00:03C'était aujourd'hui le dernier jour du procès de Nicolas Sarkozy et ses quatre avocats se sont succédés à
00:09la barre pour les plaidoiries finales.
00:11Ils ont fustigé un roman grotesque des accusations de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.
00:18Leur tâche a sans doute été rendue plus compliquée par la plaidoirie de l'avocat de Claude Guéant la veille.
00:24Maître Philippe Boucher-Zelgozy, bonsoir.
00:27Bonsoir.
00:28Hier en effet vous avez commencé par vous en prendre à l'ancien président évoquant son cynisme et sa cruauté
00:36Nicolas Sarkozy que vous accusez d'avoir voulu sacrifier Claude Guéant c'est cela ?
00:41Tout à fait. Je voudrais rappeler qu'un avocat vous le savez il défend et donc moi je défends Claude
00:47Guéant.
00:47Je rappelle que Nicolas Sarkozy pendant 15 jours dans le cours de ce procès en appel a lancé des attaques
00:52très dures contre Claude Guéant puisqu'il insinuait en substance
00:55que Claude Guéant pourrait être finalement le responsable du prétendu financement libyen en ayant reçu des fonds libyens.
01:01Donc il fallait évidemment détruire cette théorie qui a été depuis abandonnée par Nicolas Sarkozy
01:06et d'où les attaques que j'étais évidemment obligé de faire pour remettre j'allais dire la vérité au
01:11centre.
01:11C'était l'intérêt de la plaidoirie d'hier évidemment.
01:13Plus précisément, il avait estimé le 8 avril devant la cour que Claude Guéant avait franchi la ligne jaune, je
01:19le cite.
01:19Il a sous-entendu que son ancien collaborateur avait agi pour son intérêt propre.
01:24Après tout, votre client est accusé d'avoir touché de l'argent d'un intermédiaire des Libyens, Alexandre Jury, pour
01:29acheter un appartement.
01:30Nicolas Sarkozy n'est pas soupçonné, lui, d'enrichissement personnel.
01:34Voilà, alors c'est une tactique qui a été tentée par Nicolas Sarkozy pendant 15 jours.
01:38Il y a renoncé après la deuxième attestation de Claude Guéant et en voyant finalement les dégâts de cette stratégie.
01:43Et j'observe que même le parquet général, même l'accusation n'a pas finalement soutenu cette théorie.
01:47Mais il fallait quand même dans la plaidoirie d'hier, je n'ai pas parlé que de ça,
01:51mais rétablir encore une fois cette vérité pour pas que cette thèse qui avait été avancée par Nicolas Sarkozy puisse
01:56prospérer vis-à-vis de la cour évidemment.
01:58En tout cas, à la suite des propos de Nicolas Sarkozy, vous aviez lu deux lettres de Claude Guéant.
02:03Elle concernait la rencontre en décembre 2005 de Claude Guéant avec Abdallah Senoussi,
02:08le numéro 2 du régime libyen qui est condamné en France pour l'attentat du décédiste du TA qui avait
02:13fait 170 morts en 1989.
02:15Jusqu'ici, votre client était censé ne pas en avoir parlé à Nicolas Sarkozy.
02:19Finalement, vous avez reconnu qu'il l'avait fait ?
02:23En réalité, les deux attestations de Claude Guéant ont permis, j'allais dire, d'apporter une précision sur des éléments
02:28qui étaient déjà dans le débat en procédure.
02:30Mais Nicolas Sarkozy disait en substance quoi ?
02:33Il disait « Je n'ai jamais été informé de la situation judiciaire d'Abdallah Senoussi quand j'ai été
02:38notamment président de la République, etc. »
02:40Claude Guéant a dit « Ça n'est pas exact. »
02:42Au lendemain de la libération des infirmières bulgares, il y a un dîner à Tripoli où le président Sarkozy est
02:47là avec le guide de Mohammar Kadhafi.
02:50Et Claude Guéant indique très clairement, lors de ce dîner, Nicolas Sarkozy m'a appelé et m'a fait répéter
02:55la préoccupation de Mohammar Kadhafi sur la situation d'Abdallah Senoussi, la situation judiciaire.
03:02Et il a fait venir Claude Guéant en lui disant « Claude, voyez cela. »
03:05Qu'est-ce que ça veut dire ?
03:06Ça veut dire qu'un chef d'État demande à un autre chef d'État « Que pouvez-vous faire
03:11?
03:11La situation d'Abdallah Senoussi, mon jambe, sur la situation de son mandat d'arrêt ? »
03:15Et il y avait deux options possibles.
03:16C'est « Rien du tout. »
03:17Ou alors « On va regarder dans une forme de courtoisie diplomatique. »
03:21Et donc c'est ce qu'a fait Nicolas Sarkozy en appelant Claude Guéant et en disant « Claude, voyez
03:24cela. »
03:25Et qu'est-ce qu'a fait Claude Guéant ?
03:26Rien.
03:26C'est-à-dire qu'il a fait traîner les choses parce que diplomatiquement, on fait traîner les choses entre
03:30deux pays.
03:30Et puis il n'y avait rien d'autre à faire que Abdallah Senoussi se présente devant la justice pour
03:35être jugé
03:36puisqu'il avait été condamné par Comte Humas pour l'attentat du décès d'Istutère.
03:40Sauf que cet élément pourrait valider l'idée qu'il y a eu un financement libyen et une demande de
03:46contrepartie en 2007.
03:47Votre client s'est un peu tiré une balle dans le pied.
03:50Alors pas du tout.
03:51Pas du tout.
03:51Parce que cet élément, il valide quoi ?
03:53Il valide qu'il y a eu une demande qui a été faite de regarder ce qui pouvait être fait.
03:57Mais ça ne valide pas qu'il y ait eu une promesse ou une contrepartie.
04:00Or, il y a deux infractions qui sont majeures ici.
04:03C'est et la corruption et l'association de malfaiteurs.
04:05Ça veut dire que s'il y a une corruption, il faut démontrer une promesse ou une contrepartie.
04:09Et s'il y a une association de malfaiteurs, démontrer qu'on a voulu faire cette corruption.
04:12Et c'est justement là où le parquet général a échoué à mon sens dans l'accusation.
04:16C'est ce que j'ai plaidé hier.
04:18Et là-dessus, Nicolas Sarkozy comme Claude Guéant ont toujours été d'une même voix sur le sujet.
04:22Il n'y a jamais eu ni de promesse, ni de contrepartie, ni d'entente en vue de commettre l
04:27'un des délits visés par la prévention.
04:29Après les deux lettres de Claude Guéant, Nicolas Sarkozy est passé d'il a franchi la ligne jaune à sa
04:34mémoire à évoluer.
04:36Il a voulu calmer le jeu.
04:37Ça n'efface rien pour votre client ?
04:40Alors, je pense que vous avez tout à fait raison.
04:42Je pense que Nicolas Sarkozy est quelqu'un d'intelligent.
04:45Et il a compris effectivement que la stratégie qui avait été tentée de ne porter aucun point, n'a porté
04:49aucun résultat.
04:50Évidemment, il a cherché à calmer le jeu.
04:52Mais en revanche, c'est vrai que les mots qui ont été utilisés contre Claude Guéant, ça a marqué Claude
04:56Guéant.
04:57Ça l'a marqué parce qu'après 20 ans de service totalement dévoué au ministre et au président de la
05:02République, qui était Nicolas Sarkozy,
05:04il n'a pas compris comment tout d'un coup on pouvait l'abandonner en race campagne
05:08et commencer à laisser proférer le soupçon sur lui.
05:11Il l'a mal vécu.
05:12C'est vrai que ça explique quand même une certaine amertume après des dizaines d'années qui ont été passées
05:17au service de la République
05:18et à travers de la République de Nicolas Sarkozy dans ses fonctions présidentielles et ministérielles.
05:23L'accusation réclame six ans de prison ferme pour votre client, Claude Guéant.
05:28Vous avez dit dans votre plaidoirie que vous espériez plus de clémence
05:31puisque votre client avait fait un pas de plus vers la vérité.
05:35C'était quoi ce pas en réalité ?
05:38Écoutez, quand vous avez un prévenu comme Claude Guéant,
05:41qui ne peut pas être jugé parce qu'il est gravement malade,
05:44c'est l'expert judiciaire désigné par la Cour qui l'a décidé,
05:46que ce prévenu accepte quand même d'être jugé en son absence,
05:49ne demande pas le renvoi du procès, ce que Claude Guéant pouvait faire et qu'il a refusé de faire.
05:53Quand vous avez un prévenu qui contribue à la manifestation de la vérité en apportant les précisions,
05:58et elles étaient assez nombreuses dans les deux attestations,
06:01et que vous avez finalement un parquet général qui requiert exactement la même chose
06:04que ce qui avait été fait en première instance,
06:06un peu comme s'il ne s'était rien passé au procès en appel et personne ne peut le dire,
06:09tout le monde sait que ce procès a été animé à raison notamment de ces deux attestations,
06:13c'est vrai qu'on m'a un peu étonné de voir la position du parquet général,
06:16j'ai eu l'occasion de le dire et de le plaider,
06:17et c'est vrai que j'avais franchement l'impression que ces réquisitions avaient été prises en dehors de l
06:21'audience,
06:21à côté de l'audience, mais sans tenir compte de ce qui s'était passé à l'audience.
06:25Vous espérez plus de clémence alors que votre client a dit,
06:28finalement, si si Nicolas Sarkozy, il était au courant de cette rencontre avec ce terroriste,
06:34alors qu'auparavant il ne le disait pas ?
06:37Non, ce que j'espère surtout, c'est d'abord une relax,
06:39parce qu'encore une fois, la rencontre a apporté une précision sur quelque chose,
06:43qui avait dans un premier temps nié Nicolas Sarkozy,
06:45c'est-à-dire le fait qu'il avait été informé par Claude Guéant de sa rencontre avec Sénoussi,
06:50mais ce que j'espère surtout, c'est une relax,
06:52parce qu'encore une fois, n'ont pas été démontrés ni du financement libyen,
06:56ni une promesse d'intervention, ni une quelconque contrepartie.
07:00Et ça, malgré les trois jours de réquisition du parquet général,
07:03nous avons démontré, j'ai démontré hier dans ma plaidoirie,
07:06mais l'équipe de Nicolas Sarkozy a fait de même aujourd'hui dans ses plaidoiries,
07:09que l'ensemble des éléments qui étaient avancés par le parquet général s'écroulaient.
07:13Et ça, c'est quelque chose qu'on va lire évidemment avec beaucoup d'attention,
07:15parce que ce que j'espère, comme l'équipe de Nicolas Sarkozy,
07:18c'est évidemment une relax pleine et entière.
07:20Ça, on attendra évidemment ce que décidera la Cour le 30 novembre prochain.
07:23On se dit quand même que c'est un exercice un peu bancal de dire d'un côté,
07:26de charger un peu Nicolas Sarkozy en disant,
07:29bah s'il était au courant, et de dire, mais on n'a rien fait.
07:31C'est plus compliqué.
07:33Vous avez raison, parce que le sujet, il est très technique en droit,
07:36et ce n'est pas ici en deux minutes, malheureusement, qu'on va l'expliquer.
07:38Mais c'est vrai que malheureusement, la force d'un procès,
07:41c'est aussi de provoquer la vérité jusqu'au bout.
07:43Ce qui ne veut pas dire que même quand il y a eu ce désaccord très majeur,
07:47très commenté entre Claude Guéant et Nicolas Sarkozy,
07:49qu'il n'y avait pas en revanche un accord absolu sur le fait
07:52qu'il n'y avait pas eu ses promesses de financement ou ses contreparties.
07:55Là où il y a eu un point de désaccord, c'est que Nicolas Sarkozy
07:57ne se souvenait pas de ce que Claude Guéant lui avait dit
08:00ou de ce qui s'était passé.
08:01C'est l'intérêt de ce procès et c'est l'intérêt des attestations de Claude Guéant.
08:04Nicolas Sarkozy vous a adressé quelques mots hier avant que vous preniez la parole.
08:08Que vous a-t-il dit ?
08:10Alors écoutez, j'ai comme avocat le principe de garder confidentiel ce qu'on me dit.
08:14Même si Nicolas Sarkozy n'est pas mon client,
08:16je garde cet échange pour lui et moi.
08:18Claude Guéant n'est pas présent à l'audience parce qu'il est malade.
08:21Puis-je vous demander comment il va aujourd'hui ?
08:24Alors écoutez, Claude Guéant était dans une situation dramatique à l'ouverture du procès.
08:29Ça a été, je l'ai dit, constaté par l'expert médical.
08:32Il doit prochainement subir une lourde opération chirurgicale
08:35sans violer mon secret professionnel ou le secret médical évidemment.
08:39Il fallait qu'il reprenne un peu de force.
08:40Il commence à en reprendre un petit peu.
08:42Mais il est dans une situation qui est toujours très affaiblie
08:44avec de multiples pathologies.
08:46Et donc il doit prendre soin de lui.
08:47Même s'il va un peu mieux qu'au début du procès le 16 mars.
08:51Il n'est pas encore dans une situation de très grande forme malheureusement
08:53parce que j'aurais été le premier à souhaiter qu'il puisse venir s'expliquer.
08:56Nous avions préparé ce procès en appel.
08:58Nous étions prêts.
08:59Il était prêt à répondre aux questions.
09:01Et j'avais même demandé éventuellement qu'il puisse comparaître en cours de procès.
09:05Mais l'expert médical s'y est totalement opposé
09:07en disant que même si sa situation s'améliorait relativement,
09:10il était hors de question qu'il puisse venir à ce procès.
09:12Merci beaucoup, Maître Philippe Boucher-Zelgozy, avocat de Claude Guéant.
09:15Merci.
09:16Au programme de la bande d'RTL Soir, la tentation du soir.
09:19Ce sont des films, on est mercredi, qui vont vous donner un petit coup de froid.
09:23Le petit phénomène, c'est la tendance des mini-appareils électroménagers.
09:27Et puis l'info qu'on a failli manquer, ce sont aussi des robots domestiques,
09:30mais là plutôt pour tenir compagnie, comme des chiens ou des chats.
09:32A tout de suite.
09:37Bonne soirée sur RTL
09:40Encore une larme de bonheur
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