maladies rares.
04:55Parce que je pense que l'IA va nous permettre d'avoir beaucoup plus de jeux de molécules,
04:59les tester plus vite, les simuler plus vite,
05:01et se dire qu'il y en a qui, potentiellement, iront sur le marché grâce à des simulations.
05:05C'est peut-être pas tout de suite, mais à terme, sur des jumeaux numériques de patients.
05:10On a beaucoup parlé du vaccin anti-Covid, donc, en 2020,
05:14dont la recherche et l'aboutissement avaient été accélérés par la tech.
05:18Bien sûr.
05:18Est-ce qu'on a déjà, est-ce que vous avez déjà sorti des molécules
05:21qui ont été accélérées, justement, par vos travaux,
05:25et en tout cas, votre manière de rechercher, aujourd'hui, des molécules ?
05:27Alors, sur le marché, commercialement, aujourd'hui, on n'en a pas,
05:30mais il y en a qui sont dans le processus.
05:32Qui sont dans le pipe.
05:32Qui sont dans le pipe, exactement.
05:34Qui sont en train de passer par ces étapes,
05:35et on essaye de courir au plus vite possible pour les accélérer encore plus.
05:40Donc, on a des investissements dans le digital et dans l'IA,
05:45maintenant, précisément, pour accélérer ces molécules
05:48qui ont été accompagnées par de l'IA.
05:50J'aime bien dire qu'on a quand même des humains, des chercheurs,
05:53qui amènent leurs intuitions, leurs compréhensions scientifiques de la maladie,
05:58et l'IA leur permet d'accélérer et d'augmenter ce qu'ils sont capables de faire.
06:02Donc, l'idée, demain, grâce à l'IA, c'est de réduire le temps
06:07pour développer une molécule, une thérapie, en fait.
06:11C'est ça, l'idée.
06:13Et c'est quoi, aussi ?
06:15Est-ce qu'on pourrait éradiquer certaines maladies, à votre avis,
06:18grâce à l'accélération de l'IA ?
06:20Je pense que le vaccin est un exemple parfait de maladies
06:23qui sont éradiquées par la prévention.
06:27Je pense que, de plus en plus, il y aura des traitements qui vont corriger
06:30et qui ne vont pas juste être palliatifs, mais correcteurs,
06:33et donc potentiellement changer la trajectoire.
06:37On parle de la médecine génétique à cette vocation.
06:40Bien sûr.
06:40De corriger dans la permanence quelque chose.
06:43Donc, oui, l'IA va contribuer à tout ça.
06:45Et notamment dans les cancers, je crois qu'aujourd'hui, grâce à l'IA,
06:47on peut arriver à avoir une personnalisation d'un traitement
06:51qui sera bien, beaucoup plus efficace,
06:54qui serait un sniper, en fait, sur des tumeurs bien spécifiques,
06:57alors qu'avant, on avait un gros fusil, un peu, qui partait dans tous les sens
07:02et qui faisait du mal, en fait, à énormément de cellules qui n'avaient rien demandé.
07:05C'est un très bon point. L'oncologie est plus avancée encore, et c'est vrai.
07:10Et vous travaillez sur ce sujet ?
07:11On travaille sur l'oncologie, bien entendu.
07:13On travaille sur la médecine génétique, qui est là, doit être personnalisée,
07:16parce que je n'ai pas forcément envie de recevoir votre vaccin génétique,
07:20qui est dédié.
07:21Donc, oui, de plus en plus, on va avoir cette précision,
07:24cette médecine de précision, de spécialisation à l'individu.
07:27Alors là, on parle de l'aspect spectaculaire et du bénéfice
07:31que vous allez pouvoir nous apporter dans quelques années,
07:34qui, visiblement, va s'accélérer.
07:36Mais alors, pour les collaborateurs, en fait, de Sanofi,
07:39est-ce que l'IA infuse un peu partout ?
07:43Ou est-ce que vous ne voulez pas ?
07:44Non, au contraire.
07:45Les collaborateurs à Sanofi sont absolument exceptionnels.
07:48On a développé une IA en interne...
07:50Quand vous allez venir lundi au bureau, ils vont être contents.
07:53On a développé une IA en interne qu'on appelle Concierge,
07:56qui, comme son nom l'indique, est un concierge pour tous les collaborateurs.
08:00Il y a 75 000 personnes chez Sanofi,
08:02il y a 70 000 utilisateurs de Concierge.
08:04Donc, les collaborateurs, vraiment, de Sanofi,
08:07sont, pour moi, l'exemple même de gens qui s'approprient l'IA,
08:11qui essayent, qui n'ont pas cette crainte que ça peut faire,
08:15et qui, vraiment, nous forcent à innover encore plus.
08:19Concierge, c'est quoi ?
08:20Alors, Concierge, c'est un peu votre réponse à tout dans l'entreprise.
08:25Ça comprend les politiques de Sanofi,
08:26ça sait qui vous êtes dans Sanofi,
08:30où vous travaillez, quelle géographie,
08:32et de plus en plus, Concierge fait des activités.
08:35Ça répond à des problématiques informatiques,
08:37ça résout les tickets informatiques.
08:39On va commencer à faire toutes les commandes dans Concierge.
08:41Donc, c'est vraiment une IA.
08:43Comme son nom l'indique,
08:44le concierge que l'on a connu dans un hôtel,
08:46peut-être une fois dans notre vie,
08:48c'est la même chose,
08:48mais pour tout ce qui est l'environnement Sanofi.
08:50Et ça, vous avez fait appel à un LLM particulier ?
08:54Alors, on a plusieurs LLM derrière, bien entendu,
08:56parce qu'on ne va pas développer d'LLM.
08:58Et donc, là, si vous voulez,
09:00l'expérience utilisateur, elle est développée en interne,
09:03et derrière, on fait appel à Anthropik,
09:05plusieurs versions de Cloud,
09:06pour basculer sur des haïkus, sonnettes,
09:09et opus quand il faut.
09:10Mais oui, derrière, LLM.
09:11Mais surtout, tout ce qui est intéressant,
09:13c'est ce qu'on a mis autour de Concierge.
09:15C'est connecté à des systèmes de Sanofi.
09:18Ça comprend la hiérarchie de Sanofi.
09:20Ça comprend les rôles et responsabilités.
09:22Ça a un peu d'humour, également,
09:24parce qu'on est...
09:25Même si on travaille sur des sujets sérieux,
09:27on ne se rend pas très au sérieux.
09:28Et en tant que grand groupe pharmaceutique français,
09:30j'imagine que...
09:31Alors, vous l'avez évoqué un petit peu,
09:32mais la souveraineté est un sujet capital.
09:34L'idée, c'est de trouver un maximum
09:35de partenariats technologiques
09:37avec des entreprises françaises, c'est ça ?
09:39On le fait avec des entreprises de tout bon,
09:41du monde entier.
09:42Bien entendu, des entreprises françaises également.
09:44On veut appuyer l'écosystème français.
09:46On est fiers de notre écosystème français.
09:48On est fiers d'être une start-up de 53 ans,
09:50nous-mêmes.
09:51Donc, on se considère comme eux.
09:53Donc, des entreprises comme Hawking,
09:55Akemia, avec qui on travaille
09:58vraiment constamment,
09:59des entreprises qui sont des belles entreprises françaises
10:01dans la découverte de molécules.
10:03Est-ce que vous travaillez avec OVH Cloud ?
10:05Dites-moi oui, s'il vous plaît.
10:06Pardon ?
10:06Est-ce que vous travaillez avec OVH Cloud ?
10:08On ne travaille pas encore avec OVH Cloud.
10:09Bon, il va falloir que je vous présente Octave Clabat,
10:11qui est mon prochain invité,
10:13qui est quand même le patron emblématique
10:16de la tech française qui est avec nous.
10:18On est d'accord.
10:18Et peut-être que vous pourrez faire affaire.
10:20En tous les cas, merci beaucoup Emmanuel Frénard.
10:22Vous êtes vice-président exécutif
10:23et directeur digital de Sanofi.
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