- il y a 16 heures
Private equity, dette privée, investissements dans les infrastructures ne sont plus désormais réservés aux investisseurs institutionnels.
Ils s’ouvrent progressivement aux particuliers, notamment à travers l’assurance-vie ou l’épargne retraite. Pourquoi cet engouement ?
Ils s’ouvrent progressivement aux particuliers, notamment à travers l’assurance-vie ou l’épargne retraite. Pourquoi cet engouement ?
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00:04L'effet patrimoine, les experts, un effet patrimoine spécial marché privé avec cet
00:10essor grandissant dans le patrimoine des épargnants français. Pour en discuter,
00:15nous sommes en compagnie de deux experts. On accueille Florence Barjot. Bonjour Florence.
00:20Vous êtes directrice des investissements chez Crédit Agricole Assurance. Bienvenue à vous.
00:23Exactement, merci. À vos côtés, Gonzague Vasseur. Bonjour Gonzague.
00:26Bonjour. Vous êtes directeur de l'offre investissement AXA, épargne retraite et prévoyance individuelle.
00:31Exactement. Bienvenue à vous également. Florence, on démarre avec vous. On parle d'un véritable
00:39mouvement de fonds puisque ces marchés privés, on a l'impression qu'on les découvre de plus en plus.
00:44En tout cas, on se demande si c'est une tendance de mode, une transformation structurelle de
00:49l'investissement patrimonial. Quand c'est que ça a commencé cet essor des marchés privés ?
00:55Je pense qu'il y a deux manières de répondre. On peut regarder Outre-Atlantique. On peut regarder
00:58en Europe. Si on regarde Outre-Atlantique, ça fait quand même un certain nombre d'années déjà.
01:02Oui. Il y a cette forme de « ritélisation », entre guillemets, donc de démocratisation de l'accès
01:07aux actifs réels ou privés. Notre terminologie est un peu la même. En Europe, on est quand même plutôt au
01:13début. Et je pense que ce qu'il faut rappeler, c'est que c'est quand même une volonté aussi
01:19des pouvoirs
01:20publics. C'est vrai. Il y a un fléchage de l'épargne depuis quelques années.
01:23Aux États-Unis, on est plutôt dans une logique où la demande vient directement des épargnants dans
01:29le cadre de leurs produits retraite. En Europe, il y a encore une fois cette volonté très forte,
01:35il me semble, de la part des gouvernements de financer. Alors maintenant, on parle beaucoup
01:39de souveraineté. Mais à l'époque, on parlait de la transition vers une économie bas carbone,
01:44la réindustrialisation. Et donc, il y a vraiment eu ce programme. Ça a commencé en 2015 avec ELTIF1,
01:52qui était donc le véhicule, le rappeur un peu juridique pour loger les investissements en actifs
01:57privés, donc essentiellement private equity, dette privée. Ça n'a pas vraiment connu énormément de
02:04succès, puisque moi, j'ai un peu regardé, vous devez avoir les mêmes chiffres. En France, entre 2015 et
02:092023, il y a eu une cinquantaine de lancements de fonds, donc ce n'est pas grand-chose. Et pour
02:13accélérer, il y a eu en 2025 la loi Industrie verte. Donc, la loi Industrie verte, elle consiste à
02:21obliger les assureurs à intégrer des actifs réels dans la gestion sous mandat, donc avec des bornes en
02:29fonction de votre profil de risque entre 4% et 8% de vos investissements. Il y a de la
02:36loi Industrie
02:37vertes. Et puis après, il y a toute la partie... Alors moi, je pense que c'est ça qui est
02:40vraiment
02:40transformant, c'est la liquidité des sous-jacents avec ELTIF2 et les Evergreen, qui sont en fait des
02:48véhicules avec des fenêtres de liquidité. Et ça, ça n'existait pas vraiment auparavant, puisque dans
02:53le cadre de ELTIF1, on avait ce qu'on appelle des fonds fermés. Des fonds fermés. C'est important
02:58aussi. Avec oui, effectivement, on a assompli un peu... Alors, on va revenir sur la technicité,
03:02la technicité, mais en gros, l'idée, c'est ça, c'est qu'on essaye, sous l'impulsion des
03:07pouvoirs publics, de démocratiser l'accès aux actifs réels pour les épargnants européens.
03:13Oui. Gonzague, vous confirmez cette trajectoire ? Je confirme pleinement, avec effectivement,
03:18peut-être au-delà du fléchage voulu par les pouvoirs publics, quand même une sensibilité,
03:22notamment parmi les populations plus jeunes, d'avoir finalement de répondre à un triple enjeu,
03:27une volonté d'avoir un investissement à la fois concret. On le voit dans un certain nombre de
03:32sondages où effectivement le caractère tangible, le côté financement de l'économie réelle, c'est
03:37quelque chose qui répond notamment à l'appétence des plus jeunes investisseurs. Le côté local aussi.
03:42Le côté local, exactement. Le côté investissement qui a du sens et qui va financer effectivement ces
03:46entreprises dans la proximité des régions de ces investisseurs. Et malgré tout, quand même,
03:52le côté besoin de performance avec ces actifs qui sont quand même plébiscités pour leur
03:56couple rendement risque peut-être perçu comme plus optimal que les marchés cotés. Et ça,
04:02c'est quelque chose, effectivement, qui apparaît assez clairement dans notre site de clientèle.
04:07C'est encore un mouvement, comme ça vient d'être dit, qui est assez prémisse en Europe,
04:11comme on le disait. Puis je crois qu'aujourd'hui, dans les portefeuilles retail, on doit avoir à peine
04:155 % d'allocations sur les marchés privés en Europe, en France. C'est beaucoup plus aux États-Unis.
04:20Mais même en regardant en Europe, si on regarde la clientèle gestion de fortune, on est plutôt sur du
04:2515 à 20 %. Et chez les grands institutionnels, on monte jusqu'à 30 %. Donc ce mouvement, il est
04:29en marche. Bien que
04:31ce soit impulsé effectivement par les pouvoirs publics, je pense qu'on a effectivement une trajectoire qui doit
04:36nous permettre de faire encore plus de place à ces actifs. Et pourtant, côté accès, ça s'est largement,
04:40vous le disiez, démocratisé. On en trouve un petit peu partout aujourd'hui. Les assureurs, bien sûr,
04:44via l'assurance-vie, via le PVR, plan d'épargne-retraite, des unités de comptes. On a aussi de plus
04:50en plus
04:50d'offres, justement, sur ce private equity, à partir de sommes assez minimes. On voit 100 €,
04:56200 €, 500 €. Et puis, la dette privée, les infrastructures. Aujourd'hui, le problème n'est plus
05:01l'accès, finalement. Tout le monde peut y accéder et peu ou pro avec un ticket minimum. Ce n'était
05:05pas le carré,
05:06encore quelques années. Non, puisqu'il y avait un seuil d'investissement minimal de 10 000 €,
05:09qui, justement, enfin, je crois, qui a été levée dans LTIF 2. Mais pour moi, la vraie question,
05:14c'est quand même la question du conseil. Parce qu'effectivement, enfin, je pense que là,
05:19on peut débattre. Je sais que c'est dans la deuxième partie de l'émission. Mais la réalité,
05:23c'est qu'on voit bien que cette impulsion des pouvoirs publics, les asset managers,
05:27ils trouvent bien leur compte puisqu'ils accèdent à une nouvelle clientèle. Et je pense que la vraie
05:32question pour les épargnants, c'est est-ce que le triptyque sécurité, rendement, liquidité,
05:38et bien respecté sur cette classe d'actifs ? Je pense que ça mérite de s'interroger. Et c'est
05:43vrai
05:43que quand, en tout cas, chez Crédit Directeur d'Assurance, quand on sélectionne des unités de
05:47compte et les asset managers avec qui on travaille, on fait vraiment attention à proposer des produits
05:52qui sont un, cohérents avec ce triptyque et deux, on explique quand même le produit à nos clients.
06:00Parce que c'est vrai, je pense, que toute la thématique de la liquidité, elle n'est pas
06:06forcément bien comprise par les investisseurs, elle n'est pas forcément bien comprise par les clients.
06:11Et on parlait d'Eltif1, avant, le private equity, c'était un front fermé, ça durait 8 à 12 ans,
06:16avant que vous récupériez votre capital. Aujourd'hui, avec les Evergreen, il y a justement ces fenêtres de
06:21liquidité, donc évidemment, ça démocratise l'accès. Mais pour autant, les sous-jacents, ils ne sont pas tellement plus liquides.
06:27Le problème, c'est toujours vrai, c'est quand tout le monde veut sortir à un moment au cas où
06:30il y aurait une
06:30inquiétude sur les marchés, à ce moment-là, on s'aperçoit que ce n'est pas ce qu'il est
06:33possible.
06:33On pourra faire le parallèle avec la dette privée aux États-Unis. Il y a des gros titres tous les
06:37jours
06:37dans la presse, mais on est quand même dans ce genre de situation aussi.
06:40Oui. Gonzague, vous nous avez parlé de performance. C'est vrai que c'est souvent alléchant par rapport à
06:45ce qu'on peut voir ou s'il y a une certaine volatilité du marché qui peut être difficile à
06:48supporter.
06:49Là, au moins, il n'y a pas un prix tous les jours. Finalement, c'est le prix du temps.
06:53Les performances,
06:54ça va être quoi ? Ça va être sensiblement plus intéressant ?
06:56Ça va dépendre un peu des types de solutions, effectivement. Aujourd'hui, ce qui est sûr,
07:00c'est qu'on a une volatilité qui est autour de 30 % plus faible que sur des titres cotés
07:04qui
07:04adresseraient la même classe d'actifs, finalement, si on regarde par exemple du crédit corporel de côté
07:09par rapport à de la dette privée. Et en termes de rendement, effectivement, on va avoir des
07:12rendements qui sont assez attractifs. Aujourd'hui, on est sur les solutions qu'on a déployées chez
07:18AXA France. On est entre 4,5 et 6 % de rendement annualisé net de tout frais pour le client,
07:23ce qui est assez compétitif par rapport à des marchés cotés, qu'ils soient obligataires
07:27ou actions, avec un peu moins de volatilité sur le chemin. Effectivement, la liquidité,
07:32c'est un critère clé. On a plutôt développé des solutions assez différentes selon qu'on s'adresse
07:39à une clientèle plutôt gestion de fortune, où on va être vraiment sur du support plus illiquide,
07:44avec une petite poche de liquidité, mais vraiment du support illiquide qui cote jusqu'à trimestriellement.
07:48les supports qu'on connaissait peut-être plus avant. Et pour notre clientèle plus grand public,
07:53on a essayé effectivement, en anticipant un peu le pas de ce qui a été fait dans la loi industrie
07:58verre, dans le règlement ELTIF 2, de solutions hybrides, j'irais, avec une partie d'investissement
08:04non cotée à hauteur d'à peu près 70 % de l'investissement et 30 % de poche de liquidité
08:09sur les marchés cotés. On l'avait commencé sur le private equity avec des véhicules de type FCPR,
08:14et on a en boîte et le pas du règlement ELTIF en allant sur des fonds professionnels spécialisés,
08:19la validée ELTIF 2. D'accord. Si je peux me permettre une précision, on assimile souvent la volatilité
08:25et le risque. Habituellement, c'est ce qu'on fait sur les marchés cotés. Et là, sur les actifs réels,
08:29et notamment les fonds de dette privée et le private equity, il y a mathématiquement moins de volatilité
08:33puisque les dates de valorisation sont moins fréquentes. Imaginons, vous avez une valorisation mensuelle,
08:39trimestrielle, vous avez moins de points de calcul. Donc mathématiquement, par rapport à une action cotée,
08:44vous allez lisser les variations de valeur. Ce n'est pas la même chose que le risque.
08:48C'est-à-dire que vous pouvez perdre aussi des montants significatifs sur le private equity
08:54dans une proportion à peu près similaire à ce qu'on a sur les actions cotées. Donc, il ne faut
08:58pas confondre les deux.
08:59Mais l'avantage pour le client, c'est qu'effectivement, comme la volatilité est plus faible,
09:04il va pouvoir... En fait, il y a beaucoup de gens qui sortent au mauvais moment.
09:08Ça, c'est vraiment un bien des épargnants et de nos clients en retail. C'est que souvent,
09:12quand les marchés baissent, ils ont tendance un peu à paniquer et à vendre au point bas.
09:16Le grand avantage de cette volatilité faible, c'est que ça génère un peu moins, vous voyez,
09:21ce comportement de « je vends tout en bas ».
09:23Il y a une très bonne illustration avec ce qui se passe sur les marchés actions, pour le coup.
09:26Si quelqu'un qui regarde le premier trimestre, il ne s'est rien passé.
09:298400 points sur le CAC, 8400 points sur le CAC, 3 mois après.
09:32Mais sauf, on a pu sortir à un très mauvais moment, 7000 points plus bas.
09:35La parfaite analogie.
09:36D'accord. L'enjeu de l'horizon d'investissement,
09:39vous disiez que ces actifs, intrinsèquement,
09:42ils ont quand même un horizon d'investissement plus long.
09:45Comment on intègre cette contrainte ?
09:46Vous parliez de conseils tout à l'heure, dans une allocation patrimoniale.
09:49On va faire des poches court terme, moyen terme, long terme,
09:52sur ce type d'actifs où il faut prévenir le client ?
09:53Alors, non. Moi, je pense qu'il faut vraiment expliquer au client
09:56qu'un gérant de private equity, pour créer de la valeur,
09:59pour matérialiser de la performance, en règle générale,
10:02il lui faut effectivement entre 8 et 12 ans.
10:04Donc, si vous êtes un investisseur et que vous voulez accéder justement
10:08à ce qu'on vous vend, c'est-à-dire des performances attractives
10:11sur les actifs réels, si vous sortez au bout de deux ans,
10:14le gérant, il n'a pas eu le temps de créer de la valeur.
10:16Donc, c'est pour ça qu'il y a une structuration dans les evergreens
10:20qui permet aussi d'intégrer des actifs liquides,
10:22soit des actions cotées avec des seuils,
10:25je crois que c'est maximum 1,5 milliard de capi,
10:28donc on va dire des mid-cap, soit de la trésorerie,
10:32pour justement gérer la...
10:33Pour assurer cette liquidité.
10:33Voilà, pour assurer cette liquidité.
10:35Donc, en rythme de croisière, c'est un véhicule qui fonctionne bien,
10:38mais si vous investissez dans les actifs réels,
10:41justement pour avoir une diversification de votre portefeuille
10:44et une performance qui est distincte de ce que vous pouvez avoir
10:47sur les marchés cotés, si vous gérez votre unité de compte
10:51ou votre investissement comme un ETF ou comme des actions liquides,
10:56alors vous passez complètement à côté de l'intérêt du produit.
10:59Donc, il faut vraiment passer ce message aux clients,
11:01c'est que les gérants en private equity,
11:03ils ont besoin de temps pour créer de la valeur.
11:05Qu'est-ce qu'ils font ?
11:06Ils achètent des entreprises, ils les transforment.
11:08Une fois qu'ils les ont transformés,
11:10ils les revendent avec une plus-value.
11:11C'est ça le private equity.
11:13Bon, mais ça, ça ne se fait pas en deux semaines.
11:14Donc, il faut laisser...
11:16En général, on dit que ça fait 10 ans pour monter une boîte
11:17et faire franchifier.
11:18Donc, n'investissez pas en private equity
11:21si vous n'avez pas un horizon long.
11:23Alors, justement, on vient de parler un peu de ces poches
11:26qui sont de plus en plus plébiscitées.
11:28On voit qu'on les propose.
11:29L'accès n'est plus donc un souci.
11:31Mais le risque, justement, à part liquidité,
11:33est-ce qu'il en a d'autres ?
11:34Combien on en met dans son portefeuille ?
11:36Cette démocratisation, est-ce qu'elle est réelle
11:38ou est-ce qu'elle est encore réservée à une élite ?
11:40C'est ce qu'on va voir dans la deuxième partie,
11:41dans le débat de l'effet patrimoine spécial marché privé.
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