00:00Pour celles et ceux qui ont eu l'occasion de le suivre, mais il s'est déroulé évidemment très tard
00:03dans la nuit, ou très tôt dans la matinée,
00:06est un débat qui marquera, je pense, en tout cas, l'histoire du Sénat, parce qu'il a permis aux
00:11uns et aux autres de clarifier leur position
00:13et de clarifier les enjeux de tous ceux qui, notamment, et pas que, ont soutenu la position de la Commission,
00:22dans un discours qu'ils ont tenu, de lucidité, je pense, et de cohérence et de vérité.
00:26Je veux parler de la totalité, sans qu'il n'en manque une seule, des voix du groupe LR, de
00:31la moitié des voix du groupe Centriste
00:33et de la moitié des voix du groupe Horizon. Et ça, ça me paraît quelque chose, tout de même, à
00:38rappeler.
00:41Je crois qu'il y a un point aussi qu'il faut quand même qu'on mette en avance, c
00:43'est qu'aujourd'hui, compte tenu des travaux que nous avons réalisés,
00:46des messages et des retours que j'ai aujourd'hui, qui sont très très nombreux, vous l'imaginez,
00:50tous les spécialistes du sujet de la communauté de défense savaient que nous étions à la Commission dans le vrai.
00:57Tous savaient et tous savent que nous sommes, évidemment, avec ce budget encore en deçà de ce qui est nécessaire,
01:04puisque je voudrais quand même rappeler toutes les incohérences du gouvernement dans cette affaire,
01:08que le président de la République lui-même, le 13 juillet de l'année dernière,
01:12avait annoncé que le poids de forme des armées se situait entre 90 et 100 milliards d'euros.
01:17Et qu'aujourd'hui, avec l'effort que le gouvernement met en oeuvre dans sa trajectoire budgétaire,
01:22qui est important, je ne le nie pas, mais nous fait arriver à 76,3 milliards,
01:27là où l'effort que la Commission souhaite mettre en oeuvre nous fait arriver à 83,9 milliards en 2030.
01:32Et nous le faisons parce que nous avons travaillé sur cette question, parce que nous connaissons le sujet,
01:37nous le faisons aussi par responsabilité vis-à-vis des générations futures.
01:42Il y a la question, évidemment, de la sécurité, de la protection de la France, et il y a la
01:45question de la soutenabilité.
01:47Pourquoi je dis ça ? Parce que quand le gouvernement, en 2025, a promis, clairement, en s'en gargarisant d
01:55'ailleurs,
01:56à l'OTAN que la France serait à 3,5% du PIB en 2035, il a promis évidemment des
02:01efforts.
02:02Sauf que qu'est-ce qu'on constate aujourd'hui ?
02:04C'est qu'entre 2023 et 2030, le pourcentage de PIB consacré à la défense progressera de 0,5%,
02:12pour arriver à 2,5%, je ne sais pas tout à fait 2,5% d'ailleurs, moi je suis
02:17à plus de temps, nous on est à la Commission à 2,43%,
02:19le gouvernement à 2,5%, donnons-lui raison, à 2,5%.
02:23En l'espace de 7 ans, on aura progressé de 0,5%.
02:26Et donc pour arriver au 3,5%, vous aurez fait le calcul plus vite que moi,
02:30il faudra entre 2030 et 2035 faire un effort de plus de 1% de PIB pour notre défense.
02:36Ce qui veut dire que les efforts qui nous auront amené, si la trajectoire du gouvernement a été confirmée,
02:42à une trajectoire entre 2023 et 2030 qui va progressivement s'infléchir jusqu'en 2030,
02:48va nécessiter qu'entre 2030 et 2035, on consacre entre 12 et 14 milliards d'euros par an
02:55pour faire progresser notre budget de la défense pour arriver à 3,5% du PIB en 2035.
03:00Autant dire, et ça je l'ai dit dans mon discours,
03:02autant dire que ça paraît quand même complètement irréaliste,
03:05ou en tout cas bien loin de nos capacités.
03:07Et donc, une fois de plus, je ne voudrais pas qu'on soit les méchants petits canards
03:11à côté des gentils du gouvernement.
03:12Nous voulons, en responsabilité, lisser sur l'ensemble de la période,
03:16entre 2026 et 2035, l'augmentation du budget dans une linéarité
03:26qui fait qu'on arrive en 2030 avec ces 2,7% du PIB consacré à la défense pour nos
03:37armées.
03:39Enfin, un point important, c'est que d'abord, je rappelle et je redis pour celles et ceux
03:45qui n'auraient pas forcément entendu, je l'ai dit plusieurs fois,
03:47que depuis des années, nous sommes à la commission de la défense
03:51à dénoncer que d'abord, le format des armées n'a jamais évolué depuis 2017
03:55dans aucune loi de programmation.
03:57Systématiquement, on nous a dit non,
03:58cette loi de programmation n'a pas vocation à discuter du format des armées.
04:02Moralité, en gros, le format des armées date des années 2010,
04:05de la marine 2013, le format de l'armée de terre à peu près des mêmes années,
04:08sans progression particulière, en tout cas en rapport avec l'état de la menace.
04:14Il est bien évident que le budget a doublé entre 2018 et 2026,
04:19et ça, je suis le premier à le saluer, mais malheureusement,
04:22et je suis bien obligé de le dire, de manière insuffisante,
04:25et c'est pour ça qu'on veut faire des efforts.
04:27Dans le refus de l'article 2, les conséquences,
04:31parce que j'anticipe un peu les questions, mais après, je vous laisserai le temps de les poser,
04:34la conséquence du refus de l'article 2, c'est pour nous d'abord acter
04:41un désaccord profond avec le gouvernement et nous permettre ensuite d'aller au bout de la négociation
04:49et de continuer la négociation, puisque, bien évidemment, si l'article 2 avait été voté,
04:53il n'y avait plus de discussion, et je ne vois pas pourquoi continuer à discuter sur le texte.
04:56Or, vous l'avez compris, nous ne sommes pas d'accord avec la faiblesse de l'augmentation,
05:01nous considérons qu'il faut plus, et par conséquent, le Sénat doit continuer son travail
05:05pour qu'il puisse continuer son travail, il fallait que cet article 2 tombe
05:08pour qu'en commission mixte paritaire, nous revenions à la copie pour l'article 2 du gouvernement
05:14et pour le reste du texte à la copie du Sénat.
05:17Et un point qui me paraît là aussi important, c'est que dans la copie du Sénat,
05:22je le rappelle, nous avons commencé à travailler sur le texte hier après-midi,
05:26il y a une multitude d'amendements qui ont été votés.
05:30Dans la copie du Sénat, il y a 2,7% de PIB à horizon 2030.
05:37Et donc, pour arriver à 2,7% de PIB à horizon 2030, ça veut dire 50 milliards d'euros
05:42d'augmentation.
05:43Ça, c'est gravé dans le marbre, c'est dans la loi, ça a été voté hier après-midi.
05:47Deuxième point, nous avons introduit dans l'annexe de la loi de programmation militaire,
05:51c'est là où ça doit se passer, des nouveaux objets capacitaires.
05:55Vous avez suivi également, ça a été introduit par la commission,
05:58en grande partie, les rafales, les frégates, les matériels pour l'armée de terre,
06:04mais ça, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt, il y a beaucoup de choses qui ont
06:06été introduites.
06:07Et donc, il va falloir, à un moment donné, pour le gouvernement qui s'est mis dans une situation
06:12particulièrement rocambolesque, trouver une solution.
06:14Mais ils s'y sont mis, j'allais dire, tout seuls, en faisant un coup politique,
06:19sans évidemment concerter personne.
06:20Merci.
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