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  • il y a 14 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va revenir maintenant à la politique française dans le signé-concil dans un instant avec Charles Consigny et Raquel
00:04Garrido
00:05pour s'intéresser aux dernières déclarations de Bali Bagayoko.
00:07C'est le maire La France Insoumise de Saint-Ny et de Pierre Fitte.
00:12Et dans la perspective de l'élection présidentielle, voilà ce qu'il dit Bali Bagayoko.
00:16Il estime que si jamais le Rassemblement National l'emporte, il aura certes la légitimité institutionnelle,
00:23mais il n'aura pas la légitimité populaire.
00:25Et il envisage dans ces cas-là, pourquoi pas, une insurrection, un soulèvement populaire.
00:3116 de ceux qui sont les tenants de la République et donc des valeurs fortes,
00:34notamment y compris à gauche et ses écologistes, avec l'ensemble de la force de masse qu'il y a
00:38derrière,
00:39moi j'ai l'intime conviction que la population est capable de se lever.
00:42Et cette forme d'insurrection populaire, elle ne sera pas possible que si déjà on redonne du pouvoir à la
00:47base.
00:48Les mots sont importants parce que vous appelez à l'insurrection populaire.
00:50Bien sûr, l'insurrection populaire au sens, bien sûr, lever la population de manière importante
00:54parce que malheureusement, toutes les réformes importantes dans ce pays se sont faites par une insurrection populaire.
01:01La prise de la mastice, tous ces juges-là, c'est des choses qui sont liées à l'histoire de
01:04France.
01:05Alors ce qui est lié à l'histoire de France, les soulèvements populaires pour les acquis sociaux,
01:09pour la contestation aussi des pouvoirs, ça va être le thème de notre discussion maintenant avec Charles Consigny.
01:14Bonsoir.
01:18Bonsoir.
01:21insurrection en cas de victoire du RN, c'est irresponsable ce que dit M. le maire Bagayoko ?
01:26M. Bagayoko, il est très sympathique, mais il est quand même à la limite de demander,
01:30de proclamer l'indépendance de Saint-Denis.
01:33Je veux dire, entre le portrait du président qui ne veut pas afficher,
01:38les agents municipaux qui doivent soit se mettre sur sa ligne, soit être démis de leur fonction,
01:44et maintenant une anticipation éventuelle où il ne reconnaîtrait pas,
01:49c'est à peu près ce qu'il nous dit, la victoire d'un parti politique.
01:55Tout ça, d'ailleurs, sur un média plus ou moins confessionnel,
02:00en tout cas pas confessionnel mais communautaire,
02:03je trouve que ça commence à faire beaucoup.
02:05Je pense qu'il charrie un peu et qu'il y a quand même un principe qui est la République,
02:11l'élection...
02:11C'est dangereux de parler d'insurrection populaire lorsqu'on a un élu de la République ?
02:16Non, mais qu'ils sont en contestation du RN et qu'il y ait même des manifestations en cas de
02:21victoire du RN, etc.,
02:23pas de problème, mais oui, parler...
02:25Insurrection, ce n'est pas manifestation.
02:26Insurrection, ce n'est pas manifestation.
02:28Il m'a dit une rhétorique qui, à mon avis, est assez malsaine.
02:34Voilà, est assez malsaine, oui, je pense.
02:36– D'accord avec ça ?
02:38– Mais moi, je n'ai aucun doute sur le fait que Bally Bagayoko est un militant démocrate.
02:43D'ailleurs, ça fait des années qu'il se bat démocratiquement dans sa ville Saint-Denis.
02:47Il a occupé d'ailleurs plusieurs postes et des fonctions électives.
02:50Donc, je n'ai pas de doute là-dessus.
02:52Je ne vais pas faire de fausses polémiques avec lui.
02:54– Est-ce qu'il est républicain ?
02:55– Bien sûr qu'il est républicain.
02:56Ce que je retiens dans ce qu'il dit, qui me semble quand même,
02:59et que tout le monde devrait l'entendre,
03:00c'est qu'il dit qu'il ne faut pas normaliser le RN.
03:03Lui, en fait, ce qu'il anticipe éventuellement,
03:06et ce qu'il veut éviter, je comprends ce qu'il dit,
03:10c'est qu'il voudrait éviter le fait qu'on fasse comme si de rien n'était,
03:14comme si une victoire du RN en France dans un an
03:17était une sorte de non-événement, une sorte d'alternance tranquille.
03:21Oui, bien sûr, ça, il ne le conteste pas.
03:24Mais moi, je suis allée voir, par exemple, pour préparer cette émission,
03:27une proposition de loi constitutionnelle
03:29que Marine Le Pen a déposée à l'Assemblée nationale en janvier 2024.
03:33Marine Le Pen a une proposition de bouleversement de la Constitution française,
03:37faite en plus sur la base d'un plébiscite.
03:39Et je vous lis un article qui est proposé, c'est le suivant.
03:42« Afin de garantir aux Français, en toutes circonstances,
03:45une priorité dans l'accès à l'emploi à égalité de mérite
03:48dans le secteur privé et, le cas échéant, dans le secteur public,
03:51ainsi que dans le bénéfice de l'action des services publics
03:54et des politiques publiques, y compris le logement,
03:56la loi y limite l'accès des étrangers. »
03:59C'est une loi, ça, c'est une constitution qui met en place une xénophobie d'État.
04:03Et ça, vous ne pouvez pas me faire croire...
04:05C'est la préférence nationale, quoi.
04:06Oui, donc, vous ne pouvez pas me faire croire que ça,
04:09si la Constitution française devient une constitution ouvertement xénophobe,
04:14que ça ne va pas créer dans la société quelque chose d'une réaction.
04:18Vous-même qui voulait changer de constitution, vous voulez une 6ème République, donc aussi...
04:22Oui, par exemple les constituantes.
04:23Moi, je pense que c'est le peuple lui-même qui doit se doter de nouvelles institutions.
04:26Vous êtes aussi pour revoir la Constitution, comme Marine Le Pen.
04:28Pas dans le même sens, mais pareil.
04:30Non, mais ce n'est pas pareil.
04:31Ah bah si, vous voulez une 6ème République.
04:32Ça n'est pas pareil de vouloir avoir le chef d'État qui part des moyens illégaux, inconstitutionnels,
04:40parce que c'est la proposition du RN.
04:42Il dit qu'ils vont passer par l'article 11 de la Constitution pour changer la Constitution.
04:46Ça, c'est des choses qui doivent vraiment nous mettre en alerte.
04:48Donc, j'espère, moi, surtout que ce qu'on déduit, ce qu'on en fait de cette dangerosité du RN,
04:53c'est surtout qu'il faut unir la gauche, qu'il faut empêcher la victoire du RN.
04:57Je préfère qu'on n'arrive même pas à la situation où le RN attaque tellement nos fondements républicains
05:02que la société française elle-même se rebiffe.
05:04Je préfère que la gauche gagne et qu'on puisse effectivement approfondir et améliorer la démocratie française
05:10plutôt que de la remettre en cause.
05:12Pourquoi pas ? Je pense que c'est utile d'aller regarder toutes les propositions de tous les partis en
05:18général,
05:18mais du RN en particulier.
05:20Effectivement, je pense que c'est un travail qui va devoir être fait dans les mois qui viennent
05:24pour savoir ce qu'ils promettent vraiment.
05:26parce que très souvent, les partis extrémistes, ou en tout cas jugés comme tels,
05:32avancent à visage relativement découvert et annoncent à l'avance ce qu'ils vont faire.
05:36Alors après, on est tous surpris une fois qu'ils font,
05:38mais on s'aperçoit qu'ils avaient annoncé ce qu'ils allaient faire.
05:40Donc, en politique, il faut prendre les gens au mot parfois.
05:43Donc, je trouve que c'est inintéressant de regarder dans le détail.
05:46Néanmoins, d'abord, je pense quand même que le chantage au nazisme, ça ne va pas fonctionner.
05:52Il faut trouver autre chose au fascisme, au nazisme, je dis au nazisme en étant volontairement provocateur,
05:58c'est-à-dire cette idée selon laquelle on nous referait passer je ne sais quel candidat macroniste
06:05ou je ne sais quel candidat socialiste pour nous refaire avaler une espèce de potion
06:10que les gens ont déjà goûté mille fois et qui n'ont plus envie d'avaler,
06:16je pense que ce sera pour court.
06:19On ne va pas nous faire avaler Hollande, Glucksmann ou Mélenchon au nom de Pétain.
06:26Ça ne marchera pas, c'est tout.
06:27Il faut trouver autre chose pour convaincre les Français.
06:30Et d'ailleurs, je pense que le RN s'appuie sur au moins trois leviers puissants
06:35qui sont, un, le rejet de la gauche parce que la gauche s'est radicalisée, s'est extrémisée
06:40sous l'influence de Mélenchon, la NUP, etc.
06:43Moi, j'avais justement regardé le programme et c'était un programme extrémiste.
06:47Deux, à cause du bloc central qui finit par saouler tout le monde
06:51et les gens cherchent une alternance qu'ils finissent par trouver au RN,
06:54d'autant que ce bloc central est assez bourgeois et ne fait pas l'effort d'aller voir les classes
06:58populaires.
06:59Et trois, à cause de l'affaiblissement de la droite qui, en matière de politique de l'offre,
07:05est un peu paresseuse et ne propose pas grand-chose aux gens.
07:08Et tout ça fait que, bon an, mal an, de plus en plus de gens vont vers le Rassemblement national.
07:15Et j'en termine par là.
07:16Moi, j'observe, avec un intérêt intellectuel, que le RN ratise beaucoup plus large qu'avant.
07:23Moi, je vois des profils maintenant de gens qui expliquent qu'ils comptent voter RN
07:27qui sont quand même des profils qu'avant, je ne voyais pas vers ce parti.
07:31Donc, je pense que c'est aux autres partis de s'activer, mais...
07:34Mais pas uniquement sur le barrage, ce sera le barrage.
07:37Aujourd'hui, dire le barrage ne suffit plus.
07:39Aux autres de convaincre.
07:40En l'occurrence, je me suis permise d'aller chercher une information très concrète,
07:45je veux dire, qui est soumise ensuite à la délibération de chacun.
07:47La xénophobie d'État, ce n'est pas une lubie, c'est leur constitution.
07:54La préférence nationale, c'est vraiment au cœur des programmes.
07:57Vous avez tendance à trouver que c'est peut-être une proposition comme une autre.
08:00Moi, je dis qu'elle remet en pause 230 ans d'histoire constitutionnelle de ce pays.
08:04Raquel, la préférence nationale, c'est dans le programme du RN depuis toujours.
08:07Donc, c'est rien de neuf.
08:08On ne découvre pas quelque chose.
08:10Mais ce que je veux dire, c'est que la xénophobie d'État, elle est à l'heure de toujours.
08:14Et c'est important de le savoir.
08:15Alors, ensuite, nous, en face, ce qu'on doit proposer, c'est effectivement, à l'inverse,
08:20la démocratisation de la France.
08:22Nous sommes aujourd'hui dans une situation de blocage.
08:24Quand le gouvernement est composé du parti minoritaire qui conserve le pouvoir à coup de 49-3,
08:31à coup d'embrouilles, etc., on a une espèce d'aspiration profonde au changement qui est juste.
08:37Moi, je pense que c'est juste.
08:38Je fais partie de ces Français qui réclament ce grand bouleversement, ce grand changement.
08:43Il faut tourner définitivement la page mortifère du macronisme.
08:46Et effectivement, la gauche, elle doit être sur ses piliers.
08:50Mais qui est la gauche ?
08:50La redistribution des richesses, l'attaquement dont on a parlé, les services publics.
08:55En l'État, il y a quand même un petit bémol.
08:57C'est qu'à priori, le seul candidat qui est susceptible de faire gagner le RN, c'est Mélenchon.
09:03Donc, c'est quand même un peu particulier.
09:05La gauche s'excite, etc., en disant « Ouh là là, attention, le bruit des bottes ».
09:10Mais en attendant, c'est eux qui sont susceptibles de faire gagner Bardella.
09:14Une des raisons pour lesquelles Jean-Luc Mélenchon s'est affaibli dans cette fonction de riposer à l'extrême droite,
09:23c'est précisément parce qu'il ne respire plus la démocratie.
09:26Or, je viens d'indiquer à quel point c'est important que la gauche,
09:29elle doit incarner ce respect des libertés fondamentales,
09:32ce fait qu'on veut, en France, être souverain.
09:35C'est-à-dire, c'est le peuple lui-même qui détermine sa conduite
09:38par un chef d'État tout-puissant à la tradition bonapartiste.
09:41C'est-à-dire avec quoi ? Des référendums ? Ce genre de choses ?
09:44Que propose d'ailleurs le RN ?
09:46La démocratie française, elle doit être un mix de représentativité,
09:50de démocratie directe, aussi les conventions citoyennes.
09:52Il faut qu'on rénove tout ça.
09:54Il faut que chacun puisse trouver sa part de participation.
09:57Vous avez vu que sur l'écologie, ils sont dans l'aile.
09:58C'est ce qu'a dit François.
09:59La primaire à gauche, elle n'aura pas lieu.
10:01Il a dit, oubliez cette idée, il n'y aura pas de primaire à gauche.
10:05Moi, je pense typiquement, alors ça, ça fait partie des choses,
10:07mais je lui ai dit à François Hollande à l'IFRÉ,
10:09lorsque je l'ai vu en Bretagne, lors d'une initiative il y a 15 jours,
10:12ce que dit de nous le fait que les deux protagonistes
10:16de la bagarre à gauche de 2012 souhaitent encore avoir
10:19des premiers rôles en 2027, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon.
10:22Et je lui ai dit, je lui ai dit, vous devriez vous mettre de côté,
10:25Hollande et Mélenchon.
10:26Vous devriez passer la main, 2027 n'est pas votre année.
10:30Non, vraiment pas, parce que la preuve, c'est que François Hollande,
10:34c'est à cause de lui que la gauche a beaucoup de plomb dans l'aile
10:37depuis des années, le Parti Socialiste a été sérieusement plombé.
10:40Alors, Olivier Faure, ce qu'il a fait, Olivier Faure,
10:44il a réhabilité le Parti Socialiste dans grande mesure,
10:47parce qu'il a participé à la NUPES, il a participé au Nouveau Front Populaire,
10:51et là maintenant, il milite pour cette primaire de la gauche.
10:53– Ce serait quoi ? Ce serait fort, votre candidat ?
10:55– Non, moi je soutiendrai toute personne qui…
10:59– Non, mais qui vous trouvez en position ?
11:00– Alors attendez, moi je le dis, je soutiendrai toute personne
11:03qui se soumet à une primaire de la gauche.
11:05Voilà, je le dis, ça me semble que c'est ici que réside l'acte éthique
11:09que doit faire…
11:10– Mais ça, c'est vous qui le dites et François Hollande,
11:12alors si vous vous prenez vos consignes chez François Hollande…
11:14– Je ne crois pas que je suis le seul, puisque la plupart de…
11:15– Et moi je dis que, moi je suis une organisatrice de la primaire.
11:18– C'est les losers qui veulent la primaire.
11:19Ceux qui n'ont pas besoin de primaire, c'est ceux qui s'imposent naturellement.
11:23Mélenchon, Bardella ou Marine Le Pen…
11:24– Ça n'a rien de naturel, la façon dont Hollande et Jean-Luc Mélenchon s'imposent.
11:28D'abord Hollande, il ne s'impose rien du tout.
11:30François Hollande aujourd'hui, c'est surtout une figure médiatique.
11:32Politiquement, c'est combien des députés, combien de militants…
11:35– François Mitterrand n'a pas eu besoin de primaire, Jacques Chirac non plus,
11:38enfin Sarkozy non plus.
11:39– Mais François Mitterrand a été investi dans un parti démocratique
11:42où les gens ont voté, où il y a eu une délibération,
11:44ce qui n'est pas le cas de Jean-Luc Mélenchon,
11:46ce qui s'est fait, qui a pris la peine…
11:48– Et vous le savez très bien, Jean-Luc Mélenchon a pris la peine
11:51d'exclure de son mouvement toute personne qui, le jour venu,
11:54où on allait poser la question de savoir qui est candidat,
11:57ne serait pas dans la salle.
11:58– Mais là vous voyez quand même…
11:59– Ça c'est pas possible, personne ne peut se rallier à ça.
12:01Donc oui, il y aura une primaire, il y aura un choix démocratique,
12:04et dans ce choix démocratique, on verra la différence entre nous
12:07et ceux qui sont pour une société
12:10où les libertés ne sont pas aussi importantes,
12:12où la démocratie n'est pas au cœur de notre projet.
12:15– Sauf que sous Emmanuel Macron,
12:18le Rassemblement national a cessé de progresser.
12:21Donc là, il est aujourd'hui à plus d'une centaine de députés,
12:24130 députés.
12:25Ce qui veut dire qu'aujourd'hui,
12:28tous ceux qui se présentent,
12:30les idées rencontrent quand même un écho auprès des électeurs.
12:34Ce que je veux dire, c'est que l'argument de dire
12:36stop au fascisme ou au nazisme ne suffit plus aujourd'hui.
12:39– Oui, ça veut dire qu'il y a quand même un programme,
12:41une idée, ça a fusé.
12:42– Regardez, lorsqu'il y a eu la dissolution en juin 2024,
12:46le 30 juin 2024, le nouveau Front Populaire fait 9 millions de voix.
12:49Il y a eu une sorte, non pas d'insurrection dans la rue,
12:52mais d'insurrection civique, c'est-à-dire ces sorties de terre,
12:54pour dire non, on ne veut pas Bardella.
12:56Bardella avait eu 32%, si je me souviens bien, aux européennes,
13:00tandis que la gauche était divisée et atomisée.
13:02– Moi, je me mens, on verra, mais ça a pu aussi créer de la frustration
13:07chez les électeurs, on verra.
13:08Moi, je crois effectivement que le fond, c'est important quand même.
13:13C'est très bien, toutes ces tactiques, etc.,
13:15mais il y a un moment donné, le fond, ça compte.
13:16Donc là, je comprends, vous, la ligne à gauche,
13:18ce sera davantage de démocratie, bon, très bien,
13:21et davantage de ce que vous appelez, vous, la justice sociale,
13:24et qui se traduit en pratique par, à mon sens,
13:26des mesures extrêmement liberticides,
13:30qui détruisent toute forme de méritocratie en France.
13:34Mais bon, chacun a ses options.
13:36– Mais c'est la différence traditionnelle entre, d'une côté,
13:38la force pure, qui est le projet de la droite et de l'extrême droite,
13:41et l'autre côté, la loi, qui est le projet républicain porté par la gauche.
13:45– Oui, mais vous voyez, en France, maintenant, la force,
13:46elle est passée du côté des gens qui ne foutent rien, quand même.
13:49C'est-à-dire que la force en France, c'est la force de l'inertie, aujourd'hui.
13:52– Mais les actionnaires qui ne font rien d'autre que recueillir leurs dividendes,
13:55et ils travaillent beaucoup, à votre sens ?
13:56– Les actionnaires, c'est une toute petite minorité, les actionnaires.
13:58– Exactement, il y en a que 53 des milliardaires.
14:00– Et si on pouvait faire plus de salariés actionnaires,
14:03déjà, à mon avis, on paierait mieux les gens,
14:04beaucoup plus qu'avec des allocations.
14:06Mais bon, c'est une question, un sujet en passant.
14:08Le RN s'appuie sur quoi ?
14:10Un, une volonté d'un tour de vis considérable en matière de sécurité.
14:15– Et d'immigration.
14:16– J'allais y venir, mais déjà en matière de sécurité.
14:19Donc, en fait, une espèce d'inversion de la politique pénale actuelle,
14:22c'est-à-dire des mesures très dures dès le premier délit
14:25pour casser la chose dans l'œuf.
14:27Il faut en prendre, il faut le prendre en compte.
14:30Moi, d'ailleurs, je pense que les partis de droite
14:32devraient proposer cette révolution pénale.
14:35– Parce que les Français…
14:36– On le reçait sur une ligne, alors.
14:37– Voilà, mais oui, mais je pense qu'il n'a pas tort de le faire.
14:40Deux, effectivement, une réduction de l'immigration,
14:43parce qu'ils considèrent que l'immigration de masse
14:45que vit la France depuis plusieurs décennies
14:48est porteuse de déséquilibre.
14:50Et ça ne peut pas être simplement balayé d'un revers de la main.
14:53Moi, je pense que c'est un problème d'autant plus complexe
14:55que la volonté ne suffit pas et qu'il faut y arriver en pratique.
14:59On a vu que Retailleau, avec toute la volonté qu'il a mise,
15:02s'est heurté aux histoires de laisser passer consulaire, etc.
15:06Et trois, il s'appuie.
15:07C'est là que c'est quand même un petit peu complexe
15:10sur toute l'œuvre de Marine Le Pen
15:12qui essaye de faire dire que le RN est un parti
15:15de droite sociale, en quelque sorte.
15:17Et c'est là qu'on est dans une alchimie
15:19qui n'est pas aussi simple qu'elle en a l'air.
15:21C'est-à-dire que quand Marine Le Pen dit
15:23que réduire le nombre de fonctionnaires,
15:25ça, c'est des trucs de droite qui ne l'intéressent pas,
15:27que la retraite à 62 ans est encore écrite
15:30dans le programme du RN,
15:31toutes ces choses-là parlent à un certain inconscient français.
15:35Et donc, ce n'est pas si facile
15:37de les contrer avec des recettes classiques.
15:41C'est un cocktail complexe.
15:43Et à mon sens, c'est un nouveau en même temps.
15:45C'est un attrape-tout, en fait.
15:47La droite représentée par Bardella
15:49et la gauche par Marine Le Pen.
15:50Mais l'extrême droite, elle a une forme de taquilla sociale.
15:53Tout à fait.
15:53En réalité, dans l'Assemblée nationale,
15:56mais j'ai déjà eu l'occasion de le dire,
15:57elle vote systématiquement contre l'augmentation du SMIC.
16:00Même cette soi-disant défense de la retraite à 60 ans,
16:02c'est vraiment pour les générations de 17-18 ans.
16:04Ce n'est pas pour tous les travailleurs français.
16:07Au fond, ils sont opposés, par exemple,
16:11par la taxe Zuckmann.
16:12Et aujourd'hui, ce sont le rapprochement
16:13avec notamment Bernard Arnault
16:15et les intérêts de l'oligarchie française
16:16sont en route.
16:18Non, non, on ne partage pas sur un débat sur la taxe Zuckmann.
16:21On le reprendra un autre jour.
16:22Pour vous, c'est épidermique.
16:23Mais cela dit, c'est très fédérateur.
16:26Et la gauche, elle a tout intérêt à fédérer
16:28sur les grandes hégémonies culturelles françaises républicaines.
16:31Nous sommes un pays qui est pour l'égalité,
16:35qui est pour la justice sociale.
16:36Et voilà, c'est bien.
16:38Moi, je suis de ce point de vue
16:39tout à fait fière d'être française.
16:40Et je pense que c'est ça le point le plus important.
16:44Et c'est pour ça que quand on est...
16:45On doit riposter à ORN avec ses obsessions
16:48sur l'islam, l'immigration, etc.
16:50On doit avoir des choses à dire.
16:51Pourquoi pas ?
16:51Mais attention à ne pas être...
16:53à rester fixé sur leur conversation
16:56qui est par essence sur Belligène.
16:59Oui, mais justement, est-ce que la gauche travaille ?
17:01Pardon, moi, la gauche n'est plus au pouvoir
17:03depuis quand même pas mal d'années.
17:05Il n'y a pas eu de candidat de gauche
17:06au deuxième tour depuis maintenant deux présidentielles.
17:10Est-ce que la gauche a travaillé ?
17:12Est-ce que la gauche va devant les Français
17:14avec un projet qui va les séduire,
17:16les emporter positifs, sans être démago,
17:18sans promettre des choses qu'on ne pourra pas payer
17:20puisqu'on sait que le pays est très endetté
17:21et qu'il va falloir quand même régler
17:22le problème de finances publiques ?
17:23Voilà, c'est ça la question.
17:25Mais écoutez, si ce que vous voulez,
17:26c'est une gauche qui plaise à la droite,
17:27bon, peut-être que vous allez être déçue.
17:28Non, c'est une gauche qui plaise aux Français.
17:29Pardon, mais la gauche, la gauche,
17:31je fais une incise, là où Olivier Truchot a raison,
17:35c'est qu'en 2012, souvenez-vous
17:36que Terranova avait complètement conceptualisé
17:40le programme de la gauche,
17:41les cibles électorales de la gauche.
17:43C'est vrai que c'était beaucoup plus bossé
17:45que ce qu'on a eu après avec Benoît Hamon
17:47et je ne parle même pas d'Anne Hidalgo.
17:49On a oublié qu'Anne Hidalgo a été candidate en 2022
17:52et qu'elle a fait 1, combien ?
17:541,75%.
17:56Non, le point de référence d'un succès,
17:59on va dire, même s'il n'a pas été suivi d'effet
18:02puisque Macron a contrôlé le pouvoir,
18:03c'est quand même la NUPES en 2022
18:05et surtout le NFP en 2024.
18:06Les 9 millions de voix du NFP en 2004,
18:09c'est un record.
18:10Au premier tour, il a implosé le NFP derrière.
18:13Jean-Luc Mélenchon n'a jamais fait 9 millions de voix.
18:16Mais il a implosé le NFP.
18:17À partir de là, on peut construire un élargissement.
18:21Oui, mais vous n'avez pas gagné.
18:23Les gens qui sont venus voter NFP,
18:25les 9 millions,
18:26dont j'imagine qu'il y en a quand même quelques-uns
18:27pour le poste à la maison,
18:28ils ne sont pas venus alors qu'il n'y avait pas de programme.
18:30Le programme du nouveau Front populaire,
18:32vous pouvez le faire en même temps.
18:35Il y a un truc sur lequel je vous trouve gonflé à gauche,
18:38c'est qu'à droite,
18:39imaginez si la droite s'était alliée
18:41RN, UDR, LR,
18:45voire une partie de la Macronie qui est à droite.
18:47Vous auriez hurlé à la compromission,
18:49ça aurait été 1940, Vichy, etc.
18:53Ils ne l'ont pas fait, ils ne le font pas.
18:55La droite républicaine résiste
18:57aux tentatives d'alliance avec le Rassemblement national.
19:00Il y a Ciotti qui joue le poisson pilote.
19:02Et en attendant, Ciotti, il est tout seul.
19:04Enfin, il n'a pas récupéré de très gros bonnets.
19:06Il a gagné la mairie de Nice.
19:08Oui, oui, oui, mais il est tout seul.
19:09Il gagne ses trucs tout seul, ses législatives.
19:12Mais en réalité, pour l'instant,
19:14LR quand même tient sa ligne.
19:16Alors qu'à gauche,
19:17vous n'hésitez pas du tout à faire fusion
19:21avec la France insoumise
19:22qui est désormais un parti quand même très extrémisé.
19:26Mélenchon tient quand même des discours
19:27qu'à gauche, précisément,
19:30on devrait trouver problématiques.
19:32Des plaisanteries sur des noms de familles,
19:34des choses comme ça.
19:35La jeune garde qui a quand même été dissoute
19:38par Darmanin
19:39est quand même une espèce de milice armée
19:42de la France insoumise.
19:43Mais ça, ça ne vous a pas du tout gêné.
19:45Il y a plus de complaisance d'un côté.
19:46Et ça n'empêche pas les bobos
19:47qui votent pour le nouveau Front populaire
19:49de faire la leçon à tout le monde.
19:52Et j'ai été extrêmement claire.
19:55En réalité, précisément,
19:57c'est une des raisons pour lesquelles je pense
19:59que Jean-Luc Mélenchon aiderait en se mettant de côté.
20:01Parce qu'on a d'une part un programme commun
20:04qui est un programme républicain,
20:07qui a des années-lumière du programme institutionnel
20:10de l'extrême droite de xénophobie d'État.
20:13Mais effectivement,
20:15on a...
20:15Mais pardon, vous pouvez dire
20:17que l'attaque Zuckman, c'est extrémiste.
20:19Mais ça n'a rien à voir avec ce que je viens de vous montrer
20:21sur la xénophobie d'État.
20:22Ce n'est pas la même nature.
20:24C'est pour ça qu'il y a un front républicain.
20:26Dans ce cas-là, c'est vous qui normalisez le RN.
20:29Et là-dessus, Bali Bagayoko,
20:30il a raison de dire, attention,
20:32il y a des gens qui sont en train de normaliser le RN.
20:34Et par rapport à ça, il faut qu'on soit vigilants.
20:36Merci Raquel Garrido.
20:37Merci Charles Consigné pour ce débat
20:39de début de semaine, désormais le lundi.
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