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  • il y a 6 heures
Regardez Les auditeurs ont la parole avec Amandine Bégot du 22 mai 2026.

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00:0312h30, 14h, RTL Midi, les auditeurs ont la parole.
00:07Avec Amandine Bégaud.
00:09Et à la une, l'OGC Nice qui condamne des comportements inacceptables.
00:13Ce sont ces mots après les violences d'incident d'hier soir impliquant plusieurs de ses supporters à Paris.
00:18Une centaine de supporters visiblement qui s'en sont pris, notamment à un bar qui a été complètement saccagé.
00:2665 personnes ont été interpellées, certaines avec des armes, des cagoules ou des gants coquets.
00:336 autres personnes ont été blessées.
00:36Le dispositif, bien sûr, sera ce soir renforcé autour du Stade de France, mais partout dans la capitale,
00:43en prévision de cette finale de la Coupe de France qui oppose Nice à Lens.
00:49La porte-parole de la préfecture de police de Paris nous indiquait d'ailleurs, il y a quelques minutes sur
00:54RTL,
00:55que 6 autres personnes avaient été interpellées ce matin à leur arrivée à Paris.
01:01Dans l'actualité également, Flavie Flamand qui a choisi RTL pour répondre à Patrick Bruel
01:06qui explique avoir eu avec elle une relation épisodique et consentie.
01:10Vous l'avez entendu, je n'ai jamais eu de relation sexuelle consentie avec Patrick Bruel,
01:16disait ce matin Flavie Flamand.
01:18Elle évoque aussi ce choc souvent qui fait que c'est extrêmement difficile de parler pour les victimes.
01:27Réponse à ceux qui s'interrogent, pourquoi une plainte si tardive ?
01:31On peut bien sûr y revenir avec vous et on va y revenir avec vous dans un instant.
01:36Les auditeurs ont la parole.
01:39Au rayon politique, on attend d'une minute à l'autre, sans doute,
01:42l'officialisation de la candidature de Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre
01:47qui est actuellement dans la Veyron et a priori, donc il devrait dire qu'il est bien candidat à la
01:53présidentielle.
01:54Pauline Thévenu aussi, il suit tout ça pour RTL et on la retrouvera bien sûr dès qu'annonce il y
02:00a,
02:00si, annonce il y a.
02:01Et puis à Roland-Garros, j'ai moins d'eux avant le début du premier tour
02:05et on va suivre de près Loïse Boisson, vous savez, la numéro 1 française
02:08qui nous avait fait briller l'an dernier en atteignant les demi-finales.
02:12Elle affrontera la 22e mondiale, arrive après un début de saison pour le moins compliqué,
02:17mais elle ne cache pas une certaine excitation.
02:20Isabelle Langer l'a rencontrée ce matin pour RTL.
02:23Oui, forcément, je suis hyper contente d'être ici, d'être de retour à Roland.
02:27Je pense que tous les ans, ce sera comme ça, c'est quand même un tournoi assez exceptionnel
02:30pour tous les Français, pour moi particulièrement, je me sens vraiment bien ici
02:34et c'est un tournoi qui me fait rêver, donc oui, forcément.
02:37Dans quel état d'esprit vous arrivez ici ?
02:39Parce que la saison n'a pas été facile, il y a eu beaucoup de blessures.
02:42Vous êtes comment mentalement ?
02:44Oui, le début de saison a été très, très compliqué.
02:46Je ne m'attendais pas à ça, honnêtement.
02:48Je m'attendais à tout l'inverse, à justement découvrir tous les nouveaux tournois,
02:52essayer de gagner le plus de matchs possibles.
02:54Ça n'a pas été le cas, je n'ai pas pu jouer.
02:56Donc très dur le début d'année, mais j'arrive aujourd'hui maintenant dans un état d'esprit
02:59où je sais que ça va, que c'est derrière moi et que maintenant, il n'y a que le
03:04meilleur qui peut arriver.
03:06Louis Boisson au micro, RTL d'Isabelle Langer, tout début de ce premier tour de Roland-Garros.
03:10Ce sera dimanche, à vivre bien sûr et à suivre sur RTL.
03:13Notre météo.
03:15Alors, Anthony, je voudrais déjà qu'on rappelle le programme du jour
03:19avec des températures, il faut bien le dire, extrêmement élevées.
03:22Notamment dans le quart sud-ouest avec 30 à 35 degrés prévus par Météo France.
03:26Température évidemment à l'ombre, 35 degrés à Dax et à Cahors,
03:2934 à Biarritz, 33 à Bordeaux, 32 à Toulouse ainsi qu'à Nantes.
03:34Ailleurs, c'est chaud aussi pour la saison avec 26 à 32 degrés,
03:3831 degrés à Montélimar, 30 à Lyon, 29 à Paris et à Strasbourg, 27 à Lille et à Brest.
03:43Et c'est du côté de Nice qu'il fait le moins chaud aujourd'hui, 23 degrés,
03:47parce qu'on a une petite brise marine qui rapporte un petit peu d'air, plus frais, en tout cas
03:51moins chaud.
03:52Le soleil domine partout, un ciel souvent tout bleu.
03:54On aura juste peut-être quelques plaques de grisailles côtières sur le nord de la Bretagne,
03:58vers les Bouches-du-Rhône et la Camargue.
04:00Bon, et pour ce week-end, on commence par demain déjà.
04:03Alors côté ciel, ce sera la même chose, souvent du tout bleu, un temps très ensoleillé,
04:06quelques bourgeonnements nuageux en montagne qui n'iront pas jusqu'à l'averse samedi.
04:11Mais en revanche, dimanche, on pourrait avoir quelques orages sur les Alpes et sur les Pyrénées.
04:16Ailleurs, un temps très sec, peut-être encore quelques grisailles côtières vers le Languedoc-Roussillon cette fois
04:20et vers le nord de la Bretagne toujours.
04:22Et puis les températures vont continuer à grimper.
04:25Demain après-midi, vous aurez 30 degrés à Lille, tout comme à Strasbourg et à Rouen.
04:3032 à Paris, à Bourges et à Limoges.
04:32Et encore des pointes à 34 à 35 degrés dans le sud-ouest.
04:36Le pic de chaleur, ce sera sur trois jours, sur les journées de dimanche, lundi et mardi.
04:41Là, nous aurons des moyennes de 32 à 33 degrés l'après-midi, au nord comme au sud.
04:46Et au lever du jour, on pourrait par endroit ne pas descendre sous les 20 degrés.
04:49Alors, on ne parle pas encore de canicule, on sera apparemment en dessous des seuils.
04:53Mais enfin, c'est quand même remarquable pour la saison et on va évidemment battre des records.
04:58Merci beaucoup, Anthony.
05:00Il est 13h05.
05:02Jusqu'à 14h
05:04Les auditeurs ont la parole
05:06Amandine Bégaud sur RTL
05:08Et pour commencer, on va tout de suite filer dans l'Aveyron, où nous attend Pauline Théveniot du service politique
05:14de RTL.
05:15Bonjour Pauline.
05:16Vous êtes à Mur de Barré, où Gabriel Attal est en ce moment en train de parler.
05:21Alors, candidat ou pas candidat ?
05:23Oui, alors la réponse est candidat.
05:27Évidemment, il est en train de se déclarer sur la place du village.
05:32Mur de Barré, de vénérable Baptiste de Pierre, un grand drapeau français.
05:37C'est dans ce décor de choix que Gabriel a décidé de prononcer les mots.
05:44Tout a été fait pour donner l'illusion de la spontanéité avec la complicité du maire Renaissance du village
05:49qui lui a posé la question et qui avait invité les habitants à débattre sans leur dire qu'il y
05:55aurait un invité surprise.
05:57Gabriel Attal, une mise en scène léchée pensée au millimètre Mur de Barré.
06:01C'est une victoire Renaissance au municipal, l'Aveyron millénaire, la France éternelle.
06:07Alors, c'est un peu cliché, mais l'idée, c'est de casser l'image d'un candidat très parisien
06:10et solitaire
06:11avec bientôt un bancaire républicain à Ligo et Saucisse.
06:16Bien sûr, elles sont en train de griller derrière moi la campagne.
06:18Elle sera lancée tout de suite après cette déclaration.
06:21Le site Internet est prêt, les vidéos de soutien aussi.
06:24Selon nos informations, l'équipe Attal a demandé à des députés d'en enregistrer par avance cette semaine.
06:29Désormais, promet son équipe, ça va être la campagne permanente.
06:32Et effectivement, Pauline, ces images de Gabriel Attal comme ça sur la place d'un village en Aveyron,
06:39elles me font penser, vous allez me dire si je me trompe,
06:41mais à ces bottes de paille aussi qu'il avait installées quand il était Premier ministre,
06:44qu'il était aux côtés des agriculteurs et qu'il avait voulu mettre en scène sa réponse.
06:49Oui, absolument, vous avez raison.
06:50C'est une mise en scène similaire à ce moment, ce discours qu'il avait prononcé
06:55pour répondre à la crise agricole.
06:59Là, je vous fais le décor autour de moi.
07:00C'est vraiment toute la place du village a été bloquée à la circulation.
07:04Les habitants ont été invités à s'installer sur des bancs des colliers.
07:09Et voilà, il vient de prononcer les mots.
07:11J'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République enlevée en direct.
07:16Vous entendez les applaudissements des habitants,
07:19mais aussi de son équipe qui est apparue très émue.
07:22Il se serrait dans les bras les uns les autres.
07:25Et il y a aussi des élus qui ont fait le déplacement.
07:29Je vous en cite quelques-uns.
07:30Franck Riester, Prisca Thévenot, qui sont des lieutenants de Gabriel Attal,
07:34pour faire notamment oublier que les ténors de son parti,
07:38Elisabeth Borne, Elbrun Pivet ou Aurore Berger, lui tendent le dos.
07:41Merci beaucoup, Pauline Thévenot.
07:43Ça y est, c'est donc officiel.
07:45Gabriel Attal, et vous venez de nous le faire vivre, Pauline, en direct sur RTL,
07:49est officiellement candidat à la présidence de la République.
07:52On va bien sûr y revenir avec vous, les auditeurs.
07:55On va commencer par Marc.
07:56Bonjour, Marc.
07:58Bonjour, Amandine.
08:00Vous nous appelez de Dijon, je crois.
08:02Absolument.
08:03Qu'est-ce que vous en pensez ?
08:05Ça vous surprend d'abord qu'ils se présentent ou pas ?
08:07Non, je ne suis absolument pas surpris.
08:10Tout ça, c'est de la...
08:11Si vous me permettez l'expression, de la magouille politique.
08:14C'est en fait, plus il y aura de candidats.
08:16Ils auront chacun un petit peu de voix.
08:18Ils pourront appeler ensuite légitimement leurs électeurs à se lier ensemble,
08:23comme ils l'ont fait, contre le Rassemblement national.
08:27Je trouve que Gabriel Attal n'a pas la stature pour être président.
08:33Il est passé par différents ministères.
08:35Il n'a pas fait d'étincelle, c'est le moins qu'on puisse dire.
08:38Aujourd'hui, cette mise en scène, on y est habitué.
08:42Je crois que ça sera exactement comme aux municipales et où ils appelleront, puisque le RN les effraie,
08:51ils appelleront à se rallier les uns aux autres contre l'extrême gauche et l'extrême droite.
08:59Vous avez fait déjà votre choix, vous Marc, pour cette présidentielle de 2027 ou vous attendez de voir ?
09:05Non, ce sera Rassemblement national, parce qu'on ne peut pas jeter l'opprobre sur un parti qu'on ne
09:15connaît pas.
09:16Les autres, on les connaît, on sait ce qu'ils font, on sait surtout ce qu'ils ne font pas.
09:20Et vous avez déjà voté pour le Rassemblement national, Marc, ou non ?
09:24Non, non, j'avais voté il y a dix ans pour M. Macron, parce que j'avais estimé que, pour
09:31la France, il nous fallait quelqu'un qui savait compter.
09:34Je me suis trompé, je n'ai pas voté pour M. Macron la deuxième fois, mais cette fois-ci, ma
09:41décision est prise, ainsi que celle de ma compagne.
09:44Nous voterons Rassemblement national, parce que pour nous...
09:48Déçu du macronisme, on l'entend.
09:50Voilà, déçu du macronisme. Si vous me permettez, Amandine, juste un petit mot.
09:55Je voudrais rendre hommage à un monsieur, un grand monsieur de la radio RTL.
10:00Je suis conducteur routier, et je voudrais rendre hommage à Max Meignet, bien sûr,
10:05qui a été une grande figure de RTL, et remercier RTL d'y avoir rendu hommage ce matin.
10:13Et je voudrais dire, parce que nous sommes très très nombreux à écouter RTL,
10:16et je voudrais dire à tous mes collègues qu'il y aura le 27 mai, sur une petite radio associative
10:23qui s'appelle Radio Port d'Albray, à Vieux-Boucaux, dans les Landes.
10:28Je salue son animateur Marc Duchâtelet et son équipe.
10:31Il y aura un hommage à 19h, qui sera rendu sur cette petite radio associative à Max Meignet.
10:38Et bien, le message est passé, Max Meignet, bien sûr, grande figure de RTL.
10:42On se souvient, vous, vous êtes nombreux à vous souvenir, des routiers sont sympas.
10:47Ils disparaissaient il y a 20 ans, jour pour jour, et c'est pour ça que vous lui rendez hommage.
10:52Marc, vous avez été nombreux à nous laisser des messages, on les écoutera d'ailleurs tout à l'heure.
10:55Merci beaucoup Marc, pour votre appel.
10:57On revient à Gabriel Attal, et écoutez ses mots, donc officiellement candidat.
11:02Je me suis forgé une conviction, conviction très forte, c'est qu'on a encore nos plus belles pages à
11:07écrire.
11:07On peut avoir des vies meilleures, condition de nous en donner les moyens.
11:11Alors oui, j'ai cette conviction, et oui, c'est pour toutes ces raisons,
11:13et c'est parce que j'aime profondément la France, et que j'aime profondément les Français,
11:16que oui, cher Pierre, j'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République.
11:23Les mots de Gabriel Attal, donc il y a quelques minutes seulement, dans l'Aveyron.
11:27Pierre, bonjour.
11:28Oui, bonjour.
11:29De Normandie.
11:31Vous n'êtes pas surpris ?
11:33Pas du tout, mais ça veut dire quoi ?
11:34Il vaut plus d'une trentaine.
11:36Mais c'est quoi cette politique-là ?
11:38Quand est-ce qu'on va réformer tout ça ?
11:39C'est la foire au grenier, c'est carrément un truc, on les a déjà vus,
11:43c'est comme un biomeuble qu'on ne veut plus, c'est-à-dire qu'on le met en vente.
11:46Il a 37 ans, il n'est pas si vieux.
11:48Oui, mais il a déjà été Premier ministre, pas si vieux que ça, il n'a pas fait demi-tour,
11:52il y a été.
11:53Donc ce qui donne à comprendre, c'est qu'il faut réformer la France et réformer la politique.
11:57M. Macron, il a un an, un an pour faire quelque chose.
12:00Il ne va rien faire, il va en Afrique, il va partout.
12:02C'est-à-dire, il va donner des milliards à tout le monde,
12:04et puis on a besoin de 8 milliards pour baisser le gasoil et puis ils ne le font pas.
12:07Donc automatiquement, il va falloir réformer cette politique-là.
12:10Mais qu'est-ce qui va se faire ?
12:11Moi, je vais me présenter aussi, j'ai peut-être essayé de tenter la chance,
12:14parce que là, c'est un désastre.
12:15C'est la foire au grenier, comme je l'ai dit.
12:17Vous avez un système en France qui est indépoulonnable.
12:19La gauche à droite, c'est entendu pour mettre M. Bardella,
12:23ne pas avoir la majorité aux députés.
12:25Vous savez pour qui vous allez voter, vous, Pierre ?
12:28Moi, je suis républicain, je vais vous dire en toute sincérité,
12:30mais j'ai été énormément déçu.
12:31Mme Pécresse a voté comédiste pour ne pas laisser passer un RN.
12:35M. Vautier, mais tout ça, c'est une politique de magouille, d'entente.
12:42C'est grave, le mot que je viens de dire, je peux le renlever.
12:45Mais en tout cas, ça vous agace, ce qui s'est passé,
12:49notamment après les législatives et dans certains cas municipales.
12:53Vous voterez qui, donc RN ?
12:55Je voterai RN, naturellement.
12:56Mais il faudrait faire, comme en Amérique, des primaires.
12:59Et puis tous les petits partis qui chamaillent,
13:01M. Attal va chamailler avec un autre, essayer ça.
13:04On va entendre ça à la télé pendant un an.
13:05Quel désastre, on va s'ennuyer de bonheur.
13:08Donc il faudrait faire des grandes primaires, comme en Amérique.
13:10Tous les petits partis, ils se mettent dans les primaires de gauche,
13:12tous les petits partis de droite, ils se mettent dans les primaires de droite.
13:15Ils font leur vote avant le grand jour.
13:17Et puis après, ils se mettent sur une base pour réformer la France.
13:20La France, c'est pas avec M. Attal qu'on va la réformer.
13:23On l'a eu au pouvoir, il n'a même pas parlé d'une trace de réformer.
13:26Mais il faut un réformateur comme Trump en Amérique.
13:28Si vous n'avez pas un réformateur,
13:30là, on ne va pas avoir de majorité encore aux députés
13:33quand il y aura un élu de tous ces messieurs, dames.
13:36Et bien, il n'y aura pas de majorité.
13:38On va retomber sur des trianglières.
13:39Il va falloir mettre une politique saine,
13:41mais pas une politique de tort en bouille comme ça.
13:43Merci beaucoup pour votre appel.
13:45Je voudrais qu'on entende également Philippe.
13:46Bonjour Philippe.
13:47Oui, bonjour.
13:48Vous, vous seriez prêt à voter pour Gabriel Attal ?
13:51Non.
13:52Non ?
13:53Honnêtement, non.
13:54Parce que, bon, en étant Premier ministre,
13:57il n'a pas été bon.
13:58Voilà, tout simplement.
13:59Et je ne pense pas que...
14:03Je pense qu'il parle beaucoup de son orientation personnelle
14:08que ça va faire avancer les choses.
14:11Il mélange trop le personnel avec le public
14:14et ça, c'est...
14:15Déjà, ça ne peut pas aller.
14:17Oui, son livre, tout ça, ça ne vous a pas plu ?
14:19Non, du tout.
14:21Il va trop dans le privé
14:22pour pouvoir faire quelque chose correctement dans le public.
14:26Merci beaucoup, Philippe, pour votre appel.
14:28J'ai aussi un SMS au 74 900 avec le mot midi
14:33d'un auditeur qui ne signe pas,
14:34mais qui dit « Si Gabriel Attal était mon fils,
14:37je lui dirai ceci.
14:38Pour l'Elysée, attends encore plusieurs années.
14:41Au mieux, tiens-toi prêt pour Matignon
14:43en cas de victoire de ton parti aux législatives
14:46quand elles viendront. »
14:48Voilà donc ce message.
14:50On aura bien sûr l'occasion très largement
14:52de revenir sur cette annonce de candidature
14:55dans les heures et dans les jours qui viennent sur RTL.
14:57Dans un tout petit instant, on va changer de sujet.
14:59Et vous avez été nombreux à réagir
15:02après ces mots de Flavie Flamand ce matin sur RTL.
15:05Elle l'a très bien expliqué.
15:06Le choc est souvent tel que c'est difficile
15:08pour les victimes de parler.
15:10Réponse à tous ceux qui s'interrogent.
15:12Pourquoi avoir attendu si longtemps,
15:14plus de 30 heures après les fêtes,
15:16pour déposer plainte ?
15:17On en parle dans un instant sur RTL.
15:19A tout de suite.
15:20Envoyez-nous vos messages sur l'application RTL
15:22ou appelez-nous au 3210.
15:2450 centimes la minute.
15:27Amandine Bégaud.
15:28RTL Midi.
15:29Les auditeurs ont la parole.
15:31Mon frère m'a violée de l'âge de 9 ans à 14 ans.
15:34J'ai osé ouvrir ma gueule à l'âge de 21 ans.
15:37Comme a dit mon père, ma grand-mère et mon grand-père,
15:40je détruis ma famille en ouvrant ma bouche.
15:43Eux ont détruit ma vie.
15:44Parler fait du bien.
15:45L'inconvénient, c'est qu'après, on se rend compte
15:47qu'on a tout détruit dans son environnement.
15:48On doit vivre.
15:49Donc, en plus d'être une victime,
15:51on devient ensuite un bourreau.
15:52Et je n'ai pas porté plainte contre mon frère.
15:54C'est con.
15:55Mais ça ne m'apportera pas grand-chose
15:57de détruire ses deux fils.
15:59Merci beaucoup à cet auditeur pour ce message extrêmement fort
16:04et qui répond très bien à tous ceux qui s'interrogent
16:08depuis plusieurs jours après la prise de parole de Flavie Flamand.
16:12Pourquoi parler si tard ?
16:15Pourquoi une plainte si tardive, plus de 30 ans après les faits ?
16:18Eh bien, on l'entend très bien avec cet auditeur.
16:20Le choc est souvent tel que c'est difficile pour les victimes de parler.
16:25Difficile aussi parce qu'il y a tout un tas de conséquences derrière.
16:29Bonjour Corinne.
16:31Bonjour Amandine.
16:32Et merci aussi infiniment à vous de prendre la parole.
16:35Je le disais, ce sont des sujets extrêmement délicats
16:38qui touchent bien sûr à l'intime.
16:41Vous, les victimes, ça remue sans doute plein de choses, bien sûr.
16:45Mais je pense que c'est vraiment nécessaire de vous entendre
16:48et de vous donner la parole.
16:50Corinne, vous entendiez à l'instant ce jeune homme
16:52qui nous a laissé ce message et ne nous a pas laissé son prénom
16:55dont je ne peux pas vous le donner, mais qui dit
16:57« J'ai détruit ma famille en ouvrant ma bouche ».
17:01Ça vous parle, ça Corinne, j'imagine ?
17:03Complètement, ça fait écho tout à fait à mon histoire
17:05et je le comprends parfaitement ce jeune homme.
17:09Effectivement, moi j'ai vécu exactement les mêmes choses
17:12après avoir été violée à 16 ans, par un oncle, par alliance.
17:18J'en ai parlé, j'avais 40 ans, donc 24 ans après,
17:23tout d'abord auprès de mon mari qui m'a conseillé évidemment
17:26de consulter ce que j'ai fait et chemin faisant,
17:29ce psychologue m'a dit qu'il fallait absolument
17:31que j'en parle autour de moi, ce que j'ai fait.
17:34Et là, c'était la double peine car l'on ne m'a pas cru.
17:38L'on m'a accusée de venir mettre le bazar dans une famille
17:41qui paraissait formidable ou tout allait très très bien.
17:46Donc effectivement, c'est vraiment très très très difficile après
17:50d'être victime et de devenir coupable.
17:53À qui ? Vous avez eu ce sentiment-là ?
17:55De devenir coupable ?
17:58Ah mais complètement.
17:59Mais oui.
18:00Et coupable de quoi Corinne ?
18:02Eh bien, coupable de faire, oui, d'envoyer un pavé
18:08dans la mare, dans cette famille.
18:11De mettre le bazar dans une famille, en gros.
18:13C'est ça, exactement.
18:16Vous dites, je n'en ai pas parlé pendant 24 ans.
18:21Vous n'en avez pas parlé et vous avez vécu avec.
18:25Est-ce que vous aviez conscience de ce qui s'était passé
18:27ou est-ce que vous avez fait une sorte de blackout total
18:31et puis c'est revenu ?
18:33Eh bien, au tout début, j'ai été emprise d'une honte abyssale.
18:38J'étais convaincue que j'avais fait quelque chose
18:40pour que cela m'arrive.
18:42Et puis ensuite, petit à petit, effectivement,
18:45je me suis renfermée, comme le dit très bien Madame Flamand.
18:48Vraiment, ce qu'elle décrit, c'est exactement ce que j'ai ressenti.
18:53Et après, effectivement, j'ai eu un blackout
18:55pendant de très nombreuses années.
18:57Et les choses sont remontées à la surface
18:59par des films, par des odeurs,
19:04par des expressions de visage de certaines personnes.
19:07Et puis, bien évidemment, avec après le travail
19:10avec cette psychologue qui m'a vraiment m'a sauvée.
19:13Vous a sauvée parce que ça aurait pu vraiment vous anéantir ?
19:18Non, mais complètement.
19:19Parce que non seulement psychiquement, j'allais mal,
19:21mais physiquement, j'ai beaucoup somatisé.
19:23J'ai eu des diverses soucis de santé
19:26qui, après avoir évoqué toute cette histoire,
19:32ont montré qu'il y avait beaucoup de liens
19:33du fait que je n'avais pas parlé
19:35et que mon corps lui parlait.
19:37Et ça, je suis convaincue, convaincue
19:40que mes soucis de santé ont été vraiment en lien
19:43avec toute cette histoire.
19:45Corinne, cet oncle par alliance,
19:46vous avez continué à le voir ?
19:48Alors, au début, oui.
19:50Il s'avère que ma tante et cet homme se sont séparés.
19:56Et quand j'en ai parlé, donc bien longtemps après,
19:59je l'ai recherché.
20:00Je ne l'ai pas retrouvé.
20:03J'ai vraiment, mais j'ai battu,
20:05campagne de tout ce que je pouvais faire
20:07pour essayer de le retrouver.
20:08Et j'ai appris qu'il était décédé.
20:11Et c'est pour ça que vous n'avez pas porté plainte
20:13ou de toute façon, vous n'auriez pas porté plainte ?
20:15Non, ben oui.
20:16Ben non.
20:17Vous en avez parlé, vous disiez d'abord à votre mari
20:20qui vous a cru, qui vous a orienté
20:22et vers ce psychologue qui, après, vous a accompagné.
20:27Vous en avez parlé à vos parents ?
20:30Ah oui, bien sûr.
20:31Et eux non plus ne vous ont pas cru ?
20:34Non.
20:35Disons qu'ils ne m'ont pas dit directement
20:38qu'ils ne me croyaient pas.
20:39Mais comment ça ?
20:41Mais ce n'est pas possible.
20:42Mais quand ?
20:43À quel moment ?
20:44Mais non, mais non.
20:45Vous voyez, c'était...
20:47Après, ça leur envoyait aussi
20:50de leur responsabilité
20:52de ne pas m'avoir protégée.
20:54Bien sûr, et avec une certaine culpabilité, j'imagine.
20:55C'est cela.
20:56C'est qu'après, chacun reçoit cela
20:59et qu'est-ce que je fais de ça, quoi ?
21:01Et vous évoquiez effectivement
21:02cette double peine pour ces victimes qui parlent.
21:05Ah oui.
21:07Ah oui, c'est terrible ce que j'entends actuellement.
21:09Je pense vraiment à toutes ces femmes,
21:11à ces hommes également.
21:12Bien sûr.
21:12Parce que les hommes sont concernés également.
21:15Mais c'est terrible.
21:16Mais pourquoi irions-nous raconter de telles horreurs ?
21:20Mais pourquoi ?
21:22Ah non, ça c'est vraiment...
21:23C'est terrible, terrible, terrible ce qui se passe.
21:26Corine, vous aviez...
21:27Je soutiens vraiment Mme Flamand,
21:29ainsi que toutes les autres,
21:30parce qu'elle est médiatisée, bien évidemment.
21:32Mais moi, je les crois.
21:34Corine, vous aviez 16 ans, vous le rappeliez,
21:36vous avez parlé à l'âge de 40 ans.
21:38Vous avez quel âge aujourd'hui ?
21:40J'ai 64 ans.
21:41Et comment ça va aujourd'hui ?
21:43Est-ce que vous vous sentez...
21:45Eh bien, écoutez, j'ai beaucoup travaillé,
21:47bien évidemment, sur moi,
21:49surtout avec le psychologue, encore une fois.
21:52Je vous avoue que j'ai bien eu des difficultés
21:54avec des relations masculines.
21:56Bien sûr.
21:56Ça a aussi influé beaucoup de choses.
22:00Et actuellement, je vis seule depuis bien longtemps.
22:04Et voilà, je suis heureuse, je suis bien.
22:08Mais je vis seule.
22:09J'avoue que la confiance envers les hommes,
22:12c'était toujours très compliqué pour moi.
22:14Qu'est-ce que vous auriez envie de dire ?
22:16Et encore une fois, je vous remercie infiniment
22:18pour ce témoignage.
22:19Vous disiez tout à l'heure, en écoutant Flavie Flamand,
22:21je me suis reconnue dans plein de choses
22:23et ce qu'elle dit est très vrai.
22:24J'imagine qu'il y a plein de gens
22:26qui nous écoutent et qui se reconnaissent aussi
22:28dans votre témoignage, Corinne.
22:29Qu'est-ce que vous auriez envie de dire
22:31à ceux ou celles qui ont été victimes
22:34et qui n'ont pas encore parlé,
22:36qui redoutent de prendre la parole ?
22:39Eh bien, je dirais qu'elle s'essaie
22:42de s'adresser à la personne
22:44en qui elles ont le plus confiance,
22:46un ami, un collègue,
22:49qu'elle s'essaie absolument
22:50de s'adresser à quelqu'un de confiance
22:52et puis de consulter,
22:53d'aller voir des professionnels,
22:55un professionnel, un lieu neutre
22:57où l'on peut tout dire
22:58et ces personnes sauront
23:01les aider.
23:02C'est certain.
23:02On se rapprochait d'une association,
23:04mais il faut à tout prix parler.
23:06Il faut que ça s'arrête, tout ça.
23:07Il faut parler.
23:08Ce n'est pas possible.
23:10Ce n'est pas possible.
23:12Merci beaucoup, Corinne,
23:13pour votre témoignage.
23:14On va accueillir Thérèse.
23:15Bonjour, Thérèse.
23:16Oui, bonjour.
23:18Donc, oui, je suis Thérèse.
23:20J'habite en Bretagne.
23:22J'ai 64, bientôt 65 ans.
23:25J'ai été victime, comme Corinne,
23:27d'abus sexuels de la part
23:28de deux de mes frères
23:29durant ma jeune enfance
23:31jusqu'à mon adolescence.
23:33Je savais.
23:35Je savais que ce que j'avais vécu,
23:37ce n'était pas normal,
23:39mais très tard.
23:40Et j'ai mis un grand mouchoir
23:42sur ma poche,
23:42comme on m'a demandé de le faire.
23:45C'est-à-dire que vous saviez...
23:46Pardon, je vous interromps, Thérèse.
23:47Non, je vous en prie.
23:48Vous saviez que ça se passe...
23:49Vous avez moins de 10 ans, je crois.
23:51Oui, c'est ça.
23:52Et donc, vous saviez
23:53que ce n'était pas normal
23:53à ce moment-là ?
23:54Non, pas du tout.
23:55Non, non.
23:56J'ai pris conscience.
23:57Quand on a commencé,
23:58on parlait dans les années 80,
24:0084.
24:01Et là, je me suis dit...
24:02Ah !
24:03J'ai lu un livre de Villiers,
24:06du fils de Villiers
24:07qui accusait son fils
24:08était Tais-toi et pardonne,
24:10le titre du livre.
24:11Et quand j'ai lu ce livre,
24:13ça m'a fait une grande claque,
24:15si vous voulez.
24:16Mais j'étais jeune maman
24:19de deux enfants.
24:20J'étais dans la vie.
24:23Et j'ai mis ça...
24:25Mon cerveau a dit
24:26on verra ça plus tard.
24:27Sauf qu'on verra ça plus tard,
24:29ça s'est réveillé
24:30quand j'ai eu 58 ans à peu près.
24:32Ah oui, effectivement.
24:33Donc vous n'avez presque
24:34pas parlé pendant 50 ans.
24:37C'est ça.
24:37C'est-à-dire que j'en parlais
24:38à mes neveux et nièces
24:40en disant
24:40faites attention
24:41à votre oncle,
24:43soyez prudents,
24:44soyez vigilants,
24:45soyez...
24:45Voilà.
24:46Je vais parler
24:47à l'autre génération en fait.
24:49Mais vous n'avez jamais dit
24:50il m'a fait ça.
24:52J'ai dit,
24:52si, si.
24:53J'ai dit à mes neveux...
24:53Ah si, si.
24:54J'ai dit
24:55voilà ce qui s'est passé,
24:56méfiez-vous.
24:57Enfin bon...
24:58Qu'est-ce qu'il vous disait ?
24:59Alors mes nièces
25:00étaient un peu jeunes
25:01et je crois que quelque part
25:02je les ai un peu perturbés
25:04peut-être par ça
25:05parce qu'on n'en parlait pas assez.
25:07Quand j'en ai parlé
25:09en 2012
25:10au décès de mon papa,
25:12j'ai pris mon frère
25:14entre quatre yeux
25:14et je lui ai dit
25:15écoute,
25:16je t'ai écrit une lettre,
25:18qu'est-ce que...
25:18Il m'a pas répondu
25:19et il m'a dit
25:20je ne te laisse pas
25:20d'écrit derrière moi.
25:23Et de toute façon
25:24je n'étais pas tout seul.
25:26Oui, effectivement.
25:27J'ai eu deux de mes frères,
25:28un beau frère.
25:30J'étais transformée
25:31en objet sexuel
25:32au milieu de cette famille
25:33si vous voulez.
25:34Mais c'est abominable
25:34pardon Thérèse
25:35que vous nous racontez
25:36et vos parents n'ont rien vu ?
25:38Non, mes parents...
25:39Alors ce qu'il faut savoir
25:39c'est que moi
25:40je suis d'une famille
25:41très nombreuse.
25:42Je suis la onzième
25:43de douze enfants.
25:44Donc mes parents
25:44avaient quand même
25:45un certain âge.
25:47Ils étaient plus occupés
25:48par mon frère handicapé
25:50qui était...
25:50Mon frère aîné
25:51qui était handicapé
25:52et ça je n'en veux pas,
25:53je ne juge pas.
25:54La seule chose
25:55que je remercie
25:56c'est ma maman
25:57très tard
25:58quand je lui ai dit
25:59qu'elle devait avoir
25:59plus de 90 ans
26:00je lui ai dit
26:01écoute maman
26:01voilà pourquoi
26:02je ne veux pas parler
26:03à tel frère
26:05et elle m'a dit
26:06elle a pleuré avec moi
26:07et elle m'a dit
26:08si papa avait su ça
26:09les choses ne seraient pas passées
26:10et j'ai regretté après
26:11de ne pas en avoir parlé
26:13à papa
26:14mais c'était trop tard.
26:16C'était trop tard.
26:17Moi je me suis exclue
26:18de la famille
26:18c'est-à-dire
26:19je n'ai pas fêté
26:20les 90 ans de maman
26:21je n'ai pas fêté
26:22les 100 ans de maman
26:22parce qu'eux étaient là.
26:26Une double peine
26:27encore une fois Thérèse
26:28c'est ce que disait
26:29Corinne
26:30c'est ce que disait
26:31aussi le précédent auditeur.
26:33Thérèse
26:33votre témoignage
26:34il est saisissant
26:36restez avec nous
26:37si vous le voulez bien
26:38on va continuer
26:39à échanger avec vous
26:40donner la parole
26:40aussi à d'autres.
26:43Encore une fois
26:44c'est un sujet
26:44extrêmement délicat
26:45qui touche
26:47à l'intime
26:48mais c'est important
26:50important pour ceux
26:51et celles qui nous écoutent
26:52et qui n'auraient pas
26:52encore parlé.
26:53On va se retrouver
26:54dans un tout petit instant
26:55et on te revoit aussi
26:56Jean-Alphonse Richard
26:57à tout de suite.
27:02Toute la journée
27:03RTL vous accompagne
27:08Amandine Bégaud
27:09RTL Midi
27:10les auditeurs ont la parole
27:13Et on continue
27:14dans un tout petit instant
27:14avec vous les auditeurs
27:15à évoquer
27:18la difficulté
27:19de prendre la parole
27:20quand on a été
27:20victime de violences sexuelles
27:22on essaye en fait
27:23de répondre
27:24à tous ceux d'entre vous
27:25qui s'interrogent
27:26pourquoi elles mettent
27:27tant de temps
27:28à parler
27:28pourquoi des plaintes
27:29si tardives
27:30l'affaire Patrick Bruel
27:33a relancé
27:34toutes ces questions
27:36et je vous appelle
27:37bien sûr
27:38à témoigner
27:39si vous avez vous-même
27:40été victime
27:41de ces violences
27:41que vous avez attendu
27:42des années et des années
27:43pour parler
27:44comme Thérèse
27:45qui est avec nous
27:45vous pouvez
27:46prendre la parole
27:47sur RTL
27:47de façon anonyme
27:48on peut changer
27:48votre prénom
27:49sans aucun problème
27:50bien sûr
27:51si ça vous pose
27:52problème
27:52vous nous appelez
27:54au 3210
27:55à 14h
27:56vous aurez le rendez-vous
27:57comme chaque jour
27:57avec Jean-Alphonse Richard
27:59bonjour mon cher Jean-Alphonse
28:00bonjour Amandine
28:01l'heure du crime
28:01et aujourd'hui vous revenez
28:02sur une affaire
28:03dont on a beaucoup parlé
28:04l'affaire Elodie Culic
28:06mais vous allez nous expliquer
28:07à quel point les experts
28:08ont été décisifs
28:09dans ce dossier
28:10c'est tout à fait ça
28:11Elodie Culic
28:11on s'en souvient
28:1224 ans
28:13c'était la plus jeune
28:14directrice
28:15d'une agence bancaire
28:16en France
28:17tuée
28:17violée
28:18en janvier 2022
28:19on se souvient
28:20de son appel au secours
28:21terrifiant
28:21au téléphone
28:227 minutes
28:23où on l'entend mourir
28:24et aujourd'hui
28:25dans l'heure du crime
28:25je vous raconte
28:26comment les experts
28:27ont résolu
28:28cette interminable enquête
28:3020 ans d'enquête
28:31c'est très très long
28:32d'abord l'analyse
28:33de l'appel au secours
28:34la voie
28:34la fameuse voie
28:35qui va être exploitée
28:36et puis
28:37un étonnant
28:38rapprochement
28:39ADN
28:40et là
28:40on est allé très loin
28:41c'est une première en France
28:42je reçois pour cela
28:43le colonel Emmanuel
28:45Fahmouaï
28:45c'est lui
28:46qui a vraiment
28:47débloqué cette affaire
28:48c'est lui
28:49qui a ouvert la porte
28:50à la vérité
28:51il en parle pour la première fois
28:53sur la longueur
28:54donc ça va être très intéressant
28:55Elodie Culic
28:56quand les experts
28:58trouvent
28:58l'heure du crime
29:0014h
29:00à tout à l'heure
29:01Jean-Alphonse
29:02il est 13h33
29:0512h30
29:0614h
29:06RTL midi
29:07les auditeurs ont la parole
29:09avec Amandine Bégaud
29:10j'ai été violée
29:12à l'âge de 11 ans et demi
29:14et en effet
29:15j'ai pu en parler
29:16seulement 50 ans après
29:18donc
29:19les personnes
29:20qui ne comprennent pas
29:21qu'on n'en parle pas
29:22tout de suite
29:23ça m'insupporte
29:24c'est insupportable
29:26et voilà ce message
29:27qu'on a reçu
29:28au 30 de 10
29:31on évoque
29:32effectivement
29:32toutes ces questions
29:33que vous êtes nombreux
29:35à nous avoir signalées
29:36après
29:37la plainte
29:38notamment de Flavie Flamand
29:39contre Patrick Bruel
29:40pourquoi une plainte
29:41si tardive
29:42plus de 30 ans
29:42après l'effet
29:43Flavie Flamand
29:44l'a très bien expliqué
29:45ce matin
29:45sur RTL
29:46le choc est souvent
29:47tel
29:48que c'est difficile
29:48pour les victimes
29:49de parler
29:50et c'est aussi
29:51ce que vous nous dites
29:52Corinne est toujours
29:53avec nous
29:53Thérèse également
29:54Thérèse je vous ai
29:56interrompue
29:56tout à l'heure
29:58je rappelle
29:59pour les auditeurs
30:00qui viendraient
30:01de nous rejoindre
30:01vous avez bientôt
30:0265 ans
30:04vous avez été
30:05victime d'inceste
30:06abusé notamment
30:07par deux de vos frères
30:09quand vous étiez
30:10petite
30:10moins de 10 ans
30:11et finalement
30:13vous avez attendu
30:14des années et des années
30:15la mémoire
30:15dites-vous
30:16mais revenue
30:16vers 58 ans
30:18c'est ça
30:19tout à fait
30:19comment Thérèse
30:21on vit
30:2350 ans
30:25sans dire
30:27et bien
30:28ça nous ronge
30:29ça nous ronge
30:30et tout un coup
30:32notre corps
30:32se rappelle à nous
30:33alors moi
30:34ça s'est caractérisé
30:35par des crises d'angoisse
30:37des vomissements
30:39un tempestif
30:39pour tout
30:40pour rien
30:41et en fait
30:43je pensais même
30:44à un cancer
30:44de l'estomac
30:45et en fait
30:45non
30:46c'est juste mon corps
30:46qui me disait
30:47il y a quelque chose
30:47qui n'est pas digéré
30:48
30:48il va falloir le traiter
30:50et c'est ce que j'ai fait
30:52j'ai fait 6 ans
30:52de psychothérapie
30:536 ans de psychothérapie
30:55là je viens de faire
30:56de l'EMDR
30:58en janvier-février
30:59
31:00dernièrement
31:00qui m'ont
31:01vraiment bien boostée
31:02tombée sur une excellente
31:05psychothérapeute
31:05et franchement
31:06ça m'a fait du bien
31:07mais je suis toujours
31:08sous anxiolytique
31:09antidépresseur
31:10enfin c'est
31:11c'est catastrophique
31:12je ne peux plus prendre
31:12mes enfants
31:13mes petits-enfants
31:14parce que je suis en hyper-vigilance
31:16j'ai développé une hyper-vigilance
31:17qui me
31:18qui fatigue mon cerveau
31:19parce qu'au cours d'une fête
31:21je suis toujours à regarder
31:22où sont mes enfants
31:23mes petits-enfants
31:25enfin pas mes enfants
31:26parce qu'ils sont grands
31:26mes petits-enfants
31:27tous les petits
31:28les checker
31:29savoir où ils sont
31:30avec qui ils sont
31:31si je ne connais pas les personnes
31:32c'est une horreur
31:33je passe des journées
31:34horribles
31:36dernièrement
31:37ma soeur a fait
31:39une invitation
31:39à beaucoup de mes frères et soeurs
31:41pour fêter
31:42les 50 ans
31:42je n'ai pas été invitée
31:43parce qu'on m'a dit
31:44on voulait passer
31:45une journée tranquille
31:47donc c'est moi
31:48la mauvaise bête
31:48quoi
31:49donc ça a été
31:50très violent
31:51mais
31:52il faut parler
31:52il faut parler
31:53et
31:54malgré tout ça
31:55vous dites
31:56aux victimes
31:57il faut parler
31:58oui parce que
31:59le corps
31:59il se souvient
32:00et le corps
32:01va vous rappeler des choses
32:02vous aurez une odeur
32:03vous aurez une musique
32:05vous aurez
32:05quelque chose
32:07je suis allée
32:07chez mon frère dormir
32:08qui vit dans la maison
32:10où je vivais
32:11quand j'étais petite
32:12je suis rentrée
32:14dans cette chambre
32:14il s'est passé
32:16quelque chose
32:16dans cette chambre
32:17je ne sais pas
32:17ce qui s'est passé
32:18mais j'étais incapable
32:19de dormir dans cette chambre
32:20j'ai été prise de vomissant
32:22ça a été terrible
32:23je n'ai pas pu dormir
32:25dans cette chambre
32:25mon corps
32:26mon cerveau
32:27se souvient
32:28c'est juste une horreur
32:30Thérèse
32:30vous avez songé
32:31à un moment
32:32à porter plainte
32:33c'est fait
32:34c'est fait
32:34vous avez porté plainte
32:35j'ai porté plainte
32:36mais de toute façon
32:37il y a prescription
32:38la seule chose
32:39qu'ils cherchent
32:39je pense
32:39c'est des
32:42des personnes
32:43qui auraient été victimes
32:44de ces mêmes personnes
32:46et dont les faits
32:47ne seraient pas prescrits
32:48et vous pensez que ces hommes
32:51et donc vous parlez
32:52de vos frères
32:54ont violé
32:55agressé
32:56d'autres
32:56d'autres petites filles
32:58d'autres jeunes femmes
32:59je ne sais pas
32:59je ne sais pas
33:00je ne peux pas dire
33:02je pense
33:03ma cousine
33:03quand elle a été entendue
33:05au moment de l'enquête
33:07elle a aussi porté plainte
33:09parce que
33:09un de mes agresseurs
33:11avait des
33:11il y avait eu
33:12des gestes
33:14qui l'avaient choqué
33:15étant petite
33:16et sachant mon histoire
33:17elle s'est permis
33:18de porter plainte aussi
33:19et entre femmes
33:20de la famille
33:21vous n'en avez pas parlé
33:22entre vous
33:23j'ai trois soeurs
33:24j'ai trois soeurs
33:25et dont une a été victime
33:28elle a préféré se taire
33:30et elle a fait un cancer du sein
33:31et je pense que
33:32ce n'est pas anodin
33:33c'est vraiment
33:34je pense que
33:34ce n'est pas anodin
33:35et les deux autres
33:36une a voulu prendre mon parti
33:38mais c'était comme
33:39c'était très malfin
33:41sa façon de prendre mon parti
33:42et la troisième
33:43je pense que
33:44psychologiquement
33:45c'était très très dur
33:46et elle a préféré
33:48voilà
33:49on n'était pas là
33:50on n'a pas vu
33:51on ne sait pas
33:51voilà
33:52c'est toi et pardonne
33:54en quelque sorte
33:54voilà
33:55merci beaucoup
33:56Thérèse
33:57pour ce témoignage
33:58allez-y
33:58je voulais juste parler
33:59d'une association
34:00qui s'appelle
34:00Mon Petit Loup
34:02c'est une association
34:03que Nicolas Pulluen
34:05a lancée
34:06et c'est un groupement
34:07d'artistes
34:07il y a
34:08comment
34:10les méritats mitsuk
34:11enfin pas
34:11l'arita mitsuk
34:12bien sûr
34:13mais Oldelaf
34:13beaucoup de personnes
34:14qui en font partie
34:15et il faut vraiment
34:16les soutenir
34:17parce que c'est une belle
34:17association
34:18c'est retrouvé à Saint-Brieuc
34:19ça a été une ambiance
34:20des plus sympas
34:22des plus
34:22pour les victimes
34:23de violences sexuelles
34:24oui voilà
34:25parce que Nicolas Pulluen
34:26a écrit des livres
34:27sur ce qui lui est arrivé
34:28quand il était petit
34:29et il a fait un livre-dix
34:31de la lutte contre
34:32les violences sexuelles
34:33avec Didier Ventas
34:35Minibus
34:37Catherine Ringer
34:38enfin plein plein plein
34:39les orcs de barbac
34:40plein plein plein
34:41d'artistes
34:43ça peut être une aide aussi
34:44j'imagine
34:44pour ceux et celles
34:46qui nous écoutent
34:46et qui auraient besoin
34:47de parler
34:47et qui ne l'ont pas encore fait
34:48mon petit loup
34:49donc l'association
34:50mon petit loup
34:51l'association
34:51mon petit loup
34:52merci beaucoup
34:53merci beaucoup Thérèse
34:55dans un tout petit instant
34:56on va accueillir Claire
34:57bonjour Claire
34:58oui bonjour
34:59j'imagine que tout ce qu'on a entendu
35:01vous parle
35:03vous vous avez été victime
35:05d'un de vos coachs de sport
35:07vous n'en avez parlé
35:08à personne
35:09vous parlez de blackout
35:11à l'époque
35:12on va y revenir
35:12dans un tout petit instant
35:13à tout de suite
35:14contactez-nous gratuitement
35:15via l'appli RTL
35:16ou au 30 de 10
35:1750 centimes la minute
35:21jusqu'à 14 heures
35:23les auditeurs ont la parole
35:25Amandine Bégaud sur RTL
35:28moi j'ai 74 ans
35:29j'ai été violée
35:30à l'âge de 16 ans
35:31et je n'ai toujours pas
35:33porté plainte
35:34parce que
35:35j'estime que
35:36le fait de porter plainte
35:37c'est une violence
35:38supplémentaire
35:39les classements
35:40sans suite
35:41s'en est une autre
35:42je voulais témoigner
35:43en disant que
35:44malheureusement
35:46beaucoup de femmes
35:47sont victimes
35:48et n'osent pas
35:49le dévoiler
35:50le message de
35:52Martine au 30 de 10
35:53Martine qu'on va retrouver
35:54dans quelques instants
35:55et vous êtes
35:56très nombreux
35:57à réagir
35:59après les propos
36:00ce matin de Flavie Flamand
36:01qui a très bien expliqué
36:02pourquoi
36:03bon nombre de victimes
36:05met beaucoup de temps
36:05à parler
36:06beaucoup de temps
36:07à porter plainte
36:08parfois
36:0930, 40, 50 ans
36:11après les fêtes
36:11Thérèse par exemple
36:12qui nous expliquait
36:13tout à l'heure
36:14qu'elle avait mis
36:1550 ans à parler
36:16on va accueillir
36:17à présent Claire
36:18bonjour Claire
36:19bonjour Amandine
36:20vous êtes toute jeune
36:21vous
36:22oui 25 ans
36:23en effet
36:2425 ans
36:24racontez-nous
36:25ce qui vous est arrivé
36:26Claire
36:26et bien
36:27j'ai commencé
36:28à jouer au hand
36:29dans un nouveau club
36:30nouvelle personne
36:31nouvelle équipe
36:32etc
36:32et j'avais commencé
36:34comme je suis de fin d'année
36:35j'avais 14 ans
36:36quand j'ai commencé là-bas
36:37et puis
36:38des violences sexuelles
36:39ont commencé
36:40à partir du moment
36:41où j'avais 15 ans
36:42bien sûr
36:42et ça a duré
36:45tout le reste
36:45de la saison
36:47donc j'ai quitté
36:48enfin j'ai changé de club
36:49par la suite
36:51j'ai fui
36:52vraiment
36:52le plus vite
36:53que je pouvais
36:54vous n'en avez parlé
36:55à personne
36:55pas à vos parents
36:57personne
36:57j'ai vraiment
36:58gardé ça pour moi
36:59même pas
37:00mes amis
37:01rien
37:01parce qu'à ce moment-là
37:02c'était
37:04en fait
37:04les seules qui pouvaient
37:05s'en rendre compte
37:05étaient les filles
37:06qui jouaient avec moi
37:07mais elles pouvaient avoir
37:08quand elles voyaient
37:09justement que lui
37:10était plus dans la drague
37:10etc
37:11pouvaient avoir
37:11l'amour n'a pas d'âge
37:13voyons tout va bien
37:15enfin laisse-toi aller
37:16tout va bien
37:16sauf que personne
37:17ne savait ce qui se passait
37:18derrière
37:19et ça
37:20en fait
37:21c'était trop honteux
37:22pour moi
37:23d'en parler
37:24et d'exprimer ça
37:25à qui que ce soit
37:26et encore moins
37:27mes parents
37:28qui
37:30en fait
37:31mon père
37:31est policier de profession
37:32donc je sais que
37:34j'avais trop peur
37:36même de leurs réactions
37:36du regard
37:37qu'ils allaient avoir
37:38sur moi
37:39et puis
37:40et puis
37:41voilà
37:42donc vous avez
37:44vous allez passer cette année
37:45vous changez de club
37:46c'est ça
37:47et qu'est-ce qui se passe
37:48ensuite ?
37:49en fait
37:50je change de club
37:51je me mets rapidement
37:52en plus avec quelqu'un
37:53qui a un an de plus que moi
37:55mais qui est à peu près
37:56de mon âge
37:56et en fait
37:57pareil
37:57mon cerveau fait ce blackout
37:59c'est-à-dire que du coup
38:01toutes les années qui suivent
38:02tout se passe bien
38:03enfin
38:04c'est ce que moi je me dis
38:05mais inconsciemment
38:06c'est pareil
38:07c'est clair
38:08et là je vais vous poser
38:09des questions qui sont
38:10assez précises
38:11parce qu'en plus
38:13ça fait dix ans
38:14donc c'est plutôt
38:15assez proche en tout cas
38:16dans le temps
38:17par rapport notamment
38:18à Corinne et Thérèse
38:19qui nous ont parlé
38:19tout à l'heure
38:20on était avec une psychologue
38:21qui disait
38:23on analyse
38:25la réaction de personnes
38:27victimes de violences sexuelles
38:28avec le cerveau
38:29d'une personne
38:29qui n'a pas connu
38:30ce choc traumatique
38:31et du coup je pense
38:32à tous ceux qui nous écoutent
38:33et qui effectivement
38:35ont heureusement pour eux
38:38jamais connu ça
38:39donc moi
38:40j'ai du mal à comprendre
38:42comment un cerveau
38:43peut se bloquer
38:44après un tel choc
38:46vous dites
38:46j'en avais conscience
38:47je ne voulais pas
38:48aller parler à mon père
38:49qui est policier
38:50qu'est-ce que
38:51vous avez le sentiment
38:52que vous mettez ça
38:53sous le tapis
38:53ou que ça se fait
38:54vraiment de façon inconsciente
38:56en fait
38:57à ce moment-là
38:58j'ai pas forcément conscience
38:59parce que c'est mes premières
39:00en plus
39:01c'est ma première relation sexuelle
39:02pour moi
39:03à ce moment-là
39:04c'est un peu la normalité
39:05entre guillemets
39:07mais d'un autre côté
39:08j'ai quand même encore
39:09un peu ce recul
39:10qui me dit
39:11quand même
39:1210 ans de plus
39:13à ce moment-là
39:13le coach avait 10 ans
39:14de plus que moi
39:16ce n'est pas normal
39:17ce n'est pas normal
39:18vous ne vouloyez pas Claire ?
39:20non en effet
39:21je ne voulais pas
39:21j'exprimais le fait
39:23de ne pas vouloir
39:24et puis en fait
39:25ça continuait
39:26et par la suite
39:26vraiment
39:27on est
39:28j'étais passive
39:29je laissais le temps passer
39:31je laissais le temps faire
39:32comme si c'était
39:33une fatalité
39:34voilà
39:36ce blackout
39:37dont vous parlez
39:38après
39:38ça dure combien de temps ?
39:40ce blackout
39:40il dure jusqu'à 2023
39:42et par rapport
39:44justement à Thérèse
39:45qui disait
39:45elle que ça lui est revenu
39:47par des odeurs
39:48des ci et ça
39:49en fait moi
39:49c'est parce que justement
39:50cet ancien coach
39:51m'a recontactée
39:52il m'a envoyé un message
39:54en me disant
39:54salut je pense à toi
39:55comme ça
39:56sorti de son contexte
39:58et je ne m'attendais pas
40:00à ce message
40:00et quand je l'ai reçu
40:01ben là on voit
40:02les anciennes discussions
40:04on commence à avoir
40:04des flashbacks
40:05et c'est là
40:06à ce moment là
40:06que j'ai commencé
40:07à avoir le process
40:08de sentir
40:10un mot
40:11une ambiance
40:11une situation
40:12un parfum
40:13et que c'est là
40:14qu'il y a tout
40:15qui remonte
40:15par flashback
40:16donc d'abord
40:17pareil
40:18on essaye de remettre
40:18ça sous le tapis
40:19et puis je suis forte
40:21j'ai pas besoin d'en parler
40:21tout va bien
40:22et c'est par la suite
40:23où ben là
40:24on commence à avoir
40:25des vrais états dépressifs
40:26on commence à pleurer
40:27sans aucune raison
40:29pendant 5 heures
40:30d'affilée
40:31on comprend pas
40:32ce qui nous arrive
40:33on commence à se renfermer
40:34vraiment sur nous même
40:35et du coup
40:36c'est une amie
40:37qui m'a dit
40:38maintenant il faut
40:39que t'en parles
40:39donc d'abord
40:39j'ai fait un hypnotiseur
40:41avec le MDR
40:42et par la suite
40:43là du coup
40:43je suis une thérapie
40:45encore maintenant
40:45parce que comme ça
40:46s'est réveillé en 2023
40:47ça reste encore très récent
40:48et il y a 10 ans
40:49du coup de silence
40:51à soigner
40:52vous avez porté plainte
40:54contre ce coach ?
40:56non
40:56je n'ai pas porté plainte
40:58et j'avoue que ce n'est pas
40:59en fait
40:59je n'arrive pas
41:00à me dire
41:01je vais porter plainte
41:02parce que je me dis
41:03pareil
41:03c'était il y a 10 ans
41:04ça va être parole
41:05contre parole
41:06mais ce n'est pas prescrit
41:07Claire
41:07vous me disiez
41:08votre papa est policier
41:09vous en avez parlé
41:10avec lui ?
41:11ben eux
41:11ils sont au courant
41:12depuis 2025
41:13en effet
41:15et quelle a été
41:15leur réaction
41:16quand vous leur avez dit
41:17que ça s'était passé
41:18donc 10 ans plus tôt ?
41:19ben eux
41:20s'en sont énormément voulus
41:21surtout
41:22ben alors
41:22ma mère du coup
41:23beaucoup
41:24très
41:24beaucoup de culpabilité
41:26mais surtout mon père
41:27qui était en mode
41:28de par ma profession
41:29j'aide des gens
41:30que je ne connais pas
41:32et je n'ai pas été en mesure
41:33d'aider ma propre fille
41:34donc pour lui
41:35ça a été encore plus compliqué
41:36pour le coup
41:37et il m'a tout de suite dit
41:38si tu veux en parler
41:40si tu veux faire les démarches
41:41pour faire une plainte
41:42tu me le dis
41:42il n'y a pas de soucis
41:43si tu veux que ce soit
41:44quelqu'un d'autre
41:45etc
41:46tu me dis
41:46moi j'ai des collègues
41:47en qui j'ai confiance
41:48qui pourront t'écouter
41:49parce que je sais
41:49que t'écouteront
41:50parce que malheureusement
41:51je sais que ce n'est pas
41:52non plus le cas
41:52de tous les policiers
41:54donc il m'a dit
41:55voilà
41:56ils ont des salles
41:57justement avec des mannequins
41:58où on peut se défouler
41:59il m'a dit
41:59s'il y a besoin de se défouler
42:00tu m'appelles
42:01même si je suis en congé
42:02ou pas là
42:03tu m'appelles
42:04je demanderai
42:04à ce qu'on t'ouvre la salle
42:05tu y vas
42:06enfin ils ont vraiment
42:07été dans ce truc
42:07mais pour le moment
42:08vous sentez que le moment
42:10n'est pas venu
42:10de déposer plainte
42:13pour le coup non
42:13là je suis déjà
42:14essayé d'être en place
42:16avec moi-même
42:16parce que je sais
42:17que si je dépose plainte aussi
42:18et bien il va falloir
42:19se replonger dedans
42:20il va falloir tout redire
42:23et c'est vraiment aussi
42:24ce process
42:26d'être déjà bien avec moi
42:27et d'avoir les souvenirs
42:29assez clairs
42:29pour pouvoir derrière
42:30en parler
42:31et pouvoir dénoncer
42:32le plus de choses possible
42:34Merci beaucoup Claire
42:36et bravo
42:37parce que quel courage aussi
42:38d'évoquer tout ça
42:41et vous en parlez
42:41extrêmement bien
42:42comme Thérèse et Corinne
42:44dans un tout petit instant
42:45on va retrouver Jason
42:46victime lui aussi
42:48de viol
42:49quand il avait 17 ans
42:50à tout de suite
42:54Toute la journée
42:55RTL vous accompagne
42:58RTL
42:59votre radio
43:0312h30
43:0414h
43:04RTL midi
43:05les auditeurs ont la parole
43:07avec Amandine Bégaud
43:11Et on va retrouver
43:13Jason
43:14tout de suite
43:15avec nous
43:16on continue
43:17à évoquer
43:18ce long parcours
43:20des victimes
43:20de violences sexuelles
43:22de répondre aussi
43:23à tous ceux
43:23qui s'interrogent
43:24pourquoi c'est parfois
43:25si long
43:25pourquoi une plainte
43:27si tardive
43:28plus de 20
43:2830 ou 40 ans
43:30après les faits
43:31Flavie Flamand
43:32ce matin sur RTL
43:33expliquait à quel point
43:34le choc est souvent tel
43:35que c'est difficile
43:35pour les victimes
43:36de parler
43:37et c'est ce que vous nous dites
43:38tous
43:38je suis d'ailleurs
43:38très surpris
43:40par le nombre
43:41d'appels
43:42sur ce sujet
43:43bonjour Jason
43:45bonjour
43:45vous avez
43:46vous aussi
43:47je le disais
43:48été victime de viol
43:49vous aviez 17 ans
43:50tout juste
43:51oui ça a commencé
43:53quand j'avais 17 ans
43:54moi j'avais rencontré
43:56le patron
43:57d'une boîte de nuit
43:58qui avait proposé
43:59de m'embaucher
44:02assez rapidement
44:03bon j'avais 17 ans
44:04j'étais jeune
44:05assez festif
44:06aujourd'hui j'ai 31 ans
44:08je le suis toujours
44:09un petit peu
44:09mais beaucoup moins
44:10et donc de ce fait là
44:12j'ai travaillé
44:13avec cette personne là
44:14pendant
44:14pendant à peu près
44:158 ans
44:16et pendant 8 ans
44:17ça a duré
44:18constamment
44:19des agressions
44:21des viols
44:228 ans ?
44:23ouais pendant 8 ans
44:25et puis
44:26j'en ai parlé
44:27il y a seulement
44:283 ans
44:29donc pour l'instant
44:31c'est
44:31donc là
44:31je viens de recevoir
44:34le compte rendu
44:35du tribunal
44:36donc il va y avoir
44:36une audience
44:37bientôt
44:37mais pas devant
44:38la cour d'assises
44:39et les viols
44:40n'ont pas été retenus
44:40mais seulement
44:41les agressions sexuelles
44:42parce que c'est toujours
44:42compliqué quand
44:43c'est des viols
44:44qui se passent
44:46à huis clos
44:46il n'y a jamais de témoin
44:47il y a
44:48ces paroles
44:49contre paroles
44:49alors je pense
44:50que c'est aussi pour ça
44:51qu'il y a des personnes
44:52qui mettent autant de temps
44:53à en parler
44:54ou qui n'en parlent
44:55même jamais de la vie
44:56parce qu'ils savent
44:57que de toute façon
44:58ce sera parole
44:59contre parole
44:59et on ne peut pas
45:00inculper quelqu'un
45:01seulement
45:04sans preuve
45:05irréfutable
45:06et le problème
45:07c'est que les personnes
45:07qui violent
45:09en tout cas
45:09pour mon cas
45:10c'est toujours
45:12il n'y a personne
45:13dans l'endroit
45:13nous
45:14ça se passait souvent
45:15soit dans sa voiture
45:16soit dans la boîte de nuit
45:18il faisait en sorte
45:19que de toute façon
45:19il n'y a pas de preuve
45:22Jason pardon
45:23mais comment
45:24on survit
45:25parce que je pense
45:26que c'est le mot
45:28en étant violé
45:29pendant 8 ans
45:30par son patron
45:31certains vont vous dire
45:32mais pourquoi
45:32vous n'êtes pas parti
45:33pourquoi vous n'avez pas démissionné
45:35ça ça a été
45:36la première
45:37la première
45:38phrase
45:39presque
45:40de la gendarme
45:40qui m'a pris
45:41qui a pris ma plainte
45:42pourquoi
45:43pourquoi aussi longtemps
45:44et pourquoi
45:45avoir continué
45:47à travailler avec cette personne
45:48en fin de compte
45:49c'est l'emprise
45:50tout simplement
45:51l'emprise
45:51moi j'avais 17 ans
45:52quand ça a commencé
45:54bon je suis issu
45:55d'une famille
45:55qui est un petit peu spéciale
45:57voilà
45:57parents divorcés
45:58bon
46:00la vie fait que
46:01on n'est pas toujours
46:02aidé
46:03et entouré
46:03et puis
46:04quand on est dans ce cas là
46:06on s'entoure
46:07du peu de personnes
46:08qui sont là pour soi
46:09et puis en l'occurrence
46:11à ce moment là
46:11ça a été lui
46:13mais je considère ça
46:14presque comme
46:16comme un prédateur
46:17parce que lui
46:18il a su se rendre compte
46:19que j'étais
46:21vulnérable
46:21voilà
46:22et ça a été
46:23à son profit
46:25et d'ailleurs
46:26je ne suis pas le seul
46:27dans ce cas là
46:27il a fait
46:29le même
46:31le même topo
46:32à un tas de jeunes
46:33qui n'ont pas osé
46:34déposer plainte
46:35des mineurs
46:36même de moins de 15 ans
46:37et d'ailleurs
46:38il continue toujours
46:39et ça
46:39il continue
46:40il continue toujours
46:41et il avait même
46:42interdiction de quitter la France
46:43parce qu'il est sous contrôle judiciaire
46:45il est parti vivre au Sénégal
46:46avec un jeune de 17 ans
46:4816-17 ans
46:48et ce mec là
46:49aujourd'hui
46:49il en a une soixantaine d'années
46:51on avait quand même
46:52plus de 30 ans d'écart
46:54et lui
46:55ce qui l'attire
46:55c'est ça
46:56c'est les petits jeunes
46:57et puis
46:58et puis voilà
46:59des gens faciles
47:01Jason
47:01est-ce que
47:02ça vous a fait
47:04du bien
47:04ça vous a soulagé
47:05de le dire
47:07euh
47:09non
47:09non
47:10non ça ne m'a pas fait du bien
47:11parce que
47:12comme tout le monde le dit
47:13finalement
47:14on remue un peu
47:16vulgairement
47:16on remue la merde
47:17c'est
47:18c'est des choses que
47:19pas tout le monde
47:20est capable de comprendre
47:21pas tout le monde est capable d'entendre
47:23et pas tout le monde est capable
47:24de croire aussi à ça
47:26donc
47:27c'est difficile d'en parler
47:28à sa famille
47:29moi
47:29la toute première fois que ça s'est passé
47:31j'en ai parlé à ma femme d'ailleurs
47:32ouais
47:33je suis toujours avec cette femme là
47:34depuis
47:35depuis l'âge de mes 13 ans
47:36donc elle
47:37elle a vu
47:38ce qui s'était passé
47:39le jour de mes 17
47:40enfin
47:40à mes 17 ans
47:41je suis rentré
47:42du coup
47:42de cette boîte de nuit là
47:44en pleurant
47:45vraiment
47:46je
47:47j'osais même pas mettre un mot
47:48sur ce qui s'était passé
47:50et elle
47:50elle m'a fait
47:51avoir le courage
47:52bah
47:53il y a 3 ans
47:54d'aller à la gendarmerie
47:55de déposer plainte
47:56et en fin de compte
47:58il faut
47:59impérativement
48:00que les personnes
48:00qui sont victimes de ça
48:02inversent les rôles
48:02ils sont pas coupables
48:03ils sont victimes
48:04et beaucoup
48:04beaucoup croient
48:05que les personnes
48:06qui sont violées
48:07sont coupables
48:08parce que soit
48:09elles ont attiré
48:10par un moyen
48:11ou par un autre
48:12l'envie sexuelle
48:14du prédateur
48:15en question
48:15alors que parfois
48:16il suffit de rien du tout
48:18c'est des personnes
48:18ils ont
48:21une case en moins
48:22et puis
48:22tu peux ne rien faire
48:23te promener dans la rue
48:25et
48:26il t'arrive ça
48:27en fait
48:28une mauvaise rencontre
48:28tout simplement
48:29les victimes
48:30ne sont pas coupables
48:32voilà
48:33effectivement
48:34l'un des messages
48:36que vous vouliez tous
48:37les uns et les autres
48:38passer d'une façon
48:39ou d'une autre
48:40et ces appels
48:41à parler
48:42à tous ceux
48:43qui sont victimes
48:44et qui pour l'instant
48:45n'ont pas osé parler
48:46merci beaucoup Jason
48:47pour votre courage
48:48parce que c'est très courageux
48:49une fois de plus
48:50de se raconter
48:51de se livrer comme ça
48:52à la radio
48:52je remercie beaucoup
48:53également Corinne
48:54Thérèse
48:55Claire
48:55Martine
48:56je m'excuse auprès de vous
48:57on n'avait pas le temps
48:58de vous prendre
48:58je m'excuse
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