00:00En matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoze.
00:047h10h, 7h41, très exactement, Sud Radio vous explique, soyez les bienvenus sur l'antenne.
00:09Voilà qui devrait soulager tous ceux qui vivent dans le grand Sud-Ouest.
00:13La ligne à haute vitesse Bordeaux-Toulouse-Dax est enclenchée, c'est officiel.
00:18Le Premier ministre veut que les travaux démarrent même avant la fin de l'année,
00:22de façon à ce que ce soit irréversible.
00:24Donc c'est une décision politique intéressante parce qu'elle est forte.
00:28Christian Boucaret, vous êtes le président de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers et des Transports.
00:32Bonjour, soyez le bienvenu sur l'antenne de Sud Radio.
00:36Bonjour.
00:36Bonjour monsieur.
00:37Est-ce que vous aussi, vous qui suivez ce dossier depuis le début, j'ai envie de dire,
00:42est-ce que vous êtes vous aussi soulagé après les annonces du Premier ministre ?
00:48Oui, on est soulagé parce que ça fait 15 ans au minimum que ce dossier est lancé.
00:53Et c'est un dossier qui est quand même vertueux parce que c'est de l'investissement.
00:56Donc ça ne peut être que bon pour la collectivité, que ce soit pour la grande région,
01:01Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, et pour la France en général.
01:04Et pour tous ceux qui, peut-être, ne s'en rendent pas vraiment compte,
01:08lorsque l'on vit dans le Sud-Ouest, dans ces régions-là, il faut bien le dire,
01:12on se sent un peu enclavé, notamment Toulouse,
01:16qui est, je crois, la ville la plus desservie en avion,
01:19parce que précisément, elle est difficilement accessible en train.
01:23Oui, absolument.
01:24De toute façon, nous, on suit ce qui se passe sur la ligne Paris-Orléans-Limonche-Toulouse.
01:30Et on voit bien que les usagers galèrent sur cette ligne.
01:33De toute façon, en plus, ça fait que la chaleur.
01:36Et c'est vrai que Toulouse a vraiment besoin d'être désenclavée en ferroviaire,
01:42puisque ce que les gens oublient peu,
01:44c'est qu'à Toulouse, il y a une entreprise que personne ne connaît,
01:47qui s'appelle Airbus,
01:48et qui a quand même besoin de rotation aérienne pour essayer ses avions.
01:53Et si, de toute façon, on n'avait pas réussi à délester les gens sur le train,
01:57on se serait retrouvé à être obligé de faire un aéroport supplémentaire à Toulouse.
02:01Et ça, ce n'est pas acceptable dans le contexte actuel.
02:04Et il y a aussi beaucoup d'autres intérêts, beaucoup d'industries.
02:07Il y a une vraie activité énorme à Toulouse.
02:10Airbus, il y a tous ceux qui profitent d'une certaine façon d'Airbus.
02:14Tout l'écosystème, et puis il y a beaucoup d'autres entreprises, évidemment.
02:18On parle d'un investissement de 6 milliards environ, c'est ça ?
02:22Non, c'est beaucoup plus.
02:2314 milliards d'euros au total, pardon.
02:2540% par les collectivités locales et 20% par l'Union Européenne.
02:28Et donc, les 40% par l'État qui maintenant sont garantis, c'est ça ?
02:33Oui, absolument.
02:34Et les derniers chiffres, puisque les chiffres que vous avez donnés,
02:37c'est ceux qui étaient un peu au début du projet.
02:39Maintenant, on est à 15,5 milliards, parce que tout augmente.
02:42Mais maintenant, tout est sécurisé.
02:45Et si je puis me permettre, ce ne sera pas forcément le résultat à la fin.
02:47Peut-être même que ce sera un petit peu plus.
02:50Oui, mais je pense que là, on a un chiffre quand même qui est très réaliste,
02:53parce que la société qui a été créée par les collectivités sur le LNSO,
03:00parce qu'il ne faut pas parler en termes de lignes à grande vitesse,
03:03il faut parler en termes de lignes nouvelles pour le Sud-Ouest.
03:07Et je pense que le chiffre est tout à fait réaliste.
03:09Allez, on va le dire à 500 millions d'euros près,
03:12parce qu'on sait très bien que le moindre événement fait que les coûts augmentent.
03:16Allez, Christian Broucaret, soyons très concrets.
03:19J'ai une multitude de questions à vous poser.
03:21Combien de temps faudra-t-il, par exemple, pour faire Bordeaux-Toulouse ?
03:25Alors aujourd'hui, c'est 2h50, je crois.
03:27Et avec cette ligne, on nous promet combien de temps ?
03:31Alors là, de toute façon, juré craché, Bordeaux-Toulouse, ce sera 1h, 1h05, 1h10.
03:37Ça va changer considérablement les choses.
03:39Le but, vous l'avez dit, c'est de désenclaver Toulouse et de réduire le trafic aérien.
03:44Quand les premiers trains vont-ils rouler ?
03:47C'est probablement la question que tout le monde se pose.
03:50Alors, nous, vous savez, on est réaliste et on n'attend pas une mise en service avant 2031 et 2032.
03:58Alors, bien sûr, vos auditeurs disent, oh là là, 2031, 2032, c'est loin.
04:04Mais il faut toujours voir le principe que c'est dans 5-6 ans.
04:08Et quand on se rappelle ce qu'on faisait il y a 5-6 ans en arrière, ça paraît juste
04:12hier.
04:13Alors ça, c'est le principe.
04:16Vous avez raison.
04:17Alors, j'ai parlé de ligne à grande vitesse.
04:19Vous m'avez corrigé et vous avez bien fait parce qu'elle ne sera pas à grande vitesse sur tout
04:24son trajet, en réalité.
04:26On peut plutôt parler de LMV, de ligne à moyenne vitesse ?
04:31Non.
04:32Elle sera à grande vitesse, si vous voulez, à partir des aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux.
04:39Et la grande vitesse s'arrêtera aux aménagements ferroviaires au nord de Toulouse.
04:44Parce que que ce soit les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux et les aménagements ferroviaires au nord de Toulouse,
04:50ils sont déjà bien engagés et ça, ils servent pour les trains du quotidien, pour les TER et pour les
04:56intercités.
04:57Il y a déjà un travail qui a été fait.
04:58Alors concrètement, le prix, le fameux prix pour le consommateur, parce qu'on adore tous le train,
05:03mais franchement, les prix augmentent très vite.
05:07Est-ce qu'il sera très important ? Est-ce qu'il sera abordable ?
05:09On a des idées ? Est-ce qu'il y a des engagements ?
05:12Alors, on pense qu'ils seront abordables pour une bonne et simple raison.
05:16C'est qu'aujourd'hui, par exemple, sur Paris-Bordeaux, que vous connaissez bien, M. Cardoz,
05:22il s'avère qu'il n'y a pas de concurrence sur Paris-Bordeaux.
05:28En plus, la SNCF a beaucoup de difficultés, puisque les trains qu'elle avait commandés,
05:32des trains plus capacitaires, les TGVM, ont trois ans de retard, et donc il n'y a pas de concurrence.
05:37Et donc, nous, on met beaucoup, pour les clients usagers,
05:42on espère beaucoup de l'arrivée de la concurrence avec une entreprise qui s'appelle Velvet.
05:47Et donc, obligatoirement, dès qu'il y a une concurrence, le prix baisse.
05:50Mais attention, ça ne doit pas être au détriment de la desserte des autres villes
05:55qui sont sur le trajet Paris-Bordeaux-Toulouse.
05:58Certainement pas au détriment.
06:00Au contraire, l'idée, c'est d'avoir une plus grande offre,
06:02et c'est très bien si tout le monde est tiré vers le haut,
06:05avec des prix un petit peu plus bas, ou en tous les cas abordables.
06:09Dernière question, parce qu'on est pris par le temps,
06:12les villes desservies, qu'on soit bien d'accord,
06:14c'est Bordeaux-Agen, Montauban, Toulouse,
06:16puis, dans un deuxième temps, Mont-de-Marsan et Dax, c'est bien cela ?
06:20Oui. Alors, ça devrait coexister, Mont-de-Marsan et Dax,
06:24à peu près à une année de différence par rapport à Toulouse,
06:28parce que, de toute façon, l'État français s'est engagé,
06:31pour bénéficier des financements européens,
06:34d'être dernière limite en 2040, à Dax.
06:37Très bien, ça a mérité d'être précisé.
06:39Merci infiniment, Christian Brocarré,
06:42de nous avoir accordé cet entretien et ces précisions sur Sud Radio,
06:45informations très importantes.
06:46Donc, on y va pour cette ligne à grande vitesse dans le Sud-Ouest.
06:49Ça va désenclaver toutes ces villes, et c'est une excellente nouvelle,
06:52et ça va aller relativement vite.
06:54Il faut le dire, quand ça va vite et quand les décisions sont bonnes.
06:57Merci infiniment.
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