00:00Alors il faut rappeler que les événements qui se sont déroulés ce week-end, majoritairement, étaient au sein de la
00:05préfecture de police de Paris,
00:06dans une zone de compétence qui n'est pas celle de la gendarmerie nationale, mais pour laquelle la gendarmerie place
00:11à disposition des forces,
00:12à savoir notamment les escadrons de gendarmerie mobile. Ce sont près de 2000 gendarmerie mobile qui étaient déployés.
00:17Nous avons en fait, à l'occasion de ce week-end, deux schémas qui viennent s'entrechoquer.
00:22D'un côté, ce qu'on appelle vraiment le maintien de l'ordre, c'est-à-dire le contrôle d
00:26'une foule qui est venue pour célébrer, pour faire la fête.
00:30Et au sein de cette foule, des personnes qui en profitent pour venir s'introduire, s'immiscer, éventuellement accéder à
00:36des biens pour les dégrader, pour les piller,
00:38et à l'opportunité, agresser ou casser. Et là, en fait, on va basculer sur des schémas qui sont plutôt
00:44des schémas de violence type urbaine.
00:45C'est-à-dire qu'alors que vous êtes en train de maîtriser une foule en la maintenant à distance
00:50et en faisant en sorte que les choses se passent bien,
00:52il faut en même temps être particulièrement mobile pour pouvoir rapidement rejoindre des points très précis sur lesquels vous avez
00:58des petits groupes
00:59qui, eux-mêmes, vont très rapidement fuir et réagir.
01:02Quelles leçons vous tirez de ce qui s'est passé samedi soir ? Notamment dans la capitale, mais pas que.
01:08Les leçons, elles ont été tirées notamment par le ministre de l'Intérieur sur le volume conséquent d'interpellations,
01:14qui montrent que le dispositif a tout de même réussi à s'adapter et à venir interpeller ces fameuses personnes
01:20que je décrivais comme particulièrement mobiles
01:22au sein d'une foule elle-même qui est dense et qui n'est faite que de gens qui viennent
01:26célébrer.
01:27Donc il faut aussi voir là-dedans la qualité du travail qui doit être fait puisqu'il faut réussir à
01:33avoir un usage proportionné de la force
01:34face à des gens qui viennent célébrer et fêter et en même temps être capable d'interpeller des personnes qui,
01:39elles, sont particulièrement mobiles.
01:40Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, dit que les policiers et les gendarmes sont intervenus dès qu'il y
01:44a eu des exactions.
01:45Donc il dit que c'était sous contrôle, il y a eu une exaction, on intervient, on interpelle et on
01:52fait stopper ces exactions.
01:54C'est-à-dire qu'en fait, on touche là le problème, c'est-à-dire qu'on attend que
01:59les racailles cassent et ensuite on intervient.
02:03Mais alors ça met du temps d'intervenir parce qu'il faut localiser l'exaction, il faut envoyer des troupes.
02:08Donc c'est-à-dire qu'en dix minutes, on fait brûler un magasin.
02:10Il y a un dispositif qui est déjà prépositionné en amont.
02:13Il y a des filtrages qui sont réalisés, il y a des contrôles.
02:15Il y a des personnes à l'occasion de ces contrôles qui sont réalisés, qui ont pu être interpellées et
02:19qui portaient justement les mortiers,
02:21qui est un engin qui est de plus en plus employé.
02:23Moi, je parlerais d'armes pyrotechniques, qui est utilisé en tir à l'horizontale,
02:28qui prend pour cible les policiers et les gendarmes et qui fait pas mal de dégâts et qui bénéficie justement
02:33de cette distance
02:33qui, par conception même, est-ce que nous recherchons dans un premier temps
02:38à maintenir ?
02:39Donc là, ensuite, c'est la raison pour laquelle il faut être particulièrement mobile.
02:41Vous avez raison.
02:42Il faut être capable en même temps de pouvoir se déplacer, sous le signe de la rapidité,
02:46au milieu d'une foule qui elle-même n'est pas forcément constituée que de personnes qui sont agressives.
02:51Est-ce que vous diriez que les consignes sont très claires,
02:53les consignes données à vos collègues sur le terrain ?
02:55C'est extrêmement clair.
02:57Ou est-ce que vous diriez qu'en réalité, c'est pas si clair que ça,
03:02qu'on demande à vos collègues de retenir leurs bras et leurs mains ?
03:08Il faut faire confiance à l'intelligence locale.
03:10La consigne, qui est une consigne globale, qui est une consigne de fermeté,
03:14elle est très claire.
03:15Une fois que vous êtes sur le terrain, en fonction de la façon dont le terrain est lui-même configuré
03:19et la foule que vous avez face à vous,
03:21c'est le chef local et les militaires de la gendarmerie, potentiellement les policiers,
03:25qui vont devoir faire preuve tout simplement d'intelligence situationnelle
03:28pour juger s'il est opportun d'agir ou non.
03:31Il ne faut pas occulter une chose.
03:32Il y a toujours une valeur qui l'emportera sur une autre.
03:34La valeur de la vie sur la valeur des biens.
03:37Et donc vous êtes systématiquement sur le terrain,
03:40en train de peser cette valeur, ces deux valeurs qui viennent se confronter,
03:43pour savoir si, par votre propre action,
03:46vous n'allez pas entraîner un déplacement de foule,
03:48voire même impacter des personnes qui sont là pour célébrer,
03:51au sein desquelles il y a ce petit noyau de personnes qui, elle, est venu pour casser.
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