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  • il y a 2 jours
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées.

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Transcription
00:01Bonjour Stéphanie Riste. Bonjour Jeff Wittenberg. Merci d'être avec nous ce matin. On l'entendait dans le journal de
00:068 heures. Aujourd'hui auront lieu les obsèques de l'IANA.
00:09Ce drame continue de bouleverser les Français et d'alimenter une grande colère contre les failles du système judiciaire qui
00:15n'a pas pu empêcher la survenue de ce crime.
00:18On va parler des mesures que vous préconisez notamment et que vous allez mettre en œuvre à la tête du
00:23ministère de la Santé.
00:24Mais d'abord, est-ce que vous estimez, comme Emmanuel Macron, comme le président, que c'est la question de
00:29la confiance en nos institutions qui est posée ?
00:31C'est ce qu'il a dit au Conseil des ministres.
00:34Permettez-moi d'abord, aujourd'hui, on va enterrer une jeune fille de 11 ans, de m'associer à la
00:40famille, à la tristesse de la famille, évidemment, à la tristesse aussi des Français que j'ai rencontrés.
00:46Et évidemment, toute une pensée pour eux, évidemment, aujourd'hui.
00:52Pour répondre à votre question, je crois qu'il y a effectivement une détermination de notre gouvernement à renforcer cette
01:02confiance qu'on voit déstabiliser.
01:04Les manifestations ont montré un doute dans cette confiance dans les institutions.
01:09Une colère aussi, madame la ministre.
01:11Évidemment, une colère qu'on partage.
01:13Une révolte contre le fait que la justice n'ait pas pu empêcher ce crime.
01:17C'est révoltant une jeune fille qui est tuée par un prédateur.
01:22Je rappelle que le meurtrier est responsable de cette mort.
01:26Mais ça n'éloigne pas d'éventuelles responsabilités individuelles ou collectives qui seront mises en avant par les enquêtes qui
01:33sont démarrées, qui ont démarré et qui seront rendues publiques, comme l'a dit le Premier ministre.
01:37Madame Risse, vous dites que ça n'empêche pas les responsabilités collectives.
01:40Est-ce que l'État, pour vous, est coupable, tout simplement ?
01:43Vous savez, quand on est ministre et qu'on se lève le matin pour travailler, moi je suis ministre de
01:47la Santé, des familles, évidemment qu'on se sent responsable.
01:51Évidemment qu'on se sent une charge importante pour protéger les Français.
01:56Et donc, encore une fois, je crois qu'il faut regarder les choses les unes après les autres.
02:01Aujourd'hui, c'est le temps de l'émotion, évidemment.
02:04Il y a le temps des enquêtes indépendantes qui seront rendues en toute transparence publique, qui évaluera des responsabilités individuelles
02:12ou collectives.
02:13Et puis, il y a le temps de l'action.
02:15Et vous savez, dire la vérité aux Français, c'est aussi dire les actions qu'on a menées depuis 2017
02:20sur ce sujet.
02:22Vous croyez, et ce sera ma dernière question sur l'ambiance générale que génère cette affaire,
02:28que lorsque le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, votre collègue, vient s'excuser à une heure de grande écoute,
02:33expliquer que, comme il comprend que les Français, je le cite, soient terrifiés par de telles défaillances de la justice,
02:40et qu'il ne songe pas lui-même à démissionner comme certains le lui demandent, est-ce que c'est
02:44cohérent pour vous ?
02:45Je rappelle que ce n'est pas Gérald Darmanin qui a tué malheureusement cette jeune fille.
02:49D'autre part, il va y avoir des responsabilités individuelles, collectives, qui vont être mises en évidence,
02:56probablement par les rapports, les enquêtes qui sont en cours.
02:58Mais ça ne dédouane aucun ministre, vous savez, de ce gouvernement.
03:02Je suis ministre des Familles. Je ne me sens pas dédouanée de la responsabilité qui est la nôtre.
03:07Ce que je sais, c'est qu'avec Gérald Darmanin, depuis que je suis arrivée ministre,
03:11nous avons travaillé un texte de loi pour améliorer la protection de l'enfance qui arrivera au mois de juillet.
03:16On va en parler maintenant. Justement, vous faites partie des ministres aussi qui ont été réunis par Sébastien Lecornu cette
03:21semaine.
03:22Votre mission, c'est la protection de l'enfance, à la tête du ministère de la Santé et des Familles,
03:26on le rappelle.
03:26Il y avait un texte de loi qui avait été présenté le 27 mai au Conseil des ministres, précisément sur
03:31la protection des enfants.
03:33Alors, il y avait une mesure phare qui était de généraliser l'attestation d'honorabilité,
03:38c'est-à-dire que l'on sache, lorsque l'on confie des enfants, à qui on les confie, qu
03:42'est-ce qui a changé et qu'est-ce qui va changer, précisément ?
03:45Ce qui est important de redire, c'est qu'en 2017, les politiques de protection de l'enfance n'existaient
03:51pas.
03:51Il n'y avait pas de création d'unité, peut-être on en reparlera après, d'unité d'accueil pédiatrique
03:57pour les enfants en danger.
03:58Il n'y avait pas de politique de prévention des mille premiers jours qu'Adrien Taquet a porté
04:03et qui permettent de mettre des moyens sur la prévention.
04:06Il n'y avait pas non plus de notion de certificat d'honorabilité qui ont été mises en place dans
04:11certains secteurs,
04:12la toute petite enfance, qui nous a permis d'éloigner plus de 6 000 personnes au contact d'enfants qui
04:18auraient été à risque.
04:18Oui, mais pardon, excusez-moi, mais le bilan n'est pas bon finalement.
04:22Vous avez fait peut-être beaucoup de choses depuis 2017, mais...
04:24Mais je dis ça en toute humilité, évidemment, je dis ça en toute humilité.
04:29Mais la vérité, c'est aussi que nous avons agi et que nous devons continuer d'agir.
04:33C'est pour ça que nous proposons un texte de loi qui va permettre de continuer d'agir.
04:38Pour répondre à votre question sur le certificat d'honorabilité,
04:41nous l'étendons à toutes les personnes qui pourraient être en contact auprès d'enfants,
04:46que ce soit dans le secteur de la santé, de l'éducation, du périscolaire.
04:49Et donc, c'est une réponse importante qui permettra d'éloigner des prédateurs des enfants.
04:54Alors, comment est-ce qu'on peut être sûr que les prédateurs, justement, ne passent pas à travers les mailles
04:59du filet ?
04:59Parce que, je rappelle, le certificat d'honorabilité, c'est en quelque sorte une sorte de casier judiciaire plus-plus
05:04où on montre qu'il n'y a jamais eu de condamnation, ni même de mise en examen,
05:08par rapport à des faits qui toucheraient à des crimes ou des problèmes sexuels.
05:15Mais est-ce que c'est imparable comme mesure, en quelque sorte ?
05:19D'abord, pour répondre à votre question, ça a été mis en place déjà, c'est ce que je disais,
05:22et ça a permis d'éloigner plus de 6 000 personnes.
05:24Donc, on voit que c'est quelque chose qui est efficace.
05:28À admettre que le risque zéro n'existe pas, vous savez, je suis médecin,
05:33et le risque zéro, il faut aussi dire la vérité.
05:37Personne, aucune loi, aucune politique pourra retirer l'ensemble des risques.
05:44Notre responsabilité, elle est d'agir pour prévenir au maximum les risques.
05:49Et ce certificat d'honorabilité que nous allons rendre transversal entre tous les secteurs,
05:55que toute personne qui sera à côté d'un enfant...
05:57Qui comprenez les béliciteurs qui viendront garder un enfant à titre privé.
06:02En fait, ce certificat d'honorabilité va permettre de croiser des fichiers,
06:05des fichiers de la justice qui permettront de dire qu'une personne a déjà eu un problème
06:11parce que, pour suspicion...
06:13Pas nécessairement une condamnation.
06:15Non, pour suspicion de faits d'actes de violence sexuelle auprès des enfants.
06:20Vous l'avez rappelé, vous êtes vous-même médecin.
06:22Que peuvent faire les médecins eux-mêmes ?
06:23Est-ce que les choses vont changer aussi dans ce domaine
06:26pour prévenir, encore une fois, d'éventuels crimes comme celui qu'on vient de connaître ?
06:31Oui, je fais des travaux actuellement avec les professionnels de santé
06:34pour voir, est-ce que les signalements, quand ils sont face à une famille et à un enfant en danger,
06:40est-ce que le signalement se fait facilement ?
06:42On a à simplifier le mode de signalement des professionnels de santé face à un enfant en danger.
06:48On a aussi à former l'ensemble des professionnels qui sont en contact avec les enfants.
06:55Ça se fait déjà dans certaines équipes.
06:56Nous devons renforcer ça.
06:58Pour vous comprenne bien, Mme Ries, par exemple, les médecins sont soumis au secret médical.
07:03Est-ce que lorsqu'ils entendent des choses, ils doivent communiquer ?
07:06Est-ce que les choses doivent changer dans ce domaine, selon vous ?
07:09Alors, il faut, un, que quand ils ont décidé de signaler,
07:13ils puissent le faire et que ce soit efficace.
07:15Ça, ça existe déjà.
07:16Et deux, nous travaillons, et c'est ce que je vous dis,
07:18nous travaillons avec l'ensemble des ministres d'ailleurs
07:21à voir comment renforcer le texte de loi.
07:24Et je travaille avec les professionnels de santé
07:25pour voir si une obligation est nécessaire
07:28ou si les mesures d'efficacité sont celles de la simplification du signalement.
07:33Une obligation de révéler d'éventuels doutes
07:38ou d'éventuels soupçons dans une famille, par exemple,
07:40qu'aura entendu un médecin, c'est bien ce que vous proposez ?
07:42Oui, de recueillir la parole de l'enfant
07:44et quand ils ont des soupçons, de signaler.
07:46Actuellement, ils le font.
07:47L'obligation, donc, de lever le secret médical.
07:49Ils ont la faculté de le faire.
07:50Ce qui est très important aussi, c'est qu'on puisse protéger
07:52ces professionnels de santé qui vont signaler.
07:54Et c'est ce sur quoi je travaille avec eux en ce moment.
07:57Le Premier ministre a dit le 9 juin,
07:59c'est devant les députés,
08:01que les nouvelles dispositions,
08:04le projet de loi qui sera présenté aux députés en juillet
08:07serait prêt, je le cite, dans 10 jours.
08:09Ça nous amène au 19 juin.
08:10Est-ce que vous confirmez qu'on va avoir très vite
08:12les dispositions que vous esquissez ce matin
08:14et un projet de loi clair et net dans ce domaine ?
08:18Ce texte de protection des enfants
08:20qui me tient particulièrement à cœur
08:21puisqu'il concerne une partie des enfants confiés
08:24à l'aide sociale à l'enfance
08:25que nous avons porté avec Gérald Darmanin
08:27présenté le 27 mai.
08:29Nous voulons y rajouter probablement des mesures
08:32qui vont permettre d'augmenter
08:34cette protection des défenses.
08:36Est-ce qu'on le connaîtra effectivement la semaine prochaine ?
08:38Ce texte doit passer à l'Assemblée au mois de juillet,
08:41ce qui veut dire qu'il faut un conseil des ministres avant
08:43pour pouvoir rajouter des mesures,
08:45ce que nous allons faire.
08:46On va parler d'un tout autre sujet
08:47parce que vous êtes ministre,
08:48mais vous êtes aussi député au départ,
08:50vous avez été élu et réélu député du Loiret,
08:52vous faites partie du parti Renaissance
08:54et il n'a échappé à ces personnes
08:56que dans ce bloc central, Renaissance et ses alliés.
09:00Il y a une compétition aujourd'hui,
09:01la présidentielle est dans un an,
09:02Edouard Philippe et Gabriel Attal sont tous les deux candidats,
09:05est-ce que vous avez fait votre choix personnellement ?
09:07Vous savez, les Français auront à choisir
09:08et j'aurai à choisir aussi,
09:10comme les Français,
09:11dans un an à un président de la République.
09:13Je suis ici ministre,
09:15je vous ai dit le travail sur la santé,
09:17sur les familles...
09:18Et le Premier ministre, c'est vrai,
09:20je ne le renie pas,
09:22mais là je suis engagée auprès du Premier ministre,
09:25avec, il l'a dit,
09:26avec un sort de détachement
09:28par rapport aux affaires politiques
09:29et dans des moments comme nous vivons en ce moment...
09:31Il y a des ministres qui se sont prononcés,
09:33pardon, M. Lescure, par exemple,
09:34il soutient Gabriel Attal,
09:36donc vous, vous ne soutenez personne pour l'instant.
09:38Mais écoutez, pour l'instant,
09:39moi en tout cas, je suis à mon travail
09:43et j'en ai vraiment beaucoup,
09:44je vous promets,
09:45pour continuer à protéger au maximum les Français.
09:47Merci Stéphanie Riste.
09:48Alors on va dire quelques mots
09:50pour finir sur...
09:52à propos des 4 V d'hier,
09:54dans lesquels nous recevions Sébastien Chenu.
09:57Et alors qu'il était interrogé
09:58sur les spectacles donnés par Jean-Luc Laé
10:00dans des municipalités RN,
10:01une erreur d'illustration a été commise.
10:04C'est le visage de Bernard Lavillier
10:05qui est apparu à l'antenne.
10:06Nous présentons à Bernard Lavillier,
10:08ce dernier,
10:09ainsi qu'à nos téléspectateurs,
10:10toutes nos excuses, bien entendu.
10:12Merci Stéphanie Riste.
10:13C'est la suite de Télématin.
10:14Bonne journée.
10:15Merci beaucoup.
10:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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