Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 heures
Face aux conclusions de la commission d’enquête sénatoriale sur les marges de la grande distribution, les enseignes multiplient les offensives médiatiques et politiques. Lors des questions au gouvernement au Sénat, mercredi 3 juin, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl a dénoncé les pressions exercées par les distributeurs et appelé le gouvernement à agir rapidement contre des pratiques qu’elle juge illégales et destructrices pour les producteurs.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Depuis la publication du rapport du Sénat sur les marges des industriels et des distributeurs,
00:05mené avec ma collègue Anne-Catherine Loisier, le lobbying de la grande distribution bat son plein.
00:11Le patron de Carrefour nous sort des chiffres d'il y a 10 ans et égrène des affirmations mensongères.
00:17Le patron de Leclerc continue de faire son show sur les plateaux télé
00:20et envoie des directeurs d'hypermarché contre les élus locaux et les sénateurs.
00:25Et vous-même, Monsieur le Ministre, vous avez dit à des chefs d'entreprise que nous, sénatrices de la République,
00:32n'avions pas joué le jeu.
00:34Mais de quel jeu parliez-vous ? Celui des intérêts de la grande distribution ou celui de l'intérêt général
00:40?
00:40Le jeu d'un système qui abandonne les agriculteurs ? Le jeu d'un modèle qui favorise les importations ?
00:46Le jeu d'une société où les consommateurs payent toujours plus cher des produits sains ?
00:51Non, Monsieur le Ministre. Nous n'avons pas joué. Nous avons travaillé.
00:56Notre rapport est un rapport d'alerte.
00:59Une alerte sur un système qui fragilise nos producteurs et nos entreprises.
01:04Sur des pratiques abusives, violentes et brutales dans les négociations commerciales.
01:09Une alerte sur des centrales d'achat européennes qui contournent la loi.
01:13Le patron de la centrale d'achat de Leclerc nous a dit publiquement qu'il ne respectait pas la loi
01:17française.
01:18Est-ce que vous trouvez cela normal ?
01:21Alors, Monsieur le Ministre, ma question est simple.
01:23Quand allez-vous nous proposer un projet de loi pour mettre fin à ces pratiques scandaleuses ?
01:29D'abord, Madame la Sénatrice, je n'ai jamais dit que les sénatrices, je ne sais pas où vous avez
01:33pris ça, que les sénateurs ou les sénatrices n'aient pas joué le jeu.
01:37Je n'ai pas dit ça. J'aurais été mal placé. J'étais le rapporteur de la loi EGalim. Donc,
01:43je n'ai jamais dit ça.
01:44Ce que je retiens dans votre rapport, c'est que le modèle des négociations est arrivé à bout de souffle.
01:49Là, vous avez raison.
01:50Il pointe des pratiques prédatrices, dites-vous, dans le rapport.
01:54Alors, ma position sur le sujet, elle est simple, Madame la Sénatrice. Soit le droit, il est respecté, soit il
02:00ne l'est pas.
02:02S'il ne l'est pas, il y aura sanction.
02:04Alors, maintenant, vous m'interrogez sur les solutions. Moi, j'en ai une à vous proposer.
02:10Plutôt que d'opposer, je cherche à réconcilier, surtout pour les PME.
02:14Je vais vous dire, ce qu'il nous faut, c'est le temps long.
02:16Aujourd'hui, je trouve que les négociations commerciales qui sont sur le rapport de force, et vous avez raison de
02:23le dire, peut-être, là,
02:24qui sont sous le temps court et qui remettent en cause chaque année, on remet sur l'ouvrage, ça ne
02:31donne pas suffisamment de visibilité.
02:33Et si on veut moderniser notre appareil agro et lui donner les moyens d'une compétitivité, il faut des accords
02:39pluriannuels.
02:40Il faut des accords sur 5, 7 ans et un autre type de dialogue.
02:44Et ça, je suis prêt à l'accompagner et moi, je suis prêt à réunir les parties prenantes pour faire
02:49en sorte qu'on sorte de ces négociations-là
02:51et qu'on rentre dans un nouveau système qui permettra de réconcilier et d'assurer la souveraineté.
02:56Vous nous dites que nous devons travailler sur le temps long.
02:59Mais, monsieur le ministre, nous n'avons pas ce temps long.
03:03Car aujourd'hui, déjà, plus de 30% des PME agro-industrielles sont déficitaires.
03:10Ce temps long va conduire à la destruction de notre industrie agro-alimentaire et de notre agriculture.
Commentaires

Recommandations