00:00Depuis la publication du rapport du Sénat sur les marges des industriels et des distributeurs,
00:05mené avec ma collègue Anne-Catherine Loisier, le lobbying de la grande distribution bat son plein.
00:11Le patron de Carrefour nous sort des chiffres d'il y a 10 ans et égrène des affirmations mensongères.
00:17Le patron de Leclerc continue de faire son show sur les plateaux télé
00:20et envoie des directeurs d'hypermarché contre les élus locaux et les sénateurs.
00:25Et vous-même, Monsieur le Ministre, vous avez dit à des chefs d'entreprise que nous, sénatrices de la République,
00:32n'avions pas joué le jeu.
00:34Mais de quel jeu parliez-vous ? Celui des intérêts de la grande distribution ou celui de l'intérêt général
00:40?
00:40Le jeu d'un système qui abandonne les agriculteurs ? Le jeu d'un modèle qui favorise les importations ?
00:46Le jeu d'une société où les consommateurs payent toujours plus cher des produits sains ?
00:51Non, Monsieur le Ministre. Nous n'avons pas joué. Nous avons travaillé.
00:56Notre rapport est un rapport d'alerte.
00:59Une alerte sur un système qui fragilise nos producteurs et nos entreprises.
01:04Sur des pratiques abusives, violentes et brutales dans les négociations commerciales.
01:09Une alerte sur des centrales d'achat européennes qui contournent la loi.
01:13Le patron de la centrale d'achat de Leclerc nous a dit publiquement qu'il ne respectait pas la loi
01:17française.
01:18Est-ce que vous trouvez cela normal ?
01:21Alors, Monsieur le Ministre, ma question est simple.
01:23Quand allez-vous nous proposer un projet de loi pour mettre fin à ces pratiques scandaleuses ?
01:29D'abord, Madame la Sénatrice, je n'ai jamais dit que les sénatrices, je ne sais pas où vous avez
01:33pris ça, que les sénateurs ou les sénatrices n'aient pas joué le jeu.
01:37Je n'ai pas dit ça. J'aurais été mal placé. J'étais le rapporteur de la loi EGalim. Donc,
01:43je n'ai jamais dit ça.
01:44Ce que je retiens dans votre rapport, c'est que le modèle des négociations est arrivé à bout de souffle.
01:49Là, vous avez raison.
01:50Il pointe des pratiques prédatrices, dites-vous, dans le rapport.
01:54Alors, ma position sur le sujet, elle est simple, Madame la Sénatrice. Soit le droit, il est respecté, soit il
02:00ne l'est pas.
02:02S'il ne l'est pas, il y aura sanction.
02:04Alors, maintenant, vous m'interrogez sur les solutions. Moi, j'en ai une à vous proposer.
02:10Plutôt que d'opposer, je cherche à réconcilier, surtout pour les PME.
02:14Je vais vous dire, ce qu'il nous faut, c'est le temps long.
02:16Aujourd'hui, je trouve que les négociations commerciales qui sont sur le rapport de force, et vous avez raison de
02:23le dire, peut-être, là,
02:24qui sont sous le temps court et qui remettent en cause chaque année, on remet sur l'ouvrage, ça ne
02:31donne pas suffisamment de visibilité.
02:33Et si on veut moderniser notre appareil agro et lui donner les moyens d'une compétitivité, il faut des accords
02:39pluriannuels.
02:40Il faut des accords sur 5, 7 ans et un autre type de dialogue.
02:44Et ça, je suis prêt à l'accompagner et moi, je suis prêt à réunir les parties prenantes pour faire
02:49en sorte qu'on sorte de ces négociations-là
02:51et qu'on rentre dans un nouveau système qui permettra de réconcilier et d'assurer la souveraineté.
02:56Vous nous dites que nous devons travailler sur le temps long.
02:59Mais, monsieur le ministre, nous n'avons pas ce temps long.
03:03Car aujourd'hui, déjà, plus de 30% des PME agro-industrielles sont déficitaires.
03:10Ce temps long va conduire à la destruction de notre industrie agro-alimentaire et de notre agriculture.
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