00:00On vient en France. Vendredi, 15h, sortite au collège. C'est la dernière fois que Liana, 11 ans, a été
00:06aperçue à Florence, dans le Gers.
00:08Tandis que les recherches se poursuivent, le profil de l'homme suspecté de l'avoir enlevé se dessine petit à
00:13petit sous les traits d'un prédateur sexuel.
00:16Bonjour Noémie Schultz.
00:17Bonjour.
00:17Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes grande reporter au service Police-Justice.
00:21Avant d'évoquer le parcours de Jérôme B, qui est le suspect et qui a été mis en examen, justement,
00:27un mot des recherches,
00:27Sophia Delay l'évoquait dans le journal. Elles doivent reprendre tôt ce matin, avec toujours une mobilisation très, très forte
00:34sur le terrain.
00:35Oui, évidemment, chaque jour qui passe rend les choses plus compliquées et la perspective plus sombre.
00:42Mais aujourd'hui, on cherche toujours une petite fille, Liana, âgée de 11 ans.
00:47Et les gendarmes sont toujours plus de 170 déployés sur le terrain.
00:51Et on l'a vu, ils s'appuient sur les chasseurs, des pêcheurs, des gens qui connaissent très bien la
00:58géographie de la zone
01:00pour avoir accès à des endroits où peut-être qu'ils ne connaissaient pas.
01:04La garde à vue du suspect est finie. Donc, pour l'instant, il n'est plus interrogé, Noémie.
01:09Exactement. Une garde à vue, vous savez, ça dure, en matière criminelle, 48 heures.
01:13C'est 24 heures qui peuvent être renouvelées une fois.
01:15Donc, elle s'est terminée assez rapidement puisqu'il a été placé en garde à vue samedi après-midi.
01:21Sa garde à vue s'est terminée lundi. Il a été déféré, c'est-à-dire présenté à un juge
01:25d'instruction.
01:26Et il a été mis en examen pour enlèvement et séquestration.
01:30Son placement en détention provisoire, c'est-à-dire son incarcération, a été demandé.
01:34Elle a été acceptée. Donc, Jérôme Barrella, il est en prison depuis,
01:37mais il n'est plus, effectivement, dans le temps de la garde à vue, c'est vraiment 48 heures.
01:42Vous êtes sous la pression des enquêteurs, ou on vous interroge à de nombreuses reprises.
01:46Alors, pas permanent, vous avez des moments de repos, mais quand même, c'est un moment assez pressurisant.
01:52Et souvent, les enquêteurs ont ça en tête. Ils ont l'idée qu'il y a ce délai,
01:56c'est cette fin de 48 heures qui approche, et qu'on va tenter d'obtenir des informations,
02:02des éléments pendant ce temps de la garde à vue.
02:04Ce qu'on sait, c'est qu'il a parlé pendant la garde à vue des déclarations incohérentes,
02:09selon la procureure Doge. C'est sans doute ce qui a conduit, notamment,
02:14ce n'est pas la seule raison, à sa mise en examen.
02:17En revanche, devant le juge d'instruction, là, il est resté mutique.
02:20Il a gardé le silence. Il a le droit, c'est un des droits en France.
02:25Toute personne mise en cause peut garder le silence.
02:27Il a le droit de ne pas coopérer avec la justice.
02:29Ça n'empêche pas l'enquête de progresser.
02:31Mais évidemment, dans un cas comme celui-là, où on recherche une petite fille,
02:34s'il sait où elle est et qu'il ne parle pas,
02:37évidemment, ça complique énormément le travail des enquêteurs.
02:40Derrière le profil du bon père de famille en couple avec deux filles insérées dans la société,
02:47appréciées, on en a parlé les premières heures de la garde à vue,
02:51le vernis craque et laisse apparaître un homme qui pourrait être un prédateur sexuel
02:56avec un certain nombre de procédures en cours.
02:58Une dernière plainte encore déposée hier.
03:00Oui, alors vous l'avez dit qu'il pourrait être un prédateur sexuel
03:04parce qu'il a un casier judiciaire vierge, Jérôme Barrella.
03:07Donc à ce stade, c'est compliqué de dire que c'est un prédateur sexuel.
03:09Ce qu'on sait, et ça a été confirmé hier par la procureure de la République d'Hoche,
03:14c'est qu'il avait fait l'objet de trois plaintes ou signalements ces dernières années.
03:20Une première en 2017.
03:22Là, c'est une mère de famille qui avait signalé le fait qu'il avait une relation avec sa fille
03:27de 17 ans.
03:28Alors à l'époque, cette affaire avait été classée sans suite parce que l'adolescente de 17 ans avait dit
03:33que cette relation était consentie.
03:36Mais c'était quand même déjà une relation entre un homme de 31 ou 32 ans avec une jeune fille
03:40de 17 ans.
03:41Une autre plainte déposée cette fois en 2022 pour des faits qui remontaient à 2020.
03:46Là, on parle de faits de viols sur mineurs, une enfant, on n'est plus sur une adolescente, on est
03:52sur une enfant.
03:53Des faits qui se seraient déroulés au domicile à Motestruc sur Gers.
03:57Et là encore, cette plainte avait été classée sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée.
04:03Pardon pour le jargon un peu judiciaire.
04:05Mais en gros, les enquêteurs n'avaient pas pu récolter suffisamment d'éléments
04:09attestant la véracité de ce qu'avait déclaré cette petite fille.
04:13Mais ça veut dire malgré tout que sur ces affaires-là, on parlera de la plainte d'août 2025 qui
04:17est peut-être un peu à part.
04:18Mais sur ces affaires-là, il y a eu, les enquêteurs ont fait leur travail puisqu'ils sont pointés du
04:23doigt ces dernières heures
04:24en disant qu'il y a peut-être eu des dysfonctionnements.
04:25D'ailleurs, il y a une enquête administrative.
04:27Le dysfonctionnement, il concerne essentiellement la dernière plainte dont on va parler.
04:30C'est ça, donc août 2020.
04:30Ils avaient fait leur travail.
04:31Alors évidemment, aujourd'hui, on se dit, mais vous vous rendez compte,
04:34Pourquoi il n'y a pas eu des voyeurs qui se sont allumés ?
04:36Les voyants, ils s'étaient allumés.
04:39Après, c'est le droit qui veut ça.
04:41C'est la loi votée par les parlementaires qui veut ça pour mettre quelqu'un en examen
04:45et le renvoyer devant une juridiction.
04:47Il faut avoir des indices graves et concordants.
04:49Et sans doute qu'à l'époque, à l'époque de cette plainte de 2022,
04:52il y avait des déclarations d'une petite fille,
04:53mais peut-être que ces déclarations étaient trop floues,
04:56qu'il n'y avait pas d'éléments matériels,
04:58que ça n'avait pas été corroboré,
04:59que des examens psychologiques ou médico-légaux
05:02n'avaient pas permis de confirmer ce que disait cet enfant.
05:05Et donc, ça avait été classé sans suite.
05:07Évidemment, aujourd'hui, et d'ailleurs, la procureure l'a dit hier,
05:10cette plainte-là va sans doute être réexaminée.
05:12On va réouvrir cette enquête-là.
05:14Mais qu'on soit bien d'accord, aujourd'hui,
05:16tous les dossiers ne sont pas regroupés,
05:17parce que les voyants, ils auraient pu s'allumer au moment du dépôt de plainte en 2025,
05:21en disant, tiens, il y a des procédures qui ont déjà eu lieu et qui sont en cours.
05:24Aujourd'hui, tout ça n'existe pas.
05:26Il y a des juridictions différentes.
05:27Ça va l'être.
05:28Ça aussi, ça a été dit hier lors de la conférence de presse.
05:31Là, on va tout regrouper.
05:33Mais effectivement, ça n'était pas le cas jusqu'à présent.
05:36La dernière plainte qui a été déposée hier,
05:38on a des informations là-dessus ou, pour l'instant, c'est assez sommaire ?
05:42On sait que, parce que nos confrères de France Télévisions,
05:46qui travaillent sur le terrain d'arrache-pied pour récolter des témoignages,
05:50ont pu échanger avec le père d'une enfant,
05:52celui qui a déposé la plainte, effectivement, hier,
05:54et qui, lui, parle d'un comportement déplacé à la piscine
05:58et au domicile, encore une fois, de Jérôme Barrella,
06:01qui, notamment, aurait réveillé, parce qu'il y avait beaucoup de soirées pyjamas,
06:04puisque Jérôme Barrella a deux enfants,
06:06notamment une petite fille de 11 ans,
06:08ce qui faisait qu'il y avait régulièrement des enfants qui venaient dormir chez lui.
06:11Et donc, ce père de famille, il parle de caresse sur les fesses
06:13pour réveiller sa fille.
06:15Donc, c'est cette plainte-là, visiblement, qui a été déposée hier.
06:18Et on imagine que les enquêteurs analysent la téléphonie,
06:22surtout de Jérôme Barrella,
06:22puisque, manifestement, les premiers éléments ont laissé apparaître
06:25des échanges assez réguliers avec des enfants, des petites filles mineures.
06:31Donc, ça fera partie, sans doute, des prochains développements.
06:33Merci beaucoup, Noémie Schultz, pour cet éclairage.
06:35Merci beaucoup.
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