00:03Il y a cette heure-ci, on la retrouve fringante, rayonnante, au bonne humeur.
00:08Bonjour Françoise Degouard.
00:09Bonjour Maximus, cher Maxime Liedot, ça va bien ?
00:11Oh, Maximus, ça faisait très longtemps.
00:13C'est chiquissime, Maximus.
00:14C'est ce qu'on raconte.
00:15Drôle d'époque avec vous, ma chère Françoise.
00:16Et la nouvelle étoile de LFI, Bali Bagayoko, maire de Seine-Saint-Denis,
00:20qui choque avec sa dernière déclaration,
00:23parce qu'il a proclamé, d'une certaine manière, son droit à siffler la Marseillaise.
00:27Oui, dans une interview à notre confrère Antoine Oberdorff de L'Opinion,
00:30Bali Bagayoko assume et défend les sifflets sur l'hymne national
00:34comme un droit légitime, un droit à la réplique populaire, dit-il,
00:39quand la France se déshonore à l'international.
00:42Alors, Maxime, je ne suis pas une adepte du relativisme, bien sûr.
00:46Et moi, vous le savez, j'aime la Marseillaise, les drapeaux, le patriotisme
00:50et tout ce qui fait nos rituels républicains.
00:52Mais je ne considère pas non plus que siffler la Marseillaise
00:56soit un crime de lèse-majesté.
00:58En revanche, cette déclaration m'inspire plusieurs réflexions.
01:01D'abord, une toute simple.
01:03Bali Bagayoko devrait boire frais et se faire un peu discret.
01:07Je lui dis ça gentiment car il est en train de devenir
01:09une coqueluche de la presse,
01:11qui a toujours besoin de rouler son stock,
01:14on le sait bien, son stock de nouveautés.
01:15Mais il ne sait pas encore, malheureusement,
01:18à quel point le triptyque sur la presse est juste.
01:20Lèche, lynche, lâche.
01:22Il y a quelque chose de malaisant, voyez-vous,
01:25avoir cet élu fraîchement,
01:26courir de plateau en interview,
01:28avoir un avis sur tout ce que personne ne lui conteste,
01:31une frénésie médiatique
01:33qui n'a d'égal que la façon dont le bocal se lassera de lui.
01:37Sur le fond, c'est un problème.
01:38Et puis, le problème de cette phrase,
01:40c'est qu'un maire, d'abord, représente la loi
01:42et que la loi interdit de siffler l'hymne de la République.
01:45Ça, c'est le premier point de bon sens.
01:47Ensuite, parce que les mots qu'il utilise à dessein
01:49sont porteurs de divisions, de fractures,
01:52de détestations mutuelles.
01:53Je rappelle que la riposte populaire légitime
01:56porte un nom dans une démocratie.
01:58On appelle ça les élections.
02:00Il est lui-même le produit de cette riposte, d'ailleurs.
02:03Et c'est bien le problème, d'ailleurs, de toute cette phrase.
02:04Oui, parce que cette phrase nourrit le moulin de Jean-Luc Mélenchon,
02:07son mantra et sa stratégie électorale
02:09qui reposent sur la force de la rue.
02:11Jean-Luc Mélenchon, vous le savez très bien,
02:12il est très intelligent, on peut le dire.
02:14Et quoi qu'il en dise ou le déclare,
02:16il sait qu'il ne peut pas gagner par les urnes en 2027.
02:20Je ne dis pas qu'il veut gagner par la rue et la révolution,
02:22mais la rue est un élément essentiel
02:24du rapport de force dans sa stratégie.
02:26Et la rue, vous le savez,
02:28elle ne se mobilise plus pour les grands rassemblements traditionnels,
02:31c'est-à-dire les manifestations syndicales.
02:33Donc, il faut la soulever différemment.
02:35On se souvient que Jean-Luc Mélenchon,
02:37comme toute la gauche d'ailleurs et les syndicats,
02:39avait raté son rendez-vous
02:40avec le mouvement des Gilets jaunes en 2018,
02:42qui ne voulaient pas être récupérés.
02:45Il appuie donc sur la touche Nouvelle France,
02:47qui est tout sauf un concept englobant,
02:50puisqu'il s'adresse uniquement aux quartiers populaires
02:52et aux enfants d'immigrés,
02:54dont Bali Bagayoko dit que ses enfants sont citoyens d'ici,
02:58mais aussi de là-bas.
02:59Et c'est ce fameux concept de Nouvelle France
03:01qui vous, vous irrite, François ?
03:03Oui, ici et là-bas, ça m'irrite.
03:05Alors, franchement, Maxime, le mot est faible.
03:07Mon sang ne fait qu'un tour.
03:08Ce sont les enfants de la République.
03:11Et même si la République a vraiment raté une partie de leur intégration,
03:14c'est vrai, il faut le reconnaître,
03:16ils sont ces enfants-là de cette République-là.
03:19Cette République qui est également une République sociale.
03:23Je fais partie des gens qui comprennent l'aspiration des peuples
03:26qui ont été colonisés à être reconnus et respectés.
03:29Et enfin, eux et leurs enfants,
03:31je ne crois pas qu'il falle se culpabiliser
03:33pour ce qu'ont fait nos aînés,
03:34mais je crois en revanche qu'il faut être capable
03:37de reconnaître vraiment profondément
03:39ces aspirations totalement légitimes à mes yeux.
03:42En revanche, utiliser cette rancœur,
03:45cette douleur, plutôt,
03:46aussi comme argument pour massicoter là où ça fait mal,
03:50jeter du sel sur les plaies,
03:51c'est cela qui est totalement pervers.
03:53Et c'est en cela que Bali Bagayoko,
03:56qui parle d'où il parle,
03:57et je le comprends,
03:58est finalement totalement instrumentalisé
04:01par Jean-Luc Mélenchon
04:02qui n'avait pas vu arriver ce candidat,
04:04n'avait pas vu arriver cette victoire
04:06et désormais s'en sert aujourd'hui sans vergogne.
04:09Drôle d'époque, c'est lequel le dire.
04:11Merci beaucoup Françoise de Gouin.
04:12On vous retrouve après 8h30,
04:13bien sûr, pour le grand débrief de la matinale.
04:15Il est 7h52.
04:17Bonjour Jean-François Aquili.
04:18Bonjour Maxime Liedot.
04:19Votre invité politique, 8h15 dans ce studio.
04:21Aurore Berger, la ministre déléguée
04:23en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes
04:26et de la lutte contre les discriminations.
04:29Et nous évoquerons notamment avec elle
04:31la question à quand une loi intégrale
04:35sur les violences contre les femmes et les enfants.
04:37Ça c'est sûr que c'est au cœur de l'actualité en ce moment.
04:39Jean-François Aquili, interview politique,
04:418h15 sur Sud Radio, 7h53.
04:43Dans un instant, il est avec nous,
04:45un certain Régis Maillot.
04:46A tout de suite.
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