00:007h48, oui, bien, c'est Éric Revelle, drôle d'époque.
00:04Bonjour Éric.
00:05Drôle d'époque, avec évidemment une envolée, une nouvelle fois, des prix des carburants, du gazole,
00:13et donc les routiers, les caristes qui continuent de se mobiliser.
00:17Ben oui, on l'a vu hier, les prix explosent.
00:21Je regardais dans le détail, c'est la cinquième semaine d'affilée de hausse consécutive,
00:25ça suit évidemment la guerre en Iran, consécutive de hausse du prix des carburants.
00:30Ça amène le prix du gazole à un niveau jamais vu depuis que ces données sont compilées,
00:35c'est-à-dire depuis 1985.
00:37Le prix moyen du gazole, c'est 2,20, 2,30 en France, vous vous rendez compte ?
00:42Alors les routiers se sont mobilisés, et les caristes aussi, vous l'avez dit hier,
00:45en Ile-de-France, sur le boulevard périphérique.
00:49Des actions sont annoncées pour aujourd'hui, un peu partout en France,
00:53de ces routiers, de ces professions du transport, dans les Pays de Loire,
00:57en Lot-et-Garonne, dans l'Aveyron.
00:59Mercredi, c'est-à-dire demain, il y a aussi des mobilisations prévues à Toulouse,
01:05où la Fédération Nationale du Transport Routier appelle à manifester,
01:09en Occitanie, en Nouvelle-Aquitaine.
01:11Alors les routiers, évidemment, sont en train de craquer pour une raison très simple,
01:15ce sont des petites entreprises.
01:17Vous savez, la marge de ces entreprises, c'est en gros 1%, 1 à 2%.
01:22Non, puis ces routiers, ils sont en concurrence avec d'autres routiers,
01:26des transporteurs des pays européens,
01:28où là, s'appliquent parfois des baisses de fiscalité.
01:31Alors, des baisses de fiscalité, avec parfois aussi des chauffeurs routiers salariés
01:35qui sont payés beaucoup moins cher.
01:37Mais ce que je veux dire, c'est qu'ils sont pris à la gorge, en fait.
01:41En défendant leurs entreprises, ces patrons de PME défendent l'emploi de leurs salariés.
01:46Alors, il y a quelques mesures qui ont été mises sur la table, quand même, par le gouvernement.
01:49Pas sur la fiscalité. Je trouve que c'est passé un peu inaperçu.
01:53C'est ce qu'a annoncé hier le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou,
01:56qui a dit, en fait, il faut sans doute proposer à ces entreprises,
02:01non pas une baisse de la fiscalité, mais un chômage partiel pour leurs salariés.
02:06Alors, ce n'est pas inintéressant.
02:07Non, c'est sûr.
02:09Non, mais j'ai entendu, après, toutes les procédures pour mettre ça en place, c'est compliqué.
02:15C'est autre chose, mais l'accueil n'a pas été mauvais.
02:17Non, non, c'est vrai.
02:18C'est une façon, peut-être, d'alléger un peu les charges de ces entreprises.
02:23Oui, bon, mais il ne veut pas baisser la fiscalité, le gouvernement ?
02:26Non, il ne veut pas baisser.
02:27Alors que ça touche d'autres secteurs, bien sûr.
02:29Mais pour une raison très simple, si l'Espagne ou l'Italie l'ont fait,
02:33c'est d'abord parce qu'elles ont réformé leurs finances publiques.
02:36Ils ont réformé leurs finances publiques, ces pays-là.
02:39En réalité, vous savez, j'ai en tête ce qu'a dit le gouverneur de la Banque de France.
02:43Moi, c'est la première fois que j'entendais un gouverneur dire une telle chose.
02:46Il a dit, il n'y a plus d'argent.
02:47Il n'y a plus d'argent.
02:48Donc, bien sûr qu'on a besoin de redonner du pouvoir d'achat aux Français.
02:52Et notamment sur le taux de TVA, qui pourrait passer de 20 à un peu moins.
02:56Mais les caisses sont vides, Patrick.
02:58On ne peut plus payer.
02:59Et même si on le faisait aujourd'hui,
03:01même si on le faisait aujourd'hui, qui paierait demain ?
03:04On nous recollerait des impôts.
03:05Les caisses sont vides, mais là, on encaisse de l'argent de la part de l'État.
03:10Et l'État pourrait encaisser un peu moins d'argent, peut-être.
03:13Vous voyez ce que je veux dire ?
03:15D'autant plus que le gouvernement,
03:16mais ils n'ont pas trop communiqué parce qu'ils ont vu le piège.
03:19Le gouvernement a annoncé une baisse de notre déficit.
03:21Vous avez vu ?
03:22Légère !
03:22Mais 2,03 points, mais ça donnait une petite marge.
03:25Non, le risque, et c'est là où le gouvernement les chocotte,
03:28c'est que le risque, c'est que le mouvement des routiers et des caristes
03:33diffuse à d'autres secteurs, comme les agriculteurs.
03:36Alors, les agriculteurs, ils ont vu le prix de leur gazole,
03:38vous savez, le fameux GNR, le gazole non routier, baisser un peu.
03:43Mais toutes ces entreprises sont prises à la gorge.
03:46Et puis, le gouvernement est dans une impasse, je vais vous le dire.
03:48Parce qu'il fait un geste pour certaines professions.
03:50Un geste, pas suffisant, pour les routiers, pour les caristes.
03:54Mais vous les avez eus à votre micro.
03:56Les infirmiers libéraux disent, nous, on a besoin de notre voiture pour nous déplacer.
03:59Donc, je pense que le gouvernement est dans une seringue politique.
04:02Et si la guerre continue en Iran, et si le prix du carburant continue à avancer,
04:07je ne vois pas comment on échappera à un nouveau chèque.
04:10Merci, Éric Revelle.
04:12Toujours très clair, évidemment.
04:13Maître Revelle, qui reviendra aussi à 8h30.
04:16Il a parlé de seringue.
04:17Tiens, vous allez recevoir un médecin qui fait aussi de la politique.
04:20Jean-François Aguil.
04:21Il fait aussi de la politique.
04:23Philippe Juvin, député des Républicains des Hauts-de-Seine,
04:25qui est rapporteur général du budget.
04:28Donc, il aura son avis sur ces histoires de chèques.
04:30Qu'est-ce qu'il faut faire ?
04:31Est-ce qu'il faut effectivement étendre aux autres professions ?
04:34Est-ce que le gouvernement est coincé ?
04:36Est-ce que les caisses sont vides ?
04:37Philippe Juvin, qui d'ailleurs a déposé une proposition de loi,
04:40c'est un autre sujet, mais qui est connexe,
04:42pour renforcer le contrôle des investissements d'étrangers en France.
04:45Pour protéger, vous l'évoquiez ce matin, Patrick Roger, à votre micro,
04:48pour protéger ces entreprises, ces pépites qui partent à l'étranger.
04:52Bah oui, encore faut-il qu'il y ait des acheteurs.
04:55Mais il faut ce qu'on avait.
04:56Mais il n'y en a pas.
04:57Bah voilà, on n'en a pas, parce qu'il y a trop de contrôles, etc.
05:00Oh génial, l'investissement étranger en France est fort.
05:02Et souvent ces boîtes sont rachetées par des fonds chinois.
05:05Oui, oui, ou parfois des Américains.
05:07Il y a le salon Global Industrie qui a lieu en France en ce moment.
05:11C'est assez intéressant, j'en ai parlé ce matin.
05:13Nous en parlerons aussi demain avec Pierrico Légas,
05:15qui sera en direct de là-bas, de midi à 14h.
05:18Je vais envoyer Eric Revelle aussi là-bas.
05:20Allez, dans un instant, le maillot réveille.
05:24Et oui, Régis Maillot, de quoi il va nous parler encore ce matin ?
05:30Il nous réserve toujours des surprises, ce petit Régis Maillot.
05:32Allez, à tout de suite.
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