- il y a 17 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Parvenir maintenant à la politique, la politique française avec le panorama de la situation économique
00:05qui est intimement lié bien sûr à cette guerre au Moyen-Orient aussi.
00:09On a un certain nombre de paramètres, d'indicateurs qui sont dans le rouge.
00:12Le chômage, plus 8%, les ventes de logements neufs qui sont un plus bas historique.
00:17D'ailleurs la construction d'une manière générale, l'inflation à la hausse, le carburant qui reste toujours très cher.
00:22Puisque je donnais comme premier indicateur le chômage, voilà ce que disait ce matin le ministre du Travail, Jean-Pierre
00:27Farandou.
00:28On s'attendait à ce que le taux de chômage glisse un petit peu compte tenu du contexte économique particulièrement
00:34difficile.
00:34On peut même considérer que l'économie française est assez résiliente quand on voit tout ce qui est la hausse
00:39des carburants,
00:39tout ce qui se passe en conséquence économique liée à la guerre en Iran et au blocage des droits d
00:44'Hormuz.
00:45Pour autant, il faut aussi voir qu'il n'y a jamais eu autant de personnes dans l'emploi depuis
00:5150 ans.
00:51Le taux de chômage des jeunes a même légèrement baissé.
00:53Il y a quand même une dynamique de l'emploi, même si à court terme et compte tenu de l
00:57'environnement économique,
00:58il y a un petit dérapage sur le taux de chômage.
01:03Est-ce que la France s'enfonce dans la crise ?
01:05Ça va être le thème de notre discussion et comment l'en sortir aussi de notre discussion avec Charles Consigny.
01:10Bonsoir.
01:10Bonsoir.
01:11Avec Alma Dufour, députée de la France insoumise de Seine-Maritime.
01:14Merci.
01:15Normandie.
01:16Normandie, tout à fait.
01:17Des questions pièges.
01:18Bonsoir.
01:19Bien joué.
01:20Alors, la France s'enfonce dans la crise, Charles Consigny.
01:23Vous avez vu, Farandou, il minimise.
01:25Oui, moi j'adore le concept de personnes dans l'emploi déjà.
01:28Ça, c'est vraiment des concepts à la française.
01:31On n'a jamais eu autant de personnes dans l'emploi.
01:33C'est formidable.
01:34Au lieu de dire quoi ?
01:35De personnes qui travaillent, tout simplement.
01:37Oui, et puis je trouve que la question ne se pose même pas.
01:40Le principe, c'est quand même qu'on travaille.
01:42Et l'exception, c'est qu'on ne travaille pas, soit parce qu'on est trop jeune, trop vieux,
01:45ou pas en capacité de le faire.
01:47Mais se féliciter qu'on n'ait jamais eu autant de personnes dans l'emploi, ça me paraît compliqué.
01:52Enfin, bizarre et très français.
01:54Moi, je ne suis pas surpris.
01:55On est dans une situation politique très compliquée, très incertaine.
02:01La France est un pays très politique.
02:03Beaucoup de choses dépendent un peu de l'humeur politique.
02:06Et donc, concrètement, il ne va rien se passer jusqu'à l'élection présidentielle.
02:10Donc ça, c'est les conséquences de la dissolution.
02:13Ensuite, beaucoup de réformes n'ont pas été faites.
02:16Alors, ce ne seront pas les réformes préconisées par Madame Dufour.
02:19Mais moi, je suis stupéfait de voir qu'au bout de dix ans de macronisme,
02:22qui était quand même une promesse de modernité,
02:25finalement, on reste le pays le plus taxé, le plus dépensé en argent public,
02:30le plus assisté, le plus réglementé, le plus étatisé du monde.
02:33On est dans une forme de collectivisme mou.
02:36Et dans ces conditions-là, c'est une réalité.
02:38Et dans ces conditions-là, comment voulez-vous que ça fonctionne ?
02:40Quand l'État prend tout, quand c'est l'État qui fait tout, ça ne peut pas marcher.
02:44Il n'y a aucune économie au monde dans laquelle ça a marché.
02:47Et donc, la France est dans cette situation-là.
02:49Il n'y a pas de surprise à avoir.
02:52Madame Dufour.
02:53Est-ce que vous suivez ce que dit Jean-Pierre Farandeau,
02:55qui dit quand même, là, effectivement, il y a une conjoncture un peu compliquée,
02:58mais la tendance est bonne, grâce à tout ce qui a été fait depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir
03:03?
03:03Je ne suis pas d'accord du tout.
03:05Je ne suis pas d'accord du tout.
03:06La tendance est mauvaise.
03:08Effectivement, on parle de personnes dans l'emploi,
03:10parce qu'il s'agit de l'emploi, des catégories du chômage.
03:13Mais en réalité, le plein emploi, il n'est vraiment pas là.
03:16Et surtout, on bat des records de faillite depuis quatre ans, année après année.
03:20Et là, je déteste dire, je vous l'avais dit,
03:23mais la dernière fois qu'on s'est vu, M. Consigny,
03:25qu'est-ce que je vous avais prédit ?
03:26Je vous avais dit, si on laisse le prix de l'essence grignoter le pouvoir d'achat
03:30des classes populaires et des classes moyennes,
03:32mais aussi des petites entreprises,
03:33on va se retrouver avec quoi ?
03:35Une récession.
03:36C'est pour ça qu'il faut baisser les taxes.
03:37Ça n'a pas loupé.
03:39On n'a ni baisse de taxes, ni contrôle des prix.
03:41Résultat des cours, 0% de croissance.
03:43Donc là, effectivement, M. Farandeau esquive.
03:45La réalité, c'est qu'on va se retrouver avec un mur de faillite
03:48encore plus gros que celui du début de la crise.
03:50Et le gouvernement français ne prend aucune mesure,
03:53contrairement à d'autres gouvernements,
03:55que ce soit l'Espagne en baissant les taxes,
03:56ou la Slovénie en bloquant les prix,
03:58ou par exemple la Corée du Sud en bloquant les prix
04:00et en baissant les taxes.
04:01Il y a plein de pays qui s'agitent.
04:03Plus les moyens, Mme Dufour.
04:04Mais alors justement, pourquoi pas bloquer les prix ?
04:06Nous, c'est ce qu'on demande.
04:07C'est exactement ce qu'on demande.
04:08Parce qu'on ne nous vendra plus le pétrole.
04:09Au niveau européen, il y a aujourd'hui l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, l'Espagne
04:15qui sont pour taxer les super profits des pétroliers
04:18pour essayer de limiter la casse.
04:20Qui dit non ? La France.
04:22La France, le loser de l'Europe.
04:23C'est pas le seul pays européen à dire non, je pense.
04:24Non mais oui, mais là, je vous en ai quand même cité des gros,
04:27des grosses économies qui se rendent bien compte
04:29qu'on ne va pas pouvoir laisser les raffineurs se gaver de la sorte.
04:32Ça rentre pas à l'avis des Français.
04:33Mais vous savez qu'on a quand même le prix le plus cher d'Europe
04:36juste derrière les Pays-Bas et la Finlande.
04:37Parce qu'il est surtaxé, l'essence en France.
04:39Parce qu'il est surtaxé, mais aussi parce que nos raffineurs
04:42se sont fait des marges supérieures en France, ici tout à fait,
04:45qu'en Allemagne, et ça c'est un rapport qui le dit,
04:47les marges de raffinage, elles sont explosives.
04:49Et qui, c'est vrai que cette crise bénéficie à peu de personnes,
04:53mais bénéficie surtout à un groupe, évidemment,
04:55et j'en parle à chaque fois, mais on ne peut pas y couper,
04:57Total Energy qui a fait un bond de profit de 50% juste sur ce trimestre.
05:02Madame Dufour, reconnaissez quand même que Total Energy
05:04n'est pas à lui seul responsable de tous les problèmes de notre pays.
05:08– Non, mais là, c'est le prix de l'essence ou ce n'est pas le prix de l
05:10'essence
05:10qui est en train de contaminer l'économie ?
05:12– C'est un bouc émissaire facile, Charles ?
05:13– Non, mais moi je pense que c'est une crise qui vient de plus loin
05:16que simplement la guerre en Iran.
05:18– Vous avez raison aussi, Donald Trump.
05:19– Donc tous nos problèmes sont extérieurs, en fait,
05:21ce n'est pas de nos propres problèmes.
05:22– Excusez-moi, l'essence, on n'en produit pas.
05:26C'est l'essence-là qui génère la crise inflationniste ou pas ?
05:28Vous vous sous-estimez le poids de l'énergie dans l'économie, je pense ?
05:31– Non, pas du tout, pas du tout.
05:32– Bah si, je suis désolée.
05:32– L'énergie, ce n'est pas que l'essence, c'est aussi l'électricité, le gaz.
05:36– Oui, mais justement, on n'a pas assez de voitures électriques.
05:38Et là, je serais d'accord avec vous, il faut sortir du marché européen de l'électricité.
05:41On s'était mis un peu d'accord là-dessus.
05:41– Il est vrai qu'en Europe, on paye plus cher l'électricité et le gaz qu'aux États-Unis.
05:45On paye 2 à 3 fois plus cher notre électricité qu'aux États-Unis.
05:47– Grâce aux Allemands.
05:48– Et 4 à 5 fois plus cher notre gaz.
05:50– Grâce aux Allemands.
05:51– Moi, qu'est-ce que je pense qu'il faut faire ?
05:52Il faut construire des centrales nucléaires.
05:55Ensuite, je ne sais pas si vous êtes favorable à cette proposition d'ailleurs,
05:58mais je pense que ce serait bien de faire des centrales nucléaires.
06:00– La France est déjà le premier exportateur net d'électricité d'Europe,
06:03mais de très très loin.
06:04On est super exportateur.
06:06Donc là, la question n'est pas là de l'électricité.
06:08On en a plus qu'il n'en faut pour la France.
06:10Et même pour nos voisins, on exporte 92 TWh,
06:13mais c'est gigantesque, c'est quasiment un cinquième de ce qu'on produit.
06:16Donc, ce n'est même pas une question de production.
06:18Là, c'est une question de fixation du prix.
06:20Moi, je suis entièrement d'accord avec vous sur ce sujet.
06:22Ça fait trois ans que je me casse la tête à dire
06:24que la France ne peut pas payer un prix plus élevé que sa propre électricité
06:28pour faire plaisir à qui ?
06:29À l'Allemagne, qui elle, paye une électricité très chère,
06:32qui est très dépendante du gaz, du gaz russe, du gaz américain,
06:35et qui, en fait, nous fait payer un prix harmonisé
06:37pour rester compétitive industriellement parlant.
06:39Là, on est d'accord.
06:40Et pourquoi Macron n'a pas le courage de s'opposer
06:43à ce dictat européen ?
06:44Je ne comprends pas.
06:45Même si, en même temps, vous savez bien qu'à long terme,
06:48il faut quand même harmoniser l'industrie au niveau européen
06:51pour essayer de concurrencer la Chine et les États-Unis.
06:54Moi, je ne serais pas forcément contre cette histoire
06:56de sortir du marché de l'électricité européen.
06:58Là, on n'harmonise rien du tout.
06:59On fait juste des paillettes en casquette.
07:01Mais si on veut essayer d'être compétitif,
07:03il faut quand même travailler plus au niveau européen.
07:05Parce que la compétitivité, c'est quand même la clé.
07:08La France doit produire.
07:10Les Français, peut-être, doivent travailler plus.
07:12Pourquoi ne pas utiliser notre seul avantage compétitif ?
07:15Pour être compétitif, qu'est-ce qu'on doit faire ?
07:17On doit réformer le pays ?
07:19Messer le prix de l'électricité, déjà,
07:21ce serait vraiment bien pour l'industrie.
07:22On doit y aller franchement.
07:26Reprenons ce concept de personne dans l'emploi.
07:30C'est intéressant parce qu'une des singularités de la France,
07:34et là, pour le coup, on est dernier d'Europe là-dessus,
07:37c'est qu'on est trop peu nombreux à travailler
07:40par rapport à la population globale.
07:42Ce n'est même pas tant le temps de travail
07:43qu'il faut augmenter aussi, je pense.
07:46Il faudra qu'on admette qu'on a fait des conneries là-dessus.
07:49Mais c'est qu'on arrive trop tôt sur le marché du travail
07:52et on en part trop tôt.
07:54On arrive trop tard sur le marché du travail
07:56et on en part trop tôt, on le quitte trop tôt avec la retraite.
07:59Sauf erreur, vous, vous êtes toujours favorable
08:01à la retraite à 60 ans, 62 ans.
08:04Peut-être même que vous êtes 60 ans.
08:06Pas de souci là-dessus.
08:07Bon, moi, je pense qu'il faut 70 ans, par exemple.
08:10Génial.
08:12J'ai 63 ans, ça veut dire que j'aurais dû la prendre déjà.
08:15Mais vous vous faites bien ce que vous voulez,
08:16vous ne travaillez pas en 3-8 dans une usine.
08:17Et deuxièmement, il faut partir à 60 ans.
08:22C'est pas pour tout le monde, alors.
08:23Moi, je ne suis pas contre que les gens
08:24qui veulent travailler plus longtemps,
08:25qui ont travaillé plus longtemps.
08:26La question, c'est les cotisations
08:27et la retraite à taux plein.
08:28C'est pas du tout.
08:29Ah, donc c'est la retraite à taux plein
08:30à 60 ans pour tout le monde.
08:31Ben oui, bien sûr.
08:32Si on peut.
08:32La question, c'est qu'on ne va pas forcer les gens
08:34à quitter un travail qu'ils aiment
08:35si leur employeur veut bien d'eux.
08:36C'est pas la question.
08:37La question, c'est qu'aujourd'hui,
08:38on a des gens qui sont obligés de surtravailler
08:40alors que leur corps les lâche,
08:40comme les aides à domicile,
08:42comme les gens à l'usine,
08:43parce qu'ils veulent une retraite à taux plein.
08:44Il y a autant d'ailleurs de secteurs qui recrutent.
08:47On nous dit que le chômage remonte,
08:49mais il y a du travail dans énormément de secteurs
08:51en France, dans la restauration,
08:53le BTP, la santé, les transports, le numérique.
08:55Il y a plein de secteurs qui recrutent.
08:56Si vous prenez les objets de Pôle emploi
08:58dont une sur deux sont bidons,
08:59c'est ça aussi le problème.
09:00C'est qu'on ne mesure pas les mêmes choses.
09:02Et regardez, vous dites,
09:03oui, en France, on travaille moins.
09:05Mais l'Allemagne prend des chiffres...
09:06Il y a que 43% des Français qui travaillent.
09:07Mais prend des chiffres avec des temps partiels
09:09aussi bien plus nombreux.
09:11Il y a des économies européennes,
09:12et notamment l'Allemagne,
09:13où pour survivre,
09:14vous devez avoir un job, deux jobs,
09:15voire trois jobs.
09:16En fait, on compare des choses
09:18qui ne sont pas comparables
09:19en équivalent temps plein.
09:20C'est sûr, en France,
09:21il n'y a même pas besoin d'avoir un job,
09:22comme en l'occurrence.
09:23Donc, c'est une réalité.
09:25Arrêtez de dire ça.
09:25Mais c'est une réalité.
09:26La dernière fois, vous disiez la même chose.
09:28Les Français peuvent payer le prix de l'essence.
09:30Tant pis, on arrête de se plaire.
09:32Mais si vous avez dit ça.
09:33Et on est en récession, même.
09:34Il y a plus de 1000 allocations en France.
09:36On est arrivé dans un système
09:37où il y a beaucoup de gens
09:38qui travaillent six mois,
09:40qui arrêtent de travailler,
09:41qui se mettent à l'assurance chômage.
09:42L'intérim, par exemple.
09:43Après, c'est les entreprises
09:44qui ont construit l'intérim.
09:45On est un pays dans lequel
09:46ça n'est plus vital de travailler.
09:48Et ça, je suis désolé.
09:50Je pense que ça n'est pas sain.
09:51Je pense que vous vivez.
09:52Vous êtes déconnectés, monsieur.
09:54C'est faux.
09:54Je veux dire, je suis désolé.
09:55Tous les gens chez moi,
09:56ils travaillent et se servent la ceinture.
09:57L'école est gratuite.
09:58La santé est gratuite.
09:59L'université est gratuite.
10:00Les courses sont gratuites
10:01que l'électricité,
10:02elle n'a pas pris 65%.
10:04Je veux dire, les loyers.
10:05Même pour déménager,
10:07il y a une aide.
10:08Mais monsieur,
10:08on est un des pays
10:09où le prix de l'immobilier
10:10a le plus augmenté en 20 ans.
10:12Alors là, je suis d'accord.
10:13On rafistole.
10:13On ne construit pas assez.
10:14On rafiste.
10:15Non, pas du tout.
10:15Parce qu'on a laissé l'inflation.
10:16Le logement neuf
10:17est à son plus bas historique
10:18dans la construction.
10:18Oui, mais ça,
10:19c'est à cause des taux d'intérêt.
10:20Il ne faut pas tout construire.
10:21Madame Dufour.
10:21Ça, c'est à cause des taux d'intérêt européens.
10:23Non, mais juste pour revenir.
10:24Le prix du logement,
10:24vous savez combien il a pris en 20 ans ?
10:27160%.
10:27Le salaire moyen des Français,
10:29il a pris 29%.
10:30Non, pas du tout.
10:31C'est une question spéculation.
10:32Et justement,
10:33le problème,
10:34c'est qu'en fait,
10:34la France,
10:35au lieu de s'attaquer
10:35à cette question-là,
10:37l'inflation,
10:37le salaire,
10:38le revenu,
10:39avoir un travail qui paye.
10:40Effectivement,
10:41on a un modèle social
10:42qui essaye de rafistoler
10:45des grands déséquilibres.
10:46Et qui explique aussi
10:47pourquoi nos salaires sont bas.
10:48Puisqu'on prend beaucoup aux Français.
10:50Monsieur le la poule la poule.
10:51Parce qu'effectivement,
10:52si vous enlevez le chômage
10:53et le RSA
10:53dans un pays
10:54où le salaire médian
10:55est bien inférieur
10:56à celui par exemple
10:57de la Belgique,
10:58juste pour citer un exemple,
10:59en Belgique,
10:59vous savez c'est quoi
10:59le salaire médian ?
11:013500 euros.
11:02Ça veut dire que la moitié
11:03des Belges gagnent plus.
11:04Nous, c'est 2100 euros.
11:05Mais posez-vous la question.
11:06Donc si vous n'aidez pas
11:08les travailleurs pauvres,
11:09évidemment,
11:10ils ne peuvent plus nourrir,
11:10ils ne peuvent plus payer leur même.
11:11Mais ils m'aident,
11:12moins les salaires moins.
11:13Et en Suisse,
11:13c'est encore plus.
11:14Mais monsieur,
11:14on a la même monnaie
11:15avec les Belges en fait.
11:16Alors comment ça se fait ?
11:17Il y a une meilleure répartition
11:18des richesses.
11:19Ah oui, la Suisse
11:20est un pays plus égalitaire.
11:21Je ne parle pas de la Suisse,
11:22je parle de la Belgique.
11:23La Belgique est un pays plus égalitaire.
11:24À plein d'endroits,
11:25vous savez qu'ils ont l'indexation
11:28des salaires sur l'inflation
11:29depuis les années 80.
11:31Donc quand il y a une crise
11:32du pouvoir d'achat,
11:32leur salaire augmente bizarrement.
11:34Comment ça se fait ?
11:36Il y a une explication très simple
11:37que vous pouvez trouver
11:39dans le Thalys,
11:40qui est maintenant l'Eurostar.
11:42Prenez-le.
11:43Faites Paris-Bruxelles.
11:44Je n'ai pas trop l'occasion
11:46de le faire.
11:46Regardez tous ces gens
11:47qui gagnent très bien leur vie.
11:49Vous avez vu les prix du Thalys ?
11:50Oui, mais justement,
11:52prenez-le.
11:52Et regardez la cause
11:54de la fortune de la Belgique.
11:56Vous les avez dans le train.
11:56Ce sont des gens
11:58qui gagnent très bien leur vie
11:59et qui ont décidé
12:01d'échapper à la fiscalité française.
12:03Donc ils vivent en Belgique.
12:04Et donc ils vivent en Belgique.
12:05Non, mais là,
12:05vous parlez des amis
12:06de Bernard Arnaud.
12:07Non, je ne vous parle pas.
12:08Oh, c'est une obsession
12:09à la France insoumise.
12:10Mais non, moi, je ne vous parle pas.
12:11Quel que soit le sujet,
12:11vous sortez Bernard Arnaud.
12:12J'ai dit des amis
12:13de Bernard Arnaud.
12:14Monsieur Arnaud a quand même
12:15essayé plusieurs fois
12:16de se rappeler de sa patrie en Belgique.
12:18Quand même, posez-vous
12:19la question de savoir pourquoi.
12:21Quand on prend, par exemple,
12:22les pays dans lesquels les gens...
12:24Au lieu de me parler des Belges,
12:25je vais me parler des gens.
12:25Je peux faire une phrase ou pas ?
12:26Je peux faire une phrase ?
12:27C'est caricature.
12:28On n'est pas au comité central.
12:30Vous rigolez ?
12:30Moi, j'ai l'impression
12:31d'être en garde à vue avec toi.
12:33Oui, prenez l'habitude.
12:36Il est avocat.
12:36Il pourra vous défendre.
12:37Prenez l'habitude.
12:38Il pourra vous sortir
12:38la garde à vue.
12:40Dans quel pays,
12:41les citoyens sont mieux payés
12:44que la France ?
12:44Vous prenez la liste des pays.
12:46Vous avez la Suisse,
12:47l'Allemagne,
12:48l'Autriche,
12:49la Belgique.
12:49Il y en a 24.
12:50L'Allemagne,
12:51en salaire médian,
12:52ou en salaire moyen ?
12:52Il y en a 24 en salaire moyen.
12:54Moyen, ce n'est pas la même, oui.
12:56C'est beaucoup quand même.
12:57Ça veut dire qu'on est 25e.
12:58C'est dingue.
12:59Il n'y en a pas un
13:00dans lequel les impôts
13:01sont plus élevés qu'en France,
13:02par exemple.
13:03Il n'y en a pas un
13:04dans lequel la dépense publique
13:05est plus élevée qu'en France.
13:06C'est intéressant.
13:07Moi, il y a une deuxième explication
13:09que je vois.
13:10C'est qu'Emmanuel Macron,
13:12tout libéral qu'il était,
13:14tout banquier,
13:15start-upper, etc.,
13:16il a continué à recruter
13:18des fonctionnaires
13:18pendant ces deux quinquennats.
13:20On a recruté
13:22nouveaux fonctionnaires.
13:22Ça se voit beaucoup
13:23à l'hôpital et à l'hôpital.
13:24On les a peut-être
13:25pas recrutés au bon endroit.
13:26Vous savez, à l'hôpital,
13:27je crois qu'il y a
13:28un tiers des fonctionnaires
13:29qui, en l'occurrence,
13:30ne font que de l'administratif.
13:31Peut-être que ça pourra évoluer
13:32avec l'IA.
13:33Mais c'est un vrai sujet.
13:35Moi, je propose
13:36la suppression d'un million
13:37de postes de fonctionnaires
13:38pour s'aligner sur l'Allemagne.
13:40Des non-départs...
13:41L'Allemagne,
13:41c'est un chiffre que je cite souvent
13:45mais que je trouve très éloquent.
13:46L'Allemagne,
13:47il y a 15 millions d'Allemands
13:48en plus
13:48et ils ont un million
13:50de fonctionnaires en moins.
13:51Peut-être qu'il y a
13:51quelque chose à faire.
13:52Vous savez que les enseignants
13:53ne sont pas comptés
13:53dans les fonctionnaires
13:54en Allemagne.
13:55Encore une fois,
13:56vous pouvez parler
13:56des choses qui ne sont pas comparables.
13:58Les enseignants allemands
14:00ne sont pas comptés
14:01dans les fonctionnaires.
14:02Je ne sais pas
14:03d'où vous sortez ça.
14:05Je ne sais pas
14:05d'où ça sort.
14:06On vérifiera.
14:06Encore une fois,
14:07dans un mois,
14:07on se retrouve.
14:07Je vous avais dit.
14:09Vérifiez.
14:10Ne vous donnez pas
14:11vous-même des bons points
14:12comme si à chaque fois
14:13vous aviez dit
14:13des choses.
14:14Je suis désolée.
14:14La dernière fois,
14:15j'ai prévu qu'il y aurait
14:15une récession.
14:16Il y a une récession,
14:17vous ne m'avez pas écoutée.
14:18Mais tout le monde
14:18était sur cette ligne-là.
14:19Vous autoconfirmez.
14:21Les Français peuvent payer.
14:22C'est génial cette autoconfirmation.
14:23Moi, je vais faire ça aussi.
14:24Je vais arriver de semaine en semaine.
14:25Je vais dire,
14:25je vous l'avais dit
14:26la semaine dernière.
14:27Oui, mais c'est juste que...
14:28Ce serait bien.
14:28Il faudrait avoir raison pour ça.
14:30C'est juste que vous êtes
14:32dans l'autoconfirmation
14:33et dans l'autoconviction
14:34à un certain stage.
14:35Vous pouvez, de toute façon,
14:37voir les choses comme vous voulez.
14:38Moi, je pense que dans un pays
14:40où, par exemple,
14:40on interdit aux gens de travailler,
14:42comme ça a été le cas
14:43là le 1er mai,
14:44il ne faut pas s'étonner
14:45ensuite qu'on soit en récession.
14:47Total a bon dos,
14:48mais Total n'est pas responsable
14:49de ce décrochage.
14:51C'est le 1er mai
14:51le responsable de la récession
14:52en France.
14:52C'est le fait qu'on n'ait
14:53plus le droit de bosser.
14:54Je suis désolé,
14:55quand une boulangerie
14:56n'a pas le droit d'ouvrir,
14:58il ne faut pas s'étonner
14:59s'il y a de la récession.
15:00Monsieur, je vous avais dit
15:01ou pas qu'il y aurait
15:02des intérimaires
15:02qui arrêteraient de bosser.
15:03Je vous avais dit
15:04ou pas qu'il y aurait
15:05des petites boîtes
15:06qui n'arriveraient plus
15:06à payer leur salaire.
15:07Tout le monde l'a prédit.
15:09Tous les économistes
15:10ont dit que la crise
15:11au Moyen-Orient
15:12aura des conséquences
15:13et le retour du chômage
15:14est antérieur
15:15à la guerre en ligne.
15:16Oui, bien sûr,
15:17mais là, c'est zéro de croissance.
15:18C'est bien pire.
15:19Mais on était déjà
15:20à zéro l'année dernière,
15:21on a fait moins d'un pourcent.
15:22Vous avez tout à fait raison
15:23parce qu'on est sur
15:24des fondamentaux économiques
15:25très mauvais.
15:26Déjà, l'inflation,
15:26même si elle avait réduit,
15:28elle continue à augmenter.
15:30C'est mieux.
15:31Ils sont envahis
15:31par M. Trump.
15:32Vous êtes contents ?
15:33Maintenant, il aura
15:33la première réserve
15:34de pétrole mondiale.
15:35Il pourra nous le vendre
15:35encore plus cher.
15:36Nous, on va être envahis
15:36par le FMI,
15:37si on applique vos solutions.
15:39C'est vrai,
15:40les pays que vous appréciez
15:41dans le monde
15:42sont des pays d'inspiration
15:43collectiviste
15:44qui n'ont pas marché.
15:44L'Espagne, par exemple.
15:45L'Espagne, c'est très récent
15:47que ce soit cité
15:47en exemple par la France insuffisante.
15:49Parce qu'ils ont augmenté
15:49les salaires.
15:50Avant, ce n'était pas le cas.
15:51On n'a jamais cité
15:52le Venezuela
15:53comme exemple économique.
15:54Monsieur Soyez un peu sérieux.
15:55Il était plutôt Chavez.
15:57Il était plutôt soutenu
15:58par Mélenchon.
15:59À quel moment
15:59la LFI a dit
16:01qu'on va faire comme au Venezuela ?
16:02C'est des mensonges.
16:03Ça fait dix ans
16:04que vous dites la même chose.
16:05Vous avez participé
16:05à une alliance,
16:06en tout cas.
16:06La question des alliances
16:07géopolitiques
16:08contre l'impérialisme américain
16:09n'a rien à voir
16:10avec le fait
16:10qu'on soit fan
16:11d'un modèle économique.
16:12Je vais retrouver
16:13l'exemple
16:14que j'aime cité
16:15en ce moment.
16:16C'est celui d'Espagne.
16:173% de croissance,
16:192,8 millions d'emplois créés,
16:20une augmentation du SMIC
16:22de 67% en 10 ans.
16:24Mais vous me dites ça d'accord.
16:25Mais en fait,
16:25en attendant,
16:26c'est l'augmentation
16:27des salaires
16:28donne du pouvoir
16:29de consommer.
16:29Le pouvoir de consommer
16:30se retrouve dans le carré
16:31de commande de clé
16:32des entreprises.
16:33Miracle.
16:33Mais Madame Dufourgne,
16:35les Espagnols
16:35payent moins d'impôts que nous.
16:36On est tout à fait d'accord.
16:37Ils ont augmenté le SMIC.
16:38Moi, je suis d'accord.
16:39On est d'accord.
16:39Et encore une fois,
16:40on n'est pas contre
16:40le fait de baisser
16:41les impôts des classes moyennes
16:42si vous pouvez me le permettre.
16:43Je suis heureux de vous entendre.
16:44Oui, mais les riches,
16:45ça ne suffira pas.
16:46Moi, je suis d'accord.
16:46On a beaucoup de riches
16:47en France quand même.
16:48Oui, mais je suis d'accord
16:49pour qu'on lutte un peu
16:50contre l'optimisation fiscale.
16:52Et ça, pas de problème.
16:53Merci.
16:53Que les riches payent
16:55la même part que les autres,
16:56pas de problème.
16:57Merci.
16:57Sauf que la taxe Zucman,
16:58même pour ses plus ardents défenseurs,
17:01elle rapporte au mieux,
17:02au maximum,
17:0325 milliards d'euros.
17:04C'est pas mal déjà.
17:05Oui, sauf que les dépenses sociales
17:08de la France,
17:08elles sont à plus de 650 milliards.
17:10Donc, on est quand même fort loin
17:12de ce que rapporterait
17:13la taxe Zucman.
17:13Et je suis content
17:14de vous entendre dire
17:14que si on augmente les salaires,
17:16les gens consomment
17:17et donc ça soutient l'économie.
17:19C'est notre programme.
17:20Mais oui, mais si vous prenez
17:21aux gens tous leurs salaires
17:23pour payer la retraite à 60 ans,
17:25pour payer un système
17:26qui n'est pas réformé
17:27et pour payer indéfiniment
17:29des recrutements de fonctionnaires,
17:30les gens ne peuvent pas
17:31mettre cet argent dans l'économie.
17:33Les fonctionnaires...
17:34Pardon, les fonctionnaires
17:35sont très directeurs.
17:36Ah oui, bah donc là,
17:37on n'a qu'à recruter
17:38indéfiniment des fonctionnaires.
17:39Mais non, mais monsieur,
17:40vous faites comme si
17:41l'emploi public
17:42ne créé aucune richesse
17:44en France.
17:44Non, je pense qu'en l'occurrence
17:45qu'un surplus...
17:45Donc un policier,
17:46quand il va faire ses courses,
17:47c'est un surplus.
17:48Mais avec cette logique-là,
17:49on n'a qu'à recrutement.
17:50Quand il va faire ses courses,
17:50c'est un surplus.
17:50Mais avec cette logique-là,
17:51on peut avoir
17:52son fonctionnaire.
17:53Si vous le permettez,
17:53parce que vous parliez
17:54de l'Espagne,
17:55je voulais juste vérifier,
17:57effectivement,
17:57le SMIC espagnol augmente.
17:59Ah oui, il va tutoyer
18:00le nôtre bientôt.
18:01Oui, mais il est à 7,82 de l'heure
18:03quand nous, on est à 12.
18:04Non, mais pour un pays
18:05où le pouvoir...
18:06En Espagne, on travaille 40 heures
18:08et en France, on est 35.
18:08Non, mais monsieur,
18:08pour un pays où le prix de la vie
18:10est bien inférieur,
18:11vous voyez bien,
18:11c'est ce qui compte,
18:13c'est la dynamique.
18:13Nous, nos prix sont ajustés
18:14au niveau des salaires.
18:15Moi, je suis un fracœur,
18:16par exemple.
18:17Ils sont à 40 heures par semaine.
18:18Mais si vous voulez,
18:18vous pouvez trouver plein
18:19de chiffres qui ne sont pas les mêmes.
18:21Non, mais quand on fait
18:21un comparatif,
18:22il faut prendre tout en cause.
18:23Je voulais juste vérifier.
18:23D'accord, mais moi,
18:24je vous dis qu'il y a
18:24une dynamique d'augmentation
18:25très rapide et très forte
18:27du SMIC.
18:27Ça, vous ne pouvez pas
18:28dire le contraire.
18:28La croissance est nettement meilleure
18:29en Espagne qu'en France.
18:30C'est évident.
18:31Pour nous,
18:31c'est pour ça qu'ils peuvent
18:33baisser la fiscalité
18:34sur l'essence.
18:35Exactement, qu'on appelle
18:36keynésien, auquel on croit,
18:38qui était aussi le modèle
18:39de M. Biden, peu ou pro,
18:40avant qu'il soit remplacé
18:41par Trump,
18:42qui est aussi un modèle
18:43qui est appliqué par la Chine.
18:44c'est un modèle du retour,
18:45mais surtout...
18:47La Chine n'applique pas
18:48c'est plutôt un modèle keynésien.
18:50Le modèle keynésien,
18:51c'est...
18:51La Chine n'augmente pas
18:52les salaires de ses classes moyennes ?
18:53Ce n'est pas le modèle keynésien.
18:56Le modèle keynésien,
18:57c'est l'idée...
18:57La Chine n'essaie pas
18:58de se constituer un marché intérieur
18:59de consommateurs chinois ?
19:01Le modèle keynésien,
19:03faisons-le en Europe très bien.
19:04Le modèle keynésien,
19:05c'est ce qu'on applique en France
19:07depuis environ 50 ans,
19:08le keynésianisme.
19:09Je sais que tous les profs d'écho
19:11de notre pays
19:12sont fans du keynésianisme.
19:14Mais pas en baissant
19:14les salaires des fonctionnaires
19:15et en laissant les salaires
19:17du privé staliné.
19:18On baisse les salaires
19:18des fonctionnaires.
19:19Bien sûr,
19:19ils ont perdu 11%
19:21de pouvoir d'achat
19:21par rapport à l'inflation.
19:22Très bonne idée.
19:23On n'a qu'à recruter
19:24encore plus de fonctionnaires.
19:26Augmenter leur salaire
19:27et ça marchera
19:27puisque c'est des consommateurs.
19:29Mais puisque c'est des consommateurs,
19:31ça devrait marcher.
19:31C'est un cercle vertueux, monsieur.
19:32Les dépenses des autres
19:33sont les revenus des autres.
19:34Ce que vous faites quand même,
19:35c'est une insulte
19:36au secteur privé.
19:37Pourquoi ?
19:37Parce que vous faites
19:38comme si ça n'existait pas.
19:40Pas du tout.
19:40Je me bats tous les jours
19:41pour sauver des usines
19:42comme si les artisans,
19:43les indépendants,
19:44les entreprises
19:44prises à la gorge
19:45n'existaient pas
19:46pour payer toujours plus
19:48de votre keynésianisme
19:49qui n'a marché nulle part
19:50dans le monde.
19:50Je vous dis bloquer
19:51les prix de l'essence,
19:52bloquer les prix de l'énergie.
19:53Je ne vois pas en quoi
19:54ça desserre les PME
19:55de ce pays.
19:56Parce qu'il n'y aura plus d'essence.
19:59Merci, madame Dufour.
20:00Merci, députée de Seine-Marie.
20:02Merci.
20:02En Normandie.
20:03En Normandie.
20:04Merci, Charles Consigny.
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