00:01France Inter, la grande matinale.
00:057h49 sur Inter, Benjamin Duhamel en face de vous, le secrétaire général du parti Renaissance.
00:11Bonjour Gabriel Attal.
00:12Bonjour Benjamin Duhamel.
00:13Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter alors que depuis vendredi vous êtes désormais officiellement candidat à
00:18l'élection présidentielle.
00:20Ça s'est passé dans l'Aveyron, dans une déclaration bien orchestrée, pas franchement spontanée.
00:24Cela vient après votre livre où vous assumiez de parler de votre vie privée en fait.
00:29Gabriel Attal, ce début de campagne, il réactive l'une des critiques récurrentes qui vous est faite, celle de privilégier
00:34la forme, la com, au détriment du fond ?
00:36J'ai vu des commentaires de journalistes ou d'opposants politiques.
00:40Il y avait 50 journalistes qui étaient là pour mon déplacement dans l'Aveyron.
00:44Il se trouve que deux jours avant, j'étais pendant deux jours en Alsace.
00:47Là, ils ne sont pas venus.
00:48La semaine précédente, j'étais ailleurs en France.
00:51Ils ne sont pas venus à Saint-Symphorien-d'Ozon, dans le Rhône, en Sarthe, à Candillargues, dans l'Hérault.
00:56Alors reconnaissez qu'il y avait un côté carte postale pas très spontanée en se présentant comme ça au milieu
01:01d'une place de village ?
01:02Vous savez que c'est des commentaires qu'on a entendus ou qu'on a lus dans les médias à
01:05la suite de ma déclaration.
01:06Et que pour ce qui est des habitants de l'Aveyron où je me trouvais, ils ont trouvé ça extraordinairement
01:11méprisant.
01:12Ils ne sont pas une carte postale.
01:13En fait, il n'y a pas d'arrière-pays, il n'y a qu'un pays.
01:15Et la France, c'est certes des grandes villes, mais c'est aussi des villes, des villages, la ruralité, la
01:20campagne.
01:21Et donc finalement, cette idée de dire que ce serait bizarre d'aller dans un territoire rural pour annoncer sa
01:27déclaration de candidature,
01:29oui, ça a été perçu comme une forme de mépris par beaucoup d'habitants.
01:31Et par ailleurs, je vais vous dire, pourquoi est-ce que ça a été autant commenté ?
01:34Parce que tous les autres candidats à l'élection présidentielle, ils annoncent leur candidature sur un plateau,
01:39comme un plateau de radio ici, ou de télévision, ou dans un journal.
01:42Et ça, c'est plus de la communication que d'aller au milieu des Français, sur une place publique.
01:46Je ne sais pas ce qu'il y a plus de la...
01:47Tout le monde peut venir vous interpeller, tout le monde peut venir vous dire qu'il n'est pas d
01:52'accord avec votre candidature.
01:53Je ne sais pas ce qu'il y a plus de la communication, Gabriel Natal,
01:54mais vous disiez, certains de mes opposants politiques l'ont relevé.
01:57Moi, j'ai lu Edouard Philippe, je ne sais pas si c'est un opposant,
01:59qui dans le Parisien de vendredi, interrogé sur votre candidature, dit
02:02« Je suis sérieux, je ne vais pas monter sur la table pour faire le malin ».
02:04Vous montez sur la table pour faire le malin, Gabriel Natal ?
02:07Je vous confirme, je suis déjà monté sur une table.
02:09J'étais Premier ministre, on était en pleine crise agricole,
02:13et je suis allé à Carbone, sur l'A64, où vous aviez 400 agriculteurs qui bloquaient l'autoroute.
02:19Je suis monté sur la table, avec Jérôme Bail, d'ailleurs, pour leur parler.
02:22Vous voyez bien que ce n'est pas exactement ce à quoi fait l'adresse d'Eure Philippe.
02:25Je suis allé au bout de ce que je dis, et d'ailleurs, ils ont débloqué ce péage
02:29après que je sois monté sur la table pour échanger avec eux.
02:32Donc moi, je vais vous dire, oui, il faut savoir parfois monter sur la table.
02:35Et c'est ma personnalité.
02:37Moi, je vais au contact, je ne me dérobe pas.
02:38Mais c'est parce que dit Edore Philippe, quand on dit monter sur la table,
02:40c'est faire de la com', faire de...
02:42Je comprends que ce ne soit pas la personnalité de tout le monde,
02:44mais en tout cas, moi, je vais...
02:45Donc ce n'est pas celle d'Eure Philippe ?
02:47Manifestement, non, mais je veux dire, moi, c'est moi.
02:49Je ne vais pas changer ce trait de caractère,
02:51parce que je suis candidat à la présidence de la République.
02:53Je continuerai à aller au contact, même quand c'est difficile.
02:55Et s'il y a des manifestations, je continuerai à aller échanger
02:58avec les personnes qui manifestent.
02:59Voilà, c'est comme ça que je fais de la politique.
03:02Juste avant de parler de vos éléments de programme
03:03que vous avez commencé à esquisser,
03:05un auditeur qui, ce matin, nous écoute,
03:07qui a voté Emmanuel Macron en 2017, en 2022,
03:09et qui se pose la question de savoir
03:11pour qui voter entre Edore Philippe et vous.
03:13Qu'est-ce que vous lui dites ?
03:14D'abord, je vois bien le petit jeu de certains
03:16qui cherchent à nous opposer en permanence avec Edore Philippe,
03:19à nous faire parler de l'un, de l'autre.
03:21Je ne rentrerai pas là-dedans.
03:22Je ne suis jamais rentré là-dedans.
03:24Et je ne rentrerai pas là-dedans.
03:25C'est juste poser la question des différences.
03:26S'il n'y a pas de différence entre vous,
03:27dans ce cas-là, pourquoi être candidat ?
03:29Deuxième chose, vous dites pour un électeur
03:31qui a voté Emmanuel Macron.
03:32Moi, je m'agresse à tous les électeurs.
03:34Je ne considère pas que les électeurs français,
03:35c'est des légaux qu'il faut empiler les uns aux autres,
03:38en travaillant par segment électoral.
03:41C'était exactement ma question.
03:42Ma question, c'est comment se justifie une candidature
03:44si vous n'êtes pas capable de nous donner une différence avec Edore Philippe ?
03:46Je vais vous dire comment je justifie ma candidature.
03:48Moi, je parle à tous les Français
03:49et je me porte candidat à l'élection présidentielle
03:51parce que je veux qu'on ait un système maintenant
03:53qui consacre l'essentiel de notre temps
03:55et l'essentiel de nos finances
03:57à préparer l'avenir plutôt qu'à gérer le présent.
03:59Et parce que je considère
04:01que si on réussit sur quatre chantiers capitaux,
04:05école, salaire, frontière, IA,
04:08la France peut redevenir la première puissance d'Europe
04:10dans les 10 ans qu'il vienne.
04:12Pourquoi un électeur, vous choisirez-vous plutôt qu'Edouard Philippe ?
04:14Parce que je porte ce programme,
04:16je porte cette vision, je porte ce projet.
04:17Et il ne l'apporte pas lui.
04:18Mais encore une fois, il va y avoir une campagne.
04:19On va voir le projet de chacun,
04:20on va voir les propositions de chacun.
04:23Moi, je vais vous dire,
04:23je vais faire cette campagne aussi
04:24avec une forme d'optimisme.
04:25On est un grand pays,
04:26on a plein d'atouts.
04:27Et moi, la politique qui est...
04:28C'est rare un candidat qui dit
04:29qu'il va faire une campagne avec du optimisme.
04:30Je vais vous dire, moi, je trouve qu'en ce moment,
04:31la politique française,
04:32c'est 50 nuances de gestion du déclin.
04:35C'est la sinistrose permanente.
04:36C'est du sang et des larmes en permanence.
04:38Moi, je veux porter autre chose.
04:39Parce que je crois que notre pays,
04:40encore une fois, avec tous ses atouts,
04:41il peut redevenir la première puissance d'Europe
04:43à condition de tenir un certain nombre de priorités.
04:46J'en cite quatre.
04:47École, salaire, frontière, IA.
04:49Je vais en prendre une.
04:50La priorité frontière que vous évoquez.
04:52Vous défendez, Gabriel Attal,
04:53une préférence travail pour l'immigration
04:54et un système de quotas.
04:57Gérald Darmanin, lui,
04:58il veut un moratoire de trois ans
04:59sur l'immigration légale.
05:00Est-ce que ça fait partie des orientations
05:01que vous pourriez défendre ?
05:02Je ne sais pas exactement ce que moratoire ça veut dire.
05:04Si ça veut dire stopper intégralement
05:06l'immigration en France,
05:07qu'il n'y ait plus personne qui rentre
05:08pendant trois ans,
05:09je pense que ce n'est ni possible,
05:10ni souhaitable.
05:11Et je vais vous dire,
05:12je sais que ce n'est pas populaire
05:13en ce moment de dire ça.
05:14Ce n'est pas ce qu'il dit.
05:14Lui, il parle plutôt de l'idée
05:15de suspendre le regroupement familial
05:17quand on parle d'immigration au travail.
05:18Ce n'est pas un moratoire.
05:20Un moratoire, ça veut dire
05:21que vous arrêtez l'immigration.
05:22C'est différent.
05:23C'est important, les mots,
05:24parce que je vais vous dire,
05:25en ce moment, je vois bien
05:26que ce n'est pas très populaire
05:28de dire qu'on a besoin
05:29d'une part d'immigration en France.
05:30Et c'est plutôt populaire
05:31d'avoir des mesures un peu de surenchère
05:33ou de dire on va arrêter l'immigration.
05:35Je pense que ce n'est pas possible
05:36et que ce n'est pas souhaitable.
05:37Et même si ce n'est pas populaire de le dire,
05:38je continue à le dire
05:39parce que c'est ce que je pense.
05:40Maintenant, moi,
05:41j'ai toujours dit la même chose.
05:42Je l'ai dit dans mon discours
05:43de politique générale
05:44quand je suis arrivé à Matignon.
05:45Il faut que la France accueille moins
05:47pour accueillir mieux.
05:48Donc, il faut moins d'immigration.
05:50Est-ce que ça,
05:50vous le assumez ce discours-là ?
05:52Je l'ai toujours assumé.
05:53Donc, il y a trop d'immigration aujourd'hui.
05:54C'est ma feuille de route à Matignon
05:55de dire accueillir moins
05:56pour accueillir mieux.
05:57C'est aussi un service à rendre
05:58aux personnes qu'on accueille
05:59qu'aujourd'hui,
06:00on n'accueille pas suffisamment bien.
06:02Et donc, moi,
06:02ce que je vais porter
06:03dans cette campagne,
06:04c'est l'idée, effectivement,
06:05de nous donner des priorités
06:06sur notre immigration
06:07et que la préférence travail,
06:09c'est-à-dire l'immigration de travail,
06:11devienne l'un des premiers motifs
06:13d'immigration
06:14plutôt que les autres.
06:15Sans regroupement familial
06:16pour ceux qui viendront travailler en France ?
06:18En assumant de privilégier
06:19l'immigration de travail
06:20au regroupement familial.
06:21Donc, ça veut dire que vous dites
06:22à ceux qui obtiendront un visa
06:23pour travailler en France,
06:24si vous voulez faire venir
06:26votre femme, vos enfants,
06:27on met sur pause ?
06:28On a fait des propositions.
06:29Un an, on a fait tout un travail
06:30avec le parti Renaissance.
06:32On proposait, effectivement,
06:33de durcir les conditions
06:34du regroupement familial.
06:35Donc, par exemple,
06:36d'augmenter la durée de résidence
06:38requise en France
06:39pour pouvoir faire venir
06:40ses conjoints,
06:40d'augmenter ces règles-là.
06:43Encore une fois,
06:43il faut se donner des priorités.
06:44Et pour moi,
06:45la priorité travail,
06:46l'immigration économique,
06:47doit devenir la priorité
06:48de notre politique migratoire.
06:50Gabriel Attal,
06:50vous serez samedi prochain
06:51à Porte de Versailles
06:51pour votre premier grand meeting
06:53de candidats.
06:53Le même jour, le PSG
06:55jouera la finale
06:56de la Ligue des Champions
06:56contre Arsenal.
06:58Vous avez raison,
06:58vous c'est à 14h.
06:58Ne faites pas croire aux gens
06:59de venir au meeting
07:01et regarder le match.
07:02Mais ce n'est pas l'objet
07:02de ma question.
07:03Le PSG, quand on regarde
07:04son équipe,
07:04elle est solide.
07:05Il y a plusieurs buteurs.
07:06Vous voyez venir de votre côté
07:07les poids lourds de votre parti.
07:08Ils ont piscine.
07:09Ils ne seront pas là.
07:10C'est difficile d'arriver en finale
07:11quand on est seul sur le terrain.
07:12Mais attendez,
07:12qui n'est pas un poids lourd
07:13dans mon parti,
07:14dans ceux qui me soutiennent ?
07:15C'est qui les poids lourds
07:16Dites-moi des noms
07:16de personnes que vous considérez
07:18ne pas être des poids lourds
07:18dans mon parti,
07:19dans ceux qui me soutiennent.
07:20Ce n'est pas faire offense
07:21à Prisca Tévenot,
07:22Paul Midi et Franck Riester
07:23que de considérer
07:24que ce n'est pas exactement
07:24des poids lourds
07:25de votre famille politique.
07:26Alors, Franck Riester
07:26qui a été élu, réélu,
07:28député et maire
07:29à Coulomiers,
07:30une ville où le Rassemblement
07:31National fait des scores
07:32stratosphériques
07:33aux élections nationales.
07:34Non mais Gabriel Attal,
07:34vous considérez que c'est facile.
07:35Allez Benjamin Duhamel
07:36vous présenter à Coulomiers
07:37là où le Rassemblement
07:38National fait de très bons scores.
07:39Mais c'est facile de donner
07:45des bons et des mauvais points.
07:46Gabriel Attal, à votre place,
07:47attendez, à votre place,
07:48il y a quelques jours,
07:49il y a Elbron Pivet,
07:50la présidente de l'Assemblée nationale.
07:50que Laurent Fulot,
07:51le président du département de la Lozère,
07:53des départements les plus ruraux de France,
07:55qui me soutient,
07:55est-ce que vous trouvez
07:56que ce n'est pas un poids lourd,
07:56que c'est un petit élu ?
07:57Renaud Muselier,
07:58le président de la région Sud
07:59qui me soutient,
08:01c'est un petit élu
08:02et ce n'est pas un poids lourd.
08:03Il y a 1300 maires
08:05et élus locaux
08:06qui me soutiennent.
08:09Ah bah pas du tout,
08:10au contraire,
08:10on est très nombreux.
08:11Donc quand il y a Elbron Pivet,
08:13Gérald Darmanin,
08:14Aurore Berger,
08:14Elisabeth Bande,
08:15disent-moi le meeting,
08:16j'y vais pas,
08:16aucun problème.
08:17Benjamin Duhamel,
08:18moi, je ne suis pas un gardien du temple.
08:19Je ne vais pas faire le gardien du temple
08:21de ceux qui ont gouverné le pays
08:23ces dix dernières années.
08:24Et je ne compte pas faire
08:25l'élection présidentielle de 2027
08:26avec 100% des mêmes personnes
08:28qu'en 2017
08:29ou même en 1997.
08:31Il faut aussi renouveler les visages.
08:32Ce que je vous dis,
08:33c'est qu'il y a plus de 1300 maires
08:34et élus locaux
08:35qui ont signé un appel de soutien
08:36à ma candidature,
08:37qu'il y a des présidents de région,
08:39présidents de département,
08:40des maires,
08:40des ministres,
08:41d'anciens ministres
08:42qui seront à mon meeting.
08:43Et ils seront donc à ce meeting ?
08:44Ce samedi,
08:45Porte de Versailles,
08:4613h30,
08:47ouvert à tous.
08:48Vous pouvez vous inscrire en ligne.
08:49Ça, c'est pour la promo.
08:50Et on va être un peu,
08:51voilà,
08:51on va regarder aussi
08:52les atouts de notre pays
08:53un peu optimistes.
08:54On va parler d'école,
08:55on va parler d'intelligence artificielle,
08:57de salaire.
08:58Il me reste quelques secondes
08:59d'un mot.
09:00Si vous perdez cette élection présidentielle,
09:01est-ce que vous arrêtez la politique ?
09:03Ça, je ne sais pas.
09:05C'est quoi ces questions ?
09:06Là, je me bats pour être candidat
09:07et je me bats pour gagner
09:08cette élection présidentielle.
09:09J'ai annoncé ma candidature
09:11vendredi dernier.
09:12Je vais vous dire,
09:12je vais gagner cette élection présidentielle.
09:14Et bien voilà,
09:15il y a, comme dirait l'autre,
09:16les questions et les réponses.
09:16Merci beaucoup, Gabel Attal.
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