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  • il y a 6 heures
Elodie Kulik, 24 ans, elle avait été la plus jeune directrice d'une agence bancaire en France. En janvier 2002, sa mort terrifiante plonge le pays dans l'effroi et la consternation. Attaquée sur une route de la Somme. Violée. Martyrisée. Avant de mourir, elle a appelé au secours sur son téléphone. C'est cette voix au bout de la nuit qui va pendant vingt ans va résonner. Et livrer la vérité. Elodie Kulik, quand les experts trouvent.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:05On voit que dans les appels que Elodie a effectués, il y a un numéro 18 qui a été composé
00:12à 0h21 et lorsqu'on écoute la bande, c'est quelque chose qui est horrible.
00:17Notamment, je veux dire, on entend les cris d'Elodie avec en arrière-fond deux voix masculines.
00:24Elodie, elle ne fait que crier, hurler et il y a un moment où on croit entendre au secours.
00:30Elodie Culic, 24 ans, elle avait été la plus jeune directrice d'une agence bancaire en France.
00:37En janvier 2002, elle est attaquée sur une route de la Somme violée, martyrisée.
00:42Avant de mourir, elle a appelé au secours sur son téléphone.
00:45C'est cette voix, au bout de la nuit, qui pendant 20 ans ne va cesser de raisonner et amener
00:51enfin à la vérité.
00:53Elodie Culic, quand les experts trouvent l'heure du crime.
00:57La seule émission Radio 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
01:08Vendredi 11 janvier 2002, 8h15 du matin, les gendarmes de Perron, dans la Somme, font le tour d'une voiture
01:16accidentée au lieu dit, le bois de Biya sur la départementale 44.
01:20La Peugeot 106 grise, qui circulait dans le sens 151 Perron, a heurté le bas-côté et effectué un tonneau
01:28avant de se retrouver dans le champ.
01:31Les portières conducteurs et arrière-gauche sont déverrouillés, le véhicule est vide.
01:36Dans un sac à main, les gendarmes trouvent les papiers d'identité de la propriétaire.
01:40Elodie Culic, 24 ans, elle habite Perron, elle est introuvable.
01:46À la mi-journée, un de ses meilleurs amis est entendu.
01:50Il a passé la soirée de la veille avec Elodie.
01:52Ils ont dîné au pavillon de Shanghai, un restaurant chinois à Saint-Quentin.
01:57Elle a bu un coca, puis un verre de vin, elle était joyeuse.
02:00Ils se sont quittés vers 23h30, elle était habillée en noir, jupe, veste, botte.
02:07Elodie Culic, qui dirige l'agence de la banque de Picardie, ne s'est pas présentée à son travail ce
02:12vendredi.
02:13Son portable ne répond pas, son père, Jackie Culic, n'a aucune nouvelle.
02:21Samedi 12 janvier 2002, 10h45, lendemain de la disparition,
02:26un agriculteur de tertrie à un quart d'heure de Perron
02:30aperçoit une masse carbonisée dans le dépotoir à végétaux où il vide sa remorque.
02:36Il croit à un tronc d'arbre, puis découvre le corps d'une femme.
02:40La dépouille repose sur le dos, jambes écartées, les vêtements ouverts sur le devant.
02:45Le torse est particulièrement brûlé, le visage noircit, côté droit, sur place.
02:50Les gendarmes ramassent une serviette de bain ensanglantée,
02:53un préservatif, des mégots de cigarette.
02:57Il s'agit bien d'Élodie Culic.
02:59Elle a été violée, puis sans doute étranglée à main nue.
03:02Le larynx est écrasé.
03:04Elle était morte quand elle a été aspergée d'essence.
03:07Les légistes fixent l'heure du décès autour de 2h du matin.
03:12L'agression proprement dite est très précisément arrêtée à minuit 21.
03:17À cette heure-là, Élodie Culic a composé le numéro d'urgence.
03:23L'appel, enregistré par le codice Damien, dure 26 secondes.
03:28On y entend l'affolement, les gênissements de la jeune femme qui appelle au secours.
03:34Au moins deux hommes se parlent en arrière-plan.
03:37L'un d'eux ordonne « éteint la batterie ».
03:39L'opératrice du codice a rappelé, mais sans succès.
03:42Cet enregistrement va être expertisé pendant six ans.
03:46Les deux hommes parlent pendant des temps très courts.
03:502,1 secondes pour l'un, 1,9 secondes pour l'autre.
03:55Une troisième voix, un homme jeune ou une femme,
03:58semble également être présent.
03:59Le capitaine Thierry Fouache, gendarmerie de Perronne,
04:03l'un des premiers à écouter l'appel confit.
04:0626 secondes, ça vous prend aux tripes.
04:08On entend la mort.
04:13Vendredi 18 janvier 2002, une semaine après le décès d'Elodie Cullic,
04:18les experts de l'IRCGN effectuent les premières comparaisons ADN.
04:22Un profil génétique inconnu est détecté sur le préservatif,
04:25retrouvé près du cadavre, sur un mégot de cigarette.
04:28Un autre profil génétique masculin inconnu.
04:32Pendant 13 ans, les vérifications vont se multiplier.
04:35Dans l'entourage de la victime, pas moins de 620 pistes explorées.
04:3914 000 numéros de téléphone vérifiés,
04:435 500 hommes visés par des tests génétiques.
04:47Cinq ans plus tard, la cellule Elodie se réduit comme peau de chagrin.
04:52Le père de la victime, Jackie Cullic, n'en démord pas.
04:55Tant que j'aurai un souffle de vie, dit-il, je ne lâcherai pas.
05:00Une enquête très active qui fourmille de possibilités et également de pistes,
05:06mais qui manque de témoignages directs et où les indices ne sont pas très concluants.
05:13Il va falloir attendre 9 ans pour qu'un déclic,
05:15l'initiative d'un enquêteur fasse basculer toute l'affaire dans une toute autre direction.
05:22On va voir qu'on va aller à ce moment-là de révélation en surprise,
05:27mais ça, on va en parler dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
05:30Elodie Cullic, c'est toujours aujourd'hui encore un cas symbolique,
05:33emblématique dans l'histoire du crime.
05:36Bonjour Franck Hanson.
05:37Bonjour Jean-Alphonse, bonjour à tous.
05:39Merci beaucoup d'être avec nous Franck.
05:41Dans cette heure du crime, vous êtes journaliste à RTL, on vous connaît bien.
05:45Sur notre antenne évidemment, et les auditeurs reconnaissent votre voix.
05:48Vous êtes notre correspondant dans la région Nord.
05:51Franck Hanson, juste, je fais une petite parenthèse.
05:54Quand on parle d'Elodie Cullic, moi j'ai toujours les frissons,
05:56parce que je pense à Jackie Cullic.
05:59C'est grâce à Jackie Cullic, grâce au papa,
06:01que cette histoire a prospéré et elle a pu aller de l'avant.
06:05On salue évidemment Jackie Cullic dans cette émission qui s'est toujours battue avec dignité.
06:10Vous nous en parlerez un peu plus tard, Franck Hanson.
06:12Revenons à cette scène de crime abominable.
06:15Qu'est-ce qu'elle raconte, Franck, cette scène ?
06:17C'est l'horreur, l'atrocité, l'inhumanité dans toute ce qu'elle a de plus sordide.
06:22C'était une petite route de campagne, vous l'avez dit, entre Saint-Quentin et Péronne.
06:28C'est dans la Somme, c'est les champs de betterave à perte de vue.
06:32Son corps a été retrouvé allongé sur le dos.
06:35En partie calciné, dénudé en partie, apparemment des vêtements enlevés.
06:43On sent qu'il n'y a pas de doute sur ce qui s'est passé, malheureusement.
06:47On devine qu'elle a subi une agression sexuelle, qu'elle a été violée.
06:52C'est comme ça qu'Élodie Cullic, malheureusement, a été retrouvée.
06:55On se dit que les agresseurs ont tenté de faire disparaître les indices, les prélèvements,
07:01en tentant de faire brûler le corps.
07:04On est en pleine barbarie, il n'y a pas d'autre terme.
07:06Oui, c'est clair, c'est ça.
07:08C'est vraiment, je vous dis, c'est atroce.
07:10C'est vraiment ce qui marque à l'époque un crime sordide en pleine campagne
07:15qui, évidemment, aura un fort retentissement dans le secteur et dans la région.
07:19Dans la région, d'autant plus que, Franck Hanson, évidemment, vous connaissez parfaitement ce dossier.
07:24Vous l'avez suivi depuis le début.
07:26Vous avez beaucoup enquêté là-dessus.
07:28Élodie Cullic, elle est du coin.
07:30C'est une jeune banquière.
07:32Son visage est connu.
07:33Ses clients sont effarés par ce qui vient de se passer.
07:38Je ne parle même pas de la famille.
07:39C'est vraiment un grand choc dans cette région de Perron et d'Amiens.
07:43Oui, c'était une jeune femme qui avait la vie devant elle.
07:46Elle venait d'avoir 24 ans.
07:48Une jolie jeune femme épanouie qui construisait sa vie.
07:52La plus jeune bancaire de France qui était embauchée dans cette agence de Perron, originaire de Lens.
08:00Famille sans histoire, tranquille.
08:02Elle avait un frère.
08:04Il y avait deux autres enfants qui étaient décédés.
08:07Elle construisait sa vie.
08:09Elle avait tout pour réussir.
08:11Elle était bien intégrée.
08:12Elle était bien acceptée par ses collègues et par ses nouveaux clients.
08:17Elle venait de rompre avec son petit ami.
08:19Elle avait un nouveau prétendant.
08:20Elle a une vie normale pour une jeune femme qui était jolie, coquette, qui souriait à la vie.
08:28Bonjour colonel Emmanuel Famouaï.
08:31Bonjour monsieur Richard.
08:32Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans l'heure du crime.
08:36Dans cette affaire, vous allez jouer un rôle important.
08:39On va en parler dans un petit instant parce que c'est vous qui avez débloqué, j'ai envie de
08:42dire, le chemin de la vérité.
08:44On va le dire comme ça, avec vos collègues évidemment.
08:46Il faut y penser aux collègues.
08:48Vous êtes ancien expert en empreintes génétiques, colonel de gendarmerie je l'ai dit.
08:52Puis vous êtes auteur de ce livre, Les affaires criminelles au crible de l'ADN, aux éditions Mareuil.
08:58Alors évidemment l'ADN, on en parle beaucoup aujourd'hui.
09:00Cette science qui est très évolutive, qui est en pleine progression chaque jour.
09:04Vous la connaissez presque par cœur, j'ai envie de dire, cette science.
09:07Et quand on lit ce livre avec plusieurs affaires, etc., dont l'affaire qui nous intéresse aujourd'hui,
09:13l'affaire Culic, effectivement ça donne le tournis parce qu'on s'aperçoit que la science va tellement vite aujourd
09:19'hui
09:19qu'on est surpris par cette progression.
09:22Et souvent, d'ailleurs, ça permet d'accéder à la vérité.
09:26C'est le cas effectivement dans cette affaire Elodie Culic.
09:29Donc je reviens sur cette affaire, l'affaire Culic.
09:32Il y a une enquête au début qui démarre.
09:35Ce n'est pas facile pour les gendarmes qui vous ont précédé d'enquêter sur ce terrain.
09:40Les indices sont compliqués, ils sont mélangés.
09:43L'ADN, on ne sait pas trop vraiment s'en servir encore à l'époque.
09:47C'est un peu pas balbutiant, mais enfin on se cherche un peu.
09:50Tout ça est compliqué.
09:52Alors il faut se remettre dans le contexte de 2002.
09:54On en était vraiment, je dirais, au tout début des empreintes génétiques en pratique judiciaire.
09:59Et puis, vous aviez un fichier, le fichier national automatisé des empreintes génétiques,
10:03le fameux FNAEG, qui lui en était également aussi à ses débuts.
10:07Donc si on doit juger, entre guillemets, avec les yeux d'alors,
10:11ça serait de dire que oui, c'était balbutiant parce que les outils venaient d'être mis en place.
10:14Les comparaisons étaient limitées.
10:17On a trois traces ADN à peu près, mais les comparaisons sont limitées.
10:20Les comparaisons se faisaient de deux sortes.
10:22Soit avec les suspects que vous aviez sous la main,
10:25et dont les profils pouvaient être enregistrés au sein du fichier,
10:28soit avec les individus identifiés qui étaient déjà fichés.
10:32Ça se passait de cette manière.
10:33Et ça se passe aussi toujours de cette manière,
10:35mais avec un nombre plus important de personnes aujourd'hui fichées.
10:38Juste un petit mot encore.
10:41Lorsqu'on démarre une enquête comme ça, avec un corps, des indices, etc.,
10:45tout compte finalement.
10:46Il y a l'ADN, certes, mais il faut voir tous les paramètres.
10:49C'est ça, les mettre en rapport les uns aux autres.
10:52Alors là, c'est le travail en effet de tous les enquêteurs,
10:55de gendarmerie et de police également.
10:57C'est-à-dire qu'il n'y a pas de petits détails.
10:59Il y a une scène de crime, il n'y a pas de petites tâches.
11:01Il y a vraiment tout qui est important.
11:04D'où le gel des lieux, d'où la rigueur.
11:06Et ça, à l'époque, en 2002, c'est exactement ce qui est fait
11:10par les militaires de Perronne
11:12et également après les militaires de la section de recherche.
11:14Ils mettent toutes les chances de leur côté
11:16pour tenter de trouver la petite chose
11:18qui permettra de débloquer le dossier.
11:21La petite chose qui permettra de débloquer le dossier.
11:24Neuf ans après le meurtre, un ADN qui conduit à une voix.
11:30Élodie Kulik, quand les experts trouvent,
11:32on dirait ma voix, mais c'est pas moi.
11:34C'est quelqu'un qui a la même voix.
11:36L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:40Merci d'écouter RTL.
11:50RTL, votre radio.
11:5314h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:57L'heure du crime.
11:59Au programme de l'heure du crime, l'affaire Élodie Kulik.
12:02Cette jeune banquière, 24 ans, est morte en janvier 2002 dans la Somme.
12:06Étranglée après avoir été violée.
12:08Enquête incessante, mais hélas vaine.
12:10L'idée d'un gendarme va tout changer.
12:15Été 2011, 9 ans après le meurtre d'Élodie Kulik,
12:20le jeune capitaine Emmanuel Famouaille,
12:23de la section de recherche d'Amiens,
12:2534 ans, spécialiste de génétique,
12:27expose les techniques les plus récentes en matière de recherche ADN.
12:31Avec le juge Duquen et l'adjudant-chef de bar,
12:34le gendarme forme le trio qui travaille désormais sur le dossier Kulik.
12:38Le capitaine Famouaille propose de tenter une recherche ADN en parentalité.
12:45Pour le préservatif retrouvé sur la scène de crime,
12:48identifier un parent qui pourrait mener au suspect.
12:515 décembre 2011, une correspondance est trouvée.
12:55Le nom d'un certain Patrick Viard, 57 ans, apparaît.
12:59Il a été condamné pour des agressions sexuelles.
13:01Mais au moment de la mort d'Élodie Kulik, il était derrière les barreaux.
13:06Les enquêteurs s'intéressent donc à son fils,
13:08un mécanicien, 24 ans au moment des faits.
13:11Un profil de fêtard, bagarreur, toujours au volant de gros 4x4.
13:15Quelques mois après la mort d'Élodie Kulik,
13:17sa compagne Cathy s'était présentée à la gendarmerie.
13:21Grégory menaçait de la violer, de la tuer et de la brûler.
13:24« Comme les autres femmes », disait-il.
13:27Viard n'avait curieusement pas été interrogé.
13:29Les gendarmes n'ont pas de chance.
13:31Le suspect s'est tué en 2011.
13:34Un accident, il a heurté un camion en pleine ligne droite.
13:3824 janvier 2012, le corps de Grégory Viard est exhumé du cimetière de Montesquart.
13:43Un prélèvement sur un fémur confirme la correspondance ADN.
13:48Les enquêteurs sont convaincus que Viard est l'un des violeurs et tueurs d'Élodie Kulik.
13:56Mardi 7 février 2012, 10 ans après la mort d'Élodie Kulik,
13:59les gendarmes enquêtent sur l'entourage de Grégory Viard.
14:03Ils veulent savoir si le deuxième homme qui s'exprime sur l'appel au secours aux pompiers,
14:08par Élodie Kulik, est un proche.
14:1116 janvier 2013, 6 amis de Grégory Viard sont placés en garde à vue.
14:15L'un d'entre eux les intéresse particulièrement.
14:18Il s'agit du meilleur ami de Grégory Viard.
14:21Willy Bardon, 39 ans, passionné de quad.
14:24Il est placé sur écoute.
14:26Il apparaît porté sur les pratiques sexuelles parfois humiliantes en garde à vue.
14:31Bardon apparaît très nerveux, très inquiet.
14:33Il répond qu'il en a marre de se sentir suspecté depuis des semaines.
14:36Il n'était pas là quand Élodie Kulik a été tuée.
14:39Je n'étais pas assez courageux pour faire ça, dit-il.
14:41Il dément avoir été cul et chemise avec Viard, selon lui.
14:46D'autres garçons de la bande, Christophe, Jean-Pierre, Denis, Bernard, ont pu participer au crime.
14:53Le lendemain, Willy Bardon est confronté à son demi-frère, Romuald.
14:57Ce dernier est en larmes.
14:58Il a écouté trois fois l'appel au secours de la victime.
15:02Et il a reconnu la voix de Willy.
15:05Willy Bardon commente.
15:07On dirait ma voix.
15:08Je ne dis pas le contraire, mais ce n'est pas moi.
15:11C'est quelqu'un qui a la même voix.
15:12Mais je n'ai jamais fait ça.
15:14Il est mis en examen et écroué.
15:19Lundi 18 mars 2013, le juge d'instruction demande une nouvelle séance d'écoute de l'appel d'urgence d
15:24'Élodie Kulik.
15:25Les six personnes qui avaient été placées en garde à vue sont face à un expert.
15:30Toutes reconnaissent sans hésitation la voix de Bardon.
15:34L'expert parle d'une reconnaissance collective à 87%.
15:40Willy Bardon, qui serait donc le deuxième homme, le deuxième personnage impliqué dans la mort de la jeune directrice de
15:47banque, Élodie Kulik.
15:48Le premier suspect, lui, il est décédé.
15:51Il est mis en examen.
15:52Bardon est croué.
15:54Mais l'affaire est loin d'être terminée.
15:55On va même se demander si un procès pourra se tenir un jour.
15:59Alors, quel profil présente évidemment cet homme ?
16:01On va en parler évidemment dans le prochain chapitre de l'émission.
16:06Avec nous, dans cette heure du crime et dans le studio de l'heure du crime,
16:09le colonel Emmanuel Fahmouaï, expert en empreintes génétiques et auteur de ce livre,
16:14Les empreintes criminelles au crible de l'ADN, aux éditions Mareuil.
16:18Un livre qui nous intéresse beaucoup.
16:19Mais ce qui nous intéresse beaucoup aussi, colonel Fahmouaï,
16:22c'est votre expérience dans le dossier Kulik.
16:24Parce que, je vais vous flatter un petit peu,
16:27mais c'est grâce à vous, si l'ADN a permis d'avancer dans cette affaire.
16:34Dites-nous comment ça s'est passé.
16:36D'un seul coup, vous vous intéressez beaucoup à l'ADN à l'époque,
16:39vous suivez à tout ça, dans des conférences, dans des revues, etc.
16:43Et vous dites, on va tenter l'ADN de parentèle.
16:46Mais c'est quoi l'ADN de parentèle ?
16:49Je précise qu'il y a trois ADN qui ont été trouvés sur la scène de crime.
16:53Alors, avant tout, c'est grâce à tout le monde
16:54qu'un recherche de parentèle a réussi à se faire.
16:58Et puis, en fait, sur la scène de crime, vous l'avez dit tout à l'heure,
17:02il y avait un même profil génétique masculin
17:04qui avait été déterminé sur le corps de la victime
17:06et également sur des objets qui se rattachaient directement à la scène.
17:10Et en fait, ce profil a été envoyé au Fichier National des empreintes génétiques,
17:13le FNAEG,
17:14et il ne correspondait à personne d'identifié.
17:17Également, vous l'avez aussi rappelé,
17:19il y avait plus de 5000 prélèvements génétiques
17:21qui avaient été réalisés dans ce dossier,
17:23autrement dit, l'équivalent d'une petite ville.
17:26Et moi, qui suis de formation scientifique,
17:28quand on me demande d'avoir un oeil sur l'affaire,
17:30on me donne ma chance en tant que jeune, très clairement,
17:33eh bien, je vais faire un pas de côté
17:34et me dire que si notre individu ne figure pas au Fichier,
17:38c'est qu'il a certainement de bonnes raisons.
17:39En particulier, trois d'entre elles.
17:41La première, ça serait d'avoir fui, peut-être à l'étranger,
17:44ou à l'autre bout de la France.
17:46La deuxième, c'est de ne pas avoir commis d'autres infractions
17:50qui auraient donné lieu à un prélèvement génétique.
17:53Par exemple, se bagarrer pour une place de parking de supermarché.
17:56C'est arrivé qu'on puisse identifier un violeur de cette façon,
17:59plusieurs années après.
18:00Et la troisième raison, c'était qu'il était décédé
18:03au moment où les 5 000 personnes ont été prélevées.
18:07Et donc, partant de ce constat-là, je vais me dire,
18:09eh bien, voilà, mon individu qui a participé directement au Fé
18:14ne figurera jamais au Fichier des empreintes génétiques.
18:18Comment puis-je quand même remonter jusqu'à lui ?
18:20Et là, je vais faire appel à la génétique.
18:22Alors, c'est quoi ? La parentèle ?
18:24Alors, la parentèle...
18:25Vous dites, il n'est pas au Fichier, il faut aller chercher,
18:28il faut élargir le spectre.
18:29Exactement.
18:29Et comment ça se passe ?
18:30Alors, ça se passe que si lui n'est pas au Fichier,
18:32peut-être qu'un de ses parents...
18:34C'est ça.
18:34Alors, parents au sens biologique, c'est-à-dire ascendants.
18:37Par ascendants, on entend par là les parents ou les grands-parents,
18:42ou descendants, les enfants ou les petits-enfants.
18:44Très bien.
18:45Et mon pari, ça va être de me dire que les ascendants ou les descendants,
18:48s'il a eu des enfants, ils ont fait une bêtise,
18:50qui ont été prélevée, qui sont fichée.
18:52Et là, on entre dans le comment.
18:55Et comment je remonte jusqu'à eux ?
18:56Eh bien, un profil génétique, que soit vous ou moi,
19:00c'est 50% du patrimoine génétique de votre père
19:02et 50% du patrimoine génétique de votre mère.
19:05Ah, j'ignorais ça, oui. D'accord.
19:06Voilà.
19:07Et donc, vous arrivez à faire matcher ?
19:09Voilà, et en fait, le fichier, d'habitude,
19:11il va chercher 100% de correspondance entre les profils génétiques.
19:14Tandis que moi, je vais dire au fichier,
19:15voilà, je veux que tu recherches les 50% de patrimoine génétique
19:19de mon suspect, susceptible de correspondre à ses parents ou ses enfants,
19:24s'ils sont fichés.
19:25Et là, évidemment, je l'ai dit,
19:27on va tomber d'abord sur Patrick Viard,
19:29mais lui, c'est le papa, mais il est pour rien.
19:31Il était en prison quand Elodie Cullic a été tuée.
19:34Et ensuite, on va se rapprocher de Grégory Viard.
19:36Franck Hanson, vous êtes avec nous dans cette Heure du Crime,
19:38journaliste à RTL, correspondant dans la région Nord.
19:41Grégory Viard, puis ensuite Willy Bardon.
19:43C'est un peu une même bande de fêtards,
19:46pas forcément très fréquentables, ces garçons.
19:50Non, c'est des gens...
19:53Grégory Viard, on le présentait à l'époque comme quelqu'un,
19:55un escroc, flambeur, faible malgré tout.
19:59Willy Bardon, c'était un patron de bar dans l'Aisne,
20:02grande gueule, en fait, quelqu'un d'agressif,
20:05assez pervers, une bande de déconneurs, entre guillemets,
20:08des amateurs de virés en 4x4,
20:12avec un langage très grossier vis-à-vis des femmes.
20:16Voilà, c'était un petit peu ça, la bande de Viard.
20:19C'est ça, ils ne sont pas très recommandables,
20:22ils se font remarquer, mais d'ailleurs, tant mieux pour les enquêteurs,
20:24dès qu'on se fait remarquer, évidemment, ça va un peu plus vite.
20:29Colonel Famoy, encore une question.
20:31C'est étonnant parce que l'ADN ouvre sur une personne,
20:34vous remontez la personne, il y a l'exhumation du corps,
20:36vous apercevez que ça matche vraiment,
20:39et puis ensuite, on fait l'entourage de cette personne.
20:41C'est-à-dire que c'est l'effet boule de neige, l'ADN, dans cette histoire ?
20:44En fait, c'est l'ADN qui est le déclencheur,
20:46qui permet, je dirais, à tous les aimants d'enquête
20:48qui avaient été réalisés auparavant,
20:50c'est comme les pièces d'un puzzle, en fait.
20:51On disposait de toutes les pièces du puzzle,
20:53grâce au travail de nos prédécesseurs,
20:55et à partir du moment où on a le nom du suspect,
20:58toutes ces pièces, elles s'assemblent,
21:00et on a l'image globale du puzzle.
21:02Voilà comment ça se passe.
21:04Un suspect numéro un qui faisait peur aux femmes.
21:08Élodie Culic, quand les experts trouvent,
21:10c'était horrible.
21:12J'ai pas réécouté la voix de la fille,
21:14ça fait trop mal.
21:15L'enquête de l'heure du crime,
21:16Willy Bardon a-t-il le profil d'un prédateur sexuel
21:19ou d'un meurtrier ?
21:21A suivre dans un court instant sur RTL.
21:24Bonne journée sur RTL.
21:35Du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
21:39Je te jure, c'est pas moi.
21:40Ouais, mais j'ai joué, il faut l'heure, il faut être grand,
21:43et puis s'il y a quelque chose, il faut se foutre.
21:45Attends, Romu, je vais partir en prison, là.
21:46Mais écoute.
21:47Romu, je n'ai pas fait ça, et je vais partir en prison.
21:49Il faut assumer, là, là, s'il y a vraiment quelque chose.
21:51Romu, je ne l'ai pas fait.
21:52Pourquoi ? Je t'ai dit ta voix, j'entends.
21:54On dirait ma voix, je ne dis pas contre rien,
21:56mais c'est pas moi.
21:58Heure du crime consacrée à la mort d'Élodie Culic,
22:00cette jeune directrice de Banque de la Somme, 24 ans,
22:03a été violée, étranglée, brûlée en janvier 2002.
22:07Le suspect principal, identifié par l'ADN, est décédé.
22:11Un autre homme interpellé, il nie.
22:13Contre lui, les indices matériels manquent.
22:19Mercredi 19 mars 2014, 8h45,
22:22Willy Bardon est amené sur la départementale 44.
22:25Au lieu dit, le bois de Bia, à Cartigny,
22:28là où le corps d'Élodie Culic avait été retrouvé.
22:31Il affirme n'être jamais venu ici.
22:34On lui présente des photos du corps de la victime.
22:37Il répond qu'il trouve cela horrible.
22:40Il dément avoir agressé Élodie Culic
22:42ou avoir assisté à son viol.
22:44Dans les mois précédents,
22:46les gendarmes ont recueilli de nombreux témoignages
22:48sur Willy Bardon.
22:49Son comportement avec les femmes apparaît inquiétant.
22:53Un de ses amis se souvient qu'en parlant d'une fille,
22:56il pouvait avoir ces mots
22:58« Je vais te violer, te tuer, te brûler ».
23:05Aux experts psychiatres et psychologues,
23:07Willy Bardon répète qu'il n'est pas impliqué dans le crime.
23:11Contre moi, ils n'ont qu'un timbre de voix
23:13qui correspond à celle que j'ai aujourd'hui.
23:16Il raconte que quand il a entendu l'appel au secours d'Élodie Culic,
23:20cela l'a glacé.
23:22C'était horrible.
23:23Je n'ai pas pu la réécouter une deuxième fois,
23:26ça fait trop mal.
23:27Pour les spécialistes,
23:28Willy Bardon est égocentriquement focalisé sur sa jouissance
23:33tout en réduisant l'autre au rang d'objet.
23:36Selon les experts,
23:37sous l'effet de l'alcool
23:38et en présence d'autres personnes,
23:40il n'est pas exclu qu'il ait pu passer à l'acte.
23:45Et dans cette heure du crime,
23:46on retrouve l'un de nos invités,
23:47c'est Franck Hanson,
23:48journaliste à RTL.
23:49C'est notre correspondant dans la région Nord.
23:51Franck, vous connaissez bien,
23:53je l'ai dit déjà, ce dossier.
23:55Un mot sur Willy Bardon.
23:58Vous l'avez déjà un petit peu ébauché,
24:00mais c'est un profil inquiétant vis-à-vis des femmes.
24:03Le fait est, c'est que Bardon,
24:04il nie absolument sa participation.
24:07Oui, et ça c'est constant depuis le début.
24:09Willy Bardon, alors certes,
24:10c'est un personnage menteur, agressif.
24:14Certains le décrivent comme pervers, violent.
24:16Mais pour autant, il n'a jamais été condamné.
24:18À part une garde à vue pour une histoire d'ivresse,
24:22où il avait importuné un des voisins dans son village.
24:26Mais il n'a jamais été condamné.
24:27Et depuis le début, en effet, il nie.
24:29Il explique qu'il n'a rien à faire là-dedans.
24:31C'est peut-être sa voix,
24:33mais quand on lui l'interroge après
24:34sur cette fameuse voix,
24:36sur l'appel au secours.
24:37Mais voilà, il est constant
24:39dans ses dénégations.
24:41Pour autant, il a un profil
24:42pour le moins inquiétant
24:43et quelques présomptions
24:46qui pèsent contre lui.
24:47Bien sûr, effectivement,
24:48les enquêteurs ne vont pas le lâcher,
24:50y compris la justice,
24:52même s'ils continuent à démentir farouchement
24:54toute implication dans ce crime horrible,
24:57c'est-à-dire la mort d'Élodie Culic.
24:59Colonel Emmanuel Famouaille,
25:01vous êtes avec nous dans cet Heure du Crime,
25:03expert en empreinte génétique,
25:05auteur du livre
25:05Les affaires criminelles au crible de l'ADN,
25:07qui paraît aux éditions Mareuil
25:09et merci beaucoup
25:10de venir nous en parler.
25:11Vous évoquez dans ce livre
25:12évidemment cette affaire Élodie Culic.
25:14Vous avez enquêté beaucoup
25:16sur cette affaire
25:17et vous avez déclenché
25:18cette histoire d'ADN
25:19qui a entraîné
25:20ensuite toutes ces révélations.
25:22Je suppose que vous êtes
25:23un peu frustré quand même
25:24lorsque vous découvrez
25:27qu'il y a cet ADN qui match
25:28parce que le suspect numéro 1,
25:31celui dont on sait
25:32que sans doute il a violé
25:34et tué très directement Élodie Culic,
25:37qu'il est décédé.
25:38C'est un peu compliqué ça
25:39ensuite pour essayer
25:41de détailler une affaire.
25:42En termes d'enquête,
25:44en fait, oui,
25:44lorsqu'on découvre
25:45que le propriétaire
25:46du profil génétique
25:47est Grégor Rivière,
25:49qui je le rappelle
25:49n'a pas été jugé
25:51et donc est décédé en 2003,
25:52présumé innocent,
25:55on va en fait
25:56de rebondissement
25:57en rebondissement.
25:58L'affaire Culic
25:59détonne par la tragédie
26:01déjà qu'a vécue
26:02la famille Culic
26:03en perdant deux enfants
26:04puis Élodie
26:05et puis ensuite
26:05Rosemary Culic
26:06qui décède en 2011
26:08mais également aussi
26:09en termes d'enquête,
26:10ce sont des rebondissements,
26:12des choses qui rejoignent
26:13la fiction.
26:13On s'attendait à tout
26:15en fait,
26:15sauf à découvrir
26:16que Grégor Rivière
26:17était décédé
26:18un an après les faits.
26:19Et à ce moment-là,
26:20c'est la douche froide
26:21évidemment lorsqu'on
26:22découvre tout ça,
26:24il faut se ressaisir
26:25ce qu'on fait tous
26:26et puis on se relance
26:27sur de nouvelles pistes.
26:29Et bon,
26:30ce que je retiens surtout
26:30de façon générale,
26:31c'est que
26:34ce dossier
26:36qui pour moi
26:36c'est l'affaire
26:37quelque part
26:38de ma vie professionnelle,
26:39de ma vie tout court,
26:40c'est vraiment
26:42il n'aura connu
26:43que des rebondissements.
26:44Des choses qui empruntent
26:45par moments
26:45à la tragédie grecque,
26:46d'autres moments
26:47à la fiction hollywoodienne
26:49mais on pense
26:50que c'est terminé,
26:51ça ne l'est vraiment jamais.
26:52Oui, c'est vrai,
26:52effectivement,
26:53c'est tout à fait exact
26:54ce que vous racontez,
26:55c'est une histoire sans fin
26:56l'affaire Élodie Culic,
26:58c'est quelque chose
26:59qui rebondit
27:00sans arrêt.
27:01A l'époque,
27:02je l'ai dit,
27:02colonel Famoy,
27:03vous êtes tout jeune capitaine,
27:06vous avez
27:0634,
27:0733,
27:0734 ans,
27:09vous pensez
27:10aux parents
27:11d'Élodie Culic,
27:12vous l'avez vu,
27:13Jacques et Culic,
27:14où lorsqu'on est comme vous
27:15un expert,
27:17on préfère rester
27:18focus
27:19sur le boulot
27:21et sur l'enquête ?
27:22Alors,
27:22nous nous sommes vus
27:23le jour du procès,
27:24bien évidemment,
27:24vu que là,
27:25voilà,
27:26mais sinon,
27:27on reste en effet focus
27:27sur le dossier,
27:28on reste concentré
27:29sur les éléments.
27:31Alors bon,
27:32être concentré,
27:33être distant,
27:33ne veut pas dire
27:34qu'on n'a pas de sentiments,
27:35nous restons des êtres humains.
27:36Mais par rapport
27:37à notre pratique professionnelle,
27:38c'est certain que
27:39pour avoir les idées
27:40les plus claires possibles
27:41et laisser la part
27:42à l'objectivité,
27:43on se détache de tout ça.
27:45D'autant plus que le dossier,
27:46il est terrifiant,
27:47il y a ces photos du corps,
27:48etc.,
27:48il y a beaucoup de choses.
27:49Donc, fatalement,
27:50vous l'avez vu ce dossier,
27:51vous avez accès
27:52pour mieux comprendre
27:53ce qui a pu se passer.
27:54Parce que c'est une construction.
27:56Évidemment,
27:56il y a l'ADN,
27:57les éprouvettes,
27:58etc.,
27:59les comparaisons.
28:00Mais derrière ça,
28:01il y a quelque chose,
28:01il y a un crime réel,
28:03il y a quelque chose.
28:04Oui, moi,
28:04j'ai eu accès,
28:05car à ce moment-là,
28:06je travaillais comme officier enquêteur
28:07à la section de recherche.
28:08J'ai accès en effet
28:09à l'intégralité du dossier,
28:10ce qui a été rappelé
28:11au début de l'émission
28:12par Thierry Foache,
28:14à savoir,
28:15bon,
28:15la scène de crime
28:15qui est horrible.
28:17Glaçante.
28:18Voilà.
28:20Marquante.
28:20Bon, moi,
28:21je ne l'ai vu que sur photo,
28:23puis je m'étais rendu
28:23sur les lieux
28:24dans le cadre de mes fonctions.
28:26Et en effet,
28:27malheureusement,
28:28c'est la scène d'horreur
28:29telle qu'on peut l'imaginer.
28:31D'ailleurs,
28:31bon,
28:31je ne donnerai pas
28:32de détails ici
28:32parce que c'est quelque chose
28:34qui, voilà,
28:35même sur photo
28:35qui m'a marqué.
28:36Et ensuite,
28:37à partir de ça,
28:38eh bien,
28:38vous devez forcément
28:39prendre du recul
28:40pour mieux analyser
28:41les éléments
28:42et pour avoir
28:42le raisonnement,
28:43je dirais,
28:43le plus rigoureux
28:44et le plus efficace possible.
28:46Il faut un peu se couper en deux,
28:47comme on dit,
28:48c'est-à-dire laisser tout ça,
28:49l'émotion d'un côté
28:50et essayer de continuer
28:51le boulot
28:52comme on le peut.
28:53Ce n'est pas facile d'ailleurs,
28:54mais c'est pour ça
28:54que je voulais vous entendre
28:55là-dessus.
28:56Frank Hansson,
28:57un mot,
28:58lorsqu'il est interrogé,
29:03Willy Bardon,
29:04il dit qu'il n'a pas pu
29:06s'attarder
29:06sur les photos du corps.
29:08Et puis ensuite,
29:10il ne peut même pas écouter
29:11la voix d'Élody Culic
29:12dans cet appel au secours.
29:14Est-ce qu'on peut le croire ?
29:16C'est assez difficile à dire.
29:18C'est lui qui...
29:18C'est sa parole
29:19contre celle des autres,
29:21en fait, finalement.
29:22Parce que Grégory Villard
29:23n'est plus là
29:23pour témoigner
29:25s'il était là ou pas,
29:26finalement.
29:27Donc,
29:28il est seul
29:28dans sa défense,
29:30finalement,
29:30Bardon.
29:32Il se défend
29:33comme il peut,
29:34maladroitement,
29:34souvent,
29:35parfois,
29:35mais il persiste
29:37à dire qu'il n'avait rien
29:38à faire dans cette histoire,
29:41qu'il ne pouvait pas
29:41être là,
29:42présent.
29:42pour autant,
29:44je sais qu'il y a des collègues
29:45de la presse locale
29:46qui l'ont interrogé
29:47juste avant
29:47qu'il soit mis en garde à vue
29:49ou mis en examen
29:50par la suite.
29:51Il était très,
29:52très tendu
29:54au moment de...
29:54Oui,
29:55tout à fait.
29:55Dans les débuts de l'enquête,
29:56il était très tendu
29:57en se disant
29:57mais pourquoi
29:57il m'en veut et tout.
29:59Il parlait avec ses...
30:00Il y a eu des écoutes téléphoniques
30:01qui ont été analysées
30:03et on voyait que Bardon
30:04n'avait pas un comportement
30:05entre guillemets normal.
30:07Alors pas d'ADN pour lui,
30:08on est d'accord ?
30:09Non, il n'est pas du tout
30:10accablé par l'ADN.
30:10C'est la voix,
30:11c'est la voix,
30:11sa voix qui l'accable.
30:13Aucun indice matériel,
30:15on en reparlera sûrement
30:16dans l'histoire du procès,
30:17mais il n'y a pas
30:18d'indice matériel
30:19pour l'accabler,
30:20c'est sa personnalité,
30:21sa voix,
30:23ses bribes de voix
30:24qui sont reconnues
30:26par plusieurs de ses proches.
30:28Pas tous,
30:29mais certains de ses proches
30:30le reconnaissent.
30:3217 ans après les faits,
30:33Willy Bardon va être jugé.
30:35Elodie Kulik,
30:36quand les experts trouvent
30:37« Je n'ai jamais violé une femme
30:39ni même tiré les cheveux. »
30:41L'enquête de l'heure du crime,
30:42on se retrouve dans un instant
30:43sur RTL.
30:46Le matin,
30:47le midi,
30:48le soir,
30:50c'est RTL.
30:54L'heure du crime,
30:56présentée par Jean-Alphonse Richard
30:57sur RTL.
31:00Retour dans l'heure du crime
31:01sur la mort d'Elodie Kulik,
31:02cette jeune directrice de banque,
31:0324 ans,
31:04a été violée et tuée
31:05près de Perrone
31:06dans la Somme en 2002.
31:08Le principal suspect est mort,
31:09son présumé comparse
31:11est jugé 17 ans après les faits.
31:17Mercredi 20 novembre 2019,
31:19Willy Bardon,
31:2045 ans,
31:21silhouette lourde,
31:22crâne rasé,
31:23comparé libre
31:24devant la cour d'assises
31:25de la Somme.
31:26À Amiens,
31:27il se dit innocent,
31:28persuadé que l'enquête
31:29n'a révélé
31:30aucun élément
31:31à charge contre lui.
31:32Jackie Kulik,
31:33le père d'Elodie Kulik,
31:34tient un portrait
31:35de sa fille.
31:36Son épouse,
31:37Rosemary,
31:38est morte de chagrin
31:39en 2011.
31:41Les avocats des Kulik
31:42décrivent l'accusé
31:44comme un obsédé sexuel,
31:46animé par une sexualité débordante
31:49et des fantasmes
31:50les plus vils.
31:52Willy Bardon
31:52reconnaît que le sexe
31:53l'intéresse.
31:54Il aime les femmes,
31:55mais il certifie
31:56« Je n'ai jamais violé
31:58une femme
31:58ni même tiré
31:59les cheveux ».
31:59La présidente
32:00de la cour d'assises
32:01s'étonne
32:02de l'ambivalence
32:03de l'accusé
32:03comme si deux
32:05bardons
32:05habitaient en même corps,
32:07l'un gentil
32:08et serviable,
32:09l'autre dangereux,
32:11intimidant,
32:12humiliant.
32:16Mercredi 27 novembre,
32:17la diffusion
32:18de l'appel
32:18au secours
32:19d'Elodie Kulik.
32:20Glace d'effroi,
32:21la salle
32:21de la cour d'assises.
32:22On y entend des cris,
32:24une scène de chaos
32:25entrecoupée par les halos
32:26de l'opératrice
32:28des pompiers.
32:28Les têtes se baissent,
32:30Jackie Kulik,
32:30le papa,
32:31garde la sienne
32:32bien droite.
32:33Willy Bardon
32:33semble impassible.
32:35Entre 2002
32:36et 2017,
32:37ce document
32:37a été expertisé
32:3914 fois,
32:40mais sans livrer
32:41de certitude
32:42sur les voix
32:42des protagonistes.
32:43Maître Didier Seban,
32:45avocat de la partie civile,
32:47ne s'inquiète pas
32:47de ce manque d'assurance.
32:49L'expert
32:50nous a confirmé
32:51que la reconnaissance
32:52des voix
32:52par les proches
32:53valait beaucoup
32:54plus que la reconnaissance
32:56scientifique.
32:57C'est ce qui compte,
32:58dit l'avocat.
32:58Pour l'avocat général,
33:00Bardon était bien sur place.
33:02Il n'a peut-être
33:03pas tué
33:03Elodie Kulik,
33:04mais il a certainement
33:05participé au viol.
33:07Willy Bardon
33:08est condamné
33:09à 30 ans de prison
33:10pour viol,
33:11acquitté
33:11pour le meurtre.
33:13L'accusé tente
33:13d'avaler une gélue,
33:15le rempli de pesticides.
33:16Il sera sauvé
33:17après quelques heures
33:18passées
33:19entre la vie
33:20et la mort.
33:22procès spectaculaire,
33:24procès plein de tensions
33:25et de noirceur,
33:26il faut bien le dire.
33:27Procès glaçant
33:28avec la voix
33:29d'Elodie Kulik
33:30qui résonne
33:31encore des années
33:31après,
33:3217 ans après la fée.
33:34La voix est toujours là
33:35et les fées
33:36sont toujours identiques.
33:37Frank Hansson,
33:38notre correspondant
33:39dans la région nord
33:40pour RTL,
33:42à ce procès,
33:43à quoi est-ce
33:43qu'il ressemble ?
33:44Willy Bardon,
33:46on a l'impression
33:47qu'il est complètement
33:48abattu
33:49ou peut-être sous médicament,
33:50je ne sais pas.
33:51Oui,
33:51il a essayé
33:52de se construire
33:53entre guillemets,
33:54de se racheter
33:55entre guillemets
33:55une conduite
33:56dans cette salle d'audience
33:57du palais de justice
33:58d'Amiens.
33:59Il était assis
34:02à côté de ses avocats
34:03fuyant
34:04le regard
34:05de Jackie Kulik
34:06dès le début.
34:07Jackie,
34:07le papa d'Elodie
34:09qui est arrivé
34:09avec le portrait
34:11de sa fille
34:12souriante,
34:14soutenue
34:14par de nombreux proches
34:16qui étaient présents
34:17au premier rang
34:18de cette salle d'audience
34:19et Willy Bardon,
34:21il était imposant,
34:23c'est un homme
34:23qui en impose,
34:25crâne des garnis,
34:26il avait,
34:26je me souviens
34:27qu'à l'époque,
34:28le premier jour d'audience,
34:29il avait une chemise noire
34:30assez tendue,
34:32il se présente
34:33sans profession
34:34avant la lecture
34:35des faits classiques,
34:36la soutenable
34:37où la présidente
34:38a lu
34:39ce calvaire
34:40qu'a subi
34:42Elodie Kulik.
34:44Bardon,
34:45voilà,
34:45dès le départ,
34:46il essaye de se défendre
34:48maladroitement souvent
34:49mais voilà,
34:50en se présentant
34:50comme quelqu'un
34:51qui est,
34:51disait-il,
34:53innocent.
34:53Alors il se présente libre
34:54effectivement,
34:55Willy Bardon,
34:56ça c'est déjà très important
34:57devant une cour d'assises,
34:58procès qui est loin
34:59d'être joué
34:59parce qu'effectivement
35:00il n'y a pas d'ADN
35:01contre lui
35:02et puis cette histoire
35:04de la voix,
35:04c'est compliqué
35:05parce que les experts
35:06sont un peu flottants
35:07là-dessus.
35:08Alors,
35:09colonel Emmanuel
35:10Famouaille,
35:11vous êtes avec nous
35:11dans cette heure du crime,
35:12ancien expert
35:13en empreinte génétique,
35:14auteur du livre
35:15Les affaires criminelles
35:16au crible de l'ADN
35:17aux éditions
35:18Mareuil
35:18et il y a un chapitre
35:19qui est consacré
35:19à cette affaire
35:21notamment
35:21l'affaire Elodie Kulik.
35:23Vous venez témoigner
35:24à ce procès
35:25et votre témoignage
35:26il est très important
35:27parce que vous êtes
35:28vraiment au départ
35:30de la résolution
35:31de l'affaire
35:32donc l'ADN
35:33est implacable
35:34et ça,
35:35on vous fait
35:37vous exposer
35:38comment vous allez
35:39être arrivé là,
35:39c'est bien ça ?
35:40C'est toujours un peu
35:40impressionnant les assises.
35:42Ça a été d'autant plus
35:43qu'on m'avait fait
35:45intervenir pour témoigner
35:46et expliquer
35:47ce qu'était
35:48la recherche de parentelle
35:49mais pour revenir
35:50en effet
35:50sur le côté
35:51impressionnant des assises
35:52j'ai essayé
35:53de le retranscrire
35:54au mieux
35:54dans un chapitre
35:55justement
35:55dédié aux assises
35:57moi je me souviens
35:58que j'étais arrivé
35:59par l'arrière
36:00du tribunal
36:01on m'a fait rentrer
36:01en fait je me suis retrouvé
36:02face au public
36:03la salle était bondée
36:04il y avait
36:05un silence
36:06tel qu'on entendait
36:08la ventilation
36:08alors que je pense
36:09qu'il devait y avoir
36:11vraisemblablement
36:11près d'une centaine
36:13de personnes
36:13je me souviens
36:15d'entendre
36:16mes propres pas
36:16au moment où
36:17je passe devant le public
36:18et je me positionne
36:19face à la présidente
36:21aux jurés
36:21aux assesseurs
36:22et puis
36:23en termes d'ambiance
36:24c'est très très lourd
36:25vous savez que votre témoignage
36:26il va compter
36:27beaucoup
36:28parce que l'accusé est là
36:30il va vous écouter aussi
36:33effectivement
36:34peut-être que vous ne le regardez pas
36:35mais en tout cas
36:35vous savez que votre témoignage
36:37il est lourd
36:37lourd de sens
36:38alors lourd de sens oui
36:39parce que c'est à l'origine
36:41de son identification
36:43indirecte
36:43tout simplement
36:44et puis lui
36:45je me souviens
36:46que lorsque j'arrive
36:47face à la cour
36:48à proprement parler
36:49il est sur ma droite
36:51et bon
36:52alors il y avait un côté sombre
36:53un peu
36:53dans la cour
36:55donc je ne me souviens pas
36:56très bien physiquement
36:57de comment il était
36:59je me souviens juste
37:00que voilà
37:00de cette ambiance
37:01extrêmement pesante
37:02de ses regards
37:03extrêmement lourds
37:03et du coup
37:04en effet
37:05il faut supporter tout ça
37:06pour ensuite expliquer
37:07quelque chose
37:08d'extrêmement technique
37:09qu'est la recherche
37:10de parentèle
37:10et surtout
37:11faire comprendre
37:12que ce n'est pas une technique
37:13de docteur Frankenstein
37:14mais que c'est quelque chose
37:16qui fait juste appel
37:16à des notions
37:17de génétique élémentaire
37:18et puis surtout
37:19qui est totalement légale
37:20c'est ça
37:21et puis voilà
37:22qui arrive à poser
37:23un diagnostic
37:24très précis
37:25sur ce qui a pu se passer
37:27ou qui a pu faire
37:28quoi
37:29Franck Hanson
37:30en mot
37:31on diffuse la voix
37:32d'Élodie Kulik
37:33dans cette salle d'assise
37:34ça je suppose
37:35que c'est un moment
37:36très important
37:36du procès aussi
37:37oui oui
37:38c'est sûr que c'est un moment
37:39que tout le monde attendait
37:40et puis depuis
37:40qu'on suivait cette affaire
37:41on en avait entendu parler
37:42de ce témoignage
37:44forcément
37:45de cet appel au secours
37:46le papa et Jackie Kulik
37:48nous en avaient parlé
37:49les enquêteurs
37:49c'est quelque chose
37:50qu'on attendait
37:51et ces 26 secondes
37:52je peux vous dire
37:53vraiment c'est un moment
37:54d'horreur
37:55on entend des cris
37:56c'est très difficilement
37:58compréhensible au final
37:59on comprend que
38:00c'est une jeune femme
38:01qui crie
38:02des cris stridents
38:03on se dit que
38:04clairement
38:05Élodie Kulik
38:06a vu la mort arriver
38:07en face
38:07elle a vu ses hommes
38:09arriver vers elle
38:11c'est clair
38:12qu'elle a vu
38:13la mort arriver
38:14elle s'est dit
38:15que ses dernières heures
38:17étaient sûrement proches
38:19c'était vraiment
38:20horrible
38:21et d'ailleurs
38:21quand le témoignage
38:22a été diffusé
38:23je crois qu'il a été
38:23même diffusé
38:24une deuxième fois
38:25histoire de réentendre
38:27un petit peu
38:28les voix derrière
38:29ce cri
38:30il n'y avait pas un bruit
38:32pas un murmure
38:34dans la salle d'audience
38:35c'est horrible
38:37voilà
38:37vraiment
38:39l'accusé
38:40fait appel
38:41Élodie Kulik
38:42quand les experts trouvent
38:43on a tellement voulu
38:45trouver un coupable
38:46qu'on en a fabriqué
38:47un
38:48l'enquête
38:49de l'heure du crime
38:50je vous retrouve
38:51dans un instant
38:51sur RTL
38:54gardez RTL
38:55toujours avec vous
38:56le direct
38:57les replay
38:58les inédits
38:59téléchargez l'appli RTL
39:02l'heure du crime
39:03présenté par
39:04Jean-Alphonse Richard
39:05sur RTL
39:07dans l'heure du crime
39:09la longue enquête
39:09sur la mort
39:10d'Élodie Kulik
39:11une jeune banquière
39:1124 ans
39:12dans la somme
39:13en 2002
39:13le suspect numéro 1
39:15est mort
39:16avant d'avoir été identifié
39:18en 2019
39:19un deuxième homme
39:20a été condamné
39:21à 30 ans de prison
39:22il fait appel
39:23deux ans plus tard
39:28lundi 14 juin 2021
39:29Willy Bardon
39:3047 ans
39:31est rejugé
39:32par la cour
39:33d'assises du Nord
39:34à Douai
39:34ses avocats sont formels
39:36on a tellement voulu
39:37trouver un coupable
39:39qu'on en a fabriqué
39:40un
39:40l'accusé semble confiant
39:42les jurés
39:43le condamnent
39:44pourtant
39:44à nouveau
39:45à 30 ans de prison
39:46cette fois
39:47pour viol
39:48mais aussi
39:49pour meurtre
39:49la cour attribue
39:51ces propos
39:52rapportés
39:53à Willy Bardon
39:54on la viole
39:55et on la fout
39:56sur un tas de fumier
40:01mardi 5 mai
40:032026
40:04les avocats
40:04de Willy Bardon
40:05demandent la révision
40:06de son procès
40:07le père d'Élodie
40:09Jackie Kulik
40:10réagit
40:11alors
40:12sur RTL
40:13j'espère bien
40:14que ce sera
40:15l'ultime tentative
40:16parce que vous imaginez
40:17bien que depuis le temps
40:18j'aimerais bien
40:20être un peu
40:20en paix
40:21m'occuper de mon jardin
40:22tranquillement
40:23et le fait est là
40:24il a été condamné
40:25déjà deux fois
40:26et deux fois
40:27à 30 ans
40:27donc il faut
40:29respecter un petit peu
40:30la mémoire d'Élodie
40:30pour une nouvelle épreuve
40:32pour moi il n'y a jamais eu
40:33de doute
40:33du reste
40:34il n'y a pas eu
40:34de doute non plus
40:35il va être temps
40:36de me laisser
40:37moi tranquille
40:39me laisser tranquille
40:40il n'y a jamais eu
40:41de doute
40:41c'est ce qu'on retient
40:42de ce que dit
40:44Jackie Kulik
40:44il était avec vous
40:46Franck Hanson
40:46c'était le 5 mai
40:472026
40:48vous l'avez interviewé
40:50ce papa
40:50qui suit
40:52cette affaire
40:53évidemment malgré lui
40:55depuis le début
40:56qui s'est battu
40:57pour que surtout
40:57le dossier ne soit pas
40:59refermé
41:00et qu'il y a encore
41:00cette vivacité
41:02s'il y a un procès
41:04un nouveau procès
41:05puisque Bardon a demandé
41:06la révision de son procès
41:07s'il obtient cette révision
41:09je suppose que pour
41:11Jackie Kulik
41:12qui a perdu son épouse
41:14dans cette affaire
41:14qui a perdu évidemment
41:15sa fille Élodie
41:16c'est une épreuve
41:18pas insurmontable
41:20mais une épreuve
41:20très cruelle encore
41:21oui c'est encore
41:22une épreuve
41:23voilà
41:24quelque chose d'inhumain
41:26pour Jackie Kulik
41:27qui ne peut pas consentir
41:28enfin voilà
41:29il aspire aujourd'hui
41:30comme il dit
41:30à une retraite
41:31tranquille
41:32paisible
41:32il lui reste un fils
41:33une petite fille
41:35voilà c'est un homme
41:36âgé
41:37Jackie Kulik
41:38qui a beaucoup
41:40qui a beaucoup donné
41:41on va dire
41:41par rapport à toutes
41:42ses épreuves de la vie
41:43et qui aspire donc
41:44voilà à une retraite
41:45tranquille
41:45et il pensait que
41:46pour lui
41:47le meurtrier de sa fille
41:48est en prison
41:49il a été écroué
41:50il avait donné
41:52il s'était engagé
41:54auprès de sa femme
41:55auprès de ses proches
41:56à aller au bout
41:57de cette enquête
41:57à faire condamner
41:59un homme
42:00il l'a trouvé
42:00mais il ne peut pas
42:02entendre que
42:03Bardon soit innocent
42:04pour autant
42:05Bardon
42:06il entend faire
42:07jouer
42:08ses dernières cartouches
42:10en quelque sorte
42:10il joue sur
42:11la fragilité
42:12des accusations
42:13qu'il y a dans ce dossier
42:14on ne peut pas le nier
42:15il y a malgré tout
42:16une part de doute
42:17l'absence
42:18d'indices matériels
42:21qui l'accable
42:22c'est le combat
42:23aujourd'hui
42:23des avocats
42:24de Bardon
42:24maître Daco
42:25et maître Duménil
42:26de vouloir essayer
42:27de faire entendre
42:30cette voix
42:31même si
42:31il y a peu de chances
42:32qu'elle aboutisse
42:33mais voilà
42:33c'est la dernière cartouche
42:35qu'ils font jouer
42:35exactement
42:36c'est leur boulot
42:36et ils le font
42:38jusqu'au bout
42:38on ne peut que saluer
42:40leur travail
42:40évidemment
42:41ça c'est normal
42:43colonel Emmanuel
42:45Femmway
42:46auteur du livre
42:47Les affaires criminelles
42:48au crible de l'ADN
42:49qui est paru
42:50je le répète
42:50aux éditions Mareuil
42:52vous avez réservé
42:53tout un chapitre
42:54à l'affaire Culic
42:55dans votre livre
42:56c'est pas un hasard
42:57c'est peut-être
42:58l'affaire
42:59dans votre carrière
43:00qui vous a le plus
43:01marqué
43:03parce qu'il y avait
43:04tous les ingrédients
43:06de ce qu'il faut faire
43:08etc
43:08et d'arriver à construire
43:10quelque chose
43:10avec des résultats
43:12C'est l'affaire
43:13qui m'a marqué
43:13dans ma vie professionnelle
43:14et dans ma vie personnelle aussi
43:16parce que
43:17de par son intensité
43:18comme on le disait
43:20tout à l'heure
43:20c'est un véritable drame humain
43:22qui parment
43:23est une tragédie
43:24donc forcément
43:25ça ne peut pas
43:26laisser un sensible
43:28professionnellement
43:28c'est quelque chose
43:29je dirais
43:30qui illustre bien
43:31à l'époque
43:31moi j'étais un jeune officier
43:33qui débutait
43:33le premier emploi opérationnel
43:35donc c'est la meilleure illustration
43:36comme quoi il faut laisser
43:37sa chance aux jeunes
43:38que par moment
43:39la fougue et la naïveté
43:40de la jeunesse
43:41peuvent aider
43:41pas systématiquement
43:43mais ça peut aider
43:43et que bon
43:44je remercie d'ailleurs encore
43:46mes chefs de l'époque
43:47qui ont su me faire confiance
43:49et ça change énormément de choses
43:51parce qu'après
43:52ça ouvre la voie
43:54à d'autres responsabilités
43:55dans le domaine
43:56de la criminalistique
43:57et ça m'a permis
43:59de contribuer
44:00à mon humble niveau
44:02à d'autres dossiers
44:03je dirais
44:04comme par exemple
44:05l'affaire Mylis
44:06voilà
44:07pour ne citer
44:08que les plus connus
44:08d'entre eux
44:09mais il est certain
44:10que l'affaire Culli
44:11qu'au regard
44:11de son côté hors norme
44:13n'ayons pas peur des mots
44:14ça change ma vie
44:15hors norme
44:16parce qu'elle a été très longue
44:17cette affaire
44:18parce qu'il y a
44:18des intervenants
44:19parce qu'il y a
44:20beaucoup de surprises
44:22on va parler aussi
44:23parfois
44:23qu'il y avait
44:24plusieurs hommes
44:25sur cette scène de crime
44:26c'est compliqué
44:27sans les avancées
44:29techniques
44:30de l'ADN
44:31sans votre connaissance
44:32aussi des dossiers
44:33vous les experts
44:35l'affaire Elodie Culli
44:36peut-être n'aurait pas
44:37été résolue
44:38en tout cas
44:38on n'est pas encore
44:39au bout de l'affaire
44:40certes
44:40mais elle n'aurait pas
44:41été résolue
44:42alors je vais vous répondre
44:43de quelque chose
44:43de très contre-intuitif
44:44moi je pense
44:45que les enquêteurs
44:46de la section
44:47de recherche
44:47ils seraient arrivés
44:48quand même
44:49peut-être plus tard
44:50que prévu
44:50ça faisait déjà
44:5120 ans je crois
44:52quand vous arrivez
44:53dans le dossier
44:54voilà
44:55on était déjà
44:569 ans
44:57mais moi je pense
44:58qu'à un moment
44:59ou un autre
44:59il serait arrivé
45:00parce qu'en fait
45:01quand vous voyez
45:01autant d'efforts déployés
45:03ça ne peut être
45:04que récompensé
45:04ça ne peut que payer
45:07je suis convaincu
45:07que de toute façon
45:08si moi j'avais pas eu l'idée
45:09quelqu'un d'autre
45:10l'aurait eu
45:10pour la recherche
45:11de parentèle
45:11par exemple
45:12vous êtes modeste
45:13mais effectivement
45:13il valait mieux
45:14l'avoir tout de suite
45:15et vous l'avez eu
45:17aujourd'hui
45:19l'ADN
45:19etc
45:20on ne peut pas l'éviter
45:21dans une enquête
45:22c'est un passage
45:24quasiment obligatoire
45:26alors au même titre
45:27que tous les éléments
45:28de la criminalistique
45:30alors en plus
45:31c'est quelqu'un
45:31qui a vécu
45:31des empreintes génétiques
45:32qui dit ça
45:33mais l'ADN
45:34c'est un élément
45:35parmi d'autres
45:35en fait
45:37en effet
45:37il y a un focus
45:38médiatique dessus
45:39mais tout seul
45:40l'ADN ça marche pas
45:41c'est ça ?
45:41non
45:41il faut le prendre
45:42l'ADN est au service
45:44de l'enquête
45:44c'est un tout
45:45c'est à dire que
45:46pris isolément
45:46c'est pas forcément ça
45:48qui va vous aider
45:48à tout débloquer
45:49par contre
45:50pris avec tous les autres
45:51éléments d'enquête
45:52tous les autres éléments
45:53de la criminalistique
45:54par exemple
45:54les empreintes digitales
45:55les résultats d'autopsie
45:56que sache d'autre
45:57et bien oui
45:58ça peut apporter
45:58une information
45:59très intéressante
46:00qui peut aider
46:01à débloquer les dossiers
46:01histoire qui confirme aussi
46:03que finalement
46:04il faut jamais arrêter
46:05de chercher
46:06parce que parfois
46:07un dossier est refermé
46:08c'était pas le cas
46:09pour l'affaire Elodie Kulik
46:10et Dieu sait si le papa
46:11d'ailleurs on le salue encore
46:12parce que
46:13Jackie Kulik
46:14il s'est battu
46:15pour que ce dossier
46:15reste ouvert
46:16parfois il y a des non-lieux
46:17on ferme l'enquête
46:17etc
46:19voilà
46:19c'est bien la preuve
46:21qu'il faut toujours continuer
46:22c'est la preuve en effet
46:23qu'il faut persévérer
46:25voilà
46:25parce qu'après
46:26et puis surtout continuer
46:27je dirais
46:29en ayant l'esprit ouvert
46:30parce que les techniques
46:31d'il y a 20 ans
46:32ne sont pas les mêmes
46:33que celles d'aujourd'hui
46:34et à mon avis
46:35ce qui vous permet
46:35d'aller encore plus loin
46:37c'est de garder justement
46:38un esprit alerte
46:39évidemment
46:40et puis surtout
46:40d'être objectif
46:42par rapport aux éléments
46:42dont vous disposez
46:44on ne peut pas inventer
46:45les preuves
46:46voilà
46:46par contre
46:47celles qui sont là
46:48pourquoi pas
46:49les exploiter différemment
46:50vous étiez heureux
46:53lorsque les peines
46:54ont été prononcées
46:55heureux pour Jackie Kulik
46:56heureux pour la famille
46:57alors
46:58heureux au prononcé d'une peine
47:00alors ce sont des sentiments
47:01métigés
47:02c'est plutôt le sentiment
47:03d'avoir pu mener
47:04quelque chose jusqu'à son terme
47:06parce que bon
47:07quand je le mets en perspective
47:08avec d'autres affaires
47:09que j'ai eu à traiter
47:10toutes ne connaissent pas
47:11un dénouement judiciaire
47:12c'est-à-dire un procès
47:13pour les familles
47:14et donc là c'était une satisfaction
47:15évidemment personnelle
47:17et puis pour l'équipe d'enquête
47:18qui est allée jusqu'au bout
47:20merci beaucoup
47:22colonel Emmanuel Famouaï
47:24et Franck Hanson
47:25d'avoir été aujourd'hui
47:26les invités de l'heure du crime
47:27merci à l'équipe de l'émission
47:28rédactrice en chef
47:29Justine Vignot
47:30préparation Romain Diverès
47:32Valentine Bardet
47:33réalisation en direct
47:34Jonathan Griveaux
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