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  • il y a 14 heures
Avec Philippe Deruelle, professeur d'obstétrique et de gynécologie à la maternité Arnaud de Villeneuve du CHU de Montpellier

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##C_EST_A_LA_UNE-2026-06-17##

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Transcription
00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Maxime Liedot.
00:07Il est 7h13 sur Sud Radio et à la une ce matin des hôpitaux français qui sont en surchauffe.
00:12Bonjour Philippe Deruel.
00:13Oui, bonjour.
00:14Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:16Vous êtes professeur d'obtrétrique et de gynécologie à la maternité d'Arnaud de Villeneuve au CHU de Montpellier.
00:22On l'a dit, on l'a répété depuis le début de cette matinée sur cette antenne.
00:26La France va à nouveau traverser une période de canicule.
00:28Et c'est vrai qu'on évoque souvent en France à chaque fois les problèmes que rencontrent certains bâtiments,
00:33certaines activités, certains services publics pour fonctionner normalement avec des températures caniculaires.
00:38C'est le cas aussi de l'hôpital ?
00:40Oui, c'est le cas de l'hôpital.
00:42On a tous les ans des alertes sur ces périodes de chaleur qui nous font extrêmement souffrir.
00:49Et dans une maternité avec des petits bébés et des mamans qui viennent d'accoucher, c'est réellement problématique.
00:54Et certains parlent même, quand on s'intéresse un tout petit peu à ce sujet, de système D.
00:58C'est-à-dire vraiment du règne de la débouillardise pour trouver des solutions, notamment au rafraîchissement de l'hôpital.
01:04Vous en êtes là aussi à Montpellier, vous ?
01:07Exactement.
01:07Ce qu'il faut souligner, c'est qu'on paye des décisions qui ont été prises il y a 40
01:12ans,
01:13où ont diabolisé la climatisation.
01:16C'est-à-dire qu'aujourd'hui, aussi bien les médecins, les soignants que notre administration a bien conscience de
01:21cette situation,
01:22on essaye de trouver des solutions, mais en réalité, les structures hospitalières telles qu'elles ont été créées il y
01:28a 40 ans,
01:28ne peuvent pas évoluer, ne peuvent pas du tout accepter une climatisation.
01:32Ce qui fait qu'on est dans un système où on installe des appareils, des ventilateurs,
01:37on installe une climatisation avec un gros tuyau dans les couloirs,
01:40mais on ne peut pas faire plus.
01:42Ce qui est vraiment regrettable, parce qu'une nouvelle fois,
01:45on paye des décisions publiques d'il y a une quarantaine d'années,
01:48comme c'est le cas tout le temps dans la santé en ce moment.
01:50Mais Philippe Deruel, en rappelant que vous êtes le professeur d'obstétrique et de gynécologie à la maternité d'Arnaud
01:54de Villeneuve,
01:55c'est du côté de Montpellier, c'est au CHU de Montpellier,
01:58il y a quand même un vrai sujet quand vous parlez de diabolisation de la climatisation,
02:01c'est-à-dire qu'il y a eu un moment en France où la climatisation était considérée comme quelque
02:05chose de presque absurde ?
02:09Absurde, probablement que c'était des questions complètement idéologiques,
02:15et puis aussi on nous expliquait que c'était un peu dangereux,
02:18que ça pouvait créer des infections, la leptospirose.
02:21Je me souviens, j'étais jeune interne, on nous parlait tout le temps de ces choses-là,
02:25et on diabolisait vraiment la climatisation en disant que ce n'était pas possible dans les épitaux.
02:30Alors qu'en réalité, aujourd'hui, dans le bloc opératoire, dans les salles de naissance,
02:34on a une climatisation et il est souvent très agréable quand on est en garde de rester au bloc
02:38plutôt que d'être dans les services là où malheureusement sont nos patientes.
02:42Et on regarde avec le recul cette diabolisation maintenant, j'imagine,
02:46en se mordant quand même un peu l'intérieur de la joue.
02:48On dit parfois que même dans certains hôpitaux, je ne sais pas si c'est le cas à Montpellier,
02:51vous avez commencé à l'évoquer avec le rôle des patients,
02:55certains l'aménagent presque eux-mêmes, la chambre,
02:58c'est-à-dire en essayant de ramener eux aussi le petit ventilateur,
03:01la petite clim peut-être qu'on avait mis dans le salon, c'est vrai aussi ça ?
03:04C'est exact, on a des familles, des papas, des mamans, des accompagnants
03:10qui s'interrogent en amont parce qu'ils ont déjà vu dans la presse
03:14des éléments concernant notre maternité pour lesquels on n'est pas fiers,
03:19qui nous inquiètent nous-mêmes et notre direction,
03:21de ces évocations, de ces situations dans la presse régionale.
03:26Et tous les étés, des parents nous interrogent et on leur dit,
03:29« Oui, en effet, peut-être s'ils pouvaient ramener des éléments
03:33pour rafraîchir la chambre vous-même »,
03:34parce qu'évidemment, aujourd'hui, on n'a pas non plus les moyens
03:37de climatiser chaque chambre avec du matériel
03:41qui serait au demeurant complètement inadapté,
03:44qu'on aurait du mal à stocker.
03:45Vous voyez, on est dans un système qui se mord la queue,
03:48même si, je le redis, on en a conscience,
03:50nos administrations en ont conscience,
03:53mais en fait, on est complètement bloqués pour pouvoir faire quelque chose.
03:56Mais alors, Philippe Duruel, racontez-nous,
03:58parce que quand vous dites qu'on a des échanges avec les patients,
04:00eux-mêmes, parfois, ont appris, en lisant un tout petit peu la presse régionale,
04:03par exemple, dans quel état était notamment le CHU de Montpellier.
04:07Vous, concrètement, racontez-nous un peu, là, ces derniers jours,
04:09comment ça s'est passé, le type de discussion que vous pouvez avoir avec les patients,
04:13parce que ça risque d'être un peu lunaire,
04:15mais racontez-nous un peu concrètement.
04:17Souvent, les patients nous disent,
04:19« Est-ce que vous avez la climatisation dans les chambres ? »
04:22Et on est embêtés, parce qu'on est quand même fiers de notre maternité,
04:25là où on travaille, on est quand même fiers de notre CHU,
04:28et puis de devoir dire,
04:29« Ben non, on n'a pas la climatisation,
04:32et oui, c'est compliqué, on va peut-être raccourcir le séjour,
04:36il y a des ventilateurs,
04:37mais peut-être que si vous pouviez amener votre petit système de climatisation,
04:43certains parents l'ont fait. »
04:44On se retrouve très vite coincés dans un discours qui est complètement lunaire,
04:48et qui correspond à une réalité dont on a parfois un petit peu honte.
04:52– Mais vous avez parlé à l'instant aussi des discussions avec votre hiérarchie,
04:57des discussions avec l'administration.
04:59Concrètement, c'est quoi la nature des discussions ?
05:01Parce que le problème dure quand même depuis quelques années.
05:04Vous avez évoqué le chiffre de 40 ans tout à l'heure.
05:06On vous répond quoi ?
05:07On vous répond quoi quand les équipes du médecin vont voir le directeur de l'hôpital
05:10en disant, « Bon, on est juste en train de crever de chaud. »
05:13Qui plus est dans un service, j'imagine, d'obstétrique et de gynécologie,
05:16où on a besoin d'avoir des conditions qui soient quand même optimum.
05:19C'est quoi les discussions ? C'est quoi les réponses de l'administration de la hiérarchie de l'hôpital
05:23?
05:24– Alors, les réponses, c'est d'abord, ça a été d'abord, il y a plusieurs années,
05:28une recherche de solutions qui se sont avérées impossibles
05:32dans le contexte actuel de la construction de notre bâtiment,
05:36qui n'est pas si ancien, je crois, qui date un peu avant les années 2000.
05:40Donc, ils en ont vraiment conscience.
05:41Donc, ils ont essayé d'amener des solutions.
05:44C'est-à-dire qu'on a un gros climatiseur qui rafraîchit le couloir.
05:49C'est déjà, c'est une solution, mais c'est une solution qui, évidemment, n'est pas suffisante.
05:54Mais eux-mêmes sont bloqués.
05:56Ce n'est pas une question de volonté.
05:58C'est-à-dire qu'en réalité, on ne peut pas modifier nos conditions de travail.
06:03Alors, on voit bien sur d'autres bâtiments qui viennent d'être construits,
06:06ils en ont vraiment conscience.
06:07Et dans le cahier des charges, ils ont évidemment mis la climatisation,
06:13ou en tout cas, des systèmes de flux d'air,
06:16ce n'est pas toujours la climatisation,
06:17qui sont réellement fonctionnels sur des bâtiments qui sont plus récents.
06:21Et heureusement qu'on en a pris la mesure maintenant.
06:23Merci beaucoup, Philippe Deruelle, d'avoir été avec nous,
06:25professeur d'obstétrique et de gynécologie à la maternité.
06:30Merci beaucoup d'avoir fait un tour dans le studio de Sud Radio ce matin
06:33pour nous raconter, en effet, parfois l'enfer des hôpitaux
06:36dès qu'il y a des températures élevées.
06:37Il est 7h19 sur Sud Radio.
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