00:00Jacques Cardoz.
00:01Eric Revelle est avec nous.
00:03Cher Jacques, bonjour.
00:04Alors, ce mano-a-mano politique entre Gabriel Attal et Edouard Philippe, il s'installe.
00:09Il faut s'en souvenir, Gabriel Attal avait dit, moi peut-être que je me retirerais.
00:13Vous, vous dites, cette rivalité dans un premier temps, elle peut faire des étincelles.
00:17Bah oui, à ma gauche, Gabriel Attal, ex-premier ministre, secrétaire général du parti Renaissance.
00:22Il a 37 ans, il a officialisé sa candidature, vous en souvenez, j'en suis sûr, le 22 mai dernier
00:28dans l'Aveyron.
00:28Un peu façon Jacques Chirac, vous savez, au cul des vaches.
00:31Bon, c'est vrai qu'il a l'image un peu de parisien quand même, Gabriel Attal.
00:34Il a tenu son premier grand meeting, samedi, à Paris-Porte de Versailles.
00:39Peut-être pas le meilleur jour qu'il ait pu choisir d'ailleurs.
00:41Oui, il y a eu une polémique là-dessus, sur est-ce que c'était vraiment le bon moment.
00:43Bah oui, il y avait quand même la finale du PSG.
00:45Il a bien réagi, il a dit, non mais vous pourrez voir aussi la finale du PSG en venant voir
00:49le meeting.
00:49Voilà, donc à ma gauche, Gabriel Attal.
00:51À ma droite, Edouard Philippe, président d'Horizon, maire du Havre, 55 ans, ex-premier ministre aussi.
00:55Il est déjà dans les starting blocks depuis longtemps.
00:58Alors, les deux hommes, Jacques, se disputent le même espace politique.
01:03L'héritage, bon, moi je leur souhaite bon courage, l'héritage plus que critiqué du macronisme.
01:08L'électorat, bah, du centre-droit, du centre.
01:11Et puis, il vise une sorte de recours raisonnable face au RN de Bardella,
01:16qui est toujours largement en tête des sondages.
01:19Edouard Philippe avait demandé, quand même, on a oublié,
01:22alors qu'il se met un peu dans les pas de Macron.
01:25Il avait demandé la démission, par dignité, d'Emmanuel Macron, vous en souvenez,
01:29après la dissolution ratée de l'Assemblée Nationale.
01:32Puis, Gabriel Attal, qui doit tout, quand même, à Emmanuel Macron,
01:35il a pris aussi ses distances avec son mentor de l'Elysée,
01:38en appelant, bah, tiens, lors de ce meeting, à réformer.
01:42Bah, oui, oui, ça, pour réformer, il faut réformer le pays.
01:45Et il a même pris position sur l'immigration, Gabriel Attal, vous voyez.
01:48Alors, je disais, à ma gauche, Attal, à ma droite, Edouard Philippe,
01:51bon, tout ça est un peu plus compliqué.
01:53Bon, le duel entre Attal et Edouard Philippe est, en tous les cas,
01:56lancé à fleurer moucheté, et ça pique.
01:58Ah bah oui, ça pique, parce que, normalement,
02:00il y a une sorte de pacte de non-agression,
02:03qui tient, pour l'instant, entre les deux hommes.
02:05Ils ont convenu de ne pas trop s'attaquer frontalement,
02:08jusqu'au début de 2027,
02:10pour préserver le socle commun,
02:13le fameux bloc central,
02:14c'est-à-dire Renaissance, Horizon, Madame UDI.
02:16Il y a même un comité de liaison, Jacques, qui existe.
02:20Bah, les pics indirects et la concurrence,
02:22par meeting, interview, interposé,
02:24ont commencé, et se durcit.
02:26Bah, le problème, quand même, sur ce fameux bloc central,
02:28moi, je le redis, parce que je le pense.
02:30C'est quoi, le bloc central ?
02:32Bah, le problème, c'est que le bloc n'existe pas,
02:34entre Edouard Philippe et Attal,
02:36puis, il n'a rien de central,
02:37parce que les deux durcissent, à droite, leur discours.
02:40Mais, il y a une sorte de primaire sauvage
02:42qui s'est engagée entre les deux hommes.
02:44Elle est à haut risque, vous l'avez dit tout à l'heure,
02:45parce que c'est l'expression qui revient beaucoup.
02:48Attention, à ne pas trop diviser le camp,
02:50parce que ça va être dur de ressouder tout ça.
02:53Je te pensais, d'ailleurs, à Chirac-Baladur en 1995.
02:56Il s'était tellement déchiré
02:57qu'ensuite, les Baladuriens ne parlaient plus aux Chirakiens.
03:00Alors, en termes de sondage,
03:02Edouard Philippe est nettement devant,
03:03pour l'instant, Attal.
03:06Philippe, il est considéré comme bon,
03:08plus crédible, plus expérimenté, plus sérieux.
03:10Il a 55 ans, je vous le disais.
03:12Attal, il progresse,
03:13depuis son officialisation jeune, dynamique,
03:16bon orateur,
03:16et surtout très bon en campagne électorale.
03:18Mais il reste derrière.
03:20Les deux, évidemment, sont très, très, très loin,
03:23largement distancés,
03:24en tout cas sur le premier tour,
03:25par le RN de Bardella.
03:27Mais ils sont quand même assez proches.
03:28Ce duel peut faire le jeu du RN
03:30et de l'extrême-gauche,
03:31Mélenchoniste.
03:32C'est ça le danger, Eric ?
03:33Ben oui, je pense que c'est un vrai danger
03:36pour le camp central.
03:37Si ce duel s'envenime,
03:39il peut faire le jeu,
03:40d'abord, de la droite de Bruno Retailleau.
03:42Bon, il est un peu largué dans les sondages,
03:43l'ancien ministre de l'Intérieur.
03:45Mais surtout, ça va faire le jeu
03:46du RN et de la gauche.
03:48Mélenchon est très haut
03:50en ce début de campagne.
03:52Bon, Glucksmann, lui,
03:53ne donne pas l'impression
03:53de vouloir aller au bout de sa candidature.
03:56Hollande, lui, est un embuscade à gauche
03:58plus que jamais.
03:59Donc, vous voyez,
03:59il y a un paquet d'incertitudes.
04:01Il y a des incertitudes à la pelle.
04:04Ce duel politique au centre
04:05va structurer, en tout cas,
04:07ça, c'est sûr, l'élection président.
04:08Juge de paix, ce sont les sondages.
04:10Voilà.
04:11C'est comme ça que ça marche.
04:11On attend les sondages.
04:12On attend de voir
04:13qui sera celui qui est en tête
04:15et celui qui est un peu relégué.
04:16Et celui qui est relégué
04:17est censé se désister.
04:20Imaginez, Jacques,
04:21que finalement,
04:21il soit à deux points d'écart.
04:23Mais comment ils font
04:24pour se départager ?
04:25Bon, bah écoutez,
04:26ça fera partie peut-être des questions.
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