- il y a 13 heures
La Méditerranée et sa gastronomie... Nous allons tout d'abord en Grèce, où nous partons à la découverte du fromage de l'Ile de Céphalonie. Ensuite, direction la Tunisie, où la réputation internationale de la Harissa n'est plus à faire. Et enfin, nous nous intéressons au traitement des déchets grâce au lombric, l'occasion de passer également par la Corse. Année de Production :
Catégorie
📺
TVTranscription
00:05La Méditerranée et sa gastronomie en Grèce regardent sur le fromage de l'île de Céphalonie.
00:10En Tunisie, la réputation internationale de la harissa.
00:14Enfin, le traitement des déchets grâce aux lombriques, c'est en Corse.
00:38Dans l'ombre de la célèbre feta, un autre fromage grec revendique son authenticité.
00:43Sur l'île de Céphalonie, les habitants perpétuent la tradition d'un fromage affiné en fût, au goût et à
00:48la texture proche de la feta.
00:50Pourtant, il ne bénéficie pas de l'appellation d'origine contrôlée réservée à cette dernière.
00:55Une injustice, selon les producteurs locaux, qui défendent un savoir-faire pastoral ancestral.
01:09Céphalonie est la plus grande des îles lyoniennes.
01:12C'est aussi la plus sauvage, la plus montagnarde, la plus authentique.
01:21Sur cette île grecque, il y a quatre fois plus de moutons et de chèvres que d'habitants.
01:28Paganis Kotsoros possède un cheptel de trois sombres billets chèvres.
01:32Aujourd'hui, ce berger arpente avec sa fille Nicoletta cette terre grecque, comme on le fait dans sa famille depuis
01:38plus de cent ans.
01:41La légende dit que sur l'île de Céphalonie, l'élevage et la production de fromage existaient déjà du temps
01:46d'Homère.
01:47Depuis l'Antiquité, c'est ici, dans ces sentiers secrets, que prend naissance le goût du fromage traditionnel de l
01:54'île.
01:55Le lait des brebis et des chèvres chantent cette terre aride et racontent une histoire qui s'enracine depuis des
02:01siècles dans la flore de ces montagnes, dans les chardons et les camomilles sauvages.
02:11Les plantes de notre campagne sont parmi les meilleures.
02:15Ici, les animaux mangent de l'avoine, de l'orge et des plantes aromatiques.
02:21C'est pour ça que notre lait est parmi les meilleurs.
02:26Ce lait est l'une des clés de la production du fromage traditionnel de l'île grecque de Céphalonie.
02:32Entre novembre et juin, dans des fûts en bois, cet or blanc se transforme en fromage.
02:37Un fromage fait avec du lait de chèvre et de brebis, à la façon de sa célèbre sœur, la fêta
02:44grecque.
02:45Tous les jours, Paganis vend le lait de ses bêtes à un fromager de l'île, qui fabrique ce fromage
02:50traditionnel.
02:52Chaque jour, on produit près de 300 litres de lait.
02:55On fait la traite deux fois par jour.
02:56C'est comme ça qu'il faut faire pour des animaux en bonne santé.
02:59Un héritage pastoral que Paganis et sa femme Théodora transmettent avec amour à leur fille âgée de 5 ans.
03:09Elle adore ça. Elle aime beaucoup être avec son papa et les animaux.
03:16Chaque grec mange plus de 18 kilos de fêta par an.
03:20Ce fromage ferme, intense et friable, est l'emblème gastronomique de tout un pays.
03:26La fêta est protégée depuis 2002 par une appellation d'origine protégée.
03:30Une dénomination définie par un cahier des charges strictes, mais surtout par une ère géographique précise, concentrée exclusivement sur le
03:38continent grec et la seule île de l'Espos.
03:42Pourtant, à Céphalonie, il se murmure que la fêta est née ici et que l'île n'a pas su
03:48faire reconnaître son fromage traditionnel.
03:51On le produit dans près de 17 fromageries, grâce à une recette ancestrale.
03:55Un savoir-faire datant de plus de 2500 ans, qui donne vie à un fromage traditionnel qu'on appelle ici
04:03officieusement fêta.
04:08On prend le lait et on le pasteurise.
04:11On met dedans la présure qui contient une enzyme qui fait cailler le lait.
04:18Cela devient ensuite un fromage délicieux, avec un goût doux et piquant.
04:24Cette fromagerie familiale collecte chaque jour 3 tonnes de lait de brebis et de chèvres.
04:29L'entreprise produit tous les ans 2500 tonneaux de ce fromage traditionnel assez confidentiel.
04:35Car si sa recette et son goût sont très similaires à la fêta, il n'en a ni l'aura
04:40internationale, ni la même valeur marchande,
04:43quand on sait que la Grèce exporte près de 90 000 tonnes de fêta par an.
04:50La fêta de notre île n'est pas produite en grande quantité.
04:54La production n'est pas suffisante pour exporter dans le monde entier.
04:58Notre fêta locale est vendue surtout sur l'île aux restaurateurs, aux supermarchés,
05:03et une petite quantité est vendue hors de notre île, sur l'île d'Ithac et à Athènes.
05:10Historiquement, ce fromage s'affine dans des tonneaux en bois qui lui ont donné son nom officiel,
05:16fromage traditionnel de céphalonie en tonneaux.
05:19Une dénomination qui contrarie les habitants, qu'il appelle malgré tout, comme depuis toujours, fêta.
05:26Les premiers hommes qui ont fait de la fêta ont commencé à céphalonie.
05:33Aujourd'hui encore, la plupart des gens qui travaillent dans les ateliers de fromagerie de Grèce sont originaires d'ici.
05:40La fêta vient de céphalonie, mais ici, elle n'a même pas l'appellation de fêta.
05:43C'est ridicule.
05:45Quand ce fromage est servi au restaurant, il est servi comme de la fêta.
05:48Mais nous, on le vend comme un fromage en tonneaux.
05:54En 2024, l'export de fêta d'appellation d'origine protégée aurait rapporté près de 800 000 euros à la
06:01Grèce.
06:01Le fromage le plus consommé du pays est devenu le symbole d'une identité et des traditions culinaires de tout
06:08un territoire.
06:09À céphalonie, qu'il porte ou non officiellement l'appellation fêta,
06:13les habitants mangent ce fromage de mille façons, chaque jour et à toute heure.
06:20On peut manger de la fêta le matin avec de la confiture ou à midi avec un petit verre d
06:27'ouzo.
06:29Les Italiens ont l'expresso, nous, nous avons la fêta.
06:34On la cuisine en feuilletée au fromage, avec des tomates, en salade.
06:38On utilise aussi la fêta pour accompagner des haricots à l'huile.
06:41On la mange également seule avec de l'huile et du pain.
06:43On l'utilise beaucoup.
06:45J'ai été élevée avec la fêta de mon île.
06:47Je l'adore, c'est celle que je préfère.
06:50Cette île grecque est une terre de saveur.
06:53Dans ce vignoble de 10 hectares, les raisins mûrissent lentement,
06:57tournés vers la mer Ionienne et caressés par une brise chargée d'embrun.
07:03Marianakos Mettatou et Petros Marcantonatos
07:06produisent ici près de 85 000 bouteilles de vin par an,
07:10à partir de cépages, essentiellement grecs et locaux,
07:13qui se marient à merveille avec le fromage traditionnel de céphalonie.
07:17Les feuilles sont jolies.
07:19On doit couper ça ?
07:20Oui, ça on va le couper. L'autre, on le garde. Ce sera bien.
07:24En plus de travailler avec la nature,
07:26ils font équipe avec les moutons et les bergers de l'île.
07:31Ici, nous essayons de pratiquer une agriculture durable.
07:34Chaque hiver, des moutons viennent au milieu des vignes.
07:37Ce sont nos tondeuses naturelles.
07:39Ils mangent toutes les mauvaises herbes
07:40et en retour, ils nous offrent un engrais naturel.
07:45De cette façon, nous n'avons pas besoin d'utiliser de pesticides ou d'herbicides dans le vignoble.
07:50Tout est fait manuellement, par les moutons ou par l'homme.
07:55Leur vin tient sa saveur minérale du microclimat de cette terre calcaire,
08:01lovée entre mer et montagne.
08:04Il y a une grande proximité entre les collines, les montagnes et la mer,
08:08donc la brise maritime souffle sur le vignoble en allant vers la montagne.
08:13Ce qui rafraîchit l'ensemble du secteur
08:15et inversement selon les moments de la journée.
08:18Tout cela crée des conditions climatiques exceptionnelles
08:20pour produire un vin d'une grande finesse.
08:26Parmi la dizaine de vins qu'ils vendent,
08:28leur produit iconique est le Robola,
08:30un vin typique de céphalonie.
08:33Un vin blanc sec, minéral et citronné,
08:35à la couleur presque cristalline,
08:37qui s'accorde parfaitement avec les fromages de l'île.
08:41Ici, on a de la feta et d'autres fromages locaux,
08:44de la graviera, de l'anfotiro à l'origan
08:46et de la prensa, qui est un fromage typique de notre île.
08:51Le fromage de notre île est très crémeux.
08:53Ce goût de crème presque beurré s'accorde à merveille
08:56avec l'acidité et les notes d'agrumes que l'on trouve dans le vin Robola.
09:01C'est un équilibre parfait.
09:04Le fromage est toujours associé à de beaux moments.
09:08Il fait partie des souvenirs en famille.
09:11À chaque fois que je le vois sur la table,
09:13cela me rappelle tous ces instants de convivialité passés avec mes parents.
09:17Le fromage était toujours là.
09:19Des traditions culinaires, viticoles et pastorales
09:24qui rassemblent et unissent les habitants de cette île
09:27aux trésors gourmands cachés,
09:30presque gardés secrets,
09:31entre les vagues et les sommets.
09:41En décembre 2022, la harissa tunisienne a rejoint la liste
09:45du patrimoine culturel et matériel de l'humanité
09:47aux côtés de la baguette française et du rail algérien.
09:50Cette purée de piment, emblème de la cuisine tunisienne,
09:53a ainsi gagné une reconnaissance mondiale,
09:55qu'elle soit artisanale ou industrielle.
09:57La harissa s'exporte désormais sur les cinq continents,
10:01symbole épicé de la culture culinaire du pays.
10:12Ces piments ont séché pendant des semaines
10:15sous le soleil brûlant du Cap Bon.
10:18Imède Atigue tient entre ses mains un trésor,
10:22un ingrédient qui va lui permettre de confectionner en famille,
10:26dans son atelier de Nabeul,
10:28le produit signature de la gastronomie tunisienne,
10:31la célèbre et piquante harissa.
10:33Frais, il pesait 25 kg.
10:36Séché, il ne pesait que 3,5 kg.
10:38Tu vois ? Voilà.
10:40Donc, après avoir stocké tout ça, séché, stocké,
10:44on va passer directement à la production de l'harissa.
10:46C'est simple.
10:47Donc, les ingrédients principaux seraient
10:50les piments, de l'ail et du sel.
10:53C'est tout.
10:56Les piments séchés sont d'abord réhydratés.
10:59Tous les ingrédients passent au hachoir
11:014 ou même 5 fois pour obtenir une belle texture.
11:06Vous savez pourquoi on l'appelle harissa,
11:08le nom harissa, non ?
11:09Oh !
11:10Alors, harissa,
11:12c'est un nom dérivé d'un verbe.
11:18C'est le verbe harassa.
11:20Harassa, ça veut dire, en tunisien, en arabe,
11:22ça veut dire écrasé et concassé.
11:24Après la fabrication, place à la dégustation.
11:27La recette de la harissa traditionnelle est intangible.
11:30Piment, ail, sel, coriandre.
11:33Mais pour le reste,
11:34Imédatig laisse vagabonder son imagination.
11:37Farte, farte, farte.
11:38Plus farte, quoi, plutôt.
11:39Piment fumé, gingembre et épices
11:41viennent agrémenter ces préparations.
11:44Alors, première impression ?
11:46Piquante ?
11:47Piquante, mais délicieuse.
11:49Moi, je la tartine comme de la confiture sur le pain.
11:53Il n'y a pas un foyer où vous allez,
11:56il n'y a pas un pot d'harissa, quoi.
12:00C'est automatique.
12:02Vous mettez, quand vous commencez à cuisiner,
12:05vous mettez l'huile,
12:06je ne sais pas ce que vous allez mettre après,
12:07de l'ail, de l'oignon, etc.
12:09Mais la cuillère ou les deux cuillères d'harissa,
12:11c'est automatique.
12:12Donc, c'est celle-là qu'on veut vraiment garder.
12:14À la base de la harissa,
12:16le mesqui,
12:17le piment emblématique de la région du Cap Bon,
12:21ou alors le baklouti.
12:24On gardait toujours une variété du bled,
12:27une variété locale,
12:28connue,
12:29qui peut résister,
12:30même au changement climatique aussi.
12:32Tu vois, elle est adaptée à nos sols.
12:35Mais il y a surtout un savoir-faire ancestral
12:37qui a conduit l'UNESCO à classer en décembre 2022
12:41la harissa tunisienne au patrimoine immatériel de l'humanité.
12:47On a trouvé que d'autres pays
12:50profitaient d'un vide.
12:53Ils produisaient une sauce piquante
12:55qu'on ajoute parfois,
12:56des carottes,
12:58parfois d'autres légumes.
12:59Et on appelait ça tout simplement l'harissa du Caban.
13:01Même en Chine aussi,
13:03c'est des Chinois aussi
13:04qui produisaient une sauce
13:06très piquante
13:07qui n'a rien à voir avec l'harissa tunisienne.
13:09Et on appelait ça
13:11harissa du Caban.
13:12Donc c'était l'idée
13:13et vraiment c'était le temps
13:15de trouver une solution.
13:17Comme ça,
13:18on essaye de protéger
13:19cette fameuse sauce.
13:22Un classement
13:23qui fait la fierté
13:24de toute une région,
13:26de tout un pays.
13:29Chaque année,
13:30depuis 2015,
13:31Nabel célèbre
13:32la fête de la harissa
13:33et du piment
13:34organisée par Rafik Tlatli.
13:37Dans son restaurant,
13:38le chef nous présente
13:39différents types de harissa,
13:42industriels,
13:43traditionnels
13:43ou en poudre.
13:46Pour nous Tunisiens,
13:48c'est naturel
13:49qu'on ait
13:50à la maison
13:50ou au restaurant
13:51de l'harissa
13:53sur la table
13:53pour manger,
13:54pour assaisonner
13:55et rendre piquant
13:56notre manger
13:58parce que
13:58c'est un plaisir
14:00d'avoir la bouche en feu.
14:03Alors,
14:03on va vous faire
14:05quelque chose de bon.
14:05C'est la hoja nabelienne
14:07au merguez.
14:09Dans sa cuisine,
14:11Rafik Tlatli
14:11nous livre
14:12une recette traditionnelle.
14:14Mais ce qu'il aime
14:16par-dessus tout...
14:18On ajoute ensuite
14:19de la harissa
14:21juste pour rendre
14:22légèrement piquant
14:24notre jarre.
14:25C'est allié,
14:27ce condiment du quotidien
14:28et la cuisine sophistiquée.
14:31craquant sous la dent.
14:33Mais il se sent encore
14:34un peu seul
14:35dans cette démarche.
14:36L'oeuf baveux.
14:37Je voudrais bien
14:38que nos chefs nous suivent
14:39et commencent
14:40à faire des créations
14:41ou des créativités
14:42avec l'harissa
14:43dans un plat.
14:45Il faut se multiplier.
14:46Il ne faut pas
14:47qu'il y ait quelqu'un
14:47seulement qui fait
14:50cette initiative.
14:51Il faut qu'il y ait
14:52beaucoup de monde
14:53et surtout à l'étranger
14:54et qu'on consomme
14:55harissa.
14:57Porte d'entrée
14:58du Cap Bon,
14:59Nabel est réputé
15:00pour sa cuisine épicée.
15:02Sur le marché,
15:03il y en a
15:03pour tous les goûts,
15:05y compris en matière
15:06de harissa.
15:13À Nabel,
15:14chaque saison
15:14a sa harissa.
15:16On a la harissa d'été
15:17qui est la harissa
15:18cuite à la vapeur
15:19et on a la harissa arabe
15:21avec les piments frais
15:23qui sont séchés.
15:24On a aussi le rousse,
15:25une purée
15:26de piments frais
15:27et en mai,
15:28à la saison
15:29de la menthe fraîche,
15:30on fait l'omelette de mai.
15:33Sur les étals,
15:34on trouve aussi
15:35de la harissa industrielle.
15:38Ce jour-là,
15:39le responsable
15:40commercial
15:41et marketing
15:41de la société
15:43Le Phare du Cap Bon
15:45participe
15:45à la livraison.
15:49J'essaie de prendre en photo
15:50pour essayer de poster
15:51sur la page Instagram.
15:52Ça a donné quelque chose
15:54de plutôt sympa.
15:55donc on en est contents,
15:57je crois.
15:59La marque,
16:00créée en 1946,
16:02fait partie du paysage.
16:04C'est la première concert
16:05d'harissa qui est sortie.
16:06Donc ce projet
16:08est très connu
16:08ici à Nabal,
16:09donc même auprès
16:11des marchands.
16:12La harissa
16:13est tellement indissociable
16:14de la Tunisie
16:14qu'un jeu de société
16:15porte son nom.
16:17Créé par un Tunisien
16:18installé en France,
16:19il s'adresse
16:19à ses compatriotes
16:20restés au pays
16:21comme à ceux
16:22de l'étranger.
16:22il propose des questions
16:24de culture générale
16:25tunisienne.
16:25Quel gouverneur rat
16:27tunisien est connu
16:28pour sa harissa
16:28et ses agrumes ?
16:29Sidi Bouzid ?
16:30Il n'y a pas d'agrume
16:31en Tunisie ?
16:32Nabal ?
16:33Nabal !
16:37C'est nostalgique
16:39pour eux,
16:39donc ils peuvent même
16:40l'acheter comme cadeau
16:41et partager
16:42avec leurs amis étrangers.
16:44C'est pour un moment
16:45de partage,
16:45un moment piquant.
16:49Et attention,
16:50pour le perdant,
16:52ça peut même être
16:53un moment très piquant.
17:02puisqu'il devra avaler
17:04une cuillère
17:04de harissa,
17:08ce symbole national
17:10de la Tunisie
17:10que l'on trouve
17:12dans la boîte de jeux.
17:23Il travaille dans l'ombre
17:25mais son rôle est essentiel.
17:26Le ver de terre,
17:27véritable architecte du sol,
17:29l'air,
17:29limite son érosion
17:30et favorise sa fertilité.
17:32A Portich,
17:33auprès d'Ajaccio,
17:33un élevage de lombriques
17:35met en lumière
17:35leur importance
17:36dans la transition
17:37agro-écologique.
17:48Dans cet hôtel
17:504 étoiles
17:50près d'Ajaccio
17:51se trouve
17:52une drôle de poubelle.
17:55On arrose régulièrement
17:57pour donner
17:58un maximum d'humidité.
17:59C'est tout ce qu'on fait
18:01au niveau
18:02entretien régulier.
18:04Pas de sac,
18:05mais des verres de terre
18:06par milliers
18:07qui ont pour mission
18:08de manger tous les biodéchets
18:10des cuisines du restaurant.
18:11Avant,
18:12ça passait
18:13tout bêtement
18:14dans la poubelle.
18:15Donc imaginez
18:153-4 tonnes de poubelle
18:17en moins par an.
18:18C'est tout bénéfique
18:19pour tout le monde.
18:20Pour avoir des déchets verts,
18:20il faut travailler
18:21du produit frais.
18:22Ce qu'on récupère,
18:23on prépare un bac.
18:25On regroupe tout ce qu'on peut mettre
18:26dans le compost.
18:28Ça nous permet aussi
18:29de faire un vrai tri
18:31et de pouvoir un peu mieux gérer
18:33ce qu'on jette
18:33et aller voir
18:34vraiment si on a des grosses pertes.
18:36Les verres de terre
18:37se nourrissent essentiellement
18:38des pluchures,
18:39mais il faut faire très attention
18:41à ne pas tout jeter.
18:42C'est là qu'on verse
18:44tout ce qui est végétal.
18:47Pelure de pommes de terre,
18:48pelure de carottes.
18:49Par contre,
18:51aucun pamplemousse,
18:52aucun agrume.
18:53On les tue.
18:54On les tue,
18:55on les brûle
18:56et ils meurent.
18:57Le repas préféré
18:58dans la petite sucrerie,
19:00c'est melon pastèque.
19:01Alors ça,
19:03un petit dessert.
19:04Ils adorent.
19:05Et là,
19:06il y en a des millions là-dedans.
19:07Et chacun a son prénom.
19:09Non, c'est le bac.
19:12Un verre peut manger
19:14jusqu'à deux fois son poids
19:15en biodéchets par jour.
19:17Raison pour laquelle
19:18le lombré-compostage
19:19est devenu tendance
19:20dans les hôtels,
19:21car c'est l'un des moyens
19:22les plus écologiques
19:23pour recycler.
19:24Moi, j'ai signé
19:26Banco tout de suite.
19:27Et au début,
19:28c'était un peu difficile
19:29pour rallier
19:30toute mon équipe.
19:32Maintenant,
19:33c'est 100%
19:34ils sont tous dedans.
19:35On en a parlé
19:35un peu autour de nous.
19:37Ça a déjà fait des émus
19:38de la droite à gauche.
19:39Il y a certains hôteliers
19:39et restaurateurs
19:40qui ont fait la même chose.
19:43Aujourd'hui,
19:44Jonathan,
19:44qui lui a fourni les verres,
19:46vient contrôler
19:47les populations.
19:48Oh, Claude,
19:49t'es déjà là ?
19:49Salut, ça va ?
19:50Impeccable.
19:52La forme ?
19:53Ça va ?
19:54Bonjour.
19:55Bien ?
19:55Oui, bien, bien.
19:57Alors ?
19:57Ça se passe bien.
19:58Regarde ça.
20:00Il y a de la vie.
20:02Magnifique.
20:03Donc là,
20:03on fait un petit contrôle,
20:05on va dire,
20:06une, deux fois par mois.
20:08Et il arrive
20:09que des fois,
20:09pendant deux mois,
20:10je ne vais pas passer du tout
20:12justement pour laisser
20:13en l'état.
20:15À chaque fois,
20:15je fais des nouvelles découvertes
20:17et je suis assez émerveillé
20:20d'une technique,
20:23à mon avis,
20:24je ne vais pas dire révolutionnaire
20:26ni innovante
20:27parce qu'en fait,
20:28ça a toujours existé,
20:29mais je pense que c'est
20:30une méthode oubliée.
20:32Attiré par l'humidité du sol
20:33mais craignant la lumière,
20:35le ver de terre
20:36est un animal très intelligent
20:37qui parvient
20:38à autoréguler
20:39sa population.
20:40Il ne va pas se reproduire
20:43si les conditions
20:45ne sont pas réunies.
20:46Il fait trop chaud,
20:47il fait trop froid,
20:48ce n'est pas assez humide,
20:50il n'y a pas assez de nourriture
20:52ou alors il y a une saturation
20:54démographique
20:54de la population
20:55des lombriques.
20:56Il arrête.
20:57Soit il ralentit
20:58son activité,
20:59soit tout simplement
21:00il se laisse mourir.
21:01Et justement,
21:03ce particulier
21:03voudrait installer
21:04un lombré-composteur
21:05dans son jardin.
21:07Il est venu voir
21:08à l'hôtel
21:08à quoi s'attendre.
21:09C'est un procédé intéressant.
21:11Tout le monde de chez moi,
21:11ma famille m'a dit
21:12ça va sentir mauvais,
21:14ça va attirer les rats,
21:15etc.
21:15Mais en fait,
21:16on s'aperçoit que non,
21:17il n'y a pas d'odeur.
21:18Donc finalement,
21:19c'est très simple,
21:20j'ai l'impression
21:21que c'est très simple à faire.
21:22Moi, à titre particulier,
21:23je pense que ça peut
21:24être une vraie solution.
21:25Et pourtant,
21:26le ver de terre
21:27n'est pas très ragoûtant
21:28et la même mauvaise réputation.
21:29Mais il est essentiel
21:31pour la biodiversité.
21:33Retrouvons Jonathan
21:34dans son élevage.
21:36On lui prépare
21:37la petite couverture
21:38de l'hiver.
21:39La terre rejetée
21:41par les vers
21:41que l'on appelle l'humus
21:42est riche en éléments
21:44et permet de nourrir le sol.
21:46C'est ce qui donne
21:46son goût unique
21:47aux fruits et aux légumes.
21:49Il travaille le sol.
21:50Il n'a pas de RTT, lui.
21:52Il n'a pas de congé payé,
21:53rien.
21:54C'est 24 heures sur 24,
21:567 jours sur 7,
21:57toute l'année,
21:58toute sa vie.
21:59Le ver de terre avance.
22:01Il avance.
22:02Il ramène de l'oxygène
22:03à l'intérieur
22:04par l'intermédiaire
22:05de ses galeries.
22:06Donc plus il y en a,
22:08plus le sol est aéré,
22:10donc plus il y a
22:11de l'oxygène,
22:12plus il y a de la vie.
22:13Et aujourd'hui,
22:14on a une grosse problématique.
22:15Il y a une érosion des sols
22:17parce que le ver de terre
22:18est en train de disparaître.
22:19À Ajaccio,
22:20les particuliers
22:21peuvent se doter
22:22de ver de terre gratuitement
22:24et ce n'est pas la peine
22:25d'avoir un jardin.
22:26Sylvie a installé
22:27un lombri-composte
22:29sur sa terrasse
22:30en pleine ville.
22:31Ah oui,
22:31c'est possible,
22:32tout à fait génial.
22:32Oui,
22:32si vous avez un balcon
22:33ou de quoi l'espace
22:34pour le mettre,
22:35oui,
22:35ça ne prend pas
22:36beaucoup de place.
22:37Et comme les autres,
22:38ils adorent les fruits.
22:40voilà,
22:40là,
22:40j'ai une banane
22:42bien,
22:43ça va leur plaire,
22:44ça.
22:44Elle est bien noire,
22:45mais le fruit est bien.
22:46Ils les épluchent,
22:47voilà,
22:48pommes de terre,
22:48carottes,
22:49le classique,
22:49on a à la maison,
22:50voilà,
22:51et on dépose tout ça dedans.
22:53Et aussi le carton,
22:54ils adorent le carton,
22:55c'est du chocolat.
22:56Si vous voulez leur faire plaisir,
22:57vous leur donnez du carton.
22:58Ce lombri-composte
22:59est un petit modèle à étage,
23:01très pratique,
23:02car il ne prend
23:03que très peu de place.
23:04Voilà,
23:05vous faites
23:06votre petite réserve,
23:08vous leur mettez
23:08leurs petites choses comme ça.
23:09Si j'enlève,
23:10voilà,
23:10vous allez venir voir,
23:11voilà.
23:13Et ça,
23:13vous le mélangez au compost,
23:15au compost,
23:15au terreau.
23:17C'est pratiquement
23:17une pâte,
23:19vous voyez,
23:19c'est de la terre,
23:20comme de la terreau,
23:21c'est tout un biotope
23:22qui est dedans.
23:23Il y a encore un étage,
23:24c'est un étage
23:24où il y a le jus,
23:25on appelle ça le jus.
23:26Alors,
23:27je vais vous montrer
23:27comment on le récupère.
23:29Ça,
23:29c'est un petit robinet,
23:30vous le passez là
23:31et vous allez récupérer
23:32le jus du compost.
23:33Hop,
23:34pardon.
23:35Voilà.
23:38j'en mette un tiers.
23:41Voilà.
23:42Hop.
23:43Ça,
23:43il est pur là.
23:44D'accord ?
23:45On peut mettre
23:45pratiquement de l'eau jusqu'ici
23:47et le remplir,
23:47c'est un litre.
23:48Voilà,
23:48au litre.
23:51Voilà,
23:51on va mettre
23:52le jus de verre de terre
23:53dans les fraises,
23:55un petit peu partout.
23:56Là,
23:57il y en a une là,
23:58il y en a une là
23:58qui donne aussi,
23:59il y en a là,
23:59ça part.
24:00Non,
24:00mais vraiment,
24:01ça fonctionne bien.
24:02Une démarche
24:03qu'elle estime
24:04très importante
24:05pour la planète.
24:05On est en ville,
24:06donc si on ne le fait pas
24:08dans...
24:08Voilà,
24:09le résultat,
24:09les poubelles sont pleines,
24:10ça pue,
24:11c'est un genre,
24:11on ne sait plus quoi en faire
24:12et voilà,
24:14là,
24:14ce ne sont que des petites choses
24:15comme les épluches
24:15sur des choses comme ça,
24:16mais ça peut déborder.
24:18Souvent,
24:19on ne sait pas trop quoi en faire
24:20ou les mettre
24:20et quoi que ce soit.
24:21Mais j'ai fait ça
24:22pendant très longtemps
24:23et ça marche.
24:24Sylvie n'est pas la seule
24:25à disposer
24:26d'un tel compost en ville.
24:28Ah, Jacques-Cio,
24:28la question ne surprend plus
24:30car en 2025,
24:32ces débats environnementaux
24:33sont au cœur des discussions.
24:35Est-ce que vous,
24:36ça vous viendrait à l'esprit
24:37de mettre des verres de terre
24:38sur votre terrasse
24:38ou sur votre balcon ?
24:39Oui,
24:40l'idée m'est venue,
24:41je ne suis pas passé à l'acte,
24:42mais moi...
24:43Oui, oui,
24:43ça peut être en ville,
24:44on peut faire
24:46sur une terrasse,
24:47tout à fait,
24:48ce qui est préservation
24:49de la nature,
24:50tout ce qui est déchets,
24:50il y a trop de déchets,
24:52on ne sait pas quoi en faire,
24:53les jeter,
24:54les...
24:54Enfin, voilà,
24:55là,
24:55on peut faire quelque chose,
24:56peut-être produire,
24:57après,
24:57on plante des tomates
24:58dans le compost.
25:00Naturellement,
25:01les verres de terre,
25:02ce sont eux
25:03qui font...
25:04qui créent les sols,
25:05eux qui mangent
25:05les détritus
25:06et qui enrichissent
25:09les sols.
25:10Jonathan a plusieurs autres
25:11projets d'installation
25:12de l'ombré compost,
25:13comme par exemple
25:14dans un EHPAD,
25:15comme on le voit
25:16sur ces images,
25:17ou encore
25:18dans des entreprises privées.
25:20Qu'importe le lieu,
25:21pourvu que les composts
25:23à verres de terre
25:23se multiplient
25:24pour le bien
25:25de la planète.
25:25C'est à quoi ça ?
25:31Méditerranéo est terminé
25:32pour cette semaine.
25:33A bientôt
25:34pour de nouvelles découvertes
25:35en Méditerranée.
25:51Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires