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  • il y a 8 minutes
Patrick Martin, président du Medef, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 27 mai. Il a abordé le pessimisme des entrepreneurs face à la situation actuelle, la position attentiste des PME concernant l'élection présidentielle de 2027, ainsi que le souhait du Medef de relancer la TVA sociale, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h43 sur BFM Business et sur AMC Live, notre invité depuis 4 PME cette journée est dédiée aux solutions des
00:06entrepreneurs.
00:07Notre premier invité c'est Patrick Martin. Bonjour.
00:09Bonjour.
00:10Vous êtes le président du Medef. Je vais vous dire comment j'ai nommé cette journée.
00:14Notre objectif c'est de ne pas laisser le narratif économique à ceux qui considèrent que les entreprises sont des
00:19ennemis.
00:20Voilà ce qu'on va faire aujourd'hui toute la journée avec un contexte compliqué,
00:24avec un gouvernement qui est plutôt positif en disant que l'économie résiste, qu'elle est résiliente,
00:30qu'il y a des vents contraires mais que tout va bien et des entrepreneurs que moi je reçois et
00:33avec lesquels vous parlez tous les jours
00:34qui n'ont pas du tout le même discours. Pourquoi cet écart ?
00:39Parce qu'il y a des logiques et des calendriers politiques qui viennent interférer avec les réalités
00:47et parce qu'il y a par ailleurs une situation budgétaire sur laquelle le gouvernement ne se veut pas trop
00:52alarmiste
00:53mais dont il est parfaitement conscient et qui nous met tous, à vrai dire, le gouvernement lui-même y compris,
00:59le dos au mur.
01:00Donc à la fois en termes de priorité et en termes de calendrier, on n'a pas les mêmes grilles
01:05de lecture.
01:06Mais la réalité c'est qu'effectivement sans en faire une généralité, sans dramatiser,
01:10il y a un vrai ralentissement économique et il y a ici et là des situations critiques.
01:14Mais qu'est-ce que ça nous dit pour la campagne Patrick Martin ?
01:16Ça veut dire que celui qui dans la campagne va émerger en disant il faut travailler plus,
01:20il faut faire des économies, il n'aura pas de voix, ça ne se vend pas du sang et des
01:24larmes en fait.
01:25Il va falloir avoir un autre discours, donner de l'espoir, peut-être raconter des sirènes aux Français.
01:30Est-ce qu'on va pouvoir avoir un discours de vérité économique ?
01:33Écoutez-nous, à notre place, on veut absolument contribuer à l'objectivation de la situation
01:40et à des choix courageux, mais des choix éclairés et des choix qui ouvrent un horizon.
01:45C'est pour ça qu'on a alimenté le débat avec nos propositions sur la santé,
01:49qu'on a fait sur le processus budgétaire, que je viens de le faire sur le financement de la protection
01:53sociale.
01:54Moi j'ai une petite frustration, c'est que dans ce débat, il faudrait que les partenaires sociaux,
01:58collectivement, soient plus vocaux.
02:00Le MEDEF l'est de manière très républicaine, très posée, très argumentée.
02:04Il ne faut pas laisser le champ aux seuls politiques.
02:06Il y a deux sujets que vous voulez faire émerger pour la prochaine année.
02:09C'est un, le salaire net et la question de la protection sociale.
02:12Et deux, les jeunes.
02:13Je commence avec cette histoire du salaire net.
02:15C'est important, évidemment, pour l'ensemble des Français, le rapprocher du brut,
02:18faire en sorte que l'ensemble de la protection sociale ne repose plus sur le travail.
02:23Vous relancez l'idée d'une TVA sociale.
02:26On sait que ça a assez peu marché ces dernières années,
02:29qu'à chaque fois que ça émerge dans le débat, on dit non, ça va faire du mal au pouvoir
02:32d'achat.
02:32Pour vous, c'est fondamental ?
02:33Il faut tout remettre à place sur la question de la protection sociale ?
02:36Non, le plus fondamental, et on ne va pas tarder à s'exprimer là-dessus,
02:39c'est de maîtriser la dépense sociale qui dérive complètement
02:42et qui dévore en quelque sorte une part excessive de la richesse nationale
02:46avec, ici et là, des comportements abusifs.
02:50Après, il y a le financement à proprement parler.
02:52Moi, je veux dire, je me lâche, on est en début de matinée.
02:54Allons-y.
02:54Je rigole, parce que certains poussent des cris d'orfraie en disant
02:58la TVA sociale, c'est une atteinte au plus modeste, etc.
03:01Primo, on a fait chiffrer que non, notre proposition serait bénéfique
03:05en termes de pouvoir d'achat au plus modeste,
03:07mais surtout, il se trouve que la TVA sociale, elle existe déjà.
03:11Alors, il y a une espèce de tour de passe-passe,
03:14les mêmes qui disent il ne faut pas de TVA sociale
03:17acceptent qu'il y ait déjà 50 milliards de financement de la protection sociale par la TVA
03:20et par ailleurs, beaucoup plus par la CSG.
03:23Donc, nous, une de nos ambitions, c'est d'apporter de la transparence,
03:27de la loyauté, de la clarté dans ce débat.
03:29C'est comme sur les retraites, les mêmes qui disent
03:31retraite par capitalisation, il faudra marcher sur le corps.
03:34Ils ont eux-mêmes, dans la fonction publique,
03:36la gestion, d'ailleurs,
03:37de la capitalisation avec le préfond.
03:40Et ça existe d'évidence dans le privé,
03:42puisqu'il y a 150 milliards qui, d'ores et déjà,
03:44ont été placés spontanément, volontairement,
03:46par nos concitoyens.
03:47Ce qui veut dire que les Français sont prêts, en fait ?
03:48Ils le font tout seuls, en gros.
03:50Il faut arrêter de parler pour ne rien dire.
03:52Sur la question de la TVA sociale,
03:54qu'on soit bien clair,
03:55vous parlez de ne pas toucher aux biens de première nécessité.
03:57Ce qui veut dire que
03:59ceux qui sont achetés par ceux qui en ont le plus besoin,
04:01eux, ne seraient pas touchés.
04:03Ce qu'on appelle la TVA à taux réduit,
04:05quand on regarde la structure de consommation des ménages modestes,
04:08auquel nous, on veut être particulièrement attentifs.
04:10Parce qu'il y a un vrai sujet de pouvoir d'achat en France,
04:12qui soit du temps passant,
04:13tient surtout au fait qu'on ne produit pas assez.
04:14Mais enfin, quand on regarde la structure de consommation des ménages modestes,
04:18à 50%, c'est le logement.
04:20Il n'y a pas de TVA sur le logement.
04:21Donc on peut augmenter le taux de TVA,
04:22ça n'impactera pas les dépenses de logement qui sont excessives, malgré tout.
04:26Et c'est par ailleurs l'alimentation.
04:27Et de l'alimentation, surtout sur des produits à taux réduit.
04:30Donc l'impact négatif, pardon,
04:34sur les prix pour les ménages modestes serait extrêmement faible.
04:37Et par ailleurs, on aurait des revalorisations salariales,
04:40en réduisant le différentiel entre le brut et le net.
04:42Tout ça tient la route.
04:44Et à un moment donné, il faut le dire, il faut le poser.
04:45Nous, on le fait.
04:46Vous voulez aussi changer l'idée que les retraités sont une caste qui est homogène.
04:51On a des gens qui sont favorisés, d'autres pas.
04:55Donc là aussi, vous voulez faire en sorte de mettre à contribution les retraités les plus aisés.
04:59Qu'est-ce que ça veut dire précisément dans votre esprit ?
05:01Non, je n'ai jamais dit que les retraités étaient une caste.
05:04Évidemment non.
05:05Mais il y a une distorsion de traitement, en quelque sorte,
05:07entre les actifs et les retraités.
05:09Par exemple, sur le taux de CSG,
05:11il y a une niche fiscale pour les retraités,
05:14supposément frais professionnels,
05:16ce qui est un peu étonnant quand on est en retraite.
05:17Donc nous, on veut revisiter tout ça.
05:19Mais je reviens sur ce que je disais tout à l'heure.
05:21C'est par défaut.
05:22Parce qu'en réalité, ce qu'il faudrait, c'est déjà baisser la dépense.
05:25Votre autre sujet majeur, c'est les jeunes.
05:27Vous voulez vraiment pousser ce sujet des jeunes.
05:30Le chômage chez les jeunes est à des niveaux au-dessus de 20%.
05:32C'est quand même très important.
05:34Vous aviez proposé un CDI jeune.
05:36Là aussi, ça a été mal reçu,
05:38avec aucune proposition contraire.
05:41Est-ce que le terme est mal placé ?
05:42Est-ce que le sujet est bon ?
05:43Est-ce qu'il faut là aussi différencier des contrats pour les jeunes ?
05:46Est-ce que vous restez sur cette proposition ?
05:48Non, mais plus globalement,
05:49je pense que c'est la responsabilité des entreprises,
05:52du MEDEF, de son président,
05:53de poser ce sujet des jeunes,
05:55ce qui est un scandale national dont tout le monde n'a pas conscience.
05:58Si on regarde la Suisse,
05:59la Suisse, deux fois et demi plus le PIB industriel,
06:02une balance commerciale excédentaire.
06:04Taux de chômage des jeunes, 3,2%.
06:06En France, on est dorénavant à 21%.
06:08Taux d'emploi des jeunes en France, 35%.
06:10En Allemagne, 51%.
06:12Au Pays-Bas, 75%.
06:13Si on rejoignait ne serait-ce que le taux d'emploi de l'Allemagne,
06:16on réglerait essentiellement nos problèmes de financement de la protection sociale.
06:19Donc c'est bien le moins qu'on s'y intéresse.
06:21Donc je pense légitime qu'on le fasse.
06:23Après, moi j'ai posé un certain nombre de propositions
06:27pour discussion.
06:28Alors comme toujours, dans ces cas-là,
06:30il y a des gens plus malins que la moyenne
06:32qui instrumentalisent, qui déforment, etc.
06:34Et notamment ce sujet de CDI jeunes.
06:37Moi ça me fait rigoler là aussi.
06:38Parce qu'y compris des gens supposément informés,
06:41y compris au sein de l'exécutif,
06:43on dit, oh là là, on ne peut pas payer,
06:45même si en contrepartie un engagement très ferme,
06:48très lourd de formation de la part d'entreprise,
06:50on ne peut pas payer en dessous du SMIC.
06:51Et moi je dis, et alors les apprentis sont payés
06:53au-dessus du SMIC, au SMIC ou en dessous du SMIC.
06:56Je ne citerai personne, mais on m'a répondu,
06:58pas au-dessus du SMIC évidemment.
06:59Non, ils sont payés en dessous du SMIC.
07:01Donc là aussi, il faut arrêter de brasser,
07:04il faut être objectif et il faut trouver des solutions.
07:06Qu'est-ce qui vous remonte des entreprises ?
07:08Et évidemment, la guerre au Moyen-Orient,
07:10on va y revenir tout au long de la matinale,
07:12les difficultés de trésorerie.
07:13Est-ce que vous sentez, et c'est peut-être ça le plus grave,
07:16une sorte de découragement du côté des entrepreneurs ?
07:19Je disais, il y a 500 000 entreprises
07:21qui vont être à reprendre d'ici 10 ans.
07:22Il y a des entrepreneurs qui vont partir à la retraite.
07:25On a besoin de jeunes qui ont envie de reprendre ces boîtes.
07:28Une génération PME qui émerge.
07:30Si elle sent que c'est trop difficile avec cette permacrise,
07:33elle fait autre chose.
07:35Oui, alors en contrepartie,
07:36on a un niveau de création d'entreprise,
07:38même si on le corrige,
07:41des créations de micro-entreprises
07:43dont le régime a été largement dévoyé d'ailleurs.
07:45On a un niveau de création d'entreprise
07:47qui se maintient à un niveau très élevé.
07:49Donc c'est encourageant.
07:51Moi, je ne perds pas de vue qu'il y a quelques années,
07:5340% des jeunes voulaient rentrer dans la fonction publique.
07:56Pourquoi pas ?
07:56Mais pas trop.
07:58Dorénavant, ils veulent massivement,
08:00quel que soit leur niveau de formation,
08:01créer des entreprises.
08:02Il faut qu'ils s'intéressent à la reprise d'entreprise.
08:04Parce que ça va plus vite,
08:05ça peut être un peu plus cher initialement,
08:06mais vous acquérez un fonds de commerce,
08:09des compétences, etc.
08:10Et effectivement, on a cette démographie patronale
08:13qui emporte des enjeux très importants.
08:15C'est 750 000 emplois par an
08:17qui sont concernés par des transmissions d'entreprises.
08:19Donc en France, le ministre Papin le fait,
08:23Mme Louvagie l'avait fait avant lui,
08:24on est en train de s'intéresser à ce sujet-là.
08:27Il y a plein d'évidence dans le panorama.
08:29Arrêtons de parler de trucs qui sont polémiques,
08:31qui sont stériles,
08:32qui conduisent à ce qu'on se fracture.
08:33Quand on parle des jeunes, c'est essentiel.
08:35Quand on parle de la reprise d'entreprise,
08:37c'est essentiel.
08:37Quand on parle de technologie, c'est essentiel.
08:39Nous, on veut porter un message très exigeant,
08:42très lucide,
08:42mais de construction et d'avenir.
08:44En ne touchant pas au pacte du treil,
08:46qui fonctionne ?
08:47Mais bien sûr.
08:48Mais là aussi, il peut y avoir des corrections à la marge.
08:50Mais enfin, le mot sacro-saint dorénavant
08:52dans tous les débats publics,
08:53c'est les effets d'aubaine.
08:54S'il faut corriger tous les effets d'aubaine,
08:56je peux vous dire qu'on va remettre complètement à plat
08:57l'assurance chômage,
08:59les retraites, la santé.
09:00Oui, il faut des petites corrections à la marge.
09:02Mais ne touchons pas au du treil,
09:04qui, je le rappelle, est moins favorable
09:06que les régimes de transmission de pays voisins.
09:09Mais il est bien en état.
09:10Laissons-le.
09:10Je voudrais qu'on finisse sur la communication
09:12des chefs d'entreprise.
09:14Bon, vous, évidemment, vous prenez la parole régulièrement.
09:16Vous les poussez tous à s'engager dans le débat,
09:18à regarder les programmes économiques.
09:20Au MEDEF, vous recevez tous les candidats,
09:21les uns derrière les autres.
09:23Il faut aller dans le détail
09:24pour combattre certaines idées anti-entreprise
09:26et ne pas hésiter à mouiller la chemise ?
09:29Oui, alors pour l'instant,
09:30on reçoit les chefs de parti,
09:31les candidats,
09:32on attend que ça se décante un petit peu.
09:34C'est vrai, c'est vrai.
09:35Laissons du temps au temps,
09:36comme fait le président.
09:37C'est vrai, ça aurait du monde.
09:38Non, on veut les sensibiliser
09:41à un certain nombre de problématiques
09:43dont ils ne sont pas toujours conscients
09:45ou s'ils le sont,
09:46qu'ils ne prennent pas suffisamment en considération.
09:48Alors, on a lancé, par exemple,
09:49une grande enquête
09:50auprès de tous les chefs d'entreprise de France
09:52qui rencontrent un succès incroyable.
09:54Je ne cite pas de chiffres,
09:56mais il n'y a jamais eu dans l'histoire
09:57de consultation avec autant de réponses.
10:00Donc avec une envie de faire remonter
10:01ce qui se passe dans les boîtes.
10:03Sur medef.com,
10:04ça se termine le 15 juillet.
10:06Non mais, pourquoi je fais ça ?
10:07Pourquoi le fait-on ?
10:08C'est pour qui aurait le moindre doute
10:11signifier qu'on exprime
10:14une volonté collective,
10:15à la fois très critique,
10:17très inquiète,
10:18mais en même temps très ambitieuse.
10:19Donc il faut répondre
10:20à ce questionnaire
10:22qui est légitimable.
10:23Et il faut parler
10:23quand on est chef d'entreprise ?
10:24Il faut parler,
10:25il y avait eu ce sondage
10:26à l'automne dernier
10:27selon lequel 70% des Français
10:29attendaient des chefs d'entreprise
10:30qui s'expriment.
10:31Je le fais,
10:31faisons-le tous.
10:32Merci beaucoup Patrick Martin
10:33d'avoir été avec nous ce matin
10:35depuis Cap PME,
10:36cette journée dédiée
10:37aux solutions des entrepreneurs
10:39pour les faire émerger
10:40dans la campagne présidentielle
10:42qui arrive.
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