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  • il y a 5 heures

L’ancien officier et écrivain Guillaume Ancel est revenu sur la dernière opération ukrainienne, qui a visé, hier avec ses drones, un site pétrolier et énergique dans la ville deuxième ville de Russie, Saint-Pétersbourg, seulement quelques heures avant l’ouverture du Grand forum économique, le « Davos » russe. Guillaume Ancel parle d'un "traumatisme pour la Russie de Poutine", et des conséquences sur la population russe.

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Transcription
00:00Parce qu'en fait, ce ne sont ni les Américains ni les Ukrainiens
00:03qui viendront à bout de Poutine, ce sont les Russes.
00:05Et je pense que pour la Russie de Poutine, c'est un traumatisme
00:09parce que finalement, il y avait une espèce de contrat implicite
00:12entre Poutine et sa population qui était en dehors des jeunes gens
00:15qu'il a engagés sur le front, qu'il essaye d'ailleurs de recruter
00:18toujours dans les républiques les plus périphériques
00:21pour que la société centrale de la Russie ne souffre pas trop de la guerre.
00:25La société ne devait pas pâtir de cette opération militaire spéciale.
00:28À partir du moment où on voit des colonnes de fumée noire à Saint-Pétersbourg
00:32mais aussi à Moscou et dans d'autres villes, je rappelle qu'il y a pratiquement
00:36la moitié des installations pétrolières qui ont été abîmées en Russie
00:40par des frappes de drones.
00:42Forcément, les Russes le voient au prix à la pompe.
00:45Ils prennent même maintenant peur de se dire
00:47mais en fait, les autres là, ils peuvent nous bombarder.
00:49Je rappelle qu'un drone, c'est un attentat à la bombe.
00:52C'est une bombe volante, un drone.
00:54Et par conséquent, se dire qu'on peut se prendre une bombe
00:57de manière quasi aléatoire parce qu'on vit dans un pays
01:00qui a déclenché une opération de soumission contre ses voisins.
01:03Ça, ça devient inacceptable pour les Russes.
01:05Et Vladimir Poutine le sait.
01:06D'ailleurs, vous l'avez dit, Vladimir Poutine
01:08qui accueille ce forum économique international
01:11mais qui est peut-être aussi de plus en plus inquiet
01:14sur sa sécurité personnelle
01:15avec son protocole de sécurité autour de lui
01:17qui se renforce.
01:20Il y a une anxiété aussi qui peut être créée
01:23chez le président russe.
01:24Alors, on sait qu'il a toujours été paranoïaque
01:26et que, notamment, il a des clones.
01:28Il a des doublures qui sont chargées de le représenter
01:31dans tout ce qui pourrait être dangereux
01:33ou épuisant pour lui.
01:35Parce qu'il faut qu'il se préserve aussi.
01:36Mais voilà, c'est un homme qui prend des mesures
01:40de précaution absolument inouïes.
01:42Et je pense qu'il sent monter
01:44une opposition très forte interne.
01:47Parce qu'en fait, ce ne sont ni les Américains
01:49ni les Ukrainiens qui viendront à bout de Poutine.
01:51Ce sont les Russes.
01:52Or, on se souvient qu'il y a deux ans,
01:54quand Prigogine, son meilleur ami et mercenaire
01:57qui l'avait fait monter en puissance
01:59dans cette guerre en Ukraine,
02:00s'était retourné contre lui.
02:02En fait, Poutine a eu peur.
02:04Il savait que sans le KGB,
02:06qu'on appelle FSB maintenant,
02:07dont il est issu,
02:08il n'aurait sans doute pas pu contrer
02:10ce soulèvement contre sa politique.
02:12Aujourd'hui, je pense que sa crainte la plus grande,
02:14c'est que toutes les frustrations
02:15qu'il a créées en Russie,
02:17y compris dans son propre cercle,
02:19se traduisent par une tentative de l'éliminer.
02:23Or, Poutine joue sa vie avec le succès de cette opération.
02:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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