00:00RMC Estelle Midi, on n'arrête pas le progrès.
00:04Et aujourd'hui Anthony, on va parler d'un enjeu médical, celui de désengorger les urgences.
00:10On sait que les hôpitaux sont soumis à une pression de plus en plus importante.
00:12On attend de plus en plus longtemps aux urgences.
00:15Et l'une des solutions pour lutter contre ça, c'est de s'appuyer sur les nouvelles technologies.
00:19Exactement, pour désengorger les urgences, pour limiter le temps d'attente des patients,
00:22pour faire gagner du temps aussi aux soignants.
00:24Et ça, il y a des technologies incroyables.
00:26Je vais vous en présenter deux ou trois.
00:27La première, vous savez, c'est quand vous appelez les urgences.
00:29Parce que quand on appelle le SAMU, on tombe sur un opérateur.
00:32Et là, il y a déjà un premier problème.
00:34C'est qu'il y a des gens, ils appellent, ils ont juste un petit bobo.
00:36Donc c'est un peu dommage.
00:36Ils embouchent, ils créent des embouteillages.
00:38Et puis il y a ceux qui appellent, qui ont un vrai truc grave.
00:40Et ça ne va pas forcément être détecté.
00:42Et il y a eu des drames comme ça.
00:43Et donc là, il y a des outils qui commencent à être mis en place.
00:46Utilisés par exemple par SOS Médecins en région parisienne.
00:49Où ils utilisent en fait une intelligence artificielle
00:51qui va écouter les conversations quand vous appelez un opérateur du SAMU.
00:55Et ça va servir d'oreille augmentée d'une certaine manière.
00:58C'est-à-dire que cette intelligence artificielle,
00:59elle va être capable de détecter en analysant la respiration,
01:03le ton, le rythme de la voix, la prosody, c'est-à-dire le débit de parole.
01:07En plus de ce que vous dites, eh bien une détresse respiratoire,
01:10un début d'AVC, un infarctus.
01:12Dans la voix, dans les sonorités, on est capable de détecter ça aujourd'hui.
01:16Même si un humain, il aurait pu passer à côté.
01:18Et donc quand on couple l'écoute de l'humain
01:20plus l'écoute de cette oreille augmentée par intelligence artificielle,
01:23eh bien en termes de tri des patients, déjà on gagne du temps
01:26et on est beaucoup plus efficace.
01:27La deuxième chose, c'est un outil qui s'appelle iWin.
01:30Même chose, quand on appelle les urgences,
01:31c'est vrai que les appels aux urgences, ça n'a pas tellement changé en plusieurs décennies.
01:34Or aujourd'hui, on a quand même dans la poche,
01:36on a tous un petit truc qui s'appelle un smartphone
01:37qui est équipé d'une caméra.
01:39Pourquoi ne pas utiliser la caméra ?
01:41Donc là, en gros, vous appelez les urgences
01:43et ce qui va se déclencher, c'est la caméra,
01:45ou plutôt les deux caméras du téléphone, à l'arrière et à l'avant.
01:47Et on va filmer tout ce qui se passe en contexte autour de vous.
01:49Donc votre visage, s'il y a un carambolage, s'il y a eu un accident,
01:54votre niveau de stress, le sang qui coule peut-être,
01:57je peux vous passer des détails,
01:59mais en tout cas, ça va permettre d'analyser précisément la situation,
02:02d'envoyer un message au secours, enfin pré-diagnostic,
02:05et ça va leur permettre d'intervenir de manière beaucoup plus efficace
02:08dans la fameuse heure d'or, vous savez, les quelques minutes
02:11qui sont très très très très importantes
02:13parce que chaque minute qui passe,
02:14ça limite l'espérance de vie du patient.
02:17Donc quand on couple tout ça,
02:19finalement, on gagne beaucoup de temps et d'efficacité.
02:21Alors ça, c'est quand on appelle le 15,
02:23mais parfois on va aux urgences sans appeler le 15,
02:25et là, c'est engorgé, et parfois on attend 4, 5, 6 heures.
02:28Comment on fait pour désengorger les urgences ?
02:30Alors là aussi, il y a des outils qui commencent à être testés
02:32et qui utilisent de l'intelligence artificielle.
02:34Un outil qui s'appelle Calypse, par exemple,
02:36qui va, écoutez bien parce que ça paraît dingue,
02:38qui va être capable de déterminer,
02:40de deviner quasiment au patient près
02:42combien de personnes vont arriver aux urgences
02:44dans l'heure qui vient, dans les urgences.
02:46C'est incroyable. Alors, ce n'est pas de la magie, évidemment.
02:48C'est de la tech, c'est de la science.
02:49Et en fait, comment on est capable de faire ça ?
02:51Eh bien, en fait, l'intelligence artificielle,
02:52elle va se reposer sur une masse de données
02:54du passé de cet hôpital.
02:56Donc on sait, à telle période de l'année,
02:58c'est plus ou moins engorgé,
02:59parce que telle ou telle chose, etc.
03:00On va coupler ça avec des informations contextuelles
03:02sur ce qui est en train de se passer en ce moment.
03:03La météo, très important.
03:05En cas de canicule, s'il y a du verglas, c'est dangereux.
03:07S'il y a une grosse rencontre sportive,
03:09une grosse manifestation,
03:10où là, il peut aussi se passer des choses.
03:11La fête de la bière.
03:12La fête de la bière, éventuellement.
03:14Non, mais c'est vrai, évidemment.
03:15Des gros événements.
03:17Et en fonction de tout ça,
03:18on va être capable de déterminer,
03:19alors ce n'est pas aux patients près,
03:20j'ai exagéré un petit peu, évidemment,
03:21mais ça donne un niveau de finesse
03:23sur le nombre de personnes
03:24qui vont arriver aux urgences.
03:25Et ça permet, évidemment,
03:26de mieux optimiser le personnel que tu vas avoir,
03:30les lits que tu vas mettre à disposition.
03:33Et donc, finalement,
03:33de faire moins attendre potentiellement les patients.
03:35On a aussi un manque de soignants
03:37pour prendre en charge les gens
03:39qui arrivent aux urgences.
03:40Vous avez aussi une solution
03:41pour lutter contre ça ?
03:41Oui, bien sûr.
03:42Alors, il y a des solutions, encore une fois,
03:44même s'il faut les mettre en place,
03:45ça prend du temps,
03:46ça coûte aussi de l'argent.
03:46Mais là encore,
03:47on va utiliser de l'intelligence artificielle.
03:49Vous savez que l'IA, maintenant,
03:50elle est beaucoup plus efficace
03:51que les médecins
03:52pour analyser des images médicales, notamment.
03:54Et en fait, quand on arrive aux urgences,
03:55il y a un des trucs
03:55pour les cas les plus fréquents,
03:57c'est les fractures.
03:58Et donc, on arrive.
03:59Et donc, il y a des outils, maintenant,
04:00qui sont capables d'analyser
04:02et de détecter des fractures
04:03avec un niveau de précision
04:04que même les médecins humains
04:05n'arrivent pas à avoir.
04:06Parce que parfois,
04:07il y a beaucoup d'erreurs, en fait,
04:08sur la détection de fractures.
04:09Il y a beaucoup de cas
04:10où les médecins sont fatigués,
04:11où ils n'ont pas le temps,
04:11où le radiologue de service
04:12n'est pas là,
04:13où il n'est plus disponible.
04:14Et donc, c'est un médecin
04:15qui n'est pas forcément formé
04:16spécifiquement là-dessus,
04:17qui va essayer de lire l'image.
04:18Donc, ça crée des erreurs.
04:20Et bien là, c'est un outil
04:20qui s'appelle BoneView.
04:21Et bien, il va être capable
04:22de limiter 80%
04:24des erreurs de diagnostic
04:26sur les fractures.
04:28Donc, c'est absolument massif.
04:29C'est un exemple.
04:30On pourrait en citer plein d'autres.
04:31Mais ça permet, là encore,
04:33d'avoir une meilleure prise en charge,
04:35de gagner du temps aussi,
04:36parce que ça se fait
04:36de manière totalement automatisée
04:37grâce à l'intelligence artificielle
04:39et donc de gagner en efficacité
04:40dans nos services d'urgence.
04:41Merci beaucoup, Anthony,
04:42pour toutes ces explications.
04:43Vous ne servez pas
04:44qu'à supprimer des emplois.
04:45C'est le plaisir.
04:47De le dire.
04:48Merci beaucoup.
04:49Anthony, on parle de quoi demain ?
04:50À demain.
04:51Alors, je vais vous proposer
04:53une femme de ménage.
04:54Mais c'est gratuit.
04:55C'est complètement gratuit.
04:55Mais c'est très bien, ça ?
04:56Oui, c'est que aux Etats-Unis
04:58pour l'instant.
04:58Ça pourrait arriver chez nous.
05:00Mais bon, il y a une petite
05:01contrepartie quand même.
05:02Mais je vous en parlerai demain.
05:03C'est quoi ?
05:04Je ne vais pas vous le dire maintenant.
05:05Mais non, regardez la vie,
05:06j'aimerais être coton.
05:07Donnez-nous un indice, allez.
05:08Il y a une caméra.
05:10Ah, bon.
05:12Eh bien, je vais payer.
05:13C'est mieux.
05:14Merci beaucoup, Anthony Morel.
05:16Tous les jours,
05:16midi 50 dans Estelle,
05:17midi 11.
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