Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 16 heures
L'ancien Premier Ministre Bernard Cazeneuve répond aux questions d'ICI Cotentin, Ouest France et la Presse de la Mance. Dans cette première partie du Face à la Presse, Bernard Cazeneuve est revenu sur la défaite de la gauche aux dernières élections municipales. Il règle ses comptes avec la municipalité sortante.

--

Toute l'actualité dans vos régions avec ICI ex-France Bleu : https://www.ici.fr/

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bernard Cazeneuve, nous vous rencontrons ici à Cherbourg, où vous revenez d'ailleurs très régulièrement depuis votre départ du Cotentin
00:06en 2012.
00:07Aujourd'hui, vous êtes ici pour un anniversaire, les 40 ans des parapluies de Cherbourg.
00:12On imagine votre agenda chargé aujourd'hui. Pourquoi vous teniez à être présent pour cet événement ?
00:16D'abord, parce que je connais la famille Yvon depuis très longtemps. Lorsque je suis arrivé à Cherbourg au début
00:20des années 90,
00:22Jean-Pierre Yvon était déjà en train d'engager toute une série d'actions pour la promotion de son produit,
00:27pour la prospérité de son entreprise. Et nous avons cheminé ensemble pendant les quelques 20 années où j'étais en
00:35responsabilité à Cherbourg.
00:36Nous le connaissons bien. C'est une transmission d'entreprise réussie avec des perspectives de développement encore très prometteuses.
00:44Et donc, pour moi, être présent à Cherbourg aujourd'hui, c'est une manière de témoigner de ma fidélité au
00:50territoire, une fois encore,
00:51de rappeler les liens qui m'ont uni à cette famille depuis maintenant assez longtemps et puis de donner mes
00:58encouragements.
00:59Un territoire sur lequel vous revenez très régulièrement. Quels sont les liens, justement, que vous avez gardés aujourd'hui avec
01:05le territoire ?
01:06Ces liens sont très nombreux. J'ai beaucoup d'amis ici. 20 ans de vie politique, l'exercice de plusieurs
01:13responsabilités locales à la communauté urbaine,
01:15à la ville de Cherbourg, au conseil départemental, au conseil régional. Ça crée des liens. Et puis, il y a
01:20tous les liens qui se sont noués avec la population,
01:23avec les habitants. Nous avons traversé des épreuves, nous avons eu des projets. Et donc, il y a beaucoup de
01:28chers bourgeoises et de chers bourgeois
01:29avec lesquels je suis en contact très régulier, qui me témoignent d'une affection que j'ai envie de leur
01:35restituer à chaque instant,
01:36avec lesquels j'ai une relation personnelle très forte, que j'aime visiter. Donc, mes liens avec le territoire, ce
01:42sont ces liens humains.
01:45Justement, à chaque retour, qu'est-ce qui vous frappe le plus dans l'évolution de Cherbourg ?
01:49Ce qui me frappe, c'est un projet d'urbanisme qui se poursuit, une ville qui continue sa transformation,
01:54un développement économique pour lequel nous étions collectivement battus et qui donne des résultats heureux
02:01et qui pose aussi à la ville et à l'agglomération de nombreux défis. On parlait du logement il y
02:05a de ça quelques instants.
02:07La pression qui s'exerce sur le logement en raison du développement économique est très forte.
02:11C'est donc un territoire qui connaît une mutation, qui correspond d'ailleurs très exactement à ce qu'était l
02:18'ambition
02:19et qui était la mienne lorsque j'étais élu de Cherbourg, de sortir de la mono-industrie nucléaire et civile
02:26pour essayer d'engager le territoire dans une diversification économique autour d'enjeux qui correspondent à ceux de la lutte
02:32contre le réchauffement climatique,
02:35qui correspondent aussi aux enjeux de la modernisation de l'appareil productif français pour une croissance sobre et sûre.
02:42Et tous ces enjeux-là, ça a donné l'usine d'éoliennes que nous avons portée dans les années 2005
02:49-2006 jusqu'à mon départ
02:52et qui s'est concrétisée après mon départ, tous ces projets-là qui ont mobilisé la région, le département, la
03:00communauté urbaine
03:01sont des projets qui ont contribué, comme les projets urbains, à la transformation complète du territoire.
03:07Ce qui a été fait sur le plan urbain depuis 2012 et la continuité de ce que nous avions engagé
03:14avec l'opération de renouvellement urbain entre terre et mer qui nous a conduits à l'époque à réaménager les
03:20quartiers d'habitat social
03:21et cette politique a été poursuivie par la suite.
03:24Alors on va reparler évidemment de tous ces enjeux du nucléaire, notamment de l'énergie éthique, des nouvelles énergies marines
03:29dans un second temps.
03:30Mais c'est un territoire en mutation politique aussi, Bernard Cazeneuve, vous revenez dans cette ville
03:35qui a été un bastion socialiste pendant des décennies et qui vient de basculer à droite.
03:40Vous avez croisé ce matin à la Nouvelle-Mère, Camille Marguerite.
03:45C'est un petit choc, c'est même un séisme localement.
03:48Pour vous aussi, ça a été un choc de voir la droite prendre Cherbourg ?
03:52Vous imaginez bien que quand on a été engagé dans une organisation politique du Parti Socialiste pendant des années,
03:59qu'on est résolument à gauche, même si j'exprime des critiques sur la stratégie actuelle du Parti Socialiste,
04:06ma famille c'est la gauche.
04:07Tout ce que nous avons fait entre 1977 et 2026 s'inscrivait dans une volonté de faire en sorte
04:17que sur la question des services publics, de l'égalité d'accès au sport, à la culture, sur l'ambition
04:24urbaine,
04:25nous puissions inscrire cette ville dans un projet qui dépassait les générations,
04:31qui se succédait à la tête de la ville, qui était un projet que nous portions collectivement.
04:35Donc quand ce projet est interrompu pour des raisons politiques, c'est pour tous ceux qui ont participé,
04:43qui ont engagé autour de ces projets une ambition collective, une tristesse.
04:49Et pour moi ça a été une terrible tristesse et une grande souffrance.
04:53Comment vous l'expliquez ce basculement après des décennies de socialisme ?
04:57Justement il y avait une lassitude, il y a eu des erreurs de fait ?
04:59Je pense que le résultat de cette élection condamne moins une politique que des comportements.
05:08Un éloignement peut-être des citoyens, une forme de recroquevillement sectaire,
05:14alors que la gauche herbeaugeoise a toujours été une gauche d'ouverture, de rassemblement,
05:20se tenant loin des appareils, ne cherchant pas dans les appareils politiques à exercer des responsabilités ou un rôle.
05:28Moi j'ai constamment été sollicité pour exercer des responsabilités à l'intérieur du Parti Socialiste.
05:34Je ne les ai jamais exercées parce que je considérais que cette ville,
05:38compte tenu de son tempérament, compte tenu de son histoire,
05:42ne pouvait être dirigée par la gauche que dès lors que la gauche était ouverte,
05:46créait les conditions d'un rassemblement large autour d'elle
05:49et se tenait à distance de toutes les logiques d'appareils
05:52qui sont généralement des logiques qui aboutissent à des postures de crispation, de fermeture
05:56et qui peuvent donner le sentiment qu'on est dominé par le sectarisme
06:00plutôt que par la volonté du contact avec les habitants.
06:03Je pense que donc c'est plutôt ça qui a joué.
06:05Donc vous nous dites là clairement que l'ancien maire, Benoît Révé, n'avait pas ce contact avec les habitants
06:10?
06:10Il y a eu une distance qui s'est faite ?
06:13Il n'est pas seul en cause, il y a toute une équipe, il y a une manière de faire
06:17de la politique,
06:17il y a une conception de la politique.
06:21L'action qui a été conduite était fort bonne.
06:24Les gens qui étaient à la tête de cette collectivité étaient animés de valeurs qu'ils portaient sincèrement.
06:29Mais peut-être il y a eu des fautes de comportement, c'est tout ce que je dis.
06:34Je les ai ressentis moi-même.
06:37Ces fautes de comportement ont été vécues par moi de façon douloureuse.
06:41Beaucoup de chers bourgeois m'ont dit, mais pourquoi vous n'êtes pas venu pendant la campagne électorale pour aider
06:45?
06:45C'est la question qu'on allait vous poser.
06:45Je ne suis tout simplement pas venu pendant la campagne électorale pour aider parce qu'on n'ait pas souhaité
06:48que je vienne.
06:50Si on m'avait invité, je serais venu.
06:51J'ai toujours été à disposition de la collectivité.
06:55Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais c'est la première fois que je m'exprime sur les
06:58événements municipaux.
06:59J'ai quitté la municipalité au moment où j'étais nommé ministre en 2012, en prenant un engagement avec moi
07:05-même.
07:05Ne faire aucun commentaire sur la politique municipale.
07:08Ne faire des commentaires que dès lors qu'on me demandait d'intervenir pour aider ces commentaires ayant vocation à
07:14appuyer une collectivité
07:17dont ceux qui la dirigeaient avaient été mes propres adjoints, qui avaient cheminé avec moi,
07:23et dont j'imaginais qu'ils inscriraient leur action dans la continuité de ce qui avait été fait.
07:30Quand je parle de la continuité de ce qui avait été fait, ce n'était pas du tout seulement la
07:33continuité de l'action.
07:34Après tout, chacun a son tempérament et peut orienter la vie d'une municipalité dans telle direction plutôt que telle
07:40autre
07:40en raison de son tempérament ou de sa personnalité.
07:44Mais je parlais de la continuité humaine.
07:46C'est-à-dire le souvenir que l'on a de ce que l'on a fait ensemble,
07:50une certaine forme de loyauté et de délicatesse humaine qui peuvent unir les individus les uns aux autres.
07:58Ce à quoi je me suis astreint pendant toute cette période en ne disant rien qui puisse poser problème
08:03et au contraire en intervenant systématiquement pour appuyer.
08:08Voilà, les choses se sont passées comme elles se sont passées.
08:11Je n'ai rien dit parce que j'estimais qu'il ne fallait rien dire qui puisse poser problème et
08:18rendre les choses difficiles.
08:19Mais j'étais très triste de tout cela et j'en ai beaucoup souffert parce que j'avais beaucoup donné
08:28à cette ville.
08:28J'avais essayé de faire le meilleur de ce qui était possible dans un contexte qui était parfois difficile
08:35et dans une relation où j'ai beaucoup aidé ceux qui m'entouraient à progresser, à exercer des responsabilités.
08:43Donc quand j'ai vu qu'on rentrait dans des logiques d'appareil, qu'on se fermait,
08:49qu'on considérait que pour être identifié comme étant à gauche, il fallait prendre les positions les plus sectaires,
08:56je me suis dit qu'il était urgent de se tenir à distance de tout cela,
09:01de ne pas compromettre l'action de ceux qui présidaient au destin de la municipalité,
09:08mais de ne pas non plus cautionner des comportements dont je ne partageais pas les modalités.
09:17Vous vous êtes senti un peu trahi finalement ?
09:19Je ne dirais pas ça comme ça. Je pense qu'il y avait quelque chose d'un peu puéride dans
09:26tout cela.
09:27J'ai eu le sentiment d'être une espèce de grand frère qui regardait toute cette agitation
09:33et toutes ces manœuvres ou toutes ces manières de faire avec un peu de tristesse en disant à jour
09:40j'espère qu'ils ne tomberont pas de leurs vélos, qu'ils sont suffisamment raisonnables pour faire attention.
09:46Donc au final vous n'êtes pas très surpris de ce scénario ou de ce qui s'est passé au
09:49municipal ?
09:49Je suis triste, je pense que ça aurait pu être différent.
09:53J'espérais que cela ne se passerait pas ainsi.
09:56Ça s'est passé ainsi et ça s'est passé ainsi encore une fois en me plongeant dans une très
10:01grande tristesse.
10:02Que l'on puisse penser une minute que couper les fils avec toute l'histoire de la gauche ici
10:12en reproduisant les logiques les plus sectaires des appareils qui excommunient était une bonne idée à Cherbourg
10:19relevait vraiment d'un défaut d'analyse total de ce qu'était la situation de la ville
10:24et de ce qu'était la culture profonde de ses habitants.
10:26Qu'est-ce qu'on fait maintenant alors pour reconquérir la ville ?
10:29Il faut reconstruire tout cela.
10:32On met des années à conquérir une ville.
10:34Mais en une soirée tout peut partir.
10:37Et ensuite il faut des années pour reconstruire.
10:39Donc moi j'invite les générations nouvelles à ne pas reconstruire
10:44dans l'esprit qui prévaut à l'intérieur d'appareils recroquevillés
10:47qui sont ceux des appareils de la gauche actuelle
10:51et d'essayer de se réouvrir à la société, d'écouter les citoyens, d'être dans leur proximité,
10:58de leur parler, de ne témoigner à leur égard d'aucune arrogance,
11:02d'essayer de retrouver ce lien humain qui est aussi un lien de l'écoute,
11:06qui est aussi le lien par lequel on construit les forces politiques
11:08de sorte à ce que les reconquêtes soient possibles
11:11et que ce qui nous a fait perdre ne contribue pas à nous faire perdre encore.
11:16On ne va pas reconquérir la ville en reproduisant les comportements qui nous l'ont fait perdre.
11:22Au-delà de Cherbourg, plusieurs autres bastions sont tombées en France.
11:26Brest, Clermont-Ferrand.
11:29Que vous dit ces défaites ?
11:31Je pense que la gauche de gouvernement,
11:35celle qui n'est pas sur la tradition, le discours de Jean-Luc Mélenchon,
11:40n'avait aucun intérêt à se mettre sous la domination de cette organisation politique.
11:46Parce qu'en se mettant sous la domination de cette organisation politique,
11:49elle engageait tous ceux qui sont dans le dégagisme
11:52à dégager ceux qui avaient fait montre de faiblesse à l'égard de la France insoumise.
11:56C'est ce qui s'est produit.
11:57La deuxième chose, c'est que la gauche de gouvernement,
12:00c'est une gauche qui ne peut exercer longtemps la responsabilité,
12:03et notamment dans les collectivités locales,
12:05qu'en étant ouverte aux échos qui lui reviennent des citoyens des villes qu'elle administre.
12:12Il faut donc constamment un lien, il faut une relation de proximité,
12:17il faut une empathie profonde à l'égard de ceux dont on préside au destiné.
12:24La troisième chose qui est indispensable,
12:26c'est que cette gauche ne peut pas être une gauche de posture politique,
12:32elle doit être une gauche constamment en contact avec les réalités,
12:35et partant des réalités pour construire des politiques publiques destinées à les changer.
12:40Toutes ces évolutions-là, quand elles sont produites dans des villes dirigées par la gauche,
12:46elles ont permis à la gauche d'y demeurer.
12:48C'est le cas par exemple à Montpellier.
12:52Je constate que là où les choses ont été plus compliquées,
12:55c'est quand des alliances ont été conclues avec la France insoumise au dernier moment
13:00pour essayer de garder des bastions qui étaient tenues par la gauche depuis très très longtemps,
13:06conduisant une grande partie de l'électorat central qui avait apporté confiance à des maires
13:11qui étaient des maires installés, reconnus et respectés,
13:14on a eu la chute.
13:15On a eu la chute à Brest,
13:16on a eu la chute à Clermont-Ferrand,
13:20et on a eu la chute dans d'autres communes.
13:22Vous vous rejetez depuis le début ces alliances avec LFI,
13:27c'est pour ça aussi que vous avez rompu avec le Parti Socialiste.
13:31Je n'ai pas rompu avec le Parti Socialiste.
13:32J'ai quitté le Parti Socialiste, la mort dans l'âme,
13:36pour demeurer fidèle à l'héritage de tous ceux qui, à l'intérieur du Parti Socialiste,
13:40s'étaient battus pour une certaine conception de la gauche,
13:43de l'universalisme, de l'humanisme.
13:45Les Léon Blum, les Jospins, les François Mitterrand.
13:49J'estimais qu'à partir du moment où le Parti Socialiste acceptait
13:53de faire une alliance avec une organisation politique
13:56qui considère qu'il y a une consubstantialité de la violence à la police,
14:00non pas qu'il ne puisse pas y avoir de problème avec la police,
14:02j'ai été ministre de l'Intérieur, je sais parfaitement
14:03que la police doit être tenue reine courte,
14:06qu'elle doit être formée au principe déontologique et républicain,
14:09mais de la théoriser qu'il y aurait derrière chaque policier
14:12un individu qui serait guidé par la seule volonté
14:17de discriminer les citoyens français
14:19et de commettre à leur égard des actes de violence
14:23n'est absolument pas la vérité.
14:25Et dire ça dans la société, c'est diffuser à l'intérieur de la société un poison lent,
14:29parce que vous envoyez le message à des générations et des générations de jeunes,
14:33et notamment de jeunes qui peuvent avoir le sentiment de la discrimination
14:36en raison de la souffrance sociale à laquelle ils sont confrontés,
14:39que la République dans son organisation est tout entière conçue pour leur être hostile.
14:44C'est-à-dire que vous diffusez à l'intérieur de la société
14:46tous les ferments de la confrontation,
14:49alors même que la promesse de la République,
14:51c'est la possibilité pour la République de convaincre chaque citoyen
14:55qu'il a sa place dans la société,
14:58et lorsqu'il ne l'a pas,
15:00la République doit le convaincre qu'elle est capable de changer ses politiques publiques
15:03pour permettre à chacun de trouver sa place dans la société.
15:06La stratégie de la France insoumise, c'est tout à fait différent.
15:09De la même manière, sur la question de l'antisémitisme,
15:11le moins qu'on puisse dire,
15:12et que cette organisation est très loin des combats que nous avons menés
15:16depuis l'affaire Dreyfus,
15:18et que nous avons pu mener autour d'un certain nombre de grands leaders
15:20qui déjà subissaient l'antisémitisme à leur époque.
15:23Je pense à Léon Blum, moi, Pierre Mendès-France.
15:25Et je pourrais comme ça multiplier les exemples.
15:27Donc pour moi, il n'y a pas de compatibilité
15:30entre ce que nous sommes historiquement, profondément,
15:33dans nos valeurs humanistes,
15:34en raison de l'universalisme que nous portons,
15:37et ce qu'est le discours de cette organisation politique.
15:40Alors on me dira, mais ce que vous dites ne tient pas compte
15:43de l'enthousiasme qui s'est manifesté à Saint-Denis.
15:48Des foules nombreuses rassemblées derrière des leaders maximaux
15:53qui sont des démocrates minimaux,
15:54on en a vu dans l'histoire du monde.
15:56La foule qui se rassemble derrière un chef,
15:58ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle pour un pays.
16:00Et s'il n'y a pas des âmes suffisamment ardentes,
16:04républicaines et humanistes
16:06pour développer un récit qui permette de dévoiler
16:13ce que ces enthousiasmes d'un jour
16:16peuvent révéler de comportements dangereux pour la République,
16:19alors il n'y a plus dans la République
16:20aucune possibilité de résistance au pire.
16:22Et pour moi, ce qu'il faut éviter,
16:24c'est la confrontation Mélenchon-RN, LFI-RN.
16:30Le discours de LFI ce week-end à Saint-Denis,
16:33c'était « Il n'y a plus qu'eux et nous ».
16:34Il faut qu'il y ait « eux »,
16:36c'est-à-dire RN et LFI,
16:37en face de nous les Républicains
16:39pour éviter que le pays ne bascule.
16:40C'est ça l'enjeu des mois qui sont...
16:42Mais dans un climat politique marqué par la radicalité,
16:45est-ce que la modération peut encore convaincre les électeurs ?
16:48Mais d'abord, la modération n'est pas la mollesse.
16:51La modération, c'est une sagesse,
16:53c'est un esprit de nuance,
16:54c'est une volonté sur tous les sujets qui se présentent au pays.
16:56Et il y en a de nombreux.
16:58J'ai parlé tout à l'heure de la question républicaine,
17:00mais il y a la question aussi de la modernisation
17:02de l'appareil productif
17:03pour créer les conditions de la justice sociale,
17:05parce que si le pays ne produit rien,
17:06il n'y a rien à répartir.
17:08Il y a la question de la lutte contre le réchauffement climatique.
17:11Si elle doit se faire par la décroissance,
17:13alors l'objectif de la justice sociale est perdu de vue.
17:16Il faut que la lutte contre le réchauffement climatique
17:18se fasse par la promotion d'une croissance sobre et sûre.
17:21Et enfin, il y a tous les enjeux liés au désordre du monde.
17:25L'abandon des principes du droit international,
17:27y compris par certains pays qui se sont présentés longtemps
17:30comme les leaders du monde libre, je pense, aux Etats-Unis.
17:33Ce qui se passe sur le continent européen
17:35avec l'entrée de la Russie en Ukraine
17:38en contravention avec tous les principes du droit international,
17:41notamment le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
17:43Ce qui se passe au Proche et Moyen-Orient
17:45et dans les pays du Golfe
17:46avec la situation en Palestine
17:49où la politique de Netanyahou conduit au massacre du peuple palestinien
17:54et où un groupe terroriste, le Hamas,
17:57a massacré des populations le 7 octobre israéliennes
18:02alors même que le Hamas était conscient
18:04que ces populations étaient les plus critiques
18:06à l'égard de la politique de Netanyahou.
18:08Tout ça montre qu'il y a quand même un État du monde
18:10et un État de la société française qui posent problème
18:13dans un contexte par ailleurs
18:14où nous avons une accumulation de dettes et de déficits
18:17qui menacent l'État-providence.
18:20Donc, si par rapport à tous ces sujets,
18:23la solution, c'est de raconter à peu près n'importe quoi
18:26en prenant les postures les plus radicales
18:28pour donner le sentiment qu'on est vraiment de gauche,
18:30à la fin, aucun des problèmes auxquels la gauche tient,
18:33c'est-à-dire sauvetage de l'État-providence,
18:35retour du droit international,
18:37défense de l'idée de la République, ne sera possible.
18:39Moi, je pense que ce qu'il faut, c'est dire la vérité,
18:41prendre les problèmes tels qu'ils se présentent à nous
18:43et dire aux Français sur chacun des problèmes
18:45qui se présentent à nous, voilà comment nous allons les régler.
18:48Et être de gauche, ce n'est pas prendre des postures
18:51pour rester au milieu de la piste de danse.
18:54Monsieur Mélenchon est au milieu de la piste de danse
18:55depuis 50 ans.
18:57Quel sera son bilan politique ?
18:58Qu'aura-t-il apporté au pays en termes de réformes,
19:02en termes de politique publique ?
19:03Rien.
19:04Aura-t-il été fidèle à un territoire ?
19:06Il aura été successivement élu de l'Essonne,
19:09élu de Marseille, élu du Nord de la France,
19:12participant à la libération de toutes les assemblées
19:14qui l'aura abandonné, comme il aura abandonné
19:16les citoyens qui lui auront fait confiance
19:17dans les territoires dont il aura été élu.
19:19Quel sera son bilan, à part celui d'avoir été derrière une tribune,
19:23pourra compter derrière cette tribune
19:25à travers des postures avantagées ?
19:26Alors on entend votre position à l'EFI,
19:26on va en reparler, Bernard Cazeneuve,
19:28et on voit que vous parlez aussi déjà presque
19:30comme un candidat à la présidentielle.
19:32On en reparle tout de suite.
19:32Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations