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  • il y a 15 heures
Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, est l'invité de Questions politiques dimanche 31 mai 2026.

Retrouvez « Questions Politiques » tous les dimanches à midi sur France Inter et sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques

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Transcription
00:03Générique
00:10Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Questions Politiques.
00:14Après tant d'années de galères et de combats, l'hymne du PSG résonne à merveille aux grandes oreilles du
00:19club de la capitale ce matin.
00:21Désormais double champion d'Europe après tant de désillusions, tout l'inverse d'un certain Emmanuel Macron.
00:25Lui a d'abord été sacré deux fois, les désillusions elles sont arrivées après 2024 avec la défaite aux européennes
00:31puis la dissolution ratée,
00:33le parlement bloqué et depuis février de cette année la guerre au Moyen-Orient, c'est même l'économie française
00:37qui est quasi à l'arrêt.
00:39Pas simple dans ces conditions d'être le ministre justement en charge de notre économie et de notre souveraineté énergétique.
00:44Pour cette inconditionnelle du PSG, l'exploit d'hier lui a donc accordé un peu de baume au cœur, de
00:49répit peut-être dans cette actualité morose.
00:51À l'heure où la campagne présidentielle se lance à peine et s'annonce particulièrement indécise, une certitude tout de
00:56même.
00:56Dans un an, la France, oui, aura un nouveau président et le PSG, qui sait, une troisième étoile sur son
01:02maillot.
01:02Le ministre de l'économie, Roland Lescure, est en direct sur France Inter, sur France Info, canal 16 de la
01:07télé et en partenariat avec le journal Le Monde.
01:09On est ensemble jusqu'à 13h pour répondre à toutes vos questions politiques.
01:12France Inter, questions politiques, Julien Nenni.
01:19Et bonjour à vous, Roland Lescure.
01:20Bonjour à vous, bonjour à tous les trois.
01:22Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:24Remis de vos émotions d'hier soir, ça va ?
01:25Ça va, ça a été fort.
01:27Franchement, c'était intense.
01:28Moi, ça fait 50 ans que je soutiens ce club, à travers les galères et les combats, les victoires aussi.
01:33Il y a eu quand même une coupe des coupes, il y a bien longtemps.
01:35Et c'est vrai qu'après la très belle victoire de l'année dernière, une victoire un peu champagne, ça
01:39a été une victoire très difficile, au mental.
01:42Le match a commencé comme on craignait, un but très rapide d'Arsenal, ensuite on cadenasse, on gagne du temps,
01:48on énerve tout le monde.
01:49Bref, bravo le PSG, bravo l'Houssère qui est franchement...
01:52On sent votre passion, on va y venir à mes côtés pour vous interroger aujourd'hui.
01:56Alix Bouillaguet de France Télévisions, bonjour Alix.
01:57Bonjour Julien, bonjour à tous.
01:59Avec vous, tout à l'heure, comme d'habitude, on fera le portrait de notre invité, le portrait de Roland
02:02Lescure.
02:02Oui, parce que vous, le franco-canadien, avez la réputation d'être un bon négociateur, de savoir faire preuve de
02:07pragmatisme, d'être capable aussi de simplifier les problématiques.
02:11Vous êtes aussi assez cash et ça, c'est pas toujours sans conséquences.
02:16Merci Alix, à tout à l'heure. Et à vos côtés, Françoise Fressoz du journal Le Monde. Bonjour Françoise.
02:20Bonjour à toutes et tous.
02:21En fin d'émission, on se projettera avec vous sur 2027 avec une question qui animera les débats. Et aujourd
02:25'hui ?
02:26Oui, un gros sujet, pas simple. Le modèle social français a-t-il vécu ?
02:29Le pays est rattrapé par ses déficits et sa dette. Une thérapie de choc s'impose-t-elle en 2027
02:35?
02:36Merci à toutes les deux et à tout de suite. Mais d'abord, Roland Lescure, quelques questions d'actualité brûlantes,
02:41j'allais dire.
02:41On l'a dit, vous êtes un supporter de toujours du Paris Saint-Germain. Vous serez, oui ou non, à
02:46l'Elysée, tout à l'heure, aux côtés du président pour accueillir les champions d'Europe ?
02:49Écoutez, j'espère pouvoir y passer. On est en pleine préparation de Choose France, mais j'espère pouvoir y passer
02:53pour saluer les vainqueurs.
02:56Malheureusement, la fête est un peu gâchée, vous en conviendrez, monsieur le ministre.
02:59Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, vient d'annoncer les derniers chiffres des violences d'hier soir à Paris
03:03et dans tout le pays.
03:05780 interpellations, plus 32% par rapport à l'an passé.
03:08219 blessés, dont 8 graves. La fête est gâchée, ça y est ?
03:12Non, il ne faut surtout pas les laisser, j'allais dire, gâcher notre fête.
03:16Il y a une fête, il y a une grande victoire, il y a l'immense majorité des Français.
03:19Moi, je suis sorti un peu dans la rue hier, qui avaient envie de célébrer.
03:22Et il y a malheureusement, exactement, une minorité, à laquelle d'ailleurs, malheureusement, on s'attendait.
03:29Laurent Nunez l'a dit, il avait déployé 22 000 forces de l'ordre.
03:34Les débordements qui ont eu lieu, à la fois à Paris et dans un certain nombre limité, mais quand même
03:38de villes de province,
03:40ils ont été contenus.
03:41Un policier grévement blessé à Agin, par exemple ?
03:44Un policier grévement blessé à Agin, des dégâts à Montnusson, enfin à Montnusson.
03:49Donc non, il y a un vrai sujet.
03:52Comment vous l'expliquez ? Pourquoi on n'arrive pas ?
03:53Vous l'avez dit, on s'y attend, c'était facile à prévoir finalement, malheureusement, ces violences, et pourtant on
03:58n'arrive pas à les endiguer.
03:59Alors, on les endigue, on les endigue.
04:01À la preuve, plus 32% ?
04:03Exactement, mais le 32%, c'est des interpellations.
04:06Donc on interpelle plus, il y a plus de gardes à vue, plus de 400 gardes à vue.
04:09Il y a malheureusement encore des blessés, des victimes qu'il faut évidemment regretter.
04:15Mais comment vous l'expliquez ? Pourquoi il y a ça à chaque victoire, à chaque liesse populaire, chaque événement
04:20sportif ?
04:20Dans un mois et demi, on sera peut-être, on l'espère, un nouveau champion du monde, et on peut
04:23s'attendre encore à des violences comme ça.
04:25Moi, j'ai connu 98, le 12 juillet, il y avait des centaines de milliers de personnes sur les champs
04:29visés.
04:30Il n'y avait pas ces débordements, donc je ne veux pas dire que c'était mieux avant.
04:32On a un vrai défi, à la fois, je dirais, de capacité à gérer des mouvements de foule qui sont
04:39parfois importants,
04:40mais aussi à gérer une minorité de délinquants qu'il faut arriver à endiguer, qu'il faut arriver à arrêter,
04:49et sur lesquels nous devons, une fois en plus, ça fera sans doute partie des débats de l'élection présidentielle,
04:55mais changer encore de braquet.
04:57C'est une exception française, ou pas ? Vous qui connaissez bien l'international, vous avez vécu longtemps en Amérique
05:02du Nord, par exemple,
05:03c'est une exception française, ces violences-là ?
05:04Ce n'est pas une fatalité, c'est-à-dire qu'il y a eu des pays dans lesquels il
05:08y a eu des violences,
05:09on connaît bien le Royaume-Uni, évidemment, qui pendant des années a eu des violences dans le sport,
05:15il y en a moins qu'aujourd'hui, ce n'est pas une fatalité.
05:17Là, on ne parle pas des supporters de foot, on parle ça d'ailleurs, moi j'étais avec Laurent Dunez
05:21tout à l'heure au téléphone,
05:22on parle sans doute de gens qui n'ont même pas regardé le match,
05:25qui visait avant tout à mettre le chaos.
05:28Et ce que je souhaite dire à vos auditeurs, c'est qu'ils ont échoué là-dessus,
05:31ils n'ont pas réussi à mettre le chaos.
05:33Un paquet d'entre eux vont passer la soirée, et peut-être plus, en prison.
05:38J'insiste aussi sur le fait que, Laurent Nunette l'a dit, on est à la mi-temps,
05:41c'est-à-dire qu'il y a d'autres célébrations aujourd'hui à Paris.
05:43Il ne faut pas les interdire ?
05:45Non, on ne peut pas faire ça.
05:46Au champ de Mars, à Paris ?
05:47Il faut faire ça pour deux raisons.
05:49D'abord parce que, ça serait reconnaître une défaite.
05:52Et puis, ça serait priver l'immense majorité des Français et des Français d'une fête qu'ils ont bien
05:56méritée.
05:57Les joueurs ont été extrêmement forts aujourd'hui.
06:00Ils ont, Louis-Saneriquet le dit souvent, senti leur public derrière eux.
06:04On ne doit pas abdiquer.
06:06Il faut être très ferme face à la violence.
06:08Il faut évidemment travailler à moyen et long terme sur ces défis qui sont énormes.
06:11Et de là à interdire la parade sur le champ de Mars tout à l'heure ?
06:13Non, on ne peut pas faire ça.
06:14On ne peut pas faire ça.
06:15Je pense que, vraiment, ça serait reconnaître une défaite.
06:18Et ça serait surtout ne pas être capable, ensemble, de célébrer une victoire.
06:23On l'a bien méritée.
06:24Il faut qu'on puisse la célébrer.
06:25Parlons encore un mot sur cette victoire.
06:26Est-ce que ça a un impact, tiens, sur l'économie française ?
06:28Quand le PSG, le principal club français, est champion d'Europe deux fois de suite,
06:32ça peut avoir un impact sur notre activité, notre tourisme, notre économie ?
06:35Écoutez, on verra ce que je peux vous donner.
06:37C'est une anecdote que je partage avec vous.
06:38Moi, j'ai été jeune administrateur de l'INSEE en 98, début août, après la victoire.
06:44Été béni.
06:45Voilà, 12 juillet 98.
06:47Donc, je suis à la permanence à l'INSEE le 3 ou le 4 août.
06:50Sors l'indice de confiance des ménages français.
06:54Record historique.
06:55Sommet hystérique.
06:55Allez, historique.
06:56Sans doute suite à une victoire un peu hystérique.
06:59À l'époque, on a parlé de l'effet Zidane.
07:01Et moi, j'avais même été interviewé, je suis le fonctionnaire, par la BBC,
07:05qui me disait « The Zidane Effect ».
07:06Donc, j'espère qu'on aura un effet d'Embélé, Luis Enrique, Désir Edoué.
07:10Avec un peu de chance, même, il va se poursuivre.
07:12On croise les doigts.
07:12C'est une Coupe du Monde qui commence bientôt.
07:14Si on pouvait enchaîner, doubler en Coupe d'Europe et en Coupe du Monde,
07:20je pense qu'on pourrait effectivement avoir un impact économique favorable.
07:23Roland Lescure, il n'y a pas qu'en football qu'on est champion d'Europe.
07:26Pour la septième année consécutive, la France est le pays le plus attractif du continent
07:28pour les investisseurs étrangers, d'après le dernier baromètre.
07:31Et justement, demain, Château de Versailles, 9e édition du sommet Choose France,
07:34présidé par Emmanuel Macron.
07:36Vous y serez, évidemment.
07:37L'an passé, vous aviez annoncé 40 milliards de nouveaux investissements en France.
07:40Ce sera combien, cette année ?
07:41Alors, on publiera ça demain, mais ça va être plus, ça je peux vous le dire.
07:45Plus que 40.
07:46C'est exceptionnel.
07:47Je vais vous donner un exemple assez emblématique.
07:49On a Énergie de Portugal qui annonce, je vous l'annonce en tout cas,
07:53qui va officialiser demain, 1,3 milliard d'investissements dans les énergies renouvelables.
07:58En partenariat notamment avec Engie, c'est des investisseurs portugais,
08:02des opérateurs portugais qui sont déjà présents en France.
08:05Ce sera où en France ?
08:05En quelle région ?
08:06En fait, ça va être beaucoup dans ce qu'on appelle l'éolien offshore, l'éolien marin.
08:09Vous savez qu'on a lancé des appels d'offres, donc à eux de les remporter,
08:13mais ils souhaitent investir en France.
08:14Pourquoi ils souhaitent investir en France ?
08:16D'abord parce qu'on développe l'énergie décarbonée.
08:18On nous le reproche parfois.
08:20Mais non, c'est l'avenir.
08:21Et aujourd'hui, la plupart des investissements qu'on va annoncer,
08:23vous avez peut-être vu aussi dans un des grands quotidiens du dimanche,
08:26Softbank, qui annonce des milliards d'investissements.
08:2975 milliards à l'horizon 2031, notamment dans les Hauts-de-France,
08:32dans le secteur de la tech, de l'intelligence artificielle,
08:35justement sur ces très gros investisseurs étrangers.
08:37Là, c'est un Japonais dont on parle.
08:39Est-ce qu'il vous parle un peu de notre situation politique,
08:41de l'élection présidentielle de 2027 ?
08:43Ça ne les empêche pas, le risque RN, par exemple,
08:45qui pourrait se matérialiser à leurs yeux,
08:47ça ne les empêche pas d'investir, manifestement ?
08:49En tout cas, ce que je peux vous dire,
08:50c'est que j'étais avec le président de la République
08:51quand on a rencontré M. Son, début avril, à Tokyo,
08:55et que cette conversation a convaincu M. Son
08:58de faire des investissements en France.
08:59On a bossé comme des mules pendant deux mois,
09:02et on va pouvoir les annoncer,
09:03puisqu'on parle de 75 milliards à terme d'investissements
09:05de la part de Softbank, qui est un immense investisseur japonais,
09:10qui investit beaucoup aux Etats-Unis,
09:11qui choisit la France. Pourquoi ?
09:13Électricité décarbonée, capacité des politiques français
09:16à accueillir des investisseurs de l'État à la région.
09:19Vous avez parlé des Hauts-de-France,
09:21le président de région, le maire de Dunkerque.
09:23On aligne tout le monde pour attirer des gens
09:26qui croient en la France.
09:27Je réponds à votre question sur 2027.
09:29Ça les inquiète ou pas, les extrêmes potentiellement au pouvoir ?
09:32En tout cas, moi, je peux vous dire que ça me préoccupe.
09:34Mais les investisseurs étrangers, ils vous en parlent ou pas ?
09:35Non, à ce stade, ils choisissent la France
09:38parce qu'ils font confiance à la France.
09:39Ils vont évidemment suivre l'équation politique.
09:41Mais parmi les débats importants de 2027,
09:45il y aura, est-ce qu'on souhaite une France
09:46qui se replie sur elle,
09:48qui retire tout soutien au capital,
09:51sous prétexte que le capital, c'est mauvais,
09:53ou à l'étranger, sous prétexte que l'étranger, c'est mauvais.
09:55Ça, c'est pour Marine Le Pen ou Jean-Dame Bardella.
09:57Et puis, il y a ceux qui vont continuer à assumer,
10:00et je peux vous dire jusqu'au bout,
10:01je ferai partie de ceux qui assument le bilan,
10:03le bon et le moins bon,
10:04mais ça, c'est clairement du bon de notre décennie Emmanuel Macron,
10:09la capacité de la France à attirer du capital,
10:11à développer des usines, à créer de l'emploi,
10:14à investir dans l'avenir,
10:15la souveraineté industrielle, numérique, énergétique.
10:18C'est ce qu'on nous reconnaît aujourd'hui.
10:21Et il faut que ça continue.
10:22Et j'espère que les candidats qui porteront notre voix,
10:25dans la campagne, seront capables de le faire.
10:28On parlera de la campagne présidentielle un peu plus tard dans l'émission,
10:30avant d'ouvrir la discussion et d'aller sur la crise des carburants
10:32qui préoccupe évidemment les Français.
10:34Une dernière question d'actualité.
10:35Cette semaine, on a appris, grâce aux confrères du Monde,
10:37que votre collègue au gouvernement, Annie Gennevar,
10:39ministre de l'Agriculture, avait partagé la semaine dernière
10:41un déjeuner à l'invitation de Vincent Bolloré,
10:44avec autour de la table, entre autres,
10:45le principal conseiller de Jordan Bardella,
10:47mais aussi, surtout, la Russe,
10:49Xenia Fedorova, propagandiste notoire
10:51du régime de Vladimir Poutine.
10:53C'était une faute politique de la part d'Annie Gennevar ?
10:57Comment dire ?
10:58Non mais, elle a dit que quand elle s'est rendue à se déjeuner,
11:01elle ne savait pas qui il serait.
11:03Vous la croyez ?
11:03Il n'y a pas de raison que je ne la crois pas.
11:05C'est naïf alors, non ?
11:06Ou peut-être un peu de négligence ?
11:07Je jette la pierre à personne.
11:10Annie Gennevar est très impliquée aujourd'hui
11:11dans le projet de loi agriculture,
11:13qui a été voté d'ailleurs samedi.
11:14Bravo aux députés qui l'ont voté.
11:16On est dans une période où il faut faire un peu attention,
11:19effectivement.
11:19Moi, je fais attention avec qui je déjeune,
11:21avec qui je dîne.
11:22Mais franchement, pas facile.
11:23C'est une faute quand même.
11:25Je ne pense pas, en tout cas elle l'a dit,
11:27qu'elle s'attendait à trouver ce casting.
11:29Elle a manqué d'attention donc, si j'entends bien.
11:31Non mais, il faut juste regarder le plan de table
11:33avant de s'asseoir à une table.
11:34Je pense que tout le monde, elle-même d'ailleurs,
11:36le reconnaîtrait.
11:37Merci beaucoup Roland Lescure.
11:38On va donc ouvrir la conversation
11:40avec les questions d'Alix Bouillaguet
11:42et Françoise Fresseuse,
11:42en commençant avec les prix à la pompe
11:44et cette crise des carburants qui se poursuit, Alix.
11:46Oui, vous avez ouvert ce mercredi
11:47le guichet d'aide promise par le gouvernement
11:49pour ceux qui en ont plus besoin,
11:51ceux que vous appelez les grands rouleurs.
11:54Une indemnité carburante de 100 euros,
11:56deux fois plus que ce qui avait été promis en avril.
11:58Le Premier ministre vient d'annoncer
11:59qu'on a franchi le cap des 400 000 demandes.
12:02Vous pouvez nous préciser le chiffre ?
12:05Oui, 440 000, un peu moins,
12:07439 339 de mémoire,
12:10demandes qui ont été enregistrées
12:11en quelques jours.
12:13On s'est dit qu'à terme,
12:14on aurait sans doute 3 millions de Françaises
12:16et de Français concernés.
12:18Voilà, je pense qu'on a,
12:20vous l'avez dit,
12:21une aide importante pour celles et ceux
12:22qui font soit plus de 8000 km par an,
12:25soit 30 km à l'air-tour
12:27pour se rendre au travail.
12:29Les gens nous reconnaissent
12:30notre volonté d'aider ceux
12:32et celles qui en ont le plus besoin.
12:34Et en l'occurrence,
12:34les gros rouleurs le sont.
12:36On a aussi complété les aides
12:38pour les aides soignantes.
12:39Ça s'est en place dès le 1er juin.
12:40Donc demain,
12:41ce qu'on appelle la hausse
12:42du barème kilométrique,
12:4320 centimes au litre en moyenne
12:45pour des aides à domicile.
12:47L'argent arrivera quand ?
12:48Les gens qui ont fait leur demande,
12:49les 439 000 ?
12:50Dans les 10 jours qui suivent
12:51votre demande,
12:52par virement bancaire,
12:53vous n'avez rien d'autre à faire.
12:54Les impôts, vous le savez,
12:55ont votre compte bancaire en général.
12:57Et donc vous recevrez le virement
12:59automatiquement dans les 10 jours
13:00qui suivent la demande,
13:00donc ceux qui ont demandé des mercredis
13:02dans les quelques jours qui viennent.
13:03Et ça va s'étaler au fur et à mesure
13:05des demandes.
13:05Françoise Fresseuse.
13:06Alors on a appris parallèlement
13:07que près d'un milliard de crédits
13:10venaient d'être annulés,
13:12qui portent notamment sur la recherche,
13:14l'apprentissage,
13:14les investissements d'avenir
13:15pour essayer de financer ces aides
13:18au cas par cas.
13:19Vous, en tant que ministre de l'économie,
13:20vous dites stop ou encore à ces aides ?
13:23Non, il faut, j'allais dire,
13:26tant qu'on en a besoin,
13:27s'assurer qu'on aide
13:27ceux qui sont en première ligne.
13:29Vous l'avez dit,
13:30ces aides, elles ont un coût.
13:31Combien ?
13:32Aujourd'hui, je dirais à terme,
13:34à la fin de l'été,
13:35avec tout ce qu'on a annoncé,
13:36on sera à peu près à 1 milliard d'eux.
13:37Et donc, il faut les financer.
13:39Alors, parmi les mesures
13:41que vous annoncez qu'on a annulées,
13:42il y en avait une bonne partie
13:44qu'on avait mis de côté,
13:45qu'on avait déjà gelées.
13:47Donc, d'une certaine manière,
13:48j'allais dire,
13:48les ministères s'attendaient
13:49à ce qu'elles soient baissées.
13:50Mais effectivement,
13:52évidemment, aujourd'hui,
13:53chaque euro public compte...
13:55Non, mais le défi majeur,
13:57il est là, vous l'avez dit.
13:58Il faut qu'on puisse continuer
13:59à investir dans l'avenir.
14:00Et on le voit avec Choose France,
14:02aujourd'hui,
14:02il y a des vrais investissements
14:04d'avenir à faire.
14:05On peut le faire avec de l'argent public,
14:06on peut le faire aussi
14:07avec de l'argent privé,
14:08voire des partenariats publics privés.
14:11Moi, j'ai été vendredi à Dunkerque
14:12pour lancer la première pierre
14:14d'une usine qui va rassembler
14:16Orano, grand champion public français,
14:18et XTC, grand champion chinois,
14:20pour créer une usine de cathode.
14:22Ça va être des centaines d'emplois.
14:23Ça va être 500 000 véhicules électriques
14:25à terme qui vont être équipés,
14:28annoncés en passant il y a 3 ans
14:29à Choose France,
14:31et confirmés et construits
14:32dans les 2 ans qui viennent.
14:33On vous entend,
14:34mais est-ce que là,
14:35vous dites ce matin,
14:36concernant ces aides,
14:37voilà,
14:38les compteurs sont bloqués,
14:39la France n'a pas les moyens
14:41d'en faire plus,
14:42ou est-ce que vous dites,
14:43si le conflit perdure,
14:43ce qui semble quand même
14:44être un petit peu le cas,
14:45il y aura peut-être
14:46une manière peut-être
14:47d'élargir les critères,
14:49notamment à ceux qui sont
14:50en dessous des 30 km
14:52domicile-travail,
14:53ou ceux qui ont un revenu fiscal
14:55supérieur aux 16 880 euros,
14:57puisque ce sont les règles
14:58aujourd'hui.
14:59Soit 50 000 euros,
15:00à peu près,
15:01pour un couple avec deux enfants.
15:03On a,
15:05je pense que le Premier ministre
15:06l'a dit d'ailleurs clairement,
15:08on a réalisé que le conflit
15:11allait durer plus longtemps
15:13que ce qu'on pouvait encore
15:14espérer il y a quelques semaines.
15:15Et c'est la raison pour laquelle
15:16on a élargi ces aides,
15:18notamment pour ceux
15:19qui sont en première ligne,
15:20donc on a complété pour les pêcheurs,
15:22les agriculteurs,
15:22les professionnels du BTP,
15:24les transporteurs routiers,
15:25et on a souhaité mettre le paquet
15:27sur les aides à domicile.
15:28Donc là,
15:28on arrête les compteurs ?
15:30On arrête les compteurs.
15:31On annonce des aides pour l'été.
15:33Ce que j'espère,
15:34c'est que l'horizon sera dégagé
15:36au-delà de l'été.
15:37Mais si ce n'est pas le cas,
15:38vous pourriez les élargir,
15:39les prolonger encore ?
15:39Écoutez,
15:40on verra.
15:41Ça fait maintenant plusieurs semaines
15:43qu'on dit que ce conflit
15:44est à la fois incertain
15:45dans son intensité,
15:46dans sa durée.
15:46Il y a un peu de mieux là.
15:48Je ne veux surtout pas
15:48créer victoire,
15:49mais le pétrole est en dessous
15:50de 100 dollars,
15:51on sent que les négociations
15:52avancent,
15:53on l'espère.
15:54En tout cas,
15:55à la fois,
15:57parce qu'on va sans doute
15:57parler des chiffres de croissance,
15:59être très vigilant
16:01sur ce qui se passe,
16:03pas catastrophiste,
16:04concentrer les aides.
16:05Et toutes les organisations
16:06internationales,
16:06franchement,
16:07nous félicitent pour ça,
16:08sur ceux qu'on en a le plus besoin.
16:09Il y a des gens aujourd'hui,
16:10franchement,
16:10leur plein est un peu plus cher.
16:12Ils n'ont pas besoin
16:13que je les aide,
16:14ils n'ont pas besoin
16:15que nous les aidions.
16:16Donc ce que vous dites ce matin,
16:17c'est qu'il y aura
16:17une date de revoyure,
16:18peut-être en septembre.
16:19Là, on a annoncé des aides
16:20pour l'été.
16:22Donc au 1er septembre,
16:23on en discutera ?
16:24On verra dans quel état,
16:25j'allais dire,
16:26le golfe,
16:26et notamment le détroit d'Hormuz,
16:27est.
16:28On verra dans quel état
16:28l'économie française est.
16:30Mais aujourd'hui,
16:31plus de 400 000 demandeurs
16:33sur le prêt,
16:34sur le guichet grand rouleur.
16:36On a aussi un prêt flash carburant
16:38qui aujourd'hui a déboursé,
16:39je peux vous l'annoncer,
16:4016 millions d'euros,
16:41avec 22 millions d'euros
16:43en plus à l'étude.
16:44Ça, c'est ce qui concerne
16:45les transporteurs routiers,
16:47c'est ce qui concerne
16:48les boulangers,
16:48c'est ce qui concerne
16:49les entrepreneurs,
16:50les artisans
16:50qui sont en première ligne
16:52et qui ont des petits enjeux
16:52de trésorerie
16:53parce que leurs factures augmentent
16:54et qui n'ont pas encore
16:55augmenté leurs ventes.
16:57Donc on a mis en place,
16:58je dirais,
16:59un arsenal d'aides
17:00qui aujourd'hui fonctionne,
17:02qui est utilisé
17:03par les Françaises
17:03et les Français
17:04qui sont en première ligne.
17:05Et je pense que tout le monde
17:06reconnaît aujourd'hui
17:07qu'on est à la fois
17:10très ciblés,
17:11mais qu'on est efficaces
17:12et qu'on aide ceux
17:13qui en ont le plus besoin.
17:14Et c'est important.
17:15Alors pour financer
17:16ces paquets d'aides
17:16et ces efforts
17:17et cette guerre
17:18qui perdure au Moyen-Orient,
17:20il y a une piste
17:20qui est un peu
17:21dans l'air du temps.
17:22D'ailleurs,
17:22vous avez dit cette semaine
17:23que vous n'y étiez pas
17:23totalement opposé.
17:24C'est la taxation exceptionnelle
17:25des grands groupes,
17:26le plus emblématique
17:27d'entre eux étant
17:27évidemment Total.
17:29Le patron du groupe
17:30Patrick Pouyanné
17:31vous a répondu vendredi
17:32lors de l'Assemblée générale
17:33du groupe.
17:33Écoutez.
17:34Dans le contexte actuel
17:35d'envoler des prix
17:36en lien avec le conflit
17:37au Moyen-Orient,
17:38certains ne peuvent
17:39s'empêcher de penser
17:40que Total Energy
17:41gagne trop d'argent.
17:42Je suis sûr
17:43que vous ne le pensez pas
17:44vous actionnaires
17:45et qu'il faut d'urgence
17:46nous taxer
17:47ou que nous sommes
17:48des profiteurs
17:49de je ne sais quoi.
17:50Total Energy
17:51n'a pas à s'excuser
17:52de réussir.
17:53Nous devons au contraire
17:54l'assumer
17:54et en être fiers
17:55avec votre soutien.
17:57Vous faites du Total Bashing
17:58vous aussi Roland Lescure ?
17:59Pas du tout.
18:00Et moi je suis parfaitement
18:01d'accord avec Patrick Poulanier
18:02quand il dit que Total
18:03n'a pas à s'excuser
18:04aujourd'hui de gagner de l'argent
18:06mais surtout
18:07Total n'a pas à s'excuser
18:09parce que c'est une major
18:10comme on dit intégrée
18:11une compagnie intégrée
18:12de s'assurer qu'aujourd'hui
18:14on n'a aucun enjeu
18:15d'approvisionnement en France.
18:16Et vous voulez les taxer
18:17ou pas ?
18:17Ce que j'ai dit
18:18ce que j'ai dit
18:18mais d'abord
18:19avant de vous dire
18:20ce que j'ai dit
18:20Total produit du pétrole
18:21partout dans le monde
18:22il en raffine en France
18:24il en distribue
18:25il plafonne le prix de l'essence
18:30et aujourd'hui
18:30pour aider la France
18:31à passer la crise.
18:33Ce que j'ai dit
18:34c'est que
18:35un
18:35le budget que le gouvernement
18:37déposera
18:37n'envisera pas
18:38de hausse d'impôts.
18:39Ce que j'ai dit aussi
18:40c'est que le Parlement
18:42lui
18:43sans doute
18:44aurait des idées.
18:45Je n'ai pas ce que vous avez compris
18:46ce que vous avez dit
18:47c'est-à-dire
18:48est-ce que là
18:48vous dites clairement
18:49ce matin à Total Énergie
18:51il n'y aura pas
18:52de super profit
18:54sur votre entreprise
18:57pour faire le budget ?
18:59Dans le budget déposé
19:01nous n'aurons pas
19:01de hausse d'impôts
19:02dans le budget
19:03voté, adopté
19:04en tout cas j'espère
19:04qu'il y en aura un
19:05qui sera voté ou adopté
19:06ça dépendra du débat parlementaire.
19:08Donc vous nous dites
19:08sur le prochain budget
19:09c'est peut-être possible ?
19:11Non mais
19:11on l'a fait en 2022
19:13à l'époque
19:14franchement
19:15ça n'avait pas rapporté
19:15grand chose
19:16donc ne croyons surtout pas
19:18que la formule magique
19:19comme toujours
19:19on a parfois tendance
19:20à penser en France
19:21qu'on va sortir
19:22de cette crise
19:23en taxant.
19:24Alors pourquoi
19:24vous n'évacuez pas
19:25la possibilité ?
19:26Parce que
19:26la production de pétrole
19:28elle n'est pas en France
19:30elle est au Nigéria
19:30en Angola
19:31aux Etats-Unis
19:31et ailleurs
19:32elle est taxée
19:32dans les pays
19:33là où Total produit
19:36le seul endroit
19:37où il y a sans doute
19:37eu des revenus
19:38un peu exceptionnels
19:39c'est les raffineries
19:40parce que les raffineries
19:41vendent l'essence
19:42je dirais au prix mondial
19:43de l'essence raffinée
19:44et il est possible
19:47qu'il y ait eu
19:47des revenus
19:49exceptionnels
19:49dans cette activité
19:50et s'il faut
19:53les taxer
19:54on aura ce débat
19:56j'espère
19:57raisonnablement.
19:58Aujourd'hui il y a des gens
19:59qui pensent
19:59Je ne ferme pas la porte
19:59donc à nouveau
20:00Je ne ferme pas la porte
20:01parce que
20:01ce que j'ai demandé moi
20:03à la commission européenne
20:04c'est d'examiner
20:05les conditions de concurrence
20:06des raffineurs
20:06si la commission européenne
20:08revient en disant
20:09parce que tout ça
20:09est un sujet européen
20:10il y a une partie
20:11de l'essence raffinée français
20:12qui vient de Belgique
20:13par exemple
20:13ou qui vient d'Espagne
20:14donc il ne faut pas croire
20:15que Total
20:17est le seul canal
20:18de production
20:19ou de livraison
20:20d'essence en France
20:21donc il faut qu'on garde ça de près
20:22on aura ce débat
20:23je suis sûr que le débat
20:24Il n'y aura plus de plafonnement
20:26Patrick Pouyanné a prévenu
20:27s'il y a une super taxation
20:29plus de plafonnement
20:30Et ça fait partie
20:30effectivement du débat
20:31moi je suis
20:34assez satisfait
20:34que pendant tous les ponts
20:35du mois de mai
20:36du mois de juin
20:36et visiblement ça continue
20:38Total ait pu plafonner
20:39le prix à la pompe
20:40ce qui a permis
20:40de limiter
20:41la hausse de l'inflation
20:42On sent en tout cas
20:43une sorte de divergence
20:46très profonde
20:46de plus en plus profonde
20:47entre le gouvernement
20:48et le patronat
20:49Alors il y a
20:50cet projet
20:51ou peut-être
20:51envisager
20:52de taxer
20:53les super profits
20:54mais il y a aussi
20:55l'histoire
20:56qu'on compense
20:57par la hausse du SMIC
20:59par le plafonnement
21:01des allègements de charges
21:02et au fond
21:02le patronat se dit
21:03et ça y est
21:04c'est nous qui payons
21:05les frais de la crise
21:06Regardez Michelin
21:07qui annonce
21:07des suppressions d'emplois
21:08en disant
21:09le coût du travail
21:09est trop élevé en France
21:10Vous ministre de l'économie
21:12qu'est-ce que vous répondez ?
21:13Je réponds que face à une crise
21:15comme celle à laquelle
21:16on fait face
21:18je préfère des aides ciblées
21:19à des aides qui ne le sont pas
21:20et donc typiquement
21:21le débat qu'on a aujourd'hui
21:23et les représentants
21:25du patronat reconnaissent
21:26par exemple
21:26la hausse du barème kilométrique
21:27on peut aujourd'hui
21:28faire une prime
21:30à ses salariés
21:31elle a été plafonnée
21:32à 300 euros
21:32on l'a déplafonnée
21:33Vous leur dites
21:33de se mouiller peut-être
21:34un peu plus aussi ?
21:36Non je ne veux surtout
21:36pas donner de leçons
21:37ce qui m'inquiète
21:38dans ce genre de crise
21:39c'est qu'on se montre
21:40les uns les autres
21:41du doigt
21:41en disant
21:42c'est ta faute
21:42c'est ta faute
21:43c'est de la tienne
21:43on fait face
21:44à un choc extérieur
21:45on n'est pas producteur
21:46d'essence
21:47on n'est pas producteur
21:48de pétrole
21:48on importe notre pétrole
21:49et notre gaz
21:50même si c'est moins important
21:51aujourd'hui l'impact
21:52et on doit faire face
21:53à ce choc ensemble
21:54et j'aimerais que la France
21:56puisse dire
21:56aujourd'hui on a été solidaires
21:57donc on a à la fois
21:58aidé les plus fragiles
22:00ceux qui sont en première ligne
22:01à la fois
22:02les individus
22:03les françaises et les français
22:04mais aussi les secteurs
22:05transports routiers
22:06pêcheurs
22:07agriculteurs
22:07et par ailleurs
22:08on a tous fait un peu d'efforts
22:09pour j'allais dire
22:10digérer la facture
22:11et c'est vrai que
22:12les allégements de charges
22:13ça peut paraître un peu technique
22:14mais
22:18la capacité aujourd'hui
22:2075 milliards d'euros
22:2174 milliards d'euros
22:22pardon
22:22à passer à 76
22:24en disant
22:25on va augmenter
22:26les allégements de charges
22:27pour toutes les entreprises
22:28celles qui augmentent
22:30les salaires
22:30et celles qui n'augmentent pas
22:31nous a semblé
22:32un peu inéquitable
22:34en fait
22:34un peu injuste
22:35et donc on a préféré
22:36effectivement se concentrer
22:37sur les entreprises
22:38qui en ont le plus besoin
22:39et par ailleurs
22:40on verra
22:41notamment à l'occasion
22:42du débat budgétaire
22:43si les salaires
22:44ont augmenté en France
22:44si les entreprises
22:46j'allais dire
22:46font leur part du boulot
22:47on pourra reconsidérer
22:49cette décision
22:49mais à ce stade
22:50on ne paye pas pour voir
22:51on a un déficit
22:54qui est ce qu'il est
22:55des finances publiques
22:56qui sont sous contrainte
22:57donc effectivement
22:57on se concentre
22:58sur ceux
22:58qu'on a le plus besoin
22:59justement Roland Lescu
23:00vous me faites ma transition
23:01merci à vous
23:01vendredi
23:02l'INSEE
23:03on en parlait
23:03en début d'émission
23:04a publié ses derniers chiffres
23:05sur l'économie française
23:06et les résultats
23:07sont alarmants
23:08une croissance en berne
23:09au premier trimestre
23:10moins 0,1%
23:11la première fois
23:11depuis la crise Covid
23:12que la croissance
23:13baisse sur un trimestre
23:14les prix qui grimpent
23:152,4% d'inflation
23:16en un an
23:17aucune baisse du déficit
23:18sans même parler
23:18du chômage
23:19qui remonte à 8,1%
23:21son plus haut niveau
23:21en 5 ans
23:22est-ce qu'on appelle ça
23:23une récession
23:23Roland Lescu
23:24non
23:24et je vais vous reprendre
23:26sur le qualificatif
23:26que vous avez pris
23:27en parlant d'alarmant
23:28moi je ne veux être
23:29les chiffres sont là
23:30les chiffres sont là
23:31donc je ne vais être
23:32ni marchand de bonheur
23:34mais ni prophète de malheur
23:36je ne me permettrai pas
23:37de vous qualifier
23:38de ce terme
23:38mais aujourd'hui
23:40il faut se fonder
23:40sur les faits
23:41donc clairement
23:42la croissance
23:42au premier trimestre
23:43est une mauvaise nouvelle
23:44si c'est le cas
23:44au deuxième trimestre
23:45on parlera officiellement
23:46d'une récession
23:46oui et puis
23:47si ce n'est pas le cas
23:48on n'en parlera pas
23:49donc on verra sur les faits
23:49avec un chômage qui augmente
23:51un emploi industriel
23:52qui s'effondre
23:52les voyants sont au rouge
23:53d'ailleurs qui n'est pas
23:54équilibré du tout
23:55alors il y a
23:56des mauvaises nouvelles
23:57la croissance en fait partie
23:58il y en a de moins mauvaises
23:59par exemple l'inflation
24:002,4% en France
24:01c'est plus de 3 ailleurs
24:02non c'est plus de 3 ailleurs
24:04la production industrielle
24:05elle a continué
24:05à progresser
24:06on l'a vu tout à l'heure
24:07sous France
24:08on continue à installer
24:09des usines en France
24:10donc il faut véritablement
24:11et ça fait partie
24:12de mon boulot
24:14semaine après semaine
24:15peser le pour et le contre
24:16la semaine dernière
24:17ça a été une semaine
24:18plutôt contre
24:18je le reconnais
24:19croissance à moins 0
24:20même si
24:21il y a des facteurs
24:23exceptionnels
24:23liés à ça
24:24et notamment
24:25j'insiste là-dessus
24:26le fait qu'on a été
24:27en loi spéciale
24:28le fait qu'on n'ait pas
24:29voté de budget
24:30en janvier-février
24:31donc surtout pas
24:32pour le budget prochain
24:32mais surtout pas
24:33parce que
24:33ce qui se passe
24:34quand on fait une loi spéciale
24:35certains en rêvent
24:36c'est qu'on arrête
24:37de développer
24:38de nouvelles politiques
24:38ma prime rénov
24:40ça permet de financer
24:41la rénovation de logements
24:42on n'avait jamais vu
24:43une baisse aussi importante
24:45de la rénovation
24:46de logements en France
24:47ça a impacté
24:48directement la croissance
24:49aussi parce que
24:49vous avez dégradé
24:50le montant alloué
24:51au fond vert
24:51non non non
24:52je ne suis pas d'accord
24:53si si
24:53on était à la veille
24:56d'élections municipales
24:57le cycle
24:58d'investissement
25:00traditionnel
25:00fait que
25:01pendant qu'on est en campagne
25:02on n'investisse pas
25:03donc il y a une petite baisse
25:03de l'investissement
25:04des collectivités locales
25:06mais c'est surtout
25:06l'investissement des ménages
25:08qui n'avaient plus
25:09ma prime rénov
25:09du fait de la loi spéciale
25:11donc c'est vrai
25:12qu'à un moment
25:12on commence à parler
25:13du budget de l'année prochaine
25:15pas de loi spéciale
25:16un budget
25:16on essaiera
25:17de trouver des compromis
25:18un budget normal
25:18c'est quoi ?
25:20c'est quoi ?
25:20des ordonnances ?
25:21un budget avant une élection présidentielle
25:24c'est jamais un budget
25:25tout à fait normal
25:26moi ce que j'espère
25:28c'est que
25:28on va faire notre travail
25:30on proposera un budget
25:31on l'a dit
25:31avec
25:33on l'espère
25:34un déficit public
25:35qui continue à se réduire
25:36et sans hausse d'impôt
25:37puis ensuite
25:37on aura un budget
25:38on a
25:40deux chemins possibles
25:41on a une équation économique
25:42vous l'avez dit
25:43elle est compliquée
25:43on a une équation budgétaire
25:44elle n'est pas facile
25:45il y a une équation politique
25:45soit
25:46les principales forces politiques
25:48qui nous ont aidé
25:49à faire adopter un budget
25:50cette année
25:51pour simplifier
25:51le PS
25:52le PS
25:53les LR
25:54le Bloc Central
25:55en partie
25:56les écologistes
25:57et les communistes
25:58sur le projet
25:58de loi de financement
25:59de la sécurité sociale
26:00on l'a quand même voté
26:01avec des voix
26:01communistes et écologistes
26:03soit ces forces là
26:04sont prêtes
26:06j'allais dire
26:06à faire
26:06une certaine forme de deal
26:08qui est
26:08on va essayer de trouver
26:09un accord sur le budget
26:10et par ailleurs
26:12on va faire une élection présidentielle
26:13et là dessus
26:14on aura plein de désaccords
26:15soit on mélange un peu les deux
26:16oui
26:17enfin justement
26:17l'imminence de l'élection présidentielle
26:19fait précisément
26:20qu'ils ne vous feront pas de cadeaux
26:21quel intérêt pour les socialistes
26:23d'être gentils
26:24avec Sébastien Lecornu
26:25aujourd'hui
26:26si un certain nombre
26:28en fait
26:29dans tous ces partis là
26:30il y a même un nombre
26:30certain de candidats
26:32envisagent de gouverner la France
26:33après mai
26:342026
26:34je pense qu'ils ont plutôt intérêt
26:36à ce qu'on ait un budget
26:37quitte à le modifier ensuite
26:38c'est la tradition
26:39après l'élection
26:40qu'on n'en ait pas
26:42voilà
26:42mais on aura
26:43parce que s'il n'y a pas de budget
26:44en fait on ne peut pas le modifier
26:45on se retrouve avec une loi spéciale
26:47qui fait que
26:48quand il y a une crise en Iran
26:49il n'y a pas d'aide
26:50il n'y a plus de ma prime rénov'
26:51donc la croissance
26:52est en berne
26:53il n'y a plus
26:54d'investissement
26:55dans l'armée
26:56la loi de programmation militaire
26:58c'est terminé
26:59on se retrouve avec
27:00un budget gelé
27:02et quand on est gelé
27:03on ne peut plus agir
27:04on est congelé
27:04et vous gardez quand même
27:05votre objectif de 5% de déficit
27:07à la fin de l'année
27:08ça reste pour cette année
27:09bien sûr
27:10et moins de 3% en 2029 ou pas ?
27:12voilà
27:12pour moi aujourd'hui
27:13mais deux boussoles
27:14c'est un
27:14il faut viser 5% en 2026
27:16et ça ne va pas être facile
27:17et deux
27:18moins de 3% en 2029
27:19viser
27:20viser
27:20mais est-ce que vous dites
27:21est-ce que ça peut faire partie
27:23du deal par exemple
27:24avec les socialistes
27:25prendre un peu plus de temps
27:27moi je pense que c'est une mauvaise idée
27:29pourquoi ?
27:30parce que
27:31s'engager
27:32aujourd'hui
27:33à ne pas réduire la dette
27:34voire même à continuer
27:35à l'augmenter
27:36parce que 3%
27:36ce n'est pas un chiffre magique
27:37qui tombe du ciel
27:38vous êtes en dessous de 3%
27:40vous réduisez la dette
27:41vous êtes au-dessus
27:41vous l'augmentez
27:42donc le choix il est clair
27:43est-ce que dans les 3 ans
27:45qui viennent
27:45on est prêt à s'engager
27:46dans un premier temps
27:47collectivement
27:48dans le cadre du débat parlementaire
27:50à rendre
27:51en fait
27:52à rendre 3% en 2029
27:53possible
27:55ensuite
27:55il y aura un débat présidentiel
27:57et celui ou celle
27:58qui sera élu
27:59décidera ou pas
28:00de mettre la France
28:01sur le chemin du désendettement
28:03ou de préserver
28:04un chemin d'endettement
28:05ça ce sera un choix à faire
28:06mais que d'ici là
28:07on puisse en fait
28:08laisser ce choix
28:09aux candidats
28:11et qu'on se dise
28:11ensemble
28:12on se met dans une position
28:13où au fond
28:14on continue à réduire
28:16le déficit public
28:16on rassure les marchés
28:18parce que je peux vous dire
28:19aujourd'hui
28:19le premier poste
28:20de dépense publique
28:21c'est la charge de la dette
28:22ça coûte cher
28:23on va émettre
28:24plus de 300 milliards d'euros
28:25cette année
28:26et bien justement
28:26Roland Lescure
28:27certains de vos concurrents
28:29dans l'opposition
28:29y compris les candidats
28:30à la présidentielle
28:31ont des idées
28:31pour trouver des nouvelles recettes
28:32c'est le cas par exemple
28:33de la patronne des écologistes
28:35Marine Tondelier
28:35candidate elle aussi
28:36l'an prochain
28:37c'était cette semaine
28:37sur France Info
28:38tiens écoutez
28:39on porte depuis très très longtemps
28:41un ISF climatique
28:42c'est-à-dire de faire payer
28:43les grosses fortunes
28:44mais de les faire payer
28:45différemment
28:45selon comment ils contribuent
28:47ou pas au changement climatique
28:48aujourd'hui
28:49il y a des ultra riches
28:50les milliardaires
28:51qui en 90 minutes
28:53consomment
28:53émettent autant de CO2
28:55qu'un humain moyen
28:56dans toute sa vie
28:57nous estimons
28:58qu'un ISF climatique
28:59doit être mis en place
29:00pour faire contribuer
29:01les plus riches de ce pays
29:02mais qui sont aussi
29:03celles et ceux
29:04qui participent le plus
29:06au changement climatique
29:07est-ce que les français
29:08et ce n'est pas eux
29:08qui sont exposés à la fin
29:09eux ils ont des maisons
29:10très climatisées
29:11un ISF climatique
29:13vous en dites quoi ?
29:15en tout cas
29:15je ne suis pas en accord
29:17avec Marine Tondelier
29:17quand elle dit
29:18qu'en 90 minutes
29:20ils font autant
29:20que vous et moi
29:22dans notre vie
29:23mais bon
29:23c'est des sujets méthodologiques
29:24sur lesquels
29:24je n'ai pas trop envie
29:25de rentrer
29:26ils polluent plus que nous
29:27que vous et moi
29:28oui mais ce n'est pas
29:29parce qu'on est actionnaire
29:30de Total
29:30qu'on contribue directement
29:31à la pollution de Total
29:32quand il produit du pétrole
29:34au Nigeria
29:34donc je pense que là-dessus
29:35il faut être assez rigoureux
29:37alors vous n'aimez pas les impôts
29:38j'ai bien entendu
29:38mais un ISF climatique
29:39pourquoi pas
29:40rapidement sur cette proposition ?
29:41j'aime pas trop les impôts
29:42en tout cas on en a beaucoup
29:43donc je pense que
29:43si certains envisagent
29:45d'augmenter les impôts
29:46j'espère qu'il faudra
29:46nous disent aussi
29:47ceux qui vont baisser
29:48deux
29:49on y reviendra peut-être
29:50tout à l'heure
29:50vous l'avez évoqué
29:51dans votre introduction
29:51il y a un enjeu de financement
29:52du modèle social en France
29:53et donc l'assiette
29:55des prélèvements
29:56c'est une vraie question
29:57qui se pose
29:57et notamment
29:59celle sur les enjeux climatiques
30:00moi je fais partie
30:01des écologistes convaincus
30:03j'ai pas les mêmes solutions
30:04que Marine Tondelier
30:05quand j'étais ministre de l'industrie
30:06j'ai mis en place
30:07la décarbonation
30:08des 50 sites industriels
30:09les plus polluants
30:10je suis convaincu
30:11qu'on peut à la fois
30:12faire de l'industrie
30:13et de l'écologie
30:14qu'on peut faire à la fois
30:15de l'écologie
30:15et créer de l'emploi
30:16donc là-dessus
30:17je ne souhaite pas
30:18laisser le monopole
30:19de l'écologie
30:20aux écologistes
30:20on est capable de le faire
30:22et je pense qu'on l'a déjà fait
30:24et il faut accélérer
30:25Alex ?
30:26un mot également
30:27sur Duralex
30:28qui va demander
30:30lundi
30:31son placement
30:32en redressement judiciaire
30:33il y a des milliers de français
30:34qui ont investi
30:34entre 100 et 1000 euros
30:35dans cette entreprise
30:36l'année dernière
30:37près de 7 millions d'euros prêtés
30:39ça veut dire
30:40qu'ils ne reverront jamais
30:41leur argent ?
30:41non on verra
30:42on verra la manière
30:43dans le tribunal
30:43et surtout des repreneurs potentiels
30:45où d'ailleurs
30:47la direction actuelle
30:48va gérer tout ça
30:49moi c'est un sujet
30:50qui m'est cher
30:50c'est un petit dossier
30:52en termes de nombre
30:54d'employés
30:54et de chiffre d'affaires
30:55mais c'est un dossier
30:56extrêmement emblématique
30:57c'est un dossier français
30:59il y en a d'autres
30:59mais c'est aussi
31:00un dossier emblématique
31:00moi j'ai sauvé Duralex
31:01littéralement trois fois
31:02une fois pendant la crise
31:04en Ukraine
31:04une fois suite
31:07vous l'avez dit
31:08à la reprise
31:09par la scope
31:10comme on dit
31:10et malheureusement
31:11on fait face
31:12à une troisième difficulté
31:13ça a été mal géré
31:14par les patrons d'entreprises ?
31:16alors en l'occurrence
31:16là c'est pas les patrons
31:17c'est une scope
31:18c'est-à-dire
31:18c'est une coopérative
31:19et donc c'est géré
31:20par les salariés
31:22non non
31:22c'est très difficile
31:23le vert aujourd'hui
31:24d'abord parce que
31:24les prix de l'énergie
31:25augmentent
31:25parce que c'est très concurrentiel
31:27parce qu'il y a du vert
31:28en Made in China
31:28qui arrive très peu cher
31:30en France
31:30c'est pas facile
31:31mais moi je souhaite
31:33qu'on puisse continuer
31:34à aider cette entreprise
31:35emblématique
31:36et j'espère qu'on va le faire
31:37en tout cas j'ai demandé
31:37à Sébastien Martin
31:38qui est mon ministre de l'industrie
31:39de continuer à le faire
31:40Roland Lescure
31:41la présidentielle
31:41on l'a dit
31:42c'est dans moins d'un an
31:42on va parler politique maintenant
31:44et on peut dire que
31:44la campagne est officiellement
31:45lancée depuis hier
31:47avec ce premier grand meeting
31:48de Gabriel Attal à Paris
31:49vous y étiez
31:50le candidat de votre parti
31:51Renaissance
31:51a rassemblé
31:524000 partisans
31:53portes de Versailles
31:54Mes amis
31:56je laisse à d'autres
31:57le sang et les larmes
31:59moi je vous promets
32:00l'action et l'espoir
32:03Le sang et les larmes
32:04Roland Lescure
32:05c'était pour Edouard Philippe ça ?
32:06C'était peut-être pour
32:07Winston Churchill
32:07qui était celui qui l'avait
32:09Oui mais quand même
32:11Oui alors après
32:12c'était pendant
32:12la seconde guerre mondiale
32:14Qui prend le sang
32:14et les larmes
32:15dans cette campagne là ?
32:16C'est Edouard Philippe ?
32:16C'est lui qui l'a en tête ?
32:18Jamais
32:18Vous ne me prendrez jamais
32:20à créer
32:22des polémiques
32:23artificielles ou non
32:23entre des candidats
32:24issus de notre an
32:25Moi ce que j'ai aimé hier
32:26au delà de la ferveur
32:27il y avait du monde
32:28je pense que vous y étiez aussi
32:29en tout cas
32:31J'y étais
32:32Voilà vous y étiez
32:33il y avait du monde
32:34il y avait de la ferveur
32:35il y avait surtout
32:35un discours positif
32:36moi je suis intimement
32:37persuadé
32:38qu'on va se retrouver
32:39dans cette campagne
32:40face à deux camps
32:42et beaucoup de candidats
32:43pour représenter
32:44l'un et l'autre
32:45Le camp du déclin
32:46qui veut revenir en arrière
32:47qui veut renfermer
32:48la France sur elle-même
32:49qui considère que
32:51soit pour des raisons
32:53anticapitalistes
32:54soit pour des raisons
32:55idéologiques
32:56j'allais dire
32:57presque historiques
32:59et je ne les mets pas
33:00dans le même camp
33:01mais in fine
33:01ça revient au même
33:03Bruno Retailleau
33:03il fait partie des déclinistes
33:04par exemple ?
33:05Vous le mettez dans ce sac là ?
33:06Pas tout à fait
33:07parce que je pense
33:08que c'est un libéral
33:09économiquement
33:10qui souhaite
33:11que la France prospère
33:12mais j'ai eu des débats
33:13y compris quand il était
33:14au gouvernement
33:15et moi à l'Assemblée
33:16sur l'immigration
33:17sur l'immigration
33:18on est fondamentalement
33:19en désaccord
33:20avec Bruno Retailleau
33:21et ça ne veut pas dire
33:22que je crois aux portes ouvertes
33:22que certains nous promettent
33:24mais aujourd'hui
33:25nier le fait
33:26que la France
33:27a besoin
33:27d'immigration économique
33:29dans la recherche
33:30dans l'intelligence artificielle
33:31mais aussi
33:32dans la plomberie
33:33dans la soudure
33:33ou dans nos hôpitaux
33:35ou dans nos épannes
33:36c'est nier la réalité démographique
33:38Une dernière question
33:39sur le meeting
33:39de Gabriel Attal hier
33:40vous faisiez partie
33:41des 4 ministres présents
33:42porte de Versailles hier
33:444 sur 36
33:45ça ne fait pas beaucoup
33:46quand même
33:46pour soutenir le patron
33:47du parti présidentiel
33:48Écoutez moi je suis un ministre
33:49et je suis intimement convaincu
33:51que pendant l'année qui vient
33:52notre boulot
33:53ça va surtout être de gouverner
33:54mais je suis aussi un militant
33:56depuis 10 ans
33:56d'un parti
33:57dont je suis extrêmement fier
33:58Répondez pas à la question
33:594 sur 36
34:00Non mais il faut demander
34:01à ceux qui n'y étaient pas
34:02Oui alors vous savez
34:03que dans ce gouvernement
34:04il n'y a pas que des marcheurs
34:05comme j'ai encore tendance
34:07à nous appeler
34:07il y a des membres
34:08des républicains
34:09qui ont été même suspendus
34:11il y a des membres d'Horizon
34:12il y a des personnalités
34:13issues de la société civile
34:14ce que je peux vous dire hier
34:15c'est que
34:16Eléanor Carbois
34:17Stéphane Iris
34:17David Amiel et moi
34:18ça fait 4
34:19on est des marcheurs historiques
34:20et le fait qu'on soit là
34:22je pense
34:22ça utilise quelque chose
34:23Excusez-moi
34:24vous étiez quand même
34:26soutien d'Attal
34:27alors que
34:28Edouard Philippe
34:30est déjà déclaré
34:31qu'au fond
34:31il fait la course en tête
34:32est-ce que vous soutiendrez
34:34Gabriel Attal
34:35jusqu'au bout
34:35ou est-ce que vous pourriez
34:36vous rallier
34:37à Edouard Philippe ?
34:38Moi j'ai déjà eu l'occasion
34:39de dire que
34:40l'union sera
34:42absolument indispensable
34:44in fine
34:44Quand ?
34:46d'ici
34:47à mon avis
34:48la fin de l'année
34:49ou au plus tard
34:49en tout début
34:50d'année 2027
34:51mais que d'ici là
34:53on ait des talents
34:54qui s'expriment
34:55et Gabriel Attal
34:56en est un
34:58particulièrement fort
34:58je pense qu'on l'a vu hier
35:00qui puisse débattre
35:02avec celles et ceux
35:03à qui on s'oppose
35:04plutôt qu'entre eux
35:05et qu'ensuite
35:06on puisse choisir
35:07le ou la meilleure
35:08avec un ralliement
35:10qui permettra
35:10d'élargir la base
35:11moi je suis intimement
35:12convaincu
35:13que si on veut gagner
35:13il va falloir élargir
35:14et Gabriel Attal
35:15et Edouard Philippe
35:16c'est pas tout à fait
35:16les mêmes personnalités
35:17ça on le sait
35:18c'est pas non plus
35:19tout à fait le même
35:20positionnement politique
35:21moi je suis issu
35:22de la social-démocratie
35:23c'est vrai que je me trouve
35:24davantage
35:24est-ce que votre candidat
35:25c'est pas plutôt
35:26Bernard Cazeneuve
35:28alors il y a beaucoup
35:29de candidats à gauche
35:30aujourd'hui
35:31j'avoue que je m'y retrouve
35:33pas trop
35:33au moins chez nous
35:34c'est clair
35:34Gabriel Attal
35:35Edouard Philippe
35:36voilà François Hollande
35:38Olivier Faure
35:39Boris Vallaud
35:40question très précise
35:41sur Glucksmann
35:42qu'est-ce que vous lui répondez
35:43en disant
35:43qu'au fond
35:44au sein de ce bloc central
35:46il est le seul
35:47à être une alternative
35:48aux extrêmes
35:49parce que
35:49personne ne votera
35:51en nombre suffisant
35:52après dix années
35:53de macronisme
35:54ni pour Edouard Philippe
35:55ni pour Gabriel Attal
35:56alors vous posez
35:57une excellente question
35:58qui est
35:59est-ce qu'on peut
35:59à la fois porter
36:01le positif
36:02de notre bilan
36:02elle l'a dit tout à l'heure
36:03il y a quand même
36:03un paquet de choses
36:04qu'on a bien fait
36:06et assumer
36:06ce qu'on a moins bien fait
36:07pour changer de dimension
36:08ce que dit Gabriel Attal
36:09et j'ai tendance
36:10à être assez d'accord
36:10avec lui
36:11c'est qu'en disant
36:11le monde a beaucoup changé
36:12l'intelligence artificielle
36:13n'existait pas
36:14le monde géopolitique
36:16c'est le mot qu'on puisse dire
36:16a beaucoup changé aussi
36:18mais au fond c'est quoi
36:18la différence ?
36:19c'est qu'il ne faut pas
36:19changer de direction
36:20mais il faut changer de braquet
36:21il faut sans doute
36:22changer de réponse
36:24Roland Lesclure
36:25vous étiez dans la salle
36:27ce qui était quand même
36:28frappant
36:28on avait l'impression
36:29d'entendre Emmanuel Macron
36:30en 2017
36:31c'était les mêmes ressorts
36:33c'était l'espoir
36:33le volontarisme
36:34le travail
36:35le dépassement des clivages
36:36parce que ça je pense
36:37que ce sont des piliers fondamentaux
36:39ça veut dire qu'Emmanuel Macron
36:40a échoué alors
36:41mon engagement
36:42si dix ans plus tard
36:43c'est le même discours
36:44la France est le pays
36:45le plus attractif d'Europe
36:46le chômage est à 8
36:47mais il était au-delà de 10
36:48à l'époque
36:49il est passé par 7
36:50on a renforcé
36:52la place de la France
36:53dans l'Europe
36:54et la place de l'Europe
36:55dans le monde
36:55on est aujourd'hui reconnus
36:56comme une voix qui porte
36:57j'ai présidé les G7 finances
36:58la semaine dernière
36:59j'étais extrêmement fier de le faire
37:00et tout le monde a reconnu
37:02tout le monde a reconnu
37:02tout le monde a dit
37:02mais refuse l'héritage
37:05Gabriel Attal
37:05il dit pas qu'il est l'héritier
37:07d'Emmanuel Macron
37:07c'est pas mon cas
37:08alors l'héritage
37:08je suis pas pour l'héritage
37:10je suis pas pour une société de rentier
37:11j'ai grandi en banlieue
37:13je me suis fait
37:13entre guillemets
37:14un peu tout seul
37:15grâce à la République
37:15surtout
37:16mais assumer ce qu'on a fait
37:20on gagnera pas
37:21sans assumer ce qu'on a fait
37:22le bon
37:23en étant fier de ce qu'on a fait
37:25et le moins bon
37:26en expliquant à la fois
37:27pourquoi on a échoué
37:28et comment on va changer
37:29vous pensez vraiment
37:30qu'après dix ans de macronisme
37:32vous connaissez votre histoire politique
37:33comme moi
37:34comme nous tous
37:34autour de la table
37:35très souvent
37:36les français à l'occasion
37:36de l'élection présidentielle
37:37choisissent une forme de rupture
37:39après dix ans de macronisme
37:40vous pensez vraiment
37:41qu'ils voudront faire
37:42une sorte d'épisode 3
37:43avec un Gabriel Attal
37:44qui ressemble beaucoup
37:45c'est vrai à Emmanuel Macron
37:46ben c'est les français
37:47qui trancheront
37:48ce qui est vrai
37:49c'est que
37:50s'ils souhaitent une rupture
37:51j'allais dire
37:52quelle qu'elle soit
37:54ben en tout cas
37:55ils auront du mal
37:56à choisir des candidats
37:57que moi je soutiens
37:58puisque
37:59ils sont en partie
38:00non pas comptables d'ailleurs
38:02mais responsables
38:04du bilan
38:04en partie
38:05mais
38:07je pense que les françaises
38:08et les français choisiront
38:09surtout
38:10non pas sur
38:11ce qu'on leur a raconté
38:12ce qu'on a fait depuis dix ans
38:13mais sur ceux
38:14où on veut les emmener
38:16dans les cinq à dix ans
38:17qui viennent
38:17en tout cas
38:18je suis intimement
38:21convaincu
38:21qu'aujourd'hui
38:21dans le monde
38:22dans lequel on fait face
38:23géopolitique
38:24extrêmement risquée
38:26révolution technologique
38:27peur
38:27de la révolution
38:28du climat
38:30auquel
38:30un certain nombre d'états
38:31sont en train de renoncer
38:32et auquel un certain nombre
38:33de candidats
38:34envisagent de le faire
38:35le rassemblement national
38:36le climat
38:36il n'en a rien à faire
38:38face à ces défis
38:39majeurs
38:39il faut qu'on puisse raconter
38:41aux françaises et aux français
38:42où on veut les emmener
38:42moi je veux les emmener
38:43vers la prospérité
38:44vers la lutte
38:46contre le réchauffement climatique
38:47pardon
38:48mes créateurs d'emplois
38:49vers une France
38:50qui est fière
38:51et qui conquiert le monde
38:52par l'intelligence artificielle
38:53et par la révolution technologique
38:54et ça fait dix ans
38:55qu'Emmanuel Macron promet ça
38:56et on a fait
38:58une bonne partie du chemin
38:59on a fait une bonne partie du chemin
39:00Roland Lescure
39:01vous êtes donc l'invité
39:02de Questions politiques
39:03et on va tenter
39:03de mieux vous connaître aujourd'hui
39:04France Inter
39:08Julien Néni
39:11Questions politiques
39:12Et c'est vous Alex Bouillaguet
39:14qui dressait le portrait
39:15du ministre de l'économie
39:17Cette situation constitue
39:19un nouveau choc pétrolier
39:21et si ce choc énergétique
39:22persiste
39:23au-delà de quelques semaines
39:25la crise pourrait se diffuser
39:27plus largement à l'économie
39:28et être au fond
39:30d'une nature plus systémique
39:33Nous sommes le 24 mars dernier
39:35vous êtes devant
39:35la commission des finances
39:36à l'Assemblée nationale
39:37vous évoquez les conséquences
39:39de la guerre en Iran
39:39vous lâchez le mot
39:41choc pétrolier
39:42un mot qu'Emmanuel Macron
39:43ne veut absolument pas
39:44entendre à l'époque
39:45Sébastien Lecornu
39:46parle d'ailleurs lui
39:47pudiquement
39:48de crise de volatilité
39:50des cours
39:50Le lendemain
39:51vous êtes obligé
39:53de retropédaler
39:54lors du Conseil des ministres
39:55votre franc-parler
39:57c'est un atout
39:57ou est-ce qu'il vous joue
39:58quand même parfois des tours
40:00est-ce que vous regrettez
40:00d'avoir lâché ce mot
40:02là ?
40:02En fait j'ai regretté
40:04d'avoir lâché ce mot
40:05il s'avère que
40:06vous n'avez pas mis l'extrait
40:07juste avant
40:07je parlais de la situation
40:08en Asie
40:08où là il y a un véritable
40:09choc pétrolier
40:10il manque d'essence
40:11ils puissent dans
40:11leur choc stratégique
40:13l'essentiel du pétrole
40:14qui arrivait au Japon
40:15et ailleurs
40:16dans l'Asie du Sud-Est
40:17les Philippines
40:17le Vietnam et autres
40:18ils venaient du Golfe
40:19donc il manque d'essence
40:20bien sûr je regrette
40:21de l'avoir prononcé
40:22parce que ça crée
40:23un tel débat
40:23comme on aime le faire en France
40:24d'ailleurs
40:25on préfère parler des mots
40:26que du fond
40:27que j'en ai été un peu surpris
40:28est-ce que ça remet en cause
40:30ma volonté
40:31d'essayer de parler franc
40:32et vrai ?
40:32Non
40:33parce que je pense
40:33ça fait partie
40:34je dirais à la fois
40:35de ma nature
40:36de ce qu'on me reproche
40:37mais aussi parfois
40:37de ce qu'on me reconnaît
40:38donc moi je préfère
40:40dire les choses
40:40telles que je les vois
40:42sans être ni un prophète
40:43de malheur
40:43ni un marchand de bonheur
40:45bon ben là
40:45j'ai peut-être été un peu tôt
40:46mais on a bien vu
40:47que dans la semaine
40:48qui a suivi
40:48ce débat
40:49il a vraiment eu lieu
40:50et qu'il y a un certain nombre
40:51de gens qui pensaient
40:51et qui pensent encore à l'époque
40:53que c'était un choc
40:54alors choc pétrolier
40:56ça ramène aux années 70
40:58où on faisait la queue
40:59aux stations-service
41:00où à l'époque
41:01on manquait vraiment d'essence
41:02c'est plus le cas
41:02donc on n'est pas du tout
41:04et d'ailleurs c'est plus le cas
41:05Donc vous ne qualifieriez pas
41:06ce qui se passe aujourd'hui
41:07en France de choc pétrolier ?
41:08Non parce qu'on a
41:09un mix énergétique
41:10comme on dit
41:11merci nos prédécesseurs
41:12Deux fois la même erreur
41:12Voilà c'est ça
41:13quand même
41:15vacciné
41:15mais surtout parce qu'on a créé
41:17aujourd'hui
41:17avec les centrales nucléaires
41:18une capacité d'indépendance
41:19plus forte
41:19qu'on est moins exposé
41:20mieux protégé
41:21et j'allais dire tant mieux
41:22Alors votre liberté de parole
41:24vous la brandissez encore
41:25après la dissolution de 2024
41:27vous plaidez pour Bernard Cazeneuve
41:29à Matignon
41:30ce sera finalement
41:31le républicain Michel Barnier
41:32et là on vous entend
41:34multiplier les mises en garde
41:35votre confiance n'est pas automatique
41:37c'est ce que vous dites
41:38vous qui a milité
41:40vous avez milité à 16 ans
41:41en jeunesse communiste
41:42est-ce que vous avez
41:43songé à ce moment-là
41:44à quitter la vie politique
41:46et pourquoi pas
41:46à repartir au Québec
41:47où vous aviez effectivement
41:48un job honor
41:49à la Caisse des dépôts
41:50et placements
41:51Non, non, je suis passé
41:52à autre chose
41:52et je suis très heureux
41:53d'être 10 ans
41:54que je viens de passer
41:55dans cet engagement
41:57non, à aucun moment
41:58j'avais un débat
41:59avec Michel Barnier
42:00sur l'équation politique
42:00à l'époque
42:01ce que je disais
42:02c'est que
42:03merci, je pense que
42:04Sébastien Cornu
42:05l'a montré
42:06la seule manière
42:07de gouverner la France
42:09de manière à peu près stable
42:10c'est d'essayer
42:10de se mettre d'accord
42:11de la droite républicaine
42:12aux socialistes
42:13c'était la seule
42:14majorité
42:16je dirais
42:18comptable
42:18arithmétique
42:19qui permettrait
42:20d'adopter un budget
42:21sans avoir
42:22recours
42:23au Rassemblement National
42:24et j'avais peur
42:25je lui ai dit
42:25à Michel Barnier
42:26je l'ai dit publiquement
42:27à l'époque
42:27qu'on dépende
42:28du Rassemblement National
42:29résultat des courses
42:30trois mois plus tard
42:31Marine Le Pen
42:33a censuré le gouvernement
42:34Michel Barnier
42:35est tombé
42:35je pense que
42:36je n'avais pas tort
42:36et vraiment
42:37je pense que
42:38le Premier ministre
42:39Sébastien Lecornu
42:40a lui aussi
42:40bien compris
42:41cette équation politique
42:41elle n'est pas facile
42:42mais c'est la seule manière
42:43aujourd'hui de gouverner
42:44la France
42:44on parlait toujours
42:45sur la question
42:46du travail
42:46du 1er mai
42:47le Premier ministre
42:48Sébastien Lecornu
42:49mais aussi
42:49Gabriel Attal
42:50qui est le patron
42:51de votre parti
42:52souhaite assouplir
42:53les règles
42:54pas vous
42:54et vous le dites
42:55là encore
42:55en Conseil des Ministres
42:56le 1er mai
42:57c'est le seul jour
42:58de l'année
42:58qui était vraiment
42:59férié pour votre père
43:00communiste
43:01et journaliste
43:02à l'humanité
43:03est-ce que
43:03vos convictions
43:04sont finalement
43:06plus fortes
43:06que la solidarité
43:08gouvernementale
43:08non
43:09parce que bon
43:10que les boulangers
43:10puissent ouvrir le 1er mai
43:11et qu'on puisse acheter
43:12une baguette le 1er
43:13je pense que ça choque personne
43:14donc il faut mettre en place
43:15les conditions
43:15pour qu'on y arrive
43:16mais ce que j'ai souhaité dire
43:17c'est qu'effectivement
43:18le 1er
43:18ce n'est pas un jour férié
43:19comme les autres
43:19c'est un jour chômé
43:21dans lequel on ne travaille pas
43:23donc mon père ne travaillait pas
43:24la veille
43:24parce que le journal
43:25ne sortait pas le 1er
43:26donc il ne travaillait pas
43:27le 30 avril
43:28et c'est vrai que
43:29dans une certaine partie
43:31de la population française
43:32c'est une journée
43:33un peu mythique
43:34à la fois pour les raisons
43:35pour lesquelles il existe
43:36mais qui permet aussi
43:37et qui permet encore
43:38d'ailleurs
43:39de porter des revendications
43:40dans la rue
43:41de célébrer les travailleurs
43:44puisque c'est surtout
43:44la fête des travailleurs
43:45plutôt que la fête du travail
43:47et que ce n'est pas
43:48un jour férié
43:48comme les autres
43:49et que je considérais
43:51je l'ai dit
43:51en fait je l'avais dit
43:52en off au conseil des ministres
43:53je vois que vous savez
43:54que je l'ai dit
43:54je suis au courant de tout
43:56vous êtes au courant de tout
43:57votre capacité
43:59à trouver de l'information
44:00c'est votre métier
44:01est excellente
44:01une toute petite dernière chose
44:04Roland Lescure
44:05puisqu'on le sait
44:06vous êtes vraiment infidèle
44:07d'Emmanuel Macron
44:08puisque vous l'avez rencontré
44:09c'était en 2012
44:10à l'époque
44:10il était secrétaire général
44:11de l'Elysée
44:12et pourtant
44:14finalement vous vous faites
44:15doubler deux fois
44:16par Yel Brunpivet
44:17en 2022
44:18pour la présidence
44:19de l'Assemblée nationale
44:20puis en 2024
44:21par Gabriel Attal
44:22pour Matignon
44:23comment ça se fait ?
44:26Non mais je suis
44:27ministre de l'économie
44:28et des finances
44:29j'imagine que vous êtes heureux
44:30d'une des principales économies
44:31du monde
44:31j'ai été président du G7
44:33la semaine dernière
44:34j'ai vraiment aucun regret
44:35Yel Brunpivet
44:36je ne me suis pas fait doubler
44:37elle a été élue
44:38donc bravo
44:39c'est une élection démocratique
44:40et puis le premier ministre
44:42c'est le président
44:42qu'il choisit
44:43c'est pas
44:44qui que ce soit d'autre
44:45y compris dans la presse
44:46Et ça veut dire
44:47que la politique
44:47maintenant c'est jusqu'au bout
44:49c'est devenu votre vocation
44:50c'était pas juste un moment
44:52de votre carrière professionnelle ?
44:53Non moi je me souviens
44:54qu'en 2016 on disait
44:55le candidat Emmanuel Macron
44:56disait
44:57la politique
44:57c'est pas une carrière
44:58ça doit être une expérience
45:00moi j'ai eu une vie avant
45:01on verra pour après
45:02mais en tout cas
45:03je suis très heureux
45:04d'avoir pu faire
45:04ce que j'ai fait
45:05depuis novembre
45:05Vous avez l'impression
45:05que vous y prenez goût
45:06quand même ?
45:07Non mais quand je fais quelque chose
45:09je le fais toujours à fond
45:11je pense que quand j'ai annoncé
45:12mon départ de la Caisse de dépôt
45:13et Placement du Québec
45:14alors que j'étais même pas investi
45:15par En Marche
45:16pour être candidat à l'époque
45:17les gens ont dit
45:18mais pourtant
45:19on avait l'impression
45:19que vous y prenez goût
45:20vous y prenez goût aussi
45:21et j'adorais ce que je faisais
45:22non quand je fais quelque chose
45:23je le fais à fond
45:24quand je passe à autre chose
45:24je passe à autre chose
45:25C'est l'heure de votre carte blanche
45:27comme il est de tradition
45:28dans cette émission
45:29nous vous avons demandé
45:30de choisir aujourd'hui
45:30un sujet sur lequel
45:31on vous entend un peu moins
45:32qu'est-ce que vous avez choisi aujourd'hui ?
45:34Moi j'ai grandi à Montreuil
45:36dans le 93
45:36en Seine-Saint-Denis
45:37dans un HLM
45:38et c'est vrai que c'est à la fois
45:39un territoire
45:41auquel je suis resté très attaché
45:42j'y retourne régulièrement
45:45et sur lequel j'ai à la fois
45:46beaucoup d'espoir
45:47et parfois un peu de frustration
45:48le 93
45:49c'est le département
45:50le plus jeune de France
45:51c'est le département
45:52où il y a le plus d'entrepreneurs
45:53par habitant
45:53que nulle part ailleurs dans le monde
45:55c'est aussi le département
45:56on a parlé de foot tout à l'heure
45:57du Stade de France
45:58où on a gagné la coupe du monde
45:59en 98
46:00et puis c'est un département aussi
46:03où il y a un certain nombre
46:04de violences
46:05le narcotrafic
46:06qui est très présent
46:07dans un certain nombre de cités
46:08il est très probable
46:09je ne veux pas pointer du doigt
46:11mais que dans les violences urbaines
46:12un certain nombre de jeunes
46:13a été issus de ce département
46:14et donc c'est vrai que moi
46:15j'y ai beaucoup d'attachement
46:17j'y ai grandi
46:18j'y retourne régulièrement
46:20et je me dis
46:20comment on fait pour s'assurer
46:21que les forces de ce département
46:23soient exprimées pleinement
46:25comment on retrouve
46:27notre esprit de 2016-2017
46:28qui parlait d'émancipation individuelle
46:30et qui disait
46:31sur les interpellations
46:32vous avez des informations
46:33sur l'origine
46:34des
46:35j'en ai pas
46:35c'est pour ça que je ne veux pas
46:36donner l'impression
46:37que je pointe du doigt
46:37mais on sait bien
46:39que souvent
46:39un certain nombre de jeunes
46:41viennent des banlieues
46:42pour l'instant
46:43on n'en sait rien
46:43non non non
46:44on ne sait rien
46:44mais je veux à la fois
46:46être capable
46:46je le répète
46:47de ne pas pointer du doigt
46:48mais d'assumer
46:49un certain nombre de vérités
46:51qui sont sans doute présentes
46:52donc non non
46:53je ne cherche pas
46:53à polémiquer autour de ça
46:55mais c'est vrai que
46:56tout ce qui fait
46:57qu'on peut redonner
46:59de l'espoir
47:00réel
47:01à ces jeunes
47:01qui souhaitent avant tout
47:02réussir
47:03dans le monde
47:04j'allais dire
47:04normal
47:05et pas dans le monde
47:06souterrain
47:07anormal
47:07illégal
47:08qui est un vrai défi
47:08aujourd'hui
47:09il faut qu'on sorte
47:10du narcotrafic
47:11parce qu'aujourd'hui
47:12il y a des jeunes
47:12qui malheureusement
47:15ont plus intérêt
47:16aller se trouver un job
47:18dans le narcotrafic
47:19que dans l'entrepreneuriat
47:20l'avenir
47:21la France
47:21l'intelligence artificielle
47:22et tant d'autres
47:22et donc il faut
47:23qu'on mette le paquet là-dessus
47:24et j'espère que les candidats
47:25le feront
47:26et bien la campagne s'ouvre
47:27ça tombe bien
47:28on avance dans cette émission
47:29on passe à la rubrique
47:30de Françoise Fresso
47:31ce qui comme chaque semaine
47:32interroge une question
47:33qui sera au coeur
47:34du débat public
47:34l'an prochain
47:35ce matin Françoise
47:36c'est la question centrale
47:37du modèle social français
47:38et de son financement
47:39et oui parce qu'en fait
47:40la plupart de l'émission
47:41a été consacrée
47:42au poids de la dette
47:43et on voit que sur au fond
47:45les 3500 milliards d'euros
47:47de dettes
47:48que la France a
47:50près de 2000 milliards d'euros
47:53relèvent au fond
47:54des prestations sociales
47:55des retraites
47:55que l'on verse à crédit
47:57depuis un certain nombre d'années
47:58donc beaucoup d'experts
48:00mais aussi beaucoup de politiques
48:01disent aujourd'hui
48:02que le modèle social est mort
48:03est-ce que c'est aussi
48:04votre avis Roland Lescure ?
48:07En tout cas
48:08il va falloir sacrément
48:09le revoir en profondeur
48:11pour qu'il puisse renaître
48:12je vais dire ça comme ça
48:13il a été essentiellement fondé
48:15au sortir de la guerre
48:16à une époque
48:18où la démographie
48:18était très différente
48:19c'était le baby boom
48:20aujourd'hui on est dans
48:21le papy boom
48:21plus la croissance
48:22et la croissance
48:23mais qui venait en partie
48:24d'ailleurs de ce baby boom
48:26donc vous avez raison
48:26enfin vous avez raison
48:28vous parlez de la croissance
48:29on va régler ce problème
48:30avec deux paramètres
48:32essentiels
48:33un il faut qu'on ait
48:34de la croissance
48:35de la productivité
48:36du progrès
48:37de l'intelligence
48:37oui mais vous n'aurez jamais
48:382% de croissance
48:39c'est ce que disent
48:40on peut
48:40mais même 2%
48:41ne suffiront sans doute pas
48:42parce qu'aujourd'hui
48:43on a beaucoup plus
48:44de retraités
48:44que d'actifs
48:45en tout cas on est
48:46quasiment à 1 pour 1
48:47alors qu'à l'époque
48:48on était à 3 pour 1
48:49on avait beaucoup plus
48:50d'actifs que de retraités
48:51pardon
48:52donc il faut qu'on revoie
48:53le modèle social
48:54la minimum
48:56minimum minimum
48:56c'est de revoir son financement
48:58alors qu'est-ce que
48:58qu'est-ce que vous préconisez
49:00très concrètement
49:00un élargissement
49:01de la base du financement
49:02et des fonds de retraite
49:04par capitalisation
49:05mais alors par exemple
49:06élargissement
49:06c'est quoi ?
49:07c'est de la TVA ?
49:07alors ça peut être de la TVA
49:09je ne pense pas que ce soit
49:10le moment aujourd'hui
49:10vu l'inflation
49:11mais ça fera partie
49:12des débats à avoir
49:14pour 2027
49:14moi j'avais mis ça
49:15dans un petit bouquin
49:16que j'ai écrit il y a quelques années
49:17effectivement la TVA
49:18l'avantage
49:18c'est que ça permet
49:19de taxer les importations
49:21et pas seulement
49:21ce qui est produit en France
49:22l'inconvénient c'est que ça fait
49:23monter les prix
49:23mais ça fait partie des choses
49:25la taxation du capital
49:26peut être repensée également
49:28pourquoi pas d'ailleurs
49:28la taxation des grandes fortunes
49:29de manière à ce qu'on se fasse
49:30ça intelligemment
49:31il faut qu'on ait tout ce débat
49:32mais en tout cas
49:33il faut élargir
49:34la base de taxation
49:35parce qu'aujourd'hui
49:36c'est le travail seul
49:37qui paye pour la retraite
49:38et la santé
49:39de nos concitoyens
49:40ou quasiment
49:40et ça c'est insoutenable
49:43il faut des fonds de pension publiques
49:44pourquoi ?
49:45parce qu'aujourd'hui
49:46ceux qui travaillent
49:47payent pour ceux qui ne travaillent plus
49:49pour ceux qui ne travaillent pas encore
49:50pour l'école et la retraite
49:51et ce fardeau
49:53il est trop élevé
49:53il faut qu'on puisse
49:54les jeunes
49:55créer de l'avenir
49:56via des fonds de retraite
49:57par capitalisation
49:58qui permettraient de compléter
49:59le système
49:59et c'est ce que propose
50:00Gabriel Attal
50:01oui
50:01et je peux vous dire
50:02que j'en ai parlé avec lui
50:03et que je ne suis peut-être pas totalement étranger
50:05au fait qu'il propose ça
50:06alors il y a quand même un sujet aussi
50:07sur la santé
50:08avant le Covid
50:09au fond de l'assurance maladie
50:10était à l'équilibre
50:11là on voit qu'il y a 23 milliards
50:13à peu près de déficit
50:14est-ce que vous dites
50:15qu'il faudra peut-être
50:17que les hauts revenus
50:18acceptent de payer
50:19leurs dépenses
50:20leurs petites dépenses de santé
50:22sans être remboursées
50:23en tout cas
50:24je pense que
50:24la santé gratuite
50:26a un coût
50:27et vous l'avez dit
50:2823 milliards de déficit
50:29c'est beaucoup
50:31et malheureusement
50:32ça ne va sans doute pas
50:33s'arranger l'année prochaine
50:34par un coup de baguette magique
50:36et donc
50:38on a aujourd'hui effectivement
50:39un modèle
50:40dans lequel
50:41on est à la fois
50:43ceux qui remboursent
50:43le plus
50:44et le mieux
50:45les médecins
50:46les médicaments
50:48les médicaments innovants
50:49et les médicaments
50:50j'allais dire du quotidien
50:51et on est aussi
50:52ceux qui consommons le plus
50:53de paracétamol
50:55d'antibiotiques
50:56d'antidépresseurs
50:57et donc je pense
50:58qu'il y a un lien
50:59entre ces deux là
50:59et que responsabiliser
51:01un peu plus
51:02l'ensemble de la chaîne
51:03les médecins
51:04les pharmaciens
51:05et les patients
51:06sur le fait que tout ça
51:07a un coût
51:07je pense que c'est un
51:09c'est quelque chose
51:10qu'il faut qu'on arrive à faire
51:11c'est pas facile
51:12parce qu'évidemment
51:12il y a des gens
51:13qui sont en première ligne
51:14aujourd'hui
51:15qui n'ont pas beaucoup
51:16de moyens
51:16et qui si on leur dit
51:17demain ton paracétamol
51:18il va plus être remboursé
51:19ils n'en prendront plus
51:21mais il faut qu'on incite
51:22les gens
51:22à reconnaître
51:23le coût de la santé publique
51:25sinon là aussi
51:26on ira dans le mur
51:27alors une dernière question
51:28c'est sur la méthode
51:29parce qu'on voit bien
51:30qu'au fond
51:31tous les experts
51:31sont à peu près d'accord
51:33le problème c'est
51:34comment on fait passer
51:35des réformes
51:36aussi difficiles
51:37est-ce qu'il faut
51:38des référendums
51:38on voit qu'Edouard Philippe
51:39est en train d'un peu
51:40de reculer sur la retraite
51:41c'est quoi la bonne méthode
51:43pour y arriver ?
51:43Moi je crois
51:44au référendum
51:45sur les sujets sociétaux
51:46je crois au référendum
51:47par exemple
51:48le référendum de Maastricht
51:49franchement
51:49j'ai été bluffé à l'époque
51:50par François Mitterrand
51:51qui pour un choix
51:52historique aussi symbolique
51:54a décidé de faire un référendum
51:55mais franchement
51:56la sécu
51:57c'est très technique
51:58les retraites
51:59c'est très technique aussi
52:00donc faire des référendums
52:01sur ces sujets là
52:02non non
52:02je crois à la démocratie
52:03la démocratie parlementaire
52:04je pense
52:05que la majorité absolue
52:06quel que soit le candidat
52:07qui serait élu
52:08sera très difficile à obtenir
52:09qu'il faudra du coup
52:10créer une coalition
52:11et que cette coalition
52:12devra s'atteler
52:13à cet enjeu majeur
52:14parce que
52:14c'est aujourd'hui
52:15une partie de ce qui plombe
52:17un peu la France
52:18ce qui nous empêche
52:19vous l'avez dit tout à l'heure
52:19dans les coups
52:20qu'on est obligé de faire
52:21d'investir dans l'avenir
52:22donc si on veut investir
52:23plus dans l'avenir
52:24il va falloir qu'on équilibre
52:25davantage de financement
52:26y compris d'ailleurs
52:27y compris de nos plus aînés
52:30moi j'en connais un certain nombre
52:31qui sont prêts à contribuer
52:32aujourd'hui
52:32pour que les jeunes
52:33aient un avenir en France
52:34un avenir radieux
52:35Roland Lescure
52:36on arrive à la fin de cette émission
52:37déjà on finit toujours
52:38par un petit jeu
52:39un vrai faux
52:39vous êtes prêt ?
52:40oh là là
52:40allez-y
52:41allez Sébastien Lecornu
52:42ferait un excellent candidat
52:43à la présidentielle
52:44vrai ou faux ?
52:45pas le sujet
52:46mais vraiment pas
52:46mais vrai ou faux ?
52:48vraiment
52:48c'est pas le sujet
52:49il ne souhaite pas l'être
52:50en tout cas c'est ce qu'il dit
52:51et je le crois
52:51et Jean Castex
52:52il ferait un bon candidat à la présidentielle ?
52:53il aurait pu
52:54Gabriel Attal finira par rallier
52:56Edouard Philippe début 2027
52:57vrai ou faux ?
52:58vrai ou faux on verra
52:58vrai ou faux ?
53:00l'un ou l'autre
53:00on verra
53:01un moratoire de 3 ans
53:02sur le regroupement familial
53:03comme le propose Gérald Darmanin
53:04c'est une mauvaise idée ?
53:06vrai c'est une mauvaise idée
53:07je le dis d'ailleurs
53:08légaliser le cannabis
53:09la voilà la solution
53:09contre le narcotrafic
53:10c'est pas la solution magique
53:12mais moi je souhaite
53:13qu'on la regarde
53:13parce que je connais un pays
53:14qui l'a plutôt bien fait
53:15il y a des pays
53:16qui l'ont mal fait
53:16le Canada
53:17c'est plutôt bien fait
53:17faire entrer Samuel Paty
53:18au Panthéon
53:19c'est ce que propose
53:19Edouard Philippe
53:20bonne idée ?
53:23probablement oui
53:24vous n'irez plus jamais
53:25à un concert de Patrick Borel ?
53:27en fait je suis jamais
53:28à un concert de Patrick Borel
53:29désolé Patrick
53:30non donc
53:31non je n'irai pas
53:32à un concert de Patrick Borel
53:33une toute dernière
53:34en cas de second tour
53:34LFI RN l'an prochain
53:35vous voterez blanc ?
53:37je vais tout faire
53:37pour qu'on n'arrive pas
53:38face à cette équation délétère
53:39et c'est pas un élément de langage
53:41je vais tout faire
53:41mais c'est pas une réponse non plus ?
53:43non c'est pas une réponse
53:44parce que je vais tout faire
53:45pour qu'on n'ait pas
53:46à se poser cette question
53:46merci Roland Lesquieu
53:48on n'a plus le temps
53:48malheureusement
53:49d'avoir répondu
53:49à nos questions politiques
53:50merci à la grande équipe
53:51de cette émission
53:52Fabienne Lemoyle
53:53Alix Bouillaguay
53:53Françoise Fressoz
53:54Marius Serriès
53:55merci surtout à vous
53:56auditeurs, téléspectateurs
53:57pour votre fidélité
53:59bon dimanche à tous
54:00à la semaine prochaine
54:00vive la politique
54:01et aujourd'hui
54:02bonne fête maman
54:03aussi
54:03bonne fête maman
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