- il y a 10 heures
Catégorie
📚
ÉducationTranscription
00:00L'Ordre des médecins de France que je désire vous parler.
00:02Étant donné que les avocats et médecins étaient censés être des intellectuels,
00:11avoir du pouvoir, une position sociale avantageuse et bien gagner leur vie,
00:17le besoin s'est fait sentir de réguler ces deux professions,
00:21d'y mettre de l'ordre, afin d'éviter les abus en tout genre.
00:26Le principe d'un ordre professionnel est donc celui d'une institution
00:31qui rassemble tous les membres d'une profession et se dote de règles obligatoires.
00:39Comme en toute chose, si l'on éprouve le besoin de règles, c'est parce qu'il y a eu
00:44des abus.
00:45C'est le principe général. De l'abus naît le besoin de règles.
00:50Les ordres professionnels affirment leur indépendance vis-à-vis de la justice.
00:57De ce fait, ils ont leur propre juridiction.
01:01Ah ah ah ! J'ai quelques amis avocats et j'ai cru comprendre que le fonctionnement de leur ordre
01:07était bien plus serein que le nôtre.
01:11Ah ! Maintenant, qu'en est-il de l'Ordre des médecins ?
01:14Contrairement à une idée reçue ayant beaucoup de succès,
01:18l'Ordre des médecins n'a pas été créé sous le gouvernement de Vichy.
01:23C'est faux.
01:26Quoique le fait de rectifier cela ne permette pas de redorer le blason de l'ordre actuel des médecins de
01:32France.
01:33Le gouvernement de Vichy a bel et bien créé une instance,
01:39mais il s'est agi du Conseil supérieur des médecins,
01:43institué par la loi du 7 octobre 1940.
01:46Cette institution va pratiquer une odieuse discrimination vis-à-vis des juifs et autres personnes
01:56harcelées et persécutées par les nazis.
02:00Puis, ce Conseil supérieur des médecins est dissous par une ordonnance
02:07du gouvernement provisoire de la République française à Alger,
02:11présidée par le général de Gaulle, le 18 octobre 1943.
02:16Et deux ans plus tard, le 24 septembre 1945,
02:20l'Ordre des médecins est finalement institué par une ordonnance du général de Gaulle,
02:27signée par M. François Biliou, ministre communiste de la Santé.
02:35C'est donc cette ordonnance de 1945 qui constitue le fondement juridique de l'Ordre des médecins.
02:42Le principe de l'Ordre des médecins est le même que celui des avocats, qui l'a précédé.
02:47On appelle ordre la collectivité constituée de tous les médecins qui y sont inscrits.
02:54Il faut obligatoirement être inscrit au tableau de l'Ordre
02:57pour avoir le droit d'exercer la médecine en France
03:00ou dans un autre pays, membre de l'Union européenne.
03:05Un médecin non inscrit qui exercerait néanmoins la médecine en France
03:10serait passible de poursuites pénales et d'une lourde peine.
03:14Mais l'Ordre n'existe en pratique que par ses instances.
03:18On distingue le Conseil national de l'Ordre qui siège à Paris,
03:234 rue Léon-Joste, dans le 17e arrondissement.
03:28C'est un bel immeuble moderne avec une façade plutôt luxueuse
03:34et dans chaque département se trouve un conseil départemental.
03:38Le siège du Conseil départemental du Barin, que je connais bien,
03:43se situe dans une jolie villa dans un quartier sud de Strasbourg.
03:47Les conseils de l'Ordre, départementaux et nationaux,
03:53peuvent écrire aux médecins, les convoquer,
03:56leur demander des pièces justificatives,
03:58mais ils ne prononcent pas de sanctions.
04:03Les sanctions sont l'apanage des juridictions ordinales
04:07qui sont appelées chambres disciplinaires de l'Ordre.
04:11Il existe une chambre disciplinaire de première instance par région
04:15et une chambre disciplinaire nationale de deuxième instance
04:19qui se trouve à Paris.
04:21Ces différentes instances de l'Ordre des médecins,
04:24conseils et chambres disciplinaires,
04:26sont chargées, je cite,
04:28« Du respect des principes de moralité, probité
04:34et dévouement indispensables à l'exercice de la médecine
04:39et du respect des règles inscrites dans le Code de déontologie médicale.
04:46Ainsi, l'Ordre des médecins,
04:47comme les autres ordres professionnels,
04:50est indépendant du système judiciaire
04:52puisqu'il a ses propres juridictions. »
04:56Son corpus juridique est le Code de déontologie médicale
05:01et non pas le fameux serment d'Hippocrate
05:04qui n'a pas de valeur juridique opposable.
05:07La déontologie est l'ensemble des règles et des devoirs
05:12qui régissent une profession.
05:14C'est très vaste.
05:16C'est ce Code de déontologie médicale
05:18qui permet aux chambres disciplinaires de l'Ordre des médecins
05:22d'apprécier et de juger, voire condamner,
05:26la dérogation d'un médecin à ses obligations professionnelles.
05:31La déontologie médicale concerne aussi bien
05:34la relation de soins qui s'établit entre un médecin et un patient
05:39que les relations qui s'effectuent entre médecins.
05:43Le Code de déontologie médicale comporte pas moins de 112 articles
05:48numérotés de R4127-1 à 1-112.
05:56Il est divisé en cinq parties inégales.
05:59Les devoirs généraux des médecins,
06:01les devoirs envers les patients,
06:05les rapports des médecins entre eux
06:07et avec les membres des autres professions de santé,
06:10les règles pratiques concernant l'exercice de la profession
06:14et quelques dispositions diverses.
06:17Dans la deuxième partie,
06:19qui est nettement la plus importante,
06:23concernant les devoirs envers les patients,
06:27deux articles occupent une place tout à fait cruciale.
06:32L'article 39 stipule que les médecins
06:37ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage
06:41comme salutaire ou sans danger
06:44un remède ou un procédé illusoire
06:48ou insuffisamment éprouvé.
06:51Or, on l'a vu avec la Covid,
06:54cela laisse une place énorme à l'interprétation et au jugement.
06:58Cet article ajoute que toute pratique de charlatanisme est interdite.
07:05Actuellement, l'ordre des médecins
07:07a souvent tendance à abuser du terme charlatan
07:10pour qualifier un médecin
07:12qui prescrit ou administre un traitement
07:15qui n'aurait pas fait toute la preuve de son efficacité.
07:19Avec la Covid,
07:20cette notion de preuve a été largement bousculée,
07:24malmenée et même travestie.
07:26L'article 40, quant à lui, stipule que le médecin
07:31doit s'interdire dans les investigations
07:34et interventions qu'il pratique
07:36comme dans les thérapeutiques qu'il prescrit
07:39de faire courir au patient un risque injustifié.
07:44Cela laisse encore beaucoup de place à l'interprétation.
07:48Lorsqu'il y a présomption de dérogation
07:51à l'un de ces deux articles,
07:5339 et 40,
07:55cela demande une expertise.
07:57Et c'est là que le bas blesse.
08:00Car les membres des conseils et des chambres disciplinaires
08:04n'ont aucune expertise.
08:06Vraiment aucune expertise.
08:08Et ils sont les premiers à le reconnaître.
08:12Ont-ils été élus ?
08:15Où est le procès verbal de leur élection ?
08:19Ont-ils reçu une formation juridique ?
08:22Ce n'est pas sérieux.
08:24Il n'est pas exagéré de dire
08:26que pour ces raisons et bien d'autres,
08:28la perception des instances de l'ordre
08:30est nettement défavorable
08:32par beaucoup de médecins
08:33et de plus en plus aussi
08:35par beaucoup de patients.
08:38Pour une cotisation annuelle obligatoire
08:40de l'ordre de 350 euros,
08:43les médecins reçoivent un mince bulletin
08:45un mince bulletin périodique
08:47sans grand intérêt.
08:49Certes, les conseillers ordinaux
08:51ne sont pas salariés,
08:53mais ils perçoivent des indemnités de prestation
08:56et de nombreux et conséquents avantages en nature.
09:00Chaque année, la Cour des comptes
09:02dénonce d'importants abus
09:05de la part de l'ordre des médecins
09:07qui sont repris dans la presse.
09:09Et puis c'est tout.
09:11Il est question d'appartements de fonction
09:14pour les membres du Conseil national
09:15et de bien d'autres avantages effarants.
09:20Comment sont désignés
09:21les membres des instances de l'ordre ?
09:24Tout simplement par des élections
09:27dont le pourcentage d'abstention
09:29est énorme.
09:30Un confrère hospitalo-universitaire
09:33du CHU de Strasbourg
09:34s'est présenté
09:36et il a obtenu la majorité des voix.
09:40Alors que l'ordre des médecins
09:41est censé veiller à la sérénité,
09:44la loyauté
09:45et la probité
09:47au sein de la profession
09:48et de régler,
09:50toujours entre pairs,
09:53les dysfonctionnements
09:54et manquements éventuels,
09:55l'administration de l'ordre
09:58se comporte
09:59ni plus ni moins
10:00comme un organe policier
10:02au sein de la profession.
10:04Mais cela
10:05n'a pas été toujours le cas.
10:07Mon père était médecin généraliste
10:09en secteur rural,
10:11dans ma meuse natale
10:12et en même temps
10:13ancien interne
10:14des hôpitaux de Nancy
10:15où il aurait pu facilement
10:17être nommé professeur.
10:18Il lui arrivait
10:19de contacter
10:20le conseil départemental
10:22de l'ordre
10:22quand il avait besoin
10:24de son éclairage juridique
10:25et les relations
10:27étaient tout à fait bonnes,
10:28me disait-il.
10:30En ce qui me concerne,
10:31lorsque je suis allé
10:32m'inscrire à l'ordre
10:33après avoir obtenu
10:34mon grade de doctorat
10:36en médecine,
10:37j'ai été reçu
10:38par le président
10:38du conseil départemental
10:40lui-même.
10:41Il m'a reçu
10:42très agréablement.
10:44Aujourd'hui,
10:45vous savez à peine
10:46qui vous reçoit.
10:47Mais ce n'est pas souvent
10:48le président.
10:50Donc,
10:50lorsque j'étais allé
10:51m'inscrire,
10:52le président,
10:52qui me connaissait bien,
10:54m'avait mis en garde ainsi.
10:56Vous ne devriez pas
10:57rencontrer de difficultés
10:59avec vos patients.
11:00S'il vous arrive
11:01des ennuis professionnels,
11:02cela viendra toujours
11:03de vos confrères.
11:04Et il ne croyait pas
11:06si bien dire,
11:07car je n'ai jamais eu
11:08de difficultés
11:09avec mes patients.
11:10Au contraire,
11:11au contraire,
11:12les relations de soins
11:13étaient tout à fait bonnes
11:14et agréables.
11:15Je suis un médecin
11:16proche de ces patients.
11:18Je les interroge,
11:19je les écoute,
11:19je les examine,
11:20je les respecte,
11:22je fais de mon mieux.
11:23Mes années d'interne,
11:24d'assistant-chef de clinique,
11:26praticien hospitalier
11:27et universitaire
11:28ont été pour moi
11:29de belles années professionnelles,
11:31épanouissantes.
11:32Oui,
11:33épanouissantes.
11:34Et puis,
11:34alors que la liberté
11:35de prescription,
11:36la liberté de prescription
11:38avait toujours été la règle
11:39pour les médecins,
11:40sans que cela
11:41ne gêne qui que ce soit,
11:43sont apparus
11:44les démarches
11:45de qualité
11:46et sécurité
11:46des soins.
11:47La Haute Autorité de Santé
11:49ou HAS
11:49a été instituée,
11:51faisant suite
11:52à l'ANDEME,
11:53puis à l'ANA-S.
11:55Elle a été instituée
11:57lors de l'instauration
11:58de l'accréditation,
11:59puis de la certification
12:00en santé.
12:02Les groupes de travail
12:04de la HAS
12:04ont commencé
12:05à établir
12:07des recommandations
12:08de bonnes pratiques
12:08professionnelles,
12:09des recommandations
12:11de bonnes pratiques
12:11professionnelles
12:12en santé.
12:13Mais personne
12:14ne peut être hostile
12:15à ce type
12:16de guide médical.
12:18Au contraire,
12:19elles étaient,
12:20elles sont
12:20une aide
12:21pour le médecin.
12:22Une aide, oui,
12:24mais à une condition,
12:25et une condition formelle,
12:27celle que les experts
12:28co-optaient
12:29pour constituer
12:30les groupes de travail
12:31soient sans conflit
12:33d'intérêt
12:34avec l'industrie pharmaceutique,
12:36au moins concernant
12:37le sujet étudié.
12:38Or,
12:39c'était rarement le cas.
12:41J'ai participé
12:42moi-même
12:42à des groupes
12:43de travail.
12:44On avait l'impression
12:45désagréable
12:46et contrariante
12:47que les conclusions
12:48étaient déjà
12:49préparées à l'avance.
12:50Et je pense
12:51que c'était
12:51la réalité.
12:53Ensuite,
12:53après les recommandations
12:54de bonnes pratiques
12:55professionnelles médicales,
12:57définies par la Haute Autorité
12:58de Santé,
12:59sont apparus
13:00ce que l'on appelle
13:01les indications
13:02officielles
13:03des médicaments.
13:04De quoi s'agit-il ?
13:05En médecine,
13:06on appelle
13:07indications
13:08thérapeutiques
13:09les maladies
13:10ou les situations
13:11pathologiques
13:11pour lesquelles
13:12un médicament donné
13:13est recommandé,
13:15requis
13:15ou encore
13:16indiqué.
13:18On peut
13:18soit raisonner
13:19en partant
13:20de la maladie
13:21ou situation
13:22pathologique,
13:23soit raisonner
13:24en partant
13:25du médicament.
13:26Les indications
13:27thérapeutiques
13:28officielles
13:28d'un médicament
13:29sont désignées
13:31dans le jargon médical
13:32par l'expression
13:33indication
13:34AMM
13:35autorisation
13:36de mise
13:36sur le marché.
13:38Les indications
13:38thérapeutiques
13:39pour beaucoup
13:40de médicaments
13:41antibiotiques
13:42ou autres
13:43sont souvent
13:43étroites.
13:45Le maximum
13:46d'étroitesse
13:46est rencontré
13:47quand un médicament
13:48ne peut être
13:49utilisé
13:49que dans
13:50une seule situation.
13:52Maintenant,
13:53je voudrais
13:53vous expliquer
13:54comment sont définies
13:55les indications
13:56thérapeutiques
13:56officielles
13:57des médicaments
13:58et comment sont
13:59arrêtées
14:00leur prix de vente.
14:02C'est bon
14:02à savoir ?
14:04Lorsqu'un laboratoire
14:05pharmaceutique
14:05soumet à la commission
14:07d'autorisation
14:08de mise
14:08sur le marché
14:09ou AMM
14:10un nouveau médicament
14:12ou un ancien
14:13médicament
14:13repositionné,
14:15une véritable
14:16négociation
14:16s'engage
14:17et ce n'est pas
14:18loin de là
14:19très cartésien.
14:21Lorsque la négociation
14:22a abouti,
14:23le nouveau médicament
14:25est assorti
14:25d'indications
14:26thérapeutiques
14:27officielles
14:28dites
14:29indications
14:29AMM.
14:31Depuis la mise
14:32en place
14:32et le durcissement
14:33de ces indications
14:34thérapeutiques
14:35officielles,
14:36la liberté
14:36de prescription
14:37des médecins
14:38n'a fait que
14:39se réduire
14:40comme une peau
14:41de chagrin.
14:42On en est arrivé
14:43à un système
14:44de santé
14:44entièrement
14:45contrôlé.
14:46Mais contrôlé
14:47par qui ?
14:48Contrôlé
14:49par les laboratoires
14:51pharmaceutiques
14:52qui ont infiltré
14:53tout le système
14:54de santé.
14:55Je veux dire
14:56que le principe
14:57général
14:57de l'encadrement
14:58des prescriptions
14:59n'est pas
15:01condamnable
15:02en soi.
15:02Certainement pas.
15:04Mais ce qui
15:05est préjudiciable
15:06est qu'il ne soit
15:07pas suffisamment
15:08rationnel
15:09et pas suffisamment
15:10neutre.
15:12Il est contrôlé
15:13par l'industrie
15:14pharmaceutique
15:15qui sait utiliser
15:16à son avantage
15:17la corruptibilité
15:19je dis bien
15:20la corruptibilité
15:21des décideurs.
15:23Donc
15:23obliger les médecins
15:25à avoir
15:25un comportement
15:26de prescriptions
15:27rigoureux.
15:28Entièrement d'accord
15:30bien sûr.
15:31Mais le système
15:32est trop corrompu
15:33par les laboratoires
15:34pharmaceutiques.
15:36Et Christian Perron
15:38ne fait que
15:39le répéter.
15:40Bien sûr
15:41il ne faut pas
15:42généraliser.
15:43Il y a encore
15:43un grand nombre
15:44de laboratoires
15:45qui sont tout à fait
15:46corrects.
15:47Mais cette infiltration
15:48du système de santé
15:50par des géants
15:50de l'industrie
15:51pharmaceutique
15:52est édifiante.
15:54Ils ont plus ou moins
15:55la mainmise
15:56sur la nosographie
15:57c'est-à-dire
15:58les noms des maladies
15:59et leurs classifications
16:00les indications
16:01thérapeutiques
16:02des maladies
16:03les programmes
16:04d'enseignement
16:05initial des étudiants
16:06en médecine
16:06comme ceux
16:07de formation continue
16:09des médecins
16:09en exercice.
16:11Un bon nombre
16:12de publications médicales
16:13dans les revues
16:14scientifiques
16:15sont falsifiées.
16:17On l'a vu
16:18avec la Covid.
16:19Nous ne sommes
16:20donc plus
16:20dans les conditions
16:21d'une médecine
16:22objective
16:23rationnelle
16:24et fondée
16:24sur de véritables
16:25preuves.
16:26Non !
16:27Pour les médecins
16:28l'exercice professionnel
16:29est devenu
16:30vraiment difficile.
16:32Ils se sont
16:32petit à petit
16:33retrouvés
16:34enfermés
16:35dans un système
16:36de santé
16:36hyper contrôlé,
16:38hyper contraignant
16:39ne pouvant plus
16:40prescrire
16:40comme bon leur semble.
16:42Et ils savent
16:44du moins
16:44ceux qui étudient,
16:45qui cherchent,
16:46qui se documentent.
16:48Ils savent
16:49qu'il existe
16:49des maladies
16:50non reconnus
16:51par les autorités
16:52de santé
16:53et des traitements
16:54efficaces
16:55non reconnus
16:56par ces mêmes
16:57autorités.
16:58Pour tenter
16:59de présenter
17:00le système
17:01de façon simple,
17:03il faut partir
17:04des sociétés
17:04de spécialistes
17:05médicaux,
17:06sociétés
17:07d'experts
17:07souvent appelées
17:09sociétés
17:10savantes.
17:11Ce sont
17:11ces sociétés
17:13d'experts
17:13qui,
17:14d'une certaine
17:15façon,
17:16règnent
17:16dans leur spécialité.
17:19Comme la société
17:19des ophtalmologistes,
17:21rhumatologues,
17:22dermatologues,
17:23infectiologues,
17:23etc.,
17:24ce sont
17:25des experts
17:26de ces sociétés
17:26qui font
17:27les programmes
17:28et les contenus
17:29d'enseignement
17:30médicaux
17:30dans leur spécialité
17:32et qui font
17:33évoluer
17:33les connaissances
17:34médicales
17:35dans leur spécialité.
17:36Or,
17:37c'est par
17:37leur intermédiaire
17:38que les gros
17:39laboratoires
17:40pharmaceutiques
17:40agissent.
17:42De fait,
17:43ces sociétés
17:44et leurs experts
17:45se font
17:46très généreusement
17:46rétribuer.
17:48On peut vérifier
17:49en partie
17:50les sommes
17:50perçues
17:51sur le site
17:52de transparence
17:53dépendant
17:53du ministère
17:54de la Santé.
17:56Mais les sommes
17:57déclarées
17:57sont très largement
17:58inférieures
17:59aux sommes
18:00non déclarées.
18:02Ce système
18:03de corruption
18:03est puissant,
18:05intelligent
18:05et expérimenté.
18:08Imaginez
18:08qu'une société
18:09introuvable
18:10vous ouvre
18:11un compte
18:12en banque
18:12introuvable
18:13et vous fournisse
18:14une carte bancaire
18:15avec laquelle
18:16vous pouvez
18:17payer partout.
18:18Il n'y a
18:19aucune trace
18:20à part
18:20votre train
18:21de vie.
18:23Certains d'entre
18:23vous doivent
18:24penser que
18:25nous ne sommes
18:25plus dans
18:26le sujet.
18:27Non,
18:28c'est une erreur.
18:29N'oubliez pas
18:30que les membres
18:30des instances
18:31ordinales
18:32ne sont pas
18:33salariés
18:33de l'ordre
18:34des médecins.
18:35Il est peu
18:35concevable
18:36que l'ordre
18:37des médecins
18:37n'ait
18:38aucun lien
18:39avec l'industrie
18:40pharmaceutique
18:41et l'ensemble
18:42du système.
18:44Il y a
18:45une cohérence
18:46de l'ensemble
18:47du système
18:47de santé.
18:48Avoir
18:49une conception
18:50idéaliste
18:50et vertueuse
18:51de l'ordre
18:52des médecins
18:53procède
18:54de l'angélisme.
18:55Un exemple.
18:57Dans mon
18:57précédent département,
18:59le président
19:00du conseil
19:01de l'ordre
19:01a été
19:02condamné
19:02pour fraude
19:03à l'assurance
19:04maladie.
19:06Il s'en est
19:06très bien
19:07sorti.
19:08Pour un médecin
19:09faire partie
19:10d'une instance
19:11de l'ordre,
19:12c'est une protection.
19:14Il y a aussi
19:15l'éloge
19:15d'initié.
19:17Mais le médecin
19:18qui n'appartient
19:19à aucun réseau
19:20et ses vertus
19:21a bien soigné
19:22ses patients,
19:22ce médecin-là
19:23est vulnérable.
19:25Depuis que
19:26ce système
19:26d'encadrement
19:27particulièrement
19:28coercitif
19:29des prescriptions
19:31médicales
19:31a été mis en place,
19:32l'institution
19:33ordinale
19:34s'illustre
19:35essentiellement
19:36par le harcèlement
19:37des médecins
19:38qui ne respectent
19:39pas rigoureusement
19:40les directives
19:42des agences
19:42nationales
19:43de santé.
19:44Donc,
19:45l'ordre des médecins
19:45de France
19:46a vraiment dérapé.
19:48Oui,
19:49oui,
19:50il n'assure
19:51plus ses missions
19:52essentielles
19:52de conseils
19:53et d'encadrement
19:54juridique
19:55des médecins
19:55en exercice,
19:56mais pratique
19:57une sorte
19:57de police
19:58de répression
19:59vis-à-vis
20:00des médecins
20:00qui ont
20:01s'écarté
20:01des recommandations
20:03de bonne pratique
20:04définies
20:05par la Haute Autorité
20:05de Santé
20:06et des indications
20:08thérapeutiques
20:09officielles
20:09ou AMM
20:10des médicaments.
20:12Si une maladie
20:13de connaissance
20:15récente
20:15n'est pas reconnue
20:16par les autorités
20:17de santé,
20:18un médecin
20:18n'a pas le droit
20:19de soigner
20:20de tels patients
20:21ou bien
20:22il s'expose
20:23à des poursuites
20:23et des sanctions.
20:24C'est vrai
20:25pour les crypto-infections
20:26chroniques
20:26évolutives
20:27après inoculation,
20:29souvent par une tique.
20:30Il est dangereux
20:31de soigner
20:32efficacement
20:33ces patients,
20:34c'est-à-dire
20:34avec une intention
20:35curative.
20:37De la même façon,
20:39lorsque les autorités
20:39de santé
20:40ont affirmé
20:41qu'il n'existe pas
20:42de traitement efficace
20:44pour soigner
20:44telle ou telle maladie,
20:45il est dangereux
20:46d'essayer
20:47de soigner
20:48efficacement
20:48les malades.
20:50C'est ce qui s'est produit
20:52pour les personnes
20:53atteintes
20:54de Covid-19
20:55aiguë
20:55et surtout
20:56pour celles souffrant
20:57de Covid-19
20:58prolongées
20:59ou longues.
21:00Tout est ainsi
21:01maintenant.
21:03Les médicaments
21:03a fortiori
21:04peu coûteux
21:05qui sont susceptibles
21:06de guérir,
21:07oui,
21:08de guérir une maladie,
21:09sont considérés
21:10comme des bêtes noires
21:11pour l'industrie pharmaceutique.
21:13Pour l'industrie pharmaceutique,
21:15un médicament idéal
21:16est un produit cher
21:17qui améliore le patient
21:19mais sans jamais le guérir
21:21car un patient guéri
21:22est un client perdu.
21:25Pour en revenir à l'ordre,
21:27les médecins sont surveillés,
21:28traqués,
21:29harcelés,
21:30convoqués,
21:31sommés de ceux justifiés,
21:33et de se justifier encore
21:35et souvent condamnés
21:36par la Chambre disciplinaire
21:38parce qu'ils n'ont pas respecté
21:39les consignes officielles.
21:41Je le répète,
21:43personne ne peut être opposé
21:44à l'instauration
21:45de règles professionnelles
21:46mais quand elles sont
21:48justes
21:48et bien fondées.
21:50Or,
21:51ce n'est pas du tout
21:52le cas actuellement.
21:54Le précédent président
21:56du Conseil national
21:57de l'ordre
21:58des médecins
21:59avait donné la consigne
22:00à tous les conseils
22:02départementaux
22:03de traquer
22:04et dénoncer
22:04tous les médecins
22:06qui s'écarteraient
22:07des recommandations
22:08officielles.
22:09Alors,
22:10lorsqu'un médecin
22:11est dénoncé,
22:12repéré,
22:13identifié
22:13comme un déviant,
22:14il est dans un premier temps
22:16convoqué
22:17par le Conseil départemental
22:18de son lieu d'exercice,
22:19puis,
22:20s'il n'a pas réussi
22:21à convaincre
22:22les conseillers départementaux,
22:24il est traduit
22:24devant la Chambre disciplinaire.
22:26De toute évidence,
22:28et ce n'est pas propre
22:29à l'ordre,
22:30il existe une volonté
22:31d'enrégimenter
22:33les médecins,
22:34surtout les médecins
22:35généralistes
22:36et autres libéraux,
22:37qui ne deviendraient
22:38que des exécutants,
22:41sans doute
22:41avant de disparaître.
22:43Eh bien,
22:44nous refusons
22:45cette médecine
22:45automatisée,
22:47robotisée,
22:47qui se passerait
22:49de médecins
22:49et ne comporterait
22:50plus que
22:51des techniciens
22:52médicaux,
22:53aidés dans leur travail
22:55par des systèmes
22:56informatiques experts.
22:57Ce ne serait plus
22:59de la vraie médecine.
23:01Toujours est-il
23:01que notre confrère belge,
23:03le Dr Alain Collignon,
23:04est en train de créer
23:05un ordre universel
23:07des professionnels
23:07de la santé.
23:09Sa proposition
23:10connaît
23:10un immense succès
23:12bien mérité.
23:14Maintenant,
23:15il est évident
23:16que mon confrère
23:17et ami,
23:17le Dr Denis Agré,
23:19a tout mon soutien
23:21dans l'épreuve
23:21qu'il traverse
23:22à la suite
23:23de sa radiation.
23:23Je sais qu'il est
23:25compétent,
23:26dévoué
23:27et intègre.
23:28Tous les médecins
23:29résistants
23:29ne peuvent être
23:31qu'avec lui,
23:31de tout cœur
23:32et de toute force.
23:33Je souhaite préciser
23:35un point crucial.
23:36Il n'existe pas vraiment
23:38de radiation à vie
23:39parce qu'après
23:40trois ans
23:41de radiation,
23:42on est en droit
23:43de réclamer
23:44sa réinscription
23:45au tableau
23:46de l'Ordre des médecins.
23:48C'est bon à savoir.
23:49Je vous remercie
23:50de votre écoute
23:51longue
23:51et attentive.
23:53À bientôt.
23:54Sous-titrage Société Radio-Canada