- il y a 11 heures
Chaque année ce sont près de 100 millions de tonnes de poisson qui sont pêchées dans les mers et les océans. Un chiffre qui stagne depuis 30 ans malgré une flotte de bateaux qui chaque année augmente.¿La ressource en poisson est-elle en train de se réduire¿? Certaines espèces sont-elles en voie de disparition¿? Et surtout à qui la faute¿? Au consommateur qui est habitué à avoir une ressource disponible sur les étals¿? Aux industriels qui déploient leur flotte de bateaux industriels en mer, ou aux techniques de chalut souvent mises en cause¿? Rebecca Fitoussi et ses invités ouvrent le débat. Année de Production :
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00:01Au nom de la mer vers une pêche durable, signé Sibylle Dorgeval et Chloé-Henri Biabot.
00:09Nos océans sont-ils en train de se vider de leurs poissons ?
00:12Quelles issues trouver à l'appauvrissement des ressources halieutiques ?
00:15Faut-il crier à roue sur les industriels, les consommateurs, les responsables politiques ?
00:20Un peu tout le monde, on va se poser toutes ces questions avec nos invités.
00:23Mathilde Olivier, bienvenue.
00:24Vous êtes sénatrice écologiste représentant les Français établis hors de France.
00:28Vous êtes vice-présidente de la Commission des affaires européennes.
00:31Vous êtes notamment à l'origine d'une proposition de loi visant à mieux protéger les écosystèmes marins
00:36en rehaussant par exemple l'exigence de protection des aires marines protégées.
00:41Et évidemment on en parlera.
00:43Alain Kadec, bienvenue à vous également.
00:44Vous êtes sénateur LR des Côtes d'Armor, vice-président de la Commission des affaires européennes,
00:49président du groupe d'études Pêche et Produits de la Mer au Sénat
00:52et ancien président de la Commission de la Pêche du Parlement européen.
00:55Yohann Vermaert, bienvenue.
00:57Vous êtes chercheur en halieutique à l'IFREMER.
01:00L'IFREMER, c'est l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer.
01:04On les voit beaucoup d'ailleurs dans le film qu'on vient de voir.
01:05Et vous exercez sur le site de Nantes.
01:08Olivier Lenezet, bienvenue.
01:09Vous êtes président du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins,
01:13président du Port de l'Orient et vous-même ancien pêcheur.
01:17Merci à tous les quatre d'être ici.
01:18Il faut bien le dire, on sort de ce film avec l'idée, et à vous de me dire si
01:22elle est simpliste ou pas,
01:24qu'il y a d'un côté les gentils petits pêcheurs français qui respecteraient les cycles naturels et les fonds
01:30marins
01:30et de l'autre les méchants industriels, méchants groupes souvent étrangers qui détruiraient tout sur leur passage.
01:37Est-ce que c'est la réalité ? Est-ce que c'est une partie de la réalité ?
01:41Ou est-ce que c'est un peu simpliste de présenter les choses ainsi, Olivier Lenezet ?
01:46Écoutez, déjà, je pense que l'exploitation des ressources, elle doit être homogène, surtout l'espace maritime.
01:51Ça, c'est important parce que derrière, avoir une exploitation qui soit seulement faite par des petits navires
01:56ou seulement par des gros n'est pas une exploitation durable.
01:59D'accord.
01:59À partir du moment, les espèces sont surtout l'espace maritime.
02:02Ça, c'est le premier point.
02:03Deuxième point, on parle de quoi en termes d'exploitation ?
02:06Est-ce que ces navires que je vois ne sont pas des navires européens,
02:09ce sont des navires chinois ou coréens qui sont, on parle des eaux internationales.
02:13Ce n'est pas la même chose.
02:14Et oui, évidemment, la pêche INN qui existe dans le monde...
02:20INN ?
02:21Oui, non réglementée, non encadrée.
02:23D'accord.
02:23C'est-à-dire, je prends la Chine ou je prends la Russie,
02:25qui sont sur des navires et par milliers de navires, usines.
02:29Là, oui, évidemment, il y a la pêche INN.
02:32D'où l'intérêt de l'UNOC qui a permis, en fait...
02:36L'UNOC, attention avec les sigles, essayez de bien détailler,
02:38parce que c'est un langage un peu technique.
02:39Tout à fait, c'est le rendez-vous qu'il y a eu l'année dernière à Nice,
02:43avec tous les pays du monde entier, donc sous l'égide de l'ONU,
02:47qui a permis que la France obtienne d'ailleurs, au bout de 20 ans,
02:50la ratification du traité des BBNJ, qui permet d'encadrer la haute mer.
02:53D'accord.
02:53Ça, ce sont des avancées majeures qu'on a besoin,
02:56parce que derrière, la pêche INN, elle se fait dans les zoos internationales,
03:00et pour ce qui est des zoos communautaires, elle est encadrée,
03:03elle est gérée par des quotas, mais aussi au niveau national,
03:06par des licences qui soient encadrées par le Comité national des pêches,
03:10ou aussi en région.
03:11Et donc, tout ça, sous l'égide, évidemment, des préfets de région,
03:14et de l'État, et des scientifiques,
03:16puisque tout ça se fait, évidemment, entre l'État, les scientifiques,
03:19et les professionnels.
03:19Mathilde Olivier, est-ce que ça veut dire que, côté français,
03:21nous, on fait bien les choses, et qu'on n'a pas des gros navires
03:24qui ravagent tout sur leur passage, et qu'en fait,
03:26le problème vient des grands navires étrangers ?
03:27C'est comme ça qu'il faudrait voir les choses ?
03:30Oui, il faut qu'on puisse, à l'échelon international,
03:32travailler à une meilleure réglementation,
03:34mais à l'échelon français, on a aussi beaucoup de choses à faire.
03:36Et aujourd'hui, on a, dans la pêche française,
03:39une majorité de petits bateaux,
03:42qui pêchent une petite partie des volumes débarqués en France,
03:46et quelques grands bateaux industriels,
03:50qui, eux, vont ravager nos côtes avec des filets de 600 mètres,
03:56pêchant 400 tonnes dans les eaux françaises, là aussi.
04:00Et cette pression de pêche, elle a un impact aussi direct
04:02sur les pêcheurs côtiers, sur la pêche, à Boulogne, par exemple,
04:06en Manche, où ces pêcheurs artisans,
04:09ils sont en compétition directe avec des énormes bateaux-usines
04:13de plus de 100 mètres de long, 600 mètres de longueur pour leurs filets.
04:20Donc vous, la façon dont les choses nous sont présentées dans ce film,
04:22vous dites qu'effectivement, c'est une réalité,
04:24qu'il y a les petits pêcheurs artisans d'un côté,
04:26et puis les gros navires de l'autre qui détruisent tout.
04:28Tout à fait. On a un vrai enjeu, pour moi,
04:30à ce qu'aujourd'hui, on puisse avoir une meilleure répartition des quotas,
04:34et on en parle dans le documentaire,
04:37une répartition qui prenne en compte les aspects socio-économiques,
04:40les aspects écologiques, les aspects économiques de la pêche.
04:45Et aujourd'hui, cette répartition des quotas,
04:47elle est très critiquée par une partie des pêcheurs artisans,
04:52des petits pêcheurs côtiers aussi.
04:53On y viendra sur cette question des quotas,
04:55ils sont évidemment importants, mais restons sur le constat.
04:57Est-ce que oui ou non, on a d'un côté les petits pêcheurs
04:59et de l'autre les gros pêcheurs ?
05:00C'est une analyse un peu manichaine.
05:02C'est ça que je voudrais qu'on essaye de nuancer en sortant de ce film.
05:05Il y aurait d'un côté les gentils et d'un côté les méchants.
05:09Je pense que ce n'est pas tout à fait vrai.
05:12Il y a des gentils un peu partout et des méchants un peu partout.
05:15Globalement, je pense que les professionnels de la pêche sont conscients,
05:20notamment en Europe, je dirais surtout en Europe.
05:22Je rappelle que c'est quand même l'espace le plus réglementé dans le monde,
05:27c'est l'Union Européenne.
05:29Donc ces pêcheurs sont parfaitement conscients de la nécessité de préserver la ressource.
05:34D'ailleurs, le rendement maximum durable qui a été mis en place il y a quelques années
05:40commence à porter ses fruits puisqu'on arrive à peu près,
05:42par rapport au débarquement en France, à 60% d'espèces
05:46qui respectent le rendement maximum durable.
05:48Alors, mettre les uns contre les autres, non.
05:52Par contre, Olivier l'a évoqué, sur les autres côtes, notamment les côtes africaines par exemple,
06:01les Chinois, on parle des Chinois, malheureusement c'est comme ça,
06:05les Chinois, eux, ne respectent strictement rien.
06:08Strictement rien.
06:09Autant en Europe, il y a des réglementations très strictes,
06:12autant dans le reste du monde,
06:13sauf pour les espèces qui sont gérées, par exemple pour le thon,
06:18qui sont gérées de façon mondiale.
06:20Mais autrement, donc l'appauvrissement qui peut avoir lieu,
06:23il y en a sûrement, en certaines espèces, il est dû à mon avis à ça.
06:27– Oui, Yohann Verma ?
06:28– Non mais je suis tout à fait d'accord avec ce qu'il y en a dit.
06:32Ce qu'il faut voir, effectivement, on parle beaucoup dans ce film de durabilité,
06:36mais durabilité écologique, parce que c'est la première qu'on voit,
06:39effectivement, on a parlé de rendement maximal durable,
06:41c'est la fraction qu'on peut extraire du stock
06:43avant qu'il y ait des problèmes de renouvellement.
06:47Mais il y a d'autres piliers, de la durabilité aussi,
06:49qu'on va sûrement aborder.
06:51Et pour avoir la durabilité écologique,
06:53il faut en fait avoir ce qu'on appelle des évaluations de stock,
06:56c'est-à-dire un peu comment se porte le stock
06:59par rapport, en termes de biomasse, le nombre de poissons qu'il y a dans la terre.
07:01– Et on le sait ça ? On en est où ?
07:03– On le sait pour un certain nombre de poissons, de stocks.
07:05– D'accord, on en a ?
07:06– Oui, il y a des poissons, il y en a qui sont montés,
07:11il y en a qui descendent, ça évolue.
07:13Comme l'a dit M. Kadek, en fait, on est parti effectivement,
07:16à la fin des années 90, au début des années 2000,
07:18une situation presque dramatique,
07:20où beaucoup de stocks étaient très déplétés,
07:23ce qu'on dit vraiment très bas.
07:26La politique commune des pêches actuelle a quand même amorcé un renouveau
07:32avec cette instauration du rendement maximal durable.
07:36Et effectivement, on a vu l'augmentation.
07:38En fait, à Yves-Romé, on fait tous les ans,
07:40on regarde la proportion des débarquements
07:42qui sont issus de populations en bon état, en mauvais état.
07:46Et on a vu cette augmentation jusque dans les années 2010.
07:50Et on arrive en fait à ce 60% qui est un petit peu un plafond de verre.
07:55Donc, cette politique commune des pêches a eu des effets positifs.
07:59Et maintenant, on arrive un peu à une stagnation.
08:02Donc, je pense qu'on pourra l'apporter un petit peu plus tard.
08:04– Et je ne vous ai pas encore entendu parler de la consommation, du consommateur.
08:07Moi, j'ai relevé un chiffre, 20,7 kilos,
08:10c'est ce que mange en moyenne chaque habitant de cette planète
08:12en kilos de poissons et de crustacés par an.
08:14En 1961, c'était 9,1%.
08:18Au niveau mondial, la consommation globale d'animaux marins
08:21a doublé en une cinquantaine d'années.
08:23Mathilde Olivier, est-ce qu'il est aussi là, le problème ?
08:25– En tout cas, il y a pas mal d'études qui nous montrent aujourd'hui
08:28qu'il faut qu'on puisse diminuer notre consommation de poissons.
08:31Mais pas forcément.
08:32Il y a deux enjeux.
08:33Il y a celui de la pêche et puis il y a celui de l'aquaculture.
08:36Et c'est mentionné aussi dans le documentaire.
08:39On a un énorme enjeu autour du développement de l'aquaculture
08:43et de la consommation de poissons issus de l'aquaculture
08:47avec des pêches non durables dans différentes régions du monde.
08:51Il y a actuellement beaucoup d'ONG qui se mobilisent,
08:54notamment sur la pêche au krill dans l'Antarctique,
08:57qui est une espèce pilier pour nos écosystèmes marins
09:02et qui est aujourd'hui surexploitée en Antarctique
09:05pour faire de la farine de poissons
09:06pour nourrir les saumons dans les élevages européens.
09:09Et ça, c'est vraiment un sujet sur lequel il nous faut absolument se mobiliser.
09:12Il faut d'abord que les citoyennes et les citoyens aussi prennent conscience de cet enjeu.
09:18Mais en tant que régulateur, il nous faut aussi réguler ça.
09:21Il faut qu'on puisse aujourd'hui réguler l'ouverture de...
09:25la création d'usines de saumons en France.
09:28Nous, nous opposons à l'ouverture de ces méga-usines de saumons, par exemple,
09:33qui sont aujourd'hui vraiment un enjeu majeur.
09:36Et on le voit dans le documentaire aussi au Sénégal,
09:39où des bateaux vont piller les ressources du Sénégal
09:43pour faire de la farine de poissons,
09:45alors que c'est la source de protéines principale de la population sénégalaise,
09:49c'est aussi un enjeu pour la souveraineté alimentaire du pays
09:53et pour les protéines.
09:55Aujourd'hui, il y a un milliard d'humains sur cette planète
09:57qui dépendent de poissons pour ces sources de protéines.
10:00Et on a un enjeu majeur à ce que ce ne soit pas...
10:03Pour nourrir un saumon d'élevage,
10:05il faut 3-4 kilos de poissons pêchés.
10:10Alain Cadec ?
10:10Je veux simplement faire une petite remarque à Mathilde.
10:13Mathilde nous dit qu'il faut manger moins de poissons.
10:16En même temps, son groupe politique,
10:20on dit comme un étendard, il faut manger moins de viande.
10:23Moins de viande, il faut manger moins de poissons.
10:25Ça ne me paraît pas très cohérent
10:27parce que d'abord, le poisson, c'est très sain.
10:31C'est plein de protéines.
10:32On a besoin de manger des poissons.
10:34Je pense que si on gère bien les stocks de poissons,
10:37on pourra continuer à manger du poisson.
10:39Les Français, d'ailleurs, mangent davantage de poissons,
10:41vous disiez, en moyenne.
10:42On en parlait avec Olivier, c'est aux alentours de 34 kilos.
10:45Je pense qu'on ne peut pas dire en même temps
10:47ou alors on va manger que du soja et je ne sais quoi.
10:51Donc on va faire des cultures de soja.
10:53C'est totalement possible de diminuer
10:55et d'augmenter notre consommation de protéines végétales.
10:57C'est quelque chose qui, aujourd'hui,
11:00est totalement reconnu par la théorie.
11:01Ça, c'est votre théorie.
11:04que je ne partage pas.
11:05Notre théorie à nous, c'est qu'on peut continuer,
11:08heureusement d'ailleurs,
11:09à manger de la viande raisonnablement,
11:11que ce soit du bœuf ou du porc,
11:14ou du agneau,
11:16mais également du poisson.
11:18D'ailleurs, tu le disais par rapport aux Africains,
11:21c'est plein de protéines
11:21et on a besoin de consommer du poisson.
11:24ne pousse pas les industriels
11:26à aller davantage pêcher
11:27et notamment de façon non régulée
11:29et à ravager nos...
11:30C'est autre chose.
11:30Oui, mais la question, elle est là.
11:32Je pense que, pour intervenir aussi,
11:33je pense qu'effectivement,
11:35on a certainement besoin de diminuer
11:37notre consommation de poissons.
11:40On a aussi besoin de changer
11:41notre mode de consommation
11:42parce que dans les espèces que vous citiez,
11:45il y a le saumon,
11:45il y a aussi le cabillaud,
11:46mais le cabillaud n'est pas un cabillaud
11:48pêché par les pêcheries françaises.
11:49C'est des cabillauds qui viennent
11:50de la mer de Barennes, principalement.
11:54Et ça, ça a des conséquences ?
11:56Déjà, ce n'est pas de la pêche locale.
11:59Il y a quand même beaucoup d'espèces
12:01qui sont pêchées par des pêcheries locales
12:02qui sont sous-valorisées,
12:04voire même qui ne sont pas débarquées
12:06parce qu'il n'y a pas de marché,
12:07en fait, pour ça.
12:08Et donc, du coup,
12:10ce serait important, en fait,
12:11de repenser notre façon de nous alimenter,
12:15de consommer le poisson
12:17pour, effectivement, valoriser au mieux
12:18ce qui est pêché.
12:20Parce qu'effectivement,
12:21on va peut-être parler des rejets à un moment.
12:23Une part des rejets,
12:24c'est parce qu'il n'y a pas de marché.
12:27Donc, du coup, ça va coûter cher
12:29aux professionnels de débarquer le poisson.
12:30Donc, en fonction du poisson qu'on mange,
12:32la technique de pêche n'est pas la même
12:33et donc les conséquences sur l'écosystème
12:35n'est pas la même, Olivier Nénézé ?
12:36Alors, on va un peu dans tous les sens.
12:37Je vais juste rappeler quand même quelques points.
12:38Alors, allez-y, recadrez.
12:39Je comprends beaucoup de choses.
12:41Un, il faut savoir que la pêche française,
12:42c'est 84%.
12:43C'est de la petite pêche, d'accord ?
12:44C'est des bateaux de moins de 12 mètres.
12:45Moins de 12 mètres, oui.
12:46Donc, ça, il faut le rappeler
12:47parce que souvent, on est en train de cibler
12:50de la pêche...
12:51Vous voulez dire que les pratiques françaises
12:53sont responsables ?
12:54Non, non, mais attendez.
12:54C'est pas ça que j'ai dit.
12:55Je vous rappelle juste la base.
12:57Quand on parle de grande pêche en France,
12:59on a un navire de pêche industrielle,
13:00c'est l'Emeraud,
13:01parce qu'il va...
13:01C'est un navire-usine
13:02qui est obligé d'être un navire-usine
13:04parce qu'il va pêcher du Merlon Bleu,
13:06dont le navire que vous parliez tout à l'heure
13:07qui va en pêcher aussi,
13:08mais non pas pour la consommation humaine,
13:10mais certainement pour les élevages.
13:12On est d'accord.
13:13Mais en trop...
13:13Et qu'il ne pêchera pas dans les eaux françaises,
13:15puisque ça, c'est un mensonger,
13:16à partir du moment où les eaux françaises,
13:18c'est le pavillon français.
13:20Donc, dans la ZEE
13:21et dans la zone économique exclusive,
13:23donc dans les européennes,
13:24oui, évidemment,
13:25il aura des droits,
13:25comme n'importe quel pays européen,
13:27de pouvoir naviguer dans les européennes,
13:29sachant que ces navires-là,
13:31les grands chaluts dont vous dites,
13:32ne touchent pas le fond
13:33et en aucun cas n'impactent
13:35des écosystèmes marins
13:36parce qu'ils sont sur la colonne d'eau.
13:37Donc, quand on parle de pêche,
13:39il ne faut pas les technique.
13:40C'est des pélagiques, oui.
13:41Voilà.
13:41Donc, ça, c'est le premier point.
13:42Pour avoir été pêcheur pendant 24 ans,
13:45vous n'allez pas m'apprendre mon métier
13:46et ceux des métiers qu'on a fait
13:48parce qu'à un moment donné,
13:48j'entends beaucoup de bêtises.
13:50Il y a beaucoup de gens qui parlent de la pêche,
13:51mais peu qui sont des pêcheurs réellement.
13:54Donc, le point complémentaire,
13:55je voulais rajouter,
13:56c'est, à aujourd'hui,
13:57la pêche haute mer en France,
14:00c'est 0,6% de notre flotte.
14:02C'est-à-dire, que dalle.
14:03Par contre, il y a d'autres pays
14:05qui ont de la pêche haute hurrière,
14:07de la pêche en haute mer
14:08et de la pêche industrielle,
14:09mais souvent, ils ne sont pas dans l'Union européenne.
14:11Ils sont en dehors des eaux européennes à pêcher.
14:14C'est-à-dire, soit dans les pays tiers,
14:15et vous avez parlé de l'Afrique,
14:16et oui, évidemment, c'est un scandale.
14:18C'est-à-dire qu'on est en train de piller les eaux africaines.
14:21Et d'appauvrir les pêcheurs.
14:23Et c'est pour ça qu'il y a des dépassements de la population,
14:25parce qu'il n'y a rien de pire pour les populations côtières
14:27de se retrouver, de ne plus pouvoir manger.
14:30Et quand on parle de consommation,
14:32oui, évidemment, il faut manger du poisson,
14:34parce que c'est sain pour la santé.
14:35C'est évidemment ce qu'il faut faire.
14:37La sous-consommation, de manger moins,
14:40c'est une ineptie à partir du moment
14:41où les stocks se portent bien.
14:43On est passé de 29% des stocks au RMD,
14:45vous allez pêcher les intérêts,
14:47vous ne touchez pas au capital dans les années 2000,
14:49à aujourd'hui, on est à 69%.
14:51C'est-à-dire qu'on a une croissance à deux chiffres.
14:53Et je vais vous dire une chose,
14:55avec des pêcheurs qui ont mis la volonté d'y arriver,
15:00qui ont fait que ça fonctionne,
15:01parce que la politique commune des pêches,
15:02ce n'est pas des textes.
15:03À un moment donné, c'est des pêcheurs en mer qui le font.
15:05Et donc ça, ils y sont arrivés.
15:07Et je rajouterai un point important,
15:09c'est que dans cette PCP, ce qui a fonctionné,
15:11c'est évidemment la restauration des stocks,
15:13parce que, comme vous l'avez dit fort justement,
15:15c'est que oui, il y a eu de la surpêche après-guerre,
15:18oui, il y a eu des pétits de vêtres,
15:19c'est ma génération qui a payé.
15:20Mais il y a une amélioration des comportements.
15:22Et on a dû donc détruire plus de 60% de la flotte française
15:25pour ramener les stocks, justement.
15:27Alors, on va laisser répondre Mathilde Olivier,
15:29et ensuite, on va parler des règles européennes.
15:30Parce qu'un des enjeux, lorsqu'on parle de RMD,
15:33c'est aussi la manière dont aujourd'hui,
15:35on analyse les stocks de poissons.
15:38Et aujourd'hui, on les analyse par espèces.
15:39La question de l'écosystème,
15:41elle est aussi importante,
15:42de comment on pense les interactions entre les espèces,
15:45et aussi le fait qu'une grande partie,
15:47je crois que c'est à peu près 50% des espèces,
15:49vous pourrez en parler mieux que moi,
15:5150% des espèces de poissons,
15:53aujourd'hui, ne sont pas évaluées.
15:54Donc, on n'a pas de visibilité.
15:57Donc, ces pourcentages d'espèces qui se portent bien aujourd'hui,
16:01en fait, on n'a qu'une partie de la vision.
16:04Et aussi, on évalue par espèce et pas par écosystème.
16:07Et ces interactions-là sont très importantes.
16:09Et nous, c'est ce qu'on demande en tant qu'écologiste,
16:11c'est aussi qu'on puisse avoir une visibilité
16:13de manière en tant qu'écosystème,
16:15et pas seulement espèce par espèce.
16:17Mme Verma ?
16:17Non, je suis tout à fait d'accord.
16:19On sait qu'il y a des interactions,
16:20de toute façon, il y a des interactions entre les poissons,
16:22entre les pêcheurs et les poissons.
16:24Là où je vais nuancer un tout petit peu,
16:26voilà, les prédateurs,
16:29nuancer un tout petit peu.
16:31En fait, ce qui est demandé aux scientifiques aussi,
16:33pour l'instant,
16:34c'est de faire des évaluations monospécifiques
16:35dans la mesure où le cadre de gestion est monospécifique.
16:39On a commencé à introduire un petit peu d'écosystémique,
16:42certainement pas assez,
16:43via ce qu'on appelle la mortalité naturelle.
16:44En fait, dans nos modèles, on a la mortalité naturelle.
16:46Et il y a quelques évaluations
16:48pour lesquelles cette mortalité naturelle
16:49dépend des autres poissons qui sont présents
16:52dans l'écosystème de ce poisson-là.
16:54Donc, elle va varier au cours du temps.
16:56Et donc, du coup, plus il y a de prédateurs,
16:57plus la mortalité naturelle de l'espèce va augmenter.
17:00Et donc, du coup, moins il restera de poissons pour les pêcheurs.
17:02Mais, effectivement,
17:03on ne va certainement pas assez loin.
17:05On ne va pas assez loin dans ces interactions.
17:06Mais pour l'instant,
17:07du point de vue scientifique,
17:09il n'y a pas encore non plus
17:11de modèle assez opérationnel
17:13pour rendre ces avis-là,
17:15pour répondre aux cadres de gestion
17:17qu'on a actuellement en Europe.
17:18Dans ce film,
17:19les règles européennes sont aussi
17:20très souvent pointées du doigt.
17:22Et vous l'avez un petit peu évoqué,
17:22Maltide Olivier,
17:23on va rentrer dans le détail,
17:24notamment les quotas de pêche,
17:25détournés de leur objectif premier,
17:27rachetés, échangés,
17:28laissant place à un business contestable,
17:31mal répartis aussi,
17:32laissant place parfois à des aberrations.
17:33Que se passe-t-il à Bruxelles ?
17:35Les premiers concernés sont-ils,
17:36bien entendu,
17:37bien représentés ?
17:38Il y a une séquence dans ce documentaire
17:39qui pose un peu cette question
17:41au travers du regard
17:42d'un pêcheur artisan.
17:43Regardez.
17:44On est un peu dans un monde irréel, quoi.
17:47Entre toutes ces femmes habillées
17:49toutes pareilles, là,
17:50ces messieurs en costume,
17:52les ONG qui sont habillées
17:53beaucoup plus détente,
17:54tout ça, ça se côtoie,
17:55ça se croise.
17:57et quand je pense que toutes les décisions sont prises ici,
18:03ça me change de mon monde plus vrai,
18:06c'est sûr,
18:07quand je suis dans mon petit port à Sainte-Marie.
18:09c'est assez étonnant.
18:12Je trouve ça très irréel.
18:15Alain Cadec,
18:16vous diriez qu'à Bruxelles,
18:17les pêcheurs sont bien représentés ?
18:19Oui, oui, oui, oui, je pense, oui.
18:21Gwen Penaron fait partie de ceux
18:23qui sont régulièrement à Bruxelles.
18:26Oui, pourtant, il s'étonne.
18:27Le président du comité des pêches.
18:29Oui, oui, je pense qu'ils sont très bien.
18:31Je voulais faire une petite mise au point,
18:33une petite remarque intéressante
18:35par rapport au RMD.
18:36On parle du RMD,
18:37le rendement maximum durable.
18:38J'emploie souvent,
18:40Olivier l'a évoqué tout de suite rapidement,
18:41une métaphore bancaire.
18:43Le RMD, c'est pour les téléspectateurs
18:45pour qu'ils comprennent bien
18:46le rendement maximum durable.
18:47Ça veut dire que c'est un peu comme
18:51un capital que vous placez.
18:53Vous avez un capital de N euros,
18:55vous le placez,
18:56et bien le RMD, ça veut dire
18:57qu'on ne prélève uniquement
18:58que les intérêts.
19:00On conserve la ressource elle-même,
19:02ce qui permet d'avoir la ressource
19:04pour l'éternité, en fait.
19:05Donc voilà, je voulais expliquer
19:07ce que c'était que le RMD.
19:08Donc quand on respecte le RMD,
19:09eh bien on ne prend que les intérêts
19:11et non pas le capital.
19:12Et sur ce qui se passe à Bruxelles,
19:13sur cette question des côtés de pêche
19:15décidées à Bruxelles par des gens
19:16et ils s'étonnent en costume ?
19:19La politique de la pêche
19:20est une politique totalement intégrée.
19:22La seule avec l'agriculture
19:23est totalement intégrée,
19:24c'est-à-dire que tout se décide
19:25à Bruxelles en effet.
19:26Alors, les quotas échappent totalement
19:29aux parlementaires,
19:30puisque les quotas sont décidés
19:31par la Commission européenne
19:33et le Conseil.
19:33D'accord, et c'est le bon endroit,
19:35c'est le bon système pour vous ?
19:36Oui, oui, je pense que tout ça,
19:38ça se base sur les informations
19:40qui peuvent sortir du SIEM,
19:42qui est quand même un organisme
19:43extrêmement respectable et respecté.
19:46Alors après, évidemment,
19:48on peut discuter de la méthode,
19:50on peut discuter des résultats
19:52qui sont donnés par rapport,
19:53d'abord au TAC et ensuite au quota,
19:56bien sûr.
19:57Mais je pense que globalement,
19:59oui, c'est très sérieux et ça...
20:00Tout le monde est d'accord avec ça,
20:01Mathilde Olivier ?
20:02L'un des problèmes qu'on a
20:03sur l'évaluation du RMD
20:05à l'échelon européen,
20:07et d'ailleurs pas mal
20:08d'études scientifiques le montrent,
20:09c'est qu'en fait,
20:10aux différents niveaux
20:11de prise de décision,
20:12on sous-évalue toujours,
20:14donc on revoit à la baisse,
20:16les niveaux de capture
20:17qui sont considérés comme durables.
20:19Et là, l'exemple du macro
20:20actuellement est vraiment
20:24un exemple typique.
20:25Qu'est-ce qui se passe ?
20:26Donc, globalement,
20:28les stocks de macro
20:28se sont effondrés cette année.
20:33Le RMD qui a été calculé
20:34par les chercheurs,
20:35il est à 77% de capture en moins,
20:41et la décision qui a été prise
20:42à l'échelon européen,
20:43c'est finalement 48%.
20:45Et donc, on est à vraiment
20:46une...
20:46Pourquoi ?
20:47Pourquoi d'après vous ?
20:47Parce qu'ils sont déconnectés
20:48à Bruxelles ?
20:49Quelle est la raison ?
20:49Parce qu'on va demander
20:52à M. Nézé.
20:53Allez-y, oui.
20:54En plus, on sait pourquoi...
20:55On a une pression
20:56qui a été très importante
20:58pour sous-évaluer ce...
21:00On sait pourquoi
21:01le stock du Macron...
21:01Enfin, on sait pourquoi.
21:02En partie.
21:03Pourquoi le stock du Macron
21:04s'est effondré ?
21:04C'est pas les pêches européennes,
21:06c'est les pêches extra-européennes.
21:07En l'occurrence...
21:07On ne peut pas toujours nous d'accord,
21:09mais la question,
21:09c'est est-ce que Bruxelles
21:10peut faire quelque chose ?
21:11En l'occurrence,
21:11la Norvège et les îles Ferroé.
21:12Oui.
21:12Voilà.
21:13Olivier Lenezet ?
21:14Non, mais...
21:16C'est assez caricatural,
21:17vos propos.
21:18Il y a un moment donné,
21:19le Macron est le mauvais exemple.
21:21Pourquoi ?
21:21Ça fait 10 ans
21:22que le Comité national dit
21:24que de Tania,
21:25il y a la surexploitation
21:27du macro.
21:28On ne vous a jamais entendu parler
21:30à ce moment-là.
21:31Comment ça ?
21:31On ne vous a jamais entendu.
21:33Donc, votre groupe,
21:33il est bien gentil,
21:34mais à un moment donné,
21:35pour dénoncer...
21:36Essayons d'avoir un débat constructif
21:37et sur le fond.
21:37Je termine.
21:38Ça fait 10 ans.
21:39On l'a dénoncé.
21:40D'accord ?
21:41Ça fait 10 ans qu'on dit
21:42qu'il y a la surpêche
21:43sur le macro
21:43par des pays côtiers.
21:44Ce qu'on appelle
21:45les pays côtiers,
21:46c'est des pays
21:47qui sont limitrophes à l'Europe.
21:48Par contre,
21:48on subit l'impact...
21:49Et donc,
21:49on devrait surpêcher aussi.
21:51On subit l'impact.
21:52On subit cet impact majeur
21:53et la décision
21:55qui a été de l'Union européenne
21:56et des avis scientifiques,
21:57c'était moins 78%.
21:59Pourquoi moins 78 ?
22:00C'était pour le ramener
22:01à un stock assez rapidement
22:02dans un calendrier
22:03et une temporalité assez rapide.
22:04Quand on dit
22:05qu'il y a moins 48
22:06qui a été décidé,
22:07ce n'est pas qu'il ne va
22:08pas se restaurer,
22:09c'est qu'il va mettre
22:10plus de temps.
22:11Pas la même chose.
22:11Et pourquoi ça a été pris
22:12moins 48 ?
22:13Même pas la demande
22:14de la profession,
22:15on le dit très clairement.
22:16Ça a été l'Union européenne
22:17qui a dit,
22:17attendez,
22:18on ne peut pas avoir
22:18deux vitesses
22:19des décisions
22:20de ces pays côtiers
22:21qui ont pris
22:21une décision de moins 48
22:23et d'avoir des pêcheurs européens
22:25qui sont déjà impactés
22:26par ces mêmes pays
22:27où on serait
22:28à moins 78.
22:29Non mais en fait,
22:30pour revenir de manière
22:31plus globale,
22:32ce qu'on dit là,
22:32depuis notre discussion,
22:34on dit,
22:34c'est les autres,
22:36c'est les Chinois,
22:37c'est les Norvégiens.
22:38C'est pas les autres,
22:40c'est juste une réalité.
22:41C'est une réalité, madame.
22:42On a une responsabilité
22:44en tant qu'Européens,
22:45en tant que Français,
22:45on est la deuxième
22:47zone économique exclusive
22:48du monde.
22:49On a donc
22:50une responsabilité importante
22:51à aussi prendre
22:53des décisions
22:54sur notre territoire
22:55et à l'échelon européen
22:56pour préserver les stocks
22:57et pour préserver
22:57la ressource
22:58et préserver
22:58les écosystèmes,
22:59préserver les pêcheurs.
23:00On doit avancer
23:01écouter Yohann Germa.
23:02C'est vrai qu'il y a beaucoup
23:03le mélange,
23:03mais c'est vrai que d'un point
23:04de vue,
23:04quand on fait l'évaluation
23:06d'un stock,
23:06on regarde la population
23:07dans son ensemble
23:08et où est-ce qu'elle est pêchée.
23:10C'est vrai que le macro
23:10est un bon exemple pour ça
23:12parce qu'il est pêché
23:13du sud du Portugal
23:14jusqu'au nord de la Norvège.
23:17Et en plus,
23:17il est pêché
23:19par tous les engins de pêche,
23:21tous les métiers
23:22et toutes les tailles de bateaux.
23:24De la ligne pélagique, oui.
23:27Du coup, c'est un exemple
23:28qui cristallise
23:30beaucoup de choses
23:31parce qu'effectivement,
23:34ce qui se passe
23:34au point de vue local
23:35n'aura pas forcément
23:37d'impact
23:37au point de vue global.
23:39Clairement,
23:40ce qui va se passer
23:40dans les eaux françaises
23:42a un impact minime
23:43sur la gestion du macro
23:45dans la mesure
23:45où la majorité des captures
23:46sont faites
23:47au nord du Royaume-Uni,
23:49entre le Royaume-Uni
23:50et l'Islande.
23:51Mais effectivement,
23:52il y a quand même
23:53des questions à se poser
23:53sur comment on le gère.
23:55Nous,
23:56notre point de vue,
23:56les scientifiques,
23:57on ne nous demande pas
23:58de comment répartir les quotas.
24:00Et c'est là où je pense
24:01que c'est un autre pilier
24:02de la durabilité.
24:03Et c'est des questions politiques.
24:06On peut apporter
24:07des informations là-dessus,
24:08mais ce n'est pas
24:09ce qu'on nous demande
24:09vraiment du point de vue écologique.
24:11Mais par contre,
24:12effectivement,
24:12ce qui se passe
24:13au niveau vraiment
24:14franco-français
24:15sur le macro
24:16n'aura peu ou pas d'impact
24:18au niveau du stock de macro
24:19dans son ensemble
24:20parce que ce qui est pêché
24:21par la France
24:22représente moins
24:23de 1 %
24:23des captures totales.
24:25Et donc,
24:25du coup,
24:26on aura beau,
24:27on peut fermer le macro,
24:28ça peut être une décision politique.
24:30Mais l'impact sera minime.
24:32Mais même l'Europe,
24:34je crois que l'Europe,
24:35je vais peut-être me tromper,
24:36mais l'Europe,
24:36c'est 12 %,
24:37je crois,
24:37des captures totales.
24:38Donc,
24:38si l'Europe ferme,
24:40effectivement,
24:40on va passer
24:41de 48 à 72 %
24:42potentiellement.
24:43Après,
24:44je laisserai les politiques
24:45parler des impacts
24:46socio-économiques.
24:46une fois qu'on a parlé
24:49des responsabilités,
24:50parlons un petit peu
24:51des pistes d'avenir
24:52qui pourraient,
24:53au-delà de nos comportements,
24:55nous amener vers une pêche
24:56plus durable.
24:57À l'Itremer,
24:58justement,
24:58on travaille à l'élaboration
25:00de bateaux intelligents
25:01qui filtreraient les poissons
25:02au lieu de tout ramasser
25:04sur leur passage,
25:04on le voit bien dans le film.
25:05Et puis,
25:06il y a,
25:06à la fin du documentaire,
25:07l'exemple de la Croatie
25:08dotée d'une aire marine
25:10protégée,
25:10mais vraiment,
25:11vraiment protégée.
25:12Regardez.
25:14Il y a quelques années,
25:15les scientifiques
25:16sont venus nous voir
25:16en nous proposant
25:17de fermer
25:18une des zones
25:18où nous travaillons.
25:22Au début,
25:23on était un peu sceptiques,
25:27mais on voulait préserver
25:28la pêche
25:28pour les futures générations.
25:32Alors,
25:32nous avons accepté
25:33le défi
25:34et nous avons soutenu
25:36les scientifiques,
25:37ainsi que l'administration
25:38pour que cette interdiction
25:39devienne permanente.
25:47nous n'avons pas vu
25:48les résultats
25:48en une nuit.
25:49Ils sont arrivés
25:50au bout de 4 ou 5 ans.
25:52Les poissons ont commencé
25:53à se multiplier,
25:54puis à déborder
25:55sur les zones
25:55où nous pêchons.
25:57Et maintenant,
25:58on voit qu'on pêche
25:58plus de poissons
25:59et qu'ils sont plus gros.
26:01Donc,
26:01la pêche est bien meilleure.
26:04Quel cercle vertueux,
26:05Alain Kadek,
26:06quand on entend ça,
26:07on a envie de se dire
26:07qu'il faut des aires marines
26:08protégées, protégées,
26:09protégées,
26:10partout.
26:10Ah bah oui,
26:11il ne faut plus que ça,
26:11en fait.
26:12que chaque pays
26:14ait sa propre aire
26:14protégée vraiment.
26:15On va refaire le stock
26:16et on va revenir
26:17sur la proposition
26:18de Mathilde.
26:21Pourquoi pas ?
26:22Mais pas partout
26:24et tout le temps.
26:25Et en permettant
26:26un certain nombre
26:27de métiers
26:29de la pêche
26:29qui permettent
26:32de pêcher
26:33de pêcher
26:33raisonnablement,
26:35je pense qu'il y a
26:36un juste équilibre
26:37à trouver,
26:37bien entendu.
26:38Mais pourquoi pas ?
26:39Oui, bien sûr,
26:39on peut développer
26:41un petit peu
26:41ces aires marines
26:41protégées.
26:43Oui, Olivier Lénaisé ?
26:44Écoutez...
26:44Pour des pêcheurs
26:45heureux, en tout cas.
26:45Non, mais pour être
26:46très clair,
26:47les aires marines
26:47protégées,
26:49c'est la tarte
26:49à la crème.
26:50Ça fait 50 ans,
26:51les professionnels
26:52n'ont pas attendu
26:53ni même
26:53les scientifiques
26:54qu'ils ont créés.
26:54Après, d'ailleurs,
26:55je m'en souviens
26:55de mon père,
26:56on parlait souvent
26:57de l'hiver 63
26:59qui avaient quand même
27:00fait des dégâts
27:01dans la ressource
27:02et donc les professionnels
27:04avaient mis en place
27:04des zones de cantonnement.
27:05C'était les premières
27:06aires marines protégées.
27:08Des zones de cantonnement
27:09qui étaient interdites
27:10à certaines activités,
27:11certaines exploitations
27:12d'espèces
27:13et qui ont permis
27:14de restaurer,
27:15voire même
27:15de faire des nourrisseries
27:17avec derrière
27:19les premières
27:21écloseries
27:21de homards,
27:22etc.
27:23Et nous,
27:23on les a en France
27:24ces aires marines
27:24très protégées ?
27:26Alors,
27:26qu'est-ce qu'on entend
27:27par très protégées ?
27:28Parce que vous savez,
27:28qu'est-ce qu'on veut protéger ?
27:30Pêche interdite,
27:32totalement.
27:32Non, mais est-ce que…
27:33Sur des zones.
27:34Alors,
27:35quand on veut interdire
27:36quelque chose,
27:37interdire tout,
27:38ça n'a pas de sens.
27:39Par contre,
27:39interdire,
27:40là,
27:40on identifie
27:41des écosystèmes
27:43qui sont précieux
27:44et qu'il faut protéger,
27:46évidemment,
27:47il faut d'abord
27:48trois approches.
27:51Il faut l'État,
27:52il faut les scientifiques,
27:53il faut la profession.
27:54Pourquoi ?
27:55Parce qu'il faut pouvoir
27:55bien identifier
27:56des zones
27:57de protection
27:58vitale,
27:59là où il y a
27:59des écosystèmes
28:00qui sont fragiles
28:01et qu'il faut les protéger.
28:02Évidemment que les pêcheurs
28:03sont moteurs
28:04parce que dans les analyses
28:05ex-copêches,
28:06les pêcheurs sont moteurs
28:08pour définir précisément
28:09les zones
28:10en lien avec,
28:11d'ailleurs,
28:12l'IFROMER,
28:12où on travaille là-dessus.
28:13Il faut quand même savoir
28:14que ça,
28:15ça se fait,
28:16ce n'est pas juste
28:16une vue de l'esprit,
28:17c'est réel.
28:18Dans le film,
28:18on a l'impression
28:18que c'est quand même
28:19quelque chose
28:19de très innovant
28:20et qui n'est pas
28:20fait partout.
28:22Par contre,
28:22ce qu'il faut,
28:23c'est le faire
28:24proprement.
28:24C'est-à-dire qu'il y a
28:2611 aires marines
28:27protégées,
28:2811 sortes.
28:29Donc on peut protéger
28:30les oiseaux,
28:31on peut protéger
28:31les écosystèmes,
28:33on peut protéger
28:33certaines ressources
28:34et pour ça,
28:35ça se fait
28:36avec les acteurs,
28:38qu'ils soient
28:38l'État,
28:39les scientifiques
28:39et les professionnels.
28:40Et ça se fait.
28:41Qu'ils soient professionnels,
28:42pêcheurs de loisirs aussi,
28:43d'ailleurs,
28:43c'est tout le monde
28:44qui s'y met.
28:45Puis surtout,
28:45n'oublions pas,
28:46une aire marine protégée,
28:47elle ne doit pas être statique.
28:49Pourquoi ?
28:50Parce que les pêcheurs
28:51aujourd'hui subissent
28:51une chose
28:52que personne ne parle ici,
28:53c'est le dérèglement climatique.
28:54C'est nous
28:55qui le subissons,
28:56qui sommes les premières victimes
28:57et ce dérèglement climatique
28:59impose qu'il y a
29:00une modification
29:00qui ne sera pas
29:01due à la pêche
29:03mais qui sera due
29:04soit parce qu'il y a
29:05la montée des eaux,
29:06soit parce qu'il y a
29:06des courants qui se déplacent
29:07et on voit bien
29:08en Bretagne,
29:08par exemple,
29:09chez moi,
29:09où le poulpe
29:10qui n'était pas présent
29:11aujourd'hui,
29:12il est là,
29:13présent,
29:14il a toujours été
29:14mais l'hiver 63
29:15a fait que certaines espèces
29:16ont disparu
29:17parce que le froid
29:18et les courants
29:18ont fait qu'il ne pouvait
29:19pas se reproduire.
29:20Là, aujourd'hui,
29:21c'est le cas.
29:21Donc, les choses évoluent
29:22très vite,
29:22on a d'autres espèces,
29:23le bulot qui disparaît
29:24en manche,
29:26on a d'autres espèces
29:26qui apparaissent
29:27donc ça,
29:27il ne faut pas être
29:28dans un modèle
29:29qui permette d'être évolutif.
29:31Avoir des outils
29:31qui soient statiques,
29:32ça n'a aucun sens.
29:33D'accord.
29:33Le temps file.
29:34Je veux entendre
29:35tout le monde
29:35sur les aires marines protégées,
29:36Mathilde Olivier.
29:36Oui, d'abord dire
29:38que sur la question
29:39du constat,
29:40l'IPBES,
29:40donc le GIEC
29:41de la biodiversité,
29:42définit en effet
29:43des pressions aujourd'hui
29:44importantes sur les océans,
29:45d'abord la surpêche,
29:48le réchauffement climatique,
29:50les espèces invasives,
29:51la pollution,
29:52tous ces aspects
29:53ont un impact direct
29:55sur les écosystèmes marins
29:56et donc ensuite
29:57aussi sur la pêche.
29:58Les aires marines protégées
29:59sont l'une des solutions,
30:01l'un des outils
30:01que nous avons aujourd'hui
30:03pour avancer
30:04sur une meilleure protection
30:05de nos écosystèmes marins.
30:05Et ça, c'est un certain consensus
30:06ce qui est proposé.
30:06Et l'intérêt des aires marines protégées
30:10et ce que j'ai porté
30:11dans la proposition de loi
30:12qu'on a discutée
30:14il y a maintenant
30:14un an ici au Sénat,
30:16c'est d'avancer
30:19sur la définition
30:20de ce qu'est une aire marine protégée
30:21et notamment
30:22de la protection stricte.
30:23Dans le documentaire,
30:24c'est bien montré
30:24qu'aujourd'hui,
30:25les aires marines protégées
30:26ont été un outil
30:27de communication politique
30:28qui a été utilisé
30:29notamment par Emmanuel Macron
30:31en définissant
30:32des aires...
30:33On entend clairement
30:33dans le documentaire.
30:35...qui définissaient
30:37des grandes aires marines protégées
30:38avec un plan de gestion
30:40presque inexistant
30:41et avec en fait
30:42très peu de choses
30:42qui se passaient
30:43sur le terrain
30:44de la réelle protection
30:44de ces zones.
30:45Alors moi, je disais,
30:46dans ma proposition,
30:47je disais,
30:47revenons à la base.
30:49Définissons ce qu'est
30:50une aire marine protégée
30:51et notamment
30:51une aire marine protégée
30:52en protection stricte
30:53qui est l'exemple
30:54qu'on vient de montrer,
30:56l'exemple croate,
30:56il y en a d'autres
30:57en Méditerranée.
30:58Nous, on n'a pas ça en France ?
30:59En France, il y a
31:00sur le territoire métropolitain
31:020,1%
31:04des eaux françaises
31:05qui sont aires marines protégées
31:06strictement
31:07d'après les critères internationaux.
31:09Et donc moi,
31:09ce que je demandais,
31:09c'était définissons
31:11ce que sont ces critères,
31:13notamment d'avoir des zones
31:14dans lesquelles
31:14vraiment il y a
31:15une exclusion de la pêche
31:16et avec autour
31:17une zone tampon
31:18dans laquelle
31:19les pêcheurs artigènes,
31:20les pêcheurs locaux
31:21puissent aller pêcher
31:22et puissent ensuite
31:23valoriser le poisson
31:24qu'ils auront pêché
31:25dans cette zone.
31:25C'est aussi moins d'efforts
31:27de pêche,
31:27ils en parlent
31:27dans cet extrait.
31:29Ils peuvent pêcher
31:30donc plus autour
31:31de l'air marine protégée
31:33puisque cette zone
31:34a été bien définie
31:35et d'avancer
31:36vers l'objectif
31:37que nous nous sommes fixés
31:38à l'échelon international
31:38qui est de 10%
31:40de nos eaux
31:42strictement protégées.
31:42Donc c'était
31:43l'objet de ma proposition.
31:44Donc si je comprends bien,
31:45c'est en fait
31:45c'est très simple
31:46en fait de tout sauver
31:48quoi en fait.
31:49Il y a aujourd'hui
31:51des...
31:51Tu trouves pas ça
31:51un peu simpliste
31:52quand même parce que...
31:53De quoi ?
31:54Qu'est-ce qu'est-ce que ça ?
31:56Voilà, on va faire
31:57des airs marines protégées
31:59totalement interdites.
32:0010% ?
32:01Oui, oui, oui.
32:02De nos eaux.
32:02Et tout ça, ça va permettre...
32:03Ça vous semble infaisable ?
32:04Ça vous semble...
32:05Ça va tout régler
32:06mais c'est l'un des outils...
32:07On parle des pistes, là.
32:08Par exemple,
32:09sur une air marine protégée,
32:10on peut par exemple
32:12imaginer qu'on puisse pêcher
32:13avec certains engins de pêche.
32:14Je pense à des casiers par exemple.
32:16Ça abîme pas l'écosystème,
32:17ça abîme pas...
32:18Je suis totalement...
32:18Je suis d'accord.
32:19Tu vois ?
32:19Je suis d'accord.
32:20Je suis d'accord.
32:21Donc...
32:22Mais dans les différents types
32:23d'air marine protégée...
32:24Je suis content.
32:25Dans les différents types d'air marine...
32:26Vous voyez, on arrive
32:27à vous mettre d'accord.
32:27Il y a la protection stricte.
32:29Dans des airs marines protégées,
32:30strictement protégées,
32:31et après il y a les objectifs
32:32de 30% d'air marine protégée.
32:33Je pense que quand on est excessif,
32:34on devient insignifiant.
32:36Et dans vos propositions,
32:37c'est excessif.
32:38Voilà.
32:38You and Verma.
32:39Oui, enfin,
32:40je pense qu'on est d'accord
32:40sur les airs marines protégées.
32:42Effectivement,
32:42quand on arrête une activité,
32:44on voit effectivement
32:48un renouvellement...
32:48C'est mécanique.
32:49C'est mécanique.
32:50Et il y a un mélange aussi
32:51d'effets refuges.
32:53On écoute You and Verma.
32:53Il y a aussi un mélange
32:54d'effets refuges
32:55avec des espèces
32:55qui viennent se mettre
32:57à cet endroit-là.
32:58Donc on n'a pas forcément,
32:59dans tous les cas,
32:59augmenté la biomasse totale
33:01parce qu'il y a cet effet refuge.
33:04Ils savent qu'il n'y a pas de pression
33:05et donc du coup,
33:06les poissons viennent se protéger ici.
33:08Après, ça ne veut pas dire
33:09qu'ils ne vont pas se reproduire
33:10et que ça ne va pas effectivement...
33:11Donc ce n'est pas la panacée,
33:13mais c'est une...
33:14C'est une bonne chose, je pense.
33:15C'est d'accord.
33:15Voilà, c'est un élément.
33:16C'est un élément.
33:17Et je pense que le reportage
33:18le montre bien.
33:19Ce qui doit être pensé
33:22en collaboration
33:23avec les scientifiques,
33:24les professionnels
33:24et les gestionnaires.
33:25Parce qu'on n'a pas non plus parlé
33:28les mesures de gestion
33:29qui fonctionnent bien.
33:30C'est ça qui sont aussi bien contrôlées
33:33et qui sont acceptées de tous.
33:35Parce que dans le reportage,
33:37on voit bien que les pêcheurs l'acceptent.
33:38Ils voient les bénéfices.
33:40C'est quelque chose
33:40qui a été pensé depuis le départ.
33:42Après, quand on fait
33:42effectivement des airs marines protégées,
33:44il faut aussi penser
33:46aux effets rebonds
33:47qui peuvent exister.
33:48Parce que, pour l'instant,
33:50l'effort de pêche,
33:51si on reste à effort constant,
33:54si on ferme 10% du territoire,
33:56il va y avoir potentiellement
33:5710% de l'effort,
33:58voire plus,
33:58si on ferme des zones
33:59qui ne sont plus...
33:59Ça va se reporter.
34:00...qui vont se reporter.
34:01Et donc, du coup,
34:02il faut aussi l'anticiper
34:05et voir comment ça va peu impacter
34:07des zones qui sont potentiellement,
34:09pour l'instant,
34:09moins pêchées.
34:11Donc, tout ça, effectivement,
34:12c'est forcément bénéfique
34:14parce qu'on arrête,
34:14on provéder vers un endroit.
34:16Mais il faut voir
34:17si ce n'est pas non plus problématique
34:19pour d'autres zones.
34:20Une piste,
34:21mais à nuancer,
34:22comme souvent les pistes.
34:23Oui ?
34:24En un mot ?
34:24Et pour moi, je pense
34:25que ce qui est important aussi,
34:26parce qu'on parle des zones côtières souvent,
34:27j'entends parler que des zones côtières.
34:29Moi, ce que j'aime bien,
34:30c'est savoir quel est le plan
34:31que vous proposez
34:33en termes de restauration
34:35de la qualité des zones côtières.
34:37Vous ouvrez un autre débat.
34:39Non, non, ça fait partie
34:39parce que les ressources
34:40se reproduirent le long du littoral.
34:42Vous en parleriez en mon tête.
34:43On n'a plus le temps.
34:43Et donc, à un moment donné,
34:44le pêcheur, lui,
34:45ce qu'il a besoin, c'est ça.
34:46C'est-à-dire qu'on est en train
34:48d'imposer des règles,
34:49des encadrements,
34:50voire d'interdiction de pêche
34:51aux professionnels
34:52pour régler des problématiques
34:54que personne ne veut prendre en compte
34:56ou prendre en charge
34:57qui est la pollution
34:58de nos côtières.
34:59Notamment par l'élevage
35:00industriel en Bretagne.
35:01Et on s'arrêtera là.
35:03Et on s'arrêtera là.
35:04Merci beaucoup à tous les quatre
35:06d'avoir participé à ce débat.
35:07Merci à vous de nous avoir suivis
35:08au documentaire et à l'émission
35:09à retrouver en replay
35:11sur notre plateforme
35:12publicsena.fr.
35:13À très vite.
35:13Merci beaucoup.
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