00:00Cet article 2, il est évidemment particulièrement important, puisqu'il modélise le choix que nous avons fait en commission de
00:09revenir sur une trajectoire que nous considérons comme cohérente.
00:13Je l'ai dit tout à l'heure, puisque je me suis exprimé à la tribune et j'ai développé
00:16un certain nombre de choses, elle est cohérente à plusieurs titres.
00:19Elle est cohérente d'abord parce que depuis un an maintenant, depuis notamment la mise en œuvre et la publication
00:26de la revue nationale stratégique, qui je rappelle a été travaillée, y compris au Sénat, et acceptée, y compris par
00:31l'ensemble des groupes présents à la commission,
00:34la menace est évidente et je crois que dans le paragraphe 7 que j'ai lu à la tribune tout
00:38à l'heure, la question d'un choc, d'une hypothèse de choc majeure à la frontière Est d'ici
00:453 ou 4 ans est quelque chose qui est une hypothèse plausible.
00:49Et il me semble aujourd'hui que la cohérence de la loi de programmation militaire qu'on propose ici au
00:54Sénat, elle est évidemment en rapport avec cette nécessité de se réarmer pour se préparer à un éventuel choc,
01:03que nous espérons tous, ce qui n'arrivera jamais, mais malheureusement personne n'a la certitude que ce soit le
01:08cas.
01:09La deuxième chose, c'est une loi de programmation militaire de cohérence par rapport à l'OTAN.
01:13On ne peut pas aller à l'AE, prendre des engagements et dire à nos alliés de l'OTAN que
01:21nous sommes tout à fait d'accord pour que la trajectoire budgétaire de la France
01:26nous amène en 2035 à 3,5% de PIB consacré aux armées et qu'en même temps, on est
01:34depuis 2023 et jusqu'en 2030, une progression qui nous amène à 2,43.
01:41Alors on ne sera peut-être pas d'accord sur les chiffres, on va arriver à 2,5% du
01:44PIB.
01:44Ça veut dire qu'entre 2023 et 2030, on aura progressé de 0,5% de PIB et on laisserait
01:52à la génération future, ou peut-être à nous-mêmes ou à quelques-uns d'entre nous ici,
01:57le droit ou l'obligation peut-être de progresser entre 2030 et 2035 de 1 point de PIB.
02:03Ça veut dire qu'aujourd'hui, la trajectoire budgétaire telle qu'elle est présentée par le gouvernement nous amène à
02:08un budget de 76,3 milliards d'euros en 2030,
02:12là où la trajectoire budgétaire de la Commission, qui est proposée aujourd'hui à votre avis, mesdames et messieurs les
02:19sénateurs, nous amène à 83,9.
02:21On est encore très loin du poids de forme que le Président de la République, chef des armées, dans son
02:26discours le 13 juillet dernier à Brienne, a annoncé,
02:30c'est-à-dire entre 90 et 100 milliards. Poids de forme, 90 et 100 milliards, le gouvernement 76,3,
02:37la Commission 83,9.
02:38On est encore loin de cela. Et si nous devions évidemment continuer cet effort pour arriver à 3,5%,
02:45cela veut dire que si nous considérions la trajectoire du gouvernement comme réaliste, nous devrions mettre entre 12 et 14
02:51milliards d'euros entre 2030 et 2035 tous les ans
02:54pour arriver au montant estimé à 3,5%. Je pose la question à chacune et chacun d'entre vous, est
03:01-ce que c'est réalisable ? Est-ce que c'est réaliste ? Est-ce que ce sera faisable ?
03:04Je ne le crois sincèrement pas. Et donc la cohérence que la Commission souhaite apporter ici en rapport avec les
03:12engagements que nous avons pris auprès de l'OTAN,
03:14c'est d'avoir un lissage dans le temps, de permettre dès l'année prochaine d'avoir une augmentation de
03:19500 millions d'euros,
03:20ce qui n'est pas complètement infaisable, et ensuite d'avoir une trajectoire qui soit linéaire jusqu'en 2030 de
03:256,7 milliards d'euros
03:26afin d'arriver au 83,9, ce qui nous permet évidemment dans le temps cumulé d'obtenir, et vous le
03:32répétez tous à l'envie depuis ce début d'après-midi,
03:3514 milliards d'euros supplémentaires que nous pourrions consacrer à notre défense.
03:39Ça n'a rien de personnel, ça n'a rien de revanchard ou je ne sais quoi. J'entends parfois
03:45des agacements.
03:47Mais ce que nous voulons, en fait, c'est donner juste à notre armée les moyens d'assurer la défense
03:51de la France et des Français.
03:53Rien de plus. Et si vous considérez aujourd'hui que la revue nationale stratégique dit des choses qui sont complètement
04:00fausses,
04:00alors effectivement, il n'est pas nécessaire d'aller aussi vite pour progresser.
04:05En revanche, si on considère que ce que nous avons voté ici, ce que nous avons décidé ici, ce que
04:09le gouvernement, via le secrétariat général à la Défense et la Sécurité nationale,
04:12a mis en œuvre au mois de juillet pour donner une copie au président de la République, dans laquelle il
04:16annonce, paragraphe 7,
04:17que potentiellement il peut y avoir un choc majeur à l'Est hypothétique, mais malheureusement personne ne le sait ici,
04:23madame Irma ne siège pas au Sénat, et donc il faut se préparer tout simplement.
04:28Et se préparer, ça veut dire se donner les moyens.
04:29J'ai expliqué tout à l'heure qu'en 1937, le gouvernement avait sollicité auprès du Sénat des 30 milliards
04:40d'euros de budget complémentaire.
04:42Ça lui a été refusé.
04:44Les arguments étaient simples.
04:46Pour certains, on considérait que nous n'avions pas les moyens et que la France ne pouvait pas supporter un
04:50tel effort.
04:51Pour d'autres, on considérait qu'il n'y avait pas besoin d'avion puisque nous n'avions pas de
04:55pilote.
04:56Et pour les troisièmes, eh bien, il considérait que les Allemands n'attaqueraient pas avant 1941.
05:01Vous connaissez la suite aussi bien que moi, et il n'est pas nécessaire d'y revenir.
05:05Il est toujours mieux de se préparer plutôt que de subir.
05:08Et je crois qu'aujourd'hui, la Commission telle qu'elle a voté cet amendement, majoritairement,
05:13et qui a été introduit dans la loi de programmation militaire et sur laquelle le gouvernement et le groupe socialiste
05:18veulent revenir,
05:19est un amendement qui nous permet d'avoir une loi de programmation qui soit cohérente.
05:23Évidemment, elle peut paraître importante.
05:26Je peux comprendre parfaitement que Mme la Ministre soit agacée par cet amendement,
05:31parce qu'évidemment, Bercy va être très mécontent.
05:34Mais je rappelle quand même qu'on le dit depuis très longtemps, le principal ennemi de la défense, c'est
05:37Bercy.
05:38Je ne crois pas qu'en regardant Dominique Delège, il puisse dire le contraire.
05:42Les gels, les surgels et le reste, c'est quand même Bercy.
05:44Et donc, ils ne seront pas contents, c'est une évidence.
05:47Mais je pense que si demain, nous devions malheureusement être confrontés à un choc majeur,
05:51le coût pour l'économie française, pour l'économie mondiale, serait sans commune mesure avec les 14 milliards d'euros
05:57supplémentaires que nous demandons.
05:58Et puis, dernier point qui me paraît important de souligner, c'est un retour en arrière.
06:032023.
06:04En 2023, on nous annonce une loi de programmation militaire de 400 milliards plus 13,3 milliards, mon cher Christian.
06:10Ce qui nous fait 413,3.
06:12Aujourd'hui, le gouvernement nous annonce un budget de 400 plus 36.
06:16La question que je pose et que j'ai posée au Conseil des finances publiques, c'est où sont les
06:2013,3 ?
06:21Eh bien, la réponse, je l'attends toujours.
06:22Parce que la réalité, c'est que si vraiment les 13,3 milliards existent,
06:27400 plus 36 plus 13,3, excusez-moi, j'ai fait du droit, pas des maths, mais ça fait quand
06:30même 449,3.
06:31Ça fait juste 700 millions d'euros d'écart avec ce que la Commission, aujourd'hui, propose de mettre sur
06:36la balance pour équiper nos armées.
06:39En 2023, on nous a pris pour les poulets de l'année, on nous a pris pour des imbéciles, en
06:44nous disant qu'on n'y comprenait rien.
06:46Mais 3 ans après, qu'est-ce qu'on a fait ?
06:48Finalement, on est venu nous demander les 30 milliards d'euros supplémentaires qu'on réclamait en 2023.
06:52Et donc aujourd'hui, ce que nous demandons, c'est juste, finalement, d'appliquer la loi de programmation militaire telle
06:58qu'elle a été présentée en 2023,
06:59400 plus 13 plus 36, 449, et on rajoute une petite poire de 700 millions d'euros.
07:05Voilà la réalité. Et donc aujourd'hui, ce qu'on demande, ce soir en tout cas au Sénat, de faire,
07:12c'est d'accepter l'augure que potentiellement il puisse y avoir un choc frontal en 2030,
07:17qui nous le souhaitons tous et prions tous les matins pour cela, ça n'arrivera jamais,
07:20mais il vaut mieux être prêt, et donc on vous demande d'accepter, de nous donner les moyens,
07:24de donner à nos armées les moyens d'assurer la sécurité de la France et des Français. Merci.
07:27Applaudissements
07:29Applaudissements
07:30Applaudissements
07:30Applaudissements
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