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  • il y a 36 minutes
Regardez "On refait le match" avec Aurélien Martini, procureur de la République adjoint au tribunal de Meaux, secrétaire général adjoint de l'Union Syndicale des Magistrats, Francis Nachbar, procureur général honoraire et bénévole à l'association Avane, Joseph Cohen Sabban, avocat pénaliste à Paris, et Jonas Haddad, porte-parole des Républicains.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 08 juin 2026.

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Transcription
00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Le garde des Sceaux a convoqué les procureurs généraux ce matin et décrété une mobilisation générale après la mort de
00:14Liana.
00:14Une mort qui aurait peut-être pu être évitée si la plainte pour viol d'une autre petite fille n
00:19'avait pas été négligée.
00:21Les magistrats sont pointés du doigt, sont-ils suffisamment encadrés, contrôlés, sanctionnés ou sont-ils intouchables ?
00:29On en débat avec les invités dont refait le monde.
00:32Aurélien Martini, procureur de la République adjoint au tribunal de mots et secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des
00:39magistrats, qui va arriver dans un instant.
00:41Francis Najbar, procureur général honoraire et bénévole à Lavanne, l'association d'aide aux victimes d'affaires non élucidées, qui
00:48est au téléphone. Bonsoir.
00:50Bonsoir.
00:51Joseph Cohen-Saban, avocat pénaliste à Paris. Bonsoir.
00:54Bonsoir.
00:55Et Jonas Haddad, porte-parole et républicain. Bonsoir.
00:58Bonsoir.
00:59On refait le monde sur RTL.
01:02Je suis alléantie et j'ai la nausée. C'est une affaire de plus.
01:07Alors moi, je voudrais savoir comment travaillent les gens, combien d'heures par semaine, combien de dossiers par semaine, par
01:13mois.
01:14Et ensuite, comment ils priorisent la protection des enfants, la protection des femmes.
01:19Parce qu'il n'y a rien qui va. Il n'y a rien.
01:23Alors, c'est Sylvie qui vient du Tarn et qui s'exprimait aux répondeurs des auditeurs en la parole à
01:30midi.
01:31D'abord, je voudrais poser une question importante. Est-ce que les magistrats sont intouchables ?
01:36D'abord, on dit qu'ils sont indépendants. Qu'est-ce que ça signifie, un magistrat indépendant ?
01:41Peut-être que je pose la question d'abord à Francis Nachbar, qui est procureur général honoraire et bénévole à
01:46Lavanne.
01:47Oui. Bonsoir. À nouveau, un magistrat indépendant, on parle surtout de l'indépendance pour les magistrats du siège.
01:53Mais il y a évidemment une indépendance pour les magistrats du parquet.
01:57Un magistrat indépendant, c'est un magistrat qui ne peut pas dépendre du pouvoir exécutif, du pouvoir politique,
02:03et qui doit juger ou engager des poursuites selon sa conscience, selon les règles de droit, naturellement,
02:10et absolument pas pour faire plaisir ou pour réagir à une quelconque pression.
02:16Et en France, les magistrats du parquet, comme du siège, sont indépendants.
02:23Très largement. Alors, on pourra toujours trouver quelques exceptions, parce que par carriérisme, par complaisance,
02:31ou je ne sais trop pour quelles raisons, un magistrat va effectivement ne pas être dépendant.
02:37Mais globalement, généralement, ce n'est pas ça du tout le problème. Ce n'est pas le problème de l
02:41'indépendance.
02:42Mais indépendants, ils doivent quand même répondre de leurs actes ?
02:46Absolument. L'indépendance ne va pas sans la responsabilité.
02:50Et ça, là-dessus, j'entends depuis quelques jours des observations un petit peu corporatistes.
02:59Quand la personne que vous avez interviewée, là, juste avant, considère que les magistrats ne sont pas suffisamment sanctionnés,
03:06alors, au risque de me faire critiquer, de me faire contredire, les magistrats, en France, ne sont pas suffisamment sanctionnés.
03:12Alors, ils ne sont pas suffisamment sanctionnés, parce que l'organe de discipline, c'est le CSM, il y aurait
03:19beaucoup, beaucoup à redire,
03:21il y aurait beaucoup à réformer. On pourrait d'ailleurs peut-être s'inspirer du CSM belge, qui est beaucoup
03:27plus satisfaisant sur ce plan.
03:29Et puis surtout, parce que...
03:30Pourquoi il est plus satisfaisant ?
03:32Parce que, déjà, il n'y a pas de syndicat dans le CSM belge.
03:36Ça, c'est quand même important.
03:38On pourra en reparler.
03:40Il est paritaire, comme en France.
03:42Il y a une évaluation très, très complète de tous les magistrats, y compris les chefs de cours.
03:47Par exemple, j'ai été chef de cours, donc je sais très bien que je n'ai jamais été évalué.
03:50C'est quand même pas normal.
03:52Et puis, il encadre beaucoup mieux aussi, me semble-t-il, le pouvoir d'appréciation du juge.
03:57Et là, c'est un problème compliqué, parce que autant les magistrats, sièges ou parquets, sont sanctionnés,
04:03et parfois, alors peut-être pas suffisamment sévèrement, mais ça c'est une question d'appréciation,
04:07mais sont sanctionnés pour des comportements, des fautes personnelles, individuelles.
04:13Imaginons la corruption, le magistrat qui se masturbe à l'audience ou sa robe,
04:18à la vue d'une avocate un petit peu accorde, ça s'est vu, je n'invente pas assez.
04:22Autant là-dessus c'est sanctionné, autant sur les décisions complètement délirantes
04:27que parfois à certains rendent, ce n'est pas sanctionné.
04:29Joseph Cohen-Saman, vous êtes avocat, est-ce que vous partagez ce point de vue
04:33sur le manque de sanctions vis-à-vis des magistrats ?
04:35Tout à fait, c'est-à-dire qu'il y a d'un côté le problème de l'indépendance,
04:39mais la question des sanctions, ce sont des sanctions envisagées uniquement
04:44sous l'angle des comportements individuels et non pas de la manière dont la justice est rendue.
04:50C'est-à-dire pas de leur responsabilité en tant que magistrat ?
04:53La notion de responsabilité, c'est un serpent de mer qui ressort régulièrement,
04:56mais il n'y a pas à l'heure où nous parlons de responsabilité des magistrats
05:01au sens des responsabilités professionnelles. Il n'y en a pas.
05:05Et quel est leur rôle exact au procureur ? Qu'est-ce qu'ils ne doivent pas faire et faire
05:10?
05:10Ce qu'ils doivent faire, c'est leur boulot, évidemment, mais ce qu'ils ne doivent pas faire,
05:14c'est entraver les poursuites, ils doivent ne pas être influencés par l'univers politique,
05:22par l'univers syndical, par la démagogie quotidienne des réseaux sociaux.
05:27Ça, c'est ce qu'ils doivent faire, ou ne pas faire.
05:30Mais au-delà de ça, deux exemples.
05:34Là, M. Najbar évoquait le magistrat d'Angoulême,
05:37qui s'était masturbé en audience publique.
05:40On a aussi la décision qui a été prise contre un magistrat
05:43qui proposait de prostituer sa fille.
05:46Ça, ça dépasse largement le disciplinaire.
05:48C'est n'importe quel citoyen.
05:51Un magistrat qui sort sa carte de magistrat devant des policiers
05:55pour échapper à un contrôle,
05:57ou pour entrer dans un parking où il n'a pas le droit d'entrer,
06:00il sera sanctionné.
06:02Mais encore une fois, c'est un comportement individuel.
06:03Jeunesse Haddad, selon vous, la procureure de Hoche,
06:07elle pourrait être mise en cause dans l'affaire Liana
06:12pour ses responsabilités professionnelles ?
06:15En fait, ce qu'on ne comprend pas,
06:16c'est qu'il y a déjà eu, il y a plus d'un an,
06:19une inspection, notamment dans l'affaire du petit Elias,
06:22qui avait démontré des graves dysfonctionnements
06:25dans la chaîne pénale telle qu'elle est structurée aujourd'hui,
06:28et qu'on n'en a tiré aucune conséquence.
06:31Mais il y a des cas qui sont plus compliqués,
06:33là c'est avant, c'est le début de l'enquête,
06:35c'est pas parce que c'est plus simple
06:36quand ce sont des personnes qui sont très identifiées
06:39et condamnées par la justice, là c'est pas le cas.
06:41Oui, mais la personne qui est mise en cause, en l'occurrence,
06:44M. Barrella,
06:46il y a eu quatre plaintes.
06:47Et en 2025,
06:49donc il y a eu neuf mois sans qu'il ne se passe rien du tout.
06:51C'est-à-dire que réellement,
06:53d'un point de vue professionnel, il y a eu une défaillance.
06:55Et il ne faut pas s'étonner après,
06:57vous parliez tout à l'heure de l'irresponsabilité ou pas,
07:01quand vous posez la question aujourd'hui aux Français
07:03de ce qu'ils pensent de la justice et des magistrats,
07:06je suis désolé de le dire comme ça,
07:08mais moins de 49% des Français font confiance à la justice.
07:12Alors que ce n'était pas le cas il y a encore 20 ans,
07:14dans lequel on était 70% à faire confiance à la justice.
07:18C'est quoi, c'est un sondage ?
07:20IFOP 2025, le même sondage.
07:24Et donc, soit on tient compte de ce basculement,
07:27c'est-à-dire qu'il y a une majorité de Français aujourd'hui
07:29qui ne croient plus en la justice et on propose quelque chose.
07:31C'est ce que nous faisons avec Les Républicains,
07:33avec Bruno Retailleau.
07:34Soit on continue, pour ceux qui veulent le continuer,
07:38à considérer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
07:41On ne le pense pas.
07:42Et d'ailleurs, on parlait également des questions de justice et de lenteur.
07:46« Nous sommes le pire élève dans la classe européenne,
07:49puisque nous mettons 300, retenez bien ce chiffre qui est incroyable,
07:53nous mettons 333 jours pour gérer une affaire ordinaire,
07:57alors que dans le reste de l'Union Européenne,
08:00c'est à peine 250 jours. »
08:02Et donc, c'est les jours qui manquent pour qu'on évite d'autres drames
08:04comme il y a eu aujourd'hui ou hier.
08:06Francis Nachbar, pour qu'on comprenne bien le fonctionnement,
08:10selon certaines informations, il y a un magistrat qui avait demandé
08:12aux gendarmes de Lectour dans le Gers d'interpeller Jérôme Barrella
08:16en février, donc dans l'affaire de la plainte pour viol sur mineur
08:20déposée en août dernier.
08:21Qui donne le feu vert d'une interpellation dans ce genre d'enquête ?
08:26Alors, quand une enquête préliminaire,
08:29parce que là, il s'agit d'une enquête préliminaire et d'ouvertes,
08:31c'est l'OPJ, donc le gendarme,
08:33qui décide de l'interpellation, du placement au garde à vue.
08:36Mais naturellement, dans une affaire de cet ordre,
08:38même si elle a été très largement sous-estimée,
08:42c'est le moins que l'on puisse dire,
08:44dans une affaire de cet ordre, en général,
08:45il se rapproche du procureur et il explique les éléments
08:48qu'il a dans son dossier.
08:52Et puis, on décide du moment de l'interpellation.
08:54Si le procureur, donc, dit on va l'interpeller en février
08:57et qu'au mois de mai, c'est toujours pas fait,
08:59il y a un véritable problème.
09:01Il y a un problème au niveau de la gendarmerie,
09:02il y a un problème au niveau du parquet.
09:04Alors, laissons les inspections se dérouler.
09:07Il y a de déterminer la responsabilité de l'un ou de l'autre.
09:10Et puis, je trouve qu'on crie haro, haro, haro
09:13sur le procureur d'Auche.
09:15Elle est vraisemblablement, moi je ne veux pas préjuger,
09:17mais elle est vraisemblablement responsable
09:20et elle a commis des erreurs d'appréciation lourdes,
09:23pour ne pas dire gravissimes, vraisemblablement.
09:25C'est loin d'être la seule.
09:27Il y a le parquet de Toulouse, il y a la gendarmerie,
09:28on l'a dit, il y a l'éducation nationale.
09:30Et puis, il y a le contexte global.
09:32Il y a le contexte global où, depuis 2017,
09:35on n'a plus aucune vision de la justice.
09:37Et la sécurité de concitoyens,
09:40on ne peut pas dire que ce soit la priorité.
09:43Alors, on crie à la démission de M. Darmanin,
09:46mais M. Darmanin, je ne le connais pas,
09:48je n'ai aucune carte politique ni syndicale,
09:50mais M. Darmanin, il doit se sentir un peu seul,
09:53parce que c'est quand même un petit peu le seul
09:56qui fait bouger les choses,
09:57avec la création des prisons de haute sécurité, etc.
09:59Mais, globalement,
10:03quel engagement pris depuis 2017 a été respecté ?
10:06Aucun, aucun.
10:07Et quand on le dit, on se fait traiter ou de populiste,
10:10ou on se fait moquer parce qu'on est victime d'un lavage de cerveau.
10:13Vous savez, je comprends que nos concitoyens sont en colère,
10:16parce que la sécurité de nos concitoyens,
10:19elle n'est pas assurée.
10:21Là, aujourd'hui, on parle de mineurs,
10:22mais on pourrait parler des majeurs de la même manière,
10:25ou des femmes, mais pas seulement, de manière générale.
10:27Alors, Gérald Darmanin, on va reparler,
10:30il dit qu'il y a une circulaire d'attente d'octobre
10:32qui demandait aux magistrats de mieux informer les victimes
10:34du suivi des plaintes,
10:35de surveiller les suspects en liberté.
10:37On va voir si c'est vrai,
10:38on va voir si les procureurs l'ont appliqué,
10:41ou si ils ont le choix de l'appliquer ou pas.
10:44On en parle après le rappel des titres avec Alban Leprince.
11:04Il est 19h30, l'essentiel de l'info, avec vous, Alban Leprince.
11:08Des rassemblements partout en France,
11:10quatre jours après la découverte du corps de Liana dans le Gers.
11:14Gérald Darmanin, le ministre de la Justice,
11:16qui exclut de démissionner,
11:19appelle à la mobilisation générale pour faire la vérité dans cette affaire.
11:22Notez que le frère du principal suspect a été placé tout à l'heure en garde à vue
11:26pour viol sur mineur, viol par conjoint, séquestration et menace.
11:30Des faits qui auraient été commis entre 2007 et 2017.
11:34Les obsèques de Bernadette Chirac auront lieu vendredi à Paris,
11:38en la basilique Sainte-Clautilde, dans le 7e arrondissement.
11:41C'est ce qu'annonce sa fille, Claude.
11:43Elle précise qu'un hommage lui sera également rendu en Corrèze dimanche.
11:46Et puis il y a du foot ce soir.
11:48Dernier test pour les Bleus, avant le grand départ pour la Coupe du Monde.
11:51L'équipe de France affronte l'Irlande du Nord à 21h10.
11:55Un match à vivre en direct et en intégralité dans RTL Foot.
11:58Merci Alban, on vous retrouve à 20h.
11:59A tout à l'heure.
12:01Anne-Sophie Lapix, on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
12:06J'entends toutes les questions qui se posent du dysfonctionnement de la justice.
12:10Et il y en a.
12:11Des manques de moyens, des manques de modernisation numérique,
12:14des manques de formation, des manques de législation.
12:17Mais dans le cas très précis, on verra ce que dira en effet le rapport d'inspection,
12:21il ne nous a pas manqué ni de moyens, ni de lois.
12:24Il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs.
12:29Gérald Darmanin, le ministre de l'Inde, pardon, le garde des Sceaux.
12:33Depuis la disparition de l'IANA et surtout depuis qu'on a découvert le profil du principal suspect,
12:39on s'interroge sur les lenteurs de la justice et sur les fautes qui ont pu être commises par des
12:43magistrats.
12:44Alors faut-il davantage les surveiller, les sanctionner ?
12:47Et comment ? On en débat avec nos invités.
12:49Aurélien Martini, procureur de la République, adjoint au tribunal de mots
12:53et secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats.
12:56Bonsoir.
12:56Bonsoir.
12:57Francis Najbar, procureur général honoraire et bénévole à Lavanne,
13:01l'association d'aide aux victimes d'affaires non élucidées.
13:03Joseph Cohen-Saban, avocat pénaliste à Paris.
13:06Et Jonas Haddad, porte-parole des Républicains.
13:09Alors Aurélien Martini, on s'interroge sur le caractère intouchable des magistrats.
13:15Mais il existe déjà des cours disciplinaires pour les magistrats.
13:20Il existe un système de sanctions.
13:23Oui, je crois que le terme irresponsabilité n'est pas du tout adapté à la situation des magistrats.
13:26Ils répondent de leurs actes devant le Conseil supérieur de la magistrature
13:28qui prononce de plus en plus de sanctions.
13:31Vraiment ?
13:31Il faut à saisir.
13:32Oui, de plus en plus puisqu'on est sur une moyenne de 10.
13:36Ce qui, à l'échelle des magistrats...
13:37Une moyenne de 10 par an, c'est ça ?
13:38Oui, 10 par an.
13:38Ce qui, à l'échelle des magistrats, est peu.
13:40Mais c'est dans la moyenne de la fonction publique.
13:42Parce que c'est un petit corps, donc il n'y a pas beaucoup de sanctions.
13:45Et c'est quoi ces sanctions ?
13:46Parce qu'on entend dire que ce sont des blâmes...
13:49Ce n'est pas des fonctionnaires comme les autres.
13:50Par exemple...
13:52Non, non, ce n'est pas des fonctionnaires comme les autres.
13:54Ce ne sont pas des fonctionnaires du tout.
13:55Vous faites une comparaison en disant que c'est la même moyenne que les autres fonctionnaires.
13:57Si je peux aller au bout, monsieur, je vais essayer de développer.
14:01Après, on pourra avoir la discussion que vous voulez.
14:03Mais je dis que quand on dit irresponsabilité, c'est faux, c'est un mensonge.
14:07Ils sont sanctionnés dans les mêmes mesures que le reste de la fonction publique.
14:12Et les sanctions, par exemple, j'ai entendu, en 15 ans, il y a eu un blâme.
14:16Enfin, il faut atterrir quand on dit ce genre de choses.
14:19Dans les dix dernières années, il y a eu 80 sanctions contre des magistrats.
14:23Et dans l'année 2025, par exemple, deux révocations.
14:26Donc les magistrats, ils sont sanctionnés.
14:27Deux magistrats ont été révoqués l'an dernier ?
14:29Oui, en 2025.
14:31Alors, je n'ai pas les faits.
14:32Mais vous voyez, ce qui est intéressant, c'est que c'est, à ma connaissance,
14:34le seul organe disciplinaire qui rend public sur son site,
14:38le site du Conseil supérieur de la magistrature.
14:39Chacun peut y aller.
14:40C'est un site internet.
14:41Vous pouvez voir les décisions.
14:42Vous pouvez voir combien il y en a.
14:43Tout ça est public.
14:44Quand on parle d'irresponsabilité et qu'on dit que les juges sont intouchables,
14:47c'est juste faux, factuellement.
14:49Et on peut savoir si ce sont des raisons personnelles
14:51ou si c'est dans l'exercice de ces fonctions ?
14:53Absolument.
14:53Toutes les décisions sont écrites.
14:55Elles sont juste anonymisées.
14:56Donc, vous n'aurez pas les noms ni les juridictions.
14:58Vous ne pourrez pas retrouver les gens.
14:59Mais tout est dit.
15:00Donc, il suffit d'aller lire ces décisions.
15:03L'une des révocations était pour une mise en examen pour corruption.
15:07Joseph Cohen-Savon.
15:08Alors, il me semble que ce dossier-là n'est pas encore passé.
15:10Non, mais sur le plan disciplinaire.
15:12Mais peut-être.
15:13Mais en tous les cas, les décisions sont faites.
15:15Et si le Conseil supérieur de la magistrature n'est pas assez saisi ?
15:18Ça, c'est un vrai débat.
15:19Mais qui le saisit ?
15:20Le garde des Sceaux.
15:22Donc, vous voyez, il y a une conjonction d'éléments qu'il faut mettre à plat.
15:26Je suis prêt à parler des saisines, parfois trop tardives,
15:29quand on a laissé s'enquister des situations, peut-être pas assez nombreuses.
15:32Je suis prêt à discuter de tout ça.
15:33Mais pas quand on aborde le débat en disant
15:36irresponsabilité, ils ne répondent jamais de leurs actes.
15:38Ça, c'est faux.
15:39C'est entretenu par ceux qui veulent affaiblir l'institution judiciaire.
15:42Je dis à tout cela, attention,
15:44parce qu'un État sans institution judiciaire forte est un État faible.
15:47Alors, Bruno Rotaillot, vous avez commencé, Jonas Haddad, à évoquer cette proposition.
15:52Lui, il voudrait créer une cour disciplinaire de la magistrature.
15:56À quoi ressemblerait-elle ?
15:57Il veut une cour au siège des magistrats, des personnalités qualifiées
16:01et des citoyens tirés au sort, c'est ça ?
16:03Oui.
16:04Alors, aujourd'hui, le Conseil supérieur de la magistrature,
16:06tel qu'il existe, il a deux rôles.
16:08Il nomme les magistrats et il peut les sanctionner.
16:11Ce que nous, nous proposons au niveau des Républicains avec Bruno Rotaillot,
16:14c'est de créer une cour disciplinaire dont l'objectif serait,
16:18en plus de ceux que vous venez d'évoquer,
16:21d'élargir cela à des personnes qui seraient tirées au sort.
16:24C'est très simple.
16:25Aujourd'hui, lorsque vous commettez un crime,
16:27vous pouvez être jugé par des jurés,
16:30des gens qui sont tirés au sort.
16:32De la même façon, demain, lorsqu'il y aura un contrôle potentiel
16:35pour une sanction sur un magistrat,
16:37on propose que ce soit des citoyens tirés au sort.
16:39Qu'est-ce que ça changerait, en fait ?
16:40Ça changerait le fait d'éviter tout corporatisme
16:44au sein d'une même maison.
16:47Parce qu'en fait, vous pensez que le Conseil supérieur de la magistrature
16:50est corporatiste et c'est pour ça qu'il n'y a pas assez de sanctions.
16:52Et deuxièmement, l'idée, c'est de renouer la confiance
16:54entre les citoyens et les magistrats.
16:56Vous savez, on a coutume de dire que la justice,
16:59c'est le seul ministère qui porte le même nom qu'une vertu.
17:02Ça s'appelle la justice.
17:03Et donc, si on veut que les gens, aujourd'hui,
17:05croient que lorsqu'on rend la justice au nom du peuple français,
17:08il faut aussi que le peuple français puisse contrôler cela,
17:10et éviter, justement, le fait que la justice soit déconnectée de ses citoyens,
17:14nous, c'est ce qu'on propose.
17:15Elle n'est pas déconnectée.
17:17Monsieur, excusez-moi, je pense que vous êtes,
17:19vous êtes, pardon, vous êtes arrivé un peu en retard,
17:22mais tout à l'heure, je donnais le chiffre de l'IFOP.
17:24Aujourd'hui, la majorité des Français
17:26ne croient plus en la justice.
17:28Ils y croient plus qu'en la politique.
17:29Donc, monsieur, peut-être, mais quand vous avez aujourd'hui une minorité,
17:33il faut se réveiller.
17:34Parce que si vous ne vous réveillez pas,
17:36malheureusement, ce n'est pas quelques rassemblements qu'il y aura.
17:38Il y aura des rassemblements partout.
17:40Et moi, je suis, je vais faire un sujet,
17:43mais moi, je suis le papa d'une petite fille.
17:45Quand j'entends des choses comme ça,
17:47il va falloir un moment que les magistrats
17:49prennent leur responsabilité.
17:50Je sais qu'ils l'ont.
17:51Parce qu'à côté d'être porte-parole,
17:52figurez-vous que je suis avocat.
17:54Et donc, je sais qu'ils ont cette responsabilité au fond d'eux.
17:56Mais si personne ne se remet en cause
17:57après des dysfonctionnements comme ça,
17:59à quel moment on va se remettre en cause ?
18:01Vous faites bien votre travail de porte-parole,
18:03vous avez raison.
18:04Mais à un moment, il faut que nous,
18:05on fasse notre travail de politique,
18:06de proposer une alternative.
18:08Sinon, ce sera le populisme, monsieur.
18:11Je voudrais pas laisser installer une ambiguïté ?
18:16L'indépendance, le conseil supérieur de la magistrature,
18:22il n'est pas saisi dans des conditions
18:24qui pourraient remettre en cause l'indépendance.
18:27Il est saisi en disciplinaire, exclusivement.
18:30C'est-à-dire que le magistrat dont on dit
18:33qu'il n'a rien fichu,
18:34qu'il n'a pas fait son boulot,
18:36qu'il l'a mal fait,
18:38il n'est jamais sanctionné.
18:40La seule sanction, c'est l'appel.
18:42Ah si, bien sûr que si.
18:43Pour la situation professionnelle,
18:44il y a encore très récemment,
18:45mais il faut aller sur le site,
18:46pour insuffisance professionnelle,
18:48un magistrat, un juge d'instruction a été condamné.
18:49Je suis ça d'assez prêt, croyez-moi.
18:50Mais d'ailleurs, j'aurais pas dû dire
18:52qu'il ne fiche rien,
18:53parce que c'est vrai qu'il y a des sanctions.
18:54Mais ça relève du disciplinaire, encore une fois.
18:57C'est pas l'indépendance qui est mise en cause.
18:59Et d'ailleurs, moi je suis contre
19:02le fait de mettre en cause
19:03la responsabilité des juges
19:05pour les décisions qu'ils rendent.
19:07Sinon, ça devient de la folie.
19:08Sinon, c'est les réseaux sociaux
19:10qui vont faire le travail.
19:11Mais, encore une fois,
19:15l'indépendance de la magistrature,
19:17qui est quelque chose d'essentiel,
19:19n'est pas dans le débat,
19:21selon moi, d'aujourd'hui,
19:23si ce n'est que vous me permettrez
19:25de rappeler quand même
19:26que M. Retailleau a été aux affaires
19:28pendant un certain temps.
19:29Oui, pas à la justice,
19:30il ne vous a pas échappé.
19:31Il avait quelques responsabilités.
19:33Pour frère, je pensais
19:36qu'on séparait les pouvoirs.
19:37Donc, ils ne pouvaient pas
19:37être à l'intérieur
19:38et gérer la justice.
19:39Ils pouvaient peut-être
19:40donner quelques...
19:41Je vous assure que
19:41s'ils l'avaient fait,
19:42tous les journalistes de France
19:43et de Navarre
19:44nous seraient tombés dessus.
19:45Vous voyez, Yat,
19:46si je puis me permettre,
19:47un point qui est délicat.
19:48Moi, je suis prêt
19:49à discuter de ces questions.
19:50Mais quand...
19:51C'est rapporté pas l'après,
19:52je ne sais pas si c'est exact.
19:53En tout cas, c'est ce que j'ai lu.
19:54Quand Bruno Retailleau
19:55part du constat
19:57pour annoncer une solution
19:57en 10 ans,
19:58en 15 ans,
19:59il y a eu une décision
20:00prononcée par le CSM,
20:01c'est un blâme.
20:02Ça, c'est faux.
20:03Et soit il n'est pas...
20:04Et on a vérifié,
20:04il y a bien deux magistrats
20:05qui ont été révoqués.
20:07Soit c'est faux,
20:08il se trompe,
20:09et alors c'est gravissime
20:10qu'un homme d'envergure
20:12de sa trempe
20:13se trompe à ce point-là,
20:15ou alors il sait que c'est faux
20:16et il ment
20:16et c'est encore plus grave.
20:18Mais on ne peut pas partir
20:18de ce constat-là,
20:19je vous ai dit,
20:20je ne remonte pas à 15 ans,
20:21en 10 ans,
20:2280 décisions
20:22l'année dernière,
20:2410 de révocation.
20:26Et encore une fois,
20:27si le CSM n'est pas assez saisi,
20:28il faut se tourner
20:29vers le garde des Sceaux.
20:30Et dernier point,
20:31les magistrats ne sont pas majoritaires
20:32au Conseil supérieur
20:33de la magistrature,
20:33contrairement à tous les conseils
20:34de justice en Europe.
20:36La France est une exception.
20:37Il y a des personnalités
20:38qui sont nommées
20:38par le barreau,
20:40par le Conseil d'État,
20:41par le Président de la République,
20:43par la Présidente
20:44de l'Assemblée nationale,
20:44par le Président du Sénat.
20:45Ils ne sont pas majoritaires,
20:46ça veut dire qu'ils sont...
20:47Ça veut dire qu'ils sont minoritaires,
20:48les magistrats,
20:48par rapport aux personnalités extérieures
20:50qu'on appelle les laïcs.
20:52Donc, ça ne vous gênerait pas,
20:54si je comprends ce soir,
20:55qu'il y ait des citoyens
20:56tirés au sort.
20:56Qu'il y ait des citoyens ?
20:56Qu'est-ce qui vous gênerait alors ?
20:58Mais quel autre exemple
20:59avons-nous,
21:00dans la fonction publique,
21:02d'organes disciplinaires
21:03qui soient minoritaires
21:05dans leur corps
21:06et où il y ait des citoyens
21:08tirés au sort ?
21:08Moi, je vais vous répondre.
21:09Moi, je crois que la justice,
21:10c'est tout en haut de la pyramide
21:12et que c'est un moment,
21:13cette administration
21:14qui décide du sort
21:15des hommes et des femmes.
21:16C'est une vertu
21:17ou une administration ?
21:18De savoir si des prédateurs
21:20de petites filles
21:21sont dans la nature
21:22ou si quelqu'un va aller
21:23en tôle ou pas.
21:24Donc, ce n'est pas
21:25une fonction publique
21:26comme une autre.
21:27Ce n'est pas une administration
21:27comme une autre.
21:28C'est la mère
21:29de toutes les administrations.
21:30Donc, si on est d'accord
21:31comme vous et moi
21:32avec l'importance
21:33de cette administration,
21:34si on est d'accord
21:35comme vous et moi
21:35que c'est le dernier rempart
21:37avant le populisme,
21:38il faut qu'on recrée
21:39un lien entre le peuple
21:39et la justice.
21:40On va faire une pause
21:41et on se retrouve
21:42pour continuer ce débat.
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21:51Tout savoir.
21:54RTL, on refait le monde.
21:56Anne-Sophie Lapix.
21:58Les magistrats sont-ils
21:59intouchables ?
22:00Sont-ils suffisamment sanctionnés ?
22:03Les politiques font des propositions
22:05pour tenter de réformer
22:07un système très critiqué
22:08évidemment depuis l'affaire Liana.
22:09On en débat avec nos invités.
22:11Aurélien Martini,
22:12procureur de la République,
22:13adjoint au tribunal de mots,
22:15secrétaire général adjoint
22:16de l'Union syndicale et magistrats.
22:17Francis Nashbar,
22:18procureur général honoraire
22:19et bénévole de l'association
22:21d'aide aux victimes
22:21d'affaires non élucidées.
22:23Joseph Cohen-Saban,
22:24avocat pénaliste à Paris.
22:26Et Jonas Haddad,
22:27porte-parole des Républicains.
22:30On refait le monde sur RTL.
22:33J'aimerais que dans dix jours,
22:35quand tout le monde parlera
22:36de la Coupe du Monde
22:36et que l'affaire Liana
22:38sera passée malheureusement,
22:39on n'oublie pas
22:40que c'est le système le problème.
22:41Et on a alerté,
22:42il y a 3 millions de procédures
22:44en attente en France,
22:45dont des dizaines de milliers
22:46de nature sexuelle
22:47sur des mineurs.
22:4870 000 on dit.
22:49Côté police,
22:50il manque 2500 enquêteurs
22:51pour accorder un temps raisonnable
22:53à chacune de ces procédures.
22:55Linda Kebab qui était ce matin
22:57face à Céline Landreau
22:58qui est une syndicaliste de policiers,
23:00un syndicat policier.
23:02Et côté magistrats,
23:03il en manque combien d'ailleurs ?
23:05Selon vous, Aurélien Martini ?
23:06Alors, les chiffres
23:07qui nous comparent
23:08aux autres pays européens
23:09qui nous ressemblent
23:10sont terribles
23:11puisqu'il y a 4 fois moins
23:12de procureurs
23:13que la moyenne européenne.
23:14C'est-à-dire qu'on n'est même pas,
23:15quand on prend la moyenne,
23:16on n'est même pas
23:16dans le haut du panier
23:17des pays qui investissent
23:19le plus pour leur justice,
23:204 fois moins de procureurs.
23:21ça veut dire très basiquement
23:23qu'un magistrat en France,
23:25il passe 4 fois moins de temps
23:26sur un dossier
23:26que son homologue allemand,
23:28lituanien, anglais ou espagnol.
23:29C'est ça la réalité.
23:31Et donc si vous voulez,
23:32moi je ne dis pas
23:33qu'il n'y a qu'un problème de moyens.
23:34Parce qu'en l'occurrence,
23:35c'est vrai que dans cette affaire,
23:37on se dit que ce n'est pas forcément...
23:38Quand on parle de priorisation,
23:39par exemple,
23:40la priorisation,
23:40ça demande de voir
23:41toutes les procédures,
23:42de faire sortir
23:43celles qui sont prioritaires du lot.
23:45Pour faire ça,
23:46il faut du temps.
23:46Et quand vous êtes
23:47dans une situation
23:48sous contrainte tellement forte
23:50que vous devez gérer des flux,
23:53eh bien vous pouvez
23:54ne pas avoir le temps de le faire.
23:55La difficulté de ces infractions-là,
23:57les violences,
23:58c'est vrai pour les violences conjugales,
23:59c'est vrai pour les violences
24:00au sens large sur les enfants,
24:02c'est que ce sont à la fois
24:02des flux importants de dossiers
24:04et des dossiers sur lesquels
24:05vous devez faire du sur-mesure.
24:07Vous ne pouvez pas faire
24:07un traitement à la chaîne.
24:09Vous devez vous apesantir
24:11sur chaque dossier.
24:12Simplement,
24:12aujourd'hui,
24:13et je le dis,
24:14je suis malheureux de le dire
24:15et je l'ai vécu dans mon quotidien,
24:16on ne peut pas faire vite
24:16et bien.
24:17Nous n'avons pas les moyens.
24:18Il faut choisir.
24:19Francis Nachbar,
24:20il y a eu des circulaires
24:22du ministre de la Justice
24:23pour prioriser
24:24les affaires sexuelles
24:26sur mineurs ?
24:27Oui, tout à fait.
24:28Alors, juste avant de répondre
24:29à votre question,
24:30deux petites précisions.
24:32Contrairement à ce qui a été dit,
24:33quand il statue
24:34en matière disciplinaire,
24:35le CSM est paritaire.
24:37Il y a autant de magistrats
24:38que de personnalités extérieures.
24:40Vous dire qu'il n'est pas minoritaire,
24:41il est paritaire, c'est ça ?
24:42Il est paritaire.
24:43En matière disciplinaire.
24:45Et d'autre part,
24:47personne ne dit
24:47que les magistrats
24:48ne sont pas,
24:49sont irresponsables.
24:50Enfin, c'est très excessif
24:51de dire ça.
24:52Moi, ce que je dis,
24:53simplement,
24:54c'est que leur responsabilité
24:55n'est pas suffisamment engagée.
24:57Les deux révocations,
24:58je suis certain
24:59que c'est pour des comportements
25:00personnels
25:01et non pas des insuffisances
25:02professionnelles,
25:03les insuffisances professionnelles
25:05des parquetiers
25:06et des juges,
25:07et ça,
25:07c'est un autre débat,
25:08elles devraient être
25:09beaucoup plus engagées.
25:10Pour les juges,
25:10on pourrait faire référence,
25:11par exemple,
25:12à l'erreur manifeste d'appréciation.
25:13Je ferme la parenthèse.
25:15Les circulaires,
25:16on nous dit
25:17les flux de dossiers,
25:18c'est tellement important,
25:19on ne peut pas suffisamment
25:20porter d'attention
25:21à tel ou tel dossier
25:22particulièrement important.
25:24J'ai été 17 ans
25:25procureur de la République,
25:26y compris dans des tribunaux importants,
25:28par exemple le Havre,
25:30et puis procureur général.
25:31Il n'y a pas besoin de circulaire.
25:33C'est une simple question
25:34de bon sens
25:35quand une procédure de viol
25:37sur une gamine de 10 ans
25:39arrive dans un parquet
25:40et qu'il y a une expertise
25:42psychologique
25:42qui établit
25:44la crédibilité
25:44de l'enfant.
25:45D'ailleurs,
25:46pourquoi on suspecterait
25:47a priori
25:48la crédibilité
25:49de la parole de l'enfant,
25:50c'est un autre débat.
25:51Quand il y a une expertise
25:52médicale
25:53qui établit
25:54des lésions vaginales
25:55et anales
25:56et qu'on...
25:57C'était le cas dans l'affaire.
25:58Oui,
25:59qu'il y a le cas
26:00pour l'affaire de janvier 2025.
26:03Aussitôt,
26:03on se précipite
26:04sur l'otage
26:05ou Cassiopée.
26:06Alors,
26:06je sais bien
26:06que les ambassadeurs
26:07du numérique...
26:08Donc,
26:08l'otage,
26:09c'est le fichier
26:10des forces de l'ordre
26:11et Cassiopée
26:11des magistrats.
26:13Voilà.
26:13Fichier où tout est répertorié
26:14même quand on n'a pas été condamné,
26:15quand il y a eu des plaintes.
26:17Oui,
26:17oui,
26:18pour l'otage,
26:18oui.
26:19Mais alors,
26:20pour Cassiopée,
26:21pour l'avoir utilisé
26:22souvent,
26:24je ne suis pas trop versé
26:25dans les nouvelles technologies,
26:26mais c'est particulièrement compliqué.
26:28Les ambassadeurs du numérique,
26:29de la secrétaire générale
26:30de l'époque,
26:31nous ont fait
26:32un travail
26:32complètement bâclé.
26:35548 millions
26:36pour pas grand-chose.
26:37Et ce n'est pas moi
26:38qui le dis,
26:38c'est la Cour des comptes.
26:39Il n'y a pas besoin,
26:40encore une fois,
26:41d'une circulaire,
26:43d'un garde des Sceaux
26:45pour s'apercevoir
26:46que cette affaire,
26:47elle est ultra prioritaire.
26:48C'est une erreur,
26:49là,
26:50très très grave
26:51de ne pas le voir.
26:53Immédiatement,
26:53quel que soit
26:54le flux de dossier,
26:55ça,
26:56alors là,
26:56c'est indéfendable,
26:57c'est inaudible
26:58de prétendre le contraire.
26:59Et ça va être le cas pour les...
27:00C'est évident
27:00que l'on doit immédiatement
27:03mettre les voyants rouges,
27:05que l'on doit immédiatement
27:06alerter,
27:07non pas par courrier,
27:08mais par téléphone
27:09doublé d'un mail,
27:11le procureur
27:11qui serait éventuellement compétent
27:13si il y a une erreur
27:13d'aiguillage
27:14dès le début.
27:15Cette affaire,
27:16elle doit faire l'objet
27:17d'une ouverture d'informations
27:18dans les 48 heures.
27:20C'est tout à fait évident.
27:21Ça paraît évident
27:22et ça paraît évident
27:23à peu près
27:23à tout le monde
27:24autour de ce réseau.
27:25Bien sûr.
27:26Et pourtant...
27:26Ça dépend comment
27:27le dossier a été traité.
27:28Effectivement,
27:29ça, l'inspection nous le dira
27:29et ça sera intéressant.
27:31Vous savez,
27:32quand il y a une infraction,
27:33quand les services d'enquête
27:34prennent une plainte
27:34pour un fait criminel,
27:35ils appellent systématiquement,
27:37en tout cas,
27:37ils doivent le faire,
27:38systématiquement le procureur
27:39de la République,
27:39de jour comme de nuit,
27:40pour prendre des instructions.
27:41Et le procureur
27:42qui est de permanence
27:43donne ses premières instructions.
27:45Et vous voyez,
27:46si vous êtes
27:48incompétent territorialement,
27:49vous pouvez très facilement
27:50dire à l'enquêteur
27:51vous transmettez interservice
27:52à la gendarmerie
27:55territoriellement compétente
27:56et moi,
27:56je vais mettre
27:57un message d'alerte
27:57à mon homologue.
27:58Je ne sais pas
27:58si ça s'est passé comme ça.
27:59Je ne sais pas,
28:00mais ça doit faire enrager
28:01les gens qui entendent ça
28:02parce qu'ils se disent
28:02non mais attendez,
28:03tout est prévu,
28:04tout marche bien,
28:04mais ça n'a pas marché.
28:05Mais non,
28:06tout ne marche pas bien.
28:07Non, non, surtout pas.
28:08En fait,
28:09si vous voulez,
28:09ça, c'est la théorie
28:11et après,
28:12dans la pratique,
28:13dans la pratique,
28:13vous avez des enquêteurs
28:14qui sont submergés.
28:15Mais vraiment,
28:16en particulier sur ces matières-là
28:17parce que ce sont des matières
28:19peu attractives
28:19que le judiciaire,
28:21en général,
28:22est peu attractif
28:23pour les forces
28:24de sécurité intérieure.
28:25Donc,
28:25on a des brigades entières
28:28qui sont dépeuplées
28:29avec des volumes d'affaires
28:31très importants.
28:32Et peu formés.
28:33On a un vrai enjeu de formation
28:35et c'est pareil
28:35chez les magistrats.
28:36On faisait tout à l'heure
28:37la comparaison
28:38avec nos voisins européens.
28:39Ce qui nous distingue
28:40aussi de nos voisins européens,
28:41c'est la complexité
28:42bureaucratique
28:43de notre justice.
28:44On met,
28:45en termes de rapport
28:46entre notre PIB,
28:47notre produit intérieur brut
28:48et les moyens
28:49à la justice,
28:50un petit peu moins.
28:51C'est vrai.
28:51Mais là,
28:52où on met beaucoup plus de temps,
28:53c'est sur la bureaucratie.
28:54Parce qu'on a édicté
28:54des normes si importantes
28:56pour les personnes
28:57qui doivent gérer
28:58ces affaires-là,
28:59que vous l'évoquez à l'instant,
29:00ils passent un temps
29:01fou et monstrueux
29:02à respecter
29:03des normes kafkaïennes.
29:04Ce n'est pas pour rien
29:05que Kafka,
29:07et donc nous,
29:08on est en France...
29:08Le titre de son oeuvre.
29:09Voilà.
29:09On est en France
29:10vraiment sur
29:13ce qu'on peut faire
29:14de pire et de mieux
29:15en matière de bureaucratie.
29:16Donc ce que nous,
29:17on propose également,
29:18c'est de faire véritablement
29:20la chasse aux normes inutiles
29:21qui existent aujourd'hui
29:22et qui sont héritées
29:23parfois de systèmes archaïques.
29:26Quand on vous dit tout à l'heure
29:27qu'il faut envoyer
29:27un courrier recommandé
29:28et qu'on nous avait promis
29:29la Startup Nation
29:31et qu'on nous dit
29:32les politiques ne sont pas responsables,
29:33ben si,
29:34les politiques sont responsables.
29:35Parce que quand on a
29:35un président de la République
29:36qui vous dit
29:36on va vous faire
29:37des choses numériques
29:38et on dépense
29:39des centaines de millions d'euros
29:40et qu'on n'est pas fichu
29:42de mettre en place
29:43des systèmes de mail
29:43ou de messagerie sécurisée...
29:45Sachant que le dossier
29:46toujours de la même petite fille
29:47porte...
29:48La plainte est recueillie
29:49à Toulouse
29:50et le temps qu'il arrive à Hoche
29:50il a fallu 13 jours...
29:52On a le tâche pour les organismes judiciaires
29:55mais on n'a pas le tâche
29:56par exemple
29:56pour les victimes.
29:59C'est-à-dire en gros
29:59on ne sait pas
30:00par exemple
30:00si vous avez été victime
30:01à plusieurs reprises
30:02il n'y a pas de dossier
30:03pour savoir si vous avez
30:04plusieurs fois subi quelque chose.
30:06Oui mais malheureusement
30:08tout ça ne correspond pas.
30:09Oui je suis d'accord
30:10mais on retrouve
30:11les dossiers victimes
30:12sur le fichier
30:13des personnes recherchées.
30:14C'est énorme.
30:15C'est ça qui est fou.
30:16Dominique de Villepin
30:17lui a proposé
30:18de créer un parquet spécialisé
30:19sur les violences faites
30:20aux femmes et aux enfants
30:22pour prioriser les dossiers.
30:23Est-ce que c'est une bonne idée ça ?
30:25Mais est-ce que ces propositions
30:26ont été vraiment réfléchies
30:28ou est-ce qu'elles sortent là ?
30:30Vous voulez dire qu'on est
30:30sous le coup de l'émotion ?
30:31Sous le coup de l'émotion
30:32parce qu'on est tous
30:34on est tous évidemment
30:35frappés par l'émotion
30:36et le rôle des professionnels
30:37c'est d'essayer de prendre du recul
30:39assez rapidement
30:39pour sortir de cela
30:40et essayer de faire des propositions
30:41et c'est surtout le rôle
30:42de ceux qui nous gouvernent.
30:44Mais réfléchissons
30:45un parquet national centralisé
30:47Mais c'était d'agir aussi.
30:48Le parquet, un parquet
30:49qui serait j'imagine à Paris
30:50donnerait des instructions
30:51à une brigade de gendarmerie
30:52à Hoche
30:52c'est ça qu'on veut vraiment.
30:54Je crois que c'est vraiment
30:55une mauvaise idée
30:56mais ce qu'il faut c'est
30:58d'abord l'inspection dira
30:59s'il y a eu des défaillances
31:01personnelles
31:01s'il y en a eu
31:02il faut les relever
31:02il n'y a pas de difficulté
31:04aucune difficulté là-dessus
31:05la transparence sera faite
31:06le ministre l'a dit
31:06c'est très bien.
31:08Il ne faut peut-être pas
31:08parler tout de suite
31:09de sanctions et de révocation
31:10mais il faut faire la lumière.
31:11Ça a été fait.
31:12Et en revanche
31:12ce qui m'intéresse moi
31:14c'est le long terme
31:15le court terme
31:16si on veut faire plaisir
31:17à quelques-uns
31:17on coupera des têtes.
31:18Très bien.
31:19Mais sur le long terme
31:20comment on fait en sorte
31:21de protéger les mineurs ?
31:22Moi j'ai été chef
31:22d'une section des mineurs
31:23au parquet.
31:24Le but des magistrats
31:25qui sont engagés
31:26sur cette matière
31:27c'est de faire en sorte
31:27de mettre hors d'état
31:28de nuire les prédateurs sexuels
31:30et de protéger les enfants.
31:31Seulement
31:32on a parfois l'impression
31:34qu'on ne va pas y arriver
31:35et on n'y arrive pas suffisamment.
31:37Encore une fois
31:37quatre fois moins de procureurs
31:38que la moyenne européenne.
31:39Si on était quatre fois plus
31:41on pourrait avoir
31:41des marges de manœuvre.
31:42Vous voyez ce que je veux dire ?
31:43Et donc on n'évacuera pas ça
31:45du débat sur le long terme.
31:46Il faut des réformes.
31:47C'est un problème structurel
31:48il faut des réponses structurelles.
31:49Encore un moment
31:49on parlait de corporatisme
31:51il a été proposé aussi
31:52d'interdire aux magistrats
31:54de se syndiquer.
31:56Sujet un peu.
31:57C'est brûlant.
31:58Édouard Philippe
31:59et David Guisnard
32:00ont évoqué la question
32:02sachant que les militaires
32:03ne peuvent pas se syndiquer.
32:04Est-ce qu'il faudrait
32:05leur dernier syndiquer ?
32:06Nous, c'est le publicat
32:07on n'est pas contre
32:08la liberté de se syndiquer
32:09et la liberté d'association.
32:11Par contre, c'est vrai
32:11qu'on est contre la politisation.
32:13C'est-à-dire qu'il n'est pas normal
32:15et je sais que c'est le cas
32:16notamment de votre structure
32:18qui ne le fait pas
32:19et c'est tout à son honneur
32:20il n'est pas normal
32:21que certains syndicats
32:22prennent des positions
32:23pour donner leur vision
32:24de la société.
32:25Parce que dans ce cas-là
32:26comment vous voulez
32:27que le citoyen
32:27qui arrive devant un magistrat
32:29qui a écrit une tribune
32:29où il explique
32:30qu'il n'est pas d'accord
32:31avec ceci ou cela
32:32il pense qu'il soit jugé
32:33de façon impartiale.
32:34Donc nous, nous ne sommes pas
32:35contre le fait de se syndiquer
32:36mais nous sommes contre
32:37la politisation.
32:38Et encore une fois
32:39si on veut faire en sorte
32:40que les citoyens
32:41se reconnectent avec la justice
32:42c'est pour ça qu'on propose
32:43cette courte disciplinaire
32:44mais on propose aussi
32:45de la vigilance
32:46sur la politisation des magistrats.
32:48Merci à tous
32:48d'être venus débattre
32:50sur ce plateau.
32:51Demain, Thomas Soto
32:52recevra Christelle Edelman
32:55directrice générale
32:55du groupe Orange.
32:57Quant à Marc-Olivier Fogiel
32:58il accueillera Audrey
32:59la mère de Rosa
33:00justement
33:00cette petite victime
33:02présumée
33:03de Jérôme Barrella
33:04la fameuse plainte
33:06du mois d'août
33:07et son avocat
33:08maître Pierre Debuisson.
33:10Il est l'heure
33:10de retrouver
33:11Éric Silvestro
33:12pour une soirée foot.
33:13Bonsoir Éric.
33:14Bonsoir,
33:14on s'est trouvé
33:14un peu de légèreté.
33:16on en a besoin.
33:17Derrière l'équipe de France
33:18pour la Coupe du Monde
33:19dans ces moments difficiles
33:20et ces sujets
33:20extrêmement délicats.
33:21Et là c'est France-Irlande du Nord
33:22France-Irlande du Nord
33:23à Villeneuve-Dasse
33:24tout à fait.
33:24Et on a tous réussi
33:25à ne pas dire
33:26syndicat de la magistrature.
33:28C'est vrai.
33:29C'était le mot piège.
33:30Et si j'avais 10 secondes de plus
33:31je l'aurais dit.
33:32Voilà,
33:32on se retrouve
33:33dans un instant sur RTL.
33:35Ok.
33:36Merci.
33:43Le matin,
33:44le midi,
33:45le soir,
33:46pendant des jours.
33:47C'est...
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