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Avec Luc Smessaert, agriculteur dans l'Oise, ex vice-président de la FNSEA

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##ACTU_DU_JOUR-2026-06-17##

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News
Transcription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, Péricault-Légas, Maud Koffler.
00:07Risques de sécheresse et d'incendie, exploitation menacée, la vague de chaleur qui s'abat sur la France inquiète les
00:13agriculteurs
00:13et selon certains syndicats, le gouvernement ne semble pas tout à fait en prendre la mesure, malgré l'épisode de
00:192025.
00:19On en parle avec Lux Messart, agriculteur dans l'Oise, ancien vice-président de la FNSEA. Bonjour Lux Messart.
00:25Bonjour. Bonjour Lux Messart, merci d'être en direct avec nous depuis votre campagne d'Oise en Picardie
00:33pour parler de cette tragédie climatique qui nous attend.
00:37La météo nous annonce des températures excessives, 50 départements en vigilance jaune.
00:42Lux Messart, ces phénomènes météo de grosse chaleur ne sont pas nouveaux.
00:47Est-ce que ce pays, est-ce que les pouvoirs publics, est-ce que le monde agricole s'est doté
00:51des moyens
00:52pour prévenir des températures aussi excessives ?
00:56Non, pas du tout. Je crois qu'on voit passer les épisodes de canicule les uns après les autres
01:02et on n'est pas aujourd'hui doté des moyens comme il le faut.
01:07On voit bien que, vous voyez, dans l'Oise, on vient de commencer les moissons, on a un mois d
01:12'avance.
01:12C'est-à-dire qu'on ne parle plus en semaine, ça fait 30 jours d'avance par rapport à
01:16la normale.
01:17Dans le sud, on est déjà en train de récolter les colza, le blé. C'est juste incroyable.
01:22Et quand je dis ça, c'est la même chose pour les fruits et légumes.
01:25C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ces canicules accélèrent la maturité.
01:30On a des très très bons fruits qui vont être juteux, mais ils vont arriver tous en même temps.
01:34Donc, ça pose aujourd'hui des problématiques.
01:38Et donc, oui, on n'est pas près du tout.
01:40C'est-à-dire qu'on a une loi d'urgence actuellement au Sénat.
01:44Il y aura besoin d'eau, il y aura besoin aussi de ventilateurs pour le bien-être animal.
01:50Il y aura aussi besoin, surtout, de se préoccuper des agricultrices et des agriculteurs
01:55qui, en ce moment, se lèvent très tôt, travaillent dans des conditions très difficiles
02:00pour justement assurer notre alimentation, que ce soit en fruits et légumes, mais pour tous les produits.
02:06Vous avez eu assez d'eau pour autant en printemps pour la croissance de vos cultures ?
02:10Ou là aussi, ça a été limite ? Parce qu'on se souvient qu'il y a une période de
02:13forte pluie.
02:14Est-ce que cette eau a pu être stockée ?
02:17Alors, bien sûr, on n'a pas stocké un mètre cube d'eau en plus, et ça, c'est dommage.
02:21Même si on a la chance, c'est qu'il en est tombé quand même ces dernières semaines.
02:26Là, le phénomène de canicule fait que les grains, par exemple, sont saisis et donc arrêtent de grossir.
02:33On a la même chose pour les fruits ou les légumes.
02:35Et donc, on va avoir des fruits plutôt un peu plus petits, on va avoir des petits grains.
02:40Et donc, forcément, il va manquer les premiers rendements qu'on a depuis la semaine dernière.
02:47C'est quand même un petit peu en deçà.
02:48On est plutôt à moins 10%.
02:50Donc, voilà, ça ne va pas aider puisque les prix ne sont pas au rendez-vous actuellement.
02:55Luc Messart, quelles sont les cultures qui demandent le plus d'eau ?
02:58Les plus gourmandes en eau ?
03:00En ce moment, vous savez, dès que vous faites des fruits et des légumes, vous avez besoin d'eau.
03:05Le maïs, aujourd'hui, n'a pas encore besoin trop d'eau puisqu'il est au stade entre un demi
03:10-mètre à un mètre.
03:11Ça sera au moment de la floraison dans 15 jours, 3 semaines.
03:15Non, aujourd'hui, ce qu'on a surtout besoin, c'est vrai que ce qui est compliqué, c'est ces
03:20intensités,
03:22cette canicule qui dure des fois une semaine avec un peu comme nous.
03:26Le matin, on a du mal à récupérer parce qu'au lieu d'avoir 10-12 degrés le matin,
03:30là, on a plutôt 17-18.
03:32Dans le sud, en ce moment, on va même avoir 19-20 degrés le matin.
03:36Et les plantes n'ont pas la capacité de se refaire la nuit.
03:40Luc Messart, il y a des régions où l'on voit des agriculteurs, des maraîchers, des producteurs en détresse qui
03:44ont manqué d'eau.
03:45Je voyais un producteur de fraises dans l'Oté-Garonne qui disait
03:48« Toute ma récolte est perdue, c'est catastrophique ».
03:51J'ai vu des éleveurs qui disent « Nous n'avons plus de fourrage, on va taper sur le stock
03:55de cet hiver
03:55parce qu'il n'y a plus d'herbe dans les prairies ».
03:57Il va y avoir quelques situations tragiques ou non dans l'agriculture française ?
04:00Il y a des situations très compliquées, surtout qu'on sort d'une année 2024.
04:05Et là, c'était l'excès d'eau qui a vraiment mis un mal à l'exploitation.
04:092025, c'est des problèmes économiques.
04:11Et comme vous le dites, oui, il est urgent de stocker un peu d'eau.
04:14Les sénateurs veulent doubler le stockage de l'eau à l'horizon 2035.
04:19Ils ont raison, c'est ce qu'on a besoin.
04:21C'est qu'il faut au moins se donner ces éléments-là.
04:24Utiliser aussi ce qu'on appelle l'eau de réutilisation,
04:27notamment des stations d'épuration, pour pouvoir utiliser cette eau.
04:31Il y a besoin, et l'eau est vraiment le sujet majeur actuellement chez les agriculteurs
04:37parce que sans eau, on ne fera pas d'agriculture.
04:39Les pays, l'Italie, l'Espagne aujourd'hui, ne fait qu'accélérer des vrais projets.
04:45Il faut planifier sur 5 à 10 ans ces stockages et ces retenus.
04:49Luc Messart, quelles sont les vraies solutions ?
04:52On se souvient de la demi-guerre civile qu'il y a eu autour des bassines
04:55et des polémiques qui continuent avec ce comportement de la police.
04:59Pour autant, stocker de l'eau, c'est trouver des endroits où on creuse la terre,
05:04enfin on fait des citernes.
05:05Je pense qu'il y a des moyens plus ou moins respectifs de l'environnement,
05:08mais l'urgence aujourd'hui, c'est de stocker de l'eau
05:10pour ne pas pomper dans les nappes phréatiques qui ne sont pas au niveau
05:12et surtout pomper dans les rivières.
05:13Il faut bien stocker de l'eau quelque part.
05:15Comment on stocke de l'eau aujourd'hui ?
05:16Vous avez raison, c'est qu'aujourd'hui, c'est pour ça qu'il faut absolument,
05:21quand elle tombe en excès, être capable de la retenir.
05:25Je pense qu'aujourd'hui, on a toutes les solutions pour le faire,
05:28sans faire des trucs gigantesques,
05:31mais à l'échelle de nos communautés de communes, dans nos territoires,
05:35c'est aussi la capacité justement de stocker de l'eau
05:38pour éviter que nos rivières soient à sec,
05:40parce que sinon, il n'y a rien de pire pour la biodiversité qu'une rivière à sec.
05:44C'est aussi, comme vous l'avez dit, ne pas tirer dans la nappe,
05:46parce que la nappe, on va en avoir besoin pour l'eau courante.
05:49Quand on ouvre le robinet le matin, on veut absolument que ça continue de couler.
05:52On sait qu'on aura des fragilités dans certains départements français.
05:56Donc, c'est pour ça qu'il y a besoin d'avoir un plan.
05:58On est tous acteurs, c'est pour ça que ce n'est pas le moment de se diviser.
06:01Je pense qu'il faut qu'on se serre tous les coudes
06:03et que face à ce changement climatique, il faut absolument se dire
06:08qu'en plus, stocker l'eau quand elle tombe en excès, ça évitera des inondations,
06:12ça évitera des maisons qui ont à subir ces inondations.
06:16Donc, je pense que c'est juste normal et je pense qu'il nous faut un plan ambitieux.
06:22Vous le dites.
06:23Après, nous, au niveau des agriculteurs,
06:25il faut aussi qu'on arrive à mettre les cultures les plus adaptées.
06:28Vous voyez, il y a une augmentation, par exemple, de tournesol,
06:32parce que le tournesol consomme un peu moins d'eau en plein été.
06:36Voilà, c'est par ces cultures-là.
06:37Et puis, vous avez parlé des fourrages, c'est important.
06:40C'est qu'aujourd'hui, avec ce changement et ces canicules,
06:42oui, les quantités de coins sont un peu plus faibles.
06:45Et donc, on met en péril l'hiver.
06:47Et donc, la même chose, c'est la capacité d'avoir les bonnes variétés,
06:51d'avoir les semences à adapter à ce changement climatique.
06:55Luc Messart, est-ce que vous pensez qu'il faut qu'on attende qu'il y ait des restrictions ?
06:58C'est-à-dire que des gens, des idéologues constatent que de telle heure à telle heure,
07:02on coupe le robinet.
07:03Ça existe dans beaucoup de pays d'Europe.
07:04Il y a des communes françaises qui ont été confrontées à cette réalité.
07:07On coupe l'eau à un certain moment de la journée.
07:09Est-ce que vous pensez qu'il va falloir qu'on en arrive là
07:11pour que ces personnes, ces responsables politiques,
07:13comprennent que faire un bassin,
07:15alors il y a bassin et bassin,
07:16mais faire un bassin pour stocker de l'eau,
07:18c'est une mesure plutôt écologique et environnementale
07:20qu'à interdire de le faire.
07:23En France, tant qu'on n'a pas la crise,
07:26et souvent, même pendant la crise,
07:28c'est qu'au bout d'une semaine,
07:29quand il se met à tomber des quelques gouttes,
07:31on dit on verra la prochaine fois.
07:33Non, il n'est pas question.
07:34Et vous avez raison, c'est qu'en France,
07:36il faut toujours ces situations extrêmes
07:39pour qu'on commence à réagir.
07:41Alors que je pense que là,
07:43on vient d'avoir de nouveaux maires,
07:44on vient d'avoir de nouveaux élus
07:47sur nos agglomérations.
07:48C'est le moment, ensemble,
07:50de trouver des solutions.
07:51En plus, l'argent, on sait qu'elle est rare aujourd'hui.
07:55Il faut qu'on la mette vraiment dans ses retenues
07:58à multi-usages,
07:59que ce soit pour l'eau humaine,
08:01que ce soit pour l'agriculture,
08:03mais aussi pour l'industrie,
08:03parce que si on perd cette eau,
08:07cette eau, elle s'en va à la mer
08:08et on l'a perdue.
08:10Et quand on voit qu'aujourd'hui,
08:11je le disais, l'Italie, l'Espagne
08:14sont capables de stocker
08:167 à 8 fois de plus de l'eau qui tombe.
08:19Et eux, ils en ont un peu moins qui tombe.
08:20Donc, quand on a la chance de l'eau qui tombe
08:22en excès, comme on l'a pu le voir au mois de février,
08:25vous vous en souvenez ?
08:26Oui, oui, tout à fait.
08:28Sur Bordeaux, sur toute la règle du côté ouest.
08:30En Bretagne, il n'est jamais tombé autant d'eau.
08:31Et aujourd'hui, on a vraiment besoin de cette eau.
08:34Si on veut avoir la souveraineté alimentaire,
08:36c'est-à-dire produire chez nous
08:38nos fruits et légumes,
08:39produire chez nous notre fourrage
08:42pour nos animaux, on aura besoin d'eau.
08:45Bon, Luc Smessart, on ne va pas faire
08:46l'avance de la pluie avec Maud,
08:47mais on va essayer de prier les bonnes divinités.
08:50Espérons que vous aurez de quoi finir
08:52votre récolte
08:54et vos productions de 2026
08:57dans des conditions météorologiques
08:59acceptables.
09:00Et que surtout, les autorités politiques
09:02prendront les dispositions
09:04et les mesures nécessaires pour qu'on ne vive pas
09:05dans l'angoisse de la sécheresse dans les prochaines années.
09:08Merci d'avoir été en direct sur Sud Radio Smessart.
09:11Et je vous dis à bientôt.
09:11Maud Coffler, il y a une précision apportée.
09:13Oui, Perico, une petite correction plus exactement
09:16au sujet d'une perle faite tout à l'heure
09:17au sujet de la bataille de Gaulle du film
09:19sur le Général de Gaulle.
09:20En fait, j'annonçais 200 000 entrées en deux semaines,
09:22pas du tout.
09:23On est à plus de 500 000.
09:25Mais, alors ça peut sembler énorme,
09:27ce n'est pas le cas.
09:27C'est mieux que 200 000.
09:28C'est mieux, mais ce n'est pas assez
09:30par rapport au budget
09:30et par rapport évidemment
09:32à la grandeur de ce film.
09:34Je préfère que la confusion ait eu dans ce sens.
09:36Oui, ça va dans le bon sens.
09:37Vous en avez mis 300 000 de côté,
09:38mais 500 000, ce n'est pas beaucoup.
09:41Et d'ailleurs, juste pour information,
09:43le deuxième volet était censé sortir le 3 juillet.
09:45Il sortira beaucoup plus tôt,
09:47a priori le 27 juin.
09:48Comme ça, on pourra avoir les deux.
09:50C'est vrai qu'il d'attendre un petit peu.
09:52Là, on pourra avoir les deux.
09:53Document historique très important.
09:55Allez le voir.
09:55Et film, film ou gloire de la France.
09:57C'est quand même malheureux
09:58qu'il n'ait pas le succès qu'il mérite.
09:59A tout de suite sur Sud Radio.
10:02Nous allons parler d'une arme redoutable
10:04pour redonner le bonheur,
10:05pour contrarier l'adversité,
10:07mais la gentillesse tout simplement.
10:09Nous allons recevoir Alexandra Pupin,
10:11que Bortoli, auteur du
10:13Le Monde appartient aux gentils,
10:15aux éditions du Cerf.
10:16Et nous verrons avec elle,
10:18avec cet auteur,
10:19comment le sourire,
10:20la détente,
10:21avoir un mot aimable,
10:22avoir du savoir-vivre,
10:24être conciliant,
10:25autrement dit être gentil,
10:26peut souvent,
10:27même s'il y a de la tension,
10:28s'il y a de la crispation,
10:29s'il y a une angoisse,
10:30apporter des solutions.
10:31Et comme je le disais tout à l'heure
10:32en présentant l'émission
10:33quand j'étais chez Valérie Riesper tout à l'heure,
10:36la gentillesse est une des constantes
10:37de Sud Radio.
10:38Et c'est pour ça que ça nous permet
10:39de parler vrai,
10:40parce que le parler vrai,
10:41la gentillesse,
10:41ça permet de passer des messages
10:43plus doucement,
10:44plus doctement.
10:44A tout de suite,
10:45vous nous appellerez au 826-300-300,
10:48Zacharias prendra vos appels
10:49et vous pourrez échanger
10:51avec Alexandra Pupin,
10:52Bortoli,
10:53vous restez avec nous
10:53sur Sud Radio.
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