- il y a 2 jours
Suite à la fermeture d'une classe dans son école, Sabrina se bat pour empêcher le déménagement de son établissement vers un autre village. C'est dans ce contexte que le maire et les habitants ont pris la décision d'accueillir des réfugiés ukrainiens au sein de l'école. Mais l'accueil, initialement prévu pour quelques mois, va se prolonger. Progressivement, les rumeurs de fermeture du centre d'accueil se mêlent à celles de l'école. Le destin de Sabrina se lie à celui de ces familles déplacées par la guerre.
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00:01...
00:22Il était une fois, dans le paisible village d'Octer-sur-Drone,
00:25une institutrice heureuse d'enseigner.
00:29Son bonheur était confirmé par le choix qu'elle avait fait
00:31d'exercer son métier dans une école offrant de grands espaces aux enfants,
00:36dans un village que l'on disait le plus beau et le plus riche de Charente.
00:42Le maire n'avait rédigé qu'un seul acte de naissance en trois ans de mandat,
00:46tandis que les actes de décès s'accumulaient sur son bureau.
00:50À l'occasion des vœux de fin d'année, le maire avait utilisé cette formule.
00:54Voilà, les décès sont au pluriel.
00:57Et malheureusement pour nous, les naissances, elles, sont au sein de l'île.
01:00Ouvrez le port !
01:01Et cette absence d'enfant remettait en cause l'existence même de son école.
01:17Lorsque j'étais moi-même un enfant de cette école,
01:19les sorties culturelles se limitaient au vivarium du centre de découverte
01:23et à la collection d'insectes d'un Australien.
01:29Dans le village, il semble que rien n'est changé depuis des décennies,
01:33ce qui fait le charme d'Octer.
01:37Mais un événement tragique allait changer le cours de l'histoire.
01:40L'invasion de l'Ukraine par la Russie
01:43suscita chez beaucoup d'habitants une générosité
01:46qui ne s'était pas vue depuis fort longtemps.
01:53Il fut donc décidé d'accueillir dans la partie centrale de l'école
01:56une quarantaine de réfugiés ukrainiens.
02:00Avec les premières fleurs du printemps,
02:02on fit de beaux bouquets pour accueillir les familles,
02:04mais celles-ci se firent attendre plusieurs semaines.
02:11Un beau matin, les Ukrainiens finirent par arriver.
02:15Et parmi la quarantaine de réfugiés venus des quatre coins du pays,
02:18la moitié étaient de jeunes enfants.
02:21Et pour célébrer cet accueil dans le village,
02:24on invita les pontes du département
02:25à rencontrer les familles ukrainiennes.
02:28Bonjour et bienvenue en Charente.
02:34Un petit trait d'union entre Octer et l'Ukraine
02:38qui pour vous sera,
02:42ce trait d'union-là sera, je le souhaite,
02:44en tous les cas une période courte
02:48pour que vous puissiez vous ressourcer ici en Charente
02:51et revenir, je le souhaite pour vous, au plus vite dans votre pays.
02:58Pour beaucoup de familles,
03:00Octer est la découverte d'une vie rurale.
03:06Lorsque Olga est descendue pour la première fois vers la rivière,
03:09accompagnée de son mari, électricien,
03:12retraité spécialisé dans les installations de missiles de défense,
03:15elle lui dit
03:16« Regarde, nous sommes au paradis. »
03:38Le président de la communauté de communes,
03:40qui était aussi le président de l'unique abattoir de son territoire,
03:44voulut voter la fermeture de neuf écoles en l'espace de trois ans,
03:48parmi lesquelles figurait Octer.
03:52L'école était un bâtiment imposant du XIXe siècle.
03:56Au centre se trouvait l'ancienne salle à manger
03:59qui accueillait les familles de réfugiés,
04:01ou, vingt ans plus tôt, je me souviens avoir mangé de la langue de veau.
04:04Tandis que dans son aile droite
04:06se trouvait la classe de Sabrina.
04:18Yaroslava, une des petites filles venues d'Ukraine,
04:21semblait jouer un rôle important auprès de Sabrina.
04:23Elle l'a ramenée à l'essentiel,
04:25l'éloignant des rumeurs de fermeture de son école
04:27et redonnant du sens à sa mission.
04:30Ce sens-là, c'était le don de soi.
04:353, 4, 5, 6, 5, 8...
04:41Combien on a rapporté Yaroslava ?
04:4313.
04:4313, d'accord. On va vérifier.
04:5013, 13 ?
04:5213 pinces, mais 13 et fraises, ça se ressemble en français.
04:56Son dévouement à chaque tâche était d'autant plus naturel
04:59qu'elle connaissait cette communauté pour ainsi dire depuis toujours.
05:02N'ayant jamais voulu enseigner ailleurs
05:04que sur le territoire où elle était née,
05:06ce qu'elle avait fait depuis l'âge de ses 20 ans.
05:09Un peu plus quand même, 22.
05:1122.
05:12Donc tout à l'heure, quand nous allons partir au jardin,
05:15nous allons apporter avec nous les fleurs.
05:19J'ai essayé de cibler un poste en milieu rural,
05:23pas trop loin de ma famille.
05:26Cela m'a conduit à l'école de la Prade,
05:29à 2 km d'ici.
05:32Et donc j'y ai passé les 17 premières années d'enseignement
05:35de ma carrière.
05:37Et malheureusement, l'école a fermé.
05:40Et c'est ainsi que je suis arrivée sur l'école d'Optère.
05:50Pour tuer le temps,
05:51Irina, la mère de Jaroslava,
05:53occupait ses journées à faire la manucure aux femmes du centre.
06:00Elle était aussi la seule parmi les réfugiés
06:02à avoir commencé à cultiver un potager
06:04dans l'arrière-cours de l'école.
06:10Irina et sa famille
06:11habitaient une petite ville côtière
06:13face au rivage d'une Crimée occupée.
06:15Le jour où l'armée russe se mit en route,
06:17la ville tomba en moins d'une heure.
06:19Un court instant
06:20qui leur permit de fuir vers l'ouest.
06:28Quant à Olga,
06:30la mère de la petite Sophia,
06:31c'était la première fois depuis son mariage
06:33qu'elle se retrouvait seule.
06:36Elle, qui n'avait jamais quitté
06:37ni sa maison ni son mari
06:39et qui n'avait, jusque-là,
06:41jamais voyagé au-delà des frontières de son pays.
06:46Contrairement à Irina,
06:47sa maison se trouvait loin du front.
06:49Mais elle refusait que sa fille
06:51s'habitue au bruit des drones iraniens
06:53qui traversaient la région
06:54avant de tomber
06:55sur de paisibles quartiers résidentiels.
07:02Chaque mercredi et fin de semaine,
07:04les bénévoles se rendaient
07:05au centre d'accueil
07:06pour prêter main-forte
07:07aux travailleurs sociaux.
07:09L'occasion aussi
07:09de faire connaissance
07:10de plus près
07:11avec les familles ukrainiennes.
07:13Alors, qu'est-ce que tu te penses ?
07:14Bien !
07:16Très bien, monsieur l'araignée.
07:18Merci, moi !
07:28Allez, on y va !
07:41On va poser les outils
07:47et les plantes à l'ombre.
07:49Il y a plein de petits gendarmes, là.
07:53Regardez, regardez,
07:54celui-ci, il est tout rond.
07:55Il est comme sur le sachet de graines.
07:59D'accord, très bien.
08:00Allez, elle est là, ma coccinelle !
08:02Oh, laisse-la, laisse-la !
08:03C'est super si on a une coccinelle.
08:05Tu sais qu'on en a besoin
08:06pour manger les pucerons
08:07qui sont sur les fesses.
08:08Je crois pas que c'est la mienne.
08:10La mienne, son aile,
08:11elle était un petit peu cassée.
08:13Comment tu savais
08:13que c'était la tienne ?
08:17Non, vraiment.
08:17Non, non, non.
08:19Non, non, non, non, non,
08:22non, non, non, non, non, non, non, non.
08:26Non, non, non, non, je ne existingictets.
08:30nat Fool'slls.
08:40Non, non.
08:50Les prévisions optimistes de la préfecture prévoyaient la fermeture du centre vers la fin de l'été 2022.
08:57Mais il n'en fut rien, la guerre dura plus longtemps.
09:00Et avec l'arrivée des beaux jours, on oublia un peu les Ukrainiens de l'école Moignard.
09:05À l'exception peut-être des retraités anglais qui habitaient depuis longtemps dans le village.
09:14Je pense que la plupart des gens pensaient qu'il serait trois à six mois.
09:19Je pense que la fameuse expression de la première guerre mondiale était «over by Christmas ».
09:27Vous savez, ce serait un peu plus de guerre.
09:29Non, ce n'était pas.
09:31Et je pense que le sentiment de l'arrivée ici,
09:35non seulement de réfugiés mais de la plupart des gens,
09:39que c'était une sorte de régional blow-up
09:44qui s'en sortait très vite.
09:46C'est vrai qu'on a fait.
09:49Mais je pense que c'est un peu plus de quiete place.
09:52Surtout pas seulement ce temps de l'année.
09:55Mais quand vous arrivez à septembre, octobre, novembre, december,
09:58c'est très quiet.
09:59Donc, je pense que c'était un bon endroit initiale,
10:02et je pense que c'est un endroit safe.
10:32Les Ukrainiennes, tout le monde est parti se coucher tranquille,
10:35c'est calme.
10:37La nuit va se passer encore.
10:42Optair devait être un espace provisoire
10:45destiné à mettre les familles en sécurité.
10:47Et pour respecter cet engagement,
10:50l'association en charge du centre dépêchait un agent de sécurité
10:53chargé de veiller jour et nuit sur les résidents et l'école.
11:13Le centre n'ayant pas vocation à rester ouvert bien longtemps,
11:17on chercha des solutions de logement plus durables pour les réfugiés.
11:26et Victoria fut l'une des premières à quitter l'école pour la ville.
12:09C'est quoi ?
12:11Ne,
12:12des jeunes.
12:18Ta-da !
12:20C'est ça ?
12:25Je pense que c'est pas facile, c'est très difficile, il faut d'acheter, d'acheter et d'acheter.
12:38C'est très douleur, c'est très intéressant,
12:44quand tu peux me sentir un peu de sécurité en sa maison,
12:47tu sais, qu'un homme peut venir te roubler,
12:51Tu peux te faire des enfants, tu peux te blesser, faire un peu de la peau,
12:59il n'y a pas à cause de te laissé.
13:02Et dans ce temps-ci, les gens pensent, c'est bien, c'est ça, c'est bien, c'est ça,
13:06c'est ça, c'est ça, c'est ça.
13:08Tu ne m'as pas comme ça, c'est un peu comme ça, tu penses et c'est autrement.
13:16Nous pensons longtemps d'y aller ou non d'y aller,
13:18mais après nous prenons le choix,
13:21mais c'est important que nous n'allons pas d'y aller.
13:33C'est pas ça, c'est pas ça.
13:42C'est déjà tout, c'est plus ça ne peut pas être.
13:48Et puis, nous devons aussi l'entendre.
13:53C'est notre terre, c'est tout-таки.
13:57Je ne sais pas.
14:01Et les parents, j'ai déjà dans l'âme.
14:06Tout est bien.
14:07C'est tout fini.
14:10En fait, c'est un peur, probablement, que je suis le plus.
14:16Je ne suis pas à l'âme.
14:18Ça, c'est comme ça, c'est comme ça.
14:20C'est comme ça, c'est comme ça.
14:44Alors que la plupart des bénévoles avaient déserté le centre avec la rentrée,
14:48William, l'agent de sécurité, s'était mis à organiser des sorties.
14:53Par moment, l'ancien breton se laissait porter par la mélodie de cette langue,
14:57tentant d'en décoder le sens avec son téléphone
15:00et délivrant des conseils à quiconque pouvait les comprendre.
15:0650, non, non, 30.
15:0930.
15:11C'est négocié, hein.
15:17C'est quoi, exactement, une demande?
15:20Pour donner un mois à Jacobin.
15:23Super.
15:26Super.
15:28Super.
15:29Super.
15:30Super.
15:40Pour nous aider, nous avions une formation en ligne,
15:44donc un magistère qui s'appelait « Accueillir des enfants ukrainiens »
15:49et qui était diffusé, j'imagine, dans toutes les écoles de France.
15:54La gestion pédagogique, finalement, ça n'est pas un problème et ça n'était pas un problème.
16:00La gestion psychologique, c'est quelque chose de bien particulier
16:05et une simple formation en ligne peut paraître un peu légère
16:09par rapport aux besoins qu'on peut ressentir à ce moment-là.
16:16Oui, est-ce que tu sais ce que c'est ?
16:18Ça, j'ai fini.
16:19Oui, est-ce que tu sais ce que c'est ?
16:22Non, ce sont des carottes, des petits morceaux de carottes.
16:33C'est des carottes, des petits morceaux de carottes, des petits morceaux, des petits morceaux, des petits morceaux.
16:47Mais c'est un petit morceau que tu peux tracer.
16:54Ha, papa, je vous parle.
16:59Pas, papa, je vous parle.
17:01Pas, pas.
17:04Allez, vas-y, d'y diem !
17:06Qu'est-ce, tu m'as pas duré ?
17:33Les enfants n'allaient pas à l'école, les familles confiaient à Ola la tâche de les amener jusqu'à
17:42la rivière.
17:43Pour ce faire, elles passaient par le centre du village,
17:47qui, les mois d'hiver approchant, donnaient l'impression d'avoir été abandonnés par ses habitants.
17:53La saison permettait toutefois d'organiser des repas de chasse,
17:56et bien qu'Ola n'y fut pas invitée, elle se réjouissait d'entendre que le village n'était pas
18:01encore tout à fait mort.
18:11Si on met le C avec un O, ça va faire CO, ça ne fait plus SE.
18:16Et pour que ça fasse SE, il faut mettre ici une petite cédille.
18:22Et là, ça fait NOU la SON.
18:24Voilà, c'est très compliqué la langue française.
18:27Elle se débrouille très bien, ouais.
18:28Elle comprend déjà quand tu parles, elle arrive à faire...
18:31Elle fait même la traductrice maintenant.
18:33Alors ils sont partis aussi, Tatiana, ils sont partis.
18:35Oui, oui, dans une... Oui, oui.
18:38Oui.
18:39Mais c'est pareil, de temps en temps, on en voit un petit...
18:41Ah oui, on en a beaucoup, oui, c'est vrai.
18:43Ah oui, c'est des souvenirs, hein.
18:44Oh là là.
18:45C'est vrai qu'on n'est pas...
18:46Oui, c'était des moments...
18:47Mais les nouveaux sont gentils, ils sont différents.
18:49La difficulté qu'on a eue, enfin que...
18:52C'est pour ça qu'on s'y en attendait.
18:55C'est au bout de 15 jours, 3 semaines, cette crise de détresse.
19:00Tu te rappelles qu'on a géré avec Victoria, tu te souviens ?
19:03Ah, elle avait du mal avec elle.
19:04C'est pas évident de gérer des gens comme ça.
19:06Puis là, c'est vraiment du...
19:06Oui, il faut faire du social quand on est là le week-end.
19:09Oui.
19:09Non, mais ça se passe bien, je dis, regarde, moi j'aime bien.
19:12J'aime bien voir les photos comme ça sur les...
19:13Oui, c'est vrai, c'est...
19:14Ça fait des souvenirs.
19:15Des souvenirs, oui, voilà.
19:16Oui.
19:17Hein ?
19:32Parce qu'elle avait mis au monde trois enfants,
19:35Irina eut la chance de pouvoir emmener son mari en France.
19:49On avait répété aux familles de réfugiés
19:52qu'elles ne resteraient pas éternellement dans le village.
19:55Et beaucoup, en cette veille de Noël,
19:58avaient espéré obtenir un logement social avant la fin de l'année.
20:00C'est bon, c'est bon, c'est bon, c'est bon, c'est bon.
20:47La vie dans le centre était gérée à peu de choses près à la manière
20:50d'un appartement communal de l'époque soviétique.
20:53Et tout comme à cette époque, la salle à manger était devenue le cœur de la vie sociale.
20:58La salle à manger se transformait tantôt en salle des fêtes, tantôt en salle de réunion,
21:03où l'on discutait d'emploi, de logement, ou encore du bon entretien du compost,
21:07ce qui, dans l'environnement privilégié de ce beau village,
21:10était quelque chose d'important pour les habitants.
21:34Il y a la possibilité, comme je l'ai abordé rapidement,
21:37et je l'ai déjà abordé avec d'autres familles, de déposer une demande d'asile.
21:41Ça, c'est quelque chose qui est possible pour toute personne migrante qui vit en France.
21:49Il y a la voie de l'insertion professionnelle aussi, qui peut conférer un titre de séjour.
21:55C'est pour ça qu'il est important que chacun apprenne la langue française,
22:00déjà dans un premier temps, puisque nous, c'est ce qu'on dit toujours,
22:03et même d'autres institutions, le plus important pour accéder à un emploi
22:07de manière pérenne en France, c'est de maîtriser la langue.
22:10On peut peut-être traduire ça déjà de ce qu'il s'appelle.
22:13Bien que le statut de protection temporaire offrait aux familles un accès direct au marché du travail,
22:19décrocher un contrat n'en restait pas moins difficile.
22:22Lors du salon de l'emploi, les recruteurs du département ne cessaient de répéter la même rengaine.
22:27Pour travailler, il fallait parler français.
22:30Je me dis, voilà, la langue, ça s'apprend. J'imagine que, voilà, les mots vont passer.
22:36Oui, c'est ça.
22:37Et surtout, je vous dis, tant qu'on va avoir la barrière de la langue,
22:40et ça, ça peut être ça, et d'autres choses,
22:43on se rend compte de toute façon que la recherche d'emploi est un peu illusoire, quoi.
23:01J'ai eu le responsable de l'entreprise,
23:07il m'a dit que vous devriez commencer le 6 mars.
23:13Ça, j'ai été envoyer le mail, OK ?
23:16Normalement, la semaine d'avant, vers le 2 ou le 3,
23:20vous risquez d'aller là-bas et échanger avec la personne ukrainienne
23:25qui parle français pour vous expliquer les quels signes.
23:28Irina, Ola et son mari Sacha étaient tombés à point nommé
23:33pour s'occuper de la cueillette des fraises du Périgord
23:35dans l'exploitation familiale de Damien.
23:44Celui-ci, désespérément en quête de saisonniers,
23:47avait déjà embauché une ukrainienne bien avant la guerre.
23:58Celle-là n'y a que là, OK ?
24:01Allez, on va.
24:03Et juste, tu prends comme ça, hop, hop, hop, là.
24:06On va tout prendre maintenant.
24:09Papier d'identité, je parle en français.
24:14Assurance maladie.
24:15Non, non, on en a parlé avant.
24:18Je vais parler à Ola.
24:19Ah, OK.
24:20Vous avez compris que c'est soit fin de semaine prochaine,
24:24soit début de semaine d'après pour le début du contrat.
24:27OK.
24:28Comment on dit fraise en ukrainien ?
24:30Globnika.
24:31Comment ?
24:31Globnika.
24:32Polonica.
24:33Polonica, polonica, polonica.
24:35Oui, maintenant.
24:36Polonica.
24:37Maintenant, ben oui, ça dépend.
24:39Parce que le mot exprès, si tu dis polonica,
24:42donc tu es ukrainien, si tu dis polonica,
24:46c'est russe.
24:47Qu'est-ce que c'est polonica, polonica ?
24:49Oui.
24:51Polonica, c'est fraise.
24:52On est bon ?
24:53Oui.
24:54Oui, oui, oui.
25:16Peu à peu dans le village,
25:18la question de la fermeture du centre d'accueil d'urgence
25:21se transforma en celle de la fermeture de l'école elle-même.
25:25Eh bien, je remercie l'association.
25:27Ce sera aussi une action qui permettra de pérenniser encore au maximum notre école
25:32qui, comme vous le savez, est menacée.
25:33La communauté de communes fit parvenir un courrier à l'attention des parents d'élèves
25:38pour les avertir que la majorité des maires du bassin scolaire
25:41avaient approuvé la fermeture de leur établissement à la rentrée 2025.
25:46Le bus, il va nous déposer sur le champ de foire de terre, sur la grande, grande place.
25:52Une fois que l'on sera arrivés là-bas, nous allons aller à pied jusqu'à la boulangerie.
25:58Nous allons visiter la boulangerie et après la visite de la boulangerie.
26:02Alors, on se mettra en trois groupes et vous allez visiter le village
26:07en essayant de trouver les photos que l'on va vous montrer en vrai dans le village.
26:16Oui, j'ai fait les photos avant et vous allez devoir les retrouver en vrai dans le village.
26:45Une fois que la pâte, elle est faite, le boulanger, il va mettre la pâte dans le frigo
26:51parce qu'il faut que ça fasse dodo très longtemps, une journée entière, pour avoir ce que vous avez là.
27:01Les parents d'élèves, ayant jusque-là salué le dévouement de Sabrina envers leurs enfants,
27:06se risquèrent enfin à écrire à la communauté de communes
27:09pour s'opposer au projet de regroupement scolaire.
27:13Depuis quelques années, je vois de nombreuses écoles se fermer
27:17au détriment du bien-être de nos enfants.
27:19N'oublions pas que nos enfants seront les futurs adultes de demain
27:22et je crains les conséquences de vos décisions pour l'avenir.
27:25Je rembondis sur votre courrier où vous indiquez que nos élus ont pris cette décision.
27:31Premièrement, ces élus ont pour une grande partie un certain âge
27:35et ne se sentent pas concernés par le domaine de l'école.
27:41Je pense au travail de Sabrina Vannot avec ses élèves, dont mon fils.
27:45Elle a su également s'adapter et évoluer seule avec les enfants ukrainiens
27:49qui étaient complètement déboussolés à leur arrivée.
27:52Ce travail aurait été plus complexe avec une classe de plus de 30 élèves.
27:57Rappelez-vous et dites à nos élus que nos écoles de campagne
28:00ne sont pas des chiffres qu'on exploite dans de jolis rapports
28:03qui se transmettent de responsables en direction,
28:06mais qu'il y a bien des humains derrière leur projet.
28:08Elle n'est pas très riche, elle n'est pas très chic.
28:11Elle n'est pas très chic, elle n'est pas petit.
28:14Je ne sais pas que je raffine, hein.
28:23Je ne sais pas que je raffine.
28:36maman garderai longtemps car maman saurait que la fleur c'est tout l'amour de mon cœur.
28:53Oh c'est gentil. Et qu'elle a écrit. C'est bien.
29:08Et ce qui a été important dans cette expérience aussi c'est la venue des mamans de Sofia et Jaroslava
29:17dans l'école et ces moments ont été très importants et très forts et ils m'ont beaucoup aidé pour
29:24accueillir au mieux Sofia et Jaroslava.
29:27Sofia va mieux au début elle pleurait beaucoup les deux trois premiers jours c'était un peu compliqué elle voulait
29:35te voir elle disait maman maman et elle pleurait.
29:38Elle dit les formules de politesse bonjour au revoir merci s'il vous plaît.
29:43Elle dit les lettres de l'alphabet et le son des lettres.
29:47Tu sais on l'a dit B mais elle fait aussi B B B D D D D D J
29:53J D D
29:55Et avec ça elle va pouvoir apprendre à écrire des mots et elle va pouvoir apprendre à lire.
30:00J'ai besoin de savoir si tu seras encore à Opter en septembre, car Jaroslava va passer en CP.
30:11Not family, familia.
30:15Oui, d'accord.
30:17Je voulais vous remercier pour que vous vous avez donné à comprendre, qu'il n'y a pas à mon
30:26enfant.
30:30C'est elle qui va t'apprendre.
30:33Oui, d'accord. Merci beaucoup.
30:37C'est gentil.
30:39Moi, je suis très contente de te connaître. Tes lunettes, elles sont là.
30:43Merci beaucoup.
30:53Sabrina conseilla aux mamans de multiplier les sorties culturelles pour améliorer le français de leur fille.
30:59Cependant, avec la fin du printemps, les parents étaient occupés de 5h du matin à 16h à l'accueillette des
31:05fraises du Périgord.
31:06Je suis à la retraite, quand on a flight, on a qui a fait, que ça fait un peu à
31:11l'accueillette des tèvres.
31:13Reactive des tèvres, je ne sais pas, s'en souviens, je ne sais pas, s'en souviens, en Apterie ou
31:16en Goulême, je ne sais pas, peut-être un peu à l'accueillette des études.
31:19Ils sont à l'accueillette des tèvres de la taille, qu'ils ont l'accueillette des tèvres.
31:25C'est un peu à l'accueillette des tèvres, qu'ils ont l'accueillette des tèvres, qu'ils ont l
31:32'accueillette des tèvres.
31:36Nous étrions en ce moment à l'accueillette des tèvres, nous n'avons pas à l'accueillette des tèvres.
31:39Elle nous dit qu'elle dit «Au, ma, la pelleture est allée!
31:43Qu'est-ce qu'elle peut l'accueillette?»
31:46Et le vent sur la tête, elle ne peut pas, elle ne peut puser à l'accueillette de ta maison,
31:51où maintenant ils sont tes enfants, ou pas leur l'accueillette des tèvres?
31:55Elle ne peut pas, comment une autre à l'accueillette des tèvres.
31:56Comme dans un domaine, en Humaine, n'a personne ne sait, où ils vont aujourd'hui demain demain.
32:08Musique d'ambiance
32:50Musique d'ambiance
33:33Musique d'ambiance
33:38Pensez à moi, à la nouvelle maison
33:40Oui, le déménagement demain
33:46D'accord
33:51Beaucoup de choses à faire
33:55Le président de la communauté
33:57de communes finit par organiser
33:59une réunion publique que les parents
34:00d'élèves avaient longtemps attendue
34:04Samedi matin, les élèves
34:07Samedi matin, les parents d'élèves
34:09du RPI d'Aubeterre, Saint-Romain,
34:10La Prade, Bonne, Les Essars et Bélon
34:13étaient conviés à visiter l'école
34:14primaire de Saint-Romain, le futur
34:16établissement de leurs enfants à la rentrée
34:182025, l'unique sur le secteur
34:20S'il y a un territoire sur cette communauté
34:22de communes que je connais parfaitement
34:24où tous les atouts sont réunis
34:26pour faire une commune nouvelle, c'est bien là
34:29La majorité, la grande majorité des élus
34:32s'est positionnée pour un regroupement
34:34sur le site de Saint-Romain
34:38Pourquoi ça n'a pas été dit au tout début ?
34:41Alors je n'ai pas été clair, je suis désolé
34:42mais le regroupement qui est prévu
34:45est seul mis sur le site de Saint-Romain
34:48Vous avez un devoir de décence
34:50vis-à-vis des parents qui sont venus ici
34:53et qui réclament juste des réponses
34:55à des questions légitimes
34:56C'est bien que quand on est déplacé
34:58parce que les écoles ferment
34:59c'est quelque chose qui est extrêmement douloureux
35:02Donc je sais bien
35:06J'entends beaucoup de témoignages
35:09de gens du village
35:11de parents d'élèves
35:13qui sont très tristes
35:15de cette décision qui a été prise
35:17mais qui ne savent pas
35:20qui ne trouvent pas
35:22comment s'opposer à cette décision
35:29Il y a quelques années
35:30on fermait une école
35:32quand il n'y avait plus d'enfants
35:34On souhaite regrouper des gens
35:36sur un même site
35:37pour économiser de l'argent
35:53C'est vrai que c'est dommage
36:02parce qu'il n'y a pas une artiste
36:03c'est dommage
36:05alors que le reste
36:06ça va dépasser
36:07et après on a un autre placard
36:09en fait
36:14Bon et puis voilà on a fait le tour
36:28Ce qui n'aurait dû être
36:30qu'un accueil d'urgence
36:30de quelques mois dans le village
36:32avait contre toute attente
36:34duré plus d'une année
36:59Lorsque les familles de réfugiés
37:00quittèrent le centre
37:01Sabrina tenta de récupérer
37:03le mobilier de son école
37:04qui avait été mise
37:05à la disposition des familles
37:07avant que des agents
37:08de la communauté de communes
37:09ne viennent les récupérer
37:10et les envoyer
37:11dans d'autres villages
37:12Oui est-ce que tu peux redire
37:14il y a quelque chose
37:15qui m'a paru un petit peu excessif
37:17Lorsque les familles de réfugiés
37:18quittaient le centre
37:19c'est peut-être ça
37:20Sabrina tentait de récupérer
37:21Oui voilà
37:23Est-ce que c'est pas vrai ?
37:27Euh...
37:29Si si c'est vrai
37:32Si si c'est vrai
37:34c'est vrai
37:35c'est vrai
37:35mais la manière dont c'est dit
37:37ça me fait un petit peu
37:41euh...
37:41Tu peux relire la phrase intégralement ?
37:43Lorsqu'une famille de réfugiés
37:45quittait le centre
37:45Sabrina tentait de récupérer
37:47le mobilier de son école
37:48Est-ce que je peux t'interrompre ?
37:49En fait c'est pas vrai
37:50parce que c'est pas
37:51lorsqu'une famille
37:52c'est lorsque le centre a fermé
37:55Là on aurait l'impression
37:56que je guettais
37:57pour aller récupérer
37:59une table ou une chaise
38:00ce qui n'est absolument pas le cas
38:01Par contre lorsque le centre a fermé
38:03oui je ne souhaitais pas
38:05que le mobilier
38:06qui pouvait nous être utile
38:07soit dispersé
38:17voilà
38:17On va mettre de l'autre côté ?
38:18Ouais bon juste pour moi peut-être
38:20Ah oui ?
38:21Essayez de monter voir
38:22C'est plus gros
38:24Ouais mais vous pouvez monter
38:30Ça coûte trop cher
38:32donc ils veulent mettre les enfants
38:33dans d'autres écoles
38:34et comme ça
38:36ils n'ont pas besoin
38:37de chauffer l'école
38:38ils n'ont pas besoin
38:38de la nettoyer
38:39tu comprends ?
38:41Voilà
38:42C'est un petit peu dommage
38:43tu l'aimes bien ton école Amélia ?
38:44Il vient pas à cette école ?
38:47Ah bah oui
38:48je pense qu'il vient pas assez souvent
38:49à mon avis
38:50il devrait venir plus souvent
38:51et il apprécierait autant
38:52que l'école
38:53et puis le travail
38:54des institutaires aussi
38:55et d'inscriptrices
38:57je pense qu'ils se rendraient compte
38:58de tout le travail
38:59qu'ils font
39:00et du fait que
39:01bah oui
39:02vous êtes très bien
39:03dans cette école
39:04avec les copains
39:04et les copines
39:05et oui
39:08malheureusement
39:08ça arrive aussi
39:09à d'autres copains
39:09dans d'autres écoles
39:10voilà
39:11il y a d'autres enfants
39:12qui ferment aussi
39:13parce que ça coûte trop cher
39:14c'est malheureux
39:17Mais attends
39:18c'est pas fait
39:18on n'a pas fermé
39:20courage
39:21on va se battre
39:23la banderole disparut
39:25dès le lendemain matin
39:26sans que personne ne sache
39:28qu'il avait enlevé
39:29le mystère
39:30demeura entier
39:31et la banderole
39:32ne réapparut jamais
39:36je suis très heureuse
39:38de vous accueillir ce soir
39:39dans notre école docteur
39:43aussi nombreux et enthousiastes
39:46pour vous offrir ce petit spectacle
39:48qu'on a préparé ces dernières semaines
39:50claw nem
39:53savez-vous planter les cheveux
39:56à la mort de
39:58à la mort de
40:00savez-vous planter les cheveux
40:03A la mort du calai, à la mort du calai.
40:09A la mort du calai, à la mort du calai.
40:44Sous-titrage Société Radio-Canada
41:08Alors que la saison des fraises touchait à sa fin,
41:12Sacha continuait chaque jour à parcourir les 40 minutes de route
41:15qui le séparaient de l'exploitation.
41:17Sa dernière mission consistait à arracher les fraisiers.
41:32Sous-titrage Société Radio-Canada
41:51« J'ai vraiment apprécié travailler avec vous tous. »
41:55« Nous aussi. »
41:57« Merci. »
42:00« J'espère que ce sera bien pour la suite. »
42:13« Au début du deuxième été, un murmure se répandit dans le village,
42:18portant la nouvelle de la chute mortelle d'une des réfugiés. »
42:22« Un an après son départ de l'école,
42:25Victoria était tombée du quatrième étage de son logement social à Limoges. »
42:31« Au revoir, Victoria. »
42:33« Au revoir, Victoria. »
42:43« Au revoir, Victoria. »
42:45« Bien sûr. »
42:46« Au revoir, Mikey. »
42:48« Au revoir. »
43:03« Les réfugiés étaient allés jusqu'à Limoges pour dire adieu à Victoria
43:06qui, l'été dernier, leur avait confié ses inquiétudes et ses espoirs. »
43:34« Oui. »
43:36«
43:36Et ma mère, et Anne-la,
43:39pour qu'ils trouvent nouveaux amis.
43:41Ils commencent juste pour qu'ils vivent ici,
43:42comme nous vivons à la maison,
43:44et pour qu'ils vivent à l'adaptation.
43:47Ils ne peuvent pas vivre à la maison.
43:48Ils peuvent vivre à la maison.
43:51Ils peuvent vivre à la maison.
43:51Ils peuvent vivre à la maison ici.
43:53Ils peuvent juste commencer.
43:55L'adaptation, c'est...
43:58L'adaptation.
43:59Tu peux juste commencer à vivre.
44:01L'appréciation à tous les gens.
44:03Tu es un peu à l'autre.
44:05Oui.
44:06Tu es un peu à l'autre.
44:08Dis-le-le.
44:11Pour que tout soit bien.
44:13Pour que la vie soit simplement.
44:15Pour que la vie soit simplement.
44:17Pour que la vie soit simplement.
44:33tu t'incinérée le même jour et à la même heure.
44:35Que le pot de remerciement.
44:37Organisé à l'occasion de la fermeture du centre d'accueil.
44:40Ils sont tous partis.
44:41Oui.
44:44En appartement, il y a quatre familles.
44:46Est-ce que tu as appris que Victoria était décédée ?
44:48Oui.
44:49Tu le savais ?
44:51Mais tu le savais déjà toi ?
44:53Oui.
44:53Oui.
44:54Moi, je ne le savais pas.
44:55Oui.
44:56Bonjour.
44:56Elle est tombée.
45:00Ils auront fait un petit passage ici.
45:02Ils ont été bien accueillis.
45:03On a fait ce qu'on pouvait.
45:05Mais les pauvres, mon dieu.
45:07Vous avez été d'une générosité extraordinaire.
45:10On a vécu un temps partagé avec nos amis déplacés ukrainiens.
45:15Donc, je pense qu'il marquera nos mémoires.
45:18Et dans la mémoire des hommes, des femmes et des enfants
45:21qui ont été accueillis ici, je pense que ça va laisser des traces inoubliables.
45:24Je pense en particulier à l'une d'entre eux qui aujourd'hui a disparu malheureusement.
45:30Et c'est un grand chagrin pour nous tous.
45:31Et donc, voilà, je veux simplement tenez à vous exprimer ce remerciement extrêmement sincère de ma part.
45:39Nous devions donc d'être à la hauteur, nous Etat, pour accueillir dignement les ressortissants.
45:47Merci à vous tous.
45:48Et je ne pouvais pas concevoir qu'on ferme Optère sans se retrouver comme ça tous ensemble.
45:54Donc, merci à vous.
46:09Sabrina ne pouvait pas s'opposer à la décision de la communauté de communes.
46:13Elle devait donc se préparer tant bien que mal au déplacement de son école vers une classe inadaptée pour ses
46:18maternelles.
46:19Peut-être des détails finalement.
46:20Oui, mais...
46:22Parce que là, l'enfant qui sera couché dans le recoin, ce n'est pas forcément...
46:26Bon, c'est surtout qu'ici, celui après...
46:29Enfin, l'enfant qui voudra venir dans ce toilette, ce n'est pas sûr que...
46:33Donc, peut-être qu'on peut suggérer.
46:34Une question à poser.
46:36Puis bon, ce serait pas mal aussi pour nous en même temps.
46:38Oui.
46:38Qui pourraient nous servir aussi.
46:40Comme ça, les adultes...
46:40Le problème, c'est qu'il faudrait qu'ils soient un peu plus isolés s'ils devaient nous servir à
46:45nous aussi.
46:46Oui, c'est pour ça que je me suis dit des séparations, tu sais, comme sur les autoroutes.
47:00...
47:10Le mec a décidé de ne pas mettre ses gamins dedans.
47:13Non, non, non, on ne le sort que pas, là.
47:15Jamais.
47:16Mais là, parce que...
47:17Parce que vous voyez, vous voyez ici une salle de restaurant et une cuisine.
47:21Et c'est aux enseignants, les enseignants qui vont s'organiser de telle sorte, vous savez, dans une classe en
47:26fonction de l'âge...
47:27Lorsque je suis partie de la Prade, c'était, je l'ai dit, très douloureux.
47:33Mettre en carton le contenu d'une école, c'est quand même quelque chose de difficile.
47:39Il y a eu un jour avec beaucoup d'entraide, le jour J, le jour du déménagement où il y
47:46a des bras pour porter des cartons.
47:48On pose tout ça, et puis tout le monde s'en va.
47:53Et là, il reste moi, toute seule, assise sur un petit banc qui a été ramené.
47:59Et je pleure, en fait.
48:01Je pleure parce que je me dis, mais maintenant, comment je fais pour réorganiser tout ça ?
48:08Et là, je sens beaucoup de solitude.
48:11Quatre ans après, on ferme une classe.
48:14Donc à nouveau, il faut se réorganiser.
48:18Et puis, très vite, on apprend que c'est pas seulement une classe qu'on ferme, mais que c'est
48:23l'école qui va être fermée.
48:26Et qu'il va falloir encore mettre une école en carton, et déplacer toutes les affaires,
48:32et trouver une organisation dans des locaux qui, a priori, ne sont pas adaptés.
48:43Donc aujourd'hui, l'école rurale, c'est une école en carton ?
48:47Oui, peut-être, une école que l'on déplace jusqu'à ce que, finalement, elle ne soit plus rurale et
48:52arrive dans le milieu urbain.
49:07Du haut de leur HLM, en France, les familles de réfugiés gardaient en mémoire le petit village et son école.
49:15Irina et sa famille reçurent le droit d'asile, et ressentirent un certain soulagement à l'idée que l'armée
49:22russe ne passerait sans doute jamais par la ville de Cognac.
49:26Et même si Irina estimait ne pas bien parler français, elle aimait la France, ce pays qui lui avait donné
49:32la chance de reconstruire sa vie,
49:34maintenant qu'elle et son mari avaient trouvé du travail en usine.
49:37...
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