- il y a 5 heures
L'ancien Premier Ministre Bernard Cazeneuve répond aux questions d'ICI Cotentin, Ouest France et la Presse de la Mance.
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00:03Alors on aborde le front, Bernard Cazeneuve, puisqu'on vient de parler déjà, vous avez appuyé sur quatre grands axes,
00:09et effectivement c'est une stratégie que vous avez dévoilée il y a quelques semaines maintenant.
00:15On va parler de l'énergie, d'abord on a commencé à l'évoquer avec vous de cette lutte contre
00:19le réchauffement climatique
00:20qui, dites-vous, doit se faire sans décroissance.
00:23On est sur un territoire ici tourné vers le nucléaire, vous êtes partisan du nucléaire depuis des années,
00:28on vous a vu sur le terrain, défendre cette industrie.
00:32Est-ce qu'aujourd'hui il faut continuer à aller vers ce tout nucléaire ?
00:36On a ici un grand projet, l'aval du futur pour la modernisation des installations de la Hague,
00:42une construction d'une usine de MOX, tout ça, ça va dans le bon sens pour vous Bernard Cazeneuve ?
00:46D'abord faisons un petit soir. Lorsqu'il y a de cela maintenant 25 ans, nous avons été quelques-uns
00:53à nous engager,
00:54pas simplement sur le territoire du Cherbourg mais au plan national pour l'industrie nucléaire,
00:58nous avons été raillés, moqués par toute une série d'acteurs généralement bien représentés dans les appareils de la gauche
01:07sur le thème, ce sont les députés Kogema, ce sont les députés Areva, ce sont les députés MOX, etc.
01:14Pourquoi est-ce que nous avions cette position-là ? Nous avions cette position-là pour des raisons très simples
01:19qu'il faudrait expliquer.
01:19Nous sommes dans une période de réchauffement climatique. Si nous ne sommes pas capables de produire une énergie décarbonée,
01:25nous ne pourrons pas produire. Donc la seule solution pour avoir une croissance sobre et sûre,
01:30c'est d'avoir accès à une énergie qui soit totalement décarbonée et qui soit compétitive.
01:35Parce que non seulement l'énergie doit être décarbonée, mais elle doit pour les citoyens,
01:39pour les entreprises de transport comme pour les industriels, être à un prix qui soit compatible
01:44avec les exigences de compétitivité dans un monde de plus en plus ouvert. Premier point.
01:47Deuxième point, l'énergie dont nous disposons doit être une énergie accessible.
01:53Si elle n'est pas accessible, si nous faisons le choix des Allemands, par exemple, après Fukushima,
01:57c'est-à-dire plus du tout de nucléaire, on va acheter du gaz au russe et on produit l
02:00'électricité
02:01en faisant fonctionner des centrales à charbon, parce que l'électricité peut ne pas être décarbonée.
02:05Et on se trouve dans une situation où on détruit la planète et on dépend de pays
02:12qui peuvent avoir des évolutions politiques tout à fait néfastes et atteindre notre souveraineté.
02:18Et puis il y avait une troisième raison pour laquelle j'étais favorable au nucléaire,
02:22c'est que cette industrie existait, qu'elle avait fait des investissements technologiques considérables
02:27et que le progrès technologique fait par ces industries nous mettait en situation d'avance
02:31et par conséquent c'était un atout industriel pour nous, un atout considérable de compétitivité.
02:37Pour ces trois raisons, il fallait, à mon sens, maintenir cet atout.
02:41D'autres choix ont été faits et aujourd'hui d'ailleurs ces choix dominent encore certaines organisations politiques à gauche.
02:46LFI est pour la sortie du nucléaire, les Verts sont pour la sortie du nucléaire
02:50et le Parti Socialiste a une formule dans son programme dont je n'ai pas compris ce qu'elle veut
02:53dire.
02:54Autant de nucléaire qu'il est souhaitable et autant d'énergie renouvelable qu'il est possible.
02:59Avec ça, on a incontestablement une ligne de clarté pour ce qui concerne la politique énergétique.
03:04Et vous, comment vous vous positionnez ?
03:06Et donc moi je pense qu'il faut aujourd'hui faire les investissements qui doivent être faits
03:09pour le renouvellement du parc électronucléaire français.
03:12Si nous ne faisons pas ces investissements, nous décrocherons.
03:15Il faut que nous soyons capables, pour des raisons qui tiennent au fait que
03:20le nucléaire pose aussi la question d'approvisionnement en uranium,
03:23développer des réacteurs de nouvelle génération.
03:26Une question de souveraineté nationale aussi.
03:26Exactement, c'est une question de souveraineté nationale.
03:28Et il faut bien entendu continuer à développer les énergies renouvelables.
03:33Et d'ailleurs sur ce territoire, nous avons fait la démonstration que
03:37notre soutien à l'énergie nucléaire n'était pas une hostilité renouvelable
03:40puisque c'est nous qui avons, les élus de gauche du territoire,
03:44porté en liaison avec la région à l'époque,
03:48et ça a été poursuivi par la suite, le développement de l'éolien offshore.
03:51Donc c'est ce mix énergétique qu'il faut créer.
03:54Ce mix énergétique, il est celui de la souveraineté et il est celui de la compétitivité.
03:58Et là aussi, je dis des choses très claires, à la fois à la gauche et à la France,
04:04allons dans cette direction-là,
04:07n'accompagnons pas les stratégies qui relèvent toujours de la même pente
04:13consistant à adosser des positions politiques à des postures
04:16qui consistent à continuer à préconiser la sortie du nucléaire et la décroissance
04:20et faisant en sorte qu'autour de cela, nous puissions donner aux entreprises françaises
04:26les plus industrielles la possibilité d'avoir accès à une énergie sobre et compétitive.
04:32Justement, selon vous, les énergies marines renouvelables ont-elles été assez soutenues
04:36par la présidence Macron ?
04:37Sous la présidence Macron.
04:38Je pense que ce qui avait été engagé à travers les appels à manifestation d'intérêts
04:43et le soutien aux énergies renouvelables, aux énergies marines renouvelables
04:47au cours des dernières années n'a pas été soutenu autant que cela a été souhaitable
04:52au cours des dernières années.
04:53Et tous les appels à manifestation d'intérêts n'ont pas été ouverts dans les délais
04:57qui auraient permis un développement de ces énergies suffisants.
05:01Et c'est une source, comme l'hydrogène vert d'ailleurs, de souveraineté énergétique très fort.
05:07L'hydrogène vert a d'ailleurs pour intérêt de permettre des coopérations très nouvelles
05:13et très innovantes entre les industriels européens et les industriels du nord de l'Afrique.
05:20Il y a beaucoup de coopérations euroméditerranéennes possibles.
05:23Et c'est donc toutes ces pistes qui doivent être développées.
05:25Mais il faut bien comprendre que si nous voulons électrifier tous les usages
05:28et notamment développer le véhicule électrique,
05:30il faudra passer de 450 à 500 kWh à plus de 1000 en termes de production d'énergie décarbonée électrique.
05:41Et donc ça, ça ne se fera pas sans prendre les décisions de politique énergétique que je viens d'indiquer.
05:46Ça ne se fera pas non plus d'ailleurs, c'est un sujet qui est trop peu évoqué,
05:50sans encourager la consommation d'électricité.
05:52Parce que ce n'est pas parce que vous produisez de l'énergie décarbonée en abondance
05:57que vous n'aurez nécessairement en face des consommateurs
05:59si le coût de cette énergie, en raison de la fiscalité qui s'applique à elle
06:04ou d'autres considérations, n'est pas compatible avec ce que les ménages ou les industriels peuvent payer.
06:09C'est cette grande politique énergétique qu'il nous faut mettre en œuvre.
06:12L'énergie, la lutte contre le réchauffement climatique, ça passe aussi par les transports.
06:15Vous parliez de véhicules électriques, c'est aussi privilégié le train plutôt que la voiture.
06:19Vous êtes venu en train, vous Bernard Cazeneuve, ici à Cherbourg aujourd'hui.
06:22Non, je n'ai pas venu en train aujourd'hui parce que l'heure à laquelle je suis arrivé
06:25n'était pas compatible avec l'heure de départ du train.
06:27Mais je prends quasiment tout le temps le train.
06:29Je ne me déplace quasiment pas en voiture lorsqu'il s'agit de faire des trajets longs.
06:36Et je trouve que le train en France, c'est un moyen de transport qui est confortable,
06:40qui est, contrairement à ce que l'on dit parfois, très bien.
06:42En confortable, en Normandie, ce n'est pas toujours le cas.
06:45Non, pas suffisamment sur cette ligne.
06:46Et c'est un sujet éternel de discussion entre le président de la SNCF et votre serviteur.
06:51Mais en tous les cas, je pense que le train est un moyen de transport
06:54qu'il faut absolument pousser.
06:56Mais pas simplement le train TGV grande ligne.
06:59Il faut développer les trains intercités,
07:02ceux qui permettent à ceux qui vivent dans les villes moyennes
07:04ou dans les territoires reculés d'avoir accès à leur travail,
07:08d'avoir accès à leur résidence,
07:10dans des conditions qui permettent à ses habitants
07:14de ne pas utiliser leur automobile.
07:16Il y a donc un gros travail de développement du transport ferroviaire intercité.
07:19Et de développement de la ligne Nouvelle-Paris-Normandie,
07:22qui était déjà sur les rails, si on peut dire, quand vous étiez élu local.
07:26Vous, candidat ou vous, président, c'est un projet que vous voulez défendre,
07:29que vous soutiendriez ?
07:30C'est des projets que nous pouvons...
07:32Là aussi, il faut être extrêmement précis
07:34et ne pas raconter de choses qui seraient très agréables à entendre
07:37et qui ne pourraient pas se traduire par des politiques publiques concrètes.
07:42Tout ce que nous devons faire en matière de décarbonation de l'économie
07:45n'est possible, le rapport Draghi l'a très bien montré,
07:47que si nous avons une capacité d'investissement européenne massive,
07:51que Draghi, dans son rapport, a évalué à peu près 800 milliards d'euros.
07:55Ces 800 milliards d'euros, nous ne pouvons les investir
07:58et au-delà, si l'on ajoute les enjeux de la numérisation,
08:02l'intelligence artificielle,
08:04et les enjeux liés à la défense également,
08:06que si nous avons une capacité d'emprunt européenne.
08:08C'est à ces conditions-là que ces grandes lignes de transport ferroviaire
08:12pourront être développées.
08:13C'est à ces conditions-là que nous pourrons investir
08:16dans l'énergie de demain,
08:18dans les enjeux de l'intelligence artificielle,
08:20dans un contexte où on voit que l'intelligence artificielle
08:22est utilisée, y compris sur les enjeux de souveraineté et de défense.
08:25Et donc, il faut trouver les moyens
08:27de financer ces grands objectifs de politique publique
08:31à travers une capacité d'investissement européenne
08:33qui n'ira pas, pour la défense et pour d'autres sujets,
08:37sans la création de rebonds européens,
08:39ce qui renvoie à une autre dimension de notre sujet,
08:43c'est que l'eurobonds n'est envisageable en Europe
08:46que dès lors que tous les pays de l'Union européenne
08:48font un effort de maîtrise de leurs propres comptes.
08:50Ce qui suscite aujourd'hui la réticence
08:53des pays dits frugaux de l'Union européenne
08:54à l'égard de ces nouvelles modalités de financement
08:57des investissements européens,
08:58c'est le niveau de la dette et des déficits français.
09:01Donc, nous ne pourrons pas y parvenir
09:02si nous ne faisons pas un effort
09:04de rétablissement de nos comptes publics.
09:06Et là aussi, puisqu'on est à la veille
09:08d'une élection présidentielle,
09:10se projeter tous les jours pour dire qu'on est candidat,
09:13ce n'est pas dire la manière dont on va réduire
09:14les déficits et les dettes.
09:15Or, ce qui compte, c'est qu'on explique
09:17comment on va régler tous les problèmes
09:18dont on parle à votre antenne ce midi.
09:20On parle du train,
09:21vous êtes venu en voiture,
09:22vous avez sans doute remarqué
09:23que la problématique autour de l'ARN13
09:25est toujours pleinement d'actualité,
09:27entre Cherbourg et Valogne.
09:30Globalement, la Manche joue un rôle majeur
09:32dans l'énergie, l'industrie et la défense.
09:36Pourquoi, pourtant, a-t-elle encore le sentiment
09:38d'être oublié à Paris ?
09:39Je pense que les choses ont beaucoup changé
09:41de ce point de vue-là.
09:43La Manche que j'ai connue
09:44et le Cherbourg que j'ai connu
09:46dans les années 90,
09:48lorsqu'avec Jean-Pierre Godefroy, Bernard Covain,
09:50nous battions tous ensemble
09:51pour la diversification de l'appareil industriel
09:54de Cherbourg,
09:56était un département
09:58et un territoire très différents
10:00de celui que nous connaissons.
10:01Nous étions dans la mono-industrie,
10:02nous n'y sommes plus.
10:03Un effort de diversification
10:05très important a été fait.
10:06Nous nous battions
10:07pour la modernisation
10:08de l'ARN174,
10:09de l'ARN13.
10:10Beaucoup a été fait
10:11pour améliorer les liaisons,
10:14même si beaucoup restent à faire.
10:16Nous étions dans des prises démographiques.
10:18Je me souviens que beaucoup
10:19des conseils municipaux
10:20auxquels j'ai participé
10:21lorsque j'étais maire,
10:22c'était on a perdu tant d'habitants,
10:24etc. Vous avez vu comme les choses
10:25ont été inversées.
10:26Donc, il y a toujours une tendance
10:29chez les habitants de la Manche,
10:31y compris chez les chers bourgeois,
10:33à douter,
10:34parce que nous sommes
10:36une région peuplée
10:37de citoyens sages,
10:39violemment modérés,
10:40comme dirait Tocqueville,
10:41et qui ont sur eux-mêmes
10:42une interrogation perpétuelle,
10:44une sorte de doute.
10:45Mais si l'on regarde
10:46le parcours qui a été accompli,
10:49je dis aux habitants
10:50de notre agglomération,
10:52aux habitants du Cotentin,
10:53aux habitants de la Manche,
10:54vous avez toutes les raisons
10:55d'être fiers.
10:55Vous êtes à l'origine
10:56des productions agricoles
10:57les plus reconnues.
10:59Vous avez une industrie
11:00agroalimentaire puissante
11:01qui a désormais
11:03la possibilité
11:04d'écouler ses marchés
11:05à l'international.
11:06Vous avez une industrie
11:08de défense
11:09qui est devenue centrale
11:10compte tenu des enjeux
11:11de souveraineté
11:11et qui garde
11:12une capacité d'innovation
11:14ethnologique considérable.
11:15Vous avez un nucléaire
11:17dont chacun comprend
11:18désormais
11:18qu'il est la condition
11:21du respect
11:22des objectifs
11:23fixés
11:24par la COP21,
11:26la conférence de Paris
11:27sur le climat
11:27en termes de maîtrise
11:29du réchauffement climatique.
11:31Vous avez
11:33des ingénieurs
11:34et des techniciens
11:35en concentration
11:36sur le territoire
11:37plus que partout ailleurs.
11:38Donc,
11:39je dis aux habitants
11:40de la Manche,
11:40si vous avez encore
11:40le sentiment
11:41du doute,
11:43sans devenir arrogant,
11:44c'est un grand défaut
11:46et sans être jamais
11:48inspiré par la mort,
11:49que soyez quand même
11:50confiants dans votre avenir,
11:51regardez le chemin parcouru,
11:52c'est considérable.
11:53Effectivement,
11:53il y a une édémique
11:54dont vous voulez vous parler,
11:55mais est-ce qu'il n'y a pas
11:56le sentiment d'un décalage
11:57de la façon
11:58dont la Manche
11:59est perçue à Paris ?
12:00C'est à dire que moi,
12:01j'ai été beaucoup à la Manche
12:02dans le département
12:03de la Manche élu,
12:04me battant pour que le regard
12:06de Paris sur la Manche
12:07change,
12:08puis j'étais à Paris
12:08regardant la Manche
12:09lorsque j'étais au gouvernement
12:10pendant cinq ans.
12:12Et aujourd'hui,
12:13je suis encore en contact
12:14avec
12:15beaucoup d'acteurs
12:16dans l'administration centrale
12:18ou même au gouvernement
12:19qui portent sur notre département
12:21un regard,
12:22y compris jusqu'au président
12:23de la République
12:23avec lequel il m'arrive
12:24d'avoir des échanges.
12:26Tous ces acteurs politiques
12:29ont parfaitement compris
12:31la dimension stratégique
12:32du département
12:33compte tenu de ses activités
12:34et ils ne regardent pas
12:36le département de la Manche
12:37et le Cotentin
12:38comme une réserve d'Indiens,
12:39pas du tout.
12:40Ils regardent ce territoire
12:41comme un territoire
12:42dont les atouts
12:45industriels
12:45dont les atouts technologiques
12:46sont absolument déterminants
12:48compte tenu des enjeux
12:49de souveraineté
12:50qui se présentent à nous.
12:51Donc,
12:52n'intériorisons pas
12:53un regard porté sur nous
12:55qui ne correspond pas
12:56à la réalité
12:57de ce qu'est ce regard.
12:58Chacun a parfaitement
12:59conscience
13:00au plan national
13:01de l'importance stratégique
13:03du territoire
13:04où nous vivons
13:04compte tenu des enjeux
13:06qui se présentent à la nation.
13:07Parmi les atouts
13:08de ce territoire,
13:08Bernard Cazeneuve
13:09qui ressort souvent aussi,
13:11c'est la sécurité.
13:12On se sent en sécurité
13:13quand on vit à Cherbourg
13:14ou dans la Manche
13:15globalement.
13:16Parmi les priorités
13:17que vous avez dévoilées,
13:17il y a le respect
13:18de l'état de droit.
13:19J'aimerais qu'on garde
13:20quelques minutes
13:20pour parler de la sécurité
13:21justement qui a joué
13:22un rôle ici aussi
13:23pendant les élections
13:25municipales.
13:25La campagne,
13:26la nouvelle municipalité
13:27qui promet
13:27des nouvelles caméras
13:29en ville,
13:29plus de policiers municipaux.
13:31C'est des axes
13:32qui vous parlent
13:33ou au contraire
13:34pas besoin d'accentuer
13:36ces aspects-là
13:36de surveillance.
13:37La politique de sécurité,
13:39bon, il s'avère
13:39que j'en ai été responsable
13:41pendant trois ans,
13:42est une politique globale.
13:44Vous pouvez mettre
13:45toutes les caméras
13:45que vous voulez,
13:46tous les policiers municipaux
13:47que vous voulez
13:48si vous n'avez pas
13:48une politique de prévention,
13:50si vous n'avez pas
13:50une police nationale
13:51avec des policiers bien formés
13:53qui peuvent coopérer
13:54avec les policiers municipaux,
13:56si vous n'avez pas
13:57une politique sociale
13:58qui s'adresse
13:58à la jeunesse
13:59de votre territoire
14:00et qui lui permet
14:01d'avoir accès au sport,
14:02à la culture,
14:03votre politique de sécurité
14:05se trouvera
14:05très vite confrontée
14:06à une impasse.
14:07La politique de sécurité,
14:08c'est une politique globale
14:09qui suppose que ceux
14:11qui sont les plus vulnérables
14:12et qui à un moment donné
14:13peuvent basculer dans la violence
14:14ne basculent pas.
14:15Il y a donc une dimension
14:16préventive très importante
14:18qui permet d'éviter
14:19le basculement
14:20vers l'insécurité.
14:21Deuxièmement,
14:22il faut des forces
14:23de sécurité
14:24qui soient bien formées,
14:26correctement équipées
14:27et quand je dis bien formées,
14:28c'est formées
14:29au respect
14:30de tous les principes
14:31déontologiques.
14:32Il faut un gouvernement
14:33qui ait conscience
14:34des nouvelles formes
14:35de violences
14:35qui se présentent
14:37à lui
14:38et aux citoyens.
14:39Ce qui se passe
14:40autour du narcotrafic,
14:42les mafias
14:43qui se constituent
14:44et qui font régner
14:45la terreur
14:46sur un certain nombre
14:47de territoires
14:47avec la multiplication
14:48des règlements de comptes
14:49pose un problème
14:50de sécurité
14:51qui n'existait pas
14:52dans les proportions
14:53que je viens d'indiquer
14:54à l'époque
14:54où j'étais ministre
14:55de l'intérieur.
14:55Il faut bien
14:56que le gouvernement
14:57prenne en compte
14:58ces réalités nouvelles.
14:59Beaucoup
15:00de ceux
15:00qui représentent
15:03par leur fonction
15:03la République
15:04à la fois dans l'école
15:05et parmi les forces
15:06de sécurité
15:07sont plus menacés
15:08qu'ils ne l'étaient
15:08auparavant.
15:09Il y a une forme
15:10de violence nouvelle
15:11qui s'exprime dans la société
15:12qui doit être prise en compte.
15:13C'est la mise en œuvre
15:15d'une politique globale
15:16qui permet d'assurer
15:17l'efficacité
15:18des politiques de sécurité.
15:19Et donc pour moi,
15:20ce qui fait l'efficacité
15:21d'une politique de sécurité,
15:22et c'est des policiers
15:24et des gendarmes en nombre
15:26suffisamment présents
15:27dans les territoires,
15:28c'est-à-dire
15:28qu'ils soient connus
15:29de la population
15:30bien formée
15:31et respectueux
15:32des règles d'anthologie
15:33qui puissent intervenir.
15:34C'est une police judiciaire
15:36suffisamment puissante
15:37dans ses moyens
15:38pour pouvoir procéder
15:39aux investigations
15:40qui permettent
15:41de démanteler
15:41les réseaux de la criminalité
15:42organisée
15:43les plus dangereux.
15:44C'est une coopération
15:45police-justice
15:46qui suppose
15:47que la justice
15:48ne soit pas laissée
15:49en déshérence.
15:50Et justement,
15:51ça c'est un sujet
15:51très d'actualité
15:52puisqu'on parle aussi
15:53en ce moment
15:53beaucoup de l'affaire Liana.
15:56Comment vous réagissez-vous
15:57justement à ça ?
15:58Vous avez déploré
15:59tout ce qui s'est passé.
16:01Forcément aussi,
16:02ça a une grosse résonance
16:04sur ce que vous dites
16:05en ce moment,
16:07le système judiciaire,
16:09les moyens
16:10qui sont alloués.
16:11Qu'est-ce que vous avez
16:12à dire sur ça ?
16:13Sur l'affaire Liana
16:15et sur le climat
16:18qui existe dans le pays
16:20en raison de l'émotion
16:21considérable
16:21suscitée par cette tragédie,
16:24ce que je pense d'abord,
16:25c'est que nul
16:27qui gouverne
16:28peut traiter
16:29ce type de sujet
16:30sans se mettre
16:31à la place
16:32des parents,
16:34des familles
16:35qui subissent
16:36une tragédie
16:38aussi lourde,
16:39aussi profonde,
16:40aussi horrible.
16:42Ces événements
16:43sont des événements
16:44qui choquent
16:45la population française,
16:47non pas par hasard,
16:48mais parce que
16:48ces événements
16:49ont une dimension
16:51d'horreur,
16:52de souffrance
16:55telle
16:56qu'ils doivent être
16:56pris en compte
16:57par ceux qui gouvernent
16:58à hauteur
16:59de la souffrance
17:01engendrée
17:01par ces faits.
17:03Deuxièmement,
17:04j'essaie moi
17:05de ne pas réagir
17:07sous l'émotion,
17:08de réagir
17:09en fonction
17:09de l'expérience
17:09qui a été la mienne
17:10dans un ministère
17:11qui est concerné
17:12par ces affaires
17:13et en essayant
17:15de comprendre
17:16ce qui s'est passé
17:18et en essayant
17:19de faire la part
17:20de ce qui relève
17:21des mesures nouvelles,
17:22de ce qui relève
17:23de l'organisation
17:24de l'État
17:25qui peut être améliorée
17:26sans mesures législatives
17:27nouvelles.
17:27Ce qui m'apparaît,
17:29c'est que
17:29des procureurs
17:31ont été saisis
17:32de plaintes
17:32relevant de territoires
17:33différents
17:35et que
17:35l'ensemble
17:36de ces plaintes
17:37n'ont pas été portées
17:38à la connaissance
17:39de tous ceux
17:40qui pouvaient agir
17:42pour neutraliser
17:43les individus,
17:44les mettre hors
17:44d'état de nuire
17:45rapidement.
17:46Il n'est pas concevable
17:47dans un pays
17:48comme le nôtre,
17:49compte tenu
17:49du nombre de plaintes
17:51pour agression sexuelle
17:52sur des enfants,
17:54que ces plaintes
17:55puissent être déposées
17:55sans que l'ensemble
17:56des procureurs
17:57qui ont à en connaître
17:58et toutes les informations
18:02à leur disposition
18:03concernant les individus
18:04mis en cause.
18:05C'est-à-dire que
18:06ce qui est connu
18:06dans un parquet
18:07ne peut pas être ignoré
18:08d'un autre
18:09lorsqu'il s'agit
18:10du même individu
18:11contre lequel
18:11plainte a été déposée.
18:13Deuxièmement,
18:13il est étrange
18:15qu'un individu
18:16soit sorti
18:17d'une fonction
18:18qu'il occupe
18:19dans un service public
18:21en raison de comportements
18:22inadaptés,
18:23qu'il n'y ait pas
18:23d'article 40
18:24qui ait été déclenché
18:26et que les administrations
18:28ne se partent pas
18:28entre elles.
18:30Ce qui me paraît
18:30fondamental,
18:31c'est qu'on puisse,
18:33à l'instar
18:33de ce que nous avons fait
18:34sur un sujet
18:35de nature très différente
18:36qui était le terrorisme
18:37et qui posait
18:38des problèmes
18:38d'organisation
18:39de la relation
18:40entre les services
18:41un peu comparable,
18:42il faut impérativement
18:44que sur des sujets
18:45de cette nature
18:45qui ont une telle
18:46dimension de gravité,
18:47l'ensemble
18:48des administrations
18:48de l'État
18:49puissent avoir accès
18:51à des informations
18:52partagées entre elles
18:53leur permettant
18:53d'avoir une analyse
18:54très en amont
18:57du crime
18:58pour pouvoir éviter
18:59que le crime
18:59ne se produise,
19:00c'est-à-dire que tout
19:00ce qui relève
19:01de la prévention
19:02du risque
19:03soit mutualisé
19:04entre les administrations
19:05pour faire en sorte
19:06que cela ne se produise pas.
19:08Et pour cela,
19:09il faut bien entendu
19:10que les magistrats
19:11soient en nombre suffisant
19:13et suffisamment de moyens
19:15pour pouvoir procéder
19:16à ces analyses,
19:17donc il y a un problème
19:18aussi de moyens,
19:19ils ne partagent pas du tout
19:20le sentiment
19:21du Président de la République
19:22lorsque le Président
19:22de la République
19:23disent qu'on ne vienne pas
19:24me parler de moyens.
19:25Tous ceux qui savent
19:26l'état de la justice
19:28sont conscients du fait
19:29qu'on ne peut pas
19:31imputer aux magistrats,
19:33à la responsabilité
19:33des magistrats,
19:34ce qui relève
19:35en réalité
19:36d'une politique
19:37d'aporie
19:39organisée
19:40des moyens
19:40de la justice
19:41l'empêchant
19:42de remplir
19:42ces missions
19:44conformément
19:44à ce que sont
19:45les objectifs
19:46pour lesquels
19:47la justice
19:47est instituée.
19:48C'est donc
19:49toute cette politique
19:50qu'il faut revoir.
19:50est-ce que l'on doit
19:52améliorer
19:53les dispositifs
19:53administratifs existants
19:55pour permettre
19:55une meilleure prise
19:57en compte
19:57et plus vite
19:58en amont
19:59des drames
20:01des comportements
20:03des délinquants
20:04sexuels
20:04pour éviter
20:06que les crimes
20:07ne se produisent.
20:08Est-ce que l'on doit
20:09augmenter les moyens
20:10de la justice
20:10et si oui
20:11dans quelles conditions ?
20:12Et enfin,
20:12quel bilan doit-on tirer
20:14de la réforme
20:15de la police judiciaire
20:16qui a été conduite
20:17ces dernières années ?
20:19Et est-ce que
20:20cette réforme
20:21permet aujourd'hui
20:22à la police judiciaire
20:23sur le crime organisé
20:24et sur les grands enjeux
20:26de criminalité
20:27comme la délinquance
20:28et les crimes sexuels
20:30d'être efficace
20:31à hauteur
20:31de ce qu'attend
20:32légitimement la société ?
20:33Parce que c'est une affaire
20:34Emmanuel Macron l'a dit hier
20:35qui pose la question
20:36de la confiance
20:37dans nos institutions
20:38aujourd'hui
20:39à un an de la présidentielle
20:40d'autant plus.
20:41Qu'est-ce qu'on fait
20:41pour regagner
20:42cette confiance ?
20:43C'est plus de moyens
20:44justement ?
20:45Ça passe par là ?
20:45C'est une meilleure organisation
20:47de l'administration
20:48des moyens donnés
20:50à la justice
20:51qui soient à la hauteur
20:52des objectifs
20:53qu'on lui assigne
20:54je ne suis pas
20:55de ceux
20:55qui taperont
20:57sur les magistrats
20:59sans mettre
21:00en évidence
21:01les difficultés
21:02considérables
21:03auxquelles la justice
21:04est confrontée
21:04compte tenu
21:05de la faiblesse
21:05de ses moyens
21:06sur un certain nombre
21:06de sujets
21:07et quiconque
21:09travaille avec les magistrats
21:10voit les difficultés
21:11auxquelles ils sont confrontés
21:12ne peut pas
21:13ne pas dire cette vérité
21:14c'est un fait
21:15et troisièmement
21:17il y a toute la question
21:18de l'organisation
21:19de la police judiciaire
21:20des moyens d'investigation
21:22de la police judiciaire
21:23des modalités
21:24de coopération
21:24de la police française
21:25avec les polices européennes
21:26sur des sujets
21:27de criminalité transfrontalière
21:30coopération au sein
21:31d'Europol
21:31d'Eurojust
21:32tous ces trois piliers-là
21:34organisation
21:35de la communication
21:36entre les administrations
21:37en charge de prévenir
21:38moyens de la justice
21:40et organisation
21:41de la police judiciaire
21:41sont les trois axes
21:42à mon avis
21:43sur lesquels il faut travailler
21:45je ne serais pas étonné
21:45que ce soit ces trois axes
21:46qui sortent
21:47des investigations
21:48confiées aux inspections générales
21:51ou aux administrations
21:52en charge
21:53par leur rapport
21:54d'éclairer l'exécutif
21:55sur les difficultés actuelles
21:56Le manque de moyens
21:56n'est pas nouveau
21:57ça fait des années
21:58qu'on en parle
21:58il suffit d'aller voir
21:59par exemple
22:00le commissariat de Cherbourg
22:01pour voir que les policiers
22:02travaillent avec parfois
22:03peu de moyens
22:03on parle du matériel
22:05et voilà
22:05il y a la justice
22:06les magistrats
22:07Vous voyez
22:08c'est un sujet
22:09sur lequel j'ai été
22:10très mobilisé
22:11pendant les trois ans
22:11où j'ai été ministre
22:12de l'Intérieur
22:14avant 2012
22:15c'est-à-dire avant
22:16le début du quinquennat
22:17François Hollande
22:17il y a eu
22:18la suppression
22:18de 13 000 emplois
22:19dans la police
22:20et la gendarmerie
22:21à travers la révision générale
22:23des politiques publiques
22:2413 000 emplois
22:24la droite parle beaucoup
22:26de sécurité
22:26mais lorsque la droite
22:27a été au pouvoir
22:28elle a supprimé
22:3013 000 emplois
22:31dans la police
22:31et dans la gendarmerie
22:32c'est ça la réalité
22:33ils ont fait une réforme
22:34du renseignement
22:35à travers la fusion
22:36de la DST
22:38des renseignements généraux
22:39qui a donné
22:40la direction centrale
22:41du renseignement intérieur
22:42qui a fait perdre
22:43énormément
22:44de policiers
22:45en charge du renseignement
22:46territorial
22:46qui analysaient
22:48les signaux faibles
22:48de toute nature
22:49nous nous avons créé
22:50lorsque nous étions au pouvoir
22:519 000 emplois
22:52ça n'a pas remplacé
22:54tout à fait les 13 000
22:55mais nous les avons créés
22:56les 9 000 emplois
22:57de même nous avons créé
22:5860 000 emplois
22:58dans l'éducation nationale
22:59lorsque nous sommes arrivés
23:01le déficit est de 4-8
23:02lorsque nous sommes partis
23:02l'été de 2-7
23:03donc on a fait tout ça
23:04en réduisant les déficits
23:06je me permets de le rappeler
23:07quand même
23:08pour tous ceux
23:09qui considèrent
23:10que le quinquennat
23:10de François Hollande
23:11a été mauvais
23:12ils devraient se souvenir
23:14de ces éléments
23:14qui sont objectifs
23:16et qui sont incontestables
23:17nous avons fait cela
23:19sous la révision générale
23:20des politiques publiques
23:21c'est-à-dire
23:21sous le quinquennat
23:22de Nicolas Sarkozy
23:24les moyens
23:24hors personnel
23:25de la police
23:26et de la gendarmerie
23:27ont diminué de 20%
23:28les crédits hors personnel
23:29ce qui permet
23:31d'avoir du matériel
23:32la direction
23:34de la formation
23:35de la police
23:35a été supprimée
23:37en 2008
23:37j'ai recréé
23:39une direction
23:39d'administration centrale
23:40de la police
23:40parce que je souhaitais
23:41que la police
23:42puisse avoir les moyens
23:43les effectifs
23:44mais qu'elle soit aussi
23:45adossée à une certaine
23:47conception de la déontologie
23:50les politiques publiques
23:52elles sont différentes
23:53selon ceux qui
23:54gouvernent
23:55en fonction de leurs priorités
23:56et je viens
23:57de vous le montrer
23:59et donc
24:00ça fait longtemps
24:01que ça dure
24:01mais ça n'a pas
24:02toujours été
24:04la volonté
24:05du gouvernement
24:05que de raboter
24:08méthodiquement
24:08les moyens
24:08de la police
24:09et de la justice
24:09en France
24:10ce n'est pas vrai
24:11Bernard Cazeneuve
24:12on arrive au terme
24:12de cet entretien
24:14alors on a compris
24:14que candidat
24:15au final
24:15ou non
24:16vous vouliez peser
24:17dans le débat
24:18pour la présidentielle
24:19va-t-on vous voir
24:20sur le...
24:20pour une présidentielle
24:22encore une fois
24:22c'est pas de projeter
24:23sa personne
24:24c'est de projeter
24:25son projet
24:26ses idées
24:27c'est d'avoir
24:27la préoccupation
24:28du pays
24:29c'est pas d'avoir
24:29la préoccupation
24:30de sa pomme
24:30c'est quand même
24:31assez légitime
24:32comme démarche
24:32c'est quand même
24:33assez normal
24:34qu'à la veille
24:35d'une élection présidentielle
24:36on dise
24:36voilà les problèmes
24:37auxquels le pays
24:37est confronté
24:38voilà les solutions
24:39que je préconise
24:40que ces solutions
24:41soient soumises au débat
24:43que le débat
24:44présidentiel
24:45soit l'occasion
24:46pour les français
24:46d'être éclairés
24:48de faire leur choix
24:48et moi je considère
24:49que la présentation
24:52du contenu
24:52du projet
24:55la volonté
24:56d'agréger
24:56le maximum
24:57d'acteurs
24:58autour du contenu
24:58de ses propositions
24:59est quand même
25:01ce qui doit précéder
25:02la projection
25:03de sa personne
25:04au milieu
25:05de la scène politique
25:05pour dire
25:06c'est moi
25:06c'est moi
25:06c'est moi
25:07en tout cas
25:07vous avez des idées
25:08pour la présidentielle
25:09vous allez venir
25:09sur le terrain
25:10notamment dans la manche
25:11les prochaines semaines
25:12pour défendre
25:12je vais revenir
25:14le 26
25:16pour un débat
25:17auquel je vais participer
25:18à l'occasion
25:18des entretiens
25:19de Tocqueville
25:20sur la politique européenne
25:22c'est à dire
25:22tous les enjeux
25:23dont on vient de parler là
25:23mais examinés
25:24à travers le prisme
25:25de l'Europe
25:25avec Enrico Letta
25:27qui a fait un rapport
25:28sur l'évolution
25:29des politiques européennes
25:32faisant écho
25:33à celui d'Enrico Letta
25:34je reviendrai
25:34ensuite
25:35de vraisemblablement
25:36pendant l'été
25:38au festival de l'essai
25:39puis je viendrai
25:40au mois de septembre
25:41pour des sujets
25:42plus politiques
25:43dans Normandie
25:46et vraisemblablement
25:47dans le Côte-Antin
25:48des sujets plus politiques
25:49c'est à dire ?
25:49c'est à dire
25:51parler des échéances
25:52qui se présentent à nous
25:53et notamment
25:54des échéances
25:54présidentielles
25:55et nationales
25:56je sillonne le pays
25:58beaucoup
25:58j'étais en Bretagne
25:59la semaine dernière
26:00je suis dans la Manche
26:02maintenant
26:03je serai
26:05en Dordogne
26:06au mois de juillet
26:07je serai
26:09dans le sud
26:10de la France
26:11à la fois
26:12en région PACA
26:13et dans le Droussillon
26:14tout au long de l'été
26:15et où je rencontrerai
26:17des élus
26:17irai à la rencontre
26:18de territoires
26:19d'associations
26:20de festivals culturels
26:21oui je vais me déplacer
26:23quand comptez-vous
26:24présenter votre projet
26:25pour la France ?
26:27je le fais déjà
26:28oui
26:29je ne vais pas vous annoncer
26:31que je viens de faire
26:32une heure devant vous
26:34donc je vais continuer
26:35vous avez fait beaucoup
26:35de constats
26:36vous avez fait beaucoup
26:37de constats
26:38sur le projet
26:40mais je n'ai pas fait
26:41beaucoup de constats
26:42je vous ai expliqué
26:42ce qu'il fallait faire
26:43en matière de politique
26:43énergétique
26:44et je vous ai expliqué
26:45ce qu'il fallait faire
26:46en matière de politique
26:46de sécurité
26:47si vous voulez que je reste
26:48jusqu'à 18h pour dégrainer
26:49la totalité du projet
26:50je suis à votre entière disposition
26:51c'est une petite partie
26:52de ce qui vous attend
26:53mais je reviens
26:53quand vous voulez
26:54on vous attend
26:55pour annoncer
26:56votre candidature
26:56je peux aborder
26:58la totalité
26:59des autres sujets
26:59et un pronostic
27:01pour le mondial
27:01alors vous allez suivre
27:03le mondial de foot
27:03Bernard Cazeneuve
27:04oui
27:05bien entendu
27:06la France va l'emporter
27:08c'est ce que je souhaite
27:09merci en tout cas
27:10Bernard Cazeneuve
27:11sur ce point
27:12je dois pouvoir
27:13rassembler une large majorité
27:15ça on en est sûr
27:16merci Bernard Cazeneuve
27:18d'avoir répondu
27:18aux questions
27:19d'ici Cotentin
27:20de Ouest France
27:21merci à vous
27:21de la presse de la Manche
27:22merci également
27:23on retrouve
27:24l'interview
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