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  • il y a 2 heures
L'avocat de Claude Guéant a dénoncé le "cynisme" et la "cruauté" de Nicolas Sarkozy, après les déclarations de l'ancien Président au procès sur les soupçons de financement libyen de la campagne de 2007. Me Philippe Bouchez El Ghozi est l'invité d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 27 mai 2026.

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Transcription
00:03C'était aujourd'hui le dernier jour du procès de Nicolas Sarkozy et ses quatre avocats se sont succédés à
00:09la barre pour les plaidoiries finales.
00:11Ils ont fustigé un roman grotesque des accusations de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.
00:18Leur tâche a sans doute été rendue plus compliquée par la plaidoirie de l'avocat de Claude Guéant la veille.
00:24Maître Philippe Boucher-Zelgozy, bonsoir.
00:27Bonsoir.
00:28Hier en effet vous avez commencé par vous en prendre à l'ancien président évoquant son cynisme et sa cruauté
00:36Nicolas Sarkozy que vous accusez d'avoir voulu sacrifier Claude Guéant c'est cela ?
00:41Tout à fait. Je voudrais rappeler qu'un avocat vous le savez il défend et donc moi je défends Claude
00:47Guéant.
00:47Je rappelle que Nicolas Sarkozy pendant 15 jours dans le cours de ce procès en appel a lancé des attaques
00:52très dures contre Claude Guéant puisqu'il insinuait en substance
00:55que Claude Guéant pourrait être finalement le responsable du prétendu financement libyen en ayant reçu des fonds libyens.
01:01Donc il fallait évidemment détruire cette théorie qui a été depuis abandonnée par Nicolas Sarkozy
01:06et d'où les attaques que j'étais évidemment obligé de faire pour remettre j'allais dire la vérité au
01:11centre.
01:11C'était l'intérêt de la plaidoirie d'hier évidemment.
01:13Plus précisément, il avait estimé le 8 avril devant la cour que Claude Guéant avait franchi la ligne jaune, je
01:19le cite.
01:19Il a sous-entendu que son ancien collaborateur avait agi pour son intérêt propre.
01:24Après tout, votre client est accusé d'avoir touché de l'argent d'un intermédiaire des Libyens, Alexandre Jury, pour
01:29acheter un appartement.
01:30Nicolas Sarkozy n'est pas soupçonné, lui, d'enrichissement personnel.
01:34Voilà, alors c'est une tactique qui a été tentée par Nicolas Sarkozy pendant 15 jours.
01:38Il y a renoncé après la deuxième attestation de Claude Guéant et en voyant finalement les dégâts de cette stratégie.
01:43Et j'observe que même le parquet général, même l'accusation n'a pas finalement soutenu cette théorie.
01:47Mais il fallait quand même dans la plaidoirie d'hier, je n'ai pas parlé que de ça,
01:51mais rétablir encore une fois cette vérité pour pas que cette thèse qui avait été avancée par Nicolas Sarkozy puisse
01:56prospérer vis-à-vis de la cour évidemment.
01:58En tout cas, à la suite des propos de Nicolas Sarkozy, vous aviez lu deux lettres de Claude Guéant.
02:03Elle concernait la rencontre en décembre 2005 de Claude Guéant avec Abdallah Senoussi,
02:08le numéro 2 du régime libyen qui est condamné en France pour l'attentat du décédiste du TA qui avait
02:13fait 170 morts en 1989.
02:15Jusqu'ici, votre client était censé ne pas en avoir parlé à Nicolas Sarkozy.
02:19Finalement, vous avez reconnu qu'il l'avait fait ?
02:23En réalité, les deux attestations de Claude Guéant ont permis, j'allais dire, d'apporter une précision sur des éléments
02:28qui étaient déjà dans le débat en procédure.
02:30Mais Nicolas Sarkozy disait en substance quoi ?
02:33Il disait « Je n'ai jamais été informé de la situation judiciaire d'Abdallah Senoussi quand j'ai été
02:38notamment président de la République, etc. »
02:40Claude Guéant a dit « Ça n'est pas exact. »
02:42Au lendemain de la libération des infirmières bulgares, il y a un dîner à Tripoli où le président Sarkozy est
02:47là avec le guide de Mohammar Kadhafi.
02:50Et Claude Guéant indique très clairement, lors de ce dîner, Nicolas Sarkozy m'a appelé et m'a fait répéter
02:55la préoccupation de Mohammar Kadhafi sur la situation d'Abdallah Senoussi, la situation judiciaire.
03:02Et il a fait venir Claude Guéant en lui disant « Claude, voyez cela. »
03:05Qu'est-ce que ça veut dire ?
03:06Ça veut dire qu'un chef d'État demande à un autre chef d'État « Que pouvez-vous faire
03:11?
03:11La situation d'Abdallah Senoussi, mon jambe, sur la situation de son mandat d'arrêt ? »
03:15Et il y avait deux options possibles.
03:16C'est « Rien du tout. »
03:17Ou alors « On va regarder dans une forme de courtoisie diplomatique. »
03:21Et donc c'est ce qu'a fait Nicolas Sarkozy en appelant Claude Guéant et en disant « Claude, voyez
03:24cela. »
03:25Et qu'est-ce qu'a fait Claude Guéant ?
03:26Rien.
03:26C'est-à-dire qu'il a fait traîner les choses parce que diplomatiquement, on fait traîner les choses entre
03:30deux pays.
03:30Et puis il n'y avait rien d'autre à faire que Abdallah Senoussi se présente devant la justice pour
03:35être jugé
03:36puisqu'il avait été condamné par Comte Humas pour l'attentat du décès d'Istutère.
03:40Sauf que cet élément pourrait valider l'idée qu'il y a eu un financement libyen et une demande de
03:46contrepartie en 2007.
03:47Votre client s'est un peu tiré une balle dans le pied.
03:50Alors pas du tout.
03:51Pas du tout.
03:51Parce que cet élément, il valide quoi ?
03:53Il valide qu'il y a eu une demande qui a été faite de regarder ce qui pouvait être fait.
03:57Mais ça ne valide pas qu'il y ait eu une promesse ou une contrepartie.
04:00Or, il y a deux infractions qui sont majeures ici.
04:03C'est et la corruption et l'association de malfaiteurs.
04:05Ça veut dire que s'il y a une corruption, il faut démontrer une promesse ou une contrepartie.
04:09Et s'il y a une association de malfaiteurs, démontrer qu'on a voulu faire cette corruption.
04:12Et c'est justement là où le parquet général a échoué à mon sens dans l'accusation.
04:16C'est ce que j'ai plaidé hier.
04:18Et là-dessus, Nicolas Sarkozy comme Claude Guéant ont toujours été d'une même voix sur le sujet.
04:22Il n'y a jamais eu ni de promesse, ni de contrepartie, ni d'entente en vue de commettre l
04:27'un des délits visés par la prévention.
04:29Après les deux lettres de Claude Guéant, Nicolas Sarkozy est passé d'il a franchi la ligne jaune à sa
04:34mémoire à évoluer.
04:36Il a voulu calmer le jeu.
04:37Ça n'efface rien pour votre client ?
04:40Alors, je pense que vous avez tout à fait raison.
04:42Je pense que Nicolas Sarkozy est quelqu'un d'intelligent.
04:45Et il a compris effectivement que la stratégie qui avait été tentée de ne porter aucun point, n'a porté
04:49aucun résultat.
04:50Évidemment, il a cherché à calmer le jeu.
04:52Mais en revanche, c'est vrai que les mots qui ont été utilisés contre Claude Guéant, ça a marqué Claude
04:56Guéant.
04:57Ça l'a marqué parce qu'après 20 ans de service totalement dévoué au ministre et au président de la
05:02République, qui était Nicolas Sarkozy,
05:04il n'a pas compris comment tout d'un coup on pouvait l'abandonner en race campagne
05:08et commencer à laisser proférer le soupçon sur lui.
05:11Il l'a mal vécu.
05:12C'est vrai que ça explique quand même une certaine amertume après des dizaines d'années qui ont été passées
05:17au service de la République
05:18et à travers de la République de Nicolas Sarkozy dans ses fonctions présidentielles et ministérielles.
05:23L'accusation réclame six ans de prison ferme pour votre client, Claude Guéant.
05:28Vous avez dit dans votre plaidoirie que vous espériez plus de clémence
05:31puisque votre client avait fait un pas de plus vers la vérité.
05:35C'était quoi ce pas en réalité ?
05:38Écoutez, quand vous avez un prévenu comme Claude Guéant,
05:41qui ne peut pas être jugé parce qu'il est gravement malade,
05:44c'est l'expert judiciaire désigné par la Cour qui l'a décidé,
05:46que ce prévenu accepte quand même d'être jugé en son absence,
05:49ne demande pas le renvoi du procès, ce que Claude Guéant pouvait faire et qu'il a refusé de faire.
05:53Quand vous avez un prévenu qui contribue à la manifestation de la vérité en apportant les précisions,
05:58et elles étaient assez nombreuses dans les deux attestations,
06:01et que vous avez finalement un parquet général qui requiert exactement la même chose
06:04que ce qui avait été fait en première instance,
06:06un peu comme s'il ne s'était rien passé au procès en appel et personne ne peut le dire,
06:09tout le monde sait que ce procès a été animé à raison notamment de ces deux attestations,
06:13c'est vrai qu'on m'a un peu étonné de voir la position du parquet général,
06:16j'ai eu l'occasion de le dire et de le plaider,
06:17et c'est vrai que j'avais franchement l'impression que ces réquisitions avaient été prises en dehors de l
06:21'audience,
06:21à côté de l'audience, mais sans tenir compte de ce qui s'était passé à l'audience.
06:25Vous espérez plus de clémence alors que votre client a dit,
06:28finalement, si si Nicolas Sarkozy, il était au courant de cette rencontre avec ce terroriste,
06:34alors qu'auparavant il ne le disait pas ?
06:37Non, ce que j'espère surtout, c'est d'abord une relax,
06:39parce qu'encore une fois, la rencontre a apporté une précision sur quelque chose,
06:43qui avait dans un premier temps nié Nicolas Sarkozy,
06:45c'est-à-dire le fait qu'il avait été informé par Claude Guéant de sa rencontre avec Sénoussi,
06:50mais ce que j'espère surtout, c'est une relax,
06:52parce qu'encore une fois, n'ont pas été démontrés ni du financement libyen,
06:56ni une promesse d'intervention, ni une quelconque contrepartie.
07:00Et ça, malgré les trois jours de réquisition du parquet général,
07:03nous avons démontré, j'ai démontré hier dans ma plaidoirie,
07:06mais l'équipe de Nicolas Sarkozy a fait de même aujourd'hui dans ses plaidoiries,
07:09que l'ensemble des éléments qui étaient avancés par le parquet général s'écroulaient.
07:13Et ça, c'est quelque chose qu'on va lire évidemment avec beaucoup d'attention,
07:15parce que ce que j'espère, comme l'équipe de Nicolas Sarkozy,
07:18c'est évidemment une relax pleine et entière.
07:20Ça, on attendra évidemment ce que décidera la Cour le 30 novembre prochain.
07:23On se dit quand même que c'est un exercice un peu bancal de dire d'un côté,
07:26de charger un peu Nicolas Sarkozy en disant,
07:29bah s'il était au courant, et de dire, mais on n'a rien fait.
07:31C'est plus compliqué.
07:33Vous avez raison, parce que le sujet, il est très technique en droit,
07:36et ce n'est pas ici en deux minutes, malheureusement, qu'on va l'expliquer.
07:38Mais c'est vrai que malheureusement, la force d'un procès,
07:41c'est aussi de provoquer la vérité jusqu'au bout.
07:43Ce qui ne veut pas dire que même quand il y a eu ce désaccord très majeur,
07:47très commenté entre Claude Guéant et Nicolas Sarkozy,
07:49qu'il n'y avait pas en revanche un accord absolu sur le fait
07:52qu'il n'y avait pas eu ses promesses de financement ou ses contreparties.
07:55Là où il y a eu un point de désaccord, c'est que Nicolas Sarkozy
07:57ne se souvenait pas de ce que Claude Guéant lui avait dit
08:00ou de ce qui s'était passé.
08:01C'est l'intérêt de ce procès et c'est l'intérêt des attestations de Claude Guéant.
08:04Nicolas Sarkozy vous a adressé quelques mots hier avant que vous preniez la parole.
08:08Que vous a-t-il dit ?
08:10Alors écoutez, j'ai comme avocat le principe de garder confidentiel ce qu'on me dit.
08:14Même si Nicolas Sarkozy n'est pas mon client,
08:16je garde cet échange pour lui et moi.
08:18Claude Guéant n'est pas présent à l'audience parce qu'il est malade.
08:21Puis-je vous demander comment il va aujourd'hui ?
08:24Alors écoutez, Claude Guéant était dans une situation dramatique à l'ouverture du procès.
08:29Ça a été, je l'ai dit, constaté par l'expert médical.
08:32Il doit prochainement subir une lourde opération chirurgicale
08:35sans violer mon secret professionnel ou le secret médical évidemment.
08:39Il fallait qu'il reprenne un peu de force.
08:40Il commence à en reprendre un petit peu.
08:42Mais il est dans une situation qui est toujours très affaiblie
08:44avec de multiples pathologies.
08:46Et donc il doit prendre soin de lui.
08:47Même s'il va un peu mieux qu'au début du procès le 16 mars.
08:51Il n'est pas encore dans une situation de très grande forme malheureusement
08:53parce que j'aurais été le premier à souhaiter qu'il puisse venir s'expliquer.
08:56Nous avions préparé ce procès en appel.
08:58Nous étions prêts.
08:59Il était prêt à répondre aux questions.
09:01Et j'avais même demandé éventuellement qu'il puisse comparaître en cours de procès.
09:05Mais l'expert médical s'y est totalement opposé
09:07en disant que même si sa situation s'améliorait relativement,
09:10il était hors de question qu'il puisse venir à ce procès.
09:12Merci beaucoup, Maître Philippe Boucher-Zelgozy, avocat de Claude Guéant.
09:15Merci.
09:16Au programme de la bande d'RTL Soir, la tentation du soir.
09:19Ce sont des films, on est mercredi, qui vont vous donner un petit coup de froid.
09:23Le petit phénomène, c'est la tendance des mini-appareils électroménagers.
09:27Et puis l'info qu'on a failli manquer, ce sont aussi des robots domestiques,
09:30mais là plutôt pour tenir compagnie, comme des chiens ou des chats.
09:32A tout de suite.
09:37Bonne soirée sur RTL
09:40Encore une larme de bonheur
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