00:01Et bonjour Eric Revelle, on vous retrouve pour votre drôle d'époque, et effectivement c'est une vraie drôle d
00:10'époque, vous nous proposez de réfléchir un instant à ce qui se passe dans les lycées et à l'attitude
00:14de la France insoumise,
00:15puisque les lycéens comptent prendre part à la grève d'aujourd'hui dans la fonction publique, le mouvement de blocage
00:21des lycées prend de l'ampleur, quelles sont les raisons de ce mal-être qui devient très politique ?
00:26On a tous été lycéens mon cher Jacques, on a tous levé le point, plus ou moins, alors aujourd'hui
00:32ça dépasse un peu les bornes.
00:34Alors les raisons des blocages, c'est un mal-être lycéen réel, qui n'est pas très nouveau, depuis mi
00:40-septembre principalement en Ile-de-France,
00:43à Créteil, en Seine-Saint-Denis, dont M. Bakayoko est le maire, dans le Val-de-Marne, en Essonne, des
00:49lycéens bloquent leurs établissements.
00:51Alors le mouvement est parti du lycée Saint-Exupéry de Créteil et s'est propagé, évidemment, via les réseaux sociaux.
00:58Les revendications, elles sont récurrentes, elles ne sont pas très nouvelles en réalité.
01:02Classe surchargée, absence, c'est vrai, non remplacée de professeurs, surtout en cette période de rentrée, manque de surveillants, manque
01:09d'accompagnement pour les élèves en situation de handicap,
01:13manque d'infirmières, de psychologues scolaires, des conditions de matériel dégradées, la pression de parcours sup,
01:18et puis dans certains cas aussi, les chaleurs excessives, dans les locaux, tout ça est juste, même si ce n
01:23'est pas tout à fait neuf.
01:24Alors l'union syndicale lycéenne a appelé à généraliser ses actions sur tout le territoire,
01:30y compris évidemment en lien avec la grève de la fonction publique d'aujourd'hui.
01:34On a assisté à quoi quand même ?
01:35Et c'est ça qui est incroyable, à des incidents très violents, des tirs de mortier d'artifice, des dégradations,
01:42des feux de poubelle,
01:43tout ça s'est produit sous les yeux des autorités policières, il y a eu des interpellations.
01:49Les collèges ont également, Jacques, été évoqués comme susceptibles d'être ciblés par ces mouvements de blocage,
01:55alors pourquoi pas les cours préparatoires, les grandes sections maternelles ?
01:59Cette politisation est dévastatrice, ne recule devant rien, vous avez raison, quelle époque ?
02:04Les déclarations de la LFI soutiennent directement ce mouvement lycéen
02:09et appellent à l'extension du soutien à la récupération politique, vous le dites, il n'y a qu'un
02:15pas.
02:15Alors suivant que vous applaudissez les filles, que vous sifflez la France insoumise, vous ferez une idée,
02:21des élus de la France insoumise se sont évidemment rapidement positionnés pour instrumentaliser le mouvement lycéen.
02:26Louis Boyard, le fameux, il a multiplié les interventions sur place, au pied des lycées, et sur X, sur le
02:32réseau social.
02:33Le mouvement lycéen doit s'étendre, a-t-il dit, ses élèves manquent de tout,
02:37alors que dans les lycées de riches, il y a tout ce qu'il faut, je ferme les guillemets,
02:41la bonne vieille ficelle de l'inégalité sociale qui marche toujours auprès des jeunes pour les mobiliser.
02:47Clémence Guettet, autre député LFI, a apporté son soutien public,
02:51réclamant, de manière plus calme, un grand plan de recrutement et de revalorisation.
02:55Jean-Luc Mélenchon, incroyable, a accusé le gouvernement Lecornu d'avoir ordonné la répression.
03:01Ordonné la répression, Jacques, écoutez bien ces mots, avec un arrière-goût raciste évident, dit-il.
03:07Bon, il a appelé les élus militants de la France insoumise à s'interposer,
03:10ce qu'a fait le maire de Seine-Saint-Denis d'ailleurs, on l'a vu sur une vidéo.
03:14Et puis, Gailloco, lui, il a dénoncé l'attitude du Premier ministre,
03:17tout en assurant que les jeunes n'avaient pas besoin d'être instrumentalisés.
03:21Ah bon ? Mais que fait alors LFI ? C'est du soutien, de l'instrumentalisation.
03:25Et si demain, un lycéen est blessé ou pire,
03:29LFI accusera peut-être les autorités policières de dérapage, de violence inacceptable.
03:35Quelle serait la responsabilité de LFI dans ces dérapages dangereux ?
03:39Bon, donc, pour vous, c'est clair, il y a instrumentalisation politique.
03:43Oui, oui, oui, pour moi, c'est clair.
03:46Ces prises d'opposition dont je viens de vous parler, Jacques,
03:48transforment une mobilisation lycéenne, comment centrer sur des problèmes,
03:51de moyens et de conditions d'études, en levier partisan,
03:55en encourageant explicitement l'extension des blocages,
03:58et en invitant militants et élus à s'interposer face aux forces de l'ordre.
04:02LFI dépasse le simple soutien aux revendications
04:05pour faire un outil de confrontation avec le gouvernement
04:08à quelques mois de l'élection présidentielle,
04:12Bon, le ministre de l'éducation est monté au créneau.
04:14Le premier ministre a parlé de surenchères irresponsables.
04:18Le cadre rhétorique de Mélenchon, répression raciste,
04:22jeune inoffensive, vous voyez, politise ce mouvement.
04:26Les difficultés des lycéens existent et doivent être traitées.
04:29Les appels à étendre le blocage et à s'opposer physiquement
04:32aux interventions des forces de l'ordre
04:34les transforment en instruments de lutte politique.
04:37Les lycéens sont en première ligne pour LFI à des fins électoralistes.
04:41C'est inacceptable pour moi, il y a danger.
04:43Notre société, Jacques, est brinque-ballante, fragile, déboussolée.
04:48Attention à l'étincelle qui la ferait basculer
04:50dans un face-à-face dangereux pour la paix civile.