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  • il y a 2 heures
Jeudi 18 juin 2026, retrouvez Michaël Herskovich (responsable Monde du vote et de l'engagement, BNPP AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:01Musique
00:09Le dernier quart d'heure de SmartBourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique,
00:13le thème ce soir c'est celui de la démocratie actionnariale,
00:16on s'était vu avec les équipes de BNP Paribas Asset Management,
00:18Mickaël Erscovitch que je salue à mes côtés en plateau,
00:21le responsable monde des votes et de l'engagement chez BNP Paribas Asset Management.
00:26Bonsoir Mickaël.
00:28Bonsoir.
00:28Oui on s'était vu en amont de la saison des AG et donc c'était important qu'on se
00:32voit
00:32alors qu'est en train de se terminer cette saison des assemblées générales d'actionnaires annuelles.
00:38On va parler effectivement, le poids de BNP PAM en rajoutant évidemment le poids d'AXAIM
00:43fait que vous êtes un asset manager évidemment incontournable
00:47et que vous participez, vous votez à de très nombreuses assemblées générales,
00:51je crois que c'est plus de 5300 votes à l'occasion de cette saison Mickaël.
00:54On est déjà à 5300 à date d'aujourd'hui.
00:58Et donc on estime qu'on sera à peu près à 6000 à la fin de l'année.
01:02Pour donner un peu la mesure quantitative du sujet pour vous et vos équipes.
01:06Avant de rentrer un peu dans le détail des sujets qui ont marqué ces AG, il y a un premier
01:10sujet mais que vous m'avez fait remonter.
01:12C'est toujours la question du format de ces assemblées générales, notamment depuis le Covid, qui a permis un passage
01:20évidemment au distanciel comme on dit.
01:23Mais le débat distanciel-présentiel reste un débat, j'allais dire, central aujourd'hui dans ces exercices d'Assemblée Générale.
01:31Oui, oui, tout à fait parce qu'il y a des pratiques qui sont extrêmement différentes en fait des formats
01:34d'Assemblée Générale.
01:35Donc pendant le Covid, pendant deux ans, quasiment partout dans le monde, logiquement on a eu des formats virtuels.
01:40Si on regarde la France, à partir de fin 2021, donc les saisons 2022, on est revenu au présentiel avec
01:50une dose un petit peu quand même de ce qu'on appelle les Assemblées Générales hybrides,
01:54à savoir du distanciel possible, de pouvoir diffuser l'Assemblée Générale, de pouvoir éventuellement poser des questions à distance.
02:02Donc une forme d'hybridation de l'Assemblée Générale.
02:06Mais ça n'a pas été le cas partout.
02:07On a beaucoup de pays, beaucoup d'autres, beaucoup de sociétés qui en fait ne sont jamais revenus au présentiel
02:16et qui ont maintenu les Assemblées Générales virtuelles.
02:20Et comment vous vous positionnez vous par rapport à ça ? Est-ce que c'est un sujet pour vous
02:24d'ailleurs aussi, Michael ?
02:26C'est un sujet et on l'a vu.
02:27Alors pourquoi ? Parce que c'est un sujet pour nous, les Assemblées Générales physiques sont importantes.
02:33Même si en tant qu'institutionnels, on discute avec les sociétés avant l'Assemblée Générale.
02:39En général, on ne se déplace pas.
02:41Ça arrive de nous déplacer, mais très rarement, sur 5300, on ne va pas pouvoir, sur 6000 Assemblées Générales, aller
02:48se déplacer sur 6000 Assemblées Générales.
02:50Mais c'est le moment qui est extrêmement important.
02:54Des investisseurs plutôt retail, individuels, c'est le seul moment où ils peuvent être face à la société, face au
03:02management.
03:03Des plus petits institutionnels également n'ont pas l'opportunité d'engager durant l'année avec les sociétés.
03:09Il y a plein d'à côté qui se passent en Assemblée Générale.
03:12Il y a l'avant, il y a l'après, il y a le dialogue, il y a l'impossibilité
03:17de filtrer des questions en présentiel aussi.
03:19Donc, la parole est beaucoup plus libre, qui font que pour nous, ça reste important.
03:24Il y a une meilleure efficacité de la démocratie actionnariale quand même en présentiel, si on peut le dire comme
03:28ça.
03:29On peut le dire comme ça, et on le voit sur les durées des Assemblées Générales.
03:33Parce qu'il y a eu des études...
03:36En présentiel, on ne fait pas ça pour 10 minutes, quoi.
03:39Exactement, exactement.
03:40Donc, les moyennes mondiales, si on prend un échantillon très large d'études, c'est 18 minutes, l'Assemblée Générale
03:46virtuelle.
03:46Ah oui, d'accord.
03:48Donc, c'est expéditif.
03:48Vraiment expéditif.
03:50Alors, toutes ne sont pas 18 minutes, c'est une moyenne.
03:52Oui, bien sûr, il y a une dispersion importante.
03:53Mais il y a une vraie tendance que même sur les grandes sociétés, il y a des Assemblées Générales virtuelles
03:58qui sont beaucoup plus courtes,
04:00beaucoup moins d'échanges et de questions.
04:02Donc, on voit que ce n'est pas la même démocratie actionnariale quand on est uniquement virtuel.
04:07Non, non, mais je voulais qu'on en parle parce qu'effectivement, six ans après la période pandémique, ça reste
04:11un sujet.
04:12Et c'est un sujet, effectivement, qui a un lien avec l'exercice de la démocratie actionnariale.
04:19Au-delà de ça, quels sont les sujets qui remontent de ces âgés et qui restent des points de conversation,
04:26voire de conflit ou d'opposition, pour dire les choses plus pudiquement.
04:31Non, Mickaël, je crois que votre taux d'opposition sur les 5300 ou quelques 6000 votes auxquels vous aurez participé,
04:39c'est 30%, autour de 30% aujourd'hui.
04:42Quels sont les sujets qui génèrent 30% d'opposition chez vous aujourd'hui, Mickaël ?
04:46Oui, c'est ça. Sur les résolutions, on est à 30%.
04:48Donc, ce n'est pas des thématiques nouvelles.
04:51C'est assez classique.
04:52On va voir notamment les thématiques liées à la rémunération des dirigeants qui sont...
04:58On est sur 45% d'opposition sur cette thématique.
05:00Ah oui.
05:01Donc, ça a toujours été, depuis de nombreuses années, une thématique où il y a plus d'opposition sur cette
05:06thématique-là.
05:07Et la deuxième, c'est le conseil, où on est à 37%...
05:11La composition du conseil d'administration, c'est ça.
05:13La composition du conseil, les élections d'administrateurs au conseil.
05:16Donc, c'est les deux principaux sujets.
05:17On a beaucoup de résolutions de routine, entre guillemets, ou qui, dans la majorité des cas, sont de routine.
05:23Et on a certaines résolutions, comme ces deux catégories, où il y a plus de contestations.
05:28La majorité des résolutions sont approuvées.
05:31On a des résolutions, pour le sujet précédent, sur les AG virtuels dans certains pays qui sont proposées.
05:37Et certaines, d'ailleurs, ont été rejetées par l'Assemblée générale.
05:40Mais en général, c'est rare.
05:41Les résolutions qu'on passe, mais avec plus ou moins de la contestation.
05:45Et en fait, pour nous, le fait de voter contre, quand on décide de voter contre, ce n'est pas
05:51contre pour l'histoire de dire non.
05:53C'est plutôt aussi un message pour essayer de faire bouger les choses, avancer.
05:58Ça ne marche pas toujours.
06:00Mais on pense que c'est un levier intéressant en tant qu'investisseur.
06:02Qu'est-ce qui ne bouge pas sur la rémunération ? Qu'est-ce qui ne bouge pas assez encore
06:05aujourd'hui, Mickaël ?
06:07C'est très disparate.
06:08C'est dur de donner un chiffre parce que ça dépend des sociétés.
06:11Mais dans les tendances, on a des problèmes d'alignement avec la performance.
06:16On peut avoir des problèmes de critères de performance qui ne nous semblent pas forcément pertinents par rapport à la
06:21stratégie de l'entreprise.
06:23On peut avoir des visions trop court-termistes de la rémunération.
06:26Donc, des fois, des manques de transparence.
06:28On peut avoir beaucoup de choses.
06:31Il y a des pratiques qui s'améliorent quand même malgré ce taux, ce qui peut montrer que c'est
06:36important.
06:37Mais après, c'est du cas par cas.
06:39Oui, j'entends.
06:40C'est un taux de 45% d'opposition sur les résolutions liées aux pratiques de rémunération.
06:46C'est un taux qui est stable chez vous ?
06:48C'est un taux qui s'accroît d'année en année ?
06:51La comparaison est difficile parce que le PNM a énormément augmenté avec l'intégration.
06:56Le PNM, ça change de dimension.
06:58Et donc, on est passé sur un périmètre de 2 000 à 6 000.
07:02Il est à peu près constant.
07:05Il y a des années d'évolution, mais il n'y a rien de notable.
07:09La politique attend cette stable.
07:10On n'a pas de grandes nouvelles exigences parce que ce sont des sujets qui sont quand même assez matures
07:16sur ce qu'on attend.
07:18Et après, c'est plutôt les pratiques qui sont aussi très différentes selon les marchés et les entreprises.
07:23Les enjeux autour des conseils, de la composition et de l'élection des administrateurs,
07:28qu'est-ce qui retient votre attention ?
07:30Qu'est-ce qui peut justifier des oppositions ?
07:32Est-ce qu'on est sur des sujets de compétence, de diversité ?
07:37Qu'est-ce qui crée la conversation avec les conseils ?
07:41Il y a beaucoup de choses, là encore, comme les rémunérations.
07:44Il y a plusieurs raisons qui peuvent nous amener à nous opposer.
07:47Il peut y avoir un désaccord sur la stratégie de l'entreprise aussi,
07:50parce que c'est au Conseil d'apporter la stratégie,
07:54et en tout cas de contribuer à la définition de la stratégie de l'entreprise.
07:57On a des questions encore qui peuvent être liées à l'indépendance,
08:01qui peuvent arriver.
08:03Mais je dirais que les sujets qui sont nouveaux,
08:05à travers le vote du Conseil d'administration,
08:08on s'attend à ce qu'on ait les bonnes personnes dans le Conseil
08:12pour établir la stratégie, pour challenger le management,
08:16et donc faire face aux enjeux...
08:18Du moment !
08:19Du moment !
08:19Oui, bien sûr !
08:20Et donc, ce qui est assez intéressant,
08:22et ça ne sera pas une surprise,
08:23mais les enjeux liés à l'intelligence artificielle,
08:25les enjeux liés à la géopolitique,
08:27on voit que ce sont des compétences qui sont extrêmement recherchées,
08:31qui sont demandées aussi...
08:32On n'attend pas à avoir que des experts dans les conseils,
08:35il faut que ce soit des personnes qui puissent, bien sûr,
08:38comprendre les enjeux de l'entreprise,
08:40mais on voit que c'est ce type de compétences qui est recherchée.
08:42Il y a cinq ans, on parlait beaucoup de cybersécurité,
08:45on parlait de climat, on en parle encore,
08:48mais on voit plutôt ce type de profil arriver dans les conseils.
08:52Et c'est quoi la bonne pratique,
08:53ou les bonnes pratiques que vous recommandez,
08:55en tout cas auxquelles vous êtes favorable dans la composition d'un conseil ?
08:58Il faut des experts pour tout,
09:00où il faut se donner les moyens d'accéder à une expertise
09:03sans forcément avoir des experts pour tout autour de la table ?
09:06C'est une nuance, mais c'est...
09:08Il ne faut surtout pas, à mon avis, que des experts,
09:10parce que, comme je disais, le but, c'est s'il y a besoin d'expertise,
09:15les conseils vont faire appel à un expert
09:16qui va pouvoir intervenir au conseil, et c'est très bien.
09:19Mais après, il faut une diversité de compétences.
09:22Il faut des profils différents.
09:24Il faut certainement, pour beaucoup d'entreprises,
09:26des profils qui connaissent les enjeux d'intelligence artificielle,
09:30de transformation,
09:31les enjeux géopolitiques selon les entreprises
09:34et selon la localisation des activités.
09:37Donc, c'est une diversité.
09:38Quand on est une entreprise internationale,
09:40avoir des diversités avec des personnes
09:42qui viennent aussi d'autres horizons,
09:44qui ont eu une expérience sur des marchés
09:47où l'entreprise est très présente.
09:50Donc, c'est vraiment...
09:51Il n'y a pas une vérité absolue.
09:53Il n'y a pas une solution unique pour toutes les entreprises.
09:56Ce qui est certain, c'est qu'il faut des profils différents.
10:00Et il ne faut surtout pas un profil qui est uniquement expert
10:03et qui ne pourra pas comprendre les autres enjeux de l'entreprise
10:06ou comprendre l'enjeu de l'intelligence artificielle
10:08par rapport au business model de l'entreprise.
10:11Vous dites que c'est intéressant.
10:11C'est une dimension de la diversité des conseils d'administration
10:15qui est importante et qu'il faut préserver ou enrichir.
10:18Ces conseils d'administration,
10:20ils ont les moyens de leurs ambitions aujourd'hui, Michael,
10:22pour affronter les défis, les changements
10:25dans un monde où tout va beaucoup plus vite,
10:27où la disruption est quasiment permanente sous nos yeux.
10:30C'est difficile parce qu'en effet,
10:32c'est vrai qu'on a souvent des conseils qui sont assez stables.
10:35Alors, on a bien sûr des mutations naturelles,
10:38mais on va dire que les administrateurs vont rester en moyenne
10:407, 8, 9 ans.
10:42Donc, souvent, les modifications,
10:44elles s'opèrent quand on a des administrateurs
10:47qui sont partis de leur gré
10:49ou ça fait un certain temps qu'ils sont là.
10:53C'est assez lent.
10:55C'est normal aussi parce qu'il faut une forme de stabilité.
10:58Mais on voit bien que d'où l'importance
11:00de choisir les bons profils
11:01quand on a des nouveaux administrateurs
11:03et dans une logique vraiment de se projeter
11:05à 5, 10 ans.
11:06et quel type de profil on a besoin,
11:09pas nécessairement que maintenant,
11:10mais aussi sur le moyen et long terme.
11:13Oui, pour la vision,
11:14l'horizon de vision stratégique de l'entreprise.
11:16Exactement.
11:16Merci beaucoup, Mickaël.
11:17Merci d'être venu nous voir
11:18à l'issue de cette saison des AG.
11:21Il y en a encore quelques-unes,
11:22donc j'ai compris.
11:23Merci beaucoup pour votre analyse
11:26effectivement de cette saison.
11:27Mickaël Erskowicz,
11:28le responsable vote et engagement
11:29de BNP Paribas Asset Management
11:31qui était l'invité de ce dernier quart d'heure
11:33de Smart Bourse ce soir.
11:34Merci.
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