00:00Et bonjour Agnès Sévren, sénatrice Les Républicains de Paris.
00:03On a entendu Jacqueline Lestage-Brignot qui a eu des mots très durs en séance hier.
00:06Les Français ont vu des hordes de barbares venus commettre l'inadmissible.
00:11Qu'est-ce que vous voyez derrière les violences qui se sont jouées à Paris
00:14et dans plusieurs grandes villes samedi dernier ?
00:16J'y vois un véritable problème, une inquiétude.
00:20C'est notre incapacité en France à organiser en fait un rassemblement populaire
00:25sans que ça ne se termine par un déferlement de violences,
00:29des voitures brûlées, des commerces saccagés,
00:32des forces de l'ordre attaquées avec des tirs de mortiers.
00:35Et ça s'est produit, d'ailleurs Jacqueline Lestage-Brignot l'a parfaitement bien dit,
00:38dans 77 villes de France et 188 policiers et gendarmes blessés.
00:44Il y a une forme de rituel aujourd'hui en France et évidemment c'est inadmissible.
00:48Alors selon Dominique de Villepin, l'ancien Premier ministre,
00:51issu à l'origine de votre famille politique,
00:53ces violences sont la conséquence d'un manque d'encadrement de ces grandes manifestations.
00:57Il pointe une responsabilité collective du gouvernement de la ville de Paris, du PSG.
01:01Qu'est-ce que vous en pensez ?
01:02Écoutez, il a été dit que tout était sous contrôle, ça n'est pas le cas évidemment.
01:08Et pour moi le véritable problème c'est l'absence de sanctions en fait.
01:13D'accord.
01:13Il n'y a pas suffisamment de peines dissuasives,
01:16d'ailleurs on le voit dans la réponse pénale qui a été donnée,
01:19les peines sont totalement dérisoires.
01:21Il n'y a pas un seul des émeutiers qui ne va faire une nuit en prison.
01:25J'ai les chiffres pour les 27 personnes qui ont été jugées en comparution immédiate à Paris.
01:29Les 27 premières, 21 d'entre elles ont été condamnées à des travaux d'intérêt général
01:32ou des peines allant 4 mois de prison avec sursis, 14 mois de prison ferme.
01:36Mais c'est que du sursis, honnêtement c'est inacceptable.
01:38Et d'ailleurs, les casseurs le savent très bien, ils ne risquent rien.
01:41Donc il y a ce sentiment d'impunité.
01:43Vous savez, moi je suis élue de Paris.
01:44Et désormais, je demande que systématiquement la ville de Paris
01:48puisse se porter civile lors des procédures judiciaires,
01:51voilà, partie civile, pour le principe casseur-payeur.
01:55C'est-à-dire que tu casses, tu payes.
01:57Et ça permet que ce ne soit pas encore une fois les contribuables parisiens
02:01en fait qui réparent les dégâts, qui indemnisent les dégâts,
02:04mais bien les auteurs, les responsables, les émeutiers et les casseurs.
02:08On a vu Sébastien Lecornu qui dit travailler à la piste des prestations sociales
02:11pour financer justement les réparations.
02:13Le Premier ministre a dit devant les députés
02:15qu'ils n'étaient pas favorables aux suspensions des prestations sociales,
02:17mais qu'ils souhaitaient permettre à ces prestations sociales,
02:19en dehors du reste à vivre, de financer justement ces réparations.
02:22C'est une bonne idée.
02:23Mais il faut tout simplement se dire qu'aujourd'hui,
02:26il y a une responsabilité parentale.
02:27D'accord.
02:28Quand les jeunes sont des mineurs,
02:30la sanction a une visée éducative.
02:32Elle lui permet de prendre conscience en fait de la gravité de son geste.
02:36Et donc oui, moi je pense qu'il faut une solidarité nationale,
02:39c'est ce que Bruno Retailleau appelait,
02:40pour que les parents prennent leurs responsabilités
02:43quand un mineur a fait des dégâts.
02:45Regardez, encore une fois, je le redis,
02:46à Paris, le mobilier urbain était totalement dégradé.
02:48Ça n'est pas aux contribuables parisiens
02:50de payer ces réparations ou de les rembourser.
02:53L'inspection générale de la police nationale,
02:55l'IGPN, qui a aussi été saisie,
02:57après qu'un adolescent de 13 ans a été éborgné samedi soir
03:00par un tir de LBD d'un policier à Bobigny.
03:02Est-ce qu'il y a un sujet LBD aussi ?
03:04Bien évidemment.
03:05Là encore, je le redis,
03:07le problème en France,
03:08le principal angle mort,
03:10c'est la réponse judiciaire,
03:11c'est la réponse pénale qui n'est pas au rendez-vous.
03:14Regardez encore une fois...
03:14Ça va décharger les policiers si les juges
03:16prononcent des peines plus lourdes ?
03:17Mais voilà, le problème c'est la justice,
03:18c'est-à-dire qu'il y a des décennies
03:21de laxisme judiciaire,
03:22d'effondrement de l'autorité tout court,
03:24de l'effondrement aussi de l'autorité parentale.
03:27Et il y aurait un échec de l'assimilation également.
03:29Et donc, il faut enfin des sanctions fermes.
03:32C'est ce que tous les Français attendent aujourd'hui.
03:34Est-ce que ça peut être des peines planchées ?
03:36Des peines minimales que les magistrats
03:38devront comme ça prononcer ?
03:41Pas seulement.
03:42Il faut d'abord évidemment des peines planchées,
03:44tout particulièrement quand les forces de l'ordre sont visées.
03:46Elles ne sont pas inconstitutionnelles ?
03:49Sur le fait qu'il faille individualiser la peine ?
03:50Non, ce n'est pas un problème ?
03:51Il faut tout simplement regarder ensuite au cas par cas.
03:54Mais c'est évident qu'il faut des peines planchées
03:56quand un mineur ou même un adulte
03:59s'en prend à des forces de l'ordre.
04:00Ensuite, il faut des courtes peines.
04:02Il faut des courtes peines minimales, là encore,
04:05quand il y a ce type d'émeute.
04:06Il faut aussi de la reconnaissance faciale.
04:08Moi, j'y suis totalement favorable
04:09pour identifier les casseurs.
04:12Et puis, il faut revoir aussi notre code pénal
04:15pour les mineurs, qui n'est pas encore assez ferme.
04:17Mais donc là, c'est ma dernière question.
04:18Il nous reste quelques secondes.
04:19Mais on avait le projet de loi Riposte
04:20qui était censé être des mesures comme ça
04:22qui devaient aussi cibler plein de petits faits comme cela.
04:26Il y avait aussi le texte sur les polices municipales.
04:28Il faut encore un nouveau texte sécuritaire, vous le croyez ?
04:30Non, il faut tout simplement appliquer la loi.
04:32Et dans le texte Riposte que nous avons voté ici au Sénat,
04:35il y avait la possibilité justement
04:38d'interdire la commercialisation des mortiers d'artifice.
04:43Et ça, ça me semble une excellente chose
04:45parce que là encore,
04:46ils sont systématiquement tirés contre des forces de l'ordre.
04:49Et ça, ce n'est pas normal.
04:51Merci Agnès Évren d'être venue réagir au micro de Public Sénat.
04:54Merci à vous.
04:54Merci à vous.
04:55Merci.
04:55Merci.
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