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  • il y a 6 heures
Du 2 au 4 juin, le Sénat examine le projet de loi actualisant la programmation militaire 2024-2030.

Adopté à l'Assemblée nationale, le projet de loi vise à augmenter de 36 milliards d'euros le budget alloué à la défense et aux dépenses militaires. Porté par la ministre des Armées Catherine Vautrin, le texte entend permettre à la France d'atteindre ses engagements auprès de l'OTAN. La majorité LR du Sénat entendait faire passer cette hausse de 36 à 50 milliards d'euros.

Dans la nuit du 2 au 3 juin, le Sénat a rejeté l'article 2, coeur de la loi de programmation militaire, après un vote ramenant l'effort budgétaire de 50 à 36 milliards d'euros. La droite sénatoriale, secouée par ce revers, a préféré s'opposer au projet dans son ensemble, à la surprise générale.

Revivez ces-échanges. Année de Production : 2025

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00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à tous, vous êtes sur Public Sénat et vous avez bien raison.
00:00:14La France est-elle prête pour la guerre de demain depuis l'invasion de l'Ukraine ?
00:00:18Les experts répètent la même chose, la possibilité d'un conflit majeur en Europe n'est plus théorique.
00:00:24L'année dernière, la revue nationale stratégique mettait même en garde contre le risque d'un affrontement de haute intensité
00:00:30sur le continent d'ici à 2030.
00:00:33Et dans ce contexte, le Parlement examine la loi de programmation militaire, une manière de débloquer plus d'argent pour
00:00:39nos armées.
00:00:40Le gouvernement demande 36 milliards d'euros, le Sénat en veut davantage.
00:00:45Mais hier, vous allez le voir, les débats ne se sont pas tout à fait passés comme prévu.
00:00:51Après un débat au titre de l'article 50-1 devant votre Assemblée, après son adoption à l'Assemblée nationale
00:00:58dans un climat de travail constructif en commission comme en séance publique,
00:01:03après nos différents échanges et alors que la semaine dernière, des débats tout aussi nécessaires et exigeants et utiles se
00:01:10sont tenus au sein de votre commission des affaires étrangères de la défense et des forces armées,
00:01:14Nous allons maintenant commencer la discussion en séance publique de cette actualisation de la loi de programmation votée en 2023.
00:01:21Avant cela, je voudrais en un mot revenir sur quelques amendements dont le gouvernement a accepté de lever le gage.
00:01:27L'amendement 24 porté par madame la sénatrice Duranton qui vise à ouvrir le recrutement des réservistes spécialistes aux ressortissants
00:01:33étrangers, comme c'est déjà le cas pour les militaires d'actives.
00:01:36Cet amendement permet une mise en cohérence bienvenue.
00:01:38Il est en effet paradoxal que les conditions de recrutement de nos réservistes soient plus restrictives que pour nos militaires
00:01:42d'actives.
00:01:43L'amendement 23 porté également par madame Duranton autorise les professionnels de santé militaire étrangers à exercer temporairement dans les
00:01:49établissements du service de santé des armées sans qu'ils soient pour autant inscrits à l'ordre.
00:01:53Ces restrictions doivent être levées car les besoins du service de santé des armées vont se développer et tout être
00:01:59conditionné à certaines garanties et la bienvenue.
00:02:01L'amendement 175 de monsieur le sénateur Sigolotti prévoit des facilités pour le futur opérateur France Munition dans la conclusion
00:02:08de marché de défense et de sécurité avec notre BITD.
00:02:10Sur l'ensemble de ces amendements, le gouvernement émettra un avis favorable.
00:02:14Ils traduisent un travail constructif de bon sens, fidèle à l'esprit de responsabilité qui caractérise les travaux du Sénat.
00:02:21Je veux pour cela évidemment remercier monsieur le président de la Commission, remercier vos commissaires,
00:02:26ainsi que l'ensemble des sénatrices et sénateurs engagés sur ce texte tellement important pour la souveraineté de la France,
00:02:32pour nos armées et pour nos industriels.
00:02:34Je veux avoir aussi un mot pour celles et ceux qui ont fait le choix de servir notre pays, parfois
00:02:40jusqu'au sacrifice ultime.
00:02:41En prononçant ces mots, j'ai évidemment une pensée particulière pour le major Frion, l'adjudant Montorio, le sergent Gosselin,
00:02:50le sergent Girardin.
00:02:52J'ai une pensée pour leur famille, j'ai une pensée pour leurs frères d'armes.
00:02:56Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs, la semaine dernière, votre commission a souhaité afficher une volonté qualifiée de forte
00:03:03en votant une augmentation significative des crédits alloués à cette actualisation.
00:03:07Vous avez souhaité porter l'effort de 36 à 50 milliards d'euros entre 2026 et 2030,
00:03:13tout en proposant différentes évolutions substantielles du format de nos armées.
00:03:16Je veux le dire très clairement, le gouvernement entend la philosophie de cette ambition.
00:03:21Il mesure combien il est nécessaire d'accélérer notre réarmement,
00:03:25de renforcer notre souveraineté, de consolider notre industrie, de préparer nos forces à des engagements plus durs.
00:03:31Mais le gouvernement fait des choix dans un cadre budgétaire
00:03:34que nous devons regarder avec lucidité, vous nous le dites ici très régulièrement à juste titre,
00:03:40celui évidemment des finances publiques de notre nation,
00:03:42finances publiques qui sont totalement contraintes.
00:03:45Également celui d'une LPM 24-30 dont le texte que nous examinons aujourd'hui
00:03:49constitue une actualisation significative
00:03:52qui conduira au doublement du budget de nos armées entre 2017 et 2027.
00:03:57Les moyens supplémentaires alloués dans cette actualisation ont fait l'objet d'un travail fin
00:04:03pour que les engagements pris envers nos armées dans ce texte
00:04:07soient à la fois crédibles, budgétairement sérieux,
00:04:11pour être scrupuleusement tenus.
00:04:14Pour autant, malgré ces contraintes budgétaires que vous connaissez sur tous les bancs de cet hémicycle,
00:04:19le texte que nous examinons aujourd'hui constitue une actualisation significative et ambitieuse.
00:04:2436 milliards d'euros supplémentaires pour nos armées,
00:04:26c'est, je le redis, le doublement du budget des armées de 2017 à 2017.
00:04:31Et je m'interroge, mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs,
00:04:35« Un montant aussi important soit-il, dès lors qu'il n'est pas soutenable, peut-il devenir réalité ?
00:04:44»
00:04:45Parce que finalement, ce qui fait l'exécution réelle d'un budget des armées,
00:04:50c'est évidemment celui de sa soutenabilité annuelle, pas celui d'un affichage.
00:04:56Et c'est la raison pour laquelle je m'interroge sur le fait de savoir
00:04:59« Si finalement, à vouloir faire trop, le mieux ne deviendrait-il pas l'ennemi du bien ? »
00:05:07Voilà les questions qui nous interpellent, parce que cette actualisation n'est qu'une loi de cohérence.
00:05:12Ça n'est en aucun cas une loi de format.
00:05:15L'équilibre budgétaire et capacitaire qui a été trouvé est le fruit d'arbitrage
00:05:20entre, d'un côté, le besoin de nos armées exprimées par nos armées.
00:05:25Mais chacun ici rencontre nos armées, chacun ici entend nos armées.
00:05:30Évidemment, aucun d'entre nous n'est plus détenteur l'un que l'autre des demandes de nos armées.
00:05:36Mais clairement, notre responsabilité commune, c'est d'articuler les demandes de nos armées
00:05:40et la capacité des finances publiques à y répondre.
00:05:43Le choix a été fait de privilégier les capacités qui permettent aux armées
00:05:47d'être prêtes à s'engager dans un conflit majeur.
00:05:50Et dans un conflit majeur, quelle que soit son échéance, parce que cette échéance, nous le savons tous,
00:05:56peut être très rapide, c'est aussi les scénarios évoqués par la dernière revue nationale stratégique.
00:06:03Alors, cela ne rend pas la copie présentée par le gouvernement moins ambitieuse.
00:06:08Cela la rend probablement plus ciblée, soutenable, cohérente
00:06:11et concentrée sur des priorités opérationnelles les plus urgentes.
00:06:15Les munitions, les drones, l'espace, la guerre dans le champ électromagnétique,
00:06:18l'innovation opérationnelle, elle vise à densifier notre effort de réarmement
00:06:24en amplifant l'effort industriel et en durcissant la préparation opérationnelle.
00:06:28Cette actualisation s'inscrit dans la continuité du discours du président de la République
00:06:33prononcé à Lille-Long le 2 mars dernier.
00:06:35Différentes propositions formulées en commission enrichissent le texte.
00:06:39La mise à disposition des crédits d'un montant annuel de 150 millions d'euros
00:06:43répartis par le chef d'état-major des armées, entre les trois armées,
00:06:47voire le cas échéant, les services de soutien.
00:06:49C'est une belle avancée pour nos armées.
00:06:52Elle devra être articulée avec la volonté sans cesse répétée par votre président rapporteur
00:06:57de privilégier les équipements souverains.
00:07:00S'agissant des travaux préparatoires d'un nouveau livre blanc à partir de janvier 27,
00:07:05comme préalable à une nouvelle LPM, je suis prête à travailler sur ce sujet
00:07:09dès après la promulgation de la loi d'actualisation,
00:07:14pour décorréler ces travaux préparatoires de l'échéance présidentielle
00:07:17et laisser le temps nécessaire afin d'ancrer ce livre blanc dans un calendrier apaisé.
00:07:24Certaines autres propositions pourront faire l'objet d'amendements, évidemment, en séance.
00:07:28Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs,
00:07:31Marc Bloch, qui entrera au Panthéon le 23 juin prochain, écrivait
00:07:36« L'ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent.
00:07:40Elle compromet dans le présent l'action même. »
00:07:44Cette phrase, évidemment, nous interpelle aujourd'hui,
00:07:46parce que toute l'histoire militaire nous enseigne ce que coûte l'impréparation
00:07:51tout autant que les illusions stratégiques.
00:07:54Notre responsabilité, c'est de tirer les conséquences d'hier et d'aujourd'hui
00:07:58pour préparer notre pays à ce qui vient.
00:08:01Les objectifs de ce projet doit sont clairs.
00:08:04D'abord, accélérer le recomplètement des stocks de munitions.
00:08:08Ensuite, accélérer les acquisitions d'équipements sur les segments prioritaires,
00:08:12notamment les drones, la lutte anti-drone, en tenant compte des perpétuelles innovations,
00:08:16la défense surface-aire, l'espace, la préparation opérationnelle.
00:08:20Adapter nos capacités aux évolutions des conflits,
00:08:23en prenant en compte les retours d'expériences les plus récents.
00:08:27Je pense évidemment à l'Ukraine, je pense aux Proches et Moyen-Orient,
00:08:31mais je pense aussi dans un autre domaine, à la crise du Covid,
00:08:34qui a rappelé combien résilience et résistance de la nation ne sont pas de vingt mots.
00:08:39L'actualité révèle chaque jour les ruptures des équilibres géopolitiques,
00:08:43le retour des rapports de force dans le règlement des conflits,
00:08:45et une dynamique de réarmement mondial.
00:08:47Alors même que le désinvestissement progressif des États européens dans leur défense,
00:08:51basé sur les fameuses dividendes de la paix,
00:08:54s'est doublé de la période française de cette non moins célèbre RGPP,
00:08:58qui a laissé se dégrader, voire se creuser, des lacunes capacitaires.
00:09:03L'enjeu pour notre pays est donc le suivant,
00:09:05être en mesure de faire face à toute situation,
00:09:08jusqu'à un engagement majeur, à un horizon de temps que nous ne maîtrisons pas.
00:09:12C'est tout le sens de cette actualisation,
00:09:15qui nous fait gagner en agilité sans jamais oublier la masse,
00:09:19et qui priorise les capacités opérationnelles dont l'acquisition est la plus urgente,
00:09:23mais aussi l'activité des forces, particulièrement leur entraînement.
00:09:27Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs,
00:09:30la boussole de la France n'a pas varié.
00:09:32L'indépendance stratégique reste la condition de notre liberté d'appréciation,
00:09:37de décision et d'action.
00:09:39Cette doctrine s'illuse dans la position singulière
00:09:43que nous occupons dans les conflits en cours au Proche et au Moyen-Orient.
00:09:46Dans le Golfe, nos forces contribuent depuis le premier jour
00:09:50à la sécurité de nos partenaires ciblés par l'Iran,
00:09:53démontrant notre fiabilité et la crédibilité de nos partenariats.
00:09:58Depuis le 2 mars, notre position française est claire.
00:10:00Protéger nos concitoyens dans la zone,
00:10:03protéger nos intérêts et nos alliances,
00:10:06rétablir la liberté de navigation.
00:10:07Tout accord doit désormais intégrer la situation libanaise.
00:10:11Liban où la France n'a qu'un seul objectif,
00:10:13se tenir aux côtés de l'État et du peuple libanais,
00:10:16pour œuvrer à la paix et à une stabilisation durable.
00:10:19Toutes les parties doivent respecter le cessez-le-feu,
00:10:21la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban.
00:10:25Aux côtés de l'Ukraine,
00:10:26la France poursuit ses efforts pour l'obtention d'une paix juste et durable,
00:10:30respectueuse des intérêts des Ukrainiens et des Européens.
00:10:33C'est tout le sens de la coalition des volontaires qui offre à l'Ukraine des garanties de sécurité
00:10:38et contribue à renforcer sa position dans les négociations.
00:10:41Depuis 2017, le président de la République, chef des armées,
00:10:45a fait le choix du réarmement, de la cohérence et de la constance.
00:10:49Ce cap nous a conduit à un effort inédit,
00:10:52je le redis, permettant un doublement du budget de nos armées entre 17 et 27.
00:10:57Si Jean-Yves Le Drian, dès 2016, avait l'amorcé une hausse du budget des armées,
00:11:03Florence Parly a engagé une première LPM dite de réparation de près de 300 milliards entre 19 et 25.
00:11:10Sébastien Lecornu a proposé la LPM 24-30, dotée de 400 milliards d'euros de crédit budgétaire,
00:11:16qui a marqué un changement d'échelle, celui de la modernisation de notre modèle d'armée.
00:11:21Ce que nous vous proposons aujourd'hui, mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs,
00:11:25c'est l'accélération de ce mouvement, la densification de ce modèle,
00:11:29qui se traduit par une trajectoire de ressources réhaussée de 36 milliards d'euros de crédit budgétaire,
00:11:35dont plus de 3,5 milliards des 26 et plus de 10 milliards au total,
00:11:38dès les deux premières années, parce qu'effectivement, l'urgence est là,
00:11:42et 10 milliards pour nos finances publiques, c'est une somme extrêmement importante.
00:11:46La France dépassera alors les 2,5% du PIB d'effort de défense.
00:11:51Et nous savons, monsieur le président rapporteur, combien ce pourcentage mériterait d'être défini,
00:11:59parce que selon les pays que vous examinez, il ne recouvre pas les mêmes éléments.
00:12:04Cette actualisation a d'ores et déjà fait l'objet de nombreux débats en commission,
00:12:08et je suis convaincue que le débat parlementaire qui s'ouvre permettra de compléter,
00:12:13de préciser et de parfaire ce projet.
00:12:14Notre défense, vous le savez tous, mesdames et messieurs les sénateurs, repose sur deux piliers.
00:12:20D'abord la dissuasion, le financement des capacités des composantes océaniques et aéroportées et confortées.
00:12:27Notre arsenal est rehaussé, tout comme les capacités conventionnelles d'épaulement,
00:12:31notamment sur l'alerte avancée et la défense surface air.
00:12:36S'agissant du volet conventionnel, l'une des inflexions fondamentales concerne les frappes dans la profondeur.
00:12:42Cette actualisation prévoit en effet de nous doter d'une capacité balistique seul-sol permettant de frapper dans la grande
00:12:48profondeur au-delà de 1500 kilomètres.
00:12:52Ce à quoi nous avons assisté il y a dix jours maintenant démontre le bien fondé d'une telle remarque.
00:12:58D'ici 2030, plus d'un milliard d'euros sont prévus pour le développement de cette capacité majeure.
00:13:02L'actualité récente démontre la nécessité de cet équipement nouveau.
00:13:06Monsieur le Président, Madame la Ministre des Armées et des Anciens Combattants, Mesdames et Messieurs, mes chers collègues,
00:13:13par considération pour la gravité des enjeux et par respect pour les hommes et les femmes qui défendent la France
00:13:18et à qui, en préambule,
00:13:20je rends au nom de tous mes collègues hommage, allons droit au but.
00:13:24Le gouvernement propose de relever l'enveloppe de la loi de programmation militaire pour les années 24-30 de 9
00:13:28%
00:13:29en la faisant passer de 400 à 436 milliards d'euros.
00:13:33C'est bien. C'est ce que nous avions demandé en 2023, avant le vote de cette loi.
00:13:38Malheureusement, on nous avait dit à l'époque que nous étions dans l'erreur.
00:13:41Alors, puisque le gouvernement se range, après trois ans de réflexion à l'analyse du Sénat,
00:13:46sur quoi portera le débat entre nous ?
00:13:48Une LPM, c'est une fusée à trois étages.
00:13:51L'analyse des menaces dont tout découle,
00:13:54l'évaluation des besoins qui permettent de faire face à ces menaces,
00:13:57et enfin les crédits qui permettent de couvrir ces besoins.
00:14:01Ce n'est pas sur le premier étage de la fusée, l'appréciation des menaces,
00:14:04que nous serons en désaccord.
00:14:06C'est bien l'exécutif, qui, à cinq reprises dans l'année passée,
00:14:11a appelé au sursaut stratégique.
00:14:13Avec l'actualisation de la Revue nationale stratégique,
00:14:16qui prévoit l'hypothèse d'un engagement majeur à l'Est de l'Europe avant 2030.
00:14:20Avec un discours du chef d'État-major des armées le 11 juillet 2025.
00:14:24Avec un discours du chef de l'État le 14 juillet dernier.
00:14:28Ou encore avec l'analyse du nouveau chef d'État-major
00:14:31explicitant les conclusions de la RNS devant les parlementaires en septembre.
00:14:35Et enfin avec la traduction qu'il en a faite devant les maires de France en novembre dernier.
00:14:40Oui, notre commission et l'immense majorité des sénateurs conviendront
00:14:43que, depuis 2023, le contexte stratégique qui était inquiétant s'est rapidement dégradé.
00:14:50Comme c'est assez évident, il me semble inutile d'y revenir longuement ici.
00:14:53Poursuite de la guerre d'Ukraine,
00:14:55implosion du Moyen-Orient, effritement, certains diront même effondrement du lien transatlantique.
00:15:00Ces mots viennent s'ajouter à ceux auxquels nous faisions déjà face en 2023.
00:15:06Deuxième étage de la fusée LPM, l'évaluation des besoins.
00:15:09Cela tombe bien.
00:15:11Sur ce sujet aussi, le gouvernement a vu la lumière.
00:15:13Le 23 février 2025, le Premier ministre, votre prédécesseur,
00:15:17après nous avoir expliqué en 2023 avec une certaine rudesse que la masse était un faux débat
00:15:23et que le Sénat faisait un contresens en si intéressant,
00:15:26a fini par déclarer qu'il manquait 30 rafales et 3 frégates dans le format des armées
00:15:30et que le poids de forme de l'armée française était de l'ordre de 90 à 100 milliards d
00:15:34'euros par an.
00:15:35Cela tombe bien, c'était une fois de plus justement la conclusion à laquelle le Sénat était parvenu depuis deux
00:15:41ans,
00:15:42comme l'avait exprimé avec force mon prédécesseur Christian Cambon.
00:15:46Si j'osais filer la métaphore spatiale, je dirais que tout semblait bien parti,
00:15:50puisque même avec un gros retard à l'allumage,
00:15:52la fusée du gouvernement semblait enfin rejoindre celle proposée par le Sénat.
00:15:56Et c'est d'ailleurs pourquoi nous espérons que le gouvernement pourra cette fois entendre plus rapidement le Sénat.
00:16:03Car sur le dernier étage de la fusée LPM, celui de la trajectoire budgétaire, nous avons une divergence.
00:16:10Je voudrais tout d'abord la mettre en perspective.
00:16:13Quand le gouvernement propose d'augmenter l'enveloppe de la LPM de 9%,
00:16:16la Commission propose 12,5%.
00:16:19Cela signifie porter les crédits sur 7 ans à 450 milliards au lieu de 436 proposés par le gouvernement.
00:16:26Nous y reviendrons bien sûr tout à l'heure, dès le début de l'examen des articles,
00:16:29mais je dois, pour éclairer nos débats, répondre à deux questions qui me paraissent fondamentales.
00:16:34Pourquoi vouloir 12,5% d'augmentation de l'enveloppe au lieu des 9% proposés ?
00:16:38Et seconde question, quelles conséquences budgétaires pour cette augmentation que notre Commission a adoptée ?
00:16:44Première question, pourquoi aller plus loin que le gouvernement ?
00:16:47Eh bien, pour trois raisons.
00:16:49La première, c'est que dans un mouvement un peu schizophrénique,
00:16:53le gouvernement a tout fait pour nous convaincre depuis un an de la nécessité de cet effort supplémentaire.
00:17:00Comment expliquer que le choc arrive avant 2030,
00:17:03qu'il nous manque 30 Rafales, 3 Frégates, un certain nombre de capacités,
00:17:08et nous demander ensuite d'attendre 2030 pour en tirer les conclusions ?
00:17:13Ce n'est pas possible, et le Sénat ne serait plus lui-même s'il acceptait de voter le texte
00:17:18initial,
00:17:18dont nous savons tous, vous y compris Mme la Ministre,
00:17:21qu'il n'est pas cohérent avec l'analyse stratégique et politique sur laquelle il est construit.
00:17:26Deuxième raison, la cohérence avec nos engagements internationaux.
00:17:30Mme la Ministre, le gouvernement a engagé la France, il y a moins d'un an,
00:17:33auprès de nos alliés de l'OTAN, apporté notre effort de défense à 5% en 2035,
00:17:38dont 3,5% pour les armées.
00:17:41Le texte initial du gouvernement conduit à une trajectoire dont je laisse chacun juger si elle est réaliste.
00:17:48Six ans, de 2024 à 2030, pour redresser notre effort de 0,5% de PIB,
00:17:55et ensuite cinq ans pour l'augmenter deux fois plus.
00:17:59Sans aller jusqu'à proposer de nous aligner sur la trajectoire
00:18:02qui permettrait un effort constant chaque année de 2027 à 2035,
00:18:06notre proposition, celle de notre Commission,
00:18:08est d'être à 2,7% de PIB pour la défense en 2030 au lieu de 2,5%.
00:18:14Nous aurions ainsi une trajectoire de plus 0,7% de PIB en six ans
00:18:19et de plus 0,8% les cinq années suivantes, et honnêtement, n'est-ce pas plus raisonnable ?
00:18:25Troisième raison, Madame la Ministre,
00:18:26le Sénat inscrit toujours son action dans le temps long.
00:18:30Que dit notre passé ?
00:18:32Nous n'avons jamais, dans notre histoire,
00:18:34consacré si peu de nos moyens à notre défense.
00:18:36C'est un fait.
00:18:38Chacune et chacun d'entre vous et tous nos compatriotes peuvent facilement le vérifier.
00:18:42Ce n'est pour le coup en rien une critique du gouvernement actuel,
00:18:46et encore moins à votre encontre, Madame la Ministre.
00:18:48Je parle du recul constant de notre effort de défense
00:18:51entre la fin de la guerre froide et les attentats de 2015,
00:18:54toutes majorités confondues.
00:18:57Pour ceux d'entre nous qui se souviennent des années 80,
00:19:00diriez-vous que nous sommes aujourd'hui moins menacés que dans ces années-là ?
00:19:04Et pourtant, nous consacrions dans ces années-là plus de 3% à notre défense.
00:19:09De Georges Pompidou à la fin du premier mandat de François Mitterrand,
00:19:12l'effort de défense est resté remarquablement stable,
00:19:15aux alentours de 3,2% de PIB.
00:19:17Et aujourd'hui, le Sénat doit lutter pour porter notre effort à 2,7% en 2030,
00:19:24au lieu de 2,5% que vous proposez.
00:19:27Madame la Ministre, reconnaissez avec nous que l'ensemble de la communauté de défense,
00:19:31avec la quasi-totalité des chercheurs en géopolitique,
00:19:34que la proposition du Sénat, loin d'être maximaliste,
00:19:37ne fait qu'essayer de nous ramener au plus vite sur la trajectoire de la sécurité de la France et
00:19:42des Français.
00:19:43Madame la Ministre, mes chers collègues, je conclurai sur ce point du pourquoi.
00:19:48Pourquoi de la position de notre Commission en vous citant ces mots ?
00:19:52Nous entrons dans une nouvelle ère, celle d'un risque particulièrement élevé,
00:19:57d'une guerre majeure de haute intensité en dehors du territoire national en Europe,
00:20:01qui impliquerait la France et ses alliés, en particulier européens, à l'horizon 2030,
00:20:05et verrait notre territoire visé en même temps par des actions massives hybrides.
00:20:10Ce sont les mots de l'exécutif, dans la Revue nationale stratégique, paragraphe 7, publiée en 2025.
00:20:17Comme l'a dit en Commission notre collègue Olivier Cadic, nous sommes à l'heure des décisions historiques.
00:20:22Notre seule pensée, Madame la Ministre, doit consister à être prête à temps
00:20:26pour espérer dissuader nos adversaires de nous affronter
00:20:30et de leur faire face avec force s'ils prenaient la décision funeste de tester notre détermination.
00:20:37Seconde question qui se pose, quelles conséquences pour les finances publiques ?
00:20:42Si nous avons un large consensus au Sénat sur la nécessité d'accroître l'effort de défense,
00:20:46nous n'avons pas forcément tous la même conception des moyens de financer cet effort.
00:20:52Nos débats l'illustreront dans quelques instants à l'occasion de l'examen des articles.
00:20:56Je voudrais à ce stade vous livrer ma conviction intime,
00:21:00qui dépasse toute préoccupation d'ordre politique, pour ne pas dire politicienne.
00:21:05Si nous ne sommes pas au rendez-vous du choc que vous annoncez avant 2030,
00:21:10eh bien il ne sera plus très important de discuter longuement des autres politiques publiques.
00:21:15La classe politique française des années 30 a refusé d'admettre que,
00:21:20quelle que soit son envie de paix, l'envie de guerre du nazisme l'emportait.
00:21:25Des sénateurs demandaient en 1937 pourtant des moyens pour la défense,
00:21:30parce qu'ils voyaient ce conflit arriver.
00:21:32Ils avaient compris une chose essentielle,
00:21:34la paix se protège avant que la guerre n'éclate.
00:21:38Tâchons à notre tour d'être lucides sur les défis qui nous attendent.
00:21:44Sinon, nos hésitations et nos retards auront un prix
00:21:47et notre faiblesse ne dissuadera personne.
00:21:50Ayons le courage de décrire à nos compatriotes le monde tel qu'il est
00:21:53et non tel que nous voudrions qu'il soit.
00:21:56Écoutons les discours de vérité du président Maluret.
00:21:59Soyons attentifs aux récits de nos collègues partis sur le front ukrainien,
00:22:02nos collègues Bono et Folio y étaient encore la semaine dernière.
00:22:05Le Sénat, de notre temps, doit entendre la leçon de celui d'hier.
00:22:10Renforcer nos armées n'est pas un choix de circonstances.
00:22:13Préparer la défense de la nation n'est pas préparer la guerre.
00:22:16C'est donner à la paix les moyens de durer.
00:22:19Madame la ministre, mes chers collègues,
00:22:21je pourrais vous dire d'un ton grandiloquent que l'histoire nous regarde.
00:22:25Si seulement ça n'était que cela.
00:22:28C'est bien plus concret.
00:22:30La Russie nous regarde.
00:22:31La Chine nous regarde.
00:22:32Les États-Unis nous regardent.
00:22:34Les pays émergents nous regardent.
00:22:36Tous se demandent si l'heure de dépecer la vieille Europe a enfin sonné.
00:22:40En votant la trajectoire budgétaire de notre pays a besoin.
00:22:44Nous leur enverrons ainsi qu'à nos amis et alliés un premier élément de réponse.
00:22:48Il faut encore compter avec le pays des Lumières.
00:22:51Je vous remercie.
00:22:51Nous avons rendez-vous aujourd'hui, non pas avec l'histoire, je reviendrai dessus,
00:22:56mais simplement avec l'actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030.
00:23:02Alors c'est vrai que dans ce texte-là, il y a deux aspects.
00:23:05Le premier qui est l'aspect normatif.
00:23:08Nous aurons l'occasion d'en discuter.
00:23:10Et je crois qu'effectivement, il y a des mesures.
00:23:11Nous avons fait des propositions pour améliorer les mesures nécessaires pour que nos forces armées,
00:23:16pour que notre pays s'organise.
00:23:18Et puis il y a le deuxième aspect qui est l'aspect financier.
00:23:22Je veux en dire un mot parce que je crois que beaucoup de choses dépendent de cette discussion.
00:23:26On nous annonce 436 milliards, voire 450 milliards.
00:23:35Alors il faut peut-être rentrer un peu dans le détail.
00:23:37D'abord de dire que nos programmations, elles sont de moins en moins longues, nos lois de programmation.
00:23:43Puisque la précédente avait été adoptée entre 2019 et 2025.
00:23:47Et je rappelle que dès 2023, nous l'avons modifiée.
00:23:52Celle dans laquelle nous vivons, adoptée en 2023, 2024-2030, nous la modifions dès 2026.
00:24:00C'est ce qui doit nous interroger tout de même sur notre outil.
00:24:03Deuxièmement, sur l'aspect financier.
00:24:06D'abord, je le rappelle aux uns aux autres.
00:24:09C'est la loi budgétaire, c'est le budget qui fait la règle.
00:24:14Ce ne sont là que des prévisions.
00:24:17Et dans le débat qui nous occupe, la question qui nous est posée collectivement,
00:24:22c'est quelle sera la part du budget en 2027 ?
00:24:26Et si on est totalement transparent dans les deux propositions pour 2027,
00:24:32encore faut-il qu'il y ait un budget, il n'y a que 500 millions d'euros de différence.
00:24:37Parce que tout le monde sait très bien que l'élection présidentielle va tout modifier.
00:24:41Donc je le dis, il n'y a pas d'un côté ceux qui auraient le sens de l'histoire,
00:24:46qui regarderaient le monde tel qu'il est,
00:24:49et puis d'autres qui seraient irresponsables,
00:24:51qui ne voudraient pas soutenir nos armées.
00:24:53Nous avons fait, nous, un choix différent, nous, les socialistes,
00:24:56celui à la fois de la lucidité et de la sincérité.
00:25:00Parce que dans 11 mois, maintenant, nous aurons une élection présidentielle.
00:25:04Chacun sait bien que, quel que soit notre vote aujourd'hui,
00:25:10aucun président de la République ne sera tenu par ce vote.
00:25:14Parce que ça s'appelle la démocratie.
00:25:15J'entends certains dire, il faut un signal.
00:25:18Mais moi, au signal, je préfère le vote populaire,
00:25:21le vote des Français.
00:25:22Et c'est ce seul vote-là qui fera la différence.
00:25:24Alors, qu'est-ce qu'il faut faire à partir de maintenant ?
00:25:28Les choses sont assez simples.
00:25:30Nous devons, nous,
00:25:32la différence avec d'autres, c'est que nous avons, nous,
00:25:34prévu des recettes dans ce texte.
00:25:37Alors, vous pouvez être opposé à nos recettes,
00:25:39nos propositions de recettes.
00:25:40Mais au moins, nous avons fait cet exercice de sincérité.
00:25:42Nous disons qu'il faut rester à 436 milliards,
00:25:47qui, je vous rappelle, est une augmentation de 36 milliards
00:25:50qu'il faut déjà intégrer dans nos finances publiques.
00:25:53Non sans mal.
00:25:55Et avec mon groupe, nous proposons des recettes.
00:25:57Je n'ai pas entendu ailleurs d'autres recettes.
00:26:00Puisque pour les 36 ou pour les 50,
00:26:03qui finance ?
00:26:04Et il faut que chacun dise la vérité.
00:26:06Nous ne souhaitons pas, nous,
00:26:09supprimer le modèle social.
00:26:11Parce que dans le triangle
00:26:13entre la nation,
00:26:14entre l'armée et la démocratie,
00:26:16il y a un sujet qui fait que notre pays,
00:26:18et notre pays est une grande nation.
00:26:20C'est l'acceptation sociale.
00:26:22Et cette question-là,
00:26:23c'est la meilleure défense de chaque État.
00:26:26C'est ce qui fait que les démocraties gagnent à la fin.
00:26:29C'est ce qui fait que,
00:26:30je vais faire une référence à un ami,
00:26:31de mes amis sur l'aile droite,
00:26:34c'est le débat de Churchill
00:26:35pendant la Deuxième Guerre mondiale.
00:26:37à certains qui nous proposaient
00:26:38de supprimer le budget de la culture,
00:26:40ils répondaient
00:26:41« Si je supprime ce budget-là,
00:26:43quelles seraient donc nos différences
00:26:45entre nous et ceux que nous combattons ? »
00:26:48Et donc, je vous le dis,
00:26:49aller à 450 à marche forcée,
00:26:51en annonçant,
00:26:52pardon, sans annoncer,
00:26:54mais tout le monde le sait bien,
00:26:54qu'il faudra supprimer le modèle social,
00:26:57c'est mettre en péril
00:26:58notre cohésion sociale.
00:27:01Ce n'est pas garantir notre sécurité.
00:27:03Nous en arrivons à l'article 2.
00:27:05Trois amendements faisant l'objet
00:27:06d'une discussion commune,
00:27:07le 123,
00:27:08et je donne la parole à M. Rachid Teman.
00:27:12Merci, M. le Président.
00:27:15Donc, pour le débat qui est majeur,
00:27:18qui était une demande d'ailleurs
00:27:19de passer en premier par le gouvernement,
00:27:21c'est la question, encore une fois,
00:27:22de ce que nous faisons ce soir,
00:27:24ce que nous allons voter la semaine prochaine.
00:27:27Nous avons une loi de programmation
00:27:28qui, de fait, a été adoptée en 2023,
00:27:31qui démarre en 2024,
00:27:32et qui, finalement, va être actualisée
00:27:35en sachant que, dans moins d'un an,
00:27:36une élection présidentielle.
00:27:38Et donc, les candidats,
00:27:40il y en a un dans nos travées,
00:27:42auront vocation,
00:27:43s'ils devaient gagner l'élection présidentielle,
00:27:44à ouvrir un nouveau cycle.
00:27:46Et donc, une nouvelle loi de programmation militaire.
00:27:48Et donc, tout le monde sait bien,
00:27:49à tel point, d'ailleurs,
00:27:50que, dans le texte actuel,
00:27:51il est même proposé un livre blanc
00:27:53pour la nouvelle loi de programmation militaire.
00:27:55Ce qui renvoie à la question
00:27:57des lois de programmation
00:27:57qui sont de plus en plus réduites.
00:27:59Bon.
00:28:00Et on retire chaque année comme ça.
00:28:02Donc, on sait très bien
00:28:03que tout cela,
00:28:05et encore, il faut avoir un budget pour 2027.
00:28:07Sinon, tout ça n'existe pas,
00:28:09puisque, là, pour l'instant,
00:28:10nous sommes dans la théorie.
00:28:12Et il y aura une difficulté pour 2027.
00:28:14Et là où c'est intéressant,
00:28:15c'est quand on prend l'amendement
00:28:16qui a été adopté tout à l'heure
00:28:17pour passer à 450 milliards.
00:28:20J'aurais aimé, dans ce cas-là,
00:28:22que, dès l'année 2027,
00:28:23on y mette plus d'argent.
00:28:25Puisque, en 2027,
00:28:27ce qui est proposé,
00:28:28c'est d'ajouter juste 500 millions d'euros.
00:28:31Donc, tout le monde sait bien
00:28:32qu'ici, il n'y a pas 14 milliards.
00:28:34Il y a au mieux 500 millions d'euros.
00:28:36Donc, on va tous se dire
00:28:37qu'on a voté 14 milliards.
00:28:39Ce n'est pas vrai.
00:28:40Donc, nous, nous préférons la sincérité.
00:28:43Nous préférons dire que
00:28:44ce qui était les 36 milliards
00:28:46qui avaient été acceptés
00:28:46dans notre centre de débat
00:28:47sur Marcheta,
00:28:48Banco,
00:28:49nous avons fait, nous,
00:28:50des propositions de recettes.
00:28:51Nous les verrons.
00:28:52Et donc, c'est ça,
00:28:53notre mécanisme.
00:28:54Donc, c'est pour ça
00:28:54que nous proposons
00:28:55de revenir à une trajectoire
00:28:56qui est honnête,
00:28:57j'ai envie de dire intellectuellement,
00:28:59qui est sincère,
00:29:00qui est lucide,
00:29:01celle où, finalement,
00:29:03nous adaptons un certain nombre de choses
00:29:04sur ce texte-là.
00:29:05Et puis, il reviendra,
00:29:06parce que c'est aussi la démocratie,
00:29:08au prochain président
00:29:09ou à la prochaine présidente,
00:29:10d'agir pour faire en sorte
00:29:11d'une nouvelle loi de programmation
00:29:12qui, elle, pourra
00:29:12débat de toutes les questions
00:29:14que nous évoquons,
00:29:14du format, du modèle, etc.,
00:29:16de la densité.
00:29:17Et c'est, à mon avis,
00:29:18plus comme ça
00:29:19que nous pouvons avoir
00:29:20un rapport à l'opinion publique
00:29:21qui soit acceptable.
00:29:23Merci, mon cher collègue.
00:29:24La parole est à madame la ministre
00:29:26pour défendre
00:29:27l'amendement 208 du gouvernement.
00:29:29Merci, monsieur le président.
00:29:31Effectivement,
00:29:31cet amendement 208
00:29:32est un amendement
00:29:33qui a pour objectif
00:29:34de revenir au texte
00:29:35adopté par l'Assemblée nationale.
00:29:38Tout simplement
00:29:38parce que, vous le savez,
00:29:39la loi de programmation militaire
00:29:41que vous avez votée
00:29:43en 2023
00:29:44prévoit dans son article 8
00:29:46une actualisation.
00:29:48Cette actualisation
00:29:49était prévue pour 2027.
00:29:50Dès l'année dernière,
00:29:52en 2025,
00:29:53le gouvernement
00:29:53a travaillé avec vous,
00:29:56d'ailleurs,
00:29:56sur la revue nationale stratégique
00:29:59qui a mis en avant
00:30:00cette nécessité
00:30:01d'avancer
00:30:03en raison
00:30:03de cette situation internationale.
00:30:06Pour autant,
00:30:07travailler à la suite
00:30:09de la revue nationale stratégique,
00:30:11ça n'est pas aller
00:30:12vers une loi de format.
00:30:13c'est simplement
00:30:14aller vers une adaptation
00:30:15avec une loi de cohérence
00:30:17qui permet,
00:30:19finalement,
00:30:19de privilégier
00:30:20les besoins
00:30:21les plus critiques,
00:30:22des besoins
00:30:23qui correspondent
00:30:24à ce que
00:30:25les services,
00:30:27évidemment,
00:30:28mettaient en avant
00:30:29et les différentes armées.
00:30:30Tout cela a été fait
00:30:31selon le code de la défense
00:30:33avec le chef d'état-major
00:30:35de nos armées
00:30:36dont c'est
00:30:37la responsabilité.
00:30:38Parce que je pense
00:30:38que beaucoup,
00:30:39ici,
00:30:40ont utilisé
00:30:40les mots de méthode.
00:30:41Eh bien,
00:30:41très concrètement,
00:30:43la méthode,
00:30:43elle est extrêmement claire.
00:30:44Le code de la défense
00:30:45la prévoit.
00:30:47Le chef d'état-major
00:30:48des armées
00:30:48met en avant
00:30:49des besoins
00:30:50et sous l'autorité
00:30:52de la ministre,
00:30:53nous vous présentons
00:30:54ces éléments.
00:30:55Et j'insiste
00:30:55sur un élément important
00:30:57qui est aussi
00:30:57le rôle
00:30:58qui est joué
00:30:59par la délégation générale
00:31:00pour l'armement
00:31:01qui fait l'intermédiaire
00:31:02entre les armées
00:31:04d'un côté
00:31:04et les industriels
00:31:05de l'autre
00:31:05parce que nous avons,
00:31:07mesdames et messieurs
00:31:07les sénateurs,
00:31:08plusieurs éléments
00:31:09très importants
00:31:09que sont les éléments
00:31:10de coût,
00:31:11les éléments
00:31:11d'efficacité
00:31:12et les éléments
00:31:13de livraison
00:31:14des différentes commandes
00:31:16que nous pourrions faire
00:31:17en matière de capacité.
00:31:19Une fois que j'ai dit cela,
00:31:20vous l'avez vu,
00:31:22dans le tableau
00:31:22qui a été présenté
00:31:23par le gouvernement,
00:31:24il y a effectivement
00:31:25des choix
00:31:26qui ont été faits
00:31:26en matière
00:31:27de trame-chasse,
00:31:28en matière de trame-chars,
00:31:29nous venons de les évoquer,
00:31:31en matière d'espace également.
00:31:32Et je rappelle quand même
00:31:34que depuis 2017
00:31:36jusqu'à 2027,
00:31:37nous assistons
00:31:38à un doublement
00:31:39du budget
00:31:40de la défense.
00:31:41Alors effectivement,
00:31:42j'ai entendu
00:31:43votre président rapporteur
00:31:46à plusieurs reprises
00:31:47redire que
00:31:48le Premier ministre,
00:31:51hier ministre des Armées,
00:31:52avait eu l'occasion
00:31:54de s'exprimer
00:31:54sur un poids de forme
00:31:56qui était un poids de forme
00:31:57à 100 milliards.
00:31:58Personne n'a jamais dit
00:31:59que le poids de forme
00:31:59à 100 milliards
00:32:00était forcément
00:32:01l'année prochaine.
00:32:02a évidemment évoqué
00:32:04des rafales,
00:32:05a évoqué également
00:32:07des frégates.
00:32:08Le choix qui vous a été proposé,
00:32:09nous l'avons évoqué
00:32:10tout à l'heure,
00:32:11c'est la mise
00:32:11au standard F5
00:32:13de nos rafales.
00:32:14Pourquoi ?
00:32:14Parce que cela correspond
00:32:16aux besoins de nos armées.
00:32:17Un avion revu à mi-vie,
00:32:18un avion qui aujourd'hui
00:32:20sera en capacité
00:32:22de porter
00:32:22nos nouvelles têtes nucléaires,
00:32:24un avion qui,
00:32:25parallèlement à cela,
00:32:26aura des évolutions
00:32:27en matière de moteurs,
00:32:29d'optroniques,
00:32:30et qui donc,
00:32:30dans la compétition
00:32:32internationale,
00:32:33renforcera ses capacités
00:32:34à l'export,
00:32:35ce qui est un outil
00:32:36absolument majeur.
00:32:38Alors que commander
00:32:39des avions standards F4
00:32:41nous conduisait
00:32:42à devoir,
00:32:43dans un premier temps,
00:32:45les utiliser,
00:32:46puis les immobiliser
00:32:47pour payer le coût
00:32:49de l'évolution,
00:32:50ce qui, évidemment,
00:32:52faisait une attrition,
00:32:53qui est une attrition
00:32:54de plusieurs mois.
00:32:55Donc, tout cela
00:32:56a été pesé,
00:32:58mesuré,
00:32:59et c'est vraiment
00:33:00une loi de cohérence
00:33:01que nous vous proposons,
00:33:02qui a pour objectif,
00:33:04et je crois que c'est important,
00:33:05cette cohérence
00:33:06physico-financière.
00:33:08Dans cet hémicycle,
00:33:10très régulièrement,
00:33:11vous interpellez le gouvernement
00:33:12sur la situation financière,
00:33:14les 14 milliards
00:33:16qui nous séparent
00:33:17représentent 0,5%
00:33:20de plus
00:33:21en matière de déficit.
00:33:22Ce n'est pas rien
00:33:24à un moment
00:33:25où notre pays
00:33:26est engagé
00:33:27dans une logique
00:33:28qui est une logique
00:33:29vis-à-vis de Bruxelles
00:33:30de sortie
00:33:31du déficit excessif.
00:33:32Enfin,
00:33:33je voudrais vraiment
00:33:34insister sur un point,
00:33:35c'est que
00:33:35nous devons
00:33:37à nos militaires,
00:33:38nous devons
00:33:39aux Françaises
00:33:40et aux Français,
00:33:40la réalité
00:33:41d'expliquer
00:33:42comment nous avons
00:33:44capacité
00:33:45à financer
00:33:4614 milliards
00:33:47supplémentaires.
00:33:48C'est cela la question.
00:33:49Nous avons beaucoup
00:33:49parlé dépenses,
00:33:51jamais recettes.
00:33:52et c'est pour autant
00:33:53un élément
00:33:54absolument indispensable
00:33:55que je veux évoquer
00:33:57ce soir.
00:33:5736 milliards,
00:33:58c'est déjà
00:33:59beaucoup d'argent,
00:34:00c'est déjà
00:34:01des discussions
00:34:02lors de chaque
00:34:03loi de finances
00:34:04que nous aurons à mener.
00:34:06Honnêtement,
00:34:0650 milliards
00:34:07entre maintenant
00:34:09et 30,
00:34:10c'est un objectif
00:34:11qui nous paraît
00:34:12extrêmement difficile
00:34:13à financer
00:34:14et c'est la raison
00:34:15pour laquelle
00:34:15le gouvernement
00:34:16vous propose
00:34:17de revenir
00:34:17à la lecture
00:34:18qui est celle
00:34:19de l'Assemblée.
00:34:19Merci,
00:34:20Madame la Ministre.
00:34:21L'amendement 173,
00:34:23M. Savoldelli.
00:34:31Merci,
00:34:31M. le Président,
00:34:32Mme la Ministre,
00:34:33mes chers collègues.
00:34:33Alors là,
00:34:35on est dans la suite
00:34:36logique
00:34:36depuis le début
00:34:37de l'insincérité
00:34:39budgétaire
00:34:40du débat.
00:34:42Y compris,
00:34:43je le dis,
00:34:44y compris
00:34:46les échanges
00:34:46qu'il y a
00:34:47entre différents
00:34:47amendements
00:34:48et y compris
00:34:49ce que vient de dire
00:34:50Mme la Ministre.
00:34:52Les plus ou moins
00:34:5314 milliards,
00:34:54il y aura un problème
00:34:55de financement,
00:34:56mais quand on en engage
00:34:5736 milliards,
00:34:58il n'y a pas de problème
00:34:58de financement.
00:34:59Non, franchement,
00:35:00où on est là ?
00:35:02Je vous ai parlé
00:35:03d'un serpent de mer
00:35:04et d'un travail
00:35:05politique cavalier,
00:35:06mais là,
00:35:07c'est cavalier.
00:35:08Alors,
00:35:08on y est habitué
00:35:09avec les lois de finance,
00:35:10mais enfin,
00:35:10quand même.
00:35:11Donc,
00:35:11je ne vais pas arbitrer,
00:35:12en plus,
00:35:13ça serait prétentieux
00:35:13et arrogant,
00:35:14ce n'est pas juste.
00:35:15Voilà,
00:35:15nous,
00:35:16on a un amendement,
00:35:16il est en discussion commune,
00:35:17il n'est pas du tout
00:35:18de la même nature.
00:35:19Voilà,
00:35:19il faut mettre
00:35:19les pieds dans le plat.
00:35:21Vous avez raison,
00:35:21Mme la Ministre,
00:35:22vous défendez votre politique.
00:35:242023,
00:35:25hausse des crédits
00:35:26de défense,
00:35:2643,9 milliards
00:35:28d'euros en 2023.
00:35:3067,4 milliards
00:35:31en 2030.
00:35:32Voilà,
00:35:33ça,
00:35:33c'est votre politique.
00:35:34Et là,
00:35:35nous,
00:35:35on fait un amendement,
00:35:36on propose de geler
00:35:37les crédits de mission défense
00:35:38au niveau de 2026
00:35:39sur la période 2027-2030.
00:35:42Et l'économie cumulée,
00:35:44c'est 52,3 milliards.
00:35:46Je vous donne un ordre d'idée.
00:35:47Vous voyez,
00:35:48on a eu le débat
00:35:48sur le modèle social,
00:35:50qui va payer,
00:35:51qui va être mis à contribution.
00:35:52Ce qui est proposé là,
00:35:53dans les petits échanges
00:35:54sur les plus 14,
00:35:55moins 14,
00:35:57etc.,
00:35:57ça fait une fois et demi
00:35:59le budget annuel
00:35:59de la recherche
00:36:00et de l'enseignement supérieur,
00:36:01ça équivaut à 18 fois
00:36:03le déficit annuel
00:36:04des hôpitaux publics.
00:36:07Franchement,
00:36:07vous ne croyez pas
00:36:08que nos concitoyens,
00:36:09nos concitoyennes,
00:36:09ils ont besoin d'un débat
00:36:10d'un peu plus de sincérité
00:36:11et de clarté politique.
00:36:14Franchement,
00:36:15là,
00:36:15ça frôle,
00:36:17ça frôle,
00:36:20excusez-moi,
00:36:20mais quasiment le ridicule.
00:36:24bien,
00:36:25alors,
00:36:26dans les explications de vote
00:36:28de cette discussion commune,
00:36:31je donne...
00:36:32Ah, pardon,
00:36:33je vais demander les avis,
00:36:34pardon,
00:36:35pardon,
00:36:36Madame la Présidente,
00:36:37je voulais vous donner la parole
00:36:38tellement vite,
00:36:38mais je vais prendre l'avis
00:36:40de la Commission,
00:36:40Monsieur le Président.
00:36:47Monsieur le Président,
00:36:49cet article 2,
00:36:50il est évidemment
00:36:52particulièrement important
00:36:52puisqu'il,
00:36:54j'allais dire,
00:36:55modélise le choix
00:36:56que nous avons fait
00:36:57en Commission
00:36:58de revenir sur une trajectoire
00:37:00que nous considérons
00:37:00comme cohérente.
00:37:02Je l'ai dit tout à l'heure
00:37:03puisque je me suis exprimé
00:37:04à la tribune
00:37:05et j'ai développé
00:37:05un certain nombre de choses,
00:37:07elle est cohérente
00:37:08à plusieurs titres.
00:37:09Elle est cohérente d'abord
00:37:10parce que depuis un an maintenant,
00:37:12depuis notamment
00:37:13la mise en œuvre
00:37:14et la publication
00:37:16de la Revue nationale stratégique
00:37:17qui, je rappelle,
00:37:18a été travaillée,
00:37:19y compris au Sénat
00:37:19et acceptée,
00:37:20y compris par l'ensemble
00:37:21des groupes présents
00:37:22à la Commission,
00:37:24la menace est évidente
00:37:25et je crois que dans le paragraphe 7
00:37:27que j'ai lu à la tribune
00:37:28tout à l'heure,
00:37:29la question d'un choc,
00:37:30d'une hypothèse de choc majeure
00:37:32à la frontière Est
00:37:34d'ici trois ou quatre ans
00:37:36est quelque chose
00:37:36qui est une hypothèse plausible.
00:37:39Il me semble aujourd'hui
00:37:41que la cohérence
00:37:41de la loi de programmation militaire
00:37:43qu'on propose ici au Sénat
00:37:45est évidemment en rapport
00:37:48avec cette nécessité
00:37:50de se réarmer
00:37:51pour se préparer
00:37:52à un éventuel choc
00:37:52que nous espérons tous
00:37:54qui n'arrivera jamais
00:37:55mais malheureusement
00:37:56personne n'a la certitude
00:37:58que ce soit le cas.
00:37:59La deuxième chose,
00:38:00c'est une loi de programmation militaire
00:38:02de cohérence
00:38:02par rapport à l'OTAN.
00:38:03On ne peut pas aller à l'AE
00:38:06prendre des engagements
00:38:08et dire à nos alliés de l'OTAN
00:38:10que nous sommes tout à fait d'accord
00:38:12pour que la trajectoire budgétaire
00:38:15de la France
00:38:16nous amène en 2035
00:38:18à 3,5% de PIB consacré aux armées
00:38:21et qu'en même temps,
00:38:24on ait depuis 2023
00:38:26et jusqu'en 2030
00:38:27une progression
00:38:28qui nous amène à 2,43.
00:38:31Alors on ne sera peut-être pas d'accord
00:38:32sur les chiffres,
00:38:32on va arriver à 2,5% du PIB.
00:38:34Ça veut dire qu'entre 2023
00:38:37et 2030,
00:38:38on aura progressé
00:38:39de 0,5% de PIB
00:38:41et on laisserait
00:38:42à la génération future
00:38:43ou peut-être à nous-mêmes
00:38:45ou à quelques-uns d'entre nous ici
00:38:47le droit
00:38:48ou l'obligation peut-être
00:38:49de progresser
00:38:50entre 2030 et 2035
00:38:52de 1 point de PIB.
00:38:53Ça veut dire qu'aujourd'hui,
00:38:55la trajectoire budgétaire
00:38:56telle qu'elle est présentée
00:38:57par le gouvernement
00:38:58nous amène à un budget
00:38:59de 76,3 milliards d'euros
00:39:00en 2030,
00:39:02là où la trajectoire budgétaire
00:39:03de la Commission
00:39:05qui est proposée aujourd'hui
00:39:06à votre avis,
00:39:08mesdames et messieurs les sénateurs,
00:39:09nous amène à 83,9.
00:39:11On est encore très loin
00:39:12du poids de forme
00:39:14que le président de la République,
00:39:15chef des armées,
00:39:16dans son discours
00:39:17le 13 juillet dernier à Brienne,
00:39:19a annoncé,
00:39:20c'est-à-dire entre 90 et 100 milliards.
00:39:22Poids de forme,
00:39:2390 et 100 milliards,
00:39:25le gouvernement 76,3,
00:39:27la Commission 83,9.
00:39:28On est encore loin de cela.
00:39:30Et si nous devions,
00:39:31évidemment,
00:39:32continuer cet effort
00:39:33pour arriver
00:39:33à 3,5%,
00:39:35ça veut dire que
00:39:35si nous considérions
00:39:37la trajectoire du gouvernement
00:39:38comme réaliste,
00:39:39eh bien nous devrions mettre
00:39:40entre 12 et 14 milliards d'euros
00:39:42entre 2030 et 2035
00:39:43tous les ans
00:39:44pour arriver
00:39:44au montant estimé
00:39:46à 3,5%.
00:39:49Je pose la question
00:39:50à chacune et chacun d'entre vous.
00:39:51Est-ce que c'est réalisable ?
00:39:52Est-ce que c'est réaliste ?
00:39:53Est-ce que ce sera faisable ?
00:39:54Je ne le crois sincèrement pas.
00:39:56Et donc la cohérence
00:39:57que la Commission
00:39:59souhaite apporter ici
00:40:00en rapport
00:40:01avec les engagements
00:40:02que nous avons pris
00:40:03auprès de l'OTAN,
00:40:04c'est d'avoir
00:40:05un lissage dans le temps,
00:40:06de permettre
00:40:07dès l'année prochaine
00:40:08d'avoir une augmentation
00:40:08de 500 millions d'euros,
00:40:10ce qui n'est pas
00:40:10complètement infaisable,
00:40:11et ensuite d'avoir
00:40:12une trajectoire
00:40:13qui soit linéaire
00:40:14jusqu'en 2030
00:40:15de 6,7 milliards d'euros
00:40:16afin d'arriver
00:40:17au 83,9,
00:40:18ce qui nous permet
00:40:19évidemment dans le temps
00:40:20cumulé
00:40:20d'obtenir,
00:40:21et vous le répétez
00:40:22tous à l'envie
00:40:23depuis ce début
00:40:24d'après-midi,
00:40:2514 milliards d'euros
00:40:26supplémentaires
00:40:26que nous pourrions
00:40:27consacrer à notre défense.
00:40:29Ça n'a rien de personnel,
00:40:31ça n'a rien de revanchard
00:40:33ou je ne sais quoi,
00:40:34j'entends parfois
00:40:35des agacements,
00:40:37mais ce que nous voulons
00:40:38en fait,
00:40:39c'est donner juste
00:40:39à notre armée
00:40:40les moyens d'assurer
00:40:41la défense
00:40:41de la France
00:40:42et des Français.
00:40:43Rien de plus.
00:40:44Et si vous considérez
00:40:46aujourd'hui
00:40:46que la revue nationale
00:40:47stratégique
00:40:48dit des choses
00:40:49qui sont complètement fausses,
00:40:50alors effectivement,
00:40:52il n'est pas nécessaire
00:40:53d'aller aussi vite
00:40:54pour progresser.
00:40:55En revanche,
00:40:55si on considère
00:40:56que ce que nous avons
00:40:57voté ici,
00:40:57ce que nous avons décidé
00:40:58ici,
00:40:58ce que le gouvernement
00:40:59via le secrétariat général
00:41:01à la défense
00:41:01et à la sécurité nationale
00:41:02a mis en oeuvre
00:41:03au mois de juillet
00:41:03pour donner une copie
00:41:04au président de la République
00:41:05dans laquelle il annonce
00:41:06paragraphe 7
00:41:07que potentiellement
00:41:08il peut y avoir
00:41:09un choc majeur
00:41:09à l'Est hypothétique,
00:41:11mais malheureusement
00:41:12personne ne le sait ici,
00:41:13madame Irma ne siège pas
00:41:14au Sénat
00:41:14et donc il faut se préparer
00:41:16tout simplement.
00:41:18Et se préparer,
00:41:18ça veut dire
00:41:18se donner les moyens.
00:41:20J'ai expliqué tout à l'heure
00:41:21qu'en 1937,
00:41:25le gouvernement
00:41:25avait sollicité
00:41:26auprès du Sénat
00:41:29des 30 milliards d'euros
00:41:30de budget complémentaire.
00:41:32Ça lui a été refusé.
00:41:34Les arguments étaient simples.
00:41:35Pour certains,
00:41:36on considérait
00:41:37que nous n'avions pas
00:41:38les moyens
00:41:38et que la France
00:41:39ne pouvait pas supporter
00:41:40un tel effort.
00:41:41Pour d'autres,
00:41:42on considérait
00:41:42qu'il n'y avait pas
00:41:44besoin d'avion
00:41:45puisque nous n'avions
00:41:45pas de pilote.
00:41:46Et pour les 3e,
00:41:47ils considéraient
00:41:48que les Allemands
00:41:49n'attaqueraient pas
00:41:49avant 1941.
00:41:51Vous connaissez la suite
00:41:52aussi bien que moi
00:41:52et il n'est pas nécessaire
00:41:54d'y revenir.
00:41:55Il est toujours mieux
00:41:56de se préparer
00:41:57plutôt que de subir.
00:41:58Je crois qu'aujourd'hui,
00:42:00la commission
00:42:00telle qu'elle a voté
00:42:02cet amendement,
00:42:03majoritairement,
00:42:03et qui a été introduit
00:42:04dans la loi de programmation
00:42:05militaire
00:42:06et sur laquelle
00:42:06le gouvernement
00:42:07et le groupe socialiste
00:42:08veulent revenir,
00:42:09est un amendement
00:42:10qui nous permet
00:42:11d'avoir une loi de programmation
00:42:12qui soit cohérente.
00:42:13Évidemment,
00:42:13elle peut paraître
00:42:15importante.
00:42:15Je peux comprendre
00:42:16parfaitement
00:42:17que Mme la ministre
00:42:19soit agacée
00:42:19par cet amendement
00:42:20parce qu'évidemment,
00:42:22Bercy va être
00:42:23très mécontent.
00:42:23Mais je rappelle quand même
00:42:24qu'on ne le dit
00:42:25depuis très longtemps,
00:42:25le principal ennemi
00:42:26de la défense,
00:42:27c'est Bercy.
00:42:28Je ne crois pas
00:42:29qu'en regardant
00:42:29Dominique Deleige,
00:42:30il puisse dire le contraire.
00:42:32Les gels,
00:42:32les surgels
00:42:33et le reste,
00:42:33c'est quand même Bercy.
00:42:34Et donc,
00:42:35ils ne seront pas contents,
00:42:36c'est une évidence.
00:42:37Mais je pense que
00:42:38si demain,
00:42:39nous devions malheureusement
00:42:39être confrontés
00:42:40à un choc majeur,
00:42:41le coût pour l'économie
00:42:42française,
00:42:43pour l'économie mondiale,
00:42:44serait sans commune mesure
00:42:45avec les 14 milliards
00:42:47d'euros supplémentaires
00:42:48que nous demandons.
00:42:48Et puis,
00:42:49dernier point
00:42:49qui me paraît important
00:42:50de souligner,
00:42:51c'est un retour en arrière.
00:42:532023.
00:42:54En 2023,
00:42:55on nous annonce
00:42:55une loi de programmation militaire
00:42:56de 400 milliards
00:42:57plus 13,3 milliards,
00:42:59mon cher Christian.
00:43:00Ce qui nous fait
00:43:01413,3.
00:43:02Aujourd'hui,
00:43:03le gouvernement
00:43:03nous annonce
00:43:04un budget
00:43:04de 400 plus 36.
00:43:06La question que je pose
00:43:07et que j'ai posée
00:43:08au Conseil des finances publiques,
00:43:09c'est où sont les 13,3 ?
00:43:11La réponse,
00:43:12je l'attends toujours
00:43:12parce que la réalité,
00:43:13c'est que si vraiment
00:43:14les 13,3 milliards existent,
00:43:16400 plus 36 plus 13,3,
00:43:18excusez-moi,
00:43:19j'ai fait du droit,
00:43:19pas des maths,
00:43:20mais ça fait quand même
00:43:20449,3.
00:43:21Ça fait juste 700 millions
00:43:23d'euros d'écart
00:43:24avec ce que la Commission
00:43:24aujourd'hui propose
00:43:26de mettre sur la balance
00:43:27pour équiper nos armées.
00:43:29En 2023,
00:43:30on nous a pris
00:43:30pour les poulets de l'année,
00:43:32on nous a pris
00:43:32pour des imbéciles
00:43:33en nous disant
00:43:34qu'on n'y comprenait rien.
00:43:35Mais trois ans après,
00:43:37qu'est-ce qu'on a fait ?
00:43:38Finalement,
00:43:38on est venu nous demander
00:43:39les 30 milliards d'euros
00:43:40supplémentaires
00:43:40qu'on réclamait en 2023.
00:43:42Et donc aujourd'hui,
00:43:43ce que nous demandons,
00:43:44c'est juste finalement
00:43:46d'appliquer la loi
00:43:47de programmation militaire
00:43:48telle qu'elle a été présentée
00:43:49en 2023,
00:43:49400 plus 13,
00:43:50plus 36,
00:43:52449,
00:43:52et on rajoute
00:43:53une petite poire
00:43:54de 700 millions d'euros.
00:43:55Voilà la réalité.
00:43:56Et donc aujourd'hui,
00:43:57ce qu'on demande,
00:43:58ce soir en tout cas
00:43:59au Sénat,
00:44:01de faire,
00:44:02c'est d'accepter
00:44:02l'augure
00:44:03que potentiellement
00:44:04il puisse y avoir
00:44:05un choc frontal
00:44:05en 2030,
00:44:07nous le souhaitons tous
00:44:08et prions tous les matins
00:44:09pour ça,
00:44:09ça n'arrivera jamais,
00:44:10mais il vaut mieux être prêt.
00:44:11Et donc on vous demande
00:44:12d'accepter,
00:44:12de nous donner les moyens,
00:44:14de donner à nos armées
00:44:15les moyens d'assurer
00:44:15la sécurité de la France
00:44:16et des Français.
00:44:17Merci.
00:44:23Merci Monsieur le Président.
00:44:25Madame la Ministre,
00:44:25je vais recueillir votre avis.
00:44:27Vous pouvez redire un mot
00:44:28et donner votre avis
00:44:29peut-être aussi
00:44:30sur l'amendement Savoldélie
00:44:31de 173,
00:44:32s'il vous plaît.
00:44:33Sur l'amendement ?
00:44:35173 de Monsieur Savoldélie.
00:44:37Oui, pardon.
00:44:38Alors, pour être tout à fait concrète,
00:44:41je vais donner un avis défavorable
00:44:42sur l'amendement 173.
00:44:45Maintenant,
00:44:45je pense que ce soir,
00:44:48il n'y a pas celles et ceux
00:44:49qui l'année dernière,
00:44:51en 1923,
00:44:52n'ont pas entendu,
00:44:53celles et ceux
00:44:53qui seraient agacés
00:44:55ou celles et ceux
00:44:56qui entendraient mieux
00:44:57les besoins des armées.
00:44:59Il y a une situation
00:45:00qui est que incontestablement
00:45:02dans notre pays,
00:45:04les armées sont probablement
00:45:05le budget
00:45:06qui ont subi le plus
00:45:08la déflation.
00:45:09Nous le savons tous
00:45:10et l'époque,
00:45:11nous la connaissons
00:45:12et un certain nombre de gens,
00:45:13moi la première,
00:45:14était dans la majorité
00:45:16à cette époque-là.
00:45:17Donc, que les choses soient claires,
00:45:18il faut se dire les choses
00:45:19et donc depuis,
00:45:20il y a un effort constant
00:45:22qui est fait
00:45:23depuis 2017
00:45:24et en 10 ans,
00:45:25le budget des armées
00:45:26a été doublé.
00:45:27Ça, c'est un élément
00:45:28que personne ne peut nier ici
00:45:30et qui est un élément
00:45:31tout à fait important.
00:45:32Sur les 413,
00:45:33monsieur le sénateur,
00:45:35nous avons évoqué de nouveau
00:45:37le sujet cet après-midi.
00:45:38Je suis revenu
00:45:39sur les ressources
00:45:40extra-budgétaires.
00:45:42Je suis revenu également
00:45:43sur le fait
00:45:44que nous n'avons pas changé
00:45:46le tableau des besoins
00:45:47et qu'il figure toujours
00:45:49dans ce qui est proposé.
00:45:51Troisième élément
00:45:52sur lequel je voulais aller,
00:45:54c'est que la question
00:45:56qui nous est posée,
00:45:57et vous le savez bien,
00:45:58vous le dites suffisamment
00:45:59dans tous les débats,
00:46:00c'est celle des ressources.
00:46:02En d'autres termes,
00:46:04quelles ressources
00:46:04dégageons-nous
00:46:05pour augmenter
00:46:06de 14 milliards
00:46:08ce qui est proposé ?
00:46:10De la même...
00:46:11Non, de 14 milliards
00:46:13par rapport au 36,
00:46:15c'est-à-dire pour arriver
00:46:15à 50 milliards.
00:46:17Quatrième élément
00:46:19sur lequel je veux revenir,
00:46:21j'y suis venu plusieurs fois,
00:46:22monsieur le président,
00:46:24nous avons un autre élément,
00:46:25c'est cette question
00:46:26de l'OTAN.
00:46:27Quand vous revenez
00:46:28systématiquement
00:46:29sur le pourcentage
00:46:31de l'OTAN,
00:46:32très concrètement,
00:46:34je reviens sur la question,
00:46:36que mettez-vous
00:46:37dans les dépenses françaises
00:46:40qui vont à la défense ?
00:46:42Très concrètement,
00:46:43quand ce soir,
00:46:44je vois des tweets
00:46:45se félicitant
00:46:46sur le fait
00:46:47que 300 millions d'euros
00:46:48ont été votés
00:46:49pour la gendarmerie
00:46:50sur le budget
00:46:51de la défense,
00:46:52ça veut donc dire
00:46:53que maintenant,
00:46:54vous considérez
00:46:55que le budget
00:46:56de la gendarmerie
00:46:58est pris en partie
00:46:59par le budget
00:47:00de la défense ?
00:47:01Est-ce que c'est cela
00:47:02la question ?
00:47:03Parce que c'est très concrètement
00:47:05ce qui a été fait.
00:47:06Et donc,
00:47:06dans ces cas-là,
00:47:07il faut avoir
00:47:08une réciprocité
00:47:09sur le pourcentage.
00:47:11Et donc,
00:47:12d'ores et déjà,
00:47:12vous avez augmenté
00:47:13le pourcentage de PIB
00:47:14puisque vous mettez
00:47:15les dépenses
00:47:16de gendarmerie.
00:47:17Les dépenses
00:47:17de gendarmerie,
00:47:18c'est pratiquement
00:47:190,5% du PIB.
00:47:21Donc,
00:47:21vous voyez que
00:47:22dans ce contexte-là,
00:47:23effectivement,
00:47:24vous avancez
00:47:24et que vous n'avez pas besoin
00:47:25de mettre
00:47:2714 milliards supplémentaires
00:47:28pour aller
00:47:30obtenir
00:47:31ce pourcentage
00:47:33augmenté
00:47:33vis-à-vis de l'OTAN.
00:47:35Donc,
00:47:35très concrètement,
00:47:36moi,
00:47:36je crois que
00:47:37le devoir de vérité
00:47:38qui est le nôtre,
00:47:39c'est de dire
00:47:40que même si d'aventure
00:47:42le Sénat
00:47:43fait ce choix
00:47:44de loi de programmation
00:47:45en mettant
00:47:4614 milliards supplémentaires,
00:47:48c'est-à-dire
00:47:49porté à 50 milliards
00:47:50l'effort,
00:47:51ce choix-là
00:47:52sera forcément
00:47:55confronté
00:47:55à un premier enjeu
00:47:57qui sera évidemment
00:47:58celui des lois de finances
00:48:00qui vont se succéder
00:48:00et que dans tous les cas,
00:48:03il y a une nécessité
00:48:04qui sera
00:48:04une nécessité
00:48:05de format
00:48:06à discuter
00:48:07dès la fin de ce texte
00:48:09parce qu'effectivement,
00:48:11il y a
00:48:12des évolutions
00:48:13à porter
00:48:13et celles-là,
00:48:14ces grandes évolutions,
00:48:16ce sont les formats
00:48:17qui les déterminent,
00:48:18les formats,
00:48:19ce sont les parlementaires,
00:48:20ce sont les armées,
00:48:21ce sont celles et ceux
00:48:21qui travaillent
00:48:22sur les sujets
00:48:23de la défense.
00:48:24Donc,
00:48:25à ce stade,
00:48:25ce que vous propose
00:48:26le gouvernement,
00:48:27c'est un effort considérable
00:48:29ayant entendu
00:48:30ce que demandait
00:48:31le Sénat
00:48:31d'aller plus loin
00:48:32depuis 2023
00:48:34en mettant
00:48:3536 milliards supplémentaires
00:48:37et c'est pour cela
00:48:38que nous restons
00:48:39sur ce chiffre
00:48:40et par souci
00:48:41de cohérence
00:48:42que je redonne
00:48:43un avis défavorable
00:48:44à cet amendement.
00:48:46Merci Madame la Ministre.
00:48:47Monsieur le Président,
00:48:49vous demandez à nouveau
00:48:50la parole,
00:48:50je vous en prie.
00:48:50Oui,
00:48:51je n'ai pas donné
00:48:52d'avis sur le 173,
00:48:53j'en suis navré,
00:48:54j'ai oublié
00:48:55dans mon élan.
00:48:57Je ne donnerai
00:48:58un avis défavorable,
00:48:58évidemment,
00:48:59mais je voudrais
00:48:59revenir quand même
00:48:59sur le sujet
00:49:00parce qu'on nous propose
00:49:02383 milliards d'euros
00:49:03de budget.
00:49:04Ça veut dire,
00:49:04grosso modo,
00:49:04si on tient compte
00:49:05de l'inflation,
00:49:06qu'on revient en gros
00:49:06à 350 milliards d'euros
00:49:07de budget de la défense.
00:49:08Ça veut dire
00:49:08qu'on revient bien au-delà,
00:49:10en deçà
00:49:10de ce qui était en place
00:49:13lorsque le Président Macron
00:49:14est arrivé
00:49:14et ensuite
00:49:15les augmentations successives
00:49:16qui se sont présentées.
00:49:18Je rappelle quand même
00:49:19qu'au moment du vote
00:49:20de la loi de programmation
00:49:21militaire de 2023,
00:49:24Bercy proposait 370,
00:49:27le Président de la République
00:49:27a proposé 400
00:49:29et le Président Cambon
00:49:30a proposé 430.
00:49:31Donc revenir à 383,
00:49:32ça n'est évidemment
00:49:33pas envisageable.
00:49:34Ça pourrait donner
00:49:35satisfaction à celles
00:49:35et ceux qui voudraient
00:49:37supprimer les chars
00:49:37parce qu'ils n'ont plus
00:49:38d'utilité,
00:49:38mais malheureusement,
00:49:39ça ne leur donnerait pas
00:49:39la possibilité
00:49:40d'acheter en contrepartie
00:49:41des drones.
00:49:42Donc ça n'est évidemment
00:49:42pas envisageable.
00:49:43C'est un coup de frein à main,
00:49:45un virage à 180 degrés.
00:49:47J'y suis évidemment
00:49:48complètement opposé.
00:49:49Et puis,
00:49:49je voudrais rappeler
00:49:50quand même un élément
00:49:51qui me paraît important
00:49:52puisque comment on finance,
00:49:54comment on fait, etc.
00:49:55Je voudrais rappeler quand même,
00:49:56je l'ai dit tout à l'heure.
00:49:57Si vous allez sur le site
00:49:58internet de Bercy,
00:49:58vous allez revoir
00:49:59ce graphique
00:50:01qui donne conscience
00:50:04du poids de la défense
00:50:05dans l'économie nationale.
00:50:08Sur 1 000 euros d'impôts
00:50:09qu'un Français paye,
00:50:11je sais,
00:50:11j'y reviens,
00:50:12mais parce qu'il me paraît important,
00:50:13561 euros
00:50:14sont consacrés
00:50:15à la protection sociale,
00:50:1788 euros
00:50:18à l'éducation nationale,
00:50:1931 euros
00:50:20à la défense,
00:50:2225 euros
00:50:22à la sécurité intérieure
00:50:23et 5 euros
00:50:24à la justice.
00:50:24Ça veut dire
00:50:25que le régalien
00:50:26représente dans notre pays
00:50:27pour quelqu'un
00:50:28qui paye 1 000 euros
00:50:29d'impôts
00:50:2960 euros.
00:50:31Et donc,
00:50:31comment on peut considérer
00:50:33qu'un écart
00:50:34de 15 à 0,
00:50:37comment on peut considérer
00:50:38que ce soit
00:50:38le social
00:50:39qui est sacrifié
00:50:40au détriment
00:50:40au profit
00:50:41de la défense ?
00:50:42C'est évidemment
00:50:43complètement inexact.
00:50:44Il y a un écart
00:50:44de 1 à 15.
00:50:47561 contre 30.
00:50:48Et donc,
00:50:49il n'est pas question
00:50:50de sacrifier le social
00:50:52parce qu'on voudrait
00:50:52augmenter
00:50:53de 4 ou 5 euros
00:50:55sur 1 000
00:50:56le montant
00:50:57qui est consacré
00:50:57à nos armées.
00:50:58En fait,
00:50:58soyons réalistes.
00:50:59Soyons réalistes.
00:51:01Voilà.
00:51:01Il faudra faire des choix.
00:51:02C'est une évidence.
00:51:03Mais ne mesurons pas
00:51:04le choix
00:51:04à la hauteur
00:51:05de ce que vous estimez
00:51:07être un sacrifice.
00:51:09561 contre 31.
00:51:11Je pense que c'est un point
00:51:12qui me paraît important
00:51:13à rappeler.
00:51:15Et puis,
00:51:15dernier point,
00:51:16si vous me le permettez,
00:51:17la gendarmerie.
00:51:18Je sais que,
00:51:19et j'en avais parfaitement
00:51:20conscience au moment
00:51:21où j'ai déposé
00:51:21cet amendement,
00:51:22c'est quelque chose
00:51:23qui ne peut pas plaire
00:51:23à Mme la ministre,
00:51:24mais je le sais.
00:51:25C'est évident.
00:51:27C'est la LOPMI
00:51:28qui devrait financer tout ça.
00:51:29Mais il y a quand même
00:51:30un truc qui me paraît
00:51:31assez évident à rappeler.
00:51:33C'est que le chef d'état-major
00:51:34des armées précédentes,
00:51:35le général Bourcard,
00:51:37a théorisé la guerre
00:51:38de haute intensité.
00:51:39Et dans la théorie
00:51:40de la guerre de haute intensité,
00:51:41il y a un début.
00:51:42Et le début de cette guerre
00:51:43de haute intensité,
00:51:45c'est évidemment
00:51:47toute la guerre hybride.
00:51:49La guerre de l'informationnel,
00:51:51la guerre du cyber,
00:51:52la guerre du numérique.
00:51:53Et ensuite,
00:51:53on passe à des stades
00:51:54qui évoluent
00:51:55si on n'est pas en capacité
00:51:58de contenir
00:51:58cette guerre hybride.
00:51:59Et on arrive à des stades
00:52:01évidemment de haute intensité.
00:52:03Et dans le cas
00:52:03d'une confrontation
00:52:06à l'est de l'Europe,
00:52:07on sait très bien
00:52:07que même si nous serions engagés
00:52:09évidemment sur un territoire
00:52:10hors du territoire français,
00:52:11il y aurait des répercussions
00:52:13évidemment sur le territoire national.
00:52:15Peut-être que des sabotages,
00:52:17de la lutte informationnelle,
00:52:19des commandos
00:52:20qui pourraient faire
00:52:21différentes actions.
00:52:22Et à qui on demanderait
00:52:23à ce moment-là
00:52:24d'assurer la sécurité
00:52:25des Français ?
00:52:26À la gendarmerie nationale.
00:52:28Ça s'appelle
00:52:29la défense opérationnelle
00:52:30du territoire.
00:52:32Et dans ce cas...
00:52:32La police, bien sûr,
00:52:33on en reparlera.
00:52:35La défense opérationnelle
00:52:36du territoire,
00:52:36elle nécessite
00:52:37qu'il y ait des moyens.
00:52:38Aujourd'hui,
00:52:38la gendarmerie,
00:52:39elle est à l'os.
00:52:40Je vous demande juste
00:52:41de regarder les matériels
00:52:42avec lesquels.
00:52:43Il y a quelques centaures,
00:52:44mais en dehors de ça.
00:52:45Les FAMAS, je le rappelle,
00:52:46seront en fin de vie
00:52:47l'année prochaine.
00:52:49Et donc le directeur général
00:52:50de la gendarmerie,
00:52:51devant notre commission,
00:52:52qui a aussi cette compétence
00:52:53d'entendre la gendarmerie.
00:52:54Il l'a dit.
00:52:55Il manque 850 millions d'euros
00:52:57pour arriver à équiper
00:52:58la gendarmerie
00:52:59pour faire face
00:52:59à des chocs éventuels
00:53:01sur le territoire national.
00:53:02Et donc,
00:53:02en éposant cet amendement,
00:53:04nous ne faisons pas autre chose
00:53:05que de dire que finalement,
00:53:07en déployant 14 milliards supplémentaires,
00:53:09ce qui est une masse considérable,
00:53:10on en a conscience,
00:53:11eh bien on permet aussi
00:53:12d'accompagner la gendarmerie
00:53:14vers une recherche
00:53:14de meilleurs matériels
00:53:16pour pouvoir faire face
00:53:18éventuellement à un choc.
00:53:19C'est tout.
00:53:20Ça peut paraître aberrant,
00:53:22ça peut paraître compliqué,
00:53:23mais je voudrais juste rappeler
00:53:24que le Sénat a encore
00:53:26la légitimité
00:53:26pour pouvoir délibérer
00:53:28sur le budget
00:53:28et de décider
00:53:29et de poser
00:53:30un certain nombre de questions.
00:53:31Ça n'est pas un gros mot
00:53:32que de poser des questions
00:53:33au gouvernement
00:53:34et de temps en temps
00:53:35de demander
00:53:36si éventuellement
00:53:37un certain nombre
00:53:37de propositions
00:53:37que nous faisons
00:53:38peuvent avoir du sens.
00:53:39Nous ne sommes pas
00:53:40complètement stupides ici,
00:53:41en tout cas je le pense.
00:53:42On fait des amendements
00:53:43qui, je l'espère en tout cas,
00:53:45vont peser
00:53:47et interroger en tout cas
00:53:48et peuvent permettre
00:53:49en tout cas
00:53:49de peut-être faire évoluer
00:53:50un certain nombre
00:53:50de positions.
00:53:52mais en tout cas
00:53:52sur l'ensemble
00:53:54des amendements
00:53:55que nous avons déposés
00:53:56aujourd'hui,
00:53:56il y a eu de la réflexion.
00:53:57Voilà, je l'ai dit,
00:53:59nous avons réfléchi
00:54:00et nous avons,
00:54:01et je terminerai par ça,
00:54:02donné satisfaction
00:54:03au Premier ministre
00:54:04de la France
00:54:05qui, il y a peu de temps
00:54:07encore,
00:54:07était ici
00:54:08ministre des Armées.
00:54:10Et sauf à considérer
00:54:11que le Premier ministre,
00:54:12ancien ministre des Armées,
00:54:13ne connaît rien aux armées,
00:54:14eh bien,
00:54:15on peut penser
00:54:15que le tweet
00:54:16qu'il a formulé
00:54:17le 23 février 2025,
00:54:19il y a tout juste
00:54:20un peu plus d'un an,
00:54:21lorsqu'il a expliqué
00:54:22que notre modèle d'armée
00:54:23qui date
00:54:24des années 2010
00:54:25n'était plus en cohérence
00:54:26avec les besoins d'aujourd'hui
00:54:28et qu'il manquait
00:54:2930 rafales,
00:54:30qu'il manquait
00:54:303 frégates
00:54:31et qu'il manquait
00:54:32du matériel terrestre
00:54:33pour être cohérent,
00:54:34eh bien,
00:54:35on lui donne aujourd'hui
00:54:35satisfaction,
00:54:36donc je pense
00:54:37qu'il devrait être heureux.
00:54:41Merci,
00:54:42M. le Président.
00:54:43Dans les explications
00:54:44de vote,
00:54:45je donne la parole
00:54:45à Mme la Présidente
00:54:47Kuckerman.
00:54:48Merci,
00:54:50M. le Président,
00:54:51Mme la Ministre.
00:54:53Nous entrons
00:54:54à travers
00:54:55l'amendement
00:54:55qui est déposé
00:54:56par le gouvernement
00:54:58finalement
00:54:58dans un des sujets
00:54:59les plus épineux
00:55:00de ce projet de loi
00:55:01que personne
00:55:02ne pouvait anticiper
00:55:03avant le travail
00:55:05de la Commission.
00:55:07La Commission
00:55:08nous propose
00:55:0914 milliards
00:55:11supplémentaires
00:55:12sur cet ajustement
00:55:14de la loi
00:55:15de programmation
00:55:16militaire.
00:55:17Je veux d'abord
00:55:18le dire,
00:55:19puisque je sais
00:55:19qu'il y aura
00:55:20un scrutin public,
00:55:21donc il n'y a pas
00:55:22de suspense
00:55:22en la matière,
00:55:24que, bien évidemment,
00:55:26notre groupe
00:55:26dans la continuité
00:55:28de la question
00:55:29préalable
00:55:30posée par
00:55:31Pascal Savoldelli
00:55:32et de l'intervention
00:55:33générale
00:55:33de Michel Gréaume
00:55:34votera,
00:55:35quoi qu'il en soit
00:55:37à l'issue
00:55:37contre
00:55:38ce projet
00:55:39de loi
00:55:40Madame la Ministre
00:55:41parce que
00:55:42nous n'acceptons pas
00:55:43l'effort
00:55:43qui est demandé
00:55:44des 36 milliards
00:55:45d'euros.
00:55:46Mais parce que
00:55:47nous n'acceptons pas
00:55:47cet effort-là,
00:55:48nous ne pouvons pas
00:55:50accepter,
00:55:50Monsieur le Président,
00:55:52l'effort
00:55:53de 14 milliards
00:55:54supplémentaires
00:55:54que vous nous proposez.
00:55:56Et je m'en explique.
00:55:58Tout d'abord,
00:56:00moi je ne sais pas
00:56:00quel choc frontal
00:56:01il y aura en 2030
00:56:02parce que je ne sais pas
00:56:03quelle sera la situation
00:56:04de notre pays
00:56:04après 2027.
00:56:06Et je ne prendrai pas
00:56:07d'engagement
00:56:08ni dans un sens
00:56:10ni dans un autre.
00:56:11Mais je n'engagerai pas
00:56:13des milliards supplémentaires
00:56:16qui seront des sacrifices
00:56:17supplémentaires
00:56:18au regard des services
00:56:20publics utiles
00:56:21au quotidien
00:56:22pour les Françaises
00:56:23et les Français
00:56:23dans un gouvernement
00:56:25que je ne maîtrise pas
00:56:26et qui conduira
00:56:27notre pays
00:56:28vers un destin
00:56:29qui peut-être
00:56:30d'ailleurs
00:56:31ne sera pas
00:56:32le nôtre
00:56:33d'une manière
00:56:34commune.
00:56:35Enfin,
00:56:37et peut-être
00:56:38certains trouveront
00:56:39cela
00:56:40très nostalgique,
00:56:42mais à l'esprit
00:56:42de Jaurès,
00:56:43oui,
00:56:44nous déclarons
00:56:44la guerre
00:56:45à la guerre.
00:56:46Et donc,
00:56:46plus nous augmenterons
00:56:47le budget des armées,
00:56:49plus nous ferons
00:56:50la guerre
00:56:50et moins nous satisferons
00:56:52les besoins
00:56:52des femmes
00:56:53et des hommes
00:56:53de notre pays.
00:56:54Et c'est pour ces raisons
00:56:56que nous voterons
00:56:57cet amendement
00:56:58qui vise
00:56:59à ne pas
00:56:59engager
00:57:00la guerre
00:57:01à la guerre
00:57:01et qui ne nous fera
00:57:03pas dévier
00:57:03in fine
00:57:04du vote final
00:57:05que nous aurons
00:57:06à faire
00:57:06sur ce projet
00:57:07de loi
00:57:07la semaine suivante.
00:57:10Merci,
00:57:11Madame la Présidente.
00:57:12La parole est
00:57:13à M. Guiaul
00:57:14pour explication
00:57:15de vote.
00:57:17Merci,
00:57:18Président.
00:57:19Notre groupe
00:57:20a suffisamment rappelé
00:57:21à travers nos interventions
00:57:22que nous étions
00:57:23favorables
00:57:23à la reconstitution
00:57:24de nos stocks
00:57:25à la consolidation
00:57:26de notre base
00:57:27industrielle
00:57:27et à la préparation
00:57:28d'un monde plus dur.
00:57:30Mais précisément
00:57:31parce que la Défense nationale
00:57:33est une affaire sérieuse
00:57:34et elle ne peut pas
00:57:35être traitée
00:57:35comme une véritable
00:57:36variable d'affichage.
00:57:38La Commission
00:57:39a souhaité ajouter
00:57:4014 milliards d'euros
00:57:41supplémentaires
00:57:42à la trajectoire
00:57:42proposée par le gouvernement.
00:57:44L'intention peut se comprendre
00:57:45et le président Perrin
00:57:47l'a parfaitement défendu.
00:57:48Mais la question principale
00:57:49subsiste.
00:57:50Comment finance-t-on
00:57:52cette nouvelle marche ?
00:57:54À ce stade,
00:57:54mes chers collègues,
00:57:55personne ne le dit clairement.
00:57:57Or, nous ne pouvons pas
00:57:58voter une trajectoire
00:58:00dont chacun sait
00:58:01qu'elle reposera en pratique
00:58:02sur la dette supplémentaire.
00:58:05Il y a sur ce point
00:58:06une forme d'inconstance politique
00:58:08que nous devons nommer.
00:58:10À chaque débat budgétaire
00:58:12sur les bancs
00:58:12de la droite
00:58:13de cet hémicycle,
00:58:14on explique
00:58:15que la dépense publique
00:58:15doit être contenue,
00:58:17que l'État
00:58:18doit se discipliner,
00:58:19que les collectivités
00:58:20doivent participer
00:58:21participer à l'effort,
00:58:22que l'endettement
00:58:23n'est plus soutenable.
00:58:25Et là,
00:58:2514 milliards d'euros
00:58:26supplémentaires
00:58:27apparaissent
00:58:28sans recettes
00:58:29ni arbitrages.
00:58:30Ce n'est pas
00:58:31notre conception
00:58:32de la responsabilité budgétaire.
00:58:33Si certains souhaitent
00:58:34aller plus loin,
00:58:35qu'ils disent
00:58:35quelles recettes
00:58:36ils proposent,
00:58:37quelles dépenses
00:58:37ils réduisent,
00:58:39quels choix
00:58:39assume-t-ils
00:58:40devant les Français.
00:58:41Pour ces raisons,
00:58:42le groupe RDSE
00:58:43ne votera pas
00:58:43cette surmarche supplémentaire
00:58:45et une partie
00:58:46votera l'amendement
00:58:47du gouvernement
00:58:48identique
00:58:48au l'amendement 123.
00:58:50Non parce que
00:58:51les exigences
00:58:52de nos armées,
00:58:53mais ces exigences
00:58:54de sincérité
00:58:55envers elles
00:58:56et envers notre pays.
00:58:57Je vous remercie.
00:58:59Merci,
00:59:00mon cher collègue.
00:59:01La parole est
00:59:02à M. Temal.
00:59:06Merci,
00:59:07M. le Président.
00:59:09D'abord,
00:59:09je voudrais commencer
00:59:10par rappeler
00:59:10aux uns aux autres
00:59:11qu'il n'y aurait pas
00:59:13ceux qui auraient
00:59:14le sens de l'histoire,
00:59:15ceux qui souviendraient
00:59:16nos forces armées
00:59:17et les autres.
00:59:18Il faut que chacun
00:59:19soit là-dessus
00:59:19à peu près cohérent,
00:59:20d'autant plus
00:59:21quand on regarde
00:59:21à la fois les votes
00:59:22et je rappelle
00:59:23que l'augmentation
00:59:24du budget
00:59:25des forces armées
00:59:25a démarré
00:59:26sous le quinquennat
00:59:27de François Hollande
00:59:27par ailleurs.
00:59:29Ça, c'est mon premier point.
00:59:30Deuxième point,
00:59:31le texte
00:59:32que nous allons voter
00:59:33mardi prochain
00:59:34n'est en rien
00:59:37une obligation.
00:59:39Parce que j'entends
00:59:40qu'on va voter
00:59:41les 14 milliards
00:59:42et puis rouler jeunesse.
00:59:44En fait,
00:59:44tout ça n'est pas vrai.
00:59:45Je le redis.
00:59:47Je le redis.
00:59:48Nous aurons une élection
00:59:50présidentielle.
00:59:52Comment ?
00:59:53Mais jusqu'au bout,
00:59:54je vais vous dire
00:59:55pourquoi je ne la voterai pas.
00:59:56Parce que nous avons
00:59:57une élection présidentielle.
01:00:00Cédric,
01:00:01Cédric,
01:00:01Cédric,
01:00:02Cédric,
01:00:03je ne t'ai pas coupé.
01:00:03je ne t'ai pas coupé.
01:00:03Cédric,
01:00:03Cédric,
01:00:03je ne t'ai pas coupé.
01:00:03Cédric,
01:00:03je ne t'ai pas coupé.
01:00:04M. Rachid Temal,
01:00:05s'il vous plaît,
01:00:07pas d'interpellation personnelle.
01:00:09Allez-y.
01:00:09Pas de ma part,
01:00:11M. le Président.
01:00:12Allez-y,
01:00:13M. Temal.
01:00:14Il vous reste 52 secondes.
01:00:16On en rajoutera,
01:00:17j'ai été interpellé.
01:00:19Donc,
01:00:19je disais qu'en fait,
01:00:21aujourd'hui,
01:00:21c'est juste du virtuel.
01:00:23Et la sincérité
01:00:23qu'évoquait mon collègue
01:00:25juste avant moi,
01:00:26c'est que,
01:00:26qu'est-ce qu'on dit
01:00:27aux forces armées ?
01:00:28On met 14 milliards
01:00:29lorsque tout le monde sait
01:00:29dans ses banques,
01:00:30ce n'est pas vrai.
01:00:31Puisque je le redis,
01:00:31il y a une élection présidentielle,
01:00:32une nouvelle loi de programmation militaire.
01:00:34Et que le débat,
01:00:35parce que c'est le cher
01:00:36Cédric Perrin,
01:00:37dans le modèle que vous évoquez,
01:00:38je rappelle que
01:00:39ce n'est pas la fiscalité
01:00:40qui finance le modèle social.
01:00:42Donc,
01:00:42il ne faut pas mélanger tout.
01:00:44Ce n'est pas la même chose.
01:00:45Je le redis,
01:00:45ce n'est pas la même chose.
01:00:46Mais ce qui est intéressant,
01:00:47parce que moi,
01:00:47j'ai lu le président Larcher
01:00:49dans la tribune du dimanche.
01:00:50Il ne veut pas,
01:00:51il veut réduire
01:00:52le budget de l'État.
01:00:54Donc,
01:00:54la question qui est posée,
01:00:55nous avons fait des propositions
01:00:57pour financer ce travail-là.
01:00:59La question qui est posée,
01:01:00c'est comment maintenant,
01:01:01et c'est là le débat
01:01:02que nous devons avoir,
01:01:03comment concrètement
01:01:04on finance les 50 milliards
01:01:05ou les 14 ?
01:01:07Vous faites ça comme vous voulez.
01:01:08Vous pensez
01:01:08augmenter les impôts ?
01:01:10Non.
01:01:11Vous pensez
01:01:11réduire le modèle social ?
01:01:12Non.
01:01:13Non.
01:01:14La différence entre vous et moi,
01:01:15M. le Président,
01:01:16c'est que nous,
01:01:16on est dans cette affaire responsable
01:01:17parce qu'on propose des recettes.
01:01:19Vous,
01:01:19vous proposez juste
01:01:22de laisser filer les déficits,
01:01:23de détruire le modèle social
01:01:25avec une mesure
01:01:27qui n'est pas sérieuse
01:01:27parce qu'elle n'existe pas.
01:01:28C'est ça la différence
01:01:29dont nous et vous.
01:01:31Merci, M. Théma.
01:01:32La parole est à Mme Duranton.
01:01:34Merci, M. le Président,
01:01:36Mme la Ministre.
01:01:37Le groupe RDPI
01:01:38votera cet amendement
01:01:39de rétablissement.
01:01:40Même si nous partageons tous
01:01:42la volonté de renforcer
01:01:43nos armées,
01:01:44soyons réalistes,
01:01:45notre cadre budgétaire
01:01:47est contraint
01:01:48et les débats à venir
01:01:49sur le futur projet
01:01:50de loi de finances
01:01:51pour 2027
01:01:52s'annoncent particulièrement
01:01:54complexes.
01:01:54Ces 36 milliards
01:01:56représentent déjà
01:01:57un gros effort.
01:01:58Où trouver 14 millions
01:02:00supplémentaires ?
01:02:01À part couper
01:02:02d'autres budgets
01:02:03essentiels
01:02:04aux besoins des Français.
01:02:05La présidentielle
01:02:06de l'année prochaine,
01:02:07le prochain Livre blanc
01:02:08et la future LPM
01:02:09à venir
01:02:10seront la place
01:02:11pour débattre
01:02:12sur le format
01:02:12de nos armées.
01:02:15Merci,
01:02:16ma chère collègue.
01:02:17La parole est à M.
01:02:17Dominique Delege.
01:02:23Merci, M. le Président.
01:02:24Je ne sais pas
01:02:25si je suis compétent
01:02:27pour savoir
01:02:28s'il faut plus
01:02:29ou moins de rafales.
01:02:30Mais tout le monde
01:02:31parle de sincérité.
01:02:33Alors permettez-moi
01:02:34de parler
01:02:35avec la sincérité
01:02:36d'un épicier breton
01:02:37qui fait ses comptes.
01:02:40Madame la Ministre,
01:02:42les recettes exceptionnelles,
01:02:44les fameuses 13-3,
01:02:46ce n'est pas le Sénat
01:02:47qui les a inventées,
01:02:49c'est le gouvernement.
01:02:50On est bien d'accord.
01:02:52Sur les 13-3,
01:02:54je vous concède
01:02:55qu'il y en a 5-9
01:02:56qui sont des recettes.
01:02:59Le reste,
01:03:01c'est ce que vous appelez
01:03:03uniquement
01:03:04des marges frictionnelles.
01:03:08Je suis sûr
01:03:09que vous savez
01:03:09ce que ça veut dire.
01:03:10Moi, on m'a expliqué,
01:03:11je n'ai toujours pas compris,
01:03:13mais ce que j'ai compris
01:03:14quand même,
01:03:15c'est que c'est de l'argent
01:03:16qu'on n'a pas.
01:03:19Et ça,
01:03:2013-3,
01:03:21moins 5-9,
01:03:23ça fait 7-4.
01:03:26C'est 7-4-là,
01:03:27ce que dit M. Perrin
01:03:29et la Commission
01:03:30des Affaires étrangères,
01:03:32c'est que ce serait bien
01:03:33que ce soit
01:03:34des recettes budgétaires.
01:03:35vous avez déjà
01:03:367-4
01:03:37de justifiés.
01:03:40Et puis,
01:03:41il ne vous a pas échappé,
01:03:42d'ailleurs,
01:03:43vous l'avez dit tout à l'heure,
01:03:44que tous les ans,
01:03:45vous vous battez
01:03:45pour récupérer,
01:03:47mais pas toujours
01:03:48avec le succès
01:03:49que vous méritez,
01:03:52vous vous battez
01:03:52pour récupérer
01:03:53le pognon
01:03:54que Bercy
01:03:54vous a piqué.
01:03:55Excusez-moi
01:03:56de parler comme ça,
01:03:56mais c'est quand même
01:03:57en gros ça.
01:03:59Ça, ça fait
01:03:591,5 milliard
01:04:02depuis 2023.
01:04:037-4 plus 1,5,
01:04:06on est à 8-9.
01:04:08Et puis,
01:04:08dans la LPM,
01:04:10vous avez un objectif
01:04:12que je partage
01:04:13totalement
01:04:14et j'ai envie
01:04:15de vous aider
01:04:15à le réaliser.
01:04:17C'est le fameux
01:04:18report de charge.
01:04:19Vous avez quand même
01:04:20réussi cette performance
01:04:21de passer de 3-8
01:04:22à plus de 8
01:04:23en moins de 2 ans.
01:04:25Et si on vous suit,
01:04:26vous voulez arriver
01:04:27à 13%
01:04:27de report de charge.
01:04:2913% de report
01:04:30de charge,
01:04:30c'est 4 milliards.
01:04:31Si j'additionne tout ça,
01:04:33je suis à un peu
01:04:34plus de 13 milliards.
01:04:35C'est les 14 milliards
01:04:36de M. Perrin.
01:04:38C'est ça,
01:04:38ce qui s'appelle
01:04:39sincériser un budget.
01:04:41Et maintenant,
01:04:42quand vous nous dites
01:04:43« Mais où vous trouvez
01:04:44l'argent ? »
01:04:46Madame la ministre,
01:04:48pourquoi vous ne vous posez
01:04:49pas la même question ?
01:04:51Lorsque la charge
01:04:52de la dette
01:04:54est multipliée
01:04:55par 2
01:04:55en 5 ans,
01:04:57c'est-à-dire
01:04:57plus 34 milliards
01:04:59alors que l'augmentation
01:05:00du budget de la défense
01:05:02sur la même période
01:05:03c'est plus 17.
01:05:04Vous avez donc
01:05:04une charge de la dette
01:05:05qui augmente
01:05:06deux fois plus vite
01:05:06que le budget des armées.
01:05:08Vous vous posez
01:05:08la question de savoir
01:05:09où vous allez trouver
01:05:10l'argent nécessaire
01:05:11pour financer
01:05:12le budget des armées
01:05:13mais vous ne vous posez
01:05:14pas la question de savoir
01:05:15où vous allez trouver
01:05:15l'argent pour financer
01:05:17la charge de la dette.
01:05:18Voilà tout simplement
01:05:19ce que je voulais vous dire
01:05:20et la raison pour laquelle
01:05:21je voterai contre
01:05:23les amendements
01:05:24de rétablissement
01:05:24de la ligne
01:05:25de la programmation
01:05:26qui avait été
01:05:27initialement prévue.
01:05:31La parole est à
01:05:32M. Pascal Alizar.
01:05:37Merci M. le Président.
01:05:39Oui, Mme la Ministre,
01:05:40il y a quelques minutes
01:05:41vous nous avez expliqué
01:05:43qu'une vingtaine
01:05:44d'années en arrière
01:05:45vous apparteniez
01:05:46à une majorité
01:05:46qui avait fortement réduit
01:05:49les budgets de la défense
01:05:50et c'est exact.
01:05:52moi je voudrais rappeler
01:05:53qu'en 2008
01:05:56je n'étais pas parlementaire
01:05:57j'étais un jeune élu local
01:05:59il se trouve que j'ai fait
01:06:00l'IHEDN cette année-là
01:06:02et qu'on nous expliquait
01:06:03la fin de l'histoire
01:06:04et qu'il fallait toucher
01:06:06les dividendes de la paix
01:06:07et finalement
01:06:08tout le monde était très content
01:06:10de toucher les dividendes
01:06:11de la paix
01:06:13les parlementaires
01:06:14et le gouvernement
01:06:14de l'époque
01:06:15parce que ça faisait
01:06:16des dépenses en moins
01:06:18et que ça améliorait
01:06:19ça réduisait
01:06:20le déficit budgétaire
01:06:22et l'opposition
01:06:23de l'époque
01:06:23d'ailleurs
01:06:24tout vrai ça aussi
01:06:25très bien
01:06:25parce que ça permettait
01:06:27de développer
01:06:28ces crédits supplémentaires
01:06:30sur d'autres politiques
01:06:31tout ça a duré
01:06:32un certain nombre d'années
01:06:33est arrivé
01:06:35le gouvernement
01:06:36et la majorité
01:06:37de M. Hollande
01:06:38et je le dis
01:06:38sans esprit polémique
01:06:39et malheureusement
01:06:41et nous étions déjà
01:06:41un certain nombre
01:06:42ici
01:06:43il a fallu
01:06:44que la période
01:06:45des attentats arrive
01:06:47il a fallu
01:06:48que nous nous retrouvions
01:06:49dans une situation
01:06:50extrêmement douloureuse
01:06:51à Versailles
01:06:52pour que nous prenions
01:06:53conscience
01:06:54les uns et les autres
01:06:55qu'il fallait réarmer
01:06:57et là
01:06:58les choses ont changé
01:06:59oui oui oui
01:07:00mais les choses ont changé
01:07:02les choses ont changé
01:07:04et
01:07:05on a repris
01:07:06petit à petit
01:07:07effectivement
01:07:08le chemin
01:07:09de la croissance
01:07:09de nos dépenses
01:07:10de défense
01:07:12il fallait d'ailleurs
01:07:13réarmer
01:07:13au sens physique
01:07:15du terme
01:07:15mais je crois
01:07:16qu'il fallait aussi
01:07:16réarmer au sens
01:07:17moral le pays
01:07:18et nous y avons
01:07:19travaillé
01:07:20les uns
01:07:21et les autres
01:07:22et je crois
01:07:22qu'aujourd'hui
01:07:23que le débat
01:07:24que nous avons
01:07:24est dans cette
01:07:26stricte
01:07:27perspective
01:07:28la dernière LPM
01:07:30Christian Cambon
01:07:31était le président
01:07:32de la commission
01:07:32et le rapporteur
01:07:34j'avais été
01:07:35vice-président
01:07:36de la commission
01:07:36mixte paritaire
01:07:37on a eu
01:07:38de longs débats
01:07:39sur le sujet
01:07:40et sur la problématique
01:07:41de l'inflation
01:07:43notre collègue
01:07:44de l'ége
01:07:44vient excellemment
01:07:46de démontrer
01:07:47les besoins
01:07:48de sincérisation
01:07:50des chiffres
01:07:51et c'est pourquoi
01:07:52mes chers collègues
01:07:53si vraiment
01:07:54nous voulons être sincères
01:07:55sur ce texte
01:07:56il faut absolument
01:07:58soutenir
01:07:59ces 14 milliards
01:08:00d'euros supplémentaires
01:08:01pas de focalisation
01:08:03sur le chiffre
01:08:04mais simplement
01:08:05parce que ça correspond
01:08:06à la réalité
01:08:07des choses
01:08:08qui aurait dû être actées
01:08:09dès le début
01:08:10je vous remercie
01:08:12Merci mon cher collègue
01:08:13la parole est à monsieur
01:08:14le président
01:08:15Gontard
01:08:19Merci monsieur
01:08:20le président
01:08:23par rapport
01:08:24à ce que monsieur
01:08:24le rapporteur
01:08:25a pu dire
01:08:26je suis d'accord
01:08:27avec une chose
01:08:28c'est sur la question
01:08:29de l'anticipation
01:08:31de la prévision
01:08:31même de la planification
01:08:33mais ici
01:08:34il n'y a pas ceux
01:08:34qui savent lire
01:08:35dans l'avenir
01:08:36qui voient l'avenir
01:08:37et puis ceux
01:08:38qui n'y comprendraient rien
01:08:42voilà
01:08:42et bien justement
01:08:43c'est effectivement
01:08:44c'est lire dans l'avenir
01:08:45et ce sujet
01:08:48ce sujet en tout cas
01:08:49de la prévision
01:08:50je pense que c'est
01:08:52effectivement important
01:08:53mais prévoir
01:08:55c'est regarder
01:08:55très largement
01:08:57effectivement
01:08:58là on est en train
01:08:58de construire une armée
01:08:59en se disant
01:09:00qu'on aura
01:09:01un conflit
01:09:02des conflits
01:09:03ok
01:09:03c'est très bien
01:09:04mais on oublie
01:09:06tout un autre pan
01:09:06c'est à dire que
01:09:08construire une armée
01:09:09c'est une chose
01:09:10qui saura exactement
01:09:12ce qui se passera
01:09:12dans l'avenir
01:09:13on n'en sait rien
01:09:13de toute façon
01:09:15par contre
01:09:15on voit bien
01:09:16qu'on a besoin
01:09:17d'autres aspects
01:09:18on a besoin
01:09:18notamment
01:09:19de la question
01:09:19diplomatique
01:09:20on le voit
01:09:21et on voit
01:09:21qu'on est en train
01:09:22de sabrer
01:09:22totalement
01:09:23notre dynoplamatie
01:09:24on a besoin
01:09:25aussi
01:09:26de l'aide
01:09:27au développement
01:09:28parce que c'est aussi
01:09:29des moyens
01:09:29justement
01:09:30d'une stabilité
01:09:32internationale
01:09:33on est en train
01:09:33de sabrer
01:09:34totalement
01:09:34justement
01:09:36ce champ là
01:09:37mais on est en train
01:09:38de sabrer aussi
01:09:39d'autres choses
01:09:39parce que la question
01:09:40de la sincérité financière
01:09:41et de savoir
01:09:42où est-ce qu'on va
01:09:42trouver l'argent
01:09:43alors là je vois
01:09:44que la droite
01:09:44est très forte
01:09:45pour trouver de l'argent
01:09:46et que ça tombe du ciel
01:09:46comme ça
01:09:47aujourd'hui c'est très bien
01:09:48sur plein d'autres sujets
01:09:49on les explique
01:09:49que c'est pas possible
01:09:50qu'on ne peut pas faire
01:09:51qu'on ne peut pas avancer
01:09:53mais quand on regarde
01:09:54dans l'avenir
01:09:55il suffit pas de regarder
01:09:56dans l'avenir
01:09:56il suffit juste de regarder
01:09:57les chiffres
01:09:57aujourd'hui
01:09:59les morts de la pollution
01:10:01en France
01:10:01aujourd'hui
01:10:02c'est 40 000
01:10:0340 000 morts par an
01:10:05les décès liés
01:10:07au réchauffement climatique
01:10:08c'est environ
01:10:1065 000 par an
01:10:12est-ce qu'on va être
01:10:13en capacité
01:10:14de s'attaquer
01:10:15à cette problématique là
01:10:16je vois que la droite
01:10:17aujourd'hui
01:10:17est en capacité
01:10:18à faire tomber de l'argent
01:10:19à faire tomber des milliards
01:10:20comme ça
01:10:21je pense que là
01:10:22on aurait peut-être
01:10:23intérêt justement
01:10:24à rééquilibrer ces choses
01:10:25et la question
01:10:26de la sincérité
01:10:26et que ça soit d'ailleurs
01:10:28pour ce que propose
01:10:29madame la ministre
01:10:30pour les 50 milliards
01:10:31qui sont proposés
01:10:32cette question
01:10:32de la sincérité
01:10:33on a besoin de savoir
01:10:35où est-ce
01:10:35quels sont
01:10:36quels sont les choix politiques
01:10:37quels sont les pans
01:10:38que vous allez abandonner
01:10:40les services publics
01:10:41qu'est-ce que vous allez
01:10:42arrêter
01:10:42pour financer justement
01:10:44cet objectif là
01:10:45pour l'instant
01:10:45je n'ai rien entendu
01:10:46et je ne vois rien d'autre
01:10:47en tout cas nous
01:10:48évidemment
01:10:48on votera cet amendement
01:10:50pour revenir en tout cas
01:10:51à une trajectoire
01:10:51évidemment beaucoup plus
01:10:53raisonnable
01:10:53même si évidemment
01:10:54on réservera notre vote
01:10:55pour l'ensemble
01:10:56merci
01:10:56merci monsieur le président
01:10:58la parole est à monsieur
01:10:59Marc Lamenny
01:11:02merci monsieur le président
01:11:03madame la ministre
01:11:04mes chers collègues
01:11:06c'est vrai
01:11:07on est confronté
01:11:08à un certain dilemme
01:11:10parce que
01:11:11je dirais
01:11:12les explications
01:11:13des collègues
01:11:14précédemment
01:11:15et puis du
01:11:15président rapporteur
01:11:18au niveau
01:11:18de la commission
01:11:20défense
01:11:21forces armées
01:11:22et précédemment
01:11:23son prédécesseur
01:11:24Christian Cambon
01:11:26qui connaît bien
01:11:27aussi les sujets
01:11:28et puis beaucoup de respect
01:11:30pour tous les membres
01:11:32des commissions
01:11:34concernées
01:11:35bien sûr
01:11:35et je crois que chacun
01:11:37a ses arguments
01:11:37mais c'est vrai
01:11:38qu'il a été quand même
01:11:40rappelé que
01:11:42la notion de sincérité
01:11:44Dominique Deleige
01:11:46en tant que rapporteur
01:11:47spécial de la mission
01:11:48défense
01:11:49l'a fort justement
01:11:51rappelé
01:11:52on sait que
01:11:53on est attaché
01:11:54à la défense
01:11:55à nos militaires
01:11:56et il faut soutenir
01:11:57même si malheureusement
01:11:59la présence militaire
01:12:00n'est pas forcément
01:12:02plus présente
01:12:03dans certains départements
01:12:04le département
01:12:06que je représente
01:12:06il y a
01:12:06heureusement
01:12:07un régiment
01:12:08important
01:12:09troisième régiment
01:12:10du génie
01:12:10mais on a perdu
01:12:11quand même
01:12:11beaucoup d'unités
01:12:13régimentaires
01:12:14donc on est conscient
01:12:15réellement
01:12:16qu'il faut
01:12:16que la tâche
01:12:18est immense
01:12:19et il faut vraiment
01:12:20les moyens financiers
01:12:21les moyens humains
01:12:22mais de l'autre côté
01:12:23le dilemme
01:12:25c'est que
01:12:25d'autres missions
01:12:26d'autres ministères
01:12:27ont aussi
01:12:28beaucoup
01:12:28besoin
01:12:29de
01:12:30de finances
01:12:31on dit toujours
01:12:32le budget
01:12:33de la défense
01:12:34fait partie
01:12:35avec l'éducation nationale
01:12:37la charge
01:12:38de la dette
01:12:38c'était largement rappelé
01:12:40les trois principaux
01:12:41mais aussi
01:12:42il y a énormément
01:12:43à faire
01:12:43sur d'autres
01:12:44ministères
01:12:45la sécurité
01:12:46la justice
01:12:47les missions régaliennes
01:12:48nos trois fonctions
01:12:50publiques
01:12:51bon voilà
01:12:51donc il y a réellement
01:12:52un dilemme
01:12:54notre groupe
01:12:55est partagé
01:12:57en la matière
01:12:58sur le vote
01:12:59final
01:13:00je crois que
01:13:01les choix sont
01:13:02respectables
01:13:03moi à titre personnel
01:13:04je voterai
01:13:05l'amendement
01:13:06du gouvernement
01:13:09merci
01:13:09la parole est à
01:13:11monsieur Bruno
01:13:12Retailleau
01:13:14je pense qu'on est
01:13:16sur une discussion
01:13:16extrêmement importante
01:13:17et ça n'est certainement
01:13:18pas une discussion
01:13:20de comptable
01:13:21ou d'épicier
01:13:23il y a trois points
01:13:24qui me paraissent majeurs
01:13:25en écoutant les uns
01:13:26et les autres
01:13:26et sur lesquels
01:13:27je voudrais répondre
01:13:29l'effectivité
01:13:30la cohérence
01:13:32et le financement
01:13:33l'effectivité
01:13:35certains disent
01:13:35oui mais on sait
01:13:36parfaitement
01:13:36il y aura une élection
01:13:37présidentielle
01:13:38je peux vous le confirmer
01:13:39nous pouvons tous
01:13:39vous le confirmer
01:13:40et que ce soit
01:13:41le format
01:13:42LPM du gouvernement
01:13:44ou le format
01:13:44LPM
01:13:45de la commission
01:13:46il faudra
01:13:47de toute façon
01:13:48retrempé
01:13:49dans la légitimité
01:13:50démocratique
01:13:50les chiffres
01:13:51qui seront votés
01:13:51que ce soit
01:13:52un format
01:13:53ou l'autre
01:13:53première chose
01:13:55sur l'effectivité
01:13:56deuxième chose
01:13:57sur la cohérence
01:13:58évidemment que
01:13:59les chiffres
01:14:00ne parlent pas
01:14:01d'eux-mêmes
01:14:01ce sont des choix
01:14:02les chiffres sont
01:14:03toujours des choix
01:14:04et ces choix
01:14:05doivent être guidés
01:14:05par une cohérence
01:14:07qu'est-ce qui doit
01:14:08guider notre cohérence
01:14:10un c'est la menace
01:14:12l'ensauvagement
01:14:13du monde
01:14:13le retour à l'état
01:14:14sauvage
01:14:15à l'état de nature
01:14:16des relations internationales
01:14:17un désengagement
01:14:18américain
01:14:19on est dans un moment
01:14:20gaullien
01:14:21et l'Europe
01:14:22pas nous
01:14:23mais l'Europe
01:14:24la prend à ses dépens
01:14:25le fondateur
01:14:26de la 5ème république
01:14:27nous avait indiqué
01:14:29dès sa fondation
01:14:30que
01:14:30lorsqu'on le sous-traite
01:14:32lorsque l'on sous-traite
01:14:34sa défense nationale
01:14:36c'est toujours
01:14:36à ses dépens
01:14:37voilà
01:14:38et
01:14:39non c'est le général
01:14:40de Gaulle
01:14:40et je pense que
01:14:41ce moment gaullien
01:14:42cette cohérence là
01:14:43on doit adapter
01:14:44les chiffres
01:14:44à la menace
01:14:45cohérence aussi
01:14:46avec les 3,5%
01:14:48qu'on doit à l'OTAN
01:14:49qui est un chiffre cible
01:14:51et
01:14:51le gouvernement
01:14:53devra
01:14:54donc contraindre
01:14:55si on prenait les chiffres
01:14:56avoir une marche
01:14:57très très haute
01:14:58après 2030
01:14:59ça n'est pas possible
01:15:00il faut lisser
01:15:01et non pas avoir
01:15:02des marches
01:15:02qui soient trop importantes
01:15:03il y a un problème
01:15:04démocratique
01:15:05bon
01:15:05et troisième élément
01:15:06sur cette cohérence
01:15:08c'est nos partenaires
01:15:09l'effort que nous allons faire
01:15:11représentera
01:15:12finalement 47%
01:15:13de l'effort budgétaire
01:15:14allemand
01:15:15par rapport
01:15:16à l'effort de défense
01:15:17160 milliards d'un côté
01:15:18et nous
01:15:19moins que moitié moins
01:15:21si on veut être crédible
01:15:22en Europe
01:15:23si on veut
01:15:24avoir une politique
01:15:25de défense
01:15:25aussi européenne
01:15:26ça commence par là
01:15:28et enfin sur le financement
01:15:29je termine
01:15:30monsieur le président
01:15:30très rapidement
01:15:31il faut créer
01:15:33de la richesse
01:15:33il faut s'éloigner
01:15:35des solutions
01:15:36de gauche
01:15:36la gauche a promis
01:15:37aux français
01:15:38travailler toujours
01:15:39moins vous vivrez
01:15:40toujours mieux
01:15:40auquel cas
01:15:41la pauvreté
01:15:42la pauvreté
01:15:44s'accroît
01:15:44et le niveau
01:15:45de vie des français
01:15:46lui aussi
01:15:47démunit
01:15:48et bien
01:15:48nous ferons des économies
01:15:50et nous recréerons
01:15:51de la richesse
01:15:51et nous financerons
01:15:52la nouvelle LPM
01:15:54c'est comme ça
01:15:54que nous ferons
01:15:55merci
01:15:59madame la ministre
01:16:00et mes chers collègues
01:16:01il est minuit passé
01:16:03je vous propose
01:16:04de poursuivre
01:16:04jusqu'au vote
01:16:05de l'article 2
01:16:08y a-t-il des observances
01:16:10je n'en vois pas
01:16:11il en est ainsi
01:16:13décidé
01:16:13et je donne la parole
01:16:14à madame
01:16:15votre ministre
01:16:16des armées
01:16:18merci monsieur le président
01:16:19je ne vais pas reprendre
01:16:20l'ensemble des éléments
01:16:22que les uns et les autres
01:16:23ont bien voulu
01:16:24mettre en avant
01:16:26on a eu de nombreuses discussions
01:16:27sur la sincérisation
01:16:28moi je veux rappeler
01:16:30qu'on le sait tous
01:16:31on est parti
01:16:32dans la LPM
01:16:33des fameux
01:16:34400 milliards
01:16:35vous avez
01:16:35les uns et les autres
01:16:36rappelé le travail
01:16:37qui a été le vôtre
01:16:38comme rapporteur
01:16:39comme président
01:16:40de la commission mixte
01:16:41on sait que les 13 milliards
01:16:4230 ont été décrits
01:16:43entre les ressources
01:16:45extra-budgétaires
01:16:46les évolutions liées
01:16:47et pilotées
01:16:48plus particulièrement
01:16:49sur le rapport de charge
01:16:50sur la vie
01:16:50des programmes
01:16:51je rajoute
01:16:52dans les comptes
01:16:53que sur 24 et 25
01:16:54dans les deux cas
01:16:55il y a eu des surexécutions
01:16:56d'un milliard
01:16:57à chaque fois
01:16:58ce qui a incontestablement
01:17:00aidé le budget
01:17:02de nos armées
01:17:02et quelque part
01:17:03aujourd'hui
01:17:04moi j'entends
01:17:05avec beaucoup d'intérêt
01:17:06cette notion
01:17:07d'efficacité
01:17:08et précisément
01:17:09c'est parce que
01:17:10le gouvernement
01:17:11veut jusqu'au bout
01:17:13aller vers cette notion
01:17:14d'effectivité
01:17:15que nous vous avons proposé
01:17:17une actualisation
01:17:18de cohérence
01:17:19avec une approche
01:17:21qui est simplement
01:17:21une actualisation
01:17:23née de la RNS
01:17:24de l'année dernière
01:17:25avec l'actualisation
01:17:26de ce format
01:17:27pour après
01:17:28effectivement
01:17:28avoir le livre blanc
01:17:29et cette nouvelle légitimité
01:17:31de l'exécutif 27
01:17:33qui aura cette capacité
01:17:34à reprendre le sujet
01:17:35parce que nous savons
01:17:36combien il faut aller plus loin
01:17:38sur le sujet
01:17:39également
01:17:40de la cohérence
01:17:41on voit bien
01:17:42que la loi
01:17:43que vous aviez votée
01:17:44en 23
01:17:44prévoyait une actualisation
01:17:46en 27
01:17:47pourquoi est-ce que
01:17:48nous l'avons avancé
01:17:49d'un an
01:17:50précisément
01:17:51parce que
01:17:51la situation internationale
01:17:53le commandait
01:17:53parce que oui
01:17:55nous avons besoin
01:17:56que le pays
01:17:57soit en capacité
01:17:58d'apporter
01:17:59les réponses
01:18:00qui permettent
01:18:01à nos armées
01:18:01non seulement
01:18:02d'être entraînées
01:18:03mais de bénéficier
01:18:04des capacités
01:18:05les plus opérationnelles
01:18:06après
01:18:07effectivement
01:18:07on peut se comparer
01:18:09avec l'Allemagne
01:18:09l'Allemagne
01:18:10le remboursement
01:18:11de la dette
01:18:11est le troisième
01:18:12poste budgétaire
01:18:13pour l'Allemagne
01:18:13au moment où nous nous parlons
01:18:14ils ne sont pas
01:18:15en processus
01:18:16de déficit
01:18:18comme nous le sommes
01:18:19aujourd'hui
01:18:20mais en revanche
01:18:20nous devons
01:18:21à la vérité
01:18:22de dire que
01:18:23nous ne partons pas
01:18:24de la même situation
01:18:25la situation
01:18:26de l'armée
01:18:27française
01:18:28des armées
01:18:29françaises
01:18:29et heureusement
01:18:30d'ailleurs pour nous
01:18:31n'est pas dans la situation
01:18:33des armées allemandes
01:18:35qui reconstituent
01:18:36complètement
01:18:37maintenant
01:18:38sur le sujet
01:18:39qui est celui
01:18:40de la dépendance
01:18:43et de la souveraineté
01:18:44je crois que nous pouvons
01:18:45nous retrouver
01:18:46sur cette notion
01:18:47éminemment
01:18:49qui est précisément
01:18:50celle de la souveraineté
01:18:52quels qu'aient été
01:18:53les exécutifs
01:18:54depuis 1960
01:18:55cette notion
01:18:56de souveraineté
01:18:57a été gardée
01:18:58c'est vrai pour la dissuasion
01:18:59c'est vrai
01:19:00comme pour le conventionnel
01:19:02il n'y a qu'à regarder
01:19:02la carte
01:19:03de l'aviation de chasse
01:19:04en Europe
01:19:04regarder la carte
01:19:06également
01:19:07en matière de marine
01:19:08des équipements
01:19:09nous pouvons
01:19:10mettre en avant
01:19:11la souveraineté
01:19:12et pour celles
01:19:12et ceux
01:19:13qui considèrent
01:19:14que globalement
01:19:15tout n'a pas été fait
01:19:17je suis la première
01:19:17à le reconnaître
01:19:18mais l'actualité
01:19:19que nous vivons
01:19:20actuellement
01:19:20a démontré
01:19:21notre capacité
01:19:22de mettre en avant
01:19:24en matière maritime
01:19:26au mois de mars dernier
01:19:28un engagement
01:19:29exceptionnel
01:19:29que nous sommes
01:19:30les seuls
01:19:31en Europe
01:19:31à avoir été
01:19:32en capacité de faire
01:19:34enfin quelqu'un
01:19:35a été invité
01:19:35dans ce débat
01:19:36ce soir
01:19:36sans être là
01:19:37je ne suis pas
01:19:38son avocat
01:19:39mais il est important
01:19:40et il n'en a pas besoin
01:19:41d'ailleurs
01:19:41mais il est important
01:19:42quand même
01:19:42de rappeler les choses
01:19:43je veux parler
01:19:45évidemment
01:19:45du ministre
01:19:47de la défense
01:19:48qui est aujourd'hui
01:19:49notre premier ministre
01:19:50la copie
01:19:51que nous discutons
01:19:52ce soir
01:19:53c'est précisément
01:19:54celle qu'il avait
01:19:55commencé à préparer
01:19:56et ce sont
01:19:57précisément
01:19:58les tableaux
01:19:59qui avaient été
01:20:00préparés
01:20:01dans la suite
01:20:02de la LPM
01:20:03qui avait été votée
01:20:04quant au tweet
01:20:06auquel il est référence
01:20:07ce tweet
01:20:08a posé
01:20:09des éclairages
01:20:10de format
01:20:11il n'y avait pas
01:20:12de date
01:20:12sur les moments
01:20:13auxquels
01:20:14il convenait
01:20:15de remplir
01:20:16ces différents formats
01:20:17c'est là encore
01:20:19un élément
01:20:19que je souhaitais
01:20:20partager avec vous
01:20:21en vous redisant
01:20:22l'attachement
01:20:23qui est le mien
01:20:24en loyauté
01:20:25vis-à-vis
01:20:26du gouvernement
01:20:27auquel j'appartiens
01:20:28parce que
01:20:29être au banc
01:20:31au nom du gouvernement
01:20:32cela veut dire
01:20:33quelque part
01:20:34avoir des responsabilités
01:20:35en termes budgétaires
01:20:37ça serait probablement
01:20:38très confortable
01:20:39mesdames et messieurs
01:20:40les députés
01:20:40mais n'allons pas
01:20:41à 50
01:20:42les sénateurs
01:20:43n'allons pas à 50
01:20:44allons à 100
01:20:45voyons
01:20:46allons-y
01:20:46la réalité nous rattrapera
01:20:48beaucoup trop vite
01:20:49le respect que nous avons
01:20:50pour les industriels
01:20:52pour les militaires
01:20:53mérite de limiter
01:20:54nos ardeurs
01:20:58Monsieur Mélouli
01:21:01j'aimerais qu'on passe au vote
01:21:03s'il vous plaît
01:21:03mon cher collègue
01:21:04allez-y
01:21:06merci monsieur le président
01:21:07je ne vais pas alourdir
01:21:07le débat
01:21:08mais je suis quand même
01:21:09je me posais une question
01:21:11parce qu'en fait
01:21:12on a chopé des articles 40
01:21:13pour beaucoup moins que ça
01:21:14et je me disais
01:21:16en fait des articles 40
01:21:17moins de 10 milliards
01:21:18c'est article 40
01:21:18au-dessus de 10 milliards
01:21:19ça ne passe plus
01:21:19donc je sais que maintenant
01:21:21les amendements
01:21:21au lieu d'élargir des périmètres
01:21:23à quelques milliers d'euros
01:21:24ou quelques centaines de milliers d'euros
01:21:25ou quelques millions
01:21:26je sais que maintenant
01:21:26il faut mettre des milliards
01:21:27et ça passe au Sénat
01:21:31merci mon cher collègue
01:21:33alors je mets au voix
01:21:34l'amendement 123
01:21:36de Monsieur Temal
01:21:38et de ses collègues
01:21:39et l'amendement identique
01:21:40208 du gouvernement
01:21:43la commission a rendu
01:21:45un avis défavorable
01:21:47sur ces deux amendements
01:21:48et j'ai été saisi
01:21:49d'une demande
01:21:50de scrutin public
01:21:53par la commission
01:21:55et par le groupe socialiste
01:21:59le scrutin est ouvert
01:22:01le scrutin est clos
01:22:07nombre de votants 342
01:22:09exprimé 331 pour 168
01:22:12contre 163
01:22:13le Sénat a adopté
01:22:19nous
01:22:20je mets au voile
01:22:22l'amendement
01:22:23il tombe
01:22:24l'amendement 173
01:22:26de Monsieur
01:22:27Salvoldelli
01:22:28tombe
01:22:29je vais mettre au voile
01:22:31l'article 2
01:22:37qui est pour
01:22:39qui est pour
01:22:44qui est contre
01:23:13qui s'abstient
01:23:14l'article 2
01:23:16n'est pas adopté
01:23:18voilà donc pour
01:23:19ces débats
01:23:20dans l'hémicycle
01:23:21et ce coup de théâtre
01:23:21la majorité du Sénat
01:23:22qui s'est ralliée
01:23:24aux positions du gouvernement
01:23:25contre la volonté
01:23:26de la droite
01:23:27d'augmenter
01:23:28encore davantage
01:23:29l'enveloppe
01:23:30allouée à nos armées
01:23:31les débats vont désormais
01:23:32se poursuivre
01:23:33dans l'hémicycle
01:23:34on suivra ça bien évidemment
01:23:35avec beaucoup d'attention
01:23:36sur public
01:23:37Sénat
01:23:38voilà c'est la fin
01:23:38de cette émission
01:23:39merci de l'avoir suivi
01:23:40restez avec nous
01:23:41l'information politique
01:23:42continue sur notre antenne
01:23:43Sous-titrage Société Radio-Canada
01:23:51Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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