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  • il y a 9 minutes
A Marseille, dans la deuxième ville de France, le maire sortant Benoit Payan, à la tête d'une coalition de gauche, écologiste et citoyenne, est arrivé d'une courte tête (36,70%) devant le député du RN Franck Allisio (35,02%) après le 1er tour des municipales 2026. Après le retrait du candidat LFI Sébastien Delogu à Marseille, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a estimé que son homologue des Républicains, Bruno Retailleau, devait « prendre (ses) responsabilités en obtenant le retrait » de sa candidate Martine Vassal. Benoit Payan, maire sortant, candidat divers gauche à la marie de Marseille est l'invité d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 17 mars 2026.

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Transcription
00:01Anne-Sophie Lapix, RTL Soir.
00:03Bonsoir Benoît Payan.
00:05Bonsoir Anne-Sophie Lapix.
00:06Vous êtes le maire sortant d'hiver gauche de Marseille
00:09et vous êtes arrivé en tête du premier tour des municipales avec 36,7%.
00:13Le candidat du RN, Franck Alizio, a fait 35%.
00:16Alors malgré la menace de victoire du Rassemblement National,
00:20vous avez refusé de vous allier avec LFI.
00:22Et cet après-midi, le candidat insoumis Sébastien Delogu a finalement jeté l'éponge.
00:27Il ne sera pas au second tour.
00:29C'est donc LFI qui a pris ses responsabilités pour éviter que Marseille ne tombe entre les mains du RN
00:35?
00:35Écoutez, j'ai été très clair dès le départ.
00:38Cette campagne, moi je l'ai menée contre le Rassemblement National
00:41et j'ai trouvé qu'LFI, pendant toute cette campagne, s'était trompé d'adversaire.
00:45En faisant de ma liste le seul adversaire,
00:49en ne parlant que de ma personne, en tapant toute la journée sur moi,
00:54en oubliant que dans cette ville, le danger du Front National existait.
00:58Je leur ai dit qu'ils prenaient le risque de faire monter le Rassemblement National.
01:02C'est juste un problème personnel alors ?
01:04Parce qu'ils vous ont tapé dessus ?
01:05Je ne sais pas me taper dessus.
01:07Vous savez, quand on vous explique que vous êtes corrompu,
01:10que vous êtes clientéliste,
01:11qu'il y a des problèmes avec la justice,
01:15tout ça n'existe pas d'ailleurs à Marseille,
01:16en tout cas pas à la mairie.
01:17Ça n'est pas qu'un problème personnel.
01:20C'est aussi un problème de ligne politique.
01:22C'est aussi un problème de méthode politique.
01:24Et donc, quand on fait de moi un adversaire politique,
01:27on ne vient pas au soir du premier tour pour faire des magouilles
01:31ou des arrangements politiques.
01:33Et moi, je ne fais ni magouilles, ni arrangements politiques.
01:35Je leur avais dit pendant toute la campagne,
01:37je ne ferai aucune magouille.
01:41C'est-à-dire que le combat contre le Rassemblement National,
01:43ça ne se monnait pas.
01:45Et d'ailleurs, je leur ai dit,
01:47si j'étais à votre place,
01:49moi, je me suis retiré à trois reprises
01:52face au Rassemblement National.
01:53Mais là, est-ce que vous avez discuté ?
01:55Je préfère perdre avec le déshonneur.
01:56Il y a eu des discussions avec Alaphie ?
01:58Aucune.
01:58Aucun contact ? Rien ?
02:00Je parle aux Marseillaises et aux Marseillais.
02:02Et au sein de votre liste, personne n'a essayé de vous convaincre ?
02:04De discuter et de fusionner ?
02:06Absolument personne.
02:08Absolument personne.
02:09D'ailleurs, je suis surpris,
02:10parce que je vois en France
02:11un certain nombre de villes,
02:13alors ça tourne au Vaudville,
02:15assez grotesque entre vous et moi.
02:17Un tel est d'accord,
02:19un tel n'est pas d'accord.
02:19Ici, on a toujours été très clair.
02:21Nous, on a LFI qui s'est trompé d'adversaire.
02:23À partir du moment où
02:24on était pire que le RN pour eux,
02:26il n'était pas question de nous allier avec eux.
02:28Mais est-ce que vous ne prenez pas le risque ?
02:30RN au sérieux.
02:31Ce n'est pas le combat absolu,
02:33celui contre le RN.
02:34Faites-moi confiance.
02:35Je sais parfaitement ce que je fais.
02:36J'ai pris mes responsabilités.
02:38Que ce soit en triangulaire,
02:39en quadrangulaire,
02:40ou en duel,
02:41j'aurais tout fait pour les battre.
02:42Et j'aurais essayé de les battre.
02:44Pour vous, aujourd'hui,
02:45LFI et le RN,
02:46c'est un ennemi équivalent ?
02:48Non, je ne confonds pas les deux.
02:50Personne ne me fera jamais dire
02:52ce genre de choses.
02:53Ce n'est pas parce que
02:54je ne veux pas m'allier avec LFI
02:55que je les compare
02:56avec le Rassemblement National.
02:57C'est une question, pour moi,
02:59de principe politique.
03:01Je me tiens à ce que je dis.
03:02Je dis ce que je fais.
03:03Je sais que ça paraît curieux.
03:05Mais non, je ne cède pas.
03:07Ils ont essayé de faire le coup de force
03:10pour pouvoir entrer sur ma liste.
03:12Ce n'est pas comme ça que ça marche,
03:14vous savez.
03:14Je n'ai pas l'habitude de me faire braquer.
03:16Mais est-ce que vous saluez tout de même,
03:17ce soir,
03:18la décision de Sébastien Delogu
03:19de se retirer ?
03:20En tout cas,
03:21j'en prends acte
03:22et je considère que
03:23c'est une décision républicaine.
03:24Ce n'est pas facile, vous savez.
03:25Je sais qu'il a pris une décision difficile.
03:27J'ai dû la prendre à trois reprises dans ma vie.
03:29Je n'avais pas qu'émandé de place avant.
03:31Pour le Front républicain ?
03:32Mais j'ai pris cette décision.
03:33Oui, exactement.
03:34Pour le Front républicain.
03:36Ensuite,
03:36il n'était plus en capacité de gagner.
03:38J'ai fait 36,90%.
03:41Il a fait un peu plus de 11%.
03:43Il n'était plus en situation de gagner.
03:44Oui, mais d'avoir des places à la mairie.
03:46Enfin,
03:46ce n'est pas seulement gagner,
03:47c'est aussi placé.
03:48Vous savez,
03:48le combat contre le RN,
03:50si vous pensez,
03:52vous venez de résumer la situation.
03:55Qu'est-ce que vous dites ce soir
03:56aux électeurs de la France insoumise ?
03:58Mais moi,
03:58je leur dis que je considère tout le monde.
04:00Qu'on soit électeur de la France insoumise,
04:02qu'on n'ait pas voté,
04:03qu'on soit électeur du centre.
04:05Je suis,
04:06vous savez d'où je viens,
04:07je suis le candidat de la gauche unie.
04:1014 parties de gauche,
04:11des citoyens,
04:12des humanistes,
04:12des progressistes,
04:13des écologistes
04:13se sont mis derrière ma candidature.
04:15Je porte un projet
04:17d'unification de Marseille.
04:18de rassemblement de Marseille.
04:20J'ai fait la cantine gratuite
04:22pour les petits.
04:23J'ai proposé des changements
04:25et fabriqué des changements
04:27majeurs dans cette ville.
04:28Et donc,
04:29je demande aux électeurs LFI,
04:31certes,
04:32peut-être,
04:32beaucoup plus radicaux que moi,
04:34d'ouvrir les yeux
04:35sur les changements de leur ville.
04:36La candidate de droite soutenue
04:38aussi par le socle commun,
04:39Martine Vassal,
04:40va-t-elle se maintenir
04:41malgré les appels désespérés
04:43de Jordan Bardella
04:44vers Retailleau,
04:45vers Bruno Retailleau,
04:46le patron des LR ?
04:47Les conditions sont réunies
04:48à présent pour que le second tour
04:49se passe bien pour vous ?
04:51Non mais,
04:51vous savez,
04:52moi,
04:53je reste challenger
04:54dans ma tête.
04:55Il n'y a aucune élection
04:56gagnée d'avance.
04:57Et,
04:58quand on aura terminé
04:59cette interview,
04:59je vais retourner dans la rue
05:00pour convaincre
05:01les Marseillaises
05:02et les Marseillais
05:02un à un
05:03pour leur expliquer
05:04que c'est l'histoire
05:05de leur ville qui se joue,
05:06pour leur expliquer
05:07que c'est l'histoire de Marseille
05:08qui se joue le 20 mars
05:09et que le bulletin de vote
05:11c'est l'arme la plus puissante
05:12qu'il existe en démocratie.
05:14Je sais que la politique
05:15a déçu.
05:16Je sais que les politiques
05:17de droite et de gauche
05:18déçoivent
05:18qu'ils manquent à leur parole.
05:20Vous savez,
05:20j'aurais pu dire
05:21avant le premier tour
05:21que je ne m'allie pas
05:22avec LFI.
05:24Beaucoup l'ont fait.
05:25Et puis,
05:25au soir du premier tour,
05:27voyons que mon siège
05:28est en danger,
05:29je me serai allié.
05:29Je ne l'ai pas fait.
05:30Pourquoi êtes-vous
05:31si peu à gauche
05:32à avoir fait le choix
05:33de ne pas fusionner ?
05:35D'abord,
05:36je suis incapable
05:36d'expliquer pourquoi
05:38ailleurs ça ne se passe pas
05:39comme à Marseille.
05:40Moi,
05:40ce qui m'intéresse,
05:40c'est Marseille.
05:41Je ne suis pas
05:42dans un combat national.
05:43Marseille n'est le trophée
05:44de personne
05:45et ne sera le trophée
05:46de personne.
05:47Ni de la gauche,
05:48ni de la droite,
05:49ni de LFI,
05:50ni du Rassemblement National.
05:51La seule chose
05:52qui m'intéresse,
05:53ce sont les Marseillaises
05:53et les Marseillais.
05:55Et vous estimez
05:55que le P.S. a trahi sa parole ?
05:57Pardonnez-moi,
05:58pardonnez-moi.
05:58J'estime que
05:59la cohérence en politique,
06:01c'est ce qu'il y a
06:02de plus important.
06:03Il y a les convictions
06:04et la cohérence.
06:05Et l'un ne va pas
06:06sans l'autre.
06:06Ma conviction,
06:07elle est profondément
06:08à gauche.
06:09Elle est profondément
06:11pour la justice sociale.
06:12Et ma cohérence,
06:13elle est de ne jamais
06:15trahir la parole
06:16que j'ai donnée.
06:17J'ai expliqué
06:17aux Marseillaises
06:18et aux Marseillais
06:18qu'au vu de la campagne
06:20qui était menée
06:21par la France Insoumise,
06:22je ne pourrais pas
06:23faire alliance.
06:24Dès le lendemain matin
06:25du premier tour,
06:26je suis allé déposer ma liste
06:27sans la France Insoumise.
06:28Et je n'ai pas fait d'alliance.
06:30Et je n'ai pas bougé
06:31d'un iota.
06:32Et j'estime que c'est comme ça
06:33qu'il faut faire de la politique.
06:35J'ai dit que
06:35si je n'étais plus en situation
06:37de me maintenir,
06:38je me retirerais.
06:39Et je me serais retiré
06:40comme je l'ai fait
06:41à trois reprises.
06:42Il y aura des conséquences
06:44selon vous ?
06:44Ça laissera des traces
06:45cette position
06:47du Parti Socialiste
06:49contredite dans les faits
06:50de nombreuses mairies ?
06:51Pardonnez-moi,
06:52quelle est la position
06:53du Parti Socialiste ?
06:54C'était le refus
06:56des fusions
06:56au niveau national,
06:57pas de mot d'ordre.
06:58Oui, d'accord.
07:00Le cas par cas.
07:01D'abord,
07:01je ne suis plus adhérent
07:02au Parti Socialiste
07:05depuis de nombreuses années.
07:06Oui, mais vous avez un regard
07:07peut-être sur ce qui se passe
07:08ailleurs en France.
07:08J'ai encore un regard
07:09sur la gauche, bien sûr.
07:11Bien sûr, même si Marseille
07:12me prend beaucoup de temps
07:13comme vous pouvez l'imaginer.
07:14Marseille, c'est un petit pays
07:16et vu de Paris,
07:17ce n'est pas évident,
07:17mais c'est un petit pays.
07:20La politique nationale
07:21ne m'intéresse pas.
07:22Vous savez, je regarde
07:23le spectacle de l'Assemblée nationale
07:25avec beaucoup de tristesse.
07:27Ça me fait penser
07:27à un cirque
07:30qui ne grandit pas,
07:31la politique,
07:32avec des femmes et des hommes
07:33qui reviennent
07:34sur leurs engagements,
07:36qui ne savent pas
07:37faire de concessions,
07:38mais font des compromis
07:40et encore
07:41quelques fois
07:41des compromissions.
07:42Et pour tout vous dire,
07:45plus je me tiens loin
07:46de la politique,
07:47mieux je me porte.
07:48Dimanche,
07:49si le RN l'emporte
07:50à Marseille,
07:51vous aurez des regrets,
07:52vous en voudrez.
07:54Ah, mais je porterai
07:54une part de responsabilité.
07:56Moi, je ne fais pas partie
07:57de ces femmes
07:59et de ces hommes politiques
07:59qui considèrent
08:00qu'ils n'ont aucune responsabilité.
08:02Je prendrai toute ma part
08:04de responsabilité
08:05dans cette défaite
08:07que je n'espère pas
08:08et d'ailleurs
08:08dont je vais tout faire
08:10pour qu'elle n'advienne pas.
08:11Je n'aurai pas de regrets,
08:13j'aurai peut-être des remords,
08:16mais je ne mettrai pas la faute
08:18sur qui que ce soit d'autre
08:19que sur moi.
08:19Merci beaucoup,
08:20Benoît Payan,
08:21de nous avoir accordé
08:22cette interview.
08:22Merci à vous.
08:23Dans un instant,
08:24l'info qu'on a failli rater,
08:25c'est que ce soir,
08:26en Ligue des Champions,
08:26un ado de 16 ans
08:27risque bien d'être
08:28le gardien de but du Bayern.
08:30La Tentation du soir,
08:31c'est un livre
08:31qui raconte une histoire
08:32fabuleuse déjà portée
08:34à l'écran,
08:34celle de deux frères
08:35qui ont vécu seuls
08:36dans la forêt.
08:37Et puis le petit phénomène,
08:38c'est l'astrologie
08:38qui va vous permettre
08:39de trouver l'âme sœur.
08:40A tout de suite.
08:42Anne-Sophie Lapix,
08:44RTL Soir.
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