00:01R.M.C. jusqu'à 9h. Apolline Matin. Apolline de Malherbe.
00:07Il est 7h14 sur R.M.C. et R.M.C. Story.
00:10Et ça fait deux semaines que jour après jour on découvre ce que le ministre de la Justice appelle des
00:16dysfonctionnements
00:17et évidemment un désespoir, une colère, une tristesse, une inquiétude qui monte partout en France.
00:24Vous avez décidé d'y répondre directement. Marielle Garigos, bonjour.
00:30Vous avez organisé avec la présidence du tribunal judiciaire de Bayonne hier après-midi une rencontre publique, directe, avec les
00:39Français.
00:39L'objectif, répondre aux interrogations, expliquer au public la justice après l'affaire Liana.
00:44Est-ce que vous pouvez nous dire comment s'est déroulée cet exercice qui est tout à fait inhabituel ?
00:51Oui, alors comme vous l'avez dit, c'est la grande émotion suscitée par cette dramatique affaire.
00:56Et les critiques parfois virulentes qui ont commencé à fuser à l'encontre de l'institution judiciaire et de la
01:04magistrature,
01:06que pour partie évidemment nous entendons et nous comprenons,
01:09que la présidente du tribunal et moi-même nous sommes dit que précisément il fallait y répondre,
01:14qu'on ne pouvait pas rester enfermés dans nos tribunaux et qu'il fallait les ouvrir à la société civile
01:22pour effectivement dialoguer avec eux.
01:24Vous vous êtes retrouvée face à une soixantaine de personnes, c'est ça, qui sont venues échanger avec vous ?
01:30Exactement. Une soixantaine de personnes.
01:32La réunion s'est tenue hier dans l'enceinte du tribunal, en salle d'audience, entre midi et 13h30.
01:38Et c'était des personnes qui, pour la plupart, avaient participé aux manifestations.
01:44Alors ce qu'ils voulaient, c'était… Alors d'abord, c'était à notre initiative, cette réunion publique.
01:50Donc au départ, c'est nous qui souhaitions leur adresser des messages,
01:54c'est-à-dire des messages à la fois de compassion, de compréhension,
01:57mais aussi surtout nous présenter à eux, leur expliquer nos méthodes de travail,
02:02nos objectifs et ce que là on mettait en place pour faire en sorte que ce type de drame n
02:09'arrive plus
02:09et en tout cas de réduire au maximum le risque que ça se produise.
02:12Quand vous dites justement apporter des réponses, mettre en place de nouveaux fonctionnements,
02:18est-ce que ça veut dire que depuis deux semaines, il y a des choses que vous avez changées
02:22dans votre organisation, dans vos priorités ?
02:25Est-ce que, comme l'avait demandé Gérald de Darmanin, vous avez remis sur le haut du palier
02:29les plaintes spécifiquement qui touchent des enfants ?
02:34Comment vous vous êtes réorganisée, j'allais dire ?
02:37Alors absolument, depuis 15 jours, on est effectivement mobilisés de façon exceptionnelle,
02:44quelque chose qui peut ressembler vraiment à de la cellule de crise.
02:47Quand je dis on, je pense aux forces de sécurité intérieure, les services d'enquête,
02:51les magistrats et les greffiers.
02:54Concrètement, on a tous procédé à un recensement des procédures en cours
02:58concernant des viols et agressions sur mineurs.
03:01et depuis hier matin, on balaye, on reprend chacune de ces procédures, une par une,
03:09pour les examiner et pour les orienter mieux et pour prendre des décisions
03:14chaque fois qu'elles sont déjà mûres pour être prises.
03:18Ça c'est le plan d'action.
03:19Ça c'est le plan d'action, ça veut dire aussi, j'imagine, qu'il y a d'autres affaires
03:25en cours
03:26que vous allez devoir, au minimum, faire patienter, vous ne pourrez pas tout traiter.
03:32Alors effectivement, là, pendant trois semaines, le focus est mis sur ces affaires spécifiques,
03:39comme l'a souhaité le ministre, mais par ailleurs, la vie judiciaire ne s'arrête pas.
03:44On continue nos audiences, on continue d'assurer les permanences du parquet,
03:48qui, je rappelle, se tiennent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
03:52La criminalité ne s'arrête pas et on continue, évidemment, de traiter les autres affaires prioritaires,
03:59c'est-à-dire toutes les violences contre les personnes et notamment les violences intrafamiliales et conjugales
04:03et naturellement la criminalité organisée et la lutte contre les trafics de produits stupéfiants.
04:08Mais les autres contentieux qui sont considérés comme étant moins emprunts de dangerosité
04:15et moins urgents sont laissés de côté, sont mis en suspens jusqu'au 14 juillet.
04:20– Mis en suspens, ça veut dire quand même, Marianne Garigos, que les vols, j'imagine,
04:26ce qui n'est pas d'une sorte d'ultra-violence du quotidien,
04:30ça va être forcément traité plus tard et ça devra patienter, quoi.
04:37– Alors, ce qui devra patienter, ce sont finalement les affaires moins urgentes.
04:42Quand je dis moins urgentes, c'est que j'évoquais tout à l'heure la permanence du parquet qui ne
04:46s'arrête pas,
04:46la permanence des flagrants délits.
04:48Donc en réalité, même les infractions de plus basse intensité, entre guillemets,
04:53c'est-à-dire par exemple des vols, des escroqueries, à partir du moment où c'est flagrant,
04:57de toute façon, et qu'il y a des gardes à vue qui sont prises,
05:00parce que ça ne s'arrête pas non plus dans les autres domaines,
05:03eh bien il y a de toute façon des magistrats du parquet qui tiennent cette permanence
05:06et qui traitent ces infractions flagrantes.
05:08Donc ce n'est pas qu'on arrête absolument tout à côté, c'est impossible.
05:13– Mais est-ce que ça veut dire aussi que ce qui s'est joué hier, vous le renouvellerez ?
05:18Est-ce que vous vous dites, en sortant de ce moment d'échange avec les Français, avec le peuple,
05:23je rappelle quand même que vous vous rendez la justice au nom du peuple français,
05:27est-ce que ces rencontres, vous vous êtes dit, il faudra en organiser davantage ?
05:31– Alors, moi je sais, à titre personnel, c'est vrai que j'y suis quand même très favorable,
05:36je trouve que c'est un exercice très intéressant, on a des échanges nourris,
05:41et je dirais quand même que le travail du procureur, des procureurs,
05:46a beaucoup évolué ces dernières années, nous sommes quand même très souvent en prise
05:51avec le public, avec la société civile, on participe quand même beaucoup
05:55à de réunions publiques à l'extérieur, donc c'est un exercice auquel on se livre.
06:00Mais c'est vrai qu'ouvrir les portes du palais, en tout cas de cette façon-là,
06:04c'était assez inédit, même si on a quand même d'autres moments dans l'année
06:08où le public peut venir, on a nos conseils de juridiction,
06:11qui sont des moments où on présente en fait le bilan et l'actualité de la juridiction.
06:16– C'est aussi aux Français de se saisir de ces moments-là, mais vous y avez répondu.
06:20Merci d'avoir partagé avec nous cette initiative, Marielle Guérigos,
06:23je rappelle donc que vous êtes procureur de la République à Bayonne.
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