00:00Le week-end a été marqué par les violences urbaines qui ont suivi la victoire du PSG.
00:04Malgré l'important dispositif de sécurité déployé, 22 000 policiers, au total 8 000 à Paris.
00:10Il y a un moment, on ne peut pas faire beaucoup plus.
00:12De nombreuses villes ont été le théâtre de scènes déplorables.
00:16Thomas Bonnet, malgré l'évidence des images, certains sont tentés de minimiser la réalité de ces violences.
00:23« Cacher ces violences que je ne saurais voir », voici le mantra qui faisait foi dans les prises de
00:26parole de certains responsables politiques ce week-end.
00:28Le maire de Paris parle d'actes isolés.
00:31Le ministre de l'économie estime que les voyous n'ont pas gâché la fête.
00:35Quand Thierry Breton nous a offert, lui, un moment de déconnexion exceptionnelle, invité hier sur CNews,
00:40l'ancien commissaire européen a salué, je cite, un moment d'unité, de communion,
00:44les violences étant pour lui en partie explicable par le fait, écoutez bien,
00:49que l'État ne respecte pas ses obligations budgétaires et donc donnerait un mauvais exemple à la jeunesse lunaire.
00:55Laurent Nunez, lui, s'était montré particulièrement rassurant
00:57pendant les jours qui avaient précédé l'événement.
00:59Et il a tenu cette ligne encore pendant tout le week-end,
01:02cette ligne qui consiste à défendre, à juste titre, l'action des forces de l'ordre,
01:06mais qui choisit de mettre de côté le signal politique
01:09que constitue le déferlement de haine qu'ont subi les policiers et les gendarmes
01:12par une population qu'on retrouve pourtant régulièrement dans ce type de configuration.
01:17À sa place, il y a un an, Bruno Rotaillot avait parlé de barbares.
01:20Cette fois, Laurent Nunez aura préféré s'attaquer à LFI, au RN
01:23et ne pas analyser les causes profondes du sujet.
01:26Emmanuel Macron a, lui aussi, fini par réagir.
01:29Il aura fallu attendre 24 heures pour entendre le chef de l'État.
01:32Les violences, ras-le-bol, dit-il, promettant d'être intraitable avec les personnes interpellées.
01:36Alors, on aimerait le croire sur parole, le président de la République.
01:40Malheureusement, on a de la mémoire et on peut donc mettre en parallèle ces déclarations d'hier
01:44avec les mêmes déclarations, un an auparavant, au même endroit, dans la salle des fêtes de l'Élysée.
01:49Regardez.
01:50Je ne veux pas qu'on s'habitue à ça et personne n'a envie qu'on s'habitue à
01:54ça.
01:54Des scènes de violences inacceptables.
01:56Les affrontements violents qui se sont tenus sont inacceptables.
02:01Et donc, je veux remercier le ministre de l'Intérieur, le préfet de police,
02:04l'ensemble des équipes qui se sont mobilisées sur la plaque parisienne
02:08et dans beaucoup de villes de province face à ce qui est inqualifiable.
02:12Ces incidents sont très graves.
02:14Ils sont inacceptables.
02:15On sera intraitables avec ceux qui ont été attrapés.
02:18Donc, je vous le dis, la réponse de l'État sera à la hauteur.
02:22Nous poursuivrons, nous punirons, on sera implacables.
02:25On ne veut plus voir ça.
02:27Fini.
02:27On en aura le bol.
02:29Terminé.
02:30Le football, ça n'est pas cela.
02:32C'est fou, hein ?
02:34Tout est dit.
02:35C'est-à-dire qu'en fait, on se paye de mots.
02:38C'est du vent, on sera intraitables.
02:40Vous verrez, vous allez voir ce que vous allez voir.
02:42Et en fait, on ne voit rien du tout.
02:42Il n'y a aucune traduction dans...
02:44Ben oui.
02:44Marine Le Pen a dénoncé un mal spécifiquement français.
02:47Elle a raison.
02:48On ne voit pas dans les autres capitales les mêmes scènes d'émeute lors d'événements sportifs.
02:52C'est vrai, il y a une forme d'habitude comme si, au fil des années, ces actes étaient devenus
02:56une nouvelle tradition française
02:58ou plutôt une tradition de la nouvelle France.
03:00Ces pratiques s'enracinent et se transmettent aux générations montantes, selon Jérôme Fourquet dans le Figaro.
03:05Par l'absence de réponse pénale ferme et par l'aveuglement d'une large partie de la classe politique sur
03:10les réelles causes de ces violences,
03:12nous voilà contraints de vivre avec cette réalité, devenue une forme de fatalité.
03:15Et pour résoudre le problème, encore faut-il l'identifier et le nommer correctement.
03:20Certains médias ont préféré parler ce week-end de scènes de liesse, ne relevant que, ici ou là, quelques scènes
03:26de tension.
03:26Parmi les quotidiens parus ce dimanche, il n'y avait guère que le JDD qui avait jugé pertinent de titrer
03:32sur les scènes de violences.
03:34Paradoxalement, c'est dans les pages de la presse étrangère qu'on retrouvait parfois le récit le plus fidèle et
03:39le plus lucide de la soirée.
03:41Non voisins, non pas, les mêmes pudeurs de gazelles quand il s'agit de dénoncer ce mal.
03:46Les responsables politiques vont se succéder dans les prochaines heures pour proposer des réponses à cette situation.
03:51Il y a sans doute plusieurs logiciels à changer.
03:53On est face à 40 ans de renoncement, à vouloir éviter de faire le jeu de telle ou telle partie.
03:59Nous voilà dans le piège du déni avec cette question principale, cette question vertigineuse.
04:05Comment allons-nous pouvoir faire cohabiter à l'avenir les honnêtes gens avec ces hordes de délinquants ?
04:10Voilà la question à laquelle doivent répondre les responsables politiques et notamment les candidats à l'élection présidentielle.
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