00:00Alors je vous préviens, moi je suis assez en colère, parce que ça fait des années que c'est pas
00:06toujours la même chose,
00:07parce qu'en réalité l'intensité monte à chaque fois, et qu'on entend toujours les mêmes arguments,
00:12on peut pas faire autrement, on a contenu, on est les meilleurs au monde, et grâce à ça il n
00:18'y a pas de drame.
00:18C'est ce qu'a dit Laurent Nunez.
00:19Mais qu'est-ce que c'est que le drame ? Il y a un drame.
00:22Le drame, c'est que les racailles, parce qu'il faut appeler à un moment les choses par leur nom,
00:28tous ceux qui détestent notre pays, qui détestent notre système, ont intériorisé, intériorisé,
00:34le fait que lors de chaque événement festif, sportif, les 14 juillet, les 31 décembre, les grandes victoires sportives,
00:43eh bien c'était open bar, et qu'on pouvait casser, qu'on pouvait agresser,
00:48parce qu'on parle beaucoup de casse, beaucoup moins d'agression, il y a eu beaucoup d'agression,
00:51et à chaque fois avec des bilans qui sont de plus en plus élevés.
00:54Il y a eu une vidéo, moi, qui m'a fasciné.
00:56C'est la vidéo d'Emmanuel Macron recevant les vainqueurs du Paris Saint-Germain l'année dernière,
01:01et cette année, et les 40 secondes où il dit qu'on ne tolèvera pas ça, et qu'on sera
01:07intransigeant.
01:08Écoutons-la.
01:09Allez, écoutons-la.
01:102025, 2026, c'est la même personne, le président de la République.
01:13Je ne veux pas qu'on s'habitue à ça, et personne n'a envie qu'on s'habitue à
01:17ça.
01:17Des scènes de violence inacceptables.
01:19Les affrontements violents qui se sont tenus sont inacceptables.
01:24Et donc je veux remercier le ministre de l'Intérieur, le préfet de police,
01:27l'ensemble des équipes qui se sont mobilisées sur la plaque parisienne
01:31et dans beaucoup de villes de province face à ce qui est inqualifiable.
01:35Ces incidents sont très graves, ils sont inacceptables.
01:38On sera intraitables avec ceux qui ont été attrapés.
01:41Et donc je vous le dis, la réponse de l'État sera à la hauteur.
01:45Nous poursuivrons, nous punirons, on sera implacables.
01:48On ne veut plus voir ça, fini. On en a ras-le-bol. Terminé.
01:53Alors voilà, la volonté du président de la République est la réalité.
01:57C'est que là, dans les comparations immédiates, il n'y en a pas un qui va en prison ce
02:00soir.
02:00Il est président de la République, respectivement, depuis 8 et 9 ans,
02:03quand il dit ces deux phrases.
02:05Et à chaque fois qu'il y a eu des événements festifs ou, comme je disais, sportifs,
02:10on avait une montée en puissance de la gravité des événements.
02:14Pourquoi est-ce que c'est très grave ?
02:15C'est un fait politique. C'est un fait politique.
02:18La décision de l'État, quels que soient les ministres et quels que soient les gouvernements,
02:25parce qu'en réalité, ça fait des décennies,
02:26de laisser la rue aux casseurs,
02:30de laisser des gens se faire agresser,
02:33de laisser des bandes rôder et tenir des quartiers pendant des dizaines de minutes,
02:37c'est une décision qui est fondée sur la peur qu'un émeutier soit blessé ou tué.
02:44Et c'est-à-dire que l'arbitrage qui est fait par les pouvoirs publics,
02:47c'est de préférer préserver la santé des émeutiers,
02:52alors que la loi donne à l'État, et en particulier, évidemment, à son bras armé,
02:57que sont la police et la gendarmerie, le monopole de l'usage de la force légitime.
03:00Mais là, vous êtes sérieux ?
03:01C'est des informations que vous dites ?
03:03Vraiment, il y a eu un choix qui a été fait ?
03:05Mais ça fait 40 ans qu'il y a un choix qui a été fait, depuis la mort de Malik
03:07Kouzik.
03:07Donc on préfère qu'ils agressent des policiers ou des personnes civiles,
03:11plutôt qu'eux-mêmes soient blessés par les policiers ?
03:14Mais bien sûr.
03:15Moi, j'ai reçu, depuis dimanche matin, des dizaines de messages de policiers,
03:20de gendarmes, de gens qui sont sur le terrain,
03:23ou de chefs de gens qui sont sur le terrain,
03:25c'est-à-dire les gens qui sont au contact direct de la réalité,
03:27qui n'en peuvent plus, parce qu'ils se sentent complètement castrés
03:31par les instructions qu'ils reçoivent.
03:33Évidemment, on ne leur dit pas, surtout, n'y allez pas.
03:35On leur dit, allez-y, mais attention, attention, il ne faut surtout pas que...
03:39Alors, évidemment, il y a aussi la pression judiciaire sur l'action de police,
03:42qui est un problème en soi.
03:43Mais aujourd'hui, ce qui va se passer, et après on va en débattre,
03:46mais ce qui va se passer, ce que je voulais dire pour commencer,
03:48c'est qu'à force de penser que de ne pas intervenir
03:52à la hauteur de la gravité de ce qui se passe
03:55va permettre d'éviter des drames,
03:56on va arriver à un drame beaucoup plus grave,
03:59c'est que la prochaine fois, ou la fois d'après,
04:01et en fait, ça a déjà un peu commencé, mais on n'en parle pas trop,
04:03les racailles vont rentrer dans les immeubles,
04:05et quand vous aurez eu cinq femmes violées et leur mari tué,
04:09à ce moment-là, il y aura la gueule de bois généralisée,
04:12et tout le monde va se demander comment est-ce qu'on est arrivé là,
04:14et il sera trop tard.
04:15Et ce qui va arriver, c'est également des messages que j'ai reçus,
04:18là, moi, je vous parle de témoignages directs,
04:19alors vous imaginez, quand ce n'est pas un témoignage direct,
04:21c'est que des gens vont s'organiser,
04:25organiser des milices,
04:26en disant, puisque l'État n'est pas capable de nous protéger,
04:29eh bien, on va s'organiser,
04:31et on va s'armer.
04:32Donc, de penser que la retenue face à des gens
04:36qui se conduisent de cette façon
04:37est susceptible d'apaiser les choses,
04:39c'est n'avoir pas compris qu'en réalité,
04:41c'est perçu comme de la lâcheté,
04:43et que ça ne fait qu'encourager la prédation.
04:45– Vous dites qu'on est au début du processus, en réalité ?
04:47Qu'il y a des gens qui ont la haine de la France,
04:49alors qu'ils sont français ?
04:50– Ce que je dis, c'est que ça s'aggrave à chaque fois.
04:52Ce qui s'est passé, c'est plus grave
04:53que lors de la finale de l'année dernière,
04:55c'est plus grave que lors de la demi-finale d'il y a trois semaines,
04:57il y a la Coupe du Monde qui arrive.
04:58Si la France va loin en Coupe du Monde…
05:00– Ah, mais le préfet de police a dit
05:01que comme il y avait le décalage horaire,
05:03on serait tranquille.
05:04– Ah, ben, j'espère que vous avez gardé la…
05:05– Ah oui, oui, on l'a gardé.
05:06– Que vous avez capté la séquence.
05:09Mais le préfet de police, lui, c'est quelqu'un
05:12qui est de type compétent et qui connaît très bien ses questions,
05:16mais le préfet de police,
05:17ce n'est pas lui qui fait les choix politiques.
05:18Encore une fois, ce sont des choix qui sont des choix politiques,
05:21qui sont des choix de lâches,
05:23qui sont des choix qui consistent à ne pas protéger la population
05:25et qui sont des choix qui nous conduisent directement au pire.
05:28– Vous mettez qui en cause ?
05:29– Au pire.
05:30– Le ministre de l'Intérieur ?
05:30– Je mets en cause toute la chaîne politique
05:34qui prend ses décisions depuis des années
05:35et en particulier, puisqu'on est cette année-là,
05:39c'est la chaîne politique qui a pris des décisions ce week-end.
05:41– Alors, il y a une question.
05:42– C'est sidérant.
05:43Et encore, on n'a pas parlé de qui sont les gens
05:45qui sont sur le terrain, qui se conduisent comme ça
05:48et quel est le problème politique qui est derrière.
05:50Parce que juste pour finir, pardon, mais je suis lancé,
05:51mais vraiment, je suis très agacé.
05:53On nous dit, même le ministre de l'Intérieur nous dit,
05:57ah, mais moi, je ne suis en charge que de la sécurité.
06:00C'est-à-dire, qui sont ces gens ?
06:01Tous ces gens viennent,
06:03tous ces gens sont dans l'écrasante majorité,
06:05soit étrangers, soit français d'origine étrangère.
06:08Ça devrait nous interagir politiquement.
06:10Qu'est-ce qu'on peut faire structurellement dans la société
06:12pour éviter ça ?
06:13Ah ben non, on dit, ah ben non,
06:14mais comme ils sont français, on ne peut rien dire.
06:16Mais ça veut dire qu'à chaque fois
06:17qu'on a de plus en plus de symptômes d'une maladie grave,
06:20et comme on n'a pas le droit de les nommer,
06:21on ne peut pas guérir.
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