- il y a 8 minutes
Aujourd'hui, c'est au tour de Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00RMC, face aux grandes gueules.
00:04C'est Sacha Stropkan qui est avec nous, le porte-parole du ministère de la Justice. Bonjour.
00:09Bonjour, merci de votre invitation.
00:11Est-ce que le ministère de la Justice va présenter ses excuses aux parents de cette petite fille ?
00:18Ce n'est pas étant une question d'excuses, parce que de toute manière, rien ne pourra consoler ses parents.
00:23Et je veux commencer par avoir un mot de compassion pour eux,
00:25parce qu'évidemment, on imagine si le corps qui a été retrouvé se confirme être celui de leur fille, l
00:31'état dans lequel ils sont.
00:32Une chose est sûre, c'est que c'est un constat d'échec collectif.
00:35Et quand je dis collectif, c'est au nom de l'institution que je représente, c'est-à-dire l
00:38'institution judiciaire.
00:39Mais c'est même un échec collectif de l'État, puisqu'on voit bien que c'est probablement une succession
00:44de dysfonctionnements
00:45à la fois systémiques au sein du ministère de la Justice, au sein éventuellement des forces de l'ordre,
00:49et même de l'éducation nationale, probablement, puisqu'on se pose des questions sur un certain nombre de signalements
00:54qui auraient été fait ou n'auraient pas été fait au moment où ce monsieur aurait été licencié de l
00:58'Éducation nationale.
00:59Donc, de fait, c'est un constat d'échec de la machine.
01:02Mais ça veut dire que la protection de l'enfance n'est pas une priorité au ministère de la Justice.
01:07Il y a d'autres combats menés, importants, contre le narcotrafic, contre les délits routiers et autres.
01:14Et on met au second plan, lorsqu'un enfant se plaint d'avoir été violé,
01:21il en parle à ses parents et que ses parents, courageusement, vont porter plainte, finalement, ça n'aboutit pas ?
01:26Alors, si, si, pour le coup, vous les avez cités, les deux priorités du ministère de la Justice et du
01:30ministre de la Justice.
01:31Et elles sont très claires.
01:32C'est à la fois la lutte contre la criminalité organisée qui s'est déclinée ces derniers mois.
01:35Je ne vais pas revenir sur la création du parquet national de lutte contre la criminalité organisée,
01:40la création des prisons de haute sécurité.
01:42Et la deuxième priorité, elle est très claire, c'est la protection des femmes et des enfants.
01:46C'est-à-dire que vous avez un certain nombre de circulaires de politique pénale
01:50qui ont été prises ces derniers mois pour expliquer clairement aux procureurs généraux
01:53qui sont d'ailleurs invités à la chancellerie, à la demande du ministre lundi, pour faire le point.
01:58Tous les procureurs sont convoqués lundi ?
02:00Ils sont attendus à la chancellerie pour faire le point.
02:04Invités.
02:04Pour faire une convocation, c'est au fonctionnaire, il répond à la convocation du ministre.
02:09Il y a une urgence.
02:09Pour dire quoi ? Qu'est-ce qui va leur être rappelé ?
02:12Il va leur être rappelé, sans me faire l'écho du ministre et de ce qui sera dit dans cette
02:18réunion,
02:18mais tout simplement qu'il y a des consignes très claires qui ont été passées par la chancellerie,
02:23par la direction des affaires criminelles et des grâces, et donc le ministre,
02:27sur le fait qu'effectivement la protection des mineurs est un sujet prioritaire
02:30et que ces dossiers doivent être traités en priorité et avec le plus grand sérieux.
02:34Et donc, vous avez là, manifestement, un certain nombre de dysfonctionnements systémiques.
02:39Mon but n'est pas de jeter l'opprobre, vous savez, sur des responsabilités individuelles.
02:43On verra s'il y en a.
02:45Les deux peuvent éventuellement se cumuler, mais moi, ce qui me paraît quand même important de rappeler,
02:49au-delà de l'institution que je représente, je représente aussi des hommes et des femmes.
02:51Si vous voulez, quand vous êtes magistrat, comme quand vous êtes gendarme, policier,
02:55que vous travaillez à l'hôpital, que vous travaillez dans l'éducation nationale,
02:58vous levez tous les matins pour aider, protéger, accompagner, et notamment des enfants.
03:02Vous ne vous levez pas le matin en vous disant, je vais fermer les yeux sur un danger pédo-criminelle
03:06et attendre qu'une jeune fille meure.
03:08À ce type de texte, le policier peut être poursuivi pour avoir mal fait son boulot,
03:11et le magistrat, c'est un peu plus léger.
03:13Il y a la possibilité, le ministre l'a dit clairement,
03:16à la fin, il y a la possibilité de poursuites disciplinaires,
03:18et il l'a dit en tant que chef d'administration, qu'il prendrait ses responsabilités.
03:22On pourrait avoir un jour une espèce d'exemple, je suis désolé,
03:26mais qu'enfin, on dise aux juges que le peuple français les regarde dans leur travail,
03:30puisqu'ils rendent la justice au nom du peuple français,
03:32et que les dysfonctionnements, les échecs collectifs,
03:36un jour amènent à des sanctions individuelles.
03:39Alors, c'est une question très légitime que vous posez,
03:42parce que ça me semble important de le rappeler,
03:45moi, il y a encore quelques mois, je rendais la justice en votre nom à tous,
03:49je ne la rendais que parce que vous m'avez délégué ce pouvoir.
03:51Je la rendais en votre nom.
03:53Et donc, à partir du moment où il y a une rupture de confiance...
03:56Vous étiez magistrat, pardonnez-moi ?
03:57Oui, bien sûr.
03:58Mais magistrat du siège, du parquet ?
03:59Magistrat du siège.
04:00D'accord.
04:00Vous étiez en correctionnel ou en civil ?
04:02Oui, tout à fait.
04:02J'étais au tribunal judiciaire de Paris,
04:04et je m'occupais notamment du contentieux,
04:06à la fois terroriste et de la criminalité organisée.
04:08Et donc, quand je rendais des décisions,
04:10je les rendais en votre nom à tous,
04:12et donc, à partir du moment où il y a une rupture de confiance entre vous et moi,
04:15à partir du moment où c'est vous qui m'avez délégué ce pouvoir,
04:18ça pose une question sur quelle est ma légitimité à continuer à l'exercer.
04:21Donc, vous posez une question extrêmement importante.
04:26Maintenant, ça serait faux et un peu simpliste de dire que c'est facile,
04:29parce qu'en vérité, vous avez un autre principe dans notre justice,
04:31et qui est un principe important,
04:33qui est le principe de l'indépendance.
04:34Et de fait, on ne peut pas sanctionner un magistrat
04:36pour une décision qu'il a rendue de la même façon qu'un autre fonctionnaire,
04:40puisque ça viendrait éventuellement porter un jugement
04:43sur le fond de la décision qu'il a rendue.
04:45Ce n'est pas pour autant que vous êtes dans un système d'irresponsabilité totale,
04:48parce que, pour le coup, vous avez le fond des décisions,
04:50et ensuite, vous avez tout simplement, pour dire les choses simplement,
04:52est-ce que vous avez bien ou mal fait votre travail ?
04:54Et si vous avez mal fait votre travail,
04:56il y a la possibilité de vous sanctionner.
04:57– Même l'État a déjà été sanctionné,
04:59il y a eu des assignations.
05:01– Prenons un exemple concret dans cette affaire, Liana.
05:05On apprend que l'été 2025, en août 2025,
05:09la maman de Rosa, une petite fille qui se plaint d'avoir été violée
05:13par l'homme qui est aujourd'hui en prison,
05:16donc cette maman va porter plainte pour viol sur mineurs.
05:22Ensuite, les parquets se demandent qui doit prendre l'affaire, etc.
05:25Là, ça prend cinq mois, donc on arrive au mois de décembre,
05:28et finalement, en janvier, une gendarmerie est saisie de cette affaire.
05:32Bon, il ne se passe rien, et en juin, il y a ce drame.
05:36Donc, d'oût 2025 à juin 2026,
05:40il y a donc une petite fille qui dit avoir été violée par un homme,
05:43et cet homme, à aucun moment, ne sera entendu.
05:46– Pourquoi ?
05:47– Justement, c'est le parfait exemple de ce que, malheureusement, je vous disais,
05:51c'est qu'une responsabilité systémique
05:53n'exclut pas des éventuelles responsabilités individuelles.
05:56Pour moi, elles peuvent se cumuler.
05:57– On veut dire multiples, à la fois du procureur, du gendarme…
06:01– Je rappelle qu'il y a une triple enquête administrative,
06:03ou en tout cas une enquête administrative conjointe
06:05entre l'inspection générale de la justice,
06:07l'inspection générale de la gendarmerie nationale,
06:09et l'inspection de l'éducation nationale,
06:11qui est diligentée, pour justement faire la lumière sur tout ça.
06:15Mais les deux peuvent se cumuler.
06:16– Oui, mais c'est toujours un pré-coup, c'est ça qui est problématique.
06:18– Vous avez dit que c'était une priorité,
06:20la lutte contre les violences faites aux femmes, aux enfants ?
06:22Ben, visiblement, pas dans le Gers.
06:24Dans le Gers, ce n'est pas une priorité.
06:25Sinon, on n'attend pas des mois et des mois
06:27avant de se saisir sérieusement d'une affaire
06:30dans laquelle une petite fille se dit avoir été violée
06:32par un adulte de 41 ans.
06:33– C'est guère mieux à Paris, hein ?
06:35– En tout cas, là, ça s'est passé dans le Gers.
06:37– En tout cas, je pense que, là aussi,
06:40ce que vous dites est parfaitement légitime,
06:41et je pense honnêtement,
06:43et c'est pour ça que je suis là ce matin,
06:45je pense que, pour nos concitoyens, c'est incompréhensible.
06:47Ce que nos concitoyens retiennent,
06:49c'est qu'en gros, on peut avoir une petite fille
06:51qui arrive dans un hôpital
06:53sur laquelle on constate des lésions
06:55en dénonçant des faits de viol ou d'agression sexuelle,
06:57et que pendant plusieurs mois, il ne se passe rien.
06:59Et ça, pour le coup...
07:00– Et le gendarme qui engueule la maman
07:02parce qu'elle appelle trop souvent la gendarmerie
07:04pour avoir des nouvelles de cette affaire.
07:05– Ça, c'est tout à fait...
07:06– Là, on est dans les responsabilités individuelles aussi.
07:08– Ça, c'est tout à fait incompréhensible.
07:09– Là, il y aura sanction administrative,
07:11sanction disciplinaire.
07:11– De fait, je ne vais pas vous faire
07:13l'enquête administrative et la sanction disciplinaire
07:15avant que ça ne l'ait lieu.
07:15– Ce n'est pas incompréhensible.
07:16À un moment donné, il faut qu'on soit carrés.
07:18Ce n'est pas incompréhensible.
07:19Vous avez aujourd'hui des policiers et des gendarmes
07:20qui reçoivent des plaintes de femmes
07:21qui sont maltraitées par leur mari,
07:23violées ou voire même des fois agressées physiquement,
07:26enfin tapées,
07:27et en fait, derrière, il n'y a rien derrière,
07:28on la renvoie chez elles.
07:29Et après, on apprend qu'elle a été morte,
07:30elle a été tuée deux semaines plus tard.
07:32Et en fait, on a beau dire,
07:33et on vous entend, c'est vrai,
07:34et j'ai entendu Macron en 2012 dire,
07:36pendant 2012, c'était son...
07:382022, quand il est réélu,
07:39c'est ma priorité,
07:40je l'ai lancé ici, c'était Hollande.
07:42Et en fait, il n'y a rien qui se passe.
07:43C'est systémique, en fait.
07:45– Tu ne peux pas dire qu'il n'y a rien qui se passe.
07:47– Je ne peux pas vous laisser dire
07:48qu'il n'y a rien qui se passe.
07:48Je pense qu'il y a plusieurs choses.
07:51En fait, à mon sens,
07:52il y a trois niveaux de responsabilité.
07:54Il y a une responsabilité,
07:55pour partir du plus large,
07:56une responsabilité sociale.
07:57Vous voyez, hier,
07:58j'ai déjà fait un certain nombre de plateaux
07:59et j'entendais des témoignages,
08:04collèges,
08:05et puis il prenait dans sa voiture
08:06pendant une demi-heure,
08:07une heure,
08:08des jeunes filles,
08:09et visiblement,
08:09tout le monde le savait,
08:10et ça n'inquiétait personne.
08:11Et donc, il y a quelque chose
08:12qui est presque de la notion
08:13de la société de vigilance.
08:15C'est-à-dire que
08:15c'est notre responsabilité à tous,
08:17aussi, à un moment,
08:18de se dire,
08:18en fait, c'est des comportements
08:19qui sont anormaux
08:20et d'en donner connaissance,
08:22soit à l'autorité judiciaire,
08:23soit à l'éducation nationale.
08:24Ensuite, vous avez la responsabilité
08:25de l'État,
08:26que, évidemment,
08:27je ne conteste pas,
08:28et c'est pour ça que,
08:29parce qu'on doit rendre des comptes
08:30à nos concitoyens,
08:31une fois de plus,
08:31comme je vous le disais,
08:32parce que c'est vous
08:33qui nous déléguez le pouvoir
08:34de juger les autres.
08:35Donc, je suis là
08:36pour rendre des comptes
08:37et c'est pour ça
08:37que je réponds à vos questions.
08:39Évidemment qu'il y a
08:39une responsabilité de l'État.
08:41Et ensuite,
08:41le troisième niveau,
08:42c'est une éventuelle
08:43responsabilité individuelle.
08:44Vous avez dit systémique.
08:45Vous avez dit
08:46il y a un problème systémique.
08:47Ça veut dire quoi ?
08:48C'est que, par exemple,
08:49je pense que
08:50vos auditeurs et téléspectateurs
08:52découvrent qu'au XXIe siècle,
08:54on se transmet
08:55des procédures pénales criminelles
08:56quasiment à d'autres charrettes
08:58et qu'on n'est pas capable
08:59de faire ça
08:59par des envois numérisés
09:01et sécurisés
09:01en sachant exactement
09:02qui envoie quoi,
09:03à quelle date.
09:03Chez Toulouse.
09:04Exactement.
09:05Il n'y a pas non plus
09:05de 500 mètres.
09:05Je vous donne un autre exemple.
09:07C'est qu'il y a quelques semaines,
09:09j'ai fait un certain nombre
09:10de plateaux
09:10à la suite d'un rapport
09:12de l'Inspection Générale
09:13de la Justice
09:13sur l'affaire Pellico
09:15ou en tout cas
09:15la première affaire Pellico
09:17avec un rapprochement,
09:18vous savez,
09:18au fichier national
09:19au FNAE
09:20qui avait matché
09:21dès 2010
09:21et visiblement
09:23qui n'avait pas été traité.
09:24C'est la même chose.
09:25En fait,
09:25dans ce rapport,
09:27ce rapport nous dit
09:28à l'époque,
09:28ça a été envoyé
09:29par un courrier simple
09:30au juge,
09:31au magistrat
09:32en charge du dossier
09:33donc on ne sait même pas
09:34si à l'époque
09:34il a reçu ce rapprochement,
09:36ce match entre l'ADN
09:37de M. Pellico
09:38et le fichier.
09:39Là aussi,
09:40ce n'est pas possible.
09:41C'est-à-dire qu'au XXIe siècle,
09:42vous ne pouvez pas avoir
09:43un envoi de lettres simples
09:44pour un dossier aussi important
09:45et un sujet aussi important
09:47alors que votre convocation
09:48d'AG
09:48à votre conseil syndical
09:50vous est envoyé
09:51par recommandé numérique.
09:52Pourquoi ?
09:53Pourquoi est-ce qu'on n'arrive
09:54pas à aller plus vite ?
09:55Pourquoi on n'a pas les moyens ?
09:56Pourquoi est-ce qu'on ne modernise
09:57pas rapidement ?
09:58Alors que,
09:59en plus,
09:59on est à une époque
10:00où,
10:01avec l'intelligence artificielle,
10:03les portables,
10:03tout va ultra vite
10:04et une mission
10:06de l'État,
10:06la justice,
10:08elle est quasiment
10:08au point mort
10:09ou au ralenti,
10:10tout du moins.
10:10Ça a bien avancé quand même.
10:12Pour le coup,
10:13je remercie Maître
10:15de donner de l'eau
10:16à ce que j'allais vous dire
10:17mais il faut être
10:18évidemment qu'on peut
10:19toujours faire plus,
10:20évidemment qu'il faut
10:21toujours faire plus.
10:22La vérité,
10:22c'est quand même
10:23que c'est une institution,
10:26je reprends les propos
10:27d'un garde des Sceaux
10:28il y a quelques années,
10:29il y a maintenant
10:29au milieu des années 2010,
10:31qui disait que c'était
10:31une institution
10:32en voie de clochardisation.
10:34Depuis dix ans,
10:35il y a d'énormes efforts
10:35qui ont été faits.
10:36Mais la difficulté,
10:37c'est qu'on partait
10:37de tellement loin
10:38que malgré ces efforts,
10:40le temps de rattrapage
10:41est colossal.
10:42Je vous donne un exemple.
10:43Sur les quatre dernières années,
10:45on a recruté
10:461500 magistrats.
10:47Pour que vos auditeurs
10:47se rendent compte,
10:48c'est un corps
10:49qui compte 8000 personnes,
10:50on a recruté
10:511500 personnes de plus.
10:52Vous vous rendez bien compte
10:53que c'est quand même massif,
10:54on a recruté
10:551800 greffiers de plus.
10:56Alors pourquoi c'est
10:56toujours aussi long ?
10:57Parce que la formation
10:58est longue déjà.
10:59Parce qu'il y a du stock
10:59de dossiers ?
11:00Exactement, la formation est longue,
11:02on a du stock de dossiers
11:03et ensuite,
11:03c'est une administration
11:04qui a pris énormément de retard.
11:05Est-ce que vous n'êtes pas
11:06noyé par la bureaucratie ?
11:07Parce que c'est un peu
11:08le mal français
11:09et pas seulement dans la justice,
11:11un peu partout,
11:12on le voit,
11:12c'est quand même la bureaucratie,
11:13le poids de l'administration,
11:16des procédures
11:17qui fait qu'à un moment donné,
11:19englué par tout ça,
11:20on oublie l'essentiel
11:21à savoir protéger les victimes.
11:23J'entends
11:23et je pense qu'effectivement,
11:25c'est un peu un serpent de mer
11:26et qu'il y a moyen
11:26de simplifier les choses.
11:28Après, je pense que
11:29quand on parle de justice,
11:32bureaucratie est impropre
11:32parce que vous voyez,
11:33le jour où il vous arrive
11:34quelque chose à vous,
11:35à moi,
11:35que vous êtes accusé
11:36de quelque chose,
11:37vous êtes quand même content
11:38qu'il y ait une procédure pénale
11:39très claire,
11:39qu'il soit là pour protéger
11:40vos droits
11:41et que ça ne soit pas
11:41l'embastiment
11:42et que du jour au lendemain,
11:44on vous embastille.
11:45On n'embastille pas beaucoup
11:46en France,
11:47mais justement,
11:48parce que vous avez
11:49cette procédure.
11:49Je prends un exemple concret
11:50que Charles Consigny,
11:52avocat,
11:53donne souvent ici,
11:54George Floyd,
11:56affaire extrêmement médiatisé
11:58aux Etats-Unis,
12:00donc cet homme
12:00qui a été tué
12:01par la police,
12:02l'affaire s'est réglée
12:04en un an.
12:06Malgré quand même
12:06la pression,
12:07les manifestations,
12:09en un an,
12:10eh bien,
12:11le policier
12:12était condamné,
12:14va juger
12:15et condamné.
12:16Voilà,
12:16un an.
12:17On n'est pas du tout
12:18sur le même modèle
12:26que les Etats-Unis.
12:27C'est que vous avez
12:28un modèle
12:29où déjà,
12:29les Etats-Unis,
12:30c'est une justice
12:31en grande partie négociée,
12:32c'est-à-dire que vous avez
12:3290% des dossiers criminels
12:35qui sont l'objet
12:36d'un deal
12:36entre le procureur
12:37et qui en fait
12:37ne font jamais
12:38l'objet d'un procès.
12:39Donc déjà,
12:40c'est pas du tout...
12:41Ou pareil aussi
12:42avec la transaction civile.
12:43Bien sûr.
12:45Pour le coup,
12:45il y a des marges de manœuvre.
12:46C'est d'ailleurs pour ça,
12:47là, on s'éloigne
12:47du sujet de la protection
12:48des enfants en tant que telle.
12:49Mais par exemple,
12:50vous avez un projet de loi
12:51qui a déjà été voté au Sénat
12:52et qui arrive...
12:53Exactement,
12:54le plaidé coupable criminel
12:55qui vise à réduire
12:56les délais d'audiencement.
12:57C'est-à-dire de dire
12:57face à des faits
12:58qui sont reconnus,
12:59un auteur qui accepte
13:00de rentrer dans cette voie
13:01et une victime
13:02qui l'accepte aussi,
13:03pourquoi attendre
13:04deux, trois ans
13:04pour avoir une date de procès
13:06quand on peut avoir
13:07une audience réduite
13:08qui a un cadre solennel.
13:09On a fait...
13:10Mais pourquoi deux, trois ans ?
13:11Déjà, c'est trop long,
13:12deux, trois ans.
13:12Pourquoi pas ?
13:13Eh oui, c'est...
13:14Mais parce que...
13:14Ça, pour le fond,
13:15on a ça dans la tête,
13:16dans notre culture,
13:17c'est que ça doit prendre du temps.
13:18Mais ça, parce que pour le coup,
13:19vous avez,
13:20sur l'audiencement criminel,
13:21vous avez tout simplement
13:22une explosion des stocks.
13:23C'est-à-dire que,
13:24en gros,
13:25pour vous donner un ordre d'idée,
13:26sur les deux dernières années,
13:27on est passé à peu près
13:28de 2000 procédures criminelles
13:30jugées par an
13:31à 4000 procédures criminelles
13:32jugées par an.
13:33C'est-à-dire que la cadence
13:34a augmenté de 50%.
13:35Donc, c'est bien la preuve
13:36que les magistrats,
13:37les greffiers travaillent.
13:38Mais en face de ça,
13:39on prend en stock
13:401000 dossiers criminels
13:42supplémentaires,
13:42malgré ça,
13:43en plus par an.
13:44Parce que, tout simplement,
13:45est passé par là
13:45le fait que le narcotrafic
13:47a explosé
13:48et que, donc,
13:48on est obligé
13:49d'écluser ces dossiers,
13:50de les traiter.
13:51Vous avez passé par là
13:52également le phénomène
13:53MeToo
13:53qui ne vous a pas échappé.
13:54Et donc,
13:55les violences sexuelles,
13:56là aussi,
13:56n'ont pas explosé
13:57en tant que telles,
13:58mais sont beaucoup plus dénoncées.
14:03à passer après.
14:04Mais c'est là
14:04où je vous dis que...
14:05Pourquoi vous n'avez pas créé
14:06un parquet national
14:07contre la pédocriminalité ?
14:09La question...
14:09On a créé un parquet national
14:11financier après l'affaire Cahuzac.
14:12Oui.
14:12On a créé un parquet national
14:14contre le narcotrafic,
14:16mais on n'a pas créé
14:17de parquet national
14:17contre la pédocriminalité.
14:18La question peut se poser
14:20et elle est légitime.
14:21Après, si vous voulez,
14:21la différence,
14:22c'est que le narcotrafic,
14:24le PNF,
14:25le parquet national
14:26financier et le PNAT,
14:28c'est un portage national.
14:29C'est-à-dire que c'est
14:30des dossiers très gros,
14:31très emblématiques.
14:32La lutte contre la pédocriminalité,
14:33c'est sur l'ensemble du territoire.
14:35C'est des dizaines,
14:36malheureusement,
14:36de milliers de dossiers
14:37et un parquet national
14:38ne peut pas lui seul
14:39traiter ces dizaines
14:40de milliers de dossiers.
14:41Et les mesures,
14:42alors du coup,
14:42ça va être quoi ?
14:43Alors, justement,
14:43on va continuer de l'évoquer
14:44avec Sacha Stropkan,
14:46qui est le porte-parole
14:47du ministère de la Justice.
14:48On aura aussi un coup de fil
14:49de Philippe,
14:49qui est un ancien enquêteur
14:52de brigade de gendarmerie
14:53durant 20 ans.
14:55Et là, c'est le gendarme
14:56qui regarde le dysfonctionnement,
14:58peut-être,
14:58de la part de ses collègues
15:00du côté du GERS.
15:02Et pour lui,
15:03il y a eu des erreurs
15:04qui ne sont pas imputables
15:05à ce moment-là
15:06au ministère,
15:07enfin, à la Justice, disons.
15:08Allez, vous restez avec nous.
15:10Sacha Stropkan,
15:11porte-parole du ministère
15:12de la Justice
15:13et l'invité des GGs.
15:15RMC.
15:16Alain Marshall.
15:17Olivier Truchot.
15:18Les Grandes Gueules.
15:191, 2, 3, 4.
15:32Sacha Stropkan,
15:33le porte-parole
15:34du ministère de la Justice,
15:35est avec nous
15:36dans les GGs,
15:37dans les Grandes Gueules,
15:38puisque le ministre
15:40de la Justice,
15:41le garde des Sceaux,
15:42Gérald Darmanin,
15:43était à une réunion
15:44avec le premier ministre
15:46Sébastien Lecornu.
15:47Et puis,
15:48il y a les procureurs
15:49qui seront donc convoqués
15:50lundi matin
15:50pour reprendre un peu
15:52les priorités.
15:53et on attend
15:55de savoir
15:55si oui ou non
15:56c'est bel et bien
15:57le corps de l'IANA
15:57que l'on a retrouvé,
15:58mais ça laisse peu de doutes.
15:59Ce qui est terrible,
16:00c'est de retrouver
16:01les archives
16:02et notamment la circulaire
16:03qui date de janvier 2025
16:05envoyée par Gérald Darmanin,
16:07le ministre de la Justice,
16:09qui fixait dans cette circulaire
16:11sa politique pénale
16:12et ses priorités.
16:12Voilà ce qu'il est écrit.
16:13Il est nécessaire,
16:16concernant les violences
16:16faites aux personnes,
16:17donc aux femmes,
16:17aux enfants,
16:18il est nécessaire
16:18de poursuivre votre mobilisation
16:20concernant les faits
16:21commis aux préjudices
16:22des enfants.
16:23Les violences physiques
16:24ou sexuelles
16:24doivent faire l'objet
16:25d'une vigilance particulière
16:27et d'un traitement prioritaire.
16:29Il écrit ça en janvier 2025.
16:31Tout à fait.
16:31Et je peux même rajouter
16:33que si vous prenez
16:34la circulaire,
16:34en haut de cette circulaire,
16:36il y a marqué deux choses.
16:37Il y a marqué
16:37de façon manuscrite,
16:39en plus de la signature,
16:40il y a marqué
16:41très signalé,
16:42ce qui veut dire
16:43qu'il faut apporter
16:44une attention particulière.
16:45La deuxième chose,
16:45c'est je sais pouvoir
16:46compter sur votre détermination
16:48avec toute ma confiance.
16:50Mais plus d'un an après,
16:51c'est un échec.
16:51C'est un échec.
16:53Il n'y a rien passé.
16:54Le premier mot
16:55que vous m'avez entendu
16:56dire sur ce plateau,
16:57c'est échec collectif.
16:59Donc je pense que
16:59je n'ai pas la volonté.
17:01Le échec collectif,
17:02c'est une façon
17:03de se dédouaner.
17:05Excusez-moi,
17:05est-ce qu'il y a un échec
17:06personnel
17:07de la part du ministre
17:08Gérald Darmanin
17:09sur cette question-là ?
17:09Vraiment,
17:10je ne le pense pas.
17:11Déjà parce qu'il ne vous aura
17:12pas échappé qu'on vit
17:14dans un pays
17:14où la justice est indépendante
17:16et que donc
17:16les instructions individuelles
17:18depuis 2013
17:18sont proscrites.
17:19C'est-à-dire qu'on n'écoute
17:21pas les instructions du ministre.
17:22C'est-à-dire que le ministre
17:22de la Justice peut passer
17:23des instructions de politique
17:24pénale générale,
17:25comme vous venez de le rappeler,
17:26c'est-à-dire dire sur tel type
17:27de contentieux,
17:28voilà la marche à suivre,
17:29mais ne pourra jamais dire
17:30dans un dossier
17:31de pédocriminalité,
17:32mais comme dans n'importe
17:33quel dossier,
17:33ne pourra jamais dire
17:34dans tel dossier,
17:35merci de faire ça.
17:35Ça c'est proscrit,
17:36il n'a pas le droit de le faire.
17:37Donc de fait,
17:38sa responsabilité
17:39n'est pas celle
17:39d'un dossier individuel.
17:41Sa responsabilité
17:42c'est d'organiser
17:43le bon fonctionnement
17:44de la justice.
17:45Alors l'organiser
17:45c'est une bonne chose
17:46mais il faut aussi
17:46pouvoir contrôler
17:47parce que c'est bien beau
17:48de déposer des circulaires,
17:49de faire en sorte
17:50qu'on donne des bonnes mesures
17:51mais si elles ne sont pas contrôlées,
17:52c'est comme si c'était dans le vent.
17:54Donc il y a aussi
17:54un problème à ce niveau-là.
17:55Il n'y a pas eu de contrôle
17:56qui a été effectif
17:57après la circulaire.
17:58De fait,
17:58il n'y aura jamais
17:59un contrôle,
18:00malheureusement,
18:00on peut le regretter
18:01mais il n'y aura jamais
18:01un contrôle derrière
18:02chaque dossier.
18:03C'est qu'après,
18:03c'est la responsabilité
18:04des magistrats
18:05qui sont en charge
18:05de ces dossiers
18:06d'appliquer ces politiques
18:07pénales générales.
18:07Alors comment faire
18:07pour justement améliorer
18:08ce contrôle ?
18:09Est-ce que je ne sais pas,
18:09moi je dis une bêtise
18:10mais est-ce que chaque fin de mois
18:11il devrait y avoir un rapport
18:13qui serait automatiquement
18:14remonté au ministère
18:15pour dire bon voilà
18:16sur telle procédure
18:16il y a eu ça
18:17au niveau de chaque commissariat
18:19et chaque gendarme ?
18:19C'est surtout que pour le coup
18:20vous avez quand même
18:21une chaîne hiérarchique
18:21au sein du ministère
18:22de la Justice
18:22qui est claire,
18:23c'est-à-dire que vous avez
18:24des procureurs
18:24dans chaque tribunal de France
18:26et au-dessus d'eux
18:26vous avez dans chaque cours d'appel
18:2836 procureurs généraux
18:29et donc c'est justement
18:30pour ça que ces 36 procureurs généraux
18:32sont invités lundi
18:33pour leur rappeler clairement
18:34que c'est leur responsabilité
18:36de faire appliquer
18:36ces politiques pénales.
18:37J'ai l'impression que maintenant
18:38ça va être panique à bord
18:40au sein de la magistrature
18:42mais aussi au sein
18:42de la gendarmerie.
18:43Je disais dans Le Parisien
18:44ce matin que le patron
18:45des gendarmes de France
18:47la direction générale
18:48de la gendarmerie
18:49demandait à tous les gendarmes
18:51à tous ceux qui traitent des sujets
18:52de faire le point sur les dossiers
18:54de voir si tout est en règle
18:57et de faire remonter
18:58les éventuels retards
19:00et dysfonctionnements.
19:01Donc tout d'un coup
19:01c'est un réveil général.
19:02Si vous voulez
19:03c'est qu'on peut le regretter
19:05qu'il faille passer
19:06par ce genre d'événements
19:06pour qu'on prenne conscience
19:08de certains dysfonctionnements
19:09mais après à l'inverse
19:10nos concitoyens
19:11je ne pourrais pas venir
19:12vous voir aujourd'hui
19:13en disant
19:13en fait oui il y a eu
19:14des dysfonctionnements
19:15mais par contre
19:15on va en tirer
19:16absolument aucune conclusion
19:17et puis on ne va pas du tout
19:18faire le bon.
19:19C'est une réponse à un instant T
19:20parce qu'il y a une pression
19:21médiatique et politique
19:22est-ce que ça va s'inscrire
19:23dans la durée ?
19:24C'est là la question.
19:25Bien sûr.
19:25Est-ce qu'effectivement
19:26les futures petites lianas
19:28seront protégées ?
19:28Bien sûr mais on ne peut
19:29qu'en douter
19:29puisque vous disiez déjà
19:30que l'une des priorités
19:31de votre ministère
19:32quand Gérard Kerman est arrivé
19:33c'était de dire
19:34que c'était la protection
19:35de l'enfant.
19:35On est tout à fait d'accord
19:36et c'est pour ça
19:37que ces derniers mois
19:37il y a des gros efforts
19:38qui ont été faits
19:39je vous ai parlé de ces politiques
19:40de circulaire pénale.
19:41Après on est aussi conscients
19:42qu'il faut modifier
19:43parfois la loi.
19:44Vous avez un projet de loi
19:45qui s'appelle
19:45protection de l'enfance
19:46qui est co-construit
19:47avec le ministère de la Santé
19:48parce que vous avez la question
19:49certes de la sanction
19:50mais aussi de la prévention
19:52de comment on protège
19:53mieux les enfants en amont
19:54qui sera présenté
19:55et qui a été présenté
19:56en Conseil des ministres
19:56il y a 15 jours
19:57donc c'est bien la preuve
19:58que le sujet
19:59est un sujet prioritaire
20:00et ensuite
20:01pour s'extraire deux minutes
20:02de cette triste affaire
20:05et de cette succession
20:06de dysfonctionnements
20:07on voit par exemple
20:08avec le périscolaire à Paris
20:09ces dernières semaines
20:10que c'est un sujet
20:11je pense que nos concitoyens
20:12ont découvert
20:13qu'on pouvait être mère
20:14embaucher des gens
20:15dans un périscolaire
20:16et ne même pas avoir
20:17l'obligation légale
20:18de contrôler le casier judiciaire
20:19des gens qu'on embauche
20:20au contact d'enfants.
20:21Ça aussi manifestement
20:23c'est des dysfonctionnements
20:24sur lesquels il faut agir
20:26et c'est ce qu'on fait
20:27maintenant de fait
20:28de vous dire que
20:29malheureusement
20:29si on avait la formule magique
20:31pour que demain
20:31il n'y ait plus jamais
20:32de pédocriminels
20:33et qu'on arrive à tous
20:34les traiter
20:34je serais le premier
20:36à vous dire que
20:37je voudrais qu'on écoute
20:39Philippe
20:40qui est avec nous
20:41qui est du côté
20:42des Alpes-Maritimes
20:42qui est un ancien enquêteur
20:43de la brigade de recherche
20:44de gendarmerie
20:45bonjour Philippe
20:46c'est l'ancien gendarme
20:49qui est interpellé
20:50aussi par l'ensemble
20:51des erreurs
20:52juste pour revenir
20:54sur ce que tu as dit
20:55en préambule
20:56je ne suis pas là
20:57pour mettre la tête
20:57sous l'eau
20:58de mes anciens collègues
20:58absolument pas
21:00une enquête judiciaire
21:01c'est simple
21:02il y a des faits
21:02il y a une plainte
21:03des faits sont constatés
21:04il y a une plainte
21:04qui est déposée
21:05le patron de cette enquête
21:06c'est le procureur
21:08ça personne ne pourra
21:09me contredire là-dessus
21:10ce qui s'est passé
21:11pour l'affaire
21:11de Jérôme
21:13Jérôme B
21:16Barrella
21:16je crois que c'est ça
21:18la dernière plainte
21:20enfin la plainte
21:20qui aurait pu éviter
21:21la petite rose
21:23horrible
21:23qui a été déposée
21:24en août 2025
21:25c'est que ça a été fait
21:26hors circonscription
21:27de son lieu d'habitation
21:28ça c'est un premier problème
21:30parce que
21:31cette procédure pénale
21:32dans cette France là
21:34plus personne
21:35on n'en peut plus
21:35de cette procédure pénale
21:36je suis content
21:37d'avoir le porte-parole
21:38du ministère de la justice
21:39là
21:40sur vos plateaux
21:42simplifier
21:42cette procédure pénale
21:45aucun magistrat
21:46ne s'est penché
21:46là-dessus
21:47depuis 40 ans
21:48on ne fait que
21:48complexifier tout ça
21:50normalement
21:51la plainte
21:51quand ce sont
21:52pour des faits graves
21:53comme ça
21:54et bien c'est pas grave
21:55c'est Toulouse
21:55qui garde
21:56elle envoie ses OPJ
21:57elle va l'entendre
21:58elle le place en garde à vue
21:59et c'est Toulouse
22:00qui va gérer
22:01parce que la compétence
22:02territoriale
22:03du lieu de l'auteur
22:04c'est aussi la compétence
22:05territoriale
22:05du lieu des faits
22:06qui s'est passé à Toulouse
22:07si ça s'est passé à Toulouse
22:08Toulouse aurait pu garder
22:10cette affaire
22:10alors que là
22:11on a perdu
22:12on a perdu des mois
22:13allez-y
22:14allez-y Philippe
22:15je continue
22:16alors ça s'est pas fait
22:17Toulouse a décidé
22:18non on transmet à Hoche
22:19c'est Hoche
22:20qui reprend la compétence
22:21territoriale
22:22parce que c'est le lieu
22:22de résidence de l'auteur
22:24et donc
22:25plutôt que de faire comme
22:26dans la grande majorité
22:28des dossiers
22:28où on envoie
22:29avant c'était des faxes
22:31maintenant ce sont des mails
22:32urgence signalée
22:33protection de mineurs
22:34et bien non
22:35on laisse un dossier
22:36sur un bureau
22:38sur une étagère
22:39parmi d'autres
22:40alors que c'est un viol
22:40sur mineurs
22:41ce dossier
22:42n'aurait jamais dû arriver
22:43à la pauvre petite brigade
22:44de proximité
22:45du lieu de résidence
22:47de l'auteur
22:47ça aurait dû être géré
22:48par ou une brigade
22:49plus importante
22:50avec plus d'OPJ
22:51qui ont plus de compétences
22:53une brigade de recherche
22:54j'ai fait 20 ans
22:55de brigade de recherche
22:56des dossiers comme ça
22:57on en a géré
22:58on n'a jamais attendu
22:59des mois
22:59pour taper les gars
23:00jamais de l'avis
23:01c'est une défaillance
23:02d'abord du ministère
23:03de la justice
23:04monsieur le porte-parole
23:06prenez-le comme c'est
23:07mais c'est la réalité
23:08et ensuite
23:09en effet
23:10il y a peut-être
23:11une défaillance
23:11de la chaîne
23:12de l'agent
23:13qui aurait dû
23:14dire ce dossier
23:15c'est pas pour vous
23:16on va la donner
23:17à la BR
23:17parce que vous
23:18vous n'avez pas le temps
23:18vous n'êtes pas là
23:19pour ça
23:20brigade de proximité
23:21c'est pour être
23:21aux proximités du public
23:22et pas pour faire des enquêtes
23:23voilà
23:24c'est tout ça
23:25donc il ne faut pas donner
23:27attendez monsieur
23:27attendez monsieur
23:28je vais pas parole
23:29il ne faut pas donner
23:30il ne faut pas taper
23:31sur la tête
23:32de ce pauvre gendarme
23:33je ne crois pas
23:34que vous m'avez entendu dire
23:36taper sur la tête
23:37de qui que ce soit
23:37ce qui est intéressant
23:38c'est que vous dites
23:38il pourrait peut-être
23:39simplifier la procédure
23:40notamment sur savoir
23:41quel parquet doit se saisir
23:42je pense qu'il y a plusieurs choses
23:45dans ce que vous dites
23:45déjà de un
23:46je pense que ça n'a aucun sens
23:48honnêtement
23:48entre administrations
23:50d'essayer de dire
23:51c'est plus la responsabilité
23:52de la gendarmerie
23:53que de la justice
23:53que de l'éducation nationale
23:54ou que sais-je
23:55pour le coup
23:56ce qui intéresse les gens
23:57c'est pas la responsabilité
23:58de qui c'est
23:59de toute manière
23:59c'est la responsabilité de l'Etat
24:00et puis on fonctionne tous
24:01pour un même organisme
24:03qui s'appelle l'Etat
24:03la deuxième chose
24:04sur la question
24:05de la simplification
24:06de la procédure pénale
24:07de fait
24:08c'est un sujet
24:09évidemment
24:09et il y a des choses
24:10qui sont entreprises
24:11par exemple
24:12c'est très technique
24:12mais vous avez
24:14une ordonnance
24:15qui a été prise
24:15il y a maintenant
24:16un an et demi
24:16pour simplifier le code
24:18de procédure pénale
24:18donc il y a des choses
24:19qui sont mises en place
24:21pour quand même répondre
24:21au cas précis
24:22que vous citez
24:22c'est bien la preuve
24:23vous l'avez dit vous-même monsieur
24:24que c'est pas un problème
24:25de procédure
24:26la procédure permettait
24:28au parquet de Toulouse
24:29de garder
24:29il y avait une compétence
24:30pour qu'il puisse garder le dossier
24:31donc après c'est des choix
24:32mais ils l'ont pas gardé
24:34donc le parquet de Toulouse
24:36est trompé
24:37c'est rien
24:37s'ils sont trompés
24:38il faut le dire
24:38il faut le dire lundi
24:40alors vous aurez
24:40le procureur Toulouse
24:41devant vous
24:42c'est pas ce que je dis
24:42je vous dis juste
24:43que pour le coup
24:44c'est bien la preuve
24:44que là c'est pas une question
24:45de procédure
24:45c'est une question de choix
24:46qui sont faits par des magistrats
24:49ou en tout cas
24:49à un moment
24:50sur ces sujets là
24:52donc évidemment
24:53qu'on peut
24:54je comprends que la question
24:55une fois de plus
24:56pour revenir sur la question
24:57démocratique
24:58mais en vérité
24:59je suis pas sûr
25:00que là il y ait une urgence
25:01à jeter qui que ce soit
25:03dans la mer
25:04une fois de plus
25:05non mais
25:05oui bien sûr
25:06mais bien sûr
25:07simplement
25:08question naïve
25:09je remercie Philippe
25:11l'ancien enquêteur
25:12d'avoir été avec nous
25:13question naïve
25:14si à ce moment là
25:16on rentre
25:17dans une gendarmerie
25:18n'importe où
25:19le nom de Jérôme B
25:20le suspect numéro 1
25:21est-ce qu'il apparaît
25:22est-ce qu'à ce moment là
25:23on voit son profil
25:24est-ce que tout le monde
25:25enfin les enquêteurs
25:26les magistrats
25:27ils ont accès
25:27ils se disent
25:28ah là on a quand même
25:29un type qu'on devrait
25:30un peu surveiller
25:31et que ça met la puce
25:32à l'oreille
25:32ou est-ce qu'il y a
25:33des cloisonnements
25:34la question des fichiers
25:35est une question intéressante
25:36parce que pour le coup
25:38même avant ce qui nous occupe
25:40aujourd'hui
25:40une fois de plus
25:41le périscolaire
25:42vous voyez bien
25:42que le périscolaire
25:43la question s'est posée aussi
25:44puisque le ministre
25:45de l'éducation nationale
25:46a annoncé le fait
25:46qu'il voulait créer
25:47ce qu'il a appelé
25:48une liste noire
25:49parce qu'on voit bien
25:50qu'entre administrations
25:51vous avez certes
25:52le casier judiciaire
25:52ça c'est les condamnations
25:53mais en vérité
25:54vous avez plein de choses
25:55avant la condamnation
25:56où des gens sont mis en cause
25:57et que par exemple
25:58vous êtes membre
25:59de l'éducation nationale
26:00vous ne le savez pas
26:01vous n'avez pas accès à ça
26:02ensuite vous avez
26:03les fichiers police
26:04mais les fichiers police
26:04par définition
26:06le tâge
26:07etc
26:07c'est des fichiers
26:08qui sont à destination
26:09de la police
26:09et donc là pour le coup
26:10c'est aussi protecteur
26:12pour vous
26:12pour moi
26:12que n'importe quelle administration
26:13ne sache pas
26:14si vous avez été mis
26:15en cause
26:15dans une affaire ou pas
26:16et ensuite
26:17vous avez une autre question
26:18qui est
26:20en gros
26:20est-ce qu'on crée
26:21un fichier national
26:23sur les mises en cause
26:24dans ce type d'affaires
26:26une question qui peut se poser
26:27mais là vous voyez bien aussi
26:28c'est juste pour vous dire
26:29c'est pas tout noir
26:30ou c'est pas tout blanc
26:31c'est évidemment
26:32que pour protéger nos enfants
26:33on est prêt à réfléchir
26:35tous collectivement à ça
26:35mais après aussi
26:36à l'inverse
26:37est-ce qu'on est prêt
26:38à envisager une société
26:40du fichage généralisé
26:41je ne suis pas sûr
26:42qu'on veuille tant de vers ça
26:43donc tout ça
26:43c'est des allocations de valeur
26:44aussi pour protéger
26:45nos libertés
26:46c'est pas juste dire
26:47en fait
26:48il n'y a qu'à Faucon
26:49vous voyez ce que je veux dire
26:49c'est que s'il y avait
26:50il n'y a qu'à Faucon
26:51on l'aurait fait depuis longtemps
26:52puisque une fois de plus
26:53personne collectivement
26:54et individuellement
26:55n'a intérêt
26:55à ce qu'il y ait
26:56des jeunes filles
26:57des enfants
26:58qui se fassent
26:58agresser sexuellement
27:00violer
27:00la médiatisation va peut-être
27:01faire avancer les choses
27:02mais le drame
27:04et l'indignation générale
27:05puisqu'on a le porte-parole
27:06du ministère de la justice
27:07on va en profiter
27:08je lis le bilan
27:09alors c'est le bilan
27:10donné par le Figaro
27:10vous allez me dire
27:11si c'est le bon
27:12il y a eu 572 gardes à vue
27:14après les rixes
27:16entre
27:17enfin je ne sais pas
27:17si je n'appelle pas
27:18supporters
27:18avec les casseurs
27:19les policiers
27:20après le match PSG-Arsenal
27:21seulement trois individus
27:23ont écopé
27:24de peine de prison ferme
27:25c'est ça la fermeté
27:26de la justice à la française ?
27:27Vous avez plusieurs sujets
27:27sur le maintien de l'ordre
27:29là on s'éloigne
27:29d'un sujet
27:31honnêtement
27:31beaucoup plus dramatique
27:32même si c'est un sujet
27:33qui intéresse
27:34bien sûr
27:35nos concitoyens
27:35en gros le maintien de l'ordre
27:37vous avez plusieurs choses
27:38un vous êtes
27:38sur un mouvement
27:39qui par définition
27:40est un mouvement collectif
27:41c'est à dire que vous avez
27:42des dizaines
27:43des milliers
27:44des centaines de milliers
27:44de personnes
27:45et que par à l'inverse
27:46la responsabilité pénale
27:47est une responsabilité individuelle
27:49c'est à dire qu'il suffit pas
27:50pour vous condamner
27:51de dire vous étiez
27:51au mauvais endroit
27:52au mauvais moment
27:53monsieur
27:53il faut pouvoir prouver
27:55que c'est vous
27:56qui avez fait quelque chose
27:57qui est répréhensible
27:58donc ça c'est quelque chose
27:59d'assez insoluble
28:00c'est à dire que
28:00dans plusieurs dizaines
28:02de milliers
28:03ils suffiraient
28:04qu'ils sont habillés
28:05en noir
28:05et qu'ils sont casquettes
28:06donc présence
28:07participation
28:08à un mouvement
28:09il faut de nouvelles bases légales
28:10je vous l'accorde
28:11comme ça existe d'ailleurs
28:12pour les réunions dans les halls
28:13on est d'accord
28:13mais je vous dis pas
28:14qu'on est impuissants
28:15je vous dis juste
28:16qu'il y a quelque chose
28:17d'assez insoluble
28:17on n'attrape pas forcément les bons
28:18ensuite vous avez
28:19le sujet
28:20vous avez une professionnalisation
28:22alors sans dire
28:23qu'on attrape
28:23ceux qui courent moins vite
28:24mais vous avez
28:25une professionnalisation
28:26d'un certain nombre
28:26de casseurs
28:27qui eux ont des process
28:28justement
28:28pour ne pas se faire attraper
28:30qu'on essaye de déjouer
28:31mais que donc
28:32effectivement
28:32il y a quelque part
28:33où ceux qu'on attrape
28:34c'est pas forcément
28:35les plus malins du lot
28:36et donc forcément
28:37les plus dangereux
28:38et donc forcément
28:38ceux qui seront condamnés
28:39le plus durement
28:40et ensuite vous avez
28:40un troisième vecteur
28:42qui est que
28:42vous savez
28:43vous avez la réponse immédiate
28:44les comparutions immédiates
28:45c'est très important
28:46parce que
28:47vous avez des dossiers simples
28:48et graves
28:49qu'on peut juger immédiatement
28:50mais vous avez aussi
28:50des dossiers graves
28:51qui nécessitent
28:52des actes d'investigation
28:53qui sont plus longs
28:54et donc
28:54parfois
28:55les gens sont retrouvés
28:56jugés
28:57certes
28:57mais plusieurs semaines
28:58plusieurs mois après
28:59et on a un bilan
29:00par exemple à équivalence
29:01sur le PSG
29:02l'année dernière
29:03puisque malheureusement
29:04il s'était passé
29:04la même chose
29:05et on voit bien
29:05qu'y compris encore
29:064, 5, 6 mois après
29:08vous avez des gens
29:09qui ont été condamnés
29:11l'année prochaine
29:11après vous avez un sujet
29:12qui concerne moins
29:13l'institution judiciaire
29:14que les forces de l'ordre
29:15c'est le maintien de l'ordre
29:16c'est-à-dire que nous
29:16on peut condamner les gens
29:17mais après vous avez aussi
29:18et ça pour le coup
29:19c'est la responsabilité
29:20du ministère de l'Intérieur
29:21comment est-ce qu'on maintient
29:22l'ordre dans Paris
29:23face à des mouvements collectifs
29:24ça pour le coup
29:24c'est leur problématique
29:26le président de la république
29:27vient de dire
29:29qu'il y a dysfonctionnement
29:30dans l'affaire Liana
29:31il demande à ce que
29:31les enquêtes administratives
29:32aillent le plus rapidement possible
29:34ça peut prendre combien de temps
29:35une enquête administrative ?
29:37la volonté
29:37le président de la république
29:39vient de le rappeler
29:39c'est que ça aille très vite
29:40que ça se compte en semaines
29:41très vite ça veut dire
29:42en quelques semaines
29:42que ça se compte en semaines
29:44après là la réalité
29:45c'est que vous avez
29:48trois inspections
29:49qui sont saisies en commun
29:50donc pour que cette inspection
29:51soit utile aussi
29:52nécessairement
29:52il faut la laisser travailler
29:53maintenant ça va se compter
29:55en semaines plus qu'en mois
29:57Merci d'avoir été avec nous
30:00Sacha Strobecat
30:01portant le ministère de l'Injustice
30:03merci d'avoir répondu
30:04aux questions des GG
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