00:01Tech & Co, la quotidienne sur BFM Business.
00:05Et donc on découvre Horacio ici à Eurosatoria Villepeinte avec mon invité Florian Fournier.
00:11Bonsoir Florian.
00:12Bonsoir François.
00:13Vous êtes le cofondateur et donc CEO d'Horacio.
00:16Alors avec vous on va parler de l'analyse vidéo parce que c'est un sujet évidemment dans le domaine
00:21de la sécurité et de la défense qui prend de l'ampleur.
00:24Alors vous allez nous parler donc de ce système 5 je crois ou V, comment vous prononcez ça ?
00:30Ah, système V.
00:32Système V qui est donc l'une des solutions que vous présentez ici à Horacio.
00:38Parlons de l'analyse vidéo parce que c'est un sujet qui est passionnant.
00:42Énormément de startups s'emparent de tout cela parce qu'aujourd'hui avec une caméra et un soft derrière on
00:47arrive à faire énormément de choses.
00:49Quelle est votre particularité chez Horacio ?
00:52Donc chez Horacio nous développons des solutions d'intelligence artificielle appliquées à la vidéo qui permettent de détecter en temps
00:58réel ou a posteriori des situations dans des flux vidéo.
01:01Donc ces solutions nous les proposons à la fois pour des forces de sécurité intérieure, nous les proposons aussi pour
01:06des infrastructures critiques et enfin pour des armées européennes.
01:10Qu'est-ce qui est singulier, qu'est-ce qui est original dans notre approche ?
01:13Déjà la première chose c'est que nous avons développé une solution tactique utilisée sur le terrain par des régiments
01:19de forces spéciales européennes.
01:20Donc en premier lieu par des régiments français, en second lieu par des régiments ukrainiens et enfin par différents partenaires
01:26européens.
01:27La particularité de ces solutions c'est qu'elles vont apporter sur le terrain, là où il y a peu
01:32d'électricité, là où il y a peu de connectivité, la capacité d'être alerté en temps réel sur des
01:37événements d'intérêt sans avoir besoin d'une équipe.
01:40C'est le premier type de solution en lien directement avec plusieurs des acteurs présents à Eurosatoris.
01:45Mais il faut quoi ? Il faut une caméra quand même ? Comment ça marche ?
01:48Donc nos systèmes fonctionnent sur tout type de caméras, que ce soit des caméras thermiques pour enregistrer la nuit ou
01:54détecter la nuit des événements particuliers,
01:55que ce soit des caméras à jour, des caméras infrarouges.
01:58Donc nous notre particularité c'est de dire qu'on veut tourner sur tous les systèmes existants.
02:02Ensuite on a des solutions comme Système V, mais on en parlera dans quelques minutes, qui ne sont pas pour
02:06les armées européennes mais qui sont pour le ministère de l'Intérieur.
02:08Donc typiquement une solution Système V, la différence qu'elle va avoir avec le reste de nos solutions, c'est
02:13qu'elle, elle va tourner sur des fichiers.
02:15C'est-à-dire qu'elle va équiper tous les enquêteurs de police nationale et de gendarmerie avec une solution
02:20qui permet à chaque enquêteur d'importer des centaines ou des milliers d'heures de fichiers vidéo
02:25pour retrouver en quelques secondes, en écrivant en langage naturel, je recherche un individu avec la description de l'agresseur
02:32qui porte une casquette rouge, un t-shirt blanc, un sac Adidas vert.
02:36L'enquêteur il va écrire ça, il va retrouver en quelques secondes ces événements plutôt que de devoir visionner, en
02:41accélérer des centaines d'heures de fichiers vidéo.
02:44Là que l'analyse ne se fait pas en temps réel, le fichier va absorber, en fait votre IA va
02:50absorber tout ce fichier et donner le résultat en quelques secondes, quelques minutes, comment ça marche ?
02:54Exactement, c'est-à-dire que imaginez aujourd'hui un enquêteur qui a mille heures d'enregistrement vidéo.
03:00Donc l'enquêteur pour avoir ses mille heures d'enregistrement vidéo, il a un fait marquant qui s'est produit,
03:05il est allé faire des réquisitions pour récupérer des fichiers vidéo,
03:10que ce soit des fichiers vidéo de la station service, du centre commercial ou de la ville sur lequel s
03:15'est produit l'événement.
03:16Et ensuite ces mille heures de fichiers vidéo, l'enquêteur il va pouvoir les traiter avec notre solution en quelques
03:21heures.
03:22Donc vous imaginez en quelques heures, c'est mille heures, après quelques heures il va pouvoir faire des requêtes et
03:26chacune de ces requêtes,
03:27elles vont prendre quelques secondes pour retrouver une plaque d'immatriculation en particulier, un individu en particulier, une situation en
03:33particulier.
03:34Mais l'interface c'est quoi en fait ? C'est une interface un peu à la Tchajipiti où on
03:37prompte quelque chose, trouve-moi,
03:40une personne de taille d'un mètre quatre-vingt avec une casquette rouge ou une voiture bleue avec telle immatriculation
03:47?
03:48Exactement, nous avons des solutions où c'est du prompt, c'est-à-dire que l'enquêteur il écrit un
03:51prompt, il a les résultats.
03:53Système V, pour que vous ayez en tête, Système V c'est un produit qui a cinq ans d'historique
03:58avec le ministère de l'Intérieur, entre des enquêteurs et le ministère.
04:02Donc aujourd'hui, Système V c'est un produit qui n'a pas de recherche en langage naturel, mais qui
04:06a plein d'interfaces qui ont été construites,
04:07qui ont été designées pour coller au plus près des besoins des enquêteurs.
04:10Nous, nous avons des solutions qui permettent la recherche en langage naturel et c'est pour ça que le ministère
04:14de l'Intérieur, il nous a choisi pour faire évoluer cette solution,
04:18c'est pour bénéficier à la fois de cette expertise et de cette expérience de construire pendant cinq ans des
04:21solutions pour les enquêteurs,
04:22et à la fois de bénéficier de notre approche, l'open world qui permet de faire cette approche en langage
04:27naturel et l'ensemble de ces solutions que nous avons construites pour différents enquêteurs européens
04:32et de garder le meilleur des deux mondes pour les enquêteurs français.
04:35D'accord. Alors, quels sont vos clients ? Vous parliez du ministère de l'Intérieur. Est-ce qu'il y
04:40a des civils qui font... Enfin, le ministère de l'Intérieur c'est des civils.
04:43Finalement, il y a d'autres entités qui peuvent être intéressées par ce que vous faites ?
04:48Donc, historiquement, nous avons commencé par des forces armées européennes. Ensuite, on a proposé une solution et on a développé
04:53une solution pour les enquêteurs.
04:54Donc, en premier lieu, le ministère de l'Intérieur aujourd'hui en France qui a communiqué récemment sur Système V.
04:59Mais nous avons aussi des villes qui installent notre solution, Citadel, sur leur parc de caméras. Ça permet quoi à
05:05une ville ?
05:06Donc, les mairies, par exemple ?
05:07Exactement. Les mairies, aujourd'hui, si on prend les 200 plus grandes mairies de France, 198 d'entre elles sont
05:14équipées d'un parc de caméras, de plusieurs centaines de caméras.
05:17Sauf qu'aujourd'hui, ces flux vidéo, vous avez des caméras dans la rue, ces flux vidéo, ils ne sont
05:23pas analysés parce qu'humainement, c'est impossible de voir ce qui se passe devant l'ensemble de ces centaines
05:27de caméras.
05:28Aujourd'hui, nous, ce qu'on va apporter pour ces mairies, c'est la possibilité d'être alerté, d'être
05:31vigilant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
05:34Et en temps réel ?
05:35Exactement, en temps réel. La durée entre un événement qui se passe et l'alerte, c'est 100 millisecondes aujourd
05:40'hui.
05:40Mais alors, qu'est-ce que vous détectez comme événement ? Parce que ça peut être plein de choses.
05:46Aujourd'hui, techniquement, on est capable de faire énormément de choses, mais je vais vous parler des choses qu'on
05:50est capable de faire techniquement et légalement.
05:52Et le légalement, c'est extrêmement important pour nous, vu la puissance des solutions.
05:56Évidemment, il y a la CNIL derrière qui gère tout ça, notamment dans le domaine civil. J'imagine que dans
06:00le domaine de l'armée, c'est un peu différent.
06:01Exactement. Donc notre objectif, c'est vraiment de respecter le cadre légal, à la fois au niveau du pays, à
06:06la fois au niveau du RGPD européen et de l'IA Acte.
06:08Donc typiquement, ce qu'une ville peut faire en temps réel aujourd'hui, lorsqu'il y a un événement particulier,
06:12un concert, une cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques ou autre,
06:15elle va pouvoir être alertée en temps réel s'il y a un départ de feu, s'il y a
06:20un mouvement de foule, s'il y a une chute de personnes, s'il y a une bagarre.
06:24C'est-à-dire ce type d'événement ou un port d'armes, ce type d'événement, aujourd'hui, nos
06:29systèmes, ils le détectent en temps réel et ils vont permettre d'alerter les opérateurs sur ce qui se passe.
06:33La deuxième valeur pour les villes de nos solutions...
06:35Excusez-moi, mais un port d'armes, ça peut être, je ne sais pas moi, une arme blanche qui est
06:40dans une poche, un pistolet qui est accroché à la ceinture.
06:45Quand vous dites port d'armes, c'est comment vous le détectez ?
06:48Donc aujourd'hui, tout ce que vous demanderiez à un opérateur, c'est-à-dire, imaginez si vous êtes devant
06:52un écran et votre responsabilité, c'est d'alerter dès que vous voyez un individu armé.
06:56Donc il faut que ça soit visuel.
06:57Aujourd'hui, ce que vous demandez à un opérateur humain de faire, notre solution est capable de le faire avec
07:02un niveau de fiabilité plus élevé.
07:05Donc bien entendu, si le port d'armes n'est pas visible, vous n'aurez aucune alerte.
07:07C'est sûr, d'accord.
07:09Et la deuxième valeur pour les villes, c'est la réponse à réquisition judiciaire.
07:12Toutes les villes, elles ont des événements qui se passent et elles ont besoin de répondre à des demandes d
07:15'enquêteurs, de la police nationale ou de la gendarmerie,
07:17qui les sollicitent pour dire, est-ce que vous avez vu sur votre voie publique le week-end dernier, un
07:21véhicule, un camion Mercedes blanc avec un coffre de toit gris ?
07:24Aujourd'hui, les opérateurs, pour répondre à ces demandes des enquêteurs, ils vont passer des heures, voire des jours pour
07:28y répondre.
07:29Avec notre solution, en quelques secondes, ils vont avoir ces réponses et ils vont permettre d'accélérer les réponses aux
07:34enquêtes.
07:35La reconnaissance faciale est toujours un sujet tabou ?
07:39Non, non, ce n'est pas tabou, c'est complètement interdit sur territoire national.
07:42Donc aucune de nos solutions...
07:43Techniquement, suffisable ?
07:44Techniquement, bien entendu.
07:46Par exemple, sur nos solutions militaires qui sont déployées en dehors de l'Union Européenne pour retrouver des otages ou
07:51des terroristes,
07:51nous avons des briques de reconnaissance faciale.
07:54Donc là, c'est un cadre légal différent.
07:55Nous, nous avons les briques technologiques et nous avons des solutions qui permettent de faire de la reconnaissance faciale.
07:59Aucune de ces solutions n'est déployée sur le territoire national.
08:02Donc aucun client de type une ville, aucun client de type enquêteur au sein de la police nationale ou de
08:08la gendarmerie n'a accès à ce type de solution.
08:11Après, il faut avoir en tête qu'il y a de la finesse dans le déploiement de ce type de
08:15technologie.
08:16Par exemple, les enquêteurs danois, les enquêteurs de la police danoise, lorsqu'ils font des enquêtes de pédocriminalité, ils ont
08:21le droit d'utiliser la reconnaissance faciale pour ne pas se retrouver...
08:23Parce que c'est un cadre juridique un peu particulier.
08:25Exactement. Pour ne pas avoir des enquêteurs qui regardent des horreurs pendant des heures, ils ont déployé une loi pour
08:30permettre aux enquêteurs d'utiliser ce type de technologie.
08:32Les Ukrainiens avec qui nous travaillons aussi, ils ont des briques de reconnaissance faciale sur la voie publique pour retrouver
08:38des personnes qui font des actes de sabotage sur le territoire ukrainien.
08:42Donc c'est des cadres légaux différents sur lesquels on va s'adapter.
08:45Évidemment, tout ça est dans un contexte de souveraineté très important.
08:49C'est-à-dire que toutes ces données sont stockées, analysées en Europe ?
08:53Alors c'est même plus qu'en Europe.
08:56Nos déploiements aujourd'hui, ils se font tous on-premise chez le client.
08:59Ça veut dire qu'on ne déploie pas notre solution sur un cloud, sur un partenaire européen.
09:04Aujourd'hui, nos clients militaires, nos clients les villes, nos clients les enquêteurs...
09:06Ils ont tout sur place en fait.
09:08Ils ont tout sur place.
09:08C'est-à-dire que notre expertise de déployer chez eux des machines de calcul sur lesquelles on stocke la
09:13data et on processe l'IA est une très grande valeur pour eux et une des contraintes technologiques auxquelles nous
09:18répondons.
09:18Merci beaucoup Florian Fournier, cofondateur et CEO d'Orazio.
09:24Merci François.
09:24Merci d'être venu dans Tech&Co.
09:26Merci d'avoir regardé cette vidéo !